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:: S'M. (S' aiMer) ::
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Misaki-chan-842
Les roses

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Féminin
Si j'étais héros ou héroïne de Walt Disney: Une princesse !!
Si j'étais dans Sekai ichi Hatsukoi je serais: Kirishima
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MessagePosté le: Dim 24 Juin - 17:25 (2012)    Sujet du message: S'M. (S' aiMer) Répondre en citant

lµ3*Avertissement : scènes très explicites. Mineurs s'abstenir* lµ3


Titre : S'M. (S' aiMer) m§1
Scénario original : Misaki, suite à une demande de Calinours. m§3
Conception et adaptation : Misaki m§2
Illustrations : Calinours m§5


Evènement : Joyeux anniversaire Calinours ! Voici ce que tu m'avais demandé ! ^^
J'attends que tes dessins illustrent nos magnifiques mâles, en espérant que ça te plaira ! m§7

Note : J'ai volontairement changé les noms (pardon Calinours, mais je n'avais pas envie de me retrouver une fois de plus dans une fiction,) oµ4
par contre, vous pourrez vous amuser à reconnaître les similitudes homophoniques et vous retrouver ! m§4




De longs cils bruns se mirent à battre doucement et un iris vert émeraude émergea à la lumière. Le regard masculin prit peu à peu conscience de se trouver dans son lit, et dans un petit grognement satisfait s’étira comme un chat, le drap glissant légèrement de son torse.
Un sentiment de bien-être intense l’irradia, comme cette sensation après l’orgasme, où le corps et le cœur, repus, baignent dans un état extatique. Et pourtant, Akira enchaînait les nuits courtes depuis près de quinze jours et sa fatigue s’accumulait. Il se frotta les yeux comme un petit garçon qui émerge de sa sieste, avec ces gestes enfantins si sensuels chez un homme.


- Tiens... Pourquoi le réveil n’a pas sonné ? Se demanda le beau brun, en se pelotonnant à l’autre bout du lit afin de capter la machine infernale qu’il avait l’habitude de frapper avec force.

Le temps que son cerveau analyse l’état du cadran, Akira se figea puis se redressa d’un coup, comme électrifié.
10h !
- Mince, je vais être en retard au boulot, s’insurgea-t-il en déguerpissant de la chambre à toute vitesse.

Le corps ferme et musclé sauta dans la douche, tel un guerrier prêt au combat et en sortit, une serviette nouée autour des hanches. L’image type de l’homme qui fait saliver tous les pervers soit dit en passant… Ledit beau gosse prit le combiné et appela le boulot.
- Bonjour, CEE des marais kikis, chantonna une voix à l’autre bout du fil.
- Bonjour Mamiyu, c’est Akira.
- Eh bien, mon p’tiot, tu as eu un souci ?
- Ouais... Une panne de réveil...
- Toi ? C’est rare... Bon, tu étais sur une activité particulière aujourd’hui ?
- Non, heureusement... Mais, je devais voir Chisaki pour discuter des nouvelles animations. Tu peux lui dire que j’arriverai en retard ?
- Bien sûr, mon chou ! À tout à l’heure !

Aki baissa les yeux et se mit à sourire.
- Toi au moins, t’es bien réveillé à ce que je vois... Se murmura-t-il à lui-même, les yeux posés sur son érection matinale. Mais, tu vas te la mettre derrière l’oreille, parce que je suis à la bourre ! Donc, pas question de te satisfaire ce matin !

Comme si Madame la Trique comprenait ce que venait de lui dire son fidèle serviteur, et qu’elle n’en était pas du tout d’accord, elle se gorgea de sang et se fit plus grande en se redressant davantage.
- Merde... T’as vraiment sale caractère quand tu t’y mets... On dirait un vieux pervers lubrique... Souffla-t-il, perdant la partie, en posant sa main à sa verge qui s’agitait. Mhmm...

À peine l’eut-il caressé qu’une onde électrique le fit frissonner. Dieu que c’était bon ! Aki ferma les yeux et haleta en branlant ce membre de plus en plus dur qui glissait sous ses doigts déjà humides.
- Haa... Haa... Grognait-il sans pouvoir se contenir. Gnn... Nnh...

Il accéléra le mouvement compulsivement, dans un rythme effréné, sentant l’orgasme s’insuffler dans le creux de ses reins jusqu’à son gland mouillé. Son corps commença à se raidir et ses muscles se crisper à l’approche de l’éjaculation lorsqu’un énorme « Bip » le coupa dans son élan. Akira rouvrit les yeux brusquement et saisit son portable. En ouvrant le clapet, il afficha le texto qui venait d’arriver :
« Ramène tes fesses illico presto. Arrête de te branler et sors-toi du lit avant que je ne décide de te supprimer tes congés.Chisaki. »
Akira resta un instant pantois, comme pris sur le fait. Comment pouvait-elle savoir que... Il réfléchit un instant et, le rouge aux joues finit par s’estomper. Il se mit à sourire. Les coïncidences étaient parfois impressionnantes !
- Désolé, mais, on reprendra ça plus tard, si tu veux bien ! Abandonna-t-il son sexe encore tendu, se levant pour s’habiller.

***********
Akira salua Mamiyu, et les autres, détendu comme à l’accoutumée. Dans son jean taille basse et son t-shirt blanc, sans le savoir, il ne passait pas inaperçu auprès de la gent féminine et... masculine.
Son côté naturel, sûr de lui, agrémenté d’un sourire ravageur faisait tourner les têtes. Cependant, Aki n’en avait pas forcément conscience, ce qui le rendait encore plus attirant. Il ne pouvait pas dire qu’il s’ennuyait : il avait toujours des conquêtes qui venaient le trouver sans qu’il n’ait rien à faire. Les femmes n’avaient presque plus aucun secret pour lui. Pourtant, cela ne durait pas bien longtemps. Il «papillonnait» plus qu’autre chose sans vraiment s’attacher, et cela ne lui posait pas questions, à vrai dire.
Il aimait les gens, il aimait les femmes, il aimait s’amuser, mais il était toujours respectueux de ses partenaires. D’ailleurs, la plupart de ses ex étaient restées des amies qu’il revoyait de temps en temps. Il ne connaissait pas les scènes de dispute tragiques et larmoyantes, et il parvenait à rompre sans blesser l’autre.
Et il était heureux.
Parfaitement heureux.
Heureux sans connaître ce que les autres appelaient « l’amour ». Se masturber ou coucher avec des femmes le satisfaisait tout autant. Et il préférait largement accumuler les folles nuits passionnées d’un soir plutôt que réitérer l’opération avec la même personne.
C’était là le seul point faible de ses relations : une fois avoir dévoré le corps de l’autre, il n’en voulait plus, comme si on lui présentait deux fois le même plat qui, du coup, bien que bon, devenait fadasse...
Bon, après tout, ça devait être les affres de la jeunesse et l’excitation des hormones qui exigeaient un renouveau perpétuel.
Aki savait qu’il avait besoin d’une intensité extrême, celle des premières fois, celle de la première découverte du corps, de la peau, du parfum, des sensations. Il se rappelait qu’il n’avait même pas pu la lever un lendemain aux bras d’une ravissante brune, comme si la magie s’était envolée après l’avoir consumé.
C’était un papillon qui butinait. Et tant que cela le comblait, il n’avait pas besoin de se poser de questions.
- Aki ! Mon petit lapin, ne fais pas attendre Chisaki, sinon, tu vas t’en mordre les doigts ! Lança Mamiyu, en le menaçant du doigt.
- T’as raison, elle serait capable de me faire faire des heures supp’...

Akira se dirigea vers le bureau de la chef et s’apprêta à toquer trois petits coups. Il avait bien fait attention à ne pas passer par la cour où les marmots s’ébattaient joyeusement. S’ils l’avaient vu, ils se seraient précipités sur lui et ne l’auraient pas lâché ! Son poignet suspendu dans les airs, il arrêta son geste, semblant entendre une voix qui parlait tout bas. Chisaki devait être au téléphone... Il n’était pas curieux de nature, mais le mystère qui planait autour de la directrice attisait son désir de compréhension.
S’il y en avait bien une qui semblait lui résister, c’était bien elle... C’était d’ailleurs la première fois qu’une femme n’essayait pas de le charmer et cela... l’intriguait. Non pas qu’il eût envie de sortir avec son supérieur, mais il avait l’habitude de plaire, et cette femme qui le taquinait sans venir le chercher lui posait question.
Après tout, il n’aimait pas l’échec. Comme tout mâle dominateur qui se respecte. Il y avait quelque chose de bestial chez elle. Quelque chose qui l’attirait sans véritablement le comprendre. Elle paraissait insaisissable et c’était peut-être ça qui turlupinait tout instinct de chasseur devant une proie difficile. Akira ne voulait pas la draguer. Cette femme lui faisait presque peur. Pourtant, il voulait comprendre. Il aimait à penser qu’elle détenait une clé particulière, une expérience qu’il n’avait pas, une maturité qu’il cherchait. Parce qu’elle semblait le comprendre mieux que lui-même.
Il colla l’oreille un peu plus près et saisit quelques paroles chuchotées :
« Mhm... Tu sais très bien que si tu ne veux pas que je parte, tu dois m’attacher bien solidement... Si tu n’es pas assez fort, tu ne m’intéresses pas... Je me débattrai et si tu n’es pas capable de surmonter ça, je ne t’appartiendrais jamais... ».
Akira tenta d’avaler les informations, de les digérer, les disséquer aussi vite que possible et d’en arriver à une conclusion... Mais, au lieu de percer le mystère, ces bribes de paroles l’entretenaient davantage...
Elle n’était pas femme à se laisser marcher sur les pieds, ça, il le savait, mais en intimité, comment était-elle ?
Les trois coups partirent et il l’entendit lui répondre aussitôt : « Rentre ! ».
Akira s’engouffra dans la pièce et la découvrit assise sur le bord de son bureau, sans aucun téléphone à la main. Lui avait-elle raccroché au nez ?
- Bon, maintenant que tu as bien dormi, tu es prêt à attaquer ? Commença la jolie blonde qui cachait un tempérament de feu.
- Oui ! Je m’excuse pour ce matin, j’ai...
- C’est la première fois, je passe l’éponge, le coupa-t-elle, comme s’il n’existait pas.
- Merci ! Je...
- Par contre, tu seras prié de rattraper tes deux heures ce soir. J’ai justement un boulot pour toi.
- Ah, mais...
- Tu vas me faire de l’ordre dans la remise en rangeant tous ces fichus dossiers qu’on entasse depuis des années.
- Hein ?!
- Ai-je entendu une lueur de protestation ? Leva-t-elle soudain les yeux, presque menaçante.
- Ben... Vous êtes dure en affaire, sensei... Fit-il mine de bouder pour l’attendrir.
- Merci, et puisque c’est un « oui » enthousiaste, tu peux y aller, maintenant.

Ma parole, mais c’est qu’elle me foutrait presque dehors ! Rugit-il en son for intérieur.
- Euh... Chisaki-sensei...
- Quoi ?
- Je peux te poser une question... S’avança-t-il, jouant de la bonne relation qu’il entretenait avec elle depuis longtemps et qui ressemblait plus à de l’amitié qu’à autre chose.
- Vas-y, je t’écoute.
- Une question indiscrète...

Telle une panthère qui vient de cibler un mouvement inconnu, mais dont l’odeur est irrésistible, Chisaki planta ses yeux plein d’intérêt dans ceux du jeune Akira.
- Je suis tout ouïe, que veux-tu savoir ?
- Est-ce que tu serais une... Hum...
- Une quoi ? J’aime pas l’hésitation, alors, sors ce que t’as à dire et plus vite que ça !
- Une... Domina ? Osa Akira, sachant pertinemment qu’il risquait très gros.

Elle pouvait très bien lui balancer son poing dans la figure, le virer sur le champ ou pire...
- Et si je l’étais ? Répondit-elle, d’un naturel qui le laissa bouche bée un instant.
- Ben... En fait...
- Bon, c’est quoi le truc ? Tu te poses des questions là-dessus et tu voudrais savoir si je peux t’aider ?
- Je me demandais juste... Si... Parce que tu es... Je sais pas, t’es tellement étrange, je cherchais une explication...
- Une explication ? Et si j’en étais une, est-ce que tu te sentirais mieux ?

Cette fois, Akira lui rendit son sourire. Il n’arriverait à rien avec cette femme. Il le savait et elle en jouait. Même en lui ayant balancé un truc pareil, elle n’avait pas été surprise une seconde. Cela prouvait que rien ne la choquerait, sans doute parce qu’elle avait du vécu.
- Pfff... Tu me traites comme un gamin !
- C’est normal, tu es un gamin.
- Eh ! J’ai déjà 22 ans ! Je suis pas un puceau.
- Tu n’es pas puceau, mais tu ne connais pas grand-chose.
- Quoi ?! Attends, là ! Tu crois peut-être que t’as des choses à m’apprendre ?

À cette phrase, il vit Chisaki se renfrogner. Mince ! Elle reprenait son statut hiérarchique, coupant court à la conversation. Il avait été trop loin en établissant un lien un peu plus intime entre eux, qu’elle venait de refuser catégoriquement.
- Allez, Aki, file maintenant. Discute de ça avec les gens de ton âge.
- T’es gonflée ! Genre, tu es beaucoup plus vieille que moi !
- Oui, je suis plus vieille que toi. Et tu dois écouter tes aînés, alors ouste !
- T’es vraiment une Domina, alors ? La taquina-t-il en partant.
- Akira.
- Quoi ?
- Laisse-moi te dire une chose.
- Une révélation ?! Se mit-il à plaisanter.
- Avant d’essayer de comprendre ce que sont les autres, apprends à savoir ce que tu es, toi.
- Hein ? Tu veux dire quoi par là ?
- Tu m’as demandé si j’étais une « Domina ». Je ne sais pas comment tu as appris l’existence de ce terme, ni même si tu as conscience de tout ce qui se cache derrière, mais, et moi, si je te demandais la même chose ? Es-tu un soumis ou un dominateur ? Tu en penses quoi ?
- Un... Un soumis ? Non, mais j’espère que tu plaisantes !! S’offusqua Akira.

Chisaki se contenta de sourire en lui faisant signe de retourner travailler. Akira sortit du bureau encore plus décontenancé qu’en y entrant. Elle était démoniaque, ma parole ! Elle ne disait jamais rien au hasard et Akira avait senti dans cette question quelque chose de plus profond qui le désarçonnait. Qu’avait-elle essayé de lui dire ? Chisaki n’était pas quelqu’un qui s’épanchait sur sa vie, pourtant, il aurait bien aimé en savoir davantage.
- Ah, au fait, tu peux demander à Kali de passer me voir, s’il te plaît, ajouta-t-elle avant qu’il ne ferme la porte.
- Kali ? C’est qui ?
- Ah, oui... Je ne t’ai pas dit, c’est le directeur du centre.
- Quoi ? Le directeur ? C’est pas toi ?
- Akira, je suis la responsable de ce centre, mais le dirigeant de l’ensemble des centres nationaux, c’est Kali. C’est un grand brun, tu peux aller le chercher, s’il te plaît.
- D’accord...

Akira soupira. Et voilà que maintenant, elle le prenait pour son larbin chargé de ramener un vieux grabataire, austère et imbu de lui-même...
Légèrement agacé, il chercha des yeux un vieil homme en costard, hautain et pincé, en vain.
C’est alors qu’il croisa le regard bleu électrique d’un mec, d’une tête de plus que lui. Il resta un moment à le regarder, sans pouvoir s’en détacher. Non pas qu’il n’eût jamais vu d’homme auparavant, mais plutôt parce que ce brun était presque en train de le fusiller du regard.
Enfin, c’était l’impression qu’il donnait. Et puis, que faisait un type comme lui dans un institut pour enfants ?! Il avait l’allure d’un bad boy sorti des mauvais quartiers, avec un tatouage qui lui remontait dans le cou, des piercings aux oreilles, un jean délavé et fendu à certains endroits.
Le genre de mec qui cherche la bagarre.
Akira détourna les yeux en feignant l’indifférence, mais sentit qu’on l’observait avec insistance.
- Eh, Kimi, tu sais où se trouve un vieux qui s’appelle Kali ?

Kimi devint rouge écarlate à la grande surprise d’Akira qui ne comprit pas pourquoi.
- M. Kali Noors n’est pas un vieux, souffla-t-elle, en lui jetant une oeillade inquiète.
- Hein ? Et c’est quoi, ça, « Kali », tu vas pas me dire que tu as donné un surnom à un vieux schnock, quand même ? Se moqua-t-il d’elle, en riant aux éclats.

À cet instant précis, il sentit quelqu’un se rapprocher de lui. Akira se retourna et tomba nez à nez avec le vilain garçon qu’il avait soigneusement évité.
- Euh... Qu’est-ce qu’il y a ? Bredouilla Aki, mal à l’aise de voir ce regard froid si près de lui.
- C’est moi le vieux schnock que tu cherches.
- Hein ? Que... Je...
- Je m’appelle Kali.
- Vous êtes... le directeur national ?
- Ouais. Ça te pose un problème ?

Akira se sentit menacé.
Menacé par le ton que prenait ce gars à l’assurance démesurée.
Menacé par la taille imposante qu’il affichait, comme le regardant de haut.
Menacé par l’arrogance qui émanait de lui.
Menacé par ses yeux bleus glacials qui le désarmaient.
- Non... Désolé...
- Qu’est-ce que tu me veux ?
- Moi ?! Rien ! C’est Chisaki qui m’a demandé de venir vous chercher ! Haussa-t-il un peu le ton, pour ne pas perdre complètement pied.
- Mhm. Je vois.

Sans crier gare, le jeune à l’allure désinvolte tourna les talons sans rien ajouter de plus, comme s’il cherchait à le dénigrer...
- Eh... Mais, il a quoi ce type ? Il m’en veut ou quoi ?
- Je suis surprise, remarqua Bibi, il a été tellement gentil avec nous... Qu’est-ce que tu lui as fait ?
- Moi ? Mais rien, je ne l’ai jamais vu ! Il s’est vexé parce que je l’ai appelé vieux schnock ? Il a vraiment pas d’humour...
- C’est bizarre... Mais, c’est la première fois que quelqu’un ne te trouve pas charmant ! Peut-être qu’il a vu en toi un adversaire auprès des femmes ! Ah, la rivalité masculine...

Akira avait réussi à se détendre grâce aux petits garnements dont il s’occupait. Les gosses l’adoraient et il leur rendait bien. Maintenant, il ruminait tout seul dans la pièce au sous-sol. Chisaki ne plaisantait pas et l’avait obligé à se taper le rangement du matériel pédagogique dans ce bazar incommensurable. Le pire, c’est qu’il avait croisé ce Kali-regard-de-tueur juste avant, attablé devant un PC portable, en train de faire on ne sait quoi, et qui ne lui avait pas adressé la parole.
Il n’espérait qu’une chose : qu’il s’en aille pour ne pas avoir à se retrouver seul avec lui.
Quelque part, ce travail forcé l’obligeait à se tenir à l’écart. Chisaki lui avait laissé la clé pour fermer, mais les filles avaient dit qu’elles resteraient tard, elles aussi. Avec un peu de chance, il finirait par aller boire un verre et passer une soirée agréable.
Akira était quelqu’un de très ouvert avec les gens et il n’avait, à sa connaissance, aucun ennemi. Il s’entendait bien avec tout le monde, et généralement il était également apprécié de tous.
Alors, pourquoi ce foutu brun semblait tout faire pour lui être désagréable ? Kimi avait-elle raison ? Est-ce qu’il agissait par compétition en voyant en lui un adversaire auprès des femmes ?
Bizarre...
Une porte attenante à la pièce claqua et Akira se tourna pour voir qui était entré. Au même moment, la lumière s’éteignit dans un énorme claquement et il se retrouva dans le noir le plus total.
Guettant un instant dans l’obscurité, il pesta en se rendant compte que les plombs avaient sauté...
« Et merde ! » S’exaspéra-t-il, tout haut. J’espère que les filles vont rallumer le disjoncteur au plus vite ! Je suis obligé d’attendre, je pourrais jamais regagner l’étage dans ce noir total et avec ce fichu bordel !...
C’est alors qu’il perçut un souffle. Une respiration. Qui se rapprochait.
Akira se souvint de la porte et se demanda qui était pris au piège de l’obscurité comme lui.
- Kimi ? C’est toi ?

Akira se raidit. La présence était parfaitement perceptible et il entendit ses battements de cœur s’affoler. Personne ne lui répondit, et au lieu de ça, il sentit un souffle sur sa nuque.
Instinctivement, Aki reconnut l’énergie de l’excitation. On le frôlait, dans le noir, cela voulait donc dire qu’on l’avait vu et qu’on le faisait exprès. Et pour ne pas arranger les choses, Madame La Trique, très insatisfaite du matin avorté, se réveilla immédiatement.
Qui jouait à ça ? Qui avait envie de lui sans vouloir se dévoiler ? Kimi ? Mamiyu ? Chisaki ?
C’est tendu à l’extrême qu’il laissa deux mains s’emparer des siennes, dans l’ombre. Les doigts glissèrent d’abord lentement autour de ses poignets, puis remontèrent l’intérieur de ses bras, provoquant des frissons à la limite des chatouillis. Akira s’adossa au mur, en signe d’acceptation.
Ce n’était pas la première fois qu’on prenait les initiatives sans lui demander son avis, et il adorait ça. Pour l’instant, il laisserait faire, et au moment opportun, il retournerait la coquine et dominerait la situation. En attendant, il savourait les caresses prodiguées. Ces doigts étaient doux, mais appuyés contre sa peau. Le corps le frôla et la respiration se rapprocha de son visage. Des lèvres se posèrent sur son lobe, et lorsque le souffle excité s’invita dans ses tympans, Akira tressaillit. Sentir que l’autre vibrait rien qu’en le touchant était tout simplement grisant.
Sa plus fidèle alliée commençait à être à l’étroit dans le jean et se gonflait de plaisir, le sang l’irriguant à rompre. Aki se tortilla pour se sentir plus à l’aise lorsque les mains s’invitèrent sous le t-shirt.
Il frissonna.

C’était drôle de voir que les sens se démultipliaient lorsque les yeux ne pouvaient voir. Sa peau frémissait à ce contact, comme des décharges électriques. Son torse se soulevait davantage à mesure qu’il manquait d’air, marqué d’impatience et de désir.
Il ne remarqua pas de parfum, il ne perçut pas de gémissement, et il trouva même la petite sacrément entreprenante...
Akira n’eut plus qu’une envie : découvrir celle qui se cachait derrière cette ombre sensuelle qui rendait son corps avide. Au moment où il leva son bras afin de plonger sa main dans la chevelure féminine et tenter de révéler le mystère de l’inconnue aux doigts de fée, on lui saisit violemment les poignets en les rabattant dans le creux de ses reins, les collant contre le mur.
- Hé ! S’agita Akira, surpris de voir tant de force et de détermination chez une femme.

Il comprit qu’une main l’enserrait fortement dans le dos, tandis que l’autre s’immisçait à l’intérieur de son jean, faisant sauter les boutons de la braguette comme un expert qui crochète une serrure.
- Oï ! Attends... Laisse-moi te...

Akira réprima un grognement lorsque la féline attrapa son sexe. Merde ! Elle savait y faire ! Droit au but, en plus ! Comment je peux résister à ça ?!
Il tenta de dégager ses mains afin de pouvoir la toucher à son tour, glisser ses doigts contre sa peau pour rapprocher son visage et l’embrasser, mais elle renforça sa poigne en signe de refus.
- Tu aimes dominer, c’est ça, hein ? Chuchota-t-il, le visage de Chisaki s’offrant de plus en plus à ses pensées.

Akira ne s’attendit pas à la suite. À peine eut-il prononcé cette phrase qu’une violente douleur l’assaillit. Elle venait de le mordre ! Non, mais, sans blague, elle n’y avait pas été de main morte en plus ! Il se crispa légèrement, sentant le tiraillement irradier autour de la morsure qu’elle avait faite au bas de son cou. Aussitôt, la Belle aux Crocs d’Argent passa une langue douce sur son méfait, avec délectation. Bizarrement, l’excitation en fut décuplée... Le passage humide revêtait une douceur bien plus grande sur une peau meurtrie.
- Wahou... Ne m’abîme pas quand même ! Essaya-t-il de plaisanter, en sentant sa bouche descendre le long de ses abdominaux.

Akira tremblait légèrement. De plaisir et d’appréhension mêlés. Si la petite s’amusait à le mordre là où elle s’apprêtait à aller, il n’allait pas en rire... La langue glissa jusqu’à atteindre son sexe dressé. Akira gémit, brûlant. Elle effleurait le gland, enroulait sa langue autour, léchait subrepticement, sans jamais le prendre en bouche. L’attente en était presque douloureuse... Il en voulait plus. Il voulait qu’elle le prenne tout entier dans sa bouche, maintenant.
Akira haletait d’impatience. Elle exacerbait ses nerfs en ne faisant que le frôler, son pénis gorgé et irrigué qui ne demandait qu’à être pressé entre les parois de ses lèvres. D’un geste vif, il dégagea ses mains qui commençaient à lui faire mal et s’empressa de reprendre le dessus, mais il se retrouva projeté avec force, un bras tordu dans le dos, l’immobilisant.
La panique le gagna parce que cette prise n’était pas un jeu sexuel. C’était une attaque, plus que de l’auto-défense... Si son adversaire décidait de le relever un peu plus vers le haut, il lui briserait les os... Akira resta un moment prostré dans l’attente. Son bras était ankylosé d’être mis à mal et la position ne lui permettait pas de contrecarrer. La peur le fit gémir cette fois.
Le silence devenait pesant. Pourtant, une bouche aspira son sexe en entier lui tirant un cri de dépit.
- AH !

Le plaisir fut si intense qu’il crut jouir à la seconde. Il ne l’avait pas vu venir ! Et, alors que l’autre lui enfonçait son bras dans l’omoplate, il se déversa dans la bouche chaude et humide qui l’aspirait.
Pantelant et presque à bout de force, Aki s’écroula à terre contre le mur quand l’ombre lui lâcha le bras et lui rendit son amie fidèle, vidée et satisfaite. Il sentit l’ombre se relever et partir, alors qu’il tendait le bras.
- Att... Attends... Couina-t-il, sans pouvoir le retenir. Dis-moi qui tu es...

La porte se referma sans qu’aucune réponse ne lui parvienne.
Par réflexe, il se frotta le bras qui avait quand même morflé, puis une douleur plus sourde se fit ressentir près de sa clavicule. Elle l’avait mordu, plaqué contre un mur, et avait fait de lui ce qu’elle voulait.
Il ne l’avait pas touchée, ni même caressée ou embrassée... Rien. Absolument rien...
Qui avait autant de force pour... Qui avait ce genre de penchant... Qui pouvait bien être capable de réaliser de tels fantasmes et tout ça, sans se faire connaître... ?
Merde ! C’était bien la première fois qu’une telle chose arrivait...
Et peut-être la première fois qu’il avait pris autant son pied...
Le mot « soumis » lui revint en mémoire. Chisaki aurait-elle osé lui jouer un tour ?
Akira se releva et se mit à sourire lorsque les lumières s’allumèrent. Après tout, même s’il n’avait pas « dominé » la situation, c’était quand même lui le grand vainqueur du tournoi, non ? Quel homme n’aurait pas rêvé d’être pris d’assaut de la sorte ?
La vie réservait parfois des surprises. Et parfois même d’excellentes surprises...

Mais, à sa grande surprise, lorsque les plombs se rallumèrent et qu’il remonta à l’étage, le centre était désert. Pas de Chisaki, ni de Kimi, pas même l’ombre de ce directeur glacial…

*********
Akira ne parvint pas à fermer l’œil. Ou du moins, il les ferma pour n’entrevoir que des images de sa dernière « gâterie » sans pouvoir comprendre ce qui venait de se passer. Aujourd’hui, il en aurait le cœur net ! Si cette personne ne se déclarait pas, il la traquerait jusqu’à découvrir celle qui se cachait derrière tout ça !
La vérité, c’est qu’il ne s’était jamais senti aussi excité de toute sa vie. Jamais une femme n’avait osé prendre de telles initiatives, et avec autant de détermination. Se savoir désiré en secret était véritablement délectable… Se sentir dévoré sexuellement dans le noir avait été une source de plaisir extrême… Ce n’est que bien après qu’il avait réalisé, avec honte, être venu très rapidement. Et dans sa bouche en plus…
Pas très glorieux pour Mme La Trique…
Mais, il était hors de question d’en rester là !

C’est déterminé qu’il arriva au centre, et parfaitement décidé à tirer ça au clair. Lorsqu’il vit Chisaki à la grille, en train d’accueillir les enfants, un petit sourire vint illuminer son visage. Il s’approcha, les mains dans les poches et la fixa un bon moment.
- Qu’est-ce que t’as, Akira ? T’as tes hormones qui te travaillent ou quoi ? Tu vas arrêter de me fixer comme ça, c’est indécent… Lui jeta-t-elle, aussi sarcastique que d’habitude. Qu’est-ce que tu veux ?
- …
- C’est quoi ce petit sourire narquois ? Poursuivit-elle, complètement stoïque.
- Ben, à toi de me le dire… Apparemment, j’ai la réponse à ma question… Lui sourit-il, pour lui montrer qu’il savait. Une sacrée Domina, dis donc…

Chisaki haussa le sourcil, dans l’incompréhension et Akira fut pris d’un doute énorme.
- Ôte-moi d’un doute, mon petit Aki. Au risque de te paraître extrêmement présomptueuse, j’espère que tu ne penses pas qu’une femme de mon âge s’intéresse à un gamin comme toi, quand même ?
- Hein ? Ah… Mais, euh… Bégaya le jeune brun, pris au dépourvu, et surtout terriblement gêné d’avoir osé dire ça à sa chef, en se rendant compte qu’elle n’avait rien à voir avec sa plus belle fellation depuis la naissance de Mme La Trique…

À cet instant, un grand froid s’abattit entre eux deux. Le froid vif et percutant de l’iceberg se frottant au Titanic. Bon sang ! Il allait couler, c’était sûr ! Elle allait le passer par-dessus bord rejoindre Jack au fond des eaux…
Mais l’atmosphère glaciale qui le figeait ne venait pas de Chisaki. Non. Elle venait de l’iceberg lui-même qui semblait venir s’interposer pour le heurter et l’enfoncer sous les flots. Celui-là même qu’il n’avait pas vu s’approcher et qui le fusillait du regard.
- Chisa, je peux te parler ? Intervint Kali, qui savait pertinemment l’impolitesse dont il faisait preuve.

Akira s’éclipsa sans avoir le courage de répliquer quoi que ce soit. Ce type lui glaçait vraiment le sang et il ne parvenait même pas à l’affronter du regard.
« Chisa ». Il employait un diminutif bien familier avec elle… Se pouvait-il qu’elle et lui…
Ça expliquerait son comportement agressif envers lui… Ce sale type était jaloux parce qu’il approchait Chisaki de trop… Quel branleur ! Jouer les étalons devant sa jument, comme s’il fallait éloigner les prétendants trop fougueux ! C’était d’un ringard !

**********
Akira ruminait, alors que tous les enfants étaient attablés dehors, dans une grande séance de coloriage sur la nature. Il ruminait parce que Chisaki n’était pas cette personne. Il ruminait parce que les visages de Kimi et de Mamiyu n’avaient rien laissé transparaître devant lui.
Et par-dessus tout, il ruminait parce que l’autre le prenait de haut !
Il fut interrompu dans ses pensées par le haussement de ton d’un des petits garçons difficiles qui lui donnait du fil à retordre.
- Hé la, hé la ! N’arrache pas la feuille de ton camarade, Netsuki !

Le petit leva vers lui un regard noir et balaya tous les feutres autour de lui d’un geste rageur et délibérément provocateur.
- Netsuki ! Tout le monde dessine ici, alors tu ne vas pas nous faire une crise ! Pourquoi tu n’écoutes jamais ?! Tes camarades ne t’ont rien fait ! Allez, assieds-toi ou je me fâche !
- Je m’assiérai pas ! Répliqua le petit insolent, du haut de ses trois pommes, comme prêt à un duel.
- Oh que si, tu vas t’asseoir, tenta de le réprimander Akira, sans hausser le ton.
- NON ! Hurla la boule de nerf en s’enfuyant dans le parc.
- Bon sang… C’est pas vrai…

Et au moment où il allait partir à sa poursuite, il vit la silhouette nonchalante de l’emmerdeur-de-service-aux-yeux-tranchants lui faire signe qu’il s’en occupait. Comment un mec avec un style aux allures de Yakuza pouvait se charger d’un gamin difficile ?! Pff… Il allait envenimer la situation, mais, du coup, l’idée n’était pas pour lui déplaire… ! Ce gamin détestait l’autorité alors, ça risquait de chauffer dur et il interviendrait pour calmer le jeu !
Ça lui ferait les pieds !
Mais au fur et à mesure des minutes, il se rendait compte que le gamin commençait à se calmer. Pire, il semblait lui jeter des œillades admiratives ! C’était pas croyable !
Akira devait admettre qu’il avait une certaine classe… Le brun incendiaire se tenait appuyé sur le tronc d’un arbre et son dos paraissait bien sculpté, de même que ses cuisses légèrement moulées dans son jean. Le col de sa chemise était remonté, et ses cheveux noirs légèrement en pics dus à du gel ; c’était son allure qui devait le rendre irrésistible aux yeux de ces dames, et aux yeux de Chisaki qui, pourtant, était difficile en matière d’hommes…
Akira se mortifia lorsque le ténébreux se retourna et le fixa du regard.
Bon sang, il l’avait observé tout ce temps, comme s’il reluquait une jolie fille avec désir ! La honte ! C’était sûr, il allait se prendre une réflexion bien méritée par Monsieur Je-te-la-coupe-net...
Au lieu de ça, le fameux Kali vint se placer à côté de lui en regardant le bambin qui faisait des siennes tout à l’heure s’attabler tranquillement pour dessiner. Akira tomba des nues lorsque ce même Netsuki s’excusa tout haut à son encontre :
- Je suis désolé, Akira. Je vais dessiner maintenant, comme les autres. Mais je veux pas dessiner la nature ! Ronchonna quand même la tête brûlée, pour ne pas perdre totalement la face.

Aki soupira en souriant.
- D’accord, Netsuki. Tu peux dessiner ce que tu souhaites, du moment que ça te plaît.
- Mhm… Acquiesça ce dernier, signant le traité de paix.

Le brun enjoué se tourna vers le brun nonchalant, et capitula.
- Merci.
- De rien.

Tien ! C’était la première fois qu’il ne le fusillait pas du regard et lui adressait gentiment la parole ! Aki en fut presque heureux et soulagé, comme une première victoire alors qu’il n’avait fait que perdre jusque-là.
- Comment avez-vous fait ? Netsuki n’écoute jamais personne… Et encore moins les hommes… Vous avez un secret ?! Tenta-t-il de plaisanter, sans que son interlocuteur ne le prenne à la rigolade.
- J’étais comme lui étant jeune. Alors, c’est facile pour moi de le comprendre et de lui parler.

Akira n’en revint pas. Cet homme froid venait-il de se livrer ? À lui ? Il en ressentit une immense satisfaction personnelle et découvrit que, sous ce visage dur, se cachaient de nombreuses cicatrices qui le rendaient plus humain.
- Ah, vous étiez du genre rebelle ?
- Ouais, assez, se mit-il à sourire.

Il crut défaillir… Autant cet homme était beau de nature, mais son sourire était… comment dire… dangereusement attirant.
Hein ?! « Attirant » ?! Je trouve le sourire d’un mec attirant ?!
Akira sentit son cœur s’emballer de trouille et de surprise mêlées. La vérité, c’est qu’il ne faisait certainement pas le poids contre lui. Et peut-être que cette « attirance » n’était qu’une simple admiration d’un homme envers un autre, comme s’il incarnait une sorte d’exemple de beauté masculine un peu différente de la sienne.
- J’étais du genre coriace… Et j’en faisais voir de toutes les couleurs à mes éducateurs ! Lui lança-t-il avec un clin d’œil charmeur.
- Ah… Oui… J’imagine…Tenta-t-il de masquer son trouble face à cette marque de complicité qui ne faisait qu’augmenter son rythme cardiaque.

Akira ressentit un malaise. Un énorme malaise. Quelque chose n’allait pas. La présence de cet homme le faisait réagir de façon étrange. Il dégageait une aura qui le clouait presque sur place, alors que rien dans son comportement ne prêtait à une telle agitation de sa part. Il discutait simplement avec lui, avec les enfants devant eux, et pourtant, il avait du mal à respirer. Et Aki ne parvenait pas à mettre le doigt dessus : était-ce de la méfiance ? De la jalousie ? Un complexe d’infériorité ? Une…menace ?
- Quoi ? J’ai l’air d’un gangster ? Ricana le brun maléfique qui ne semblait pas se rendre compte du désarroi de son vis-à-vis.
- Ah…Hum… Euh…
- Mhm… Je suppose que oui, alors. Mais, ne t’inquiète pas, je ne vais pas te sauter à la gorge sans prévenir…

Akira se figea instantanément à la dernière réplique que le diable en personne avait délibérément prononcée d’une voix plus rauque, plus sombre, plus… menaçante…
Son cœur tambourina dans sa poitrine, comme la future victime d’un vampire sanguinaire qui s’approche pour vous mordre à la jugulaire, et où, malgré l’envie de fuir, l’attirance du danger prend le dessus.
Automatiquement, cette phrase vint faire écho à sa fantastique attaque de la veille. Ça ne pouvait pas être un hasard.
Hier.
On l’avait mordu au cou.
On lui avait sauté à la gorge sans prévenir…
Le chaton chercha dans le regard du loup un quelconque aveu, mais, au lieu de ça, Kali se mit à rire et lui ébouriffa les cheveux un très court instant.
Un instant qui lui fit monter le rouge aux joues.
Un geste qui fit grimper sa température jusqu’à étouffement.
- Fais pas cette tête, on dirait que tu as vu un fantôme ! Allez, il faut que j’y aille. Occupe-toi bien du petit Netsuki.

« Que tu as vu un fantôme »… Non, mais, c’était une blague ?! C’était tout à fait impossible que ce mec soit à l’origine de… Que ce type ait pu lui faire une… C’était un gars ! Un gars ! Pas une bombe avec des gros seins, mais un dragueur de ces dames, bordel ! Il se faisait des films, ça n’était pas possible autrement ! Et pourtant, tout son corps avait été parcouru de frissons à l’avoir si près de lui…

Malgré sa gentillesse, Akira était une personne plutôt déterminée. Très tôt, il avait acquis son indépendance et son tempérament très ouvert ne l’empêchait pas de savoir ce qu’il voulait. S’il se laissait draguer par les filles, s’il avait souvent l’air de laisser les autres choisir de la situation, il n’en restait pas moins que c’était lui qui acceptait ou non de se laisser approcher.
Et là, quelque chose qu’il ne maîtrisait pas le rendait nerveux, voire agacé. Parce qu’il n’avait pas la situation en main. Parce que le mystère qui flottait n’était pas percé à jour.
Parce qu’il désirait plus…
Ce soir-là, après que le centre se soit vidé des tendres chérubins, et même après que Netsuki lui ait fait un signe de la main, il restait à errer dans les locaux, comme s’il attendait que les plombs sautent à nouveau.
Kali était toujours dans la grande salle, planté devant son ordinateur portable, concentré, et ne lui prêtait aucun intérêt.
Agité, Aki tournait et virait sans savoir vraiment ce qu’il désirait faire. Il avait tellement de questions à lui poser, et en même temps, aucune ne lui venait à l’esprit. Il voulait lui parler, mais il ne savait pas quoi lui dire. Il voulait éclaircir cette situation sans découvrir la vérité… Ce sentiment d’entre d’eux lui pesait et jouait sur ses nerfs.
- Tu ne rentres pas chez toi ? Résonna cette voix flegmatique, lorsque Kali redressa la tête en le voyant faire les cent pas. Tu es jeune, tu devrais aller boire un verre avec tes copains.

Comme si on venait de rejeter sa toute première déclaration d’amour, le plus jeune ne put s’empêcher de froncer légèrement les sourcils en signe de mécontentement. Pourtant, il n’avait aucune raison d’en vouloir à ce brun ravageur, et encore moins lorsqu’il venait de lui dire d’aller s’amuser.
Mais il n’acceptait pas cette indifférence, alors, il changea de tactique.
- Vous en avez encore pour longtemps ? D’habitude, je ferme, alors, je peux vous attendre, si vous voulez.

Cette fois, l’adulte responsable leva franchement les yeux vers lui, plutôt étonné, mais pas renfrogné le moins du monde. Voyant qu’il hésitait, Aki poursuivit pour ne pas perdre sa chance :
- Et vous n’avez qu’à vous joindre à moi après, on pourrait se détendre devant un verre…

Aki crut que son cœur allait exploser à cette demande carrément audacieuse. Et à son chef qui plus est… Peut-être qu’il avait été trop loin et qu’il allait se faire rabrouer pour insubordination.
Au lieu de ça, l’homme qui lui faisait face se mit à sourire, comme si sa proposition était ridicule.
Ma parole, il le prenait vraiment pour un gamin !
- J’ai passé l’âge de faire la tournée des bars… Et puis je doute qu’un gamin comme toi puisse tenir la route avec de l’alcool…
- Quoi ?! Hé, ne me sous-estimez pas ! Alors, quoi ?! Vous avez la trouille qu’un gamin comme moi vous mette une raclée ?! S’emporta Aki, pris par le jeu, alors qu’il ne buvait pas une seule goutte d’alcool.
- Oh. C’est un défi ? Lui lança-t-il un regard véritablement provocateur et tenté.

Aki comprit que cet homme marchait à la provocation. Et que ses yeux s’étaient tout à coup illuminés à sa petite pique. Ils le transperçaient comme prêt à le dévorer sur place, et même s’il s’agissait d’un homme, être happé comme ça d’un seul regard était délicieusement excitant. Les hommes aimaient se mesurer entre eux, ils avaient la compétition dans le sang et le désir de la victoire.
- Alors, vous venez ? Continua-t-il, en tentant lui aussi de ne pas lâcher son regard.
- Bon, d’accord… Mais, je te préviens, tu n’as aucune chance contre moi…

*********
- Encooooooooore à boire ! S’affala Aki, en agitant son verre, le menton collé à la table, les yeux tout guillerets.

Kali souffla en observant son acolyte complètement fait qui vociférait comme un môme devant son biberon vide. Et cela, après seulement deux verres.
- Bon, le gamin, il est temps de te mettre au lit. T’as pris ta raclée, et le spectacle a assez duré, se redressa-t-il en jetant un billet sur la table. Allez, lève-toi et rentre chez toi.
- Ah nooooon… J’veuuuuuux paaaaaaas !
- Arrête de faire ton débile, tout le monde nous regarde ! Haussa-t-il le ton devant cet énergumène qui s’accrochait à sa chemise pour le supplier de rester.

Ni une ni deux, le directeur prit son sous-fifre par la taille et le bascula sur son épaule comme un vulgaire sac à patates. L’autre gigota de protestation, mais finit par se faire sortir sous les yeux hilares des autres clients. Arrivé dehors, Kali le remit sur ses pieds et lui tapota les joues assez fermement.
- Oh ! Sale gamin ! Ah la la, franchement…
- Me traite pas de gamin ! Je suis pas bourré ! Titubait Aki, grognon de voir que son supérieur le prenait de haut.
- Si tu l’es. Bon, où est-ce que t’habites ?

Akira s’affala contre le dos de Kali, les bras pendants sur son torse, comme s’ils étaient amis depuis toujours.
- Hé ! Arrête de me coller comme ça ! Ne compte pas sur moi pour te porter ! Alors, c’est quoi ton adresse ?
- Mhmm… Appartement 842.
- Tu te fiches de moi, là ?! Je te demande de m’indiquer la route, imbécile ! Le poussa-t-il sur le siège passager de sa voiture, en claquant la porte d’exaspération. Et ne t’avise pas de vomir dans ma bagnole !

Le petit brun s’étira comme un chat avec un soupir d’aise avant de fermer les yeux.
- Oh ! Pestait l’ours, qui commençait à s’impatienter. Ouvre les yeux, crétin ! Indique-moi la route !
- Par là… ou par là… je sais plus… De toute façon, tous les chemins mènent à Rome… Hé hé hé ! Gloussait Aki sans voir que l’autre perdait patience.
- Tu te fous de moi ?! Tu crois quand même pas que je vais te ramener chez moi, non ?! Je vais te laisser sur le bord de la route si ça continue !
- Ouais… chez toi, ça me va… Marmonna l’autre qui n’avait toujours pas décuvé. C’est cool… Merci, t’es un pote…

Kali hésita. La situation typique du mec bourré qui reste dormir chez un soi-disant copain, et qui finissent par coucher ensemble, il ne la connaissait que trop bien. C’était un des leitmotive des BL… Et Akira n’était pas un gamin, malgré ce qu’il voulait bien lui faire croire. Il avait tout fait pour en arriver là…
- Demain, ton supérieur va te mettre une soufflante dont tu te rappelleras toute ta vie, je te le garantis… Ronchonna Kali qui finit par démarrer la voiture, plus que mécontent. S’imposer chez les gens comme ça, franchement… Continua-t-il à ruminer tout le trajet, alors que l’autre Belle au Bois Dormant sombrait tranquillement dans ses rêves.

*********

- Allez, t’es lourd à la fin ! Fais un effort ! Vociférait Kali en soutenant son gros paquet par les hanches.
- Ouais ! On va encore boire ! Chantonnait l’autre qui reprenait du poil de la bête.

Kali ouvrit la porte de son appartement et réussit à la refermer, son « paquet » sur les talons.
- Enlève tes chaussures, et file au lit. Et compte pas sur moi pour te chanter une berceuse.

L’appartement n’avait rien d’un logement de bad boy, bien au contraire. C’était grand, bien aménagé, très ordonné et l’agencement choisi avec soin et élégance. Mais il se figea lorsque celui-qui-tenait-trop-bien-l’alcool le poussa dans une chambre d’ami avec fermeté. Cela faisait bien longtemps qu’Aki avait recouvré ses esprits et il ne comptait pas s’arrêter si près du but.
Toute la soirée, cette espèce de beau gosse à la noix n’avait eu aucun geste tendancieux envers lui, n’avait fait aucune allusion à la petite gâterie qui l’obsédait jour et nuit et ne semblait pas plus attiré par les hommes que lui…
Autant ça aurait dû soulager la plupart des gens de savoir que le mystère de la gâterie n’incombait pas à un homme, autant Aki n’en était absolument pas satisfait.
Pris d’un coup de sang, il se saisit de la couette et débarqua dans la chambre de l’intéressé. Lorsqu’il surgit en trombe sans toquer, il se retrouva nez à nez avec un apollon torse nu qui le fusilla du regard aussitôt.
- On peut savoir ce qu’il te prend ?

Aki lâcha la couette au sol et s’assit en tailleur, ignorant sa mauvaise humeur.
- J’ai pas envie de dormiiiiiiiiir… Joua-t-il les ivrognes.

Il l’entendit soupirer fortement, mais le corps d’athlète ne répliqua pas et se coucha en l’ignorant.
- Héééééééé… Se plaignit Aki en posant le menton sur son lit, décidé à ne pas lâcher l’affaire.
- Dis donc, le morveux, t’as décidé de me faire chier jusqu’au bout, c’est ça, hein ?! Grogna hargneusement l’éphèbe. Coucouche panier, compris ? Mais… qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça… Se murmura-t-il à lui-même.

La perche était tendue et Aki sauta sur l’occasion. Il se retourna, s’adossa au lit pour parler plus facilement et pencha la tête en arrière en l’allongeant sur les draps, les yeux rivés au plafond et trancha :
- C’est pour te punir de m’avoir mordu…

Son cœur faillit s’arrêter avec le silence qui suivit la sentence. Allait-il lui demander ce qu’il entendait par là ou tout avouer ?
Plus le silence avançait et plus la deuxième hypothèse paraissait évidente.
- La curiosité est un vilain défaut, Akira.

Et le verdict venait de tomber. Un immense bond dans sa poitrine le tétanisa à cet aveu indirect ; il était tout à la fois complètement déboussolé, affolé et… excité. L’aplomb de cet homme était profondément marqué. Il n’avait peur de rien. Il venait d’avouer qu’il avait fait une fellation à un inconnu en le piégeant dans le noir… Ce n’était pas rien… Qu’allait-il faire maintenant ?! Tressaillit-il, soudain conscient qu’il était lui-même venu le chercher dans son antre…
- Allez, dors, maintenant, sale gosse.

La tension retomba immédiatement, mais un sentiment de vexation vint la remplacer. Comment ça, « dors » ? Il se fichait de lui ? Il ne comptait pas lui dire pourquoi il avait fait ça ? Il n’allait plus rien… tenté d’autre ? Ça n’avait été qu’un jeu ?
Et sans qu’il ne comprenne trop pourquoi, c’est la colère qui l’emporta. D’une voix basse, mais ferme, Akira rétorqua :
- Je ne suis pas un gamin.

Et la voix à son oreille l’électrisa.
- Je ne crois pas que tu sois prêt…

Sa voix rauque et délibérément tortueuse le saisit, comme une force à l’état brut, et le galvanisa tout à la fois. Il ne l’avait pas entendu s’approcher. La pièce était plongée dans la pénombre et le corps de son adversaire se trouvait derrière lui, en position de surplomb. Et donc, de domination.
Mais Aki ne céda pas. Il ne bougea pas d’un pouce. Les hommes pouvaient parfois se montrer menaçants, mais la plupart du temps, ils espéraient simplement effrayer leur ennemi sans intention d’aller jusqu’au bout. Et il n’était plus un enfant. Et il était curieux. Fou de curiosité…
- C’est peut-être toi qui n’es pas prêt, en vérité… Réussit-il à le contrer, sans trembler.
- Mhm… Je vois… Alors, toute cette mascarade n’avait pour unique but que d’en arriver là, hein… La belle excuse d’être saoul afin de pouvoir prétendre qu’il ne s’est rien passé le lendemain matin, hein…
- P’t’être bien… Souffla Akira, de plus en plus échauffé par cette voix sensuelle et très masculine à la fois.
- Mais, as-tu vraiment bien conscience de la position dans laquelle tu te retrouves, petit brun ?

Akira comprit instinctivement que cet homme lui offrait l’excitation sur un plateau. En le traitant de gamin, la provocation permettait à Akira de continuer le petit jeu de séduction. Mais au moment où il allait répliquer, un tissu vint lui cacher la vue. Il se raidit face à ce bandeau que l’homme lui nouait derrière la tête.
- Allez, petit bonhomme… Il est encore temps de dire non…
- …

Malgré les frissons de peur qui lui parcouraient l’échine, Akira ne se démonta pas. Ce n’était pas une vulgaire étoffe qui allait le faire capituler. Il croyait avoir en face de lui un adolescent sur le point de prendre ses jambes à son cou. Et ça, c’était hors de question…
Mais sa défense faiblit lorsque le tortionnaire attacha ses poignets derrière le dos et serra d’un coup sec, ce qui le fit sursauter.
- C’est le point de non-retour mon petit Akira… Lui susurra-t-il à l’oreille en lui mordillant le lobe. Ne fais pas le fier juste pour faire le malin. Dis-moi non et on se couchera bien gentiment chacun de notre côté.
- …
- Je vais t’expliquer une dernière fois pour que tu comprennes bien. Je vais dominer le jeu Akira. Il n’y a que moi qui ai la main. Tu vois ce que ça veut dire ?

Akira saisit l’urgence de la situation. Les yeux bandés, les mains attachées dans le dos, et avec un adversaire seul maître à bord… Il n’avait aucun moyen de se défendre. La première chose qui lui vint à l’esprit, ce fut la crainte de ne pas connaître suffisamment cet homme. Et s’il avait des penchants meurtriers ? S’il décidait de le poignarder ? Et si…
Il frémit et tenta instinctivement de se défaire de ses liens, mais ces derniers ne lui laissaient aucune marge de manœuvre.
- Dis-le si tu as peur et je m’arrêterai… Lui intima son doux prédateur en glissant ses mains sur sa peau pour lui caresser le torse et toucher sa chair qui se contracta tout entière à ce contact. D’accord ?

Aki était submergé. Le chaud et le froid se mélangeaient en lui et perturbaient ses sens. Tout lui criait d’arrêter et tout lui criait qu’il en avait envie. Il entendait sa propre respiration remplir la pièce, avec les mains qui suivaient le mouvement de sa cage thoracique. Ces mains qui le brûlaient, ces mains caressantes qui avaient déjà pris possession de son corps alors qu’elles n’entreprenaient rien. Sa peau réagissait. Son esprit aussi. Le prédateur restait doux et lorsque son corps épousa délicatement son dos, tout en lui céda.
Il était presque à bout que ça n’aille pas plus vite…
- Si… jamais je te demande de me détacher, tu le feras ? Demanda Akira avec une voix presque agressive, qui montrait certaines de ses angoisses.
- Oui. Si tu n’y prends pas de plaisir, ça ne sert à rien, alors, je les retirerai. Je veux entendre si tu aimes ce que je te fais, et aussi ce que tu n’aimes pas. Je ne te forcerai pas.
- D’accord…

Alors, la langue chaude de son bourreau scella leur pacte en parcourant la nuque d’Aki qui s’entendit gémir sans retenue. Il s’aperçut que le bout de chair humide parcourait l’endroit de la morsure et il eut un petit frisson pour se préparer à une seconde attaque.
Qui ne vint pas.
Il était en alerte, mais Kali ne semblait pas le genre d’homme à reproduire deux fois le même impact. Il voulait surprendre. Il voulait prendre. Il voulait perturber ses sens.
- Penche-toi… Ordonna tout bas le démon caressant.

Aki frissonna sans s’exécuter, dans un mouvement de refus. Kali ne le força pas, mais ses dents lui mordillèrent la nuque, et sa bouche descendit pour embrasser la courbe de son échine dorsale lentement.
Instinctivement, Akira se pencha vers l’avant pour lui laisser la place de descendre davantage. Rassuré par le comportement de cet étrange spécimen, il se laissa aller aux caresses qu’on lui prodiguait, n’ayant jamais soupçonné qu’au creux de chaque vertèbre se cachait une zone érogène particulièrement réceptive à ces appuis de langue.
Des montagnes russes de plaisir en guise de colonne vertébrale…
Mme La Trique en était déjà toute chose. Elle n’avait jamais été aussi alerte et aussi incontrôlable. Elle lui faisait déjà presque mal.
- Mhmm…

Alors qu’il passait habituellement tout son temps à se délecter des gémissements de ses conquêtes, il se retrouvait à haleter lui-même sous le joug d’un autre, comme s’il prenait soudainement la place de ses filles à qui il donnait du plaisir. Et pourtant, il ne se souvenait pas avoir prodigué de telles caresses à une femme.
Cet homme était assurément doué.
Ce n’était pas tant l’endroit, mais sa façon de faire.
Ou bien son propre corps qui lui répondait exagérément…

Lorsque les baisers se firent plus appuyés, une étrange sensation monta dans le creux de ses reins. On avait l’impression qu’il l’embrassait à pleine bouche, enroulant sa langue autour de la sienne profondément, alors qu’il ne faisait qu’embrasser certaines parties de son dos. C’était incroyablement sensuel… Il parvenait à ressentir les goûts de ses baisers sans les avoir jamais connus.
Remontant en suivant un autre parcours et dévorant d’autres parcelles de chair, Akira s’était mis à gémir plus intensément. Ses lèvres sur lui faisaient fondre toute appréhension.
- Approche… Lui ordonna-t-il de sa voix rauque, en le plaquant contre lui.

Aki se surprit lui-même de sa soif. Il rejeta immédiatement la tête en arrière, à la recherche de ses lèvres, de sa bouche, et de sa langue, presque enivré. Il quémanda son baiser en se contorsionnant davantage, voyant que le contact tardait à venir.
- Tu es bien affamé, petit chaton… Se moqua doucement Kali, ravi de voir dans quel état il l’avait mis. On a le temps, tu sais…

Délicatement, il frôla ses lèvres sans lui donner la passion qu’il désirait pour le mettre un peu plus au supplice. Et au moment où la langue du petit brun chercha à l’exciter, afin qu’il prenne sa bouche, tout le corps d’Akira se plia en deux sous l’impact des mains de Kali qui étaient venues prendre un autre muscle doux et humide.
- Haa… !

Aki ne s’y attendait pas. Les mains du maître sur son sexe lui avaient provoqué comme une décharge électrique. Il crut jouir à la seconde.
- Hé… S’amusa le méchant garçon, je t’avais dit d’approcher…

Aki tenta de retrouver sa respiration, mais à chaque fois qu’il essayait de se redresser pour rejoindre sa bouche, les mains joueuses accentuaient leur va-et-vient et l’empêchaient de se contrôler.
- Gnn… Haan…
- Tu n’es pas très obéissant…
- Hééé… Arrête ça… Je vais…
- Oh, déjà ? Quel sale gosse… Ricana Kali pour le taquiner, en diminuant ses stimulations. Allez, viens là…

L’intrusion soudaine dans sa bouche lui coupa la respiration. Sa langue était tellement sensuelle en s’enroulant autour de la sienne qu’il avait du mal à croire qu’un homme pouvait susciter autant de désir. Il glissait et prenait possession de l’intérieur de sa bouche comme s’il la connaissait par cœur ; chaque mouvement lui arrachait un gémissement : il allait et venait en lui, tantôt sortant sa langue pour jouer au-dehors avec la sienne, tantôt replongeant dans son cocon chaud.
Le baiser ne s’arrêtait pas. Et Aki ne désirait pas qu’il s’arrête. Il aurait pu jouir par la simple prolongation de ce baiser… Il haletait à présent, les palpitations de son cœur le faisant se crisper aux assauts donnés par Kali, et un mince filet de salive commença à s’échapper de sa bouche pour glisser légèrement. Le coup de langue expert de son maître arrêta sa progression et rompit l’échange.
Aki était presque épuisé. Toutes ces nouvelles sensations s’affichaient bien trop intenses pour espérer les contrôler. Il attendait patiemment la suite, le cœur battant, la respiration saccadée, bouche ouverte afin d’engloutir le plus d’oxygène possible. Il aurait pu le noyer de ce baiser…
- Assieds-toi sur des talons, lui chuchota l’enchanteur sans quitter son corps des mains.

De tailleur, Aki se mit à genoux, puis s’assit comme demandé. À ce mouvement, un éclair d’inquiétude le parcourut. On aurait dit un condamné à mort qui, s’il se penchait, allait se faire trancher la tête. Droit comme un piquet, Aki se raidit légèrement.
- Écarte un peu tes jambes, lui souffla-t-il, sans le brusquer.

Le corps caressant de Kali qui se pressait contre lui, comme l’enveloppant d’une douce chaleur eut raison de lui ; il obéit non sans une lueur d’appréhension. Et d’un coup, il fut happé par des attaques de toute part ce qui le plongea dans la confusion la plus totale.
Alors qu’il sentit la main de Kali descendre entre la cambrure de ses fesses, l’autre prit d’assaut sa verge dressée ; il tenta de montrer son mécontentement, car il ne comptait pas accepter un geste aussi obscène et dégradant, mais au moment où il grogna un « Hééé » à demi étouffé, Kali le mordit à l’épaule en lui arrachant un cri de dépit. Il ne réalisa que bien trop tard que la douleur des crocs avait eu pour but de masquer l’intrusion de son doigt qui s’était inséré en lui bien trop facilement à son goût.
- A…arr…

Et comme pour parer l’inévitable phrase, Kali lâcha son sexe pour introduire deux de ses doigts dans sa bouche pour l’empêcher de parler.
- Mords-moi si ça te fait mal… Continua-t-il la progression de son doigt dans la cavité qui se contractait autour de lui.
- Gnn… Commença à se tortiller le petit Uke, s’efforçant de ne pas mordre les doigts qui glissaient sur sa langue en de lents va-et-vient très excitants.

Comment ce salaud osait-il lui fourrer son doigt là ?! Merde ! Pourquoi n’avait-il pas réalisé avant comment se faisait le sexe entre hommes ?! Il n’était pas prêt ! Ah, ça non, il n’était pas prêt ! C’était humiliant !
Alors, pourquoi il ne le mordait pas ? Pourquoi il le laissait faire ? Pourquoi est-ce que la sensation ne lui déplaisait pas ?
Et sans s’en rendre compte, Aki referma la bouche sur ses doigts pour mieux sentir le glissement. Au moment où il réalisa qu’il l’encourageait à poursuivre, il eut un sursaut de recul en balançant sa tête en arrière pour s’éloigner de cette emprise.
Et malgré lui, il finit par se dire : « ce n’est qu’un doigt après tout, c’est une expérience comme une autre, et… tant que ça fait du bien, il n’y a pas de mal à… ».
- Mhmm… Se plia Aki, son sexe pris entre l’étau serré et humide de l’autre vorace qui ne lui laissait aucun répit entre sa paume qui le frictionnait avec trop d’intensité et son doigt qui s’enfonçait en lui de plus en plus loin.
- Ne te retiens pas de gémir, petit chaton…
- Ne… m’appelle pas… chaton… Grommela ce dernier avec difficulté.

Sa réplique lui valut une pénétration plus profonde et plus insistante dans son derrière et il serra les dents pour ne pas crier. Cette enflure en avait rajouté un ! Et il effectuait des mouvements d’avant en arrière de plus en plus prononcés.
Merde… Le pire, c’est qu’il commençait à s’y habituer et il retenait ses hanches de suivre les mouvements de ses doigts en lui. Mais il était un chien en chaleur ou quoi ? Il lui avait mis des aphrodisiaques dans son verre, c’était pas possible autrement !
- AAH… je… je me sens…bizarre… S’inquiéta Aki, en éprouvant une sorte de douleur qui irradiait lorsque ses doigts touchèrent un point sensible inconnu jusqu’alors.

Il s’agita, légèrement effrayé par cette sensation aiguë et chaude qui le paralysait, et commença à se débattre.
- Chuuut… Détends-toi… Ça va te faire énormément de bien… Laisse venir.
- N…nooon… Se contracta-t-il à ses mots, comme s’il s’apprêtait à briser quelque chose en lui. Ka…li…

Quelle erreur il avait fait de prononcer son prénom ! En une fraction de seconde, il le sentit réagir violemment et grogner de satisfaction. Il accéléra la pression sur son muscle gorgé de sang et opéra des mouvements de friction à l’endroit qu’il touchait de ses doigts. Un éclair d’électricité lui parcourut l’échine en même temps qu’il sentit des spasmes l’agiter entre les jambes.
- Haa… Je… S’il te…plaît… ne…
- C’que t’es mignon quand tu me supplies…
- Aaah… ! AH !

Akira se cambra sous la jouissance qui avait envahi tout son être en s’apercevant que cet orgasme ne venait pas de son sexe, et que tout son intérieur vibrait et se contractait. Ce n’est que quelques secondes plus tard qu’il se libéra dans la main de son bourreau, dans une seconde jouissance salvatrice qui le laissa pantois.
- Haa… Haa… Haa…

Il s’entendait haleter comme un chien essoufflé d’avoir couru après son maître, et une honte mêlée à un certain soulagement l’envahit.
Et alors qu’il se voyait presque sombrer dans une torpeur bien méritée, le dos de Kali l’épousa davantage pour le faire basculer vers l’avant et lui soulevant les fesses, tout en tenant ses poignets afin qu’il ne soit pas déséquilibré et ne s’affale tête au sol.
- Hé ! Qu’est-ce que tu…
- Tiens-toi tranquille, et sois un gentil petit garçon pour ton maître qui vient de t’offrir plus de plaisir que tu ne t’y attendais…

Lorsqu’il entendit le bruissement du tissu qui se retire, Akira comprit de quoi il s’agissait, et cette chair dure vint se presser contre son trou qui palpitait encore. Sentir le sexe de Kali prêt à s’immiscer en lui, lui fit perdre toute confiance.
Il était cul nul, les fesses relevées, les mains toujours attachées et les yeux plongés dans le noir complet, dans une position des plus soumises et il allait se faire pénétrer par un mec !
- Arrête ça ! Se mit-il à hurler en poussant son adversaire de toutes ses forces vers l’arrière, le heurtant au lit de son dos. T’es dingue ou quoi ?! Tu crois que je vais te laisser faire ça ? Je suis pas gay ?! Détache-moi ! Détache-moi tout de suite !

À sa grande surprise, Kali s’empara de lui et plaqua une main très ferme à son cou, comme prêt à l’étrangler. Son corps s’était crispé à son refus et il pouvait sentir sa colère dans son dos. Il maintenait son visage bloqué, et Aki tressaillit lorsque ses mains attachées rencontrèrent l’objet de ses frayeurs entre les jambes de ce dernier.
- Ah ouais… ? Alors, comment tu vas faire pour me satisfaire, en guise de remerciement pour tout le plaisir que je t’ai donné ? L’acheva-t-il d’une voix tranchante où perçait une certaine rage.
- Gnn… Arr… Arrête… Tenta-t-il d’articuler malgré la pression de sa main sur sa jugulaire.
- Ah… Je vois… Tu préfères me rendre la gâterie que je t’ai offerte la nuit dernière ?

Aki se crispa tout entier. Des deux possibilités, aucune ne lui paraissait faisable ! Lui, faire une fellation à un mec ?! Ou se faire prendre par un mec ?! C’était la pire situation qu’il ait jamais connue ! Mais s’il se débattait davantage, l’autre aurait tôt fait de mettre ses menaces à exécution. Alors, il choisit la voie la plus humiliante pour s’y soustraire. Il cessa de s’agiter dans ces bras qui le rendaient immobile et supplia :
- Je t’en prie, Kali… Tu…avais dit que tu arrêterais si je te le demandais…

D’un geste rageur, le maître bascula son jouet désobéissant en lui plaquant la tempe au sol et en se dressant au-dessus de lui. Aki se mit à gémir de peur, croyant qu’il allait la lui enfoncer sans ménagement.
Mais, au lieu de cela, il l’humilia d’une autre façon, plus perverse encore :
- Je savais que tu n’en serais pas capable… Et pourtant, tu as adoré ce que je t’ai fait… Ça fait du bien d’avoir les doigts d’un homme enfoncés bien profonds, hein ? Tu t’arrêtais pas de gémir et tes hanches s’empalaient sur moi d’elles-mêmes. Et se faire branler aussi, ça t’a plu, pas vrai ? Mais, dis-toi bien une chose, même si tu me supplies, plus jamais je ne te toucherai… Rugit la bête insatisfaite et méprisante.

Akira écouta sans broncher les mots qui lui entaillaient le cœur et l’esprit. Il ne savait pas quelles phrases lui faisaient le plus mal, mais il éprouva un immense déchirement.
Pourquoi fallait-il qu’il se sente blessé alors que cet homme jurait de le laisser tranquille désormais ?! Pourquoi avait-il envie de rebrousser chemin ? Pourquoi se demandait-il s’il était capable de lui retourner la gâterie… ?
Mais tout vola en éclats avant qu’il n’ait eu le temps de prendre une autre décision.
- Rentre chez toi, maintenant, lui lança-t-il méchamment en libérant yeux et poignets du seul lien qui les avait unis, et qui n’était plus désormais. Le petit ange s’est brûlé les ailes, alors, que ça te serve de leçon. Et je vais te dire un dernier truc : ceux qui refusent de se laisser dominer alors que tous les pores de leur peau respirent la soumission me dégoûtent. Et croire qu’être un homme signifie de forcément dominer l’autre, alors que le dominant ne cherche qu’à combler toutes les attentes de celui qui se soumet me dégoûte encore plus. Tu t’es senti humilié, hein ? T’es sûr de toi ? Alors que Monsieur profitait égoïstement de toutes les attentions qu’on lui prodiguait ? Tu ne méritais pas que je te donne autant de plaisir, et j’espère bien que tu le regretteras.
- Kali… Je…
- Prends tes affaires et sors d’ici. Je te l’ai dit, tu me dégoûtes.

Poussé à l’extérieur de l’appartement comme un malpropre, Akira s’en alla la queue vidée entre les jambes, complètement bouleversé.
Bouleversé par l’odeur de Kali qui imprégnait encore sa peau.
Bouleversé que Kali l’ait rejeté ainsi.
Bouleversé à l’idée de ne plus jamais ressentir le plaisir qu’il lui avait donné…

*********
C’est complètement défait qu’Akira arriva au boulot le lendemain matin. Il avait eu beau retourner le problème dans tous les sens, il baignait dans la confusion la plus totale. Il était terrorisé à l’idée de faire face à son directeur. Mais il était encore bien plus terrifié à l’idée de le voir l’ignorer…
Et pour la première fois depuis bien longtemps, ce jeune homme n’afficha aucun sourire, et encore moins sa bonne humeur habituelle, et il se décomposa davantage lorsqu’il tomba sur Chisaki et l’homme qui ne quittait pas ses pensées en train de se disputer.
Chisaki semblait carrément furieuse, et c’était rare de la voir perdre son sang-froid ; de visu, elle lui passait un savon, alors que c’était lui le supérieur. Elle l’avait attrapé au collet et le secouait comme un prunier. Il ne semblait pas la contrer.
Alors, quoi ?! Ils sortaient vraiment ensemble, et elle venait de découvrir ce qu’ils avaient fait la veille et l’avant-veille ?
Il allait non seulement perdre son boulot, mais aussi la confiance des personnes qu’il respectait. Depuis les années qu’il travaillait là, toute l’équipe était devenue une grande famille pour lui. Il ne souhaitait pas en être dépossédé…
Lorsque Chisaki remarqua sa présence, elle prit immédiatement congé de Kali pour lui demander de la suivre dans son bureau.
Aki traîna des pieds alors que le beau brun détournait les yeux pour ne pas croiser son regard. C’était pire que tout…
Non seulement il était sorti avec le petit ami de sa chef, qui était une amie, mais en plus, il regrettait que ça ne se poursuive pas…
- Mais, bon sang, Aki, qu’est-ce qui t’a pris de le suivre jusque chez lui ?! Le réprimanda-t-elle comme un gamin.
- …

Aki baissa la tête et attendit qu’elle déverse toute sa colère de femme trompée sur lui.
- Akira, je te parle ! Regarde-moi !
- Je… je suis désolé, laissa-t-il tomber, vraiment mal.
- Comment est-ce que tu te sens ? Se radoucit-elle, inquiète.
- De… quoi ? Leva-t-il les yeux, dans l’incompréhension.
- Kali m’a dit qu’il… Qu’il t’avait attaché et…

Aki n’en crut pas ses oreilles. Il se mit à rougir comme surpris en plein acte sexuel par sa mère, mais, le pire, c’est qu’il décelait de l’anxiété. Pas un gramme de colère, mais une inquiétude sourde, une gêne de sa part, un mal-être…
- Akira, tu peux tout me dire. Est-ce qu’il t’a fait du mal ? Est-ce qu’il a… abusé de toi ?
- Hein ?! Écarquilla-t-il les yeux.
- N’essaie pas de minimiser, Akira. S’il t’a fait quoi que ce soit, je suis derrière toi.
- Qu’est-ce qu’il t’a dit ? Demanda-t-il, hagard.
- Qu’il avait été trop loin avec toi. Qu’il t’avait attaché. Que ça c’était mal passé et qu’il t’avait jeté dehors en pleine nuit après t’avoir fait ça.
- Et… tu ne me flanques pas une gifle en pleine figure ?
- Pardon ? Si tu veux que je gifle quelqu’un, ce sera mon frère, et pas toi ! Et si tu veux que je le fasse, je le ferai bien volontiers !
- Ton…frère ?
- Ne me dis pas que toi aussi, tu as cru qu’il s’agissait de mon petit copain quand même ? Kimi et Mamiyu m’ont fait le même coup… Tu vois pas qu’on a exactement le même caractère ? Et a priori, ces mêmes satanés penchants… Se vociféra-t-elle à elle-même. Alors, que comptes-tu faire ? Tu veux porter plainte contre lui ?
- Porter plainte ? Mais pourquoi ?
- …
- Non, mais, attends, Chisaki, c’est moi qui ai tout fait pour aller chez lui.
- Ce n’est pas une raison. Tu es la victime Aki, ne l’oublie pas ! Et ce n’est pas parce qu’il s’agit de mon frère que je couvrirai ses actes !
- CHISAKI ! La stoppa-t-il, sur les nerfs. Je… J’avais envie de lui ! Il n’a fait que me donner du plaisir ! Je n’ai absolument rien à lui reprocher ! C’est plutôt lui qui est en colère contre moi ! Et… je ne sais pas quoi faire pour qu’il me parle à nouveau… !
- Tu… Attends, là… Tu veux dire que…
- Il ne m’a fait aucun mal ! Bien au contraire !
- Mais alors, pourquoi il avait l’air si penaud ce matin ? Et pourquoi il m’a dit que ça c’était super mal passé ? Il t’a pas fichu dehors ?
- Si, mais… C’est parce que j’ai pas voulu qu’il…

La honte le submergea et Chisaki s’en rendit compte immédiatement.
- Écoute, Aki. Tu n’es pas obligé de m’en parler, c’est ta vie privée. Tant qu’il ne t’est rien arrivé, ça me va. Après, si tu veux un conseil, ne te force jamais à faire ce dont tu n’as pas envie, d’accord ? Ne laisse personne t’obliger à faire quoi que ce soit. Si tu ne voulais pas qu’il te fasse quelque chose, tu as eu raison de le repousser, compris ?
- …
- Quoi ? Dis-moi… Intima-t-elle en douceur, voyant qu’il cherchait des réponses à ses questions.
- J’en avais envie, mais…
- Tu n’étais pas prêt, c’est ça ?
- Ouais…
- Eh bien, c’est mieux comme ça, alors, le soutint Chisaki.
- J’arrive pas à me l’enlever de la tête.
- Ah. Ça, c’est un problème. En fait, qu’est-ce que tu veux au juste ? Qu’est-ce que tu attends de lui ?
- Je veux pas que ça se termine là, c’est tout ce que je sais. Pour le reste, eh ben, je suis un peu perdu.
- Je vois.
- Quoi ? T’es en train de me dire que c’est trop tard ?
- Non. Je crois bien qu’il t’a dans la peau depuis le début, mais il est du genre coriace. Si tu l’as repoussé, il va être plutôt dur à récupérer, si tu veux mon avis. Mais… Si tu le veux vraiment, alors, ne lâche pas l’affaire. Il finira par céder, mais au prix de quelques sacrifices de ta part… Et si tu n’es pas prêt, Akira, ne va pas le chercher maintenant. Réfléchis bien aux conséquences. Réfléchis bien à ce qu’il va se passer et comment ça va se passer. Si des choses te font peur ou ne te convienne pas, alors, surtout, n’y va pas.
- D’accord…

*********
- Rentre chez toi, Akira, lui lança-t-il sans même le regarder.
- J’ai besoin de te parler, insista le plus jeune qui avait attendu que tout le monde soit parti pour enfin se décider à percer l’abcès.
- Je m’excuse pour hier soir, n’en parlons plus. Je suis ton directeur et tu es mon employé. Ça s’arrête là. Si tu veux me parler au niveau professionnel, je serai toujours à l’écoute, pour le reste, l’affaire est close. Supporte-le encore pendant la semaine, jusqu’à ce que je m’en aille.
- Je ne suis pas gay.
- Ça, je l’avais compris, merci, pesta Kali, qui commençait à s’impatienter.
- Mais, ça ne veut pas dire que je n’ai pas aimé ce que tu m’as fait.
- TAIS-TOI ! Se mit-il à crier soudainement, en tapant du poing sur la table, ce qui tétanisa Akira durant de longues secondes. Arrête ça ! Pourquoi tu reviens à la charge ? T’as pas eu assez la trouille, c’est ça ?! Tu veux vraiment que j’aille jusqu’au bout histoire que tu sois traumatisé à jamais ?! Déguerpis tout de suite ! Tu m’as entendu ?! J’ai dit dégage ! Retourne avec les gamines de ton âge et dans le droit chemin !
- NE ME TRAITE PAS COMME UN GOSSE ! Explosa Akira, les nerfs en pelote à force d’être traité de gamin. Tu as presque le même âge que moi ! Tu n’as pas le droit ! Pourquoi t’as été dire que tu avais abusé de moi, hein ?! Tu sais très bien que ce n’est pas le cas !
- Mais, tu cherches quoi à la fin ?! Rétorqua le grand brun, de plus en plus nerveux, les muscles de son visage tressautant sous l’adrénaline qui montait dangereusement.
- Tout est allé très vite, et oui, j’ai flippé ! Mais qui n’a pas eu peur à l’idée de se faire prendre par un mec qu’il ne connaît que depuis deux jours ? Tu peux me traiter de trouillard et de jeune branleur, ou de vierge effarouchée, mais je pense que tous les mecs ont un tant soit peu flippé pour leur première fois !

Kali planta ses yeux gris dans les siens, presque abasourdi par sa franchise. Il eut un tic à la paupière comme si on venait de lui balancer qu’il avait failli dépuceler une jeune fille avec violence sans la prendre en considération. Ça l’avait atteint, et il ne rua pas dans les brancards.
- Je m’excuse, d’accord. Je t’ai brusqué, et je n’aurai pas dû. Alors, maintenant, s’il te plaît, restons-en là. Tu as eu peur et tant mieux. Maintenant que ton cul est sauf, prends tes distances avec les gens comme moi, tu veux ?
- Quoi ?! Alors, c’est tout ? Si tu peux pas me la mettre, j’ai plus aucun intérêt à tes yeux ?! L’interpella-t-il, loin d’avoir fini sa diatribe pleine de rancœur.
- Oui, c’est exactement ça, détourna-t-il les yeux pour clore le sujet.
- TU MENS !
- BORDEL, AKIRA ! Ne me pousse pas à bout ! J’ai déjà du mal à me contenir ! Dégage d’ici !
- J’ai aimé tes mains sur moi, j’ai aimé comment tu m’as caressé, j’ai aimé tout ce que tu m’as fait et tu le sais ! Je… J’ai été égoïste, je me suis laissé faire et je ne t’ai pas donné au change… Je…
- Alors, quoi, t’es prêt à me sucer, maintenant, peut-être ? Ou à te la prendre bien profond ?!

Akira le fixa sans broncher et comprit qu’il se torturait lui-même. Il essayait vraiment de lui faire peur, mais ça ne collait pas. Même si ces mots lui nouaient l’estomac, il passerait la barrière que Kali s’efforçait de dresser entre eux, et il s’avança vers lui, déterminé.
- D’accord.
- Qu… Quoi ?! Le fusilla-t-il du regard en tentant de lui faire rebrousser chemin.

Le jeune brun attaqua direct, sans ciller, en plongeant ses prunelles émeraude dans le regard d’acier. Il posa les mains à sa ceinture et la déboucla, puis s’agenouilla entre ses jambes. Son cœur battait à rompre. Il avait peur, mais il irait jusqu’au bout…
Kali le vit dégrafer son jean et s’abaisser en sortant son sexe de son étau. Il posa rapidement ses mains sur son front et le repoussa afin d’éviter le massacre. Il fallait lui faire peur, parce qu’il le voyait trembler et qu’il ne faisait ça que par pur esprit de contradiction.
- J’espère que tu plaisantes Akira ! Tu crois peut-être en être capable ? Tu vas sérieusement me la lécher et m’avaler, hein ?! Tu crois que tu vas pouvoir aller jusqu’au bout alors que tu sais même pas comment t’y prendre ?! Tu pourras jamais m’exciter, t’entends ?! Ça sert à rien, tu vas juste te ridiculiser ! Et quand je vais te l’enfoncer dans la gorge, tu vas te mettre à pleurer !

En le sentant se crisper, Kali sut qu’il était enfin parvenu à l’effrayer, pourtant, à sa grande surprise, le jeune garçon eut le cran de continuer à avancer sa bouche ; alors, il le repoussa plus violemment cette fois en lui soulevant le menton et il se paralysa à la vue du visage qui s’offrait à lui.
Akira avait les yeux pleins de rage, mais aussi remplis de larmes. Il avait peur, il se sentait humilié, mais il s’accrochait désespérément.
- Merde ! Akira ! Commença-t-il à le réprimander en haussant le ton. Relève-toi, maintenant, arrête ça, bon sang ! Regarde dans quel état tu te mets, juste pour ça ! T’es malade ! Complètement malade !

Contre toute attente, le bras du petit uke fâché et terrorisé s’accrocha à sa chemise et murmura tout bas :
- Soumets-moi, Kali…
- Qu’est-ce… que tu racontes ?! S’agenouilla le plus grand en lui prenant le visage entre les mains pour le faire revenir à la raison.
- Je suis incapable de prendre les devants, Kali… parce qu’en vérité, je veux que ce soit toi qui les prennes…
- Et merde… Akira… Franchement… Me dire un truc pareil…
- Fais-le !
- Non.
- Pourquoi ? Tu vas encore me dire que je suis un gamin, que je suis pas prêt, hein ?! Pleurnicha-t-il tout en haussant le ton pour se donner de la contenance.

Kali s’approcha de lui, le prit dans ses bras et lui chuchota à l’oreille :
- Parce que j’en ai une très grosse et que ça risque de te faire très très mal… Ricana-t-il en le voyant se contracter tout contre lui.
- A…arrête de te moquer de moi ! Pourquoi tu cherches à me faire peur, hein ?!
- Bon, ok. Je vais être clair. J’avoue que tu m’as impressionné, mais… Écoute. Tu es très attirant, j’ai très envie de toi, donc, ça devrait te suffire pour ne plus me voir comme un défi à accomplir.
- Mais…
- Laisse-moi terminer. J’aime dominer. Ce qui veut dire que je cherche quelqu’un qui aime se faire dominer. Je ne suis pas en train de te dire que je suis gay. Ce que j’essaie de t’expliquer, ce sont les pratiques que j’aime dans le sexe. Ce n’est pas simplement prendre le dessus physiquement, j’ai besoin que mon partenaire aime se sentir sous emprise, voire totalement incapable d’agir…
- Hier… Quand tu as voulu me pénétrer, je t’ai dit d’arrêter et tu as obéi…
- Je ne suis pas un violeur, Akira ! Mon partenaire doit être parfaitement consentant et tu ne l’es pas, est-ce que tu comprends ça ?!
- Je n’ai pas terminé ma phrase ! Le coupa-t-il. La vérité, c’est que… C’est que j’en mourrais d’envie. Aujourd’hui encore, je te cours après, parce que je suis frustré ! La vérité, c’était que mon corps en voulait plus, mais que j’étais incapable de l’avouer. La vérité, c’est que lorsque je t’ai dit d’arrêter, ce n’était pas ce que je désirais ! J’ai ma fierté, mais tu n’as pas vu combien j’avais envie de toi !

Kali posa lourdement sa tête contre son épaule, comme s’il était fatigué et grommela :
- T’as fini de me séduire, oui ? T’es en train de me dire que tu aurais voulu que je continue hier ? Alors que tu tremblais de peur ?

Akira prit une longue respiration et chuchota tout bas, pour masquer sa gêne.
- Je savais pas si tu aimais être…violent… Ou si tu allais chercher à me faire mal… Quand tu m’as plaqué au sol, j’ai cru que tu allais m’arracher les tripes… Alors, c’est normal d’avoir peur, non ?! S’énerva faussement le petit uke qui fondait déjà dans les bras chauds et puissants de celui qu’il avait choisi comme maître.
- Je vois…
- Qu… Quoi, c’est… c’est vraiment ça que tu aimes ? Ce genre de pratique où la douleur serait source de plaisir ? Hésita Akira, plutôt refroidi.
- Non. Je te l’ai dit, ce qui m’intéresse, c’est ne faire que du bien à mon partenaire, mais j’ai besoin de son entière confiance.
- Alors… Apprends-moi… Murmura le petit chiot pour le faire succomber.
- Bon sang… Tu fais tout pour m’exciter, hein ?
- Ouais… Lui planta-t-il ses yeux souriants dans son regard déjà électrisé de désir.

Kali le bascula au sol en lui tenant les poignets de chaque côté de son visage, et posa son front sur son torse, comme vaincu.
- J’ai atteint mes limites, là… Tu ne te rends pas compte…

Mais en entendant la respiration d’Aki s’emballer en le sentant sur lui, Kali comprit qu’il le désirait vraiment. Il se redressa au-dessus de lui, un petit sourire moqueur sur le visage et posa une main à son cou en serrant légèrement. Pour se faire, il avait délibérément lâché une de ses mains, et il attendait de voir si le petit chaton excité allait contrer son geste.
Mais son bras resta immobile au sol, et ses yeux le fixaient, comme à sa merci.
- Tu ne te débats pas, sale môme ?
- Tant que tu ne me fais pas mal, je ne me débattrais pas, c’est ça le jeu, non ?
- Le jeu, hein ? S’illumina Kali, surexcité à l’idée de pouvoir enfin dévorer ce chaton fier et déterminé. Alors, tu vas vraiment me laisser faire tout ce que je veux ? Tenta-t-il de l’impressionner.
- Je… Je ne connais pas mes limites alors… Au moins, vas-y doucement et habitue-moi… Répondit franchement le petit brun qui ne faisait que le stimuler davantage par ses hésitations.
- Tu n’as pas idée à quel point tu peux être sexy, Aki…

Kali le dévora des yeux quelques instants et sut qu’ils allaient parfaitement s’entendre tous les deux. Il se pencha pour atteindre le niveau de ses lèvres et s’arrêta alors que son petit soumis entrouvrait les siennes pour se nourrir du baiser de son maître, mais ce dernier accentua la pression de sa paume sur son cou et empêcha tout mouvement.
- Tss tss. Si tu es sage et obéissant, alors tu auras droit à cette récompense. Mais, pas avant…
- Mais…
- Chuut… Plus un mot… Contente-toi d’apprécier…

Akira l’observa en train de défaire sa cravate, la faire glisser le long de son bras en lui arrachant des frissons, tout en sachant pertinemment ce qu’il comptait faire.
- Mets-toi sur le ventre, Aki, lui intima-t-il d’une voix rauque sensuelle et terriblement masculine. Je vais te faire du bien.

Les yeux verts de sa proie s’étaient un peu assombris à cet ordre et on pouvait y voir une lueur d’inquiétude, cependant, il s’exécuta. À nouveau, son corps se contracta lorsque celui qui le dominait semblait enlever sa ceinture, et lorsque le toucher du cuir vint effleurer la peau fragile de son cou, il se crispa en lâchant une plainte sourde.
Kali sut qu’il se retenait de lui dire d’arrêter, pour lui montrer qu’il lui faisait confiance, mais il sentait aussi toute l’appréhension qui le parcourait.
- Détends-toi, Aki… Et ne te focalise que sur les sensations… Je ne cherche pas à te faire mal…

Cette voix le transportait malgré lui. Mme La Trique, de son côté, était parfaitement conquise par cet homme à qui elle réagissait instinctivement. Il se laissa faire alors que ses poignets rejoignaient sa nuque et que la ceinture se noua autour de son cou et serra le tout.
À présent, seuls ses coudes touchaient le sol, et le moindre mouvement de ses bras lui enserrait la gorge plus fortement ; il se rendit compte que pour respirer librement et être à l’aise dans cette position, il lui fallait se cambrer davantage et… remuant pour trouver le confort, il n’eut d’autre choix que de se mettre sur les genoux et exposer ses fesses que le maître commençait à dénuder.
- Gnn…

Aki pensait à tort que Kali aurait évité de le mettre dans la seule position qui l’avait effrayé la veille ; et pourtant, il avait attaqué direct sur le point critique de son unique faiblesse. Il ne pouvait pas dire qu’il n’avait pas peur, mais, au lieu de se laisser submerger par ses émotions, il préféra attendre de voir si vraiment il y avait de quoi avoir peur.
Les doigts doux de Kali qui parcoururent son échine dorsale et la courbe de ses fesses crispées le plongèrent dans un état d’attente plus que d’appréhension. Il traçait des sillons de chaleur à chaque passage de ses mains sur sa peau, et lorsque sa bouche vint s’appuyer sur son dos à son tour, il se détendit, happé par les sensations que cet homme provoquait en lui.
- Tu aimes ? S’amusa le dominant, alors que son corps vibrait à chaque coup de langue provocateur.
- Mhm… S’agita le petit Uke, ne retenant pas les gémissements d’extase qui montait dans sa gorge par vagues.

Mais tout son corps se contracta de refus lorsque la langue du loup affamé commença à descendre vers son intimité, celle qu’il avait violemment protégée la veille.
- Héé ! Protesta le petit ange, désespéré.
- Je t’ai dit que je ne te ferai jamais de mal. Alors, ne te braque pas, tu veux ?

En même temps qu’il prononçait ces mots, il tira légèrement sur la ceinture, ce qui lui fit relever la tête malgré lui et se cambrer davantage pour lui offrir son postérieur.
- Ah… Mais, c’est sale, ne… ARG !

La langue qui frôla son trou le tétanisa et il faillit s’étrangler en forçant sur la ceinture. La surprise et la peur le paralysèrent un bref instant, mais la douceur de sa langue sur son fin pourtour le fit frissonner. C’était chaud, humide, glissant et la caresse provoqua un spasme où ses muscles se relâchèrent. Aki n’eut même pas conscience qu’il avait écarté davantage les jambes pour s’ouvrir à ce geste électrisant.
- Haa… Ka…li…
- Ouais… Alors… ça te fait mal ? Tu veux que j’arrête ? Joua le maître, fier de le voir frémir à ses caresses et le corps perdu de sensations.
- Gnn… Posa-t-il sa tempe au sol, légèrement crispé par l’afflux de sang qui l’envahissait de toute part.
- Je prends ça pour un oui ?

Et alors qu’il retirait sa douce langue, il entendit son amant grogner d’insatisfaction, mais incapable de lui dire de continuer. Kali sourit en le voyant se mordre les lèvres, contrarié et en souffrance de ne plus être satisfait.
- Ka…li… Merde… Arrête de faire chier… Se vexa l’animal capturé, mécontent de voir que le piège se refermait contre lui.

Comme si la bête allait supplier le chasseur de ne pas le relâcher ! Maugréa Aki en lui-même. Ce démon savait très bien qu’il prenait du plaisir !
- Tu en veux encore, alors ? Gloussa Kali, ravi de le voir ainsi torturé. Dis-le… Dis-le que tu en veux encore…
- …
- Aki… Dis-le que tu as envie de moi… Insista le maître, en léchant les contours de son orifice, sans passer dessus délibérément.
- Pousse… pas… le bouchon… Vociféra-t-il, le corps tendu à l’extrême.

Pour le faire céder, Kali s’allongea sur son dos pour venir poser son front sur sa tempe, le recouvrant de son corps pour lui imprégner sa chaleur et son excitation. Il le sentait à bout et il l’accula.
- Dis-moi juste « encore », Aki… J’ai besoin de l’entendre…
- Nnn ! Bougonna ce dernier, se tortillant pour lutter, mais lorsque son visage vint se frotter au sien, comme deux chats se pourlèchent mutuellement pour se montrer leur affection, il capitula. Encore… S’il te plaît…
- Ah… Aki… Gémit Kali pour l’encourager, en lui montrant combien ses paroles l’excitaient.

Il lui fallait des déclencheurs. Il fallait qu’il ait confiance en lui. Il fallait qu’il comprenne combien il lui donnait du plaisir en s’abandonnant à lui.
Et lorsque sa langue vint forcer le passage pour s’immiscer là où il avait toujours rechigné, Aki poussa un cri de jouissance qui gonfla Kali d’orgueil. Et il ne le laissa plus appréhender quoi que ce soit. Il voulait le perdre dans de multiples sensations, il voulait qu’il se perde avec lui, pour lui et seulement lui. Il enfonça deux de ses doigts dans la cavité déjà agitée de spasmes et qui se contracta autour de ses muscles, alors que le chaton gémissait de plus belle sans plus protester.
Il semblait ressentir le soulagement d’être touché là où il ressentait un vide depuis la veille. Là où il avait ressenti un orgasme inattendu et fulgurant. Les petits cris d’Aki remplissaient la salle plongée dans la pénombre, sans aucune restriction, se libérant comme un plaisir salvateur.
Un cri plus prononcé résonna lorsque Kali immisça sa main dans son caleçon pour y trouver le fruit défendu gorgé de plaisir.
Contre toute attente, Aki s’agita et commença à se rebeller et Kali ne comprit pas tout de suite pourquoi.
- Nn… Nonn… A… Arrête, bordel…
- Tu aimes ça, arrête de le nier, sale môme… Continua le prédateur, en sollicitant à la fois son derrière et l’avant pour le faire plier.
- Haa… Ne… Ne recommence pas… Ne me fais pas… venir comme ça !
- Ah non ? Et comment tu veux venir alors ? S’aiguisa le Seme, grognant de satisfaction à l’attente de cette phrase qu’il n’espérait plus entendre.
- Arrête… de jouer… J’en peux plus…
- Oh. Tu me veux en toi, c’est ça ? Tu n’as plus peur ?
- Haan… Ka…li…

Le dominant tira légèrement sur la ceinture, et le visage de son partenaire se souleva, en haletant, sans une once de protestation.
- Approche, Aki… Lui intima-t-il en lui léchant les lèvres.
- Mhmm…
- Détends-toi…

Il prit sa bouche avec passion pour l’empêcher de se concentrer sur l’intrusion de son sexe qu’il frottait contre ses parois serrées. Son corps se contracta, mais Kali appuya sa langue en lui, l’enroulant autour de la sienne, cherchant à l’envahir tout entier et le détourner à mesure qu’il accentuait la pression sur son trou qui s’ouvrait doucement à lui. Lorsque son corps se contracta et que ses lèvres se refermaient sous la douleur de l’appréhension, Kali stoppa sa progression et joua avec sa bouche pour le détendre et l’apaiser.
Il caressa son torse, son sexe, le couvrant de son corps pour que l’union ne paraisse pas froide et égoïste.
- Ahh… Ça…ça…
- Tu veux que je me retire ? Posa tendrement le monstre de douceur qui l’entourait de tout son amour.

Le petit Uke eut une réaction des plus adorables et se recroquevilla légèrement pour ne pas accepter sa requête, pour qu’il s’occupe encore de lui, qu’il continue de le faire vibrer. Pire, il écarta fébrilement les jambes en guise de soumission totale, et Kali crut jouir à la seconde.
- Respire, Aki… Je vais y aller doucement…

Malgré la crispation de son amant, il s’enfonça en lui lentement, s’apercevant qu’il se décontractait tout entier pour l’accueillir. La pénétration était d’autant plus facilitée par la salive qu’il avait apposée et bientôt, il le prit en lui jusqu’au bout.
Kali grogna de plaisir de se sentir entouré de chaleur dans son cocon agité de spasmes qui l’aspirait encore et encore.
Il vit son chaton grimacer, les muscles complètement tendus, respirant avec difficulté face à cette intrusion qui l’écartelait sans pour autant lui faire mal. Le frottement de son sexe contre ses parois l’irritait, mais en même temps, une douce sensation commençait à apparaître. Son sexe réagissait également à cette pénétration et tout son corps se mit à réclamer davantage.
- Je peux bouger ?
- Ou… Oui… Répondit le garçon noyé de plaisir d’une petite voix aiguë et étouffée par l’assaut d’émotions. AAH !
- Tu as mal ?
- Gnn… En…Encore…

Kali s’accrocha à ses hanches et se maudit de lui avoir enseigné ces mots qui le rendaient fou. Il apprenait bien trop vite et, à cette vitesse, il finirait par prendre le dessus et renverser les rôles. Il saisit la ceinture entre ses dents, plus pour avoir quelque chose dans sa bouche qui l’empêcherait de crier de plaisir que pour jouer avec le chaton qui se débrouillait bien trop facilement et accentua ses coups de reins.
Plongeant et replongeant en lui, glissant toute sa verge profondément, et la retirant entièrement jusqu’à sentir le bassin de son amant suivre ses mouvements parce qu’il en voulait plus. Le bruit de succion et de pénétration l’excitait davantage et lorsqu’il se regarda s’enfoncer en lui, un éclair irradia ses propres hanches et il se rendit compte qu’il allait perdre pied avec son amant…
Lui qui se maîtrisait si bien, lui qui ne prenait plaisir qu’en sentant son partenaire prendre le sien, lui qui avait une endurance à toute épreuve, et qui n’était pas capable de jouir tant que l’autre n’était pas venu au moins deux ou trois fois, il allait éjaculer avant son amant !
- Ka…li… Je vais… Je vais…

Sans le savoir, Akira allait le sauver et l’empêcher d’être découvert. Il crispa sa mâchoire sur la ceinture, même si cela signifiait laisser des marques sur le corps de son amant, et sa possessivité eut raison de son petit môme au bord du gouffre. Le fait d’être attaché et immobilisé par la seule force de son partenaire, accélérait le plaisir et précipitait l’orgasme.
Les hanches d’Akira s’empalèrent sauvagement sur son sexe dans un dernier mouvement désireux de le sentir au plus profond de lui, là où l’étrange sensation de jouissance l’avait envahi la nuit dernière. Kali se bloqua, complètement recroquevillé sur son amant, happé par les afflux de jouissance qui s’échappaient pour se répandre dans celui qui l’avait enfin accueilli et accepté.
- Akira… Ahh… C’est trop bon…
- Ah…oui…. Oui… Mhmm…

Kali sentit le liquide chaud s’écouler dans sa main alors que son chaton se libérait, complètement gémissant contre lui, sans honte et sans retenue.
Lorsqu’il le sentit à bout de force, prêt à s’écrouler au sol, ses muscles refusant de le soutenir davantage, il retira les liens et le collier de cuir improvisé et le retourna pour l’enlacer tendrement, il se figea.
Son chaton tendit les mains et approcha sa nuque pour quémander un baiser. Ses yeux éperdus, son visage essoufflé de plaisir et surtout son incroyable don de soi lui firent perdre la tête et les mots s’échappèrent de sa bouche, incontrôlables.
- Je t’aime, Aki…

Le petit môme tressaillit et son corps fut parcouru de frissons. Kali ne le laissa pas réaliser et l’embrassa avec passion pour se lier à lui, pour le posséder définitivement et ne plus jamais le laisser s’échapper.
Il entoura son corps de ses bras langoureux, et passa une main à son cou afin de se délecter de tout ce qu’il avait bien voulu lui offrir.
- J’ai encore envie de toi, Aki…

Le jeune amant sut.
Il était à lui.
Il le laisserait faire ce qu’il voudrait.
Il aimait cette sensation d’être en cage, d’être la proie d’un homme qui le désirait jusqu’à la folie et qui ne chercherait qu’à lui procurer le plus grand des plaisirs…

*********
Le lendemain, Akira avait retrouvé sa bonne humeur habituelle, et affichait un sourire radieux. Il salua Kimi et Mamiyu, mais ces dernières le dévisagèrent comme s’il avait un truc bizarre sur la figure.
- Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ? J’ai un truc de collé au visage ou quoi ?

Ce sont les yeux écarquillés de Chisaki qui l’interpellèrent et elle lui fit un signe discret en pointant son cou du doigt.
Aki s’empourpra en comprenant que leurs ébats d’hier soir avaient dû laisser des traces et qu’il n’avait pas pensé à les dissimuler puisqu’il s’était habillé à la hâte, n’ayant que très peu dormi…
- Akira… Euh… C’est à toi ça ? Demanda Kimi en tenant l’objet de la honte entre ses mains. Je l’ai trouvée par terre ce matin…

Akira observa la ceinture, rouge comme une tomate, et s’empressa d’inventer une excuse avant de mettre la puce à l’oreille des filles, et tentant d’ignorer le ricanement de Chisaki qui semblait avoir parfaitement compris.
- Euh… Oui, c’est la mienne. Je me suis changé ici hier soir et j’ai oublié de la reprendre…

Et au moment où il s’approchait de l’objet maudit, une voix retentit derrière lui, et finit de le mettre définitivement mal à l’aise.
- Oh ! C’est à moi ! C’est ma ceinture, ça ! Intervint Kali, tout naturellement. Je me suis changé ici avant de partir et j’ai pas pensé à la récupérer !

Un silence de plomb s’abattit dans la salle de réception sous les yeux médusés de Kimi et Mamiyu. Aki se tourna vers son fichu directeur en le fusillant du regard, complètement démasqué par cet imbécile de beau gosse qui venait de ruiner sa magnifique excuse.
Chisaki pouffa de rire, ne pouvant plus se retenir, surtout lorsque le regard de Kali glissa sur la marque rosie du cou de son amant qui ne laissait aucun doute sur la similitude entre l’objet que tenait Kimi et la forme caractéristique tatouée sur la peau d’Aki.
Contre toute attente, il se mit à rire, ne niant absolument pas les faits, ce qui acheva le jeune brun, complètement pris au dépourvu qui s’enfuit, furibond au possible.
- Hum… J’en fais quoi, alors ? Je la range dans la partie déguisement, en tant qu’accessoire ou… S’amusa Kimi.

Tous partirent d’un grand éclat de rire, alors qu’Aki grommelait en leur jetant des regards noirs de honte.
- Plus jamais, t’entends, M. Kali Noors, plus jamais ! Ne m’approchez plus jamais !
- Oui, oui… Ne le prit-il pas au sérieux pour voir sa proie se débattre et lui donner envie de le chasser et le pourchasser une fois de plus.

L’avenir promettait d’être vraiment très intéressant…













2ème partie :


Trois mois plus tard...

Akira se tenait immobile, les yeux dans le vague, sans même entendre le chahut que provoquaient les gamins autour de lui. Sans le savoir, son visage trahissait l'inquiétude, la souffrance et la colère que lui infligeait cette impasse.
Il avait les traits tirés. Ses poignets lui faisaient mal. Ses reins, sa nuque, ses cuisses... tout était meurtri. Mais cette douleur n'émanait pas d'une sensation physique, elle venait de son cœur tout entier qui s'émiettait comme jamais.
Il avait perdu sa joie de vivre, il avait perdu le sens des réalités, il avait perdu de vue ce qu'il désirait au plus profond de lui-même. Il se sentait tomber au fond d'un gouffre qui l'attirait et menaçait de le tuer à la fois.

C'est à la main qui lui tirait sa chemise qu'il revint à lui, soudain conscient qu'il n'était même plus capable de mener son travail à bien...
- Hé... Akira... Le secouait Netsuki.
- Ah... ! Pardon ! Qu'est-ce que tu veux ? Tenta-t-il de sourire sans que ses yeux ne suivent la démarche.
- …
- Ben quoi ? Dis-moi... L'encouragea Akira en lui tapotant la tête.
- Ça me rend triste ! Ragea le petit garçon avec une incroyable colère dans la voix.
- Co...comment ? Qu'est-ce qui te rend triste ? Parut-il surpris de déceler de la colère envers lui.
- L'expression de ton visage. Je l'aime pas. Je la déteste ! Je la connais bien tu sais ! Ma mère avait la même quand mon père venait de la frapper !

Akira reçut la réplique comme une gifle violente qui vous sonne un moment tellement elle fait mal. À l'intérieur, plus qu'à l'extérieur. Il n'eut même pas le réflexe de faire l'étonné pour démentir, ni de rigoler pour le convaincre du contraire. Au lieu de cela, il se sentit presque au bord des larmes. Au bord des larmes de rage où l'on a envie d'exploser, de crier au désespoir pour trouver une solution. Ces larmes qui vous disent de prendre le taureau par les cornes et de mettre un terme à ce qui fait mal, aux situations qui vous détruisent et aux gens qui vous rendent malheureux.

Ce n'était pas un masque. Et même les enfants pouvaient le voir... Le pire pour lui, c'était d'être incapable de le cacher. Peut-être comme une première porte de sortie... Montrer qu'il était à bout pour qu'on le sorte de là...
- Pardon, Netsuki. Je voulais pas raviver des moments difficiles.

Il n'allait pas lui dire que ce n'était pas ça, ou qu'il ne fallait pas qu'il s'inquiète. Il n'allait pas mentir.
- Retourne jouer avec les autres, d'accord ?
- Tu vas plus jamais sourire, pas vrai ?! Lui reprocha le petit trublion, à la fois inquiet et en colère.
- Ça va passer, Netsuki, d'accord ? Allez, file !

Contre toute attente, le petit brun, habituellement si avare de contacts et d'affection, se jeta littéralement dans ses bras en agrippant sa chemise douloureusement. Akira crut qu'il allait se mettre à pleurer lorsqu'il se rendit compte que ce petit bout de rien du tout tentait vainement de le réconforter en lui offrant un câlin maladroit.

Son cœur se serra, mais s'apaisa un court instant. Il prit une grande inspiration et cajola l'enfant dont le geste soulageait ses peines. Cette fois, un sourire vint se peindre sur son visage et il lui souffla, avec détermination :
- Je te le jure, Netsuki. C'est une promesse, d'accord ?
- T...t'as intérêt à la tenir, hein ? C'est une promesse d'hommes !
- Ouais... ! Se mit-il à rire, soudain, en retrouvant sa gaieté d'antan. C'est une promesse d'hommes !

********************************


« Dis-le que tu le supportes plus... Dis-le... Pourquoi tu me quittes pas, hein ? POURQUOI ?! »

Ces phrases tournaient en boucle dans sa tête. Et à chaque rappel de ces intonations de voix, son cœur s'emballait, la peur se soulevait en lui, une crainte sourde s'emparait de lui.
Ce n'était pas la peur d'être maltraité, ni la peur d'être abandonné, mais la peur de le perdre...
Il savait que Kali l'aimait désespérément. Au plus profond de lui, malgré les apparences, malgré ses dires, malgré son comportement, il en était intimement persuadé.

Combien de fois l'avait-il vu s'agripper à lui dans son sommeil en murmurant « Ne me quitte pas, Aki... Ne m'abandonne pas... » ? Combien de fois avait-il vu ses yeux refoulant ses larmes, en proie au doute, alors qu'il faisait tout pour le forcer à partir avec des mots comme : « Mais tu vois pas que je te fais du mal, bon sang ?! Pourquoi tu restes ? Pourquoi... ! »...

Jamais pourtant Kali n'avait annoncé sa décision de le quitter. Jamais il ne le menaçait de partir. Jamais il n'avait été question de rupture dans sa bouche. Non... Il faisait tout ce qui était en son pouvoir pour que ce soit lui qui le quitte... Et jusque-là, Akira avait tenu bon. Parfois même, il usait de stratégie pour apaiser ses tourments, et lorsqu'il finissait par lui chuchoter « Je t'aime, Kali. », le démon perdait tous ses moyens, ses yeux s'emplissaient de pardon, se faisaient ange, se faisaient enfant dans la tourmente, et il s'accrochait à lui avec un amour incommensurable...

Quelle était la solution ? Comment pouvait-il se sortir de là ? Comment pouvait-il le sortir de là ? Kali était miné de l'intérieur. Une force néfaste du passé le contraignait à agir comme tel, à tout faire pour détruire la relation qu'il aimait le plus... Pourquoi ? Par dégoût de lui-même ? Parce qu'il ne pensait pas mériter le bonheur ? Parce qu'il ne se sentait pas à la hauteur ? Parce qu'il avait tellement peur de le perdre qu'il préférait le pousser à partir plutôt que d'avoir à en souffrir plus tard ?

Toutes ces questions restaient sans réponse.

Et il fallait se rendre à l'évidence, il avait lutté, mais ça avait laissé des traces. Il était encore jeune, et pourtant épuisé par cette relation. Il ne parvenait plus à sourire, et son cœur était quotidiennement oppressé.

Lentement, il s'assit et posa nonchalamment la tête entre ses mains, en fermant les yeux pour tenter de se vider l'esprit. Mais les images qui s'offrirent à lui n'étaient pas celles escomptées. C'étaient celles de la veille. De leurs derniers ébats. De leurs dernières écorchures...

*************************


Akira ferma la porte et sentit le froid. L'absence. Le vide. Kali n'était pas là. Une fois de plus, Kali refusait de l'accueillir avec un « tadaïma » de coutume. Il lui avait certes laissé la clef de son appartement, mais jamais il ne lui avait accordé la moindre vie de couple. Comme s'il s'en protégeait.
Plus il parvenait à l'approcher, plus Kali prenait ses distances. Et cela le rongeait.
Il alluma la télévision et somnola dans le canapé, en attendant son amant.
Qui rentra en plein milieu de la nuit.
En sentant légèrement l'alcool.

- Qu'est-ce que tu fais là, Akira ? T'as vu l'heure qu'il est ? Pourquoi t'es pas rentré chez toi ?
- Je voulais dormir avec toi, s'enquit ce dernier, les yeux francs, à la limite de la provocation.
- Hé ! Tu bosses demain, ne néglige pas ton travail ! Le réprimanda-t-il, comme s'il cherchait à éviter qu'ils n'en arrivent justement là. T'es plus un gamin, tu peux dormir tout seul ! Et puis, je suis crevé, là.
- Tu sors beaucoup ces temps-ci...
- Hein ? Tu te prends pour mon père ou quoi ? S'agaça Kali, toujours sans le regarder dans les yeux.
- Tu m'évites ?
- Bon, t'as fini avec tes questions ?! Haussa-t-il le ton. Qu'est-ce t'as ? T'es en manque ou quoi ?
- Ouais.

Kali le dévisagea cette fois. Presque mécontent. Akira savait qu'il tentait de le faire lâcher prise, mais il tiendrait bon. Il ferait plier cet enfant abandonné refusant toute relation, refusant de se faire aimer par peur d'être trahi.
- Toi... Tu t'es toujours pas lassé, hein ? Les jeunes comme toi sont en manque de sensations fortes, c'est ça ? Ton petit cul a encore envie de se faire ramoner ? Alors, à quoi on joue ce soir ? Tu sais, je crois que tu te rends pas bien compte de tout ce que j'ai en réserve... Tu ferais bien de déguerpir avant que ça n'aille trop loin...
- …
- 'tain ! T'en veux encore plus, hein ?! Tu veux tester tes limites ?! Tu veux que je t'achève, c'est ça ? Tu sais quoi ? Ça fait un moment que ça me trotte dans la tête, alors je vais te dire ce que je vais faire de toi si jamais tu veux vraiment voir jusqu’où t’es capable d’aller... Tu sais ce qui m’excite ? C’est de te voir soumis. Soumis au plus haut point... Poursuivit le diable de cette voix pleine de fiel. Que tu fasses absolument tout ce que je t’ordonne, parce que, jusqu’à présent, tu t’es laissé faire, mais tu n’as pas encore appris l’entière soumission...
- Pourtant, je crois bien avoir satisfait le moindre de tes désirs... Répliqua Aki, sans hausser le ton.
- J’aimerai bien que d’autres te voient être à ma merci...

Le jeune brun mit quelques instants pour mettre de l’ordre dans ces mots et retenir l’idée principale... « Les autres »... Co-comment ça, que d’autres nous voient ? Il parlait de quoi exactement ? D’un plan à trois ? Pff... Kali était bien trop jaloux pour ça... Il inventait certainement un autre argument pour tenter de lui faire peur...
- Si t’as envie de coucher avec quelqu’un d’autre, fais pas de détour ! S’énerva le plus jeune, qui commença à sentir le vent tourner dans la mauvaise direction.

Se pouvait-il qu’il ait quelqu’un d’autre en vue, et que la raison de ses agissements se trouve tout simplement dans l’attirance envers un autre homme ?
- Ahahah ! Tu es toujours aussi naïf, c’est trop drôle ! Non, je vais te dire ce que j’aime vraiment. J’y suis allé très lentement avec toi parce que tu n’es qu’un gamin et que Chisaki m’aurait étripé. Mais, maintenant que tu veux vraiment aller jusqu’au bout avec moi, je pensais que tu y avais un peu réfléchi... Ahahah ! Tu crois que je vais me contenter de ça avec toi ? Que le fait que tu me laisses te faire l’amour les yeux bandés ou les mains attachées me suffirait ? C’que t’es innocent... Ça me donne encore plus envie de jouer avec toi ! Ce que je veux, tu vois, c’est que tu m’accompagnes quelque part, que tu accompagnes ton maître sur un terrain de jeu en tant que gentil chaton prêt à tout...

Akira eut un léger frisson dans le dos à cette évocation sans véritablement mettre le doigt sur ce dont il parlait réellement. Kali sembla se délecter de ses interrogations, toujours en se moquant de son extrême naïveté.
- C’est un endroit où des dominants tels que moi apportent leur petit chaton qu’ils tiennent en laisse...
- ...

Aki déglutit péniblement alors que son esprit commençait à fouiller dans sa mémoire afin de se faire une idée précise et imagée.
- Et ils prennent leur pied en montrant aux autres à quel point leur chaton est obéissant envers son maître... C’est tout simplement exquis... Se lécha-t-il la lèvre inférieure en guise de provocation.
- Qu’est-ce que tu...racontes... ?
- Bien sûr, ce sont des clubs privés, alors, tu n’as jamais pu y rentrer, mais j’aime initier... J’aimerais voir les visages lubriques des clients qui me regarderaient te prendre et surtout, leur montrer que je peux tout te faire faire...
- ...genre... tu veux aller dans un backroom et que je me laisse tripoter par tout le monde ! Tu me tiens enfermé la plupart du temps et tu me fais une crise quand je suis avec mes potes !
- Oh non, mon petit Aki... Il s’agit pas de cela... C’est un endroit très respectueux de certains codes, tu vois. Et personne n’est autorisé à toucher personne, sauf si le maître l’y invite... Mais, ce n’est pas vraiment que quelqu’un d’autre te touche qui m’excite, mais plutôt le fait que toi, tu le fasses parce que je te le demande. Tu vois, c’est ça la véritable soumission, te faire faire des choses que je t’ordonnerai, et maîtriser le jeu...
- Tu veux me forcer à coucher avec quelqu’un d’autre ?! Glissa Aki d’une voix rauque et chevrotante, presque abasourdi.
- Ah là là, ce n’est pas vraiment comme ça que je le vois, car c’est clair que personne n’aura le droit de te pénétrer. Ce qui est à moi est à moi et à personne d’autre, par contre, je serai vraiment très flatté que, pour moi, tu montres aux autres à quel point tu aimes m’obéir et à quel point tu ferais tout pour me faire plaisir... Tu saisis la nuance ? Par exemple, je te demanderai de passer ta langue sur une certaine partie de son corps, mais ne t’inquiète pas, en même temps, je m’occuperai toujours de toi et te guiderai pour ne pas que tu te sentes seul...

Un silence de mort s’abattit entre eux, alors que Kali le regardait de ses yeux pleins de défi. Aki sentit le dégoût et la peur le submerger, mais serra les poings pour les empêcher de se trahir. Ce genre de choses... Ce genre de lieu de débauche... Il en avait vaguement entendu parler, mais cela restait des légendes de films, des pratiques SM en usage dans des sectes inconnues dont on discutait dans des émissions... Cela ne faisait pas partie de sa réalité... Et rien que de s’imaginer en faire partie, s’imaginer à genoux en train de sucer un autre homme aux yeux de tous, avec Kali l’encourageant à prodiguer du plaisir à un autre, cela le terrifia. Certes, il avait trouvé ça excitant dans les manga, où le personnage affublé d’un collier et d’une laisse se faisait prendre par son amant sans aucune pudeur, mais là, il ne s’agissait pas de fiction. Et un fantasme restait quelque chose d’inconscient que la réalité n’accomplirait jamais. Parce que dans la réalité, on ne prenait pas plaisir à sucer un autre mec, à respirer et à lécher l’odeur d’un autre devant des gens qui nous humiliaient de leurs regards dépravés !
- Alors, tu ferais ça pour moi ? Le pressa Kali, presque sûr de sa victoire et de la défaite du petit Uke, qui rentrerait la queue entre les jambes.

Akira réfléchit un instant. Et comprit. On ne proposait pas ce genre de chose à son amant lorsque leur relation était en plein tumulte amoureux. C’était une chose qui devait témoigner d’une incroyable confiance et compréhension mutuelle. Et certainement d’un désir commun et partagé.

Kali ne faisait que lui montrer les pires horreurs pour qu’il s’échappe de lui-même. Et même si le doute l’assaillait quant à la possible attirance de son amant pour ce genre de pratiques sexuelles, ce soir, ce n’était que des mots. Alors, il brava la bête.
- Je t’ai bien dit que j’étais en manque de sexe, donc...

Voyant qu'Akira restait déterminé, il le saisit par le bras, les nerfs à vif et le traîna jusqu'à la chambre pour le projeter sur le lit.
- Cherche pas à te débattre maintenant, tu risquerais de m'agacer, annonça-t-il d'une voix grave qui annonçait le début du combat.
- Pourquoi tu fais ça, Kali ? S'interposa le jeune, tempérant l'atmosphère d'une voix douce et chuchotante.

Pour toute réponse, Kali se mit torse nu, s'avança vers lui et le domina en plaquant ses mains autour de la tête du chaton qui s'était couché sous la pression, sans le quitter du regard. Le fauve s'attaquait à un chaton déjà blessé, qui tentait malgré tout de l'amadouer de ses yeux suppliants.

Mais si Akira usait de supplications, le fauve ferait tout pour jouer avec sa proie et la faire réagir. Si le jouet n'offrait pas de résistance, cela n'avait aucun intérêt pour Kali. Alors, le petit uke aurait beau ne pas répondre à ses attaques et se laisser faire, le seme, de sa gorge déployée, ne lâcherait pas prise et irait le plus loin possible pour que ce dernier se débatte. Et lorsqu'enfin, la proie retrouvait de sa vigueur et se démenait, le fauve aiguisé attiserait davantage la colère et la volonté de se battre de son adversaire...

Akira était dans l'impasse, comme à chaque fois. Il n'avait pas encore trouvé de parade. Car une fois qu'il se débattait et que le tyran le forçait à sortir de ses gonds, il s'approchait un peu plus de l'échéance de la séparation, espérant que le petit Uke, à bout de force, finisse par céder, et qu'il choisisse enfin de mettre un terme à tout ça...
Et Akira se savait proche de l'échéance...
Kali allait de plus en plus loin...
Beaucoup trop loin...
À ce rythme, il allait se briser en deux, physiquement et moralement...

Deux crocs s'enfonçant dans sa chair lui rappelèrent que l'ennemi aimé avait déjà donné l'assaut. Akira serra les dents sans pouvoir réprimer un petit cri de souffrance face à la morsure qui entaillait la peau délicate de son cou. Par réflexe, et il se maudissait pour ça, ses deux bras avaient tenté une riposte, ce qu'il ne fallait surtout pas faire, et surtout pas d'emblée.

Ça attisait la bête. Ça la faisait monter d'un cran. Et à chaque cran, il lui était impossible d'en redescendre. Akira devait rester maître de lui-même pour éviter à tout prix le crescendo et tenter de convertir cette guerre passionnelle en jeu amoureux...
La deuxième marche ne se fit pas attendre. Kali mordit plus fort, tout en lâchant sadiquement les bras du petit Uke pour qu'il le repousse à nouveau.

Kali était très fort pour gravir rapidement les échelons. Dans la vie professionnelle, comme personnelle. Dehors, comme dans un lit. Comment pouvait-on ne pas se servir de ses bras libres pour repousser une attaque encore plus douloureuse que la précédente ? Et pourtant, Akira ne devait pas réagir, il fallait subir, sans broncher, pour mettre le plan de son adversaire à l'eau. Alors, il prit sur lui, et au lieu d'utiliser une force instinctive, il se servit de la douceur du cœur, malgré l'envie de le faire lâcher prise. Il leva les mains, en tremblant, et les enroula autour du cou du fauve qui continuait de le lacérer avec plaisir.
Et, avec amour, Akira nicha sa tête dans le creux de l'épaule de Kali, comme s'il l'invitait à poursuivre. Il essaya d'y mettre le plus de tendresse possible, d'y apporter une respiration calme et chaude pour calmer la bête, et effleura la peau animale de ses lèvres douces.

Aussitôt, il sentit Kali se raidir à cette caresse inattendue, et ce dernier se redressa subitement, les yeux encore plus acérés que d'habitude.
- Je suis pas du genre câlin, alors fais pas celui qui aime ce que je te fais, alors que tu voudrais que je sois ton petit prince charmant... T'essaies de prendre sur toi, hein ? Tu te crois capable de m'arrêter ? Mais, t'as toujours rien compris ma parole ! Grognait-il en le repoussant contre le matelas pour le détacher de lui. T'auras pas ce genre de relation avec moi, t'entends ?! Tu veux jouer le rôle de la gentille épouse auprès de son petit mari ?! Alors, va voir ailleurs !

Akira accusa le coup, comme d'habitude, mais cette fois, il lui en faudrait beaucoup plus pour être au bord des larmes. Il avait appris à se blinder contre ses piques acerbes.
- Je ne te demande rien... Répondit-il, dosant sa voix. Je veux juste être avec toi...
- T'aimes être torturé, c'est ça ? S'agaça-t-il plus violemment, rageant contre l’aplomb du petit uke qui persistait. T'en as pas eu assez ? Regarde-toi, tu vas me faire croire que t'es heureux, peut-être ? Avoue que t'en peux plus ! Avoue que c'est pas ça que tu recherches ! Pourquoi tu t'accroches, bon sang ?!

Akira inspira fortement ; il fallait la jouer fine car ça pouvait déraper à tout moment. Il fallait la jouer serrer.
- Ce n'est pas toi qui disais que la seule chose qui t'importait, c'était de faire du bien à ton partenaire et qu'il ressente du plaisir ? Osa-t-il sans reproche dans la voix, tentant de raviver de doux souvenirs.

Un tic nerveux fit tressauter la paupière de la bête qui sembla, l'espace d'une seconde, touchée par ces mots. Mais le visage se rembrunit aussi vite et un fin sourire vint peindre son visage.
- C'est ce que disent tous les hommes pour obtenir ce qu'ils veulent, tu ne le savais pas ? De belles paroles, pleines de promesses pour embobiner un joli petit cul dont ils pourront se rassasier à loisir...
- Alors, maintenant que tu as eu ce que tu voulais, tu ne veux plus de moi ? Répondit-il timidement, pour retourner la situation.

Akira savait qu'il ne prendrait pas la décision de lui-même. Depuis le départ, il essayait de le faire fuir par tous les moyens.
- Oh, moi, du moment que j'ai un jouet pour me satisfaire, je l'utilise. Mais, compte pas sur moi pour quoi que ce soit d'autre. Tu n'es rien d'autre qu'un passe-temps sexuel auquel je peux m'adonner en toute tranquillité... Le titilla-t-il, en déboutonnant sa braguette sans même le regarder.
- Et toi... tu es heureux avec moi... ? Poursuivit le chaton, sans prêter attention à ces phrases que chacun redoutait d'entendre dans sa vie.

Mais alors qu'Akira tentait de caresser la naissance de son cou de ses doigts amoureux, Kali le repoussa vivement, coupant toute tentative d'affection.
- La seule chose que tu dois m'apporter, c'est du plaisir. Faire ce que je dis. Et surtout me laisser faire ce que j'ai envie. Sans broncher. Mais comme tu l'as si bien dit, je prends mon pied quand mon partenaire le prend aussi, et ce n'est plus trop le cas avec toi. Je sais très bien lire dans tes yeux, et ça fait un petit moment qu'ils se sont ternis. Y'a plus d'extase dedans... Il serait peut-être temps que tu le réalises...

Akira prit peur. Un instant, il crut que Kali allait rompre définitivement. Son cœur cogna très fort dans sa poitrine à mesure que les secondes passaient. Mais c'est en le sentant détacher sa main de son entrejambe qu'il ressentit de la frayeur. Kali s’apprêtait à le laisser là, en plan, sans le toucher, sans lui faire subir quoi que ce soit. La bête semblait s'être désintéressée de sa proie, et allait partir à la quête d'une autre... Et cette situation-là n'était jamais arrivée...
Akira voulut le retenir, l'enlacer, le supplier de ne pas le quitter, mais il resta sous le choc de ce qui allait probablement se passer, et ne bougea pas d'un pouce...
- Rentre chez toi, Akira.

Bizarrement, les larmes ne vinrent même pas lui piquer les yeux. Son cœur tambourina comme un fou, et la colère de l'abandon lui redonna une force insoupçonnée. Une force qui s'appelait la provocation. Une force née de la suffocation. Il avait besoin d'exploser. Il n'avait plus rien à perdre.
- Non.

Un léger silence s'abattit alors dans la pénombre de la chambre face à ce refus. Kali s'immobilisa un temps, puis se retourna pour lui faire face. Il pensait faire un dernier effort pour faire déguerpir la proie libérée, mais lorsqu'il croisa les yeux déterminés d'Akira, il fut pris de court. Et d'autant plus par ce qu'il fit.

Akira venait d'ouvrir son pantalon et sortit son sexe sans le quitter de ses yeux fraîchement arrogants. Il commença à se caresser légèrement, avec des gestes francs qui ne simulaient aucun jeu puis accentua la pression sur sa verge qui offrait déjà des bruits de succion bien distincts.
- Moi aussi, je suis venu là pour me faire plaisir, alors, laisse-moi me soulager. Mais, t'inquiète pas, j'ai pas besoin de toi pour ça, tu ne m'es plus d'aucune utilité... Je suis peut-être un gamin, mais je sais très bien comment me faire du bien... Tu me l’as appris, alors, merci à toi... Crois pas que tu m’es indispensable...

Et joignant le geste à la parole, Akira se retourna à genoux contre le matelas, un avant-bras sur l'oreiller et se concentra sur les va-et-vient de sa main contre son membre dur et déjà mouillé, sans cacher ses gémissements sourds à chaque friction de peau.
Il pouvait aller se faire voir, cette enflure ! J'ai pas besoin de lui, après tout ! Il va voir ce que ça fait d'être rejeté !
L'espace de quelques instants, il en oublia la présence de Kali dans la chambre, et se concentra sur sa chère et tendre baguette magique, en fermant les yeux sous le plaisir qui commençait à monter. Mais il perçut bientôt un grognement d'insatisfaction mêlée à une rage non dissimulée. Aki n'eut pas le temps de réaliser que la bête lui avait sauté dessus en grimpant sur son dos, et venait d'empoigner sa main et Mme-La-Trique en même temps et qu'elle les serrait à les faire rompre.
- Gnn... Gémit le petit Uke, sous la douleur et le manque que cela lui infligeait.

Apparemment, Kali n'avait pas eu l'air d'apprécier cette incartade égoïste et il pouvait sentir sa crispation à travers les doigts qui le compressait durement.
- Tu crois peut-être que je t'y autorise ? Souffla le démon, hors de lui cette fois.
- Hein ? Fiche-moi la paix ! Laisse-moi tran... Gnn... !

Kali serrait tellement le poing qu'il crut que la compression allait le faire exploser en mille morceaux. Il était en colère. Très en colère...
- AAHH !

L'attaque avait été vicieuse et douloureuse. Kali avait enfoncé un doigt dans sa cavité qui n'était absolument pas préparée à l'intrusion, et de l'autre, il resserrait l'étau davantage, presque à lui couper le sang. Dans les deux cas, il était incapable de jouir ou de prendre suffisamment de plaisir.
Instinctivement, Aki cessa de se débattre et de se crisper contre ce corps puissant et mécontent. Il allait lui faire mal. Il avait besoin de relâcher la pression, et plus il se contractait, moins Kali lâchait prise et plus c'était douloureux...
- Arr... Arrête ça... Haleta-t-il, agrippant les draps, le front posé sur le lit, espérant qu'il le libère de sa poigne.
- Non.

Ben tiens... Même réplique, même ton. Voilà ce qui l'avait agacé au plus haut point : que son petit chaton ose se rebeller, lui dire non et prendre même une initiative provocatrice. Maintenant, il retrouvait cette agressivité habituelle depuis quelque temps...
Retour au point de départ...
- Alors, tu veux t'émanciper pour voir si ça m'excite, hein ? Ben, t'as tout gagné. Maintenant, t'as plutôt intérêt à revenir sur ce que t'as dit, parce que je te laisserai pas jouir dans le cas contraire. Je crois bien que t'as pris un peu trop la confiance avec moi... Alors, tu vas gentiment abdiquer et me supplier de te faire du bien parce que sans moi, tu seras incapable d'éprouver le moindre désir...
- Haa... Haa... Mhmm... Gémissait Aki, inquiet de voir qu'il ne relâchait pas la pression de sa main et qu'il enfonçait d'autres doigts en lui sans ménagement.

Merde ! Il s'était fait avoir ! Est-ce qu'il fallait obéir ou se battre ? Aki était déjà mentalement épuisé... Bientôt son corps en ferait de même... Alors, que choisir... ?
Mais c'est lorsqu'il sentit le membre imposant s'immiscer entre ses fesses qu'il se raidit. Il n'allait quand même pas le pénétrer maintenant, comme ça ? Les doigts de Kali lui faisaient suffisamment mal pour imaginer ce que ça donnerait avec cette chair avide et furieuse...

À nouveau, il se contracta et tenta une retraite, mais le membre se mit à se frotter tout autour de son trou, insidieusement, alternant entre la pression faisant mine de s'enfoncer d'un coup, et le glissement contre sa raie pour attiser l'appréhension.
- Je crois n'avoir entendu aucune supplication, mon petit Aki... Fais attention, ma patience vient d'atteindre ses limites... Vas-y, implore-moi...
- Je... j'ai... Grogna difficilement le chaton.

Kali s'enroula sur son dos et bloqua ses jambes flageolantes des siennes pour lui éviter toute retraite et se pencha sur sa nuque afin de mieux entendre les paroles de soumission qu'il attendait. Il lécha avidement la peau offerte de son cou, en sentant tout son corps nerveux et malmené se tendre sous la pression.
- ...pas besoin de toi ! Lâcha Aki, contre toute attente. J'ai plus besoin de toi ! Je ressens rien ! Rien !

Le fauve écarquilla les yeux sous la surprise de ce coup de théâtre inattendu et tout bascula. Il lâcha le sexe compressé d'Aki pour s'emparer de ses bras qu'il lui bloqua rapidement dans le dos avec une agressivité non contenue, puis força le passage pour prendre possession de son corps le plus vite possible et l'emplir de lui.

Akira n'avait plus aucune marge de manœuvre et sentait que la bête était dorénavant hors de contrôle. La position ne lui permettait aucune action, et il se crispait à chaque poussée de son partenaire tentant une intrusion non désirée. Ça avait beau faire trois mois qu'ils sortaient ensemble et qu'Akira s'était habitué à la sensation d'avoir un homme en lui, il n'en restait pas moins qu'il avait encore besoin de beaucoup de préparation pour que cela se passe sans douleur. Jusqu'à maintenant, Kali s'était surtout amusé à le torturer et à lui faire faire des choses pour tenter de le rabaisser, mais il avait toujours pris soin de bien le préparer. C'était d'ailleurs son jeu favori de lui faire remarquer à quel point il mouillait et combien son corps avait envie de lui.

Aki comprit que Kali jouait sa dernière carte. La plus puissante. La plus impressionnante. Et lorsque le bout de son sexe commença à se frayer un chemin difficile, Aki sentit ses larmes commencer à monter. Son amant allait le prendre sauvagement pour que jamais plus il ne désire poursuivre leur relation...

Et il savait très bien que cela marcherait. Il fallait abdiquer avant d'être entaillé et déchiré de l'intérieur. Et pourtant, la rage qu'il avait de devoir perdre ce combat alors qu'il n'en avait absolument pas envie le rongeait. Quelque part, Kali cherchait à ternir définitivement son image, quitte à se faire bourreau et se punir lui-même. Combien de gosses avait ce comportement destructeur ? Beaucoup... Car Aki en côtoyait certains au centre, et ils faisaient toute sorte de bêtises pour se faire gronder et rester dans cette spirale infernale. Il avait appris à réagir face à cette provocation ; et ce qu'il ne fallait surtout pas faire, c'était la laisser s'installer et être tolérant par compassion. Plus on était doux et attentionné et pire ça devenait. Ces enfants-là cherchaient des limites. Ils cherchaient tout simplement à être rassurés. Il ne fallait pas user de violence, car ils savaient parfaitement réagir face à cela, il fallait imposer et asseoir une autorité ferme qui prouvait qu'on faisait ça pour leur bien. Il fallait les ramener dans un environnement stable et apaisé, tout en restant maître du territoire où ils gambadaient allègrement...

Et si Aki le laissait gagner du terrain, Kali ne sortirait jamais de cette spirale infernale. Il continuerait de se comporter exactement de la même façon... Jusqu'à la destruction.
Mais, tout alla très vite, et Kali venait de lui saisir le menton pour se délecter de son visage en souffrance où les larmes perlaient déjà dans ses yeux. Cela sembla lui plaire car il se savait proche du but.
- Oh... mais c'est que tu pleures, mon chaton... Railla le dominateur. Tu n'aimes pas être traité comme ça, hein ?

La phrase fit tilt dans l'esprit d'Akira. Kali non plus « n'aimait pas être traité comme ça ». Akira venait de comprendre que Kali détestait qu'on accepte de le laisser dépasser les bornes ; il détestait qu'on accepte cette image de lui, même s'il faisait tout pour... En le laissant être violent, les gens lui renvoyaient une image de lui qu'il détestait. Probablement la même image que ses parents avaient dû lui donner...

La gentillesse attisait le feu. Les pleurs attisaient la défaite. Que lui restait-il... ?

Le cerveau d'Akira s'activait autant qu'il pouvait, car il se savait proche du but. En même temps, la bête assoiffée ne lui laissait aucun répit. Celle-ci, dans des mouvements vifs et brusques, coucha son compagnon sur le côté et souleva une de ses jambes pour avoir l'accès à son intimité plus facilement. Il reprit alors ses assauts pour tenter de le pénétrer et parvint à écarter légèrement l'orifice en appuyant fortement de son sexe, tout en se couchant sur son flanc, comme pour l'étouffer de son corps. Aki était à présent sur le côté, une main contre le torse de Kali qui continuait de forcer le passage, la jambe prise dans l'étau du bras de son tortionnaire. Et pour empirer les choses, il sentait ses forces faiblir dangereusement et s'entendait haleter pour reprendre son souffle.
Les choses empiraient...

Kali approcha son visage du sien et lui lécha l'oreille avec délectation. Ses forces à lui semblaient s'accroître à mesure qu'il parvenait à l'immobiliser et à le dominer. Et pour couronner le tout, la langue avide de Kali contre sa peau provoquait en lui comme des éclairs électriques, et ce dernier savait très bien ce qu'il faisait. Akira se crispa, mais ne put rien y faire : la caresse excitante et humide n'avait pour but que de l'exciter afin de faciliter la pénétration.
Et ça fonctionnait...

Aki sentit des spasmes contracter son derrière qui commençait à le désirer, et son propre sexe devenait de plus en plus dur, mouillé par l'excitation que les coups de langue attisaient en lui.
- Gnn...
- Tu te détends pour moi malgré toi, hein... On dirait bien que t'as envie que je te la mette finalement, non ? Tu commences à m'aspirer pour me laisser rentrer...
- Retire...toi... Serra-t-il les dents, en essayant de lui arracher la peau de sa main qui s'agrippait de rage à son poitrail penché sur lui.

Mais tout en lui commençait à le désirer ardemment. Akira luttait pour ne pas se laisser envahir par le désir, mais des frissons de plaisir inondaient peu à peu son échine dorsale pour descendre jusqu'aux reins, et au fur et à mesure, l'intrusion de cette chair dure anéantissait tous ses efforts. Il aimait sentir son membre en lui, frôlant ses parois et tous ses points sensibles en écartant sa propre cavité exacerbée.

Cet homme l'avait enchaîné à lui par son corps, par son toucher, par ses paroles blessantes, par son attitude de plus en plus détachée, par un cœur qui refusait de se donner, de se livrer ou de s'ouvrir... Les rares tendresses prodiguées avaient simplement suffi à le faire succomber et à annihiler tout le reste...

Malgré un visage qui exprimait la rage qu'il éprouvait de s'être fait prendre au piège, les larmes qui perlaient depuis quelques instants aux coins de ses yeux finirent par jaillir en s'écoulant le long de ses joues.
- Des larmes de colère, hein ? C'est trop mignon... En lécha-t-il une, avec délectation. C'est très excitant de voir cette expression... Tu es sans défense et pourtant, tu essayes de cacher ta tristesse... Mhmm...
- Ahhh... S'arc-bouta Akira alors que le démon s'enfonçait en lui profondément.

Il était à la limite de défaillir, car il ne restait plus qu'un infime moment avant que son sexe ne l'envahisse tout entier. Et lorsqu'il commencerait ses va-et-vient, ça en serait fini de toute rébellion...
- Abandonne, Akira... Lui chuchota-t-il, le sourire aux lèvres, en comprenant le désarroi dans lequel il se trouvait.
- Gnn... Lutta le petit uke alors que son adversaire le couvrait de son corps, lui faisant ressentir toute la chaleur de sa peau, pressant ses bras contre ses muscles tendus pour le faire fondre, et l'imprégnant de son odeur masculine emplie de possession.

Ses coups de langue léchèrent sa nuque, la naissance de son cou, et descendirent jusqu'à son téton qui fut parcouru d'un frisson intense et frénétique. Akira gémissait de plaisir et de frustration. La main de Kali glissa le long de son dos pour presser ses fesses afin de mieux le sentir, tandis que l'autre vint attraper sa nuque avec domination. Ainsi, cette bête se faisait douceur pour l'empêcher de se dérober. Les caresses qu'il lui prodiguait l'incitaient à s'ouvrir à lui, et les petits grognements de satisfaction de Kali commençaient à le perdre. Peu à peu, ses hanches bougèrent pour mieux se plonger en lui et il appuya sur sa tête pour qu'à son tour, son petit chaton égaré capitule et le lèche à son tour dans le cou.

Chaviré et larmoyant, Aki respira cette peau qui le rendait fou, ses lèvres collées de force à cette veine qui pulsait de désir.
- Haan...Mhmm... laissa-t-il échapper malgré lui, serré dans les bras de l'homme qu'il aimait.
- Bon garçon... C'est très bien... Sois obéissant maintenant, vas-y, lâche-toi, essaye de me donner du plaisir... Lui susurra le vampire assoiffé d'imposer ses ordres à la pauvre petite et frêle créature qu'il maintenait dans ses bras. Moi aussi, je veux sentir ta langue et voir si tu peux m'exciter aussi bien que moi...

Les yeux mi-clos, Akira sortit instinctivement sa langue, comme possédé par cette voix et par l'envie de le goûter. Pourtant, il pleurait toujours de rage et son cerveau tentait toujours de le rappeler à l'ordre.
Il voulait lui obéir, il voulait lui procurer du plaisir, il voulait lui offrir tout de lui. Mais en agissant ainsi, il donnerait raison à son odieux comportement. Kali deviendrait de plus en plus froid, de plus en plus agressif et son cœur se refermait davantage.
- Gnn ! Tressaillit-il alors que la main du démon venait d'empoigner son sexe pour le branler doucement et le faire revenir au jeu du toutou écoutant son maître.
- Je crois t'avoir sommé de faire quelque chose, non ? Tu ferais bien de me satisfaire, sinon, tu ne m'es d'aucune utilité...

Le pic fut un premier déclencheur. Même un chien pouvait se rebeller contre son maître quand il avait peur. Et, avec toute la rage du désespoir, Akira mordit la chair. Il mordit le plus fort qu'il put. Il sentit Kali se crisper à l'attaque et étouffer un juron, et le pénétra plus fort comme pour le punir.
Aki devait saisir sa chance. Il ne devait pas le laisser gagner. Il ne lâcherait pas prise. Mais, à sa grande surprise, cela n'eut pas l'effet escompté.
- Vas-y, mords plus fort, Aki... Allez... Fais un effort, débats-toi sérieusement... Là, tu ne fais que m'exciter davantage...
- Espèce... de... salaud ! Rumina le chaton, toutes griffes dehors, alors que son adversaire avait repris ses caresses humides et ses va-et-vient sur son sexe plus que tendu.

Assailli de la sorte, il peinait à trouver la force de le contrer. Parce qu'en vérité, il avait tellement envie de lui, il avait tellement envie d'être touché ainsi, caressé, choyé, et surtout, d'être pris par cet homme, qu'il ne voulait surtout pas que ça cesse. Il mourait d'envie de plonger sa langue dans sa bouche, que son amant s'occupe de chaque partie de son corps qui quémandait du sexe, de le sentir vibrer en le pénétrant. Il aurait obéi à n'importe quelle injonction.

Il en éprouvait une certaine honte, et en même temps, son envie était tellement incontrôlable, qu’il désirait cette honte plus que tout.
- Tu sais quoi, Aki ? Ton corps ne peut pas mentir... Tu transpires de désir pour moi... T’as pas besoin de me le dire car tout le montre, le sexe coule par tous les pores de ta peau... Et tu sais quoi, quand un homme se débat vraiment, il n’est pas enivré de plaisir comme toi tu l’es en ce moment même...
- Lâ...lâche-moi ! Grogna la proie, excédée par ces paroles criantes de vérité.
- Je sais très bien que lorsque tu te débats, c’est ta façon à toi de me dire que tu as envie, sinon, tu te défendrais comme si ta vie en dépendait... Alors, vas-y, débats-toi sérieusement, mords-moi à sang si vraiment tu n’as pas envie que je te prenne...

Aki se savait incapable de mordre jusqu’à sentir un os sous sa mâchoire, il ne savait pas faire mal à ceux qu’il aimait... « Se défendre comme si sa vie en dépendait »... Sauf que s’il réagissait ainsi, il mettrait un terme à leur relation...
Mais le temps qu’il réfléchisse, tout son corps se recroquevilla à l’intrusion. Le sexe de Kali avait fait un va-et-vient qui lui avait coupé le souffle.
- Aah... Rugit le démon, fier de se voir offrir l’entrée si attendue. T’en avais vraiment envie dis donc... T’écarter et mouiller autant pour moi... C’est un pur délice... Continue de mordre si ça te chante, ça ne fera que m’exciter davantage... Maintenant, sois un bon garçon, et laisse-moi faire... ça ne sert plus à rien de résister à ce stade... Laisse-moi juste te la mettre, car c’est aussi ça que tu veux...

Le jeune Uke suffoqua. Il prit plusieurs secondes afin de reprendre sa respiration et dans un dernier assaut de volonté, il la bloqua pour concentrer toutes ses forces dans son bras calé contre le torse de la bête. D’un coup d’un seul, il mit toute son énergie dans ce bras et, contre toute attente, son désespoir eut plus d’effet qu’il ne l’aurait cru : sa force bloqua la progression du Seme, le maintenant vers l’arrière. Immobile, Kali regarda ce bras qui l’avait repoussé violemment et le gardait à distance du corps qu’il voulait faire capituler.

Il ne lui restait plus qu’un dernier effort, alors, Aki détendit sa jambe et vint projeter son pied au niveau de la hanche de la bête : ses deux appuis l’empêchaient d’avancer et le bloquèrent suffisamment pour qu’ils puissent se faire face.
- À quoi tu joues, Aki ? Tu es à bout de force, et tu ferais bien de ne pas me chercher ou tu vas le regretter... Tu sais très bien que tu n’as pas vraiment envie de me repousser...

Le petit brun n’avait pas beaucoup de temps, il fallait être ferme et reprendre définitivement le dessus. Il parvint à se redresser et à se mettre à sa hauteur, non sans contrer la puissance de la bête qui persistait.
- Si tu me veux, alors, RESPECTE-MOI ! Hurla Aki à plein poumon, rageur, et le repoussant toujours de toutes ses forces. Si t’as envie de moi, alors, fais-moi l’amour CORRECTEMENT !

Sa colère décupla ses forces et il parvint aisément à soutenir l’assaut de Kali qui ne pouvait plus que se tenir immobile. Pour la première fois, il avait physiquement le dessus sur lui et il entrevit enfin le bout du tunnel.
- Si tu tiens à moi, je te laisserai faire ce que tu veux, mais RESPECTE-MOI ! Ne me traite pas comme un chien ! Aime-moi ! J’ai besoin de sentir que tu m’aimes ! Je ne te demande que ça ! QUE ÇA !

Ses larmes s’échappèrent cette fois, mais il soutint Kali du regard avec détermination. Son coude s’appuyait toujours contre son torse pour lui montrer qu’il ne faiblirait pas.
La bête semblait surprise, mais refusait d’obtempérer.
Akira sentit qu’une petite brèche venait de s’ouvrir à lui et qu’il fallait s’immiscer dedans tout de suite sinon, elle se refermerait aussitôt. Alors, il se redressa complètement et planta ses yeux vert émeraude dans la glace sans baisser le ton, tout en le menaçant :
- Voilà ce que je veux, Kali... Se lova-t-il contre lui, en se mettant à califourchon sur ses hanches, prends soin de moi maintenant... Je te laisserai pas me faire du mal, t’entends ?!

Et alors que la bête refroidie allait en profiter pour rebrousser chemin, Aki lécha ses lèvres, la respiration surexcitée et Kali capitula face au désir en entrouvrant sa bouche pour le laisser entrer.
- Je te demande d’être doux... Je te laisserai pas être violent avec moi, parce que j’aime pas ça... Réitéra fermement le Uke afin de poser ses conditions pour la première fois. Je veux que tu me fasses du bien, Kali...
- Alors, sois obéissant et laisse-toi faire... Tenta-t-il de le renverser sur le matelas, mais Aki le retint d’une poigne ferme.
- Je serai obéissant si tu es doux avec moi.

Son ton était sans appel. Le jeune brun exigeait son accord en refusant d’aller plus loin s’il ne l’obtenait pas. Il ne montrait aucune méchanceté, et mettait beaucoup de tendresse dans son regard pour lui prouver que c’était très important à ses yeux.
- Je serai doux si tu es obéissant.

Akira sourit à cette inversion qui laissait transparaître son entêtement, mais qui lui offrait en partie l’acceptation qu’il avait demandée. Kali venait de faire un pas vers lui. Un petit pas, certes, mais un pas quand même. En s’opposant physiquement à lui, il n’aurait jamais imaginé qu’il obtiendrait gain de cause... Et pourtant, le corps de son amant vint s’allonger sur lui avec moins de force et plus de langueur. Il le pénétra de suite, mais en y dosant son entrain pour savourer les gémissements de son amant, et alors que les va-et-vient s’accentuèrent, un léger murmure parcourut sa nuque :
- Je vais être doux pour notre dernière fois, Aki... Après, il faudra que tu trouves le courage de partir...

Ce dernier se crispa légèrement à cette remarque qui signifiait que le combat était loin d’être fini, mais refusa d’y prêter attention pour le moment. Il voulait profiter des mains caressantes de son amant, de son souffle chaud et rauque contre sa peau, de ses muscles tendus qui agrippaient sa chair, de ses mouvements de bassin qui le portaient à l’extase.
Et surtout de cette douceur qu’il avait tant quémandée.
- Je...ne...partirai pas... et tu le sais... Gémit le soumis qui commençait à inverser les rôles.

Akira le sentit s’arrêter et le manque se fit aussitôt ressentir. Il avait été proche de jouir à la minute où son amant l’avait pénétré, alors, cette immobilisation était véritablement douloureuse. Mais c’est lorsqu’il ouvrit les yeux qu’il comprit que sa dernière phrase avait fait basculer la donne. Kali était en colère : tous ses muscles s’étaient crispés à la remarque, et les veines de son cou et de ses bras pulsaient à vue d’œil. Aki avait la respiration saccadée par l’excitation et la peur. Il n’avait plus aucune force pour le contrer... Et la bête semblait vouloir assener le coup final.
- Dis-le que tu le supportes plus... Dis-le.. ! Pourquoi tu me quittes pas, hein ? POURQUOI ?!
- ... Kali... Essaya le petit animal terrorisé de le voir à nouveau prendre ce chemin sombre et tortueux.
- Ne prononce pas mon nom ! Tu crois peut-être m’amadouer avec tes yeux de chien battu ? Mais regarde-toi bon sang ! Tu es terrorisé ! C’est pas ça la vie que tu veux !
- Si ! C’est toi que je veux Ka...

La pénétration, alors que le plus jeune tentait de se relever pour le prendre dans ses bras, fut particulièrement acérée. Cela lui arracha un cri d’appréhension et le bascula vers l’arrière. À chaque fois qu’il essayait de se redresser, Kali s’enfonçait en lui davantage, le regard menaçant. Il se tenait assis sur ses talons, les deux bras sous les genoux du pauvre Uke, et tirait ses hanches à lui à chaque poussée tout en le fixant pour le faire capituler.
- Aah ! Arr... Arrête ça ! Se tortilla la petite proie prise au piège.
- Je suis beaucoup plus têtu que toi, Akira. Alors, sois tu cèdes, sois tu vas pleurer, mais je ne m’arrêterai pas !
- Tu...me fais mal... Je t’interdis de... ! Aaah !
- Tu vas y mettre un terme, oui ?! S’énerva le plus âgé, en accentuant ses va-et-vient sans aucune tendresse.
- Gnn... Pas...Comme ça... Ne me fais pas l’amour comme ça !! S’essoufflait Akira dans la tourmente.
- ALORS, ABANDONNE ! Je ne suis pas celui qu’il te faut ! Retourne jouer avec les filles, délecte-toi de leur peau si douce, de leurs seins, et prends plaisir à les pénétrer, redeviens un homme ! Tout ça, ce n’était qu’une expérience ! Tu as testé, maintenant, retourne dans le droit chemin !
- Gnn... Non... Kal...

Akira cacha son visage de ses avant-bras parce que les larmes avaient jailli sans crier gare et il sanglota en même temps que le sexe de celui qu’il aimait se retirait définitivement. Le plus terrible des orgasmes venait de voir le jour... Kali avait senti sa jouissance monter et s’était retiré pile au moment où son chiot gémissant éjaculait. Ce plaisir-là était d’une frustration douloureuse, car le vide l’empêchait d’apprécier. C’était comme si tout ce moment à attendre le point culminant s’avérait décevant et beaucoup moins bon que l’attente elle-même. Comme si, au lieu de monter, l’excitation descendait d’un coup au moment de l’orgasme. Le volcan s’éteignait sans avoir explosé, et pourtant la lave coulait...

La sensation était horrible parce qu’elle torturait psychologiquement. Il allait sans dire que la bête avait refusé de jouir avec lui. Et de jouir tout court... Il n’y avait pas de repos après cette éjaculation, juste un immense dégoût, un immense gâchis causé exprès pour ne pas donner de plaisir.

Akira venait de connaître la sensation de se vider sans éprouver le moindre plaisir.
Et le pire, c’est qu’il pleurait comme un gamin.

Et il sanglota encore plus fort quand il entendit la porte d’entrée claquer et se refermer, le laissant seul sur un lit vide qui sentait encore l’odeur de son amant.




3ème partie :



****************

- Akira... Hé... Regarde-moi...

Aki leva la tête, bercé par une voix douce et murmurante, alors qu’une main affectueuse lui caressait les cheveux, et effaçait les larmes qui avaient roulé sur sa joue.
C’était chaud. C’était apaisant. Il avait envie de se blottir dans ce cocon rassurant. Et avant même de s’en apercevoir, son corps avait bougé tout seul, anéanti par cette soif d’amour qu’on lui avait retiré depuis des mois, par l’envie de se faire câliner qui ne venait plus, par le réconfort qu’un être désespérément seul recherche avidement.
- Là... là... Ça va, Aki, laisse-toi aller, maintenant. Tout va bien...

Aki s’agrippa à cette voix salvatrice, se blottit dans ses bras qui le berçaient sans retenir ses larmes. Les sanglots restèrent muets tellement ils étaient intenses, cela lui coupait le souffle de les avoir autant retenus, de s’être autant battu, et sa cage thoracique le brûlait de l’intérieur. Les larmes salées lui piquaient les yeux, la gorge, et ses poumons l’oppressaient dans ce brasier de douleur.
Il avait envie de crier, mais aucun son ne sortait de sa bouche. Il avait envie d’avouer, mais il ne savait pas quoi. Un grand sentiment de vide côtoyait un immense trop-plein. Le manque et l’envie d’exploser se mélangeaient l’un à l’autre pour le plonger dans un chagrin inconnu jusqu’alors.
Il avait tout simplement mal.
Mal de voir ce qu’il aimait lui échapper. Mal d’avoir perdu ce qui avait rempli son cœur, et dont l’absence à présent ressemblait à une déchirure ablative. Son cœur battait dans le vide, comme si la moitié de son organe lui avait été arraché.
Dans un élan désespéré de faire sortir ce mal, il ouvrit la bouche et un faible gémissement déchirant en sortit comme une plainte animale, que l’on essaye d’achever :
- J’ai... mal...

Les bras le serrèrent plus fort pour soutenir cette douleur mise en mots et des lèvres effleurèrent ses tempes, l’embrassèrent avec toute la douceur que l’on peut offrir à un être en souffrance. Les mains balayèrent les mèches de cheveux de son visage tendrement, tentant d’effacer les tourments qui agitaient ce corps déchiré.
- Dis-moi, Aki... Parle-moi... Ne cherche pas à résoudre ça tout seul... Dis-moi ce qui se passe... Il faut que ça sorte, Aki, c’est en train de te ronger à petit feu... S’il te plaît... On est tous inquiets pour toi, tu sais...

Chisaki sursauta lorsque le poing d’Aki s’agrippa à elle comme à une bouée de sauvetage, avec violence. Tout son corps était agité de spasmes, il se tordait, crispé, et haletait.
Dans un dernier effort, et grâce à la chaleur de ses bras, Aki lâcha pied.
- Ka...li...

La directrice le berça contre elle, sans surprise, et l’invita à poursuivre en le caressant doucement pour ne pas qu’il se braque.
- Dis-moi ce qu’il s’est passé... Je sais à quel point il peut se montrer dur envers ceux qu’il aime, tu sais... Je sais aussi qu’il peut chercher à les briser, et si c’est le cas, tu dois...
- Je... l’aime...

Ces mots lui étaient sortis avec une telle douceur dans la voix qu’on ne pouvait bien évidemment rien rétorquer à cela. Assurément, Akira ne voulait absolument pas entendre la suite. Il n’envisageait pas de le quitter et il refuserait toute phrase s’y prêtant.
- D’accord, Akira. Tu l’aimes, le rassura-t-elle sans poursuivre au-delà sa pensée.
- Aide... moi, Chisaki... Aide-moi... Je ne sais plus quoi faire... Je ne sais plus quoi dire, je ne sais plus... Je ne veux pas le perdre... Aide-moi...

Chisaki eut un pincement au cœur. Parce qu’elle ne savait pas lequel de ces deux hommes qu’elle chérissait était le plus à plaindre. Akira était la joie de vivre incarnée, c’était quelqu’un de franc, de spontané, de sincère, de profondément gentil, une personne intègre avec un immense cœur. Et son frère était encore fragile, blessé, arrogant et fier ; pourtant, elle savait que c’était aussi quelqu’un de gentil avec un immense cœur, même si les barrières qu’il érigeait autour de lui tentaient de prouver le contraire.
C’était la première fois que Kali agissait comme ça depuis des lustres. Elle n’avait jamais vu ses petites copines ou ses petits copains dans de tels états auparavant ; Kali ne restait pas suffisamment longtemps avec une personne, et gardait ses distances pour éviter d’en arriver justement là. Il connaissait ses faiblesses, il connaissait son caractère mieux que personne, et il ne désirait pas retomber dans ses peurs.
La seule personne qui avait écopé de ses crises, c’était elle. Et depuis, il avait fait bien attention à ce que ça ne se reproduise jamais.
- Tu sais Akira, je sais ce que tu ressens, alors, laisse-moi te parler un peu de Kali, tu veux bien ?

Chisaki savait que dans ces moments-là, la seule façon d’apaiser un cœur amoureux, c’était encore de lui parler de cet amour, ne serait-ce que pour le faire continuer à vivre encore un peu, et de montrer qu’on y porte aussi intérêt. S’il ne pouvait en parler à personne, Akira en souffrirait davantage.
À peine avait-elle prononcé ces mots que le corps d’Akira se décontracta, et il lova son dos dans ses bras, comme un enfant s’apprête à écouter une histoire avant de s’endormir dans les bras de sa mère.
- Akira et moi, on a vécu séparé quelques années quand on était petit. Il a été placé en famille d’accueil après que mon père l’ait foutu à la porte avant sa majorité. Kali a toujours été un enfant difficile, mais c’était toujours pour protéger les gens. Il se bagarrait souvent, mais en vérité, il prenait toujours la défense des plus faibles ! Et puis, il a commencé à avoir certaines frictions avec mon père. Kali n’en faisait toujours qu’à sa tête, et personne ne parvenait à lui faire faire quelque chose qu’il n’avait pas choisi. Enfin bref... Les études, tout ça, ça devenait très compliqué et sujets de discorde à la maison. Et puis, après, il a eu sa période d’ado...

Chisaki prit une profonde inspiration, comme si ça faisait une éternité qu’elle n’avait pas ressorti d’aussi vieilles souffrances. Il y a des périodes qu’on aime croire mortes et enterrées, et pourtant, elles font toujours partie de votre vie.
- Et qui dit adolescence, dit hormones. Mon frère a toujours eu la cote de toute façon, il était apprécié pour son côté impétueux je suppose, et puis son physique de beau gosse ! Et, à ce sujet-là aussi, il était très ouvert... Trop tôt peut-être, ou du moins, trop tout court pour mon père qui ne voyait pas ces conquêtes d’un très bon œil. Jusqu’à tomber sur une conquête masculine... Et là, ça a été le drame. Je crois que c’est là que tout a basculé. Mon père l’a traité d’erreur de la nature, qu’il n’aurait plus jamais le droit de me revoir et qu’il était le pire exemple qu’il soit pour une sœur et que ses comportements de débauchés allaient me détruire moi et ma mère, et qu’il serait la cause de la peur des hommes de sa sœur, et qu’il ne fallait plus jamais qu’il cherche à nous revoir... Tout ce qui pouvait l’anéantir et le briser a été sorti ce soir-là, je crois bien... Alors même que je lui vouais une admiration sans faille et que j’étais sa précieuse petite princesse... Je n’ai plus eu le droit de le revoir, et il n’est pas revenu à la maison...
- Je... je ne savais pas tout ça... Répliqua Akira, calmement, mais très attentivement.
- Je crois que c’est sa revanche de travailler avec des enfants ! Pour prouver à mon père qu’il n’est pas une bête monstrueuse qui fait le mal autour de lui !

À cette dernière réplique, elle sentit Akira se contracter légèrement. Et elle comprit qu’il avait de la peine que la seule personne à qui il veuille faire du mal, ce soit lui et personne d’autre.
- Mais, ce qu’il faut savoir sur mon frère, c’est que les paroles de mon père l’ont vraiment atteint, et je pense qu’il a réellement cru qu’en restant aux côtés des personnes qu’il aimait, il en viendrait forcément à les faire souffrir comme ma mère et moi. Faut dire qu’à l’époque, j’étais tellement en colère qu’il m’abandonne aussi facilement que je n’avais pas été en reste non plus. Je lui ai moi aussi sorti son lot d’atrocités... Alors, il a développé une angoisse en devenant abandonnique ; il a peur d’être abandonné, et comme il cherche à se punir de nous avoir laissées moi et ma mère, eh bien, il s’interdit d’être heureux en faisant tout pour qu’on l’abandonne. Et... C’est ce qui se passe avec toi, pas vrai ?
- ...oui... Mais, pourtant... aujourd’hui, avec toi, il est...
- J’ai longtemps cherché une solution, car il refusait de me voir ; il se montrait très froid et très méchant dès que je parvenais à le trouver. En fait, j’ai toujours regretté de ne pas l’avoir défendu devant mon père ce fameux jour, car quelque part, c’est un peu de ma faute s’il a cru que son côté épicurien pouvait faire du mal à ceux qu’il aimait. Je pense qu’il a toujours peur de blesser les autres.
- Alors, comment tu as fait pour qu’il t’écoute ? Avec toi, il ne se fâche jamais, il se laisse réprimander sans rien dire et tu as toujours le dessus... Et... il n’a pas envie de te perdre, je me trompe ? Il ne cherche plus à ce que tu t’éloignes de lui ?
- C’est vrai. Aujourd’hui, on est redevenus très proches, parce que sa seule faiblesse, tu la connais, n’est-ce pas ?
- ...
- Il y a une chose qui ne le laissera jamais indifférent, et qui a fait de lui ce qu’il est aujourd’hui... Il défendra toujours les plus faibles, Akira. Toujours. Il a toujours eu cet instinct de protection. Et il s’est avéré qu’un jour, j’ai eu besoin de lui, et qu’il n’a pas pu m’abandonner. En ce qui te concerne, c’est un peu plus compliqué. Car, tu n’as pas besoin de lui.
- Bien sûr que j’ai besoin de lui ! S’emporta soudain Akira, comme si on lui arrachait le cœur. J’ai besoin de lui dans ma vie, j’ai...
- Ce que je veux dire Aki, c’est que, fondamentalement, tu as tout pour être heureux. Tu as une famille, des amis et aucun souci financier ou autres... Tu n’as pas besoin qu’il te protège de quoi que ce soit... Et c’est ce qui doit le mettre en difficulté avec toi. Il doit se sentir inutile, ou du moins, pas vraiment essentiel à ta vie, tu comprends ? Je sais que ça peut paraître idiot, mais j’ai réussi à obtenir de lui qu’il reste dans ma vie en le piégeant. Je lui ai dit qu’une sœur aurait toujours besoin que son frère la protège et que c’était son devoir, que s’il m’abandonnait et qu’il m’arrivait quelque chose, ce serait de sa faute. Aujourd’hui, on sait tous les deux que je n’ai pas plus besoin de protection que lui, mais ça m’a permis de renouer notre relation. Et une fois que tu lui fais peur, et que tu le menaces, il ne fuit plus.
- Alors, quoi... Je n’ai plus qu’à abandonner, moi aussi ? Se crispa Akira, déçu de ne voir dans ces révélations aucune issue dont il aurait pu se servir. Je l’ai perdu d’avance, c’est ça ? Parce qu’à ses yeux, je ne représente pas quelqu’un à protéger ?
- Il a peur de toi, Akira.
- H-heiin ?! S’étrangla ce dernier, en voyant tout le sérieux de Chisaki. Qu’est-ce que tu veux dire par là ?
- Tu es déterminé, tu es franc et tu vas jusqu’au bout des choses. Tu l’aimes et il le sait. Je pense qu’il a peur de t’apporter des soucis... familiaux ou autres... Tu vois ce que je veux dire ?
- J’suis pas un ado !
- Tu es hétéro à la base. Tu es jeune, tu plais aux filles, et voilà qu’il débarque et qu’il t’entraîne dans une voie que tu n’aurais pas choisie s’il n’avait pas été là... Je ne dis pas ça comme un reproche, mais je sais très bien ce qu’il pense. Qu’à cause de lui, tu vas souffrir. Qu’à cause de lui, tu vas faire des choses désespérées. Qu’à cause de lui, tu pourrais souffrir du regard des autres et j’en passe... Il a peur que tu fasses des choses inconsidérées pour lui. Il t’aime et il a peur...
- Il veut que je retourne bien sagement où j’étais avant, que je couche avec des filles, c’est ça, hein ?

Chisaki perçut une légère colère dans sa voix et cela la conforta.
- Je ne sais pas... Mais, il ne veut pas qu’il t’arrive quoi que ce soit... Alors, si jamais il te prenait l’envie de faire des choses insensées... C’est sûr qu’il viendrait te botter le derrière et qu’il te lâcherait plus d’une semelle...

Akira mit un temps avant de comprendre que le ton de Chisaki avait changé. Il s’était fait léger, presque souriant.
- Mhm... Il a horreur qu’on lui tienne tête. Mais jusqu’à présent, tu lui tenais tête par amour pour lui. Or... Si jamais tu en venais à des extrémités insupportables pour lui et qu’en plus, tu refusais de l’écouter en lui disant qu’il l’a bien cherché, crois bien qu’il ne t’abandonnera pas...
- Mais... si je le quitte... Il ne reviendra jamais me chercher...
- Ce n’est pas tant que tu le quittes qui va le faire réagir, mais comment tu le fais, et comment tu agis par la suite qui est important. Tu sais, je te l’ai déjà dit, mais sous ses apparences de froideur, il s’inquiète très facilement.

Akira sut qu’il pouvait lui faire confiance. Elle était déjà parvenue à le faire plier, et il n’y avait que ses conseils qui pourraient l’aider à obtenir cet homme.
- Maintenant, il va falloir la jouer fine parce que mon frère est loin d’être idiot. Et surtout, s’il te sent prêt à tout abandonner pour lui, tu auras perdu la partie. S’il sent que tu mens, ou que c’est un piège, ce sera fichu. Il va falloir être très convaincant Akira si tu veux vraiment qu’il revienne. Et s’il sent que tu as fait tout ça dans l’unique but de le récupérer, ça ne marchera pas.
- Je suis très en colère, alors, ne t’inquiète pas, je ne feindrai pas.
- Laisse-moi juste passer quelques coups de fil, et ce soir, va te reposer.
- D’accord.
- Akira.
- Oui ?
- Tout ira bien.

******

- Allô, Kali ? C’est moi.
- Chisa ? Qu’est-ce que tu veux ?
- Est-ce qu’Akira est chez toi ?
- ...qu’est-ce que tu me fais, là ? Tu sais très bien que non. Il ne remettra pas les pieds chez moi, répliqua une voix qui s’était durcie, comme si le terrain était miné et qu’il ne voulait plus en entendre parler.
- Il n’est pas venu travailler aujourd’hui et il ne répond pas au téléphone.
- ...
- Est-ce que tu sais où il est ?! Haussa-t-elle le ton pour marquer son sérieux.
- Ce n’est pas mon problème. Il peut bien aller où il veut, je m’en fiche. Arrête de t’inquiéter, il est probablement parti se saouler quelque part pour finir chez une fille. Il te rappellera pour s’excuser quand il se réveillera, comme le bon garçon qu’il est.
- Si jamais il lui est arrivé quelque chose par ta faute, je ne te le pardonnerai pas ! Tenta-t-elle de le faire réagir.
- Ça suffit, Chisa ! J’suis pas son père, t’entends ?!
- Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Tu l’as largué ?
- ... je n’ai rien fait de tout ça... Il est parti de lui-même, comme un grand, alors, fiche-moi la paix !
- Il n’a jamais fait ça auparavant ! Ce n’est pas son genre de ne pas donner de nouvelles toute une journée, de ne pas venir bosser sans qu’on sache où il est ! Et comme de par hasard, après que vous vous êtes disputés !
- N’essaie pas de me faire culpabiliser ou c’est moi qui ne répondrai plus à tes appels, Chisa.

Elle reconnut les limites à ne pas franchir dans cette intonation menaçante, comme s’il était prêt à mettre ses menaces à exécution.
- Je raccroche, prit-elle les devants pour éviter qu’il ne se braque définitivement et le laisser mariner.

Elle observa le téléphone et se tourna vers les yeux émeraude penauds qui attendaient le verdict.
- Fais-moi confiance, Aki. Je sais parfaitement ce que je fais, d’accord ? La tension va monter d’un cran, je le connais par cœur, et quand il sera à point, je lui donnerai le coup de grâce...

******************

Kali envoya valser son portable en se massant les tempes. Ce fichu gamin allait lui en faire voir encore longtemps, ou quoi ?! C’était quoi, ça ?! Une manière de le punir ? Grossière erreur... Ce n’est pas en faisant s’inquiéter tout le monde qu’il parviendrait à ses fins ! C’était stupide et complètement prévisible... Comme s’il allait lui courir après et partir à sa recherche, alors que ce satané chaton n’attendait que ça...
Il pouvait bien pleurer une bonne semaine, et après ça, il passerait à autre chose. C’était ce qu’il avait de mieux à faire...

Mais ce coup de fil avait suffi à l’agacer. Parce qu’il y avait toujours une infime chance que ce soit sérieux, et il ne voulait pas rentrer dans le jeu de la culpabilité. Plus jamais.
Lui aussi, il avait besoin d’oublier ce petit brun ardent, ces gémissements de plaisir et son regard supplicié... Il fallait qu’il se vide l’esprit et l’entrejambe par la même occasion.
- Je goûterai bien à une femme ce soir, histoire de me changer l’esprit...

Mais son portable sonna à nouveau et son cœur sursauta malgré lui.
- Quoi ? Tu vas me lâcher oui ? Décrocha-t-il d’une manière plus qu’exécrable cette fois.
- C’est quoi le « Hungry Game Over » ? Lui assena sa sœur, comme on enfonce un pieu.
- Ohh... Tu cherches un peu d’excitation... Ricana-t-il à l’évocation de ce club privé aux tendances particulières. Je croyais que t’aimais pas trop les plans à plusieurs ?
- ...
- Comment t’en as entendu parler ? Commença-t-il à s’impatienter, sentant qu’il ne s’agissait pas vraiment d’elle.
- C’est toi qui lui en as parlé ? Mais, t’es vraiment un grand malade, Kali ! Tu veux vraiment le faire tomber plus bas que terre, hein ? Comment t’as pu... ?!
- De quoi tu parles, à la fin ?! Pourquoi tu me parles de ce Club ?!
- Donne-moi l’adresse tout de suite !
- CHISA ! Hurla-t-il cette fois, hors de lui.
- Ben quoi ? C’est bien toi qui as parlé de ce club à Akira, non ? Ça ne peut être que toi de toute façon pour vouloir lui faire faire des choses pareilles ! Alors, c’était ça ton nouveau jeu, hein ?! Le forcer à se faire prendre par d’autres ? C’est ça que tu lui as demandé de faire ?! Tu lui as dit que s’il n’en était pas capable, ça servait à rien qu’il reste avec toi ? T’es le pire, Kali ! T’es vraiment le pire !
- Arrête ça ! Je ne l’ai jamais emmené là-bas ! Et je ne lui ai jamais demandé un truc pareil ! C’est quoi cette histoire encore ?
- J’ai appelé ses copains et c’est eux qui m’ont parlé de ce Club ! Ils ont vu Akira et...
- C’est n’importe quoi, Chisa. Aki ne sera jamais autorisé à rentrer et tu le sais très bien.
- ... ouais... t’as raison, surtout ne t’inquiète pas, va. Rien n’est de ta faute, c’est ça ? Tu t’en fiches bien. Tu sais que lorsqu’il veut quelque chose, il fait tout pour l’obtenir ; il a même réussi à t’avoir ! Mais, tu sais quoi ? Laisse tomber, je vais me débrouiller toute seule, tu sers à rien !
- OH ! Arrête de monter sur tes grands chevaux et de t’en prendre à moi ! Je te dis qu’il ne pourra pas rentrer là-dedans et que...
- Ses copains m’ont dit qu’ils l’avaient croisé avec plusieurs mecs, Kali ! Qu’il était à moitié bourré, et que ces mecs sortaient de ce Club justement ! Je ne sais pas où ils l’ont amené !
- ...

Kali vit rouge cette fois. Ses mains tremblaient de rage car il ne s’attendait pas à ça. Il ne voulait pas y croire ! Il ne l’en croyait pas capable et pourtant... Quelqu’un qui souffrait pouvait-il aller jusque-là ? Il était persuadé que oui...
- Bon, laisse tomber, je vais me débrouiller pour le retrouver. Je raccroche.

Avant qu’il n’ait pu répliquer, sa sœur lui avait coupé l’herbe sous le pied. Mais il n’entendait déjà plus rien. De l’adrénaline pure se glissait en lui, et s’il leur mettait la main dessus, il exploserait.

***********

Chisaki lui sourit d’un air entendu.
- Je ne lui laisse pas deux secondes avant de t’appeler, plaisanta-t-elle pour rassurer le petit Uke.
- Mais...
- Laisse-le s’inquiéter un peu, et après, on fait comme on a dit, d’accord ? Tu vas tenir le coup ?
- Ouais...
- Et vous, faites gaffe, hein ? Il risque d’être archi énervé en débarquant ici, alors, pas de bain de sang, compris ?

*************

Kali entendit la sonnerie à l’autre bout du fil mais ce petit con ne décrochait pas. Son portable n’était pas éteint, ce qui était déjà une bonne chose, mais...
« Akira, c’est moi. Si tu ne décroches pas tout de suite, j’appelle tes parents et la police, et tu vas passer un sale quart d’heure. Si tu inquiètes ma sœur pour des conneries, tu vas y perdre ton boulot et plus, je te le garantis. Rappelle-moi immédiatement. »

Kali raccrocha mais il sentait qu’il ne parvenait déjà plus à se maîtriser. Il avait envie de l’insulter tellement la situation l’oppressait. Il ne savait pas où se trouvait ce satané gamin, il ne savait pas qui l’accompagnait, et surtout, ce qu’ils avaient l’intention de lui faire... Si ça n’avait été qu’un seul mec, il n’y aurait pas prêté autant attention, mais plusieurs... C’était très mauvais signe. D’autant plus si ces mecs étaient des habitués de ce Club... Et qu’Aki était bien imbibé d’alcool...
Rageusement, il reprit son téléphone et recomposa le numéro.
Rien.
Il recommença.
Rien.
Encore.
Toujours rien.
À nouveau.

Un « bip » résonna et un silence étouffé mit fin à la sonnerie dans le vide. Il perçut un léger souffle à l’autre bout du fil.
- Akira ?! Où est-ce que t’es ? Explosa-t-il soudain.
- ...
- Tu vas me le dire, oui ?
- ...arrête de m’appeler, tu saoules...

Kali ressentit un immense soulagement en entendant sa voix, le fait qu’il puisse répondre au téléphone, qu’il puisse parler... Sa voix était basse mais calme. Il parlait moins vite que d’habitude, et on reconnaissait là l’alanguissement alcoolisé dans lequel il devait se trouver. Par contre, il ne semblait pas très coopératif... Jusque-là, Aki ne tentait jamais de le mettre en colère et se contentait de prendre sur lui sans broncher. Mais à cet instant, sa détermination n’augurait rien de bon.
- Dis-moi où tu te trouves, Aki.
- Lâche-moi... J’suis un grand garçon, alors, fous-moi la paix... J’fais rien de mal, et t’as pas à intervenir... Ne m’appelle plus jamais...
- Hé ! Aki ! Joue pas à ça avec moi, tu veux ?!

C’est alors qu’il perçut des voix derrière celle d’Aki. Des voix d’hommes qui rigolaient.
- Oh, c’est qui, c’est ton petit ami ? Il est jaloux ? Intervint une voix chuchotante mais très clairement perceptible.
- C’est pas mon petit ami... Il fait chier... J’veux pas l’voir...
- Oh, vous vous êtes disputés, c’est pour ça que tu cherches du réconfort, annonça une autre voix, un peu plus ferme que l’autre.
- Ouais...
- Mhm... Alors, on va te faire oublier son odeur... Elle doit être partout ici, non ?

Kali tiqua. Il savait où il était. Et il allait faire un carnage.
- Si tu les laisses te toucher, je te tue, Aki, gronda-t-il, en enfilant sa veste et son poing américain.
- Va te faire foutre, Kali... ça te regarde pas c’que je fais... J’suis pas un chien en laisse...

Le jeune brun avait raccroché de sa voix nonchalante et enivrée. S’il croyait pouvoir s’en tirer comme ça et faire n’importe quoi avec son corps, il allait lui faire payer très cher son arrogance. Il l’attacherait comme un chien en laisse et l’enfermerait afin qu’il ne puisse plus jamais s’enfuir ! Ce trou du cul avait osé les ramener chez lui !

*********

Chisaki croisa les doigts et battit en retraite. Tout était désormais entre leurs mains. Mais elle avait confiance. Akira n’avait plus peur de le contrer. Il savait que c’était sa seule chance de le récupérer, alors, il ferait tout pour. Et pour une fois, Kali méritait une bonne leçon...

*********

Kali sortit les clés de l’appartement d’Akira et se précipita à l’intérieur. Il débarqua furieux dans sa chambre en défonçant presque la porte et se figea.
Adossé sur le côté du lit, un jeune décoloré aux oreilles percées et à la coupe de cheveux « tendance » du moment, tenait Aki, torse nu et à moitié désapé, dans ses bras. Rasé sur les côtés, et avec des mèches lui tombant sur le front, le jeune blond n’eut pas l’air surpris de son entrée fracassante, et continuait de passer ses mains sur la peau du petit Uke qui se laissait câliner comme si de rien n’était.
- Retire tes sales pattes et dégage de là ! Rugit Kali, qui se lança à l’assaut de ce petit merdeux tripoteur.

Mais il n’avait pas pris le temps de bien assurer ses arrières et des bras puissants l’enserrèrent au cou et à la taille pour le projeter vers l’arrière.
- Eh ben... Tu es plutôt vif, mon gars... Lui glissa une voix d’homme dans son cou, avant de le caler contre lui bien fermement, pour l’empêcher de se débattre.

Un autre homme sortit de derrière la porte et s’approcha à son tour de Kali en le dévisageant.
- T’es plutôt pas mal... Et... bien équipé... Rajouta l’homme aux allures de Yakuza qui caressait le poing américain autour de ses doigts.
- Re... Relâchez-le tout de suite ! Vociféra Kali, les yeux étincelant de rage.
- Hein ? Comme tu peux le voir, on ne le force pas... C’est lui qui nous a invités ici, tu sais, et on ne laisse jamais quelqu’un dans la détresse... S’amusait le balafré.

Kali ne s’attendait pas à ça. Les deux types qui l’entouraient n’étaient pas des gamins, contrairement au blond qui semblait avoir l’âge d’Akira. Ils n’avaient même rien à voir avec les habitués du Club, alors, où est-ce qu’Aki avait bien pu les ramasser ?
Le fait que l’œil acéré du plus vieux se soit immédiatement fixé sur son arme était mauvais signe. La prise de l’autre mec qui le retenait assis entre ses bras montrait également qu’ils savaient se battre. Et c’est alors qu’il aperçut la naissance d’un tatouage dépassant de sa chemise...
C’était des mafieux... Et ça, c’était pire que tout.

Le plus vieux se tourna vers Aki et, saisissant le menton de Kali pour lui relever le visage, il lui demanda :
- C’est qui ce type ? Ton petit ami ? Plutôt beau gosse dans le genre...
- C’est pas... mon petit ami... Rétorqua Akira, imperturbable, comme si la situation ne lui faisait ni chaud ni froid.
- Qu’est-ce que vous lui avez fait prendre ?! Cracha Kali en voyant l’état d’abandon et la respiration haletante dont le petit Uke faisait déjà preuve et qui résonnait sensuellement dans la pièce.

Et c’est le petit blond en face de lui qui afficha le plus de provocation en passant sa langue dans le cou d’Akira et en portant le goulot d’une bouteille aux lèvres du petit chaton qui s’en abreuvait comme assoiffé.
- C’est toi qui l’as laissé dans cet état, apparemment... Le pauvre... Regarde comme il est en manque ce petit Neko... Eh... Aki, doucement, tu en mets partout...

Tous les muscles de Kali se crispèrent à cette vision. Celle d’un autre homme qui tenait Aki dans ses bras, le faisant boire, laissant l’alcool couler le long de sa bouche et parsemer son torse, posant sa langue pour boire à même le corps de son amant tout en le caressant doucement de l’autre main.
Il se débattit, prêt à tuer cet arrogant décoloré, mais rien n’y fit. Les deux hommes ne lui laissaient aucune marge de manœuvre.
Le pire, c’était de voir qu’Aki ne réagissait pas. Ou du moins, qu’il se laissait faire sans avoir l’air de prendre réellement conscience de la situation. Il n’avait pas peur.
Et cela le terrifia. Se pouvait-il qu’il en ait vraiment envie ? Ou que l’alcool l’empêchait de savoir ce qu’il faisait ?
Et alors que la main du blond s’insinuait dans la braguette déjà ouverte de son compagnon de jeu, Kali hurla :
- NE LE TOUCHE PAS !
- Oh là... C’est qu’il a l’air sérieux... Il a l’air drôlement jaloux... T’es sûr que c’est bien fini entre vous deux ? Le cajola le plus jeune. Il a pas l’air de vouloir partager...
- Hé hé... Se mit à ricaner Akira, doucement. Son truc, c’était que je me fasse baiser par d’autres devant lui... Apparemment, y’a que ça qui l’excite... C’est un vrai pervers...

Kali reçut comme une balle en plein cœur. Ces mots sortis si naturellement de sa bouche... Akira les avait vraiment crus. Et il prit conscience de toute l’horreur de la situation. Akira n’avait plus confiance en lui et pensait avoir été un jouet dont il s’était débarrassé.
- Ah ouais... ? Eh ben... Y’en a qui ont des penchants vraiment tordus... Répondit le blond en faisant bien attention de planter son regard froid dans celui de Kali. Et t’aimais pas ça, toi ? Qu’est-ce que tu aimes ? Apparemment, tu es plutôt du genre câlin, non ?
- Ouais... Il était pas très gentil avec moi, alors... J’ai besoin d’un peu de tendresse...
- Je sais être très doux... Alors, je vais prendre bien soin de toi, qu’est-ce que t’en dis ?
- ...ouais... Je me sens... bien...
- Alors, laisse-toi aller...
- JE T’INTERDIS DE LE TOUCHER ! Je vais te buter, t’entends ? Si tu vas plus loin, je te jure que je vais te défoncer jusqu’à ce que t’en crèves ! Hurla Kali, fou de rage, se débattant comme un forcené, quitte à se briser les os.
- EH ! ÇA SUFFIT ! Intervint le plus vieux des Yakuza en le saisissant à la jugulaire pour l’immobiliser dans les bras de son acolyte. T’as pas l’air de bien comprendre, là... Il lui fera pas de mal. Laisse-les prendre du plaisir, ils sont consentants, t’as pas à t’en mêler.
- Consentant, hein ? Laisse-moi rire ! Vous l’avez fait boire jusqu’à ce qu’il n’ait plus conscience de rien, bande de rats !

Le balafré commença à perdre patience et colla son front sur celui d’Akira avec force en lui murmurant d’une voix grave :
- Il t’a pas appelé au secours que je sache, alors, joue pas les chevaliers servants. Il a pas besoin que tu le sauves.
- ...

Kali en resta bouche bée. Il avait accouru ici sous prétexte de lui éviter une expérience insoutenable, mais en vérité, il l’avait fait parce que c’était insoutenable pour lui... C’est lui qui ne le supportait pas, et même si Aki ne se rendait pas vraiment compte de la gravité de la situation, il n’était pas en danger... Le jeune décoloré ne l’avait jamais brusqué et les deux autres semblaient garder leur distance pour les laisser jouer tous les deux...
Mais quelque chose clochait...
- À moins que tu ne veuilles participer ? Est-ce que tu crois qu’il a vraiment envie que ce soit toi qui le prennes ?
- ...

Kali ne voulait pas rentrer dans son jeu. Ils étaient trop nombreux, et si l’excitation montait davantage et qu’il se laissait happer par le désir de poser ses mains sur Akira, les autres s’échaufferaient immédiatement, et il ne maîtriserait plus rien. Ça partirait forcément en partouze...
- Ou alors, c’est parce que ça t’excite Aki, qu’il nous regarde le faire ? Intervint le jeune freluquet, se pelotonnant contre le dos du chaton, se frottant de plus en plus sensuellement pour faire gémir le petit brun qui se laissait bercer. Tu veux qu’il se joigne à nous ?

Et merde... Se contracta Kali. C’était donc là qu’ils voulaient en venir... ? Ils tentaient de l’exciter pour parvenir à leur fin... ? Mais à ce moment précis, Aki rouvrit brusquement les yeux et commença à s’agiter, et ce qu’il déclama le pétrifia sur place...
- Non ! J’veux pas qu’il me touche ! Lâcha-t-il, soudain très alerte et le regard fixe et déterminé. J’veux plus qu’il me touche ! Il s’agita dans les bras du blond, comme si cette fois, ça allait trop loin. J’veux qu’il s’en aille ! J’veux qu’il me foute la paix ! J’veux plus le voir ! Le laissez pas me toucher !

Un silence tortueux envahit soudain la pièce alors que Kali recevait le coup de grâce. La seule personne qui lui faisait peur... c’était lui. La seule personne qu’il refusait, c’était lui. La seule personne qu’il rejetait, c’était lui... Celui de qui il voulait qu’on le sauve, c’était lui... Il venait juste de les supplier de l’empêcher de le toucher...
Kali haleta sous le choc, pétrifié.
Il regarda Akira s’agiter dans le refus de cette hypothèse.
Et bizarrement, cela ne fit rire personne.
- Là, là, Aki... Calme-toi... C’est bon... Il va rien te faire...

Kali en avait presque envie de pleurer. Qu’un autre le protège de lui-même et le rassure... C’était douloureux. Voir un autre jeune homme le caresser pour le calmer ; le voir le parsemer de baiser pour l’apaiser. Le voir embrasser doucement ses tétons pour le focaliser sur autre chose. Et que cette technique marche... C’était un véritable coup de poignard.
Aki commençait à cesser de s’agiter dans ses bras et avait à nouveau fermé les yeux en gémissant doucement.
Pour ne plus le voir, lui.
Contre toute attente, les bras fermes qui le retenaient jusqu’à présent relâchèrent leur emprise, et il tomba les deux mains au sol, incapable de bouger, alors qu’il était libre. L’esprit embrumé, il vit le plus vieux s’approcher du couple qu’il ne quittait plus du regard et quelque chose vint l’alerter une fois encore, sans qu’il ne mette la main dessus.
Le balafré s’accroupit au niveau d’Akira et avança sa main. Glacé d’effroi, Kali ne bougea pas d’un pouce, mais tressaillit quand quelque chose de complètement différent de ce à quoi il s’attendait se produisit.
La main du Yakuza avait saisi cette nuque possessivement et l’avait amené à lui pour dévorer ses lèvres d’un baiser passionné. L’autre y avait répondu avec tant d’ardeur et de désir que Kali en resta choqué.
- Allez, viens par là... Tu m’as donné envie, et on dirait bien que t’es à bout maintenant... Lui susurra l’homme à la cicatrice en extirpant le blond pour le prendre contre lui.

C’était bien ça qui clochait depuis le départ. Le jeune blondinet n’avait rien d’un Seme. Il était comme Akira. Un être fait de douceur, qui aimait être soumis et dorloté. Il n’avait pas le caractère affirmé d’un dominant, et c’est pour ça qu’il n’avait rien entrepris sur Aki... L’autre, par contre, avait tout de l’attaquant.
Fier, imposant, directif.
Qu’avait-il cherché en mettant deux Uke ensemble ? Ça n’avait rien de logique...

Soudain, l’homme qu’il n’avait pas encore eu l’occasion de voir et qui l’avait maintenu jusque-là, prit la place du jeune blond et souleva Akira contre son torse pour le tenir fermement.
Il n’aima pas ça.
À mesure qu’il tentait de comprendre à quoi pouvait bien rimer leur manège, les pions prenaient place sur l’échiquier, dévoilant peu à peu leur plan d’assaut.
Et pourtant, qu’avait-il à y gagner à vouloir offrir un Uke à un autre du même acabit ?

Le Yakuza recouvrait le dos de son chaton en le maintenant entre ses jambes et l’approchait d’Aki, dans les bras de l’autre armoire à glace. Les deux Neko se faisaient face, chacun dans les bras d’un plus fort qu’eux.
- Allez, Hiro... Fais-moi plaisir... Montre-moi comment tu peux être gentil avec lui... Glissa le chef d’une voix rauque, emprunte de désir. Caresse-le, il n’attend que ça... Tu l’as entendu tout à l’heure, il veut qu’on s’occupe de lui... Fais-lui du bien, et je ferai de même...
- Gnn... Se cambra le jeune blond, déjà enivré dans les bras de son amant qui lui dictait sa loi, et il obtempéra en se penchant contre le torse d’Akira pour l’embrasser, excité de sentir le désir du Seme derrière lui.

Cet homme... Ce Yakuza... était comme lui...
La seule chose qu’il voulait de son amant, c’était qu’il lui obéisse aveuglément. Personne n’aurait pu poser la main sur son chaton, il en était certain, par contre, il prenait plaisir à le voir complètement soumis et désireux de satisfaire ses moindres exigences.
Kali suivit la trajectoire du blond qui tantôt léchait et embrassait le torse d’Akira, tantôt se contractait et s’immobilisait lorsque le Seme s’attaquait à son corps plus sérieusement sans lui laisser de répit.
- Continue, Hiro... Ne le laisse pas comme ça le pauvre... Regarde comme il a envie que tu le prennes dans ta bouche, le dirigea-t-il plus bas, entre les jambes d’Akira qui s’abandonnait.

La vue de Kali se brouilla un instant, et il crut qu’une quelconque drogue lui avait été administrée pour lui faire perdre pied, mais à sa grande stupeur, il remarqua que c’étaient des larmes de rage qui l’avaient submergé.
Il se tenait là, impuissant. Regardant Akira se faire toucher par un autre homme et qui réagissait face à ces caresses qu’un autre que lui lui prodiguait. Il crispa les poings et tout ce qui sortit de sa bouche fut un murmure désespéré...
- A...ki...

Le jeune brun tressaillit en entendant son prénom chuchoter au loin, et leva une main pour la poser sur la tête du blond qui s’apprêtait à soulager la douleur du plaisir qu’il retenait depuis trop longtemps.
Le Yakuza releva la tête et sembla faire un signe à l’homme de main qui se tenait derrière Akira.
Brusquement, ce dernier s’empara des cuisses du chaton et les écarta sans ménagement. Akira ouvrit les yeux et son expression changea radicalement. Il poussa sur la tête du blond pour l’empêcher de le toucher et se mit à gigoter dans tous les sens.
- Lâchez... moi ! Lâchez-moi ! Arrêtez ! Ne me touchez pas ! Se mit-il à crier avec force, en se débattant.

Le jeune blond évita les coups en se recroquevillant contre le torse de son Seme qui l’avait déjà éloigné du chaton qui venait de sortir ses griffes.
- Ah ouais ?! Rugit l’autre espèce de bête qui le maintenait encore sans difficulté. Et tu crois peut-être que quelqu’un va venir t’aider, maintenant ? J’vois personne, moi...

Les yeux d’Akira s’affolèrent très vite et alors que Kali s’était déjà levé, le sang lui étant monté à la tête en l’entendant se débattre ainsi, son cri désespéré résonna dans la chambre :
- KALI ! Gnnn... Kali !

Cela lui coupa le souffle un quart de seconde et toute son énergie lui revint, mais le Yakuza venait de se lever à son tour, son chaton décoloré toujours dans les bras, et il s’approcha de lui, le regard amusé.
- Oh, ben finalement, on dirait bien qu’il a besoin d’un sauveur... Tu ferais bien de prendre soin des choses qui t’appartiennent, sinon, elles risquent bien de se faire voler par un autre...

Kali le dévisagea, les poings crispés, hésitant entre lui sauter dessus pour entamer le combat et lui cracher à la figure. Mais, sans savoir pourquoi, le balafré n’affichait aucune animosité envers lui. Il restait calme, et n’avait pas lâché son amant pour libérer ses mains en cas d’attaque.
Et il semblait satisfait.
- Il est gentil Aki, je l’aime bien... Se tortilla le blondinet pour s’extirper de cette position enfantine. Si tu n’en veux pas, je veux bien le garder ! Continua-t-il, presque guilleret.
- Oï, Hiro. Fais pas ton malin alors que t’as encore les fesses à l’air, grogna le Seme qui semblait complètement ignorer la rage de son adversaire aux yeux de glace qui les regardait se chamailler sans comprendre.

Et lorsque l’autre montagne de muscles se leva en lâchant Aki pour sortir de la pièce, Kali baissa la tête en soupirant. Il venait de piger...
Le seul qui avait reçu une bonne leçon, c’était lui. Il était le seul à qui on avait dédié cette petite expérience.
- Alors, tout ça, c’était un coup monté, hein ? Lâcha-t-il à l’encontre d’Akira qui commençait à retrouver sa respiration, accoudé sur le matelas pour se soutenir.

Le regard que le chaton lui décocha le surprit et lui mit un sérieux doute.
- Dégage d’ici... Lui lança le petit brun, avec un aplomb qui ne mentait pas.
- OH ! Fais pas genre maintenant ! S’approcha Kali, furieux de le voir encore jouer la comédie.
- NE M’APPROCHE PAS ! Lui hurla-t-il à plein poumon ! Va-t’en ! J’te déteste, t’entends ?! Je te déteste ! Va-t’en... S’essouffla le chaton, en le quittant des yeux, las.
- Arrête ça... Se radoucit Kali en s’avançant vers lui pour détendre l’atmosphère.
- ME TOUCHE PAS ! Je t’interdis de me toucher... Me touche plus jamais... Se massa-t-il les tempes pour atténuer la douleur qui lui martelait le crâne à chaque fois qu’il criait.
- Ça suffit, maintenant !

Kali n’allait pas écouter les délires d’un gamin qui tremblait encore de peur, et dont l’alcool lui faisait faire n’importe quoi. Il se rua sur lui, l’attrapa par le poignet, et le tira derrière lui sans ménagement. Il était fatigué. Il était en colère. Alors, il n’était plus question de rester là les bras croisés en attendant que ça se passe. Et de toute façon, Aki n’avait plus la force de se mesurer à lui, alors, il allait en profiter.
Il le traîna derrière lui sans prendre en compte les vociférations du jeune brun qui tentait maladroitement de le faire lâcher prise en l’insultant.
- Mais lâche-moi, bordel ! Sors de chez moi ! T’as aucun droit sur moi ! Héé !!!

Akira avait beau faire, l’autre ne l’écouterait pas. Il semblait déterminé, mais s’il croyait qu’il allait régler ça aussi facilement, il se mettait le doigt dans l’œil.
- Monte là dedans le gamin, le poussa-t-il sur le siège passager de sa voiture sans ménagement. Et tiens-toi tranquille.
- Hé, mais... !

Kali lui avait déjà fermé la porte au nez.
- Où tu m’emmènes ?! Oh ! Tu crois que je vais te suivre bien gentiment ?! Tu vas faire quoi ?! Ah, laisse-moi deviner, tu vas m’emmener chez mes parents et tout leur balancer ?! Et tu vas leur dire quoi ? Que c’est de ta faute ?!! Se mit-il à ricaner comme un gosse sûr de lui.

Akira ne vit pas venir la gifle et se la prit de plein fouet. Il se cogna contre la vitre de la bagnole, les yeux pleins de rage mais ceux de son adversaire étaient sans appel, et il ne répliqua rien.
Le trajet se fit en silence et Akira continua néanmoins à bouder pour lui montrer qu’il n’abandonnerait pas aussi facilement.
Quand il s’aperçut qu’ils arrivaient chez Kali, il tenta une vaine protestation, mais Kali le poussa jusqu’à l’intérieur.
- Me touche pas, j’t’ai dit ! Grommela le petit brun, sans hausser la voix pour éviter que l’autre ne s’emballe et ne l’envoie encore valser.
- Va te laver, t’es sale, répliqua le regard glacé avec tout le dégoût qu’il pouvait y mettre pour le pétrifier.

Akira resta figé un moment à ces paroles acerbes, et il ne put cacher combien cela l’atteignait. Kali le fixa sans détourner les yeux jusqu’à ce qu’il obtempère.
Akira sortit de la douche et s’affala sur le lit de la chambre d’ami, épuisé. Tout son corps lui faisait mal et malgré la fatigue, l’adrénaline refusait de le laisser dormir. C’est alors que Kali fit son apparition en s’adossant au chambranle de la porte, le téléphone à l’oreille. Rien que de le voir, il se sentait à nouveau parcouru de frissons. La pièce était envahie par son odeur, et dans un lieu pareil, il n’avait pas l’avantage. Et encore moins avec ce qui venait de se passer. Il n’avait pas envie de l’affronter maintenant.
- Oui, il va bien. Hm. Je l’ai ramené chez moi. Ouais. Il va rester là tant qu’il n’aura pas recouvré ses esprits. Arrange-toi pour le boulot qu’il se prenne des vacances forcées, ok ? Mhm... Nan, on peut pas dire qu’il soit vraiment coopératif avec moi... Alors, tant qu’il lâchera pas prise, je suis pas prêt de lui pardonner non plus...

Tout en disant ces mots, Kali le transperçait du regard et Akira baissa la tête. Quand il lui tendit le téléphone, il s’en saisit, penaud, et entendit Chisaki hurler à l’autre bout du fil, alors que Kali souriait, visiblement satisfait.
Quand il le lui rendit, Akira sentit l’atmosphère changer et se braqua aussitôt.
- Laisse-moi maintenant !
- T’as toujours la force de mordre, hein ?
- ...
- Allonge-toi.
- Me donne pas d’ordres !
- S’il te plaît, ajouta calmement Kali en durcissant le regard.

Aki obtempéra et s’affala de tout son long, le cœur battant à rompre.
- Je suis pas un gamin, tu vas pas rester là jusqu’à ce que je m’endorme ?! Je vais pas m’enfuir, je suis trop crevé !
- La ferme.

Akira se retourna pour mettre fin à l’échange et surtout éviter de croiser son regard, priant pour que le démon s’en aille. Mais au lieu de ça, il sentit un poids lourd s’enfoncer sur le matelas et il sursauta en le voyant au-dessus de lui.
- Me... ME TOUCHE PAS ! Qu’est-ce que tu fais ?! Le repoussa-t-il de ses mains, paniqué à l’idée de succomber.
- T’arriveras pas à dormir dans cet état. T’es à cran et t’as besoin de te vider.
- De... quoi ?! Si tu me touches... je... te pardonnerai pas ! Essaya Aki de toutes ses forces.
- Cesse de t’agiter, tu me fatigues et tu vas finir par m’énerver davantage. Ne crois pas que je sois calme, ce serait une grossière erreur.
- Hé ! Qu’est-ce que tu... !

Sans ménagement, Kali avait mis sa paume devant ses yeux en plaquant sa tête contre sa clavicule, et de l’autre main, il s’était glissé à son entrejambe dur comme de la pierre.
- Ahh ! Arr... Arrête ça ! Me touche pas !
- Dis-toi que c’est quelqu’un d’autre qui te touche... Et fais pas chier ! Tu peux pas voir, alors sers-toi de ton imagination si ça te dégoûte tant que ça, et pense à une jolie fille. J’ai pas que ça à faire. T’es tendu comme un arc, et si tu le sors pas, tu vas t’abîmer, trou du cul.
- ...haa.

Mais la main de Kali l’avait immédiatement fait taire car tout son corps irradiait à son contact. Il avait envie de bouger ses hanches contre l’étau de sa main qui enserrait son sexe avide. Il avait envie de gémir plus fort, sans retenue. Il avait envie de sentir sa langue dans son cou. Il avait envie de l’entendre lui murmurer des mots doux, de le sentir se coller contre lui...
Il était en train de replonger bordel...
Et sans même s’en apercevoir, il avait posé sa main sur celle qui le branlait et le faisait mouiller plus que d’habitude.
- Hm ? Tu veux le faire tout seul ? S’arrêta Kali en sentant sa main sur la sienne qui le pressait de plus en plus fort.
- Gnn...

Aki retira sa main, comme brûlé par cet aveu et agrippa les draps pour s’empêcher de crier ou même de bouger sous cette main glissante et énergique. Mais non... Il ne voulait surtout pas qu’il s’arrête... Il se contorsionna pour s’empêcher de le supplier et se contracta pour retenir son corps d’en désirer plus.
- Eh... Calme-toi et laisse venir, Aki... C’est bon, là... Tu t’es assez retenu, relâche tout... Et arrête de t’agiter comme ça... Qu’est-ce que tu fiches à la fin ?
- J’en... peux... plus... Haleta Aki.
- Alors, arrête de retarder ! Putain, ce que t’es pénible comme gosse...

Sans retirer sa main de ses yeux, Kali le fit se recroqueviller en fœtus et approcha ses lèvres de son sexe rougi et gorgé de sang.
- Haa ! Haa !

Il n’avait pas encore posé sa bouche que déjà Aki s’agitait de spasmes et commençait à rugir, essoufflé. Il était carrément plus que bandant... Mais ce n’était pas le moment de penser à ça, il fallait qu’il le soulage et rien d’autre. Il n’av ait rien à gagner en le prenant maintenant, sachant l’envie qui le tiraillait.
Il voulait le posséder, certes, mais pas en trichant. Ce serait une fausse victoire, parce que trop facile.
Il passa alors sa langue sur le gland plus qu’humide de son chaton au bord du gouffre et il crut qu’Akira allait éjaculer à ce geste. Il s’était contorsionné en poussant un cri très excitant qu’il n’avait pas su retenir. Le fait qu’il n’ait aucune retenue alors même qu’il faisait tout pour le refuser jusqu’à présent lui montra combien son corps avait besoin d’être soulagé.
Il attrapa les deux cuisses d’Akira pour le forcer à s’immobiliser et engloutit le membre palpitant tout entier dans sa bouche. Kali crut entendre un sanglot, mais ne voulut pas l’humilier davantage et entama des va-et-vient pour vite le faire capituler et arrêter cette torture qu’il refusait d’accepter pour le moment.
Il tressaillit en sentant des mains tremblantes frôler ses cheveux sans vouloir le montrer et il trouva ce geste affectueux terriblement emprunt d’amour pour ce pauvre Aki qui luttait pour garder contenance face à lui alors que tout son corps lui répondait. Pour lui donner le change et lui montrer qu’il n’avait pas à avoir honte, il accéléra la cadence en pressant sa langue autour de sexe pour l’inciter à venir dans sa bouche. Akira se recroquevilla davantage, parvenant presque à coller sa tête contre la sienne et Kali sentit ses mains s’engouffrer plus franchement dans ses cheveux comme une douce caresse, signe qu’il s’abandonnait.
- Haa... Haa... Haa... Mhm... !

Le liquide chaud jaillit par vague et imprégna sa langue, s’y pressant par à-coups, alors que tout le corps d’Aki s’était raidi et qu’il criait, en se libérant enfin.
Ces halètements résonnaient sans limites, et il ne cherchait même plus à les retenir. Lentement, Kali épousa les formes de son dos et le recouvrit de la couette pour qu’il puisse enfin sombrer.
- Haa... Ne... me fais pas... de câlin... Me prends pas... dans tes bras...

Kali sourit face à cette remarque de gamin têtu qui gémissait encore du plaisir qu’il venait de lui offrir mais qui s’obstinait effrontément à l’envoyer paître.
- Je ne suis pas en train de te faire un câlin, ne t’inquiète pas, et je ne te prends pas dans mes bras non plus... Acquiesça faussement le Seme, collé contre la chaleur de son dos.
- Je... te... donnerai pas le change... Haa...
- Je ne te demande pas de le faire... Alors, tu peux dormir tranquille.
- Mhm... J’veux pas... qu’tu dormes avec moi...
- Ne t’inquiète pas, je m’en vais tout de suite, tu vois ? Lui chuchota Kali en s’allongeant à ses côtés. Tu n’as rien à craindre.
- J’veux pas... d’câlins...

Kali sut, mais chercha quand même à s’en assurer, et passa doucement un bras autour de lui.
- D’accord, je te câlinerai pas... Répondit sagement Kali en se pelotonnant contre lui.

Il attendit qu’il le repousse, mais le geste ne vint pas et Akira le laissa se lover contre lui sans rien dire. Et en quelques minutes, le petit gamin arrogant et fier s’était laissé prendre dans ses bras et avait sombré dans le sommeil.
Mais demain aurait lieu le combat. Aujourd’hui, les gladiateurs étaient épuisés, mais il faudrait bien qu’ils s’affrontent un jour ou l’autre.

***************

Akira se leva, mécontent de se retrouver enfermé dans cet appartement. Il avait peut-être baissé sa garde hier soir, mais Kali n’était pas clairement revenu vers lui. Et rien n’allait changer à ce rythme.
- Je veux retourner chez moi, et il faut que j’aille bosser, l’invectiva-t-il sans ménagement.
- Je t’en donne pas la permission, répliqua le démon, tranquillement assis sur son canapé, sans même lui jeter un regard.
- Je suis pas ton chien, au cas où tu l’aurais oublié.
- Ben, pourtant, t’avais bien l’air d’une chienne en chaleur qui désirait se faire prendre par plein de mecs, de ce que j’ai pu voir hier soir.
- ...
- La chienne a perdu l’envie de mordre ? Continua Kali, qui était sur son terrain de prédilection.
- Va te faire foutre ! Si j’ai envie de me faire baiser, ça te regarde pas !

Akira le vit se lever et le regard qu’il lui lança annonçait l’affrontement final. Il crut qu’il allait lui en retourner une et Aki commença à battre en retraite mais se heurta au mur. En le voyant lever les deux poings vers lui, le jeune brun tourna la tête en fermant les yeux, se protégeant de ses deux avant-bras, avant d’entendre l’impact.
Sans le ressentir.
Son cœur avait failli exploser, mais Kali avait simplement frappé le mur, les deux poings de chaque côté de son visage.
- Ah ouais, alors, pourquoi tu as crié mon nom, hein ?! Pourquoi la petite chienne m’a-t-elle appelé au secours si elle voulait vraiment se faire baiser par trois mecs ? L’agrippa-t-il au collet pour le secouer.
- Me... touche pas !

Le regard acier vira au rouge, mais au lieu de le frapper, il colla sa bouche à son oreille et lui murmura :
- Ne t’inquiète pas, je n’en ai absolument plus envie...
- Alors, laisse-moi partir. Ça t’a fait kiffer de me faire éjaculer hier, hein ? T’as pris ton pied parce que je voulais justement pas que tu me touches, pas vrai ?! S’emporta Akira qui ne voulait pas perdre, maintenant qu’il en était arrivé là.
- Ben non, justement, j’ai pas pris mon pied. Y’a que toi qui t’es fait plaisir... Le piqua-t-il au vif. Ça me fait pas kiffer les chiots gémissants à qui il faut montrer comment faire pour prendre son pied.

De rage, Akira lui sauta dessus avec violence et le renversa au sol. C’était la première fois qu’il faisait ça, mais il se rendit compte que la colère décuplait ses forces. Ou alors, c’était parce que Kali ne s’était pas défendu...
- Quoi ? Tu veux me sucer pour me remercier, maintenant ?
- Tu crois peut-être que tu pourras te retenir si je te lèche bien comme il faut ? Hé, te fous pas de moi, le vieux... Moi aussi, je peux te faire gémir contre ton gré ! Lui arracha-t-il les boutons de sa chemise pour joindre le geste à la parole.

Kali parut surpris quelques secondes par ce caractère rageur et violent qu’il ne lui connaissait pas. Mais, bien souvent, c’était chez les personnes les plus calmes qu’il fallait redouter l’explosion.
Et il allait lui montrer lequel des deux étaient bien plus en colère que l’autre. Il se redressa lentement, en s’appuyant sur ses mains, et Aki se méfia en l’observant rapprocher son visage. Il fit glisser ses lèvres le long de son cou et remonta jusqu’à son oreille.
- J’ai pas envie que tu me suces. Je te l’ai déjà dit, non ? J’ai plus envie de toi.

Kali se décolla fièrement, sachant pertinemment qu’il avait gagné la bataille. L’autre ne pourrait plus que pleurnicher en se jetant à son cou et en le suppliant de le prendre. Ce qu’il attendait avec impatience. Il avait osé lui dire de ne plus jamais le toucher, alors, il allait devoir ravaler sa fierté de môme et le supplier du contraire, maintenant. Et il accèderait à sa requête à cette unique condition.
Akira l’attrapa par la nuque et refit exactement le même geste que lui. Il lécha son cou et posa ses lèvres à son oreille :
- Alors, c’est parfait. C’est ce que je voulais entendre. Je ne veux plus jamais que tu me touches, tu m’entends, et je ne veux plus jamais que tu aies envie de moi non plus. Maintenant, ça s’arrête là. Définitivement. C’est ce que tu voulais, et c’est ce que je veux, moi aussi. T’as pas besoin de faire semblant de t’inquiéter pour moi et...

Kali le projeta contre le mur en se jetant sur lui, envahi par la colère la plus profonde, la plus perfide, la plus animale.
- Ne me donne pas d’ordres ! Hurla-t-il, en même temps qu’il lui plaquait violemment la tête contre le mur pour l’immobiliser. Ne décide pas pour moi ! Ne choisis pas à ma place de ce que j’ai envie de faire !

Aki fut surpris par l’attaque, mais bien plus par les mots douloureux qu’il venait de sortir. La raison pour laquelle il s’était battu contre son père, ceux qu’avait prononcés Chisaki quelques heures plus tôt. Il venait de trouver la brèche.
La véritable brèche.
Par des mots qu’il ne voulait pas dire lui-même. Un vrai coup de chance... Restait à savoir comment gérer cette colère venimeuse. Il ne fallait pas qu’il pleure ni qu’il se jette dans ses bras. Pourtant, à cet instant, il avait encore plus peur de le perdre.
- Ne me repousse pas ! Rugit la bête, je te l’interdis ! Tu crois peut-être que je vais te laisser partir ?!

Akira tenta de le faire reculer pour qu’il se batte de plus belle. C’était là le seul moyen qui lui restait. En le forçant à partir, il resterait auprès de lui. Depuis le début, c’était ça. Chisaki s’était trompée. Il ne fallait pas l’obliger à rester, mais l’obliger à abandonner pour qu’il résiste. Cet homme n’abandonnerait jamais ce qu’il avait choisi de faire, ceux qu’il avait choisis d’aimer.
Akira puisa en lui les dernières forces qui lui restaient et abattit ses cartes.
- Quitte-moi, Kali ! C’est un ordre, alors, abandonne-moi ! Quitte-moi ! Laisse-moi partir si t’as plus envie de moi ! Dis-le-moi en face et quitte-moi ! Se débattit-il en essayant de le faire reculer.

Kali emprisonna sa nuque d’un coup en soulevant son bassin contre ses hanches et le bascula. La tête d’Akira heurta à nouveau le mur alors que ses jambes écartées se refermaient contre le dos de Kali pour prendre appui. Il n’eut pas le temps de voir venir, mais sa chemise fut arrachée à son tour, et alors qu’il tentait vainement de se redresser pour parer la prochaine attaque, le loup vint planter ses yeux bleu glacier dans les siens.
Leur respiration haletante se superposait, leur torse se soulevait d’agitation. Le temps d’arrêt que lui imposait Kali le perturbait. S’il bougeait d’un pouce, il avait l’impression que la bête s’enflammerait. S’il bougeait d’un pouce, il se frotterait irrémédiablement à l’entrejambe de l’animal déjà prêt à exploser.
- Bouge pas ! Lui cria-t-il, la respiration saccadée, comme s’empêchant de commettre un crime qu’il désirait.

Aki se demanda s’il se retenait de le frapper à mort, mais ses yeux faisaient vraiment peur. Il ne plaisantait pas, et son corps agité tremblait de tous ses muscles contractés. Aki tressaillit en le voyant s’approcher avec cette lueur meurtrière et ne put s’empêcher de fermer les yeux. Comme attendant ses derniers instants, comme admettant sa défaite. S’il avait prononcé les mêmes mots que son père, Kali devait le détester à cet instant précis et se retenir de lui faire mal pour se venger.
En fait, il avait probablement perdu...

- Gnn... Ne put-il s’empêcher de gémir, dans l’angoisse de l’attente d’un coup qui ne venait pas.
- Je t’ai dit de pas bouger ! Tu écoutes quand je te parle, bon sang ! Réitéra le loup face à sa proie.

Aki plissa les yeux pour ne pas pleurer et lui obéir quand un éclair d’électricité le foudroya.
- Haa... Haa... Rouvrit-il les yeux, dont les larmes s’échappèrent aussitôt.

Le frisson qui l’avait parcouru, c’était le coup de langue tremblant de Kali qui avait frôlé ses lèvres. Il avait essayé de se contenir jusqu’à entrevoir son consentement. Sa langue humide s’était retenue de le lécher et de pénétrer sa bouche, car il cherchait à voir le véritable choix de son chaton.
Les larmes du petit Uke et la réponse de son corps à ce toucher suffirent à le précipiter dans le crime tant recherché.
Akira sentit tout le poids de la bête lui sauter dessus et l’emprisonner de son corps, le heurtant sans y prêter aucune attention ; Kali prit sa bouche et s’enfonça à l’intérieur sans ménagement, écartant davantage ses jambes pour y presser son sexe afin de se frotter largement à lui. Il lui donnait des coups de bassin puissants en même temps qu’il avalait sa langue et sa bouche sans lui laisser aucun répit.
- Gnnn... Nnn ! Gémit Akira, incapable de reprendre sa respiration, en se faisant complètement happer par l’animal sauvage.

Il y avait une sorte de frénésie dans ces gestes qui cherchaient à s’accaparer tout son corps et le dévorer d’un seul coup que ne comprit pas tout de suite Aki.
- Ka...li... Kali...

La brutalité de son amant qui exprimait l’envie irrépressible qu’il avait de lui envahit Akira à son tour, et frénétiquement, il emprisonna ses mains autour du cou de Kali et prit d’assaut ses lèvres, sans retenue. Il haleta plus fort, se contorsionna pour se mouler à son érection qu’il voulait en lui, et s’accrocha désespérément à lui.
Il l’entendit gémir de contentement, de sentir son petit brun aussi excité que lui, qui le prenait lui aussi de force, comme si sa vie en dépendait.
Kali le souleva plus confortablement contre le mur, mais une autre forme de guerre avait commencé, et c’était à celui qui envahirait le plus l’autre. Leur langue se battait, se léchait, s’enroulait, se cherchait et s’enfonçait dans la bouche de l’autre, toujours plus profondément. Il s’attirait l’un l’autre, poussant leur corps à se coller davantage, tirant sur la nuque de l’autre pour le sentir au plus près, et puis, comme les deux semblaient avoir le même avantage, les mains commencèrent à se chercher, à caresser les muscles de l’autre, à défaire les ceintures, à se déboutonner, surexcité d’en vouloir toujours plus.
- Kali... Pénètre-moi... Vite... S’il te plaît...

Ce fut la première attaque, mais l’autre camp ne tarda pas à riposter.
- Pas tout de suite... Lui enfonça-t-il un doigt mouillé et déterminé à le faire plier avant lui.

Les deux se savaient proches de l’éjaculation vu qu’ils s’étaient retenus trop longtemps tous les deux depuis leur soi-disant séparation.
- Je te veux, je t’en prie... Gémit le chaton, à bout.
- Je croyais que tu voulais plus jamais que je te touche... Rengaina le loup susceptible.
- Je croyais que t’avais plus envie de moi... Rétorqua l’agneau, pas en reste.

Kali le surplomba l’œil mauvais, car il était certain qu’il n’avait pas encore digéré ces mots maintes et maintes fois répétés, alors, il plongea trois de ses doigts assez brusquement en regardant son chaton se cambrer et crier sous l’impact, d’un air satisfait.
- Dis-le que t’as envie que je te touche, ordonna Kali, on ne peut plus sérieux. Dis-le !
- Alors, dis-moi que tu veux pas que je te quitte ! L’agrippa aussi férocement Akira, encore bouleversé d’avoir eu aussi peur de le perdre.

Les deux se défièrent du regard, car il ne s’agissait plus d’un jeu. Kali augmenta ses va-et-vient pour le faire capituler définitivement, car il voulait l’entendre de sa bouche. Et Akira en voulait tout autant, mais il tenait à l’entendre d’abord de lui.
Il tenta de contrôler ses spasmes, mais comme Kali ne voulait rien entendre, il le repoussa méchamment.
- Putain ! C’est pas vrai ! Tu me le diras pas, hein ?! T’as trop de fierté pour ça ou quoi ?! C’est si difficile pour toi de dire aux gens que tu les aimes ?! Merde ! Retire tes doigts ! Retire tes doigts, maintenant ! Je te laisserai pas faire ça tant que tu seras pas clair dans ta tête !
- Je te l’ai déjà dit, ne me donne pas d’ordres ! S’emporta Kali, qui bouillait encore intérieurement.

Contre toute attente, Akira s’effondra. Il avait fait tout ce qu’il avait pu. Il avait tout donné. Tout. Il se mit à pleurer en se contorsionnant pour échapper à ce corps qui lui faisait trop de bien.
- Aki... Tenta Kali, en le voyant si fragile tout à coup, à terre, épuisé, gémissant, luttant pour le repousser et sanglotant de rage.
- Me... touche pas... Pleura-t-il de plus belle en le frappant maladroitement.

Kali le serra dans ses bras sans prendre en compte ses plaintes et l’embrassa avec toute la douceur qu’il put. Mais les mots ne vinrent pas. Akira ne cessa de gigoter pour montrer qu’il ne voulait pas de cette étreinte et réitéra douloureusement :
- Ne me touche plus...

Un bruit strident les fit sursauter tous les deux et ils mirent plusieurs secondes avant de comprendre que la sonnette de la porte d’entrée venait de retentir. Suivi d’un « Kali, c’est Chisa, je rentre ! », qui s’accompagnait d’un bruit caractéristique de clés dans la serrure.
- Et merde ! Vociféra Kali. Quelle idée j’ai eue de lui laisser les clés à cette emmerdeuse...

Kali se rhabilla à la hâte, ou du moins, eu juste eu le temps de fermer sa braguette en remontant un peu son pantalon, alors, que Aki, pétrifié, affichait un air beaucoup moins contenu.
- Va dans la chambre, je lui dirai que tu es en train de te reposer, le rassura Kali en lui ébouriffant les cheveux, inconscient que ce geste affectueux apaisait tout de suite le petit Uke larmoyant.

Mais c’était sans compter la rapidité des femmes à mettre les pieds dans le plat. Et à mettre les pieds où il fallait pas tout court. Et à une vitesse vertigineuse.
La porte s’ouvrit donc sur une Chisaki guillerette qui entra comme si elle était chez elle puis s’arrêta soudain, comme mue par un sixième sens. Elle observa son frère qui lui proposa immédiatement un café en s’enfuyant dans la cuisine et glissa son regard sur Aki.
- Tout va bien ? Lui demanda-t-elle, sans sourire.
- Ouais... Je viens de me réveiller... J’ai pas mal dormi...
- Mhm.
- Je suis désolé pour le travail...
- Aki.

Akira leva la tête car il se rendit compte trop tard qu’il avait fui son regard depuis le début de la conversation, et ça, une femme le remarquait immédiatement.
- Vous vous êtes réconciliés ?
- ...

Kali débarqua avec le café à ce moment-là et fit mine de ne pas avoir entendu.
- Je vous ai demandé si vous vous étiez réconciliés, les prit-elle à partie tous les deux sans tergiverser. Vu la mine déconfite d’Akira, je suppose que non.
- Tu n’y vas pas par quatre chemins, toi, hein... Soupira son frère, calmement.
- Et vu ce que vous étiez en train de faire avant que je n’arrive, je suppose que la réconciliation sur l’oreiller n’a pas marché non plus ?

Akira s’empourpra, gêné de devoir être pris en flagrant délit par sa chef, et qui plus est la sœur de son amant, et il tira sur sa chemise maladroitement, perdant toute contenance.
- Ben, si tu nous avais pas interrompus, ça ce serait sûrement fait ! Lui rétorqua-t-il, léger.
- Kali.
- Ne prends pas ce ton avec moi, Chisa. Tu es venue prendre des nouvelles d’Akira, mais sa vie privée ne te regarde pas, l’interrompit-il, connaissant par cœur ses moindres intonations de voix et refusant que quiconque s’en mêle.
- Si tu le forces et que tu lui fais du mal, Kali, je ne te le laisserai pas.
- Il ne veut plus que je le touche, alors, tu n’as pas de souci à te faire, je ne lui ferai aucun mal, laissa-t-il tomber, franc mais dissimulant mal sa peine.

Chisaki regarda Akira et ce dernier détourna le regard, pris en faute.
- D’accord, alors, respecte son choix. C’est tout ce que je te demande. Et toi Akira, remets-toi du plomb dans la cervelle, rafraichis-toi les esprits et je veux te voir de retour dans une semaine. Jusque-là, ne vous écharpez pas, compris ? Reprit-elle d’une voix légère et souriante.
- Oui... Répondit Aki, penaud.

*********

Une fois la tornade blonde repartie, Akira s’adossa contre le mur du salon et demanda tout bas :
- Tu préfères que je m’en aille ?

Kali, qui faisait semblant de dormir sur le canapé, mit un temps avant de répondre.
- Non. Mais, je n’ai aucun droit de te retenir, comme tu l’as si bien dit. Chisa m’a demandé de veiller sur toi, alors, bien sûr, je préfèrerai que tu restes, mais...
- Qu’est-ce que tu veux, toi ? Coupa Akira, presque imperceptiblement.
- Je peux te retourner la même question... Tu m’as dit que t’étais plus un gamin et que tu pouvais décider tout seul de ta vie. Si je te dis de rester, tu vas juste m’écouter ?
- ...

Kali soupira bruyamment, passablement énervé et frustré par tous ces évènements, et surtout par la situation encore confuse qui les liait tous les deux. Mais quand Akira se mit à crier soudainement de toutes ses forces, il crut mourir à la seconde tellement le choc du bruit de sa colère l’avait surpris.
- JE VEUX QUE TU ME TOUCHES, JE VEUX QUE TU M’AIMES, JE VEUX QUE TU ME DISES CE QUE TU VEUX VRAIMENT AVEC MOI !

Kali se retourna, presque tétanisé par les cris déchirants de ce môme en larmes qui venaient de lui sortir tout ce qu’il avait su le cœur. Mais...
- Aki... S’il te plaît, calme-toi...
- NON ! Je me calmerai pas avant que tu me dises !

Kali s’avança vers lui, et s’arrêta avant de le prendre dans ses bras. Il tremblait, son corps était agité de spasmes de sanglot et il gardait la tête baissée, comme un chiot qu’on va abandonner.
- Tu es encore sous le choc et...
- NE CHANGE PAS DE SUJET ! Je te déteste pour ça, tu entends ?! Commença-t-il à le ruer de coups, sans véritablement l’intention de l’atteindre.
- AKI !

Le chaton s’immobilisa à cet ordre, et serra les poings de plus belle. Deux mains se posèrent de chaque côté de son visage, lentement.
- Si je te touche, tu vas me frapper, je me trompe ?
- Parce que si je te dis de pas me toucher, tu vas obéir, même si t’en as envie ? Sanglota Aki, les yeux rageurs.

Kali fondit sur lui sans retenue et le prit dans ses bras en embrassant sa tempe pour le bercer. Akira s’accrocha à sa chemise déjà entrouverte et posa son front sur son torse pour pleurer de ton son soûl.
- Tu vas commencer par arrêter de me dire de ne plus te toucher, s’imposa Kali brusquement.
- Mais... Sursauta Aki qui se reçut un petit coup sur la tête en guise de mécontentement.
- Tu vas m’écouter sale môme, à la fin ?! Tu vas arrêter tes conneries. Tu vas arrêter de pleurer et de m’emmerder. Tu vas arrêter de me faire tourner en bourrique. Tu vas arrêter de plus avoir confiance en toi. Tu vas arrêter de me demander de t’aimer à tout bout de champ si t’es même pas capable de le remarquer quand c’est déjà le cas.
- Ahh... ! Tressaillit le jeune Uke à ces mots.
- La ferme ! J’ai pas fini !
- Oui...
- Tu vas arrêter de me séduire autant sinon tu vas vraiment finir attaché et enfermé ici.
- Oui...
- Tu vas arrêter de tout faire pour moi et t’occuper de ce que tu veux, toi uniquement et...
- Mais...
- Je ne te quitterai pas, bordel ! Même si tu m’obéis pas, même si tu me tiens tête, même si on se dispute, même si t’as plus envie que je te touche, même si je te demande de partir, je te quitterai pas, t’as compris à la fin ?! Je vais pas me répéter alors, tu as intérêt à bien enregistrer et te le passer en boucle quand t’auras tes putains de doutes.
- Oui...
- Et sois un gentil garçon obéissant.
- Oui...
- Et ne va plus jamais te fourrer dans les pattes d’autres mecs, ou d’autres filles.
- ...je te demande pardon... S’accrocha Akira, face à ce sujet qui revenait sur le tapis.
- J’suis pas con, je sais que t’as fait tout ça pour moi. Alors, plus jamais, c’est compris ?
- Oui...
- ... Mhm... T’as l’air super docile là, hein... Pourtant, tu m’en as fait voir de toutes les couleurs... Grogna la bête pas tout à fait endormie.
- Toi aussi.

Kali lui souleva le menton et reconnut ces yeux déterminés teintés de reproches.
- Qu’est-ce que tu veux que je fasse pour me faire pardonner ?

Akira sourit.
- Quoi ? Ben, vas-y, dis-moi. Pour une fois que je suis coopératif. Dis-moi ce qui te ferait plaisir, je suis d’humeur à t’accorder ce que tu veux. Et si tu me dis « mets-la-moi tout de suite », j’hésiterai pas... ! Ricana le Seme incendiaire.
- Tout ce que je veux ?
- Ouais, tout. Alors, vas-y, balance et profites-en.

Akira s’approcha de son oreille et lui chuchota tout bas avec une pointe de désir dans la voix :
- Laisse-moi te prendre...

Kali analysa longuement la phrase avant de se rendre à l’évidence : il n’existait qu’un seul sens possible. Il marqua des signes d’inquiétude qui firent rire Aki et répondit :
- Tu me fais marcher, c’est ça ?
- Ah ! Laisse tomber, oublie ce que je viens de dire... S’échappa Aki, avant d’être retenu par deux yeux sidérés.
- T’es... sérieux ? Tu veux me... pénétrer ?

Aki se mit à rougir et tenta d’esquiver devant la réaction du seme dominant.
- Nan... C’était rien, je t’ai dit d’oublier...
- Dis-moi pourquoi tu veux me la mettre, insista le Seme, légèrement perturbé. C’est pour me punir, c’est ça ? T’as pas trouvé d’autres moyens ?
- Pas du tout ! S’énerva le jeune Uke. Moi aussi, j’aimerai bien savoir ce qu’on ressent en pénétrant un homme ! T’as l’air de tellement apprécié que... Je voulais juste...

Aki s’empourpra littéralement car en vérité, maintenant qu’il sortait ces mots, il se sentait incapable de faire quoi que ce soit, et encore moins de donner du plaisir à ce Seme aguerri. C’était tout bonnement impossible.
- D’accord.

Akira releva la tête avant de se faire entraîner sur le canapé à la suite de Kali qui semblait avoir perdu la raison.
- Non, euh... Je... Je saurais pas comment faire...
- Quoi, tu te défiles ? Mon cul te fait plus tant envie que ça ? Le provoqua le regard d’acier.
- Arrête de te moquer de moi... Bouda Aki, légèrement vexé. Toi, t’as l’habitude, mais pas moi...

Kali s’approcha et lui lécha tendrement les lèvres avec envie.
- Quoi... ça te tente pas d’être mon premier ? L’exacerba-t-il en plongeant sa langue dans sa bouche, en l’empêchant de respirer.
- Mhm... ! Nnn... aah... Si... je veux... S’excita Aki, soudain en totale érection à cette idée d’être le seul homme à pouvoir envahir son intimité.
- Alors, laisse-moi me préparer pour toi... Glissa-t-il ses doigts dans sa bouche pour y faire couler largement sa salive. Mais je vais avoir besoin que tu m’excites un peu aussi... Touche-toi.

Akira regarda Kali enfoncer son propre doigt en lui, comme hypnotisé. Il était superbe, et même comme ça, il était terriblement viril et dominant... Il s’empalait de lui-même sur le doigt qu’il s’était mis par-derrière, agenouillé et appuyé sur sa main de devant.
- Eh ben... ça te fait de l’effet à ce que je vois... Murmura-t-il d’une voix rauque en voyant la verge dressée à la verticale de son petit Uke subjugué. Je veux te voir te caresser aussi...

Akira s’exécuta maladroitement, car malgré lui, il ressentait déjà le manque de ne pas être pénétré. Il glissa sa main sur son sexe, et tenta de combler le vide entre ses fesses de l’autre, mais Kali intervint.
- Non. Te touche pas là. Pas cette fois.

Akira obéit sagement, mais, pris d’un accès de fièvre, il se pencha pour chercher ses lèvres et sa langue. Kali ouvrit la bouche pour le laisser entrer et voir comment il s’y prenait pour prendre des initiatives. Il était légèrement tremblant mais se débrouillait vraiment pas mal pour l’exciter. Ses gémissements étouffés y étaient bien sûr pour quelque chose, mais ses baisers avaient un goût différent. Il essayait de lui donner du plaisir à lui, cela se sentait. Il tentait de se montrer à la hauteur de ce rôle dominant, et c’était carrément craquant.
- Caresse-moi, maintenant.
- Haa... Haa...

Kali sourit en le voyant déjà si affolé d’excitation, mais c’était la rançon de l’avoir si bien entraîné au plaisir...
- Eh ! Aki ! Sursauta-t-il soudain, je t’ai pas dit de me sucer... Se surprit-il devant tant d’ardeur. Juste tes mains... Je te fais ça aussi quand je te pénètre, tu te souviens ?
- Oui...

Kali crut mourir de rire. Il avait l’impression d’avoir un élève en formation... Aki semblait passionné à l’idée d’apprendre et se montrait très obéissant et très rigoureux. Alors, lentement, Kali se laissa glisser sur le dos, l’entraînant entre ses jambes. Il perçut la légère appréhension de son Uke à se retrouver dans cette position de meneur, et sa gêne à le surplomber de toute sa hauteur.
- Approche, lui intima-t-il, en lui montrant qu’il n’était pas obligé de rester droit comme un piquet, mais pouvait tout aussi bien se courber sur lui.

Kali lui prit sa main et la porta à la bouche du petit Uke.
- Ta salive. Crache.

Aki s’exécuta sans trop comprendre pourquoi, et Kali dirigea sa main pour s’en enduire l’orifice presque prêt à l’accueillir. Puis il finit par déposer le restant sur la verge de son amant qui se laissait faire un peu paniqué.
- Hé ! Tu veux que je t’aide encore ? Ricana le faux seme allongé qui agrippa sa nuque pour mieux soulever ses hanches et attirer son visage à son niveau. Vas-y doucement jusqu’à ce que tu sentes que ça s’élargit...
- Ahh... Ahh... Haletait Akira, tiraillé entre l’envie de le pénétrer et la peur de lui faire mal, ou de mal faire.

Il prit son sexe en regardant bien si le trou allait ouvrir ses portes et poussa légèrement, tremblant. Mais un cri d’effarement retentit lorsque son sexe fut aspiré presque à la moitié d’un coup, la salive et le liquide séminal ayant facilité la pénétration. Il entendit Kali grogner et lui-même se sentait pris dans un étau qui lui avait coupé la respiration.
- Haa... Haaa... Kali...
- Putain... Rugit le démon en lui attrapant violemment la nuque, t’avais drôlement envie de me la mettre... Se contractait-il à l’intrusion du sexe vibrant de son amant.
- Haa... Pardon... S’essoufflait Aki, le front collé à son torse.
- Vas-y jusqu’au bout... Enfonce-toi complètement, grogna le véritable actif.
- Nan... Je vais te faire mal... C’est trop serré... ça me compresse et en même temps, ça m’aspire, je vais te déchirer... haletait le passif totalement dépassé par les évènements et ne sachant plus trop comment se dépêtrer de cette situation enivrante et angoissante à la fois.
- Hé, Aki... T’es un Uke d’habitude, non ? Donc, tu dois savoir ce qui est bon, non ? Tu aimerais que je te la mette à moitié comme ça ? Lui mordit-il l’oreille pour le faire réagir.
- Haan... Haan... Nan... Mais...

Kali prit sur lui et souleva ses jambes pour entourer son dos et faciliter la pénétration.
- A...arrête ça ! Ça s’enfonce tout seul !

Contre toute attente, Aki prit appui sur ses avant-bras pour empêcher la progression de son sexe. Et Kali serra ses jambes si fort pour le faire plier que tout le sexe d’Aki l’envahit et lui arracha un cri rauque.
- Haa... Haa... Kali.... Kali... Gémissait le Uke coincé dans cet étau.

Légèrement agacé par la trouille de son petit chaton, Kali l’embrassa pour que son excitation soit telle qu’il soit obligé de bouger les hanches de lui-même et le pénétrer vraiment.
- Kali... arrête... S’teu plaît... arrête de me faire bouger...
- Quoi, ça te plaît pas de me pénétrer ? T’as pas envie de me faire jouir comme je le fais avec toi ?

Kali le vit se crisper, presque de colère et relâcha la pression de ses jambes sur ses fesses pour ne plus le forcer à bouger en lui.
- Si... je bouge...
- Ça te fait mal ? Tu aimes pas ? C’est quoi le truc ? Tu te fous de ma gueule maintenant que t’en es là ?! Commença à s’impatienter le uke susceptible.
- Je vais jouir... Avoua honteusement Aki qui se crispait depuis tout à l’heure pour se retenir. C’est... trop serré... Et quand tu me fais bouger, je peux pas tenir...
- Tu rigoles, là, hein ? S’amusa Kali, en reprenant ses mouvements de jambes de plus belle pour lui faire faire des mouvements de va-et-vient.
- Gnn... Kali... Arrête... Je...

Kali s’agrippa soudainement au canapé lorsque son fichu chaton, véritablement emporté par son orgasme s’était mis à remuer frénétiquement à l’intérieur de lui sans prévenir et de façon incontrôlable. Il lui donnait des à coups très rapides et de plus en plus profonds en haletant comme un petit chien, les yeux fermés et s’accrochant à lui, complètement inconscient de ce qui l’entourait.
Alors, Kali souleva ses jambes pour que ses pieds prennent appui sur les épaules de son tout nouveau Seme ravagé par l’orgasme et remonta ses hanches afin que le sexe qui le pilonnait et se déversait en lui atteigne sa prostate plus facilement.
Heureusement qu’il était Seme et qu’il connaissait les Uke par cœur, parce qu’à ce rythme, ce petit salopard d’égoïste serait parti sans lui.
Mais quand Aki commença à se rendre compte des gémissements de Kali, et de ses propres mouvements de hanche qui le guidaient, il essaya de se caler sur son rythme et trouva la force d’empoigner son sexe pour lui donner le maximum de plaisir.
- Hé toi... Commence pas à être présomptueux, haletait Kali en se sentant délibérément en danger d’être pris d’assaut de la sorte.
- Dis-moi que je te fais du bien, s’il te plaît... Supplia le petit Uke qui avait déjà perdu toute confiance en lui en voyant qu’il s’était laissé emporter sans l’avoir pris en considération.
- Ouais... Vas-y, fais-moi jouir, Aki...
- Haa... Kali...

Le grand Uke au regard de glace se contracta en grognant et se libéra en même temps entre les mains de son chaton qui lécha sa semence, soulagé de ne pas avoir complètement perdu.
- Arrête de lécher ça... Gémit Kali, légèrement contrarié de s’être pris au jeu. Embrasse-moi plutôt au lieu de faire des conneries.
- Oui...
- Et... tu vaux pas un clou en tant que Seme... Se mit-il à ricaner en lui léchant les lèvres.

Aki baissa la tête, honteux et vexé d’avoir été aussi nul.
- Tu peux peut-être te retirer, maintenant, non ? Ou alors, t’es devenu accroc à mon cul ?

Aki poussa légèrement vers l’arrière et gémit encore quand il sortit du cocon chaud.
- Qu’est-ce t’as ? Tu boudes ? L’attira-t-il sur son torse pour le câliner.
- Nan...
- Et pourquoi il boude le gamin alors qu’il a eu ce qu’il voulait ?
- Arrête de te moquer de moi...
- Parce que t’as éjaculé en me pénétrant, c’est pour ça que t’es vexé ? Ben, c’est plutôt flatteur pour moi ! Hé hé hé !
- C’est pas ça !
- Ben quoi, alors ?
- Comment ça se fait que tu tiennes aussi longtemps en me pénétrant, alors ?! S’énerva le petit brun. Ça veut dire que mon cul à moi, il t’excite pas assez, c’est ça ?!
- ...

Kali resta stupéfait deux secondes, mais le trouva encore plus incroyablement mignon qu’avant.
- C’est parce que je veux donner le maximum de plaisir à la personne que j’aime, lui répondit-il, sans faux-semblant.
- ...

Kali le vit encore crisper les poings, comme si la belle déclaration qu’il venait de lui offrir l’énervait de plus belle. Et il commençait à sentir la moutarde lui monter au nez.
- Eh dis donc, le morveux...
- Moi aussi je t’aime, et je veux te donner du plaisir... Rétorqua Akira.
- M’énerve pas le gamin. Je t’ai dit quelque chose tout à l’heure et j’ai pas envie de me répéter. Si tu me donnais pas du plaisir, je te garderais pas avec moi, alors, aie un peu plus confiance en toi, merde. Tu fais chier.
- Je suis pas fait pour être un Seme...
- Ah ça non, je te le fais pas dire... Se remit à rire celui qui s’était pourtant fait pénétrer.
- Parce que j’aime trop quand c’est toi qui me la mets...
- Bon garçon... Lui tapota-t-il les cheveux comme un sensei congratule son élève. Mon cul est sauf pour les années à venir, voilà une bonne nouvelle.
- Et tu prends plus de plaisir en me pénétrant, hein ?
- Ouais, grave...
- Dis...
- Quoi ?
- Ça t’a pas excité quand je t’ai dit que j’aimais que tu me la mettes ?
- ...
- ...
- Attends, là... T’es pas en train de me dire que t’es frustré quand même ? Je t’ai offert mon cul et t’es pas satisfait ?
- ...

Aki enfouit sa tête pour ne pas qu’il le voie rougir.
- Putain, j’y crois pas... T’as envie que je te la mette, maintenant... Soupira Kali, soudain conscient.
- C’est... de ta faute...
- T’es vraiment pas un Uke pour rien ma parole... Mais tu sais quoi, je suis plus trop en état là de bouger les hanches ni quoi que ce soit... Et c’est de ta faute, alors, chevauche-moi, ok ?
- Nan...
- Tu te fous de moi ?
- Je veux que tu me prennes...
- Ça revient au même que tu sois dessus ! Fais pas l’enfant gâté.
- En fait, c’est vrai que t’es vieux, tu tiens même pas deux rounds... Le taquina Akira en rigolant.
- Attends, qu’est-ce t’as dit là ?! Se releva Kali en retrouvant soudainement toutes ses forces et en le basculant sous lui.
- Je t’aime, Kali... Se blottit le chaton en sentant le poids de son amant le recouvrir.
- Eh... Te remets pas à pleurer, hein... Le berça-t-il, tout de tendresse. Merde... J’ai horreur de ça, tu sais...

****************

Chisaki prit son portable et lut le texto de son frère qui venait juste d’arriver :

« Je ne sais pas où tu les as dégotés mais ils ont joué leur rôle à merveille... Tu m’as bien eu, comme toujours... Akira va bien. Et moi aussi, je vais bien. It’s all thanks to my lovely sister... Ton frère qui t’aime. »

Chisaki sourit et releva la tête.
- Alors, ça s’est arrangé pour ton frère et Aki, Chisa ? Demanda Hiro, toujours de bonne humeur.
- Mhm... Grâce à vous, oui !
- Hé, c’était facile ! Par contre, je ferai pas ça tous les jours, parce que derrière... L’autre jaloux de mafieux m’en a fait voir de toutes les couleurs, tu sais...
- Oui, je me doute ! Et je te demande pardon ! Ça a été si dur que ça ?
- Ah là là... Si j’ai le malheur de prononcer le prénom d’Aki, j’ai droit à 5 rounds d’affilée et sans broncher, alors... hé hé hé !!
- Donc, il est impossible qu’un jour, je puisse tous vous présenter ?
- Mhmm... Si, en vérité, mon yakuza à moi obéit toujours à ce que je lui dis en fait, même s’il ronchonne ! C’est un Seme tsundere à mort...
- J’en connais un autre aussi qui agit comme ça...


*************




3EXTRA-Bonus :


Extra bonus :

- Bon... Tu vas me la mettre, oui ou non... S’impatienta Aki, dorloté dans les bras de son Uke redevenu Seme.
- Mais, t’es sérieux en plus ? T’as pas honte ? Laisse ton trou tranquille un peu, lui aussi, il a besoin de récupérer...

Akira se tortilla pour se retourner, espérant qu’en frottant son petit derrière entre ses jambes, il finisse par le faire capituler. Il avait envie de le sentir en lui. Il avait envie de retrouver ces sensations. Il avait envie de se faire dominer, et l’autre loup semblait vouloir ronfler après seulement un round, ce qui ne lui plaisait absolument pas.
- Arrête de te frotter comme ça, c’est indécent.
- Mhm... ! Ce qui est indécent, c’est de pas réagir quand on se frotte à toi comme ça ! T’es devenu impuissant ou quoi ?!
- Hé, le chaton...
- Mhm...
- Tu me fatigues. Mets-la en veilleuse, roule-toi en boule, ronronne et me fais pas chier. Et arrête de t’exciter pour un rien.
- Tu vas me laisser comme ça ?! S’indigna Akira, excité à mort.
- Et plutôt deux fois qu’une...
- Je peux savoir pourquoi tu veux pas me donner du plaisir ?
- Tu veux vraiment le savoir ?
- Oui !

Kali prit sa voix la plus rauque et menaçante possible en lui soufflant à l’oreille :
- Parce qu’un certain chaton s’est délibérément laissé tripoter devant moi par un autre mec, parce qu’il a osé gémir quand l’autre lui a léché le téton, parce qu’il lui a mis la main au panier et que pas un instant, le chaton n’a protesté. Que ce même Neko en chaleur s’est laissé lécher par la langue d’un Uke décoloré, et qu’il bandait comme un âne alors qu’il était censé joué la comédie orchestrée par mon admirable sœur et ses potes Yakuza... Ça te suffit ou tu veux que je continue ?
- Euh... Non... J’ai compris...
- D’autres questions ?
- Non...
- Alors, coucouche-panier, le chaton.
- ... Jusqu’à quand... ? Murmura quand même ce dernier.
- Jusqu’à ce que je l’aie décidé.
- ...
- Des protestations ?
- Non...
- Et que je te reprenne pas à essayer de revoir ce blondinet de mes deux...
- Mais...
- Même pas en rêve.
- ...

**************

- Tu dors ?
- Mhm... Grogna Akira qui était finalement parvenu à calmer son excitation pour s’endormir avec le poids de l’autre ours sur lui. Il avait encore la tête embrumée dans sa torpeur.
- Finalement, j’ai changé d’avis.
- Hein... ? Grogna Aki qui ne rêvait que de se rendormir bien profondément. AHHHH ! KALI ! Qu’est-ce que tu fous, bordel !
- Ben, tu voulais que je te la mette, non ?
- Gnn... ! Putain... T’as attendu que je dorme... pour me la mettre !
- Ouais... Je trouve ça beaucoup plus marrant comme punition.
- Si... si tu bouges, je te tue ! Eh... Ça fait mal...
- Ouais, moi aussi, ça m’a fait mal de te voir te faire tripoter par un autre, alors, endure.

Akira mordit dans le coussin sans broncher, car la bête était loin d’avoir fini de le punir avec cette histoire...

***************

- Hé, Hiro, à quoi tu joues, là ? Tu peux pas mettre la TV moins fort ? T’es au courant que t’es dans la résidence du clan. Fais pas ce que tu veux !
- Ouais, ouais... Mais c’est trop bien ! Je revisionne tous les épisodes ! Alors, laisse-moi regarder, steuuuuuuuplaît ! Se balança le jeune blondinet aux piercings devant son Yakuza tsundere.
- Qu’est-ce que tu regardes encore ? Un truc sur les motos ?
- T’es bête ou quoi, le plus grand seinen de tous les temps : Akira !
- ...
- ...
- T’as dit quoi là ? Rugit le balafré.
- Hein... Mais... non... Oh ! C’est le nom de l’anime... Tenta vainement Hiro en voyant le visage décomposé de rage du Yakuza qui n’était absolument plus tsundere du tout. Eh... Te fâche pas... Je te dis que c’est le nom d’un dessin animé...
- Je t’avais dit de plus jamais prononcer son nom devant moi... Viens par là.
- Ah non... Hé... Calme-toi, hein... Tu vas pas remettre ça... J’ai rien fait je te dis !

Hiro tenta de déguerpir, mais une main l’attrapa à la ceinture et le plaqua à terre comme une vulgaire crêpe. La vie allait tout bonnement devenir impossible à cause de cette foutue Chisaki...

***************

- Hé, Akira ! Sautillait Netsuki en répétant son nom jusqu’à ce qu’il lui accorde toute son attention.
- Quoi ?
- C’est quoi un « uke » ?
- De...quoi ?! S’étouffa Akira, rouge de honte. Qui... Qui est-ce qui t’a appris ce mot ?!
- C’est Monsieur Kali Noors qui t’a appelé comme ça ! Alors, alors, ça veut dire quoi ?
- Hum... C’est... C’est une gentille personne qui fait don de soi et qui veut toujours faire plaisir aux gens... Voilà.
- ...
- Pourquoi tu me regardes comme ça ?
- Ben, il a dit que celui qui faisait plaisir aux gens, c’était un « seme »...
- Eh bien, il t’a menti ! Sourit Akira, masquant mal sa contrariété tandis que l’autre s’amusait probablement de le mettre dans une telle situation. Le « seme » est un vilain garçon très méchant qui cherche toujours à punir les gens ! Il faut les éviter absolument !
- Hihihihih ! Oui, il m’a dit qu’il faisait des farces aussi pour réveiller les gens en pleine nuit !! S’amusa le jeune garçon.
- Bien sûr... C’est très vilain... Et très mesquin... Ne deviens jamais un « seme » Netsuki, d’accord ?
- Oui, promis ! Je serai un « uke » ! un « uke » !
- Ahh... Oui... Mais... Ne le crie pas trop fort, hein, sinon, un vilain seme risquerait de t’attaquer...
- Ouais, mais j’ai même pas peur !
- ...

******************

- Ne, ne, Akira !
- Quoi encore ?
- C’est quoi un Yakuza ?
- Hein ? Ben... C’est un vilain monsieur qui fait très peur et qu’il ne faut jamais approcher, tu entends ?
- Ah bon ?
- Pourquoi ? Où est-ce que t’as encore entendu ça, toi ? C’est encore ce vilain Kali Noors qui a essayé de te faire peur ?
- Non, c’est un monsieur à la grille là-bas qui a dit qu’il était Yakuza et qu’il voulait te voir au sujet d’un « uke »... ?

Akira releva la tête pour tomber sur le balafré qui le fusillait du regard.
- Mais toi, t’es un « uke », tu fais toujours don de toi, hein ?
- Ahh... oui... évidemment... Haa... Je vais me faire massacrer... Se murmura-t-il à lui-même.

*****************

- Akira, tu dors ?
- Gnn... ? AHHHHHHH ! Kali ! Pas encore ! Retire-toi tout de suite ! T’avais pas fini avec ça ? J’en peux plus, là... Et ça fait super mal ! Qu’est-ce que j’ai encore fait cette fois ?
- Tu veux vraiment le savoir ?
- Oui !
- Eh bien, le petit Netsuki m’a raconté qu’un certain petit chaton avait fait don de soi à un Yakuza pour lui faire plaisir parce qu’il voulait à tout prix punir son « seme » car il cherchait à le fuir...
- Haa... J’abandonne... Les « seme » sont définitivement d’horribles personnes !
- Qu’est-ce que t’as été faire avec ce Yakuza, hein ?
- Demain, je massacre Netsuki...






ENJOY !!!
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Dernière édition par Misaki-chan-842 le Mar 11 Juin - 21:42 (2013); édité 13 fois
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MessagePosté le: Dim 24 Juin - 17:25 (2012)    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: Dim 24 Juin - 18:12 (2012)    Sujet du message: S'M. (S' aiMer) Répondre en citant

*se frotte les tempes*

On va dire que j'ai rien lu XD

...

Nan absolument rien...

(Oui ok c'était magnifique et je m'étale pas sur mon com' XD)
(J'adore le coup de la ceinture à la fin !)
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MessagePosté le: Dim 24 Juin - 18:20 (2012)    Sujet du message: S'M. (S' aiMer) Répondre en citant

Ohhhhhh, tiens ?! Pourquoi tu te masses les tempes ? Ça t'a donné mal au crâne ?? Et pourquoi tu dis que t'as pas lu ???!!!!!
De toute façon, m'en fiche, je vais tout mettre sur le dos de Calinours !!!!!!! lool !!!!
Le coup de la ceinture... Je penserai à en amener une pour la JE alors !!!!! hihihihihi !!!!!

Et alors, tu t'es pas reconnu ??

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MessagePosté le: Dim 24 Juin - 18:30 (2012)    Sujet du message: S'M. (S' aiMer) Répondre en citant

AHHHH!! c'est un vrai régale ce que tu as écris. Merci pour ce cadeau. Je l'adore.




Pour les dessins, j'ai bien 2-3 autres idées, mais il faut que je finisse celui de la première confrontation.




Pour alors, pour le début, je l'avais déjà lu, mais le marais des kiki me fait toujours autant marrer.
Après pour la suite, tu t'es très bien débrouiller. Surtout avec notre Aki qui ne supporte pas l'alcool et qui accepte le défis. On s'attend a ce qu'il se fasse manger, mais il a encore de la chance, que Kali est une certaine retenu.

J'aime beaucoup le coup dans le bureau, surtout avec les accessoires. Et la manière qu'il se fait avoir dès le lendemain devant ces collègues. ça promet de grandes chasses entre les 2.


Encore un grand merci à toi de l'avoir écris.
Mi-chan, tu peux me le mettre sur le dos, mais il y a certaines choses qui ne viennent que de toi.... Mais je crois qu'avec les dessins, ça sera pire
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MessagePosté le: Dim 24 Juin - 18:37 (2012)    Sujet du message: S'M. (S' aiMer) Répondre en citant

Hé hé hé !!!!!! Ah ça oui, je vais te mettre toute la perversité sur le dos !!!!!! Lol !!! Au final, je crois quand même que je suis restée très soft.
Tu voulais plus d'accessoires, hein la coquine ?!!!!!

Bon, j'avoue, j'ai mis le temps... à l'écrire alors que tu me l'avais demandé il y a un an !!!! lool !!! Mais, je suis heureuse que ça t'ait plu !!!!!!!
Les Marais Kiki ont de l'avenir !!!!!
J'attends tes dessins !!

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MessagePosté le: Dim 24 Juin - 18:39 (2012)    Sujet du message: S'M. (S' aiMer) Répondre en citant

Il me semble avoir reconnu certain trucs *regard songeur et "innocent"*

Appart 842 comme par hasard *tousse*
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MessagePosté le: Dim 24 Juin - 18:41 (2012)    Sujet du message: S'M. (S' aiMer) Répondre en citant

Oh, alors, tu n'as pas tilté au prénom de "Netsuki".... Mince... Pourtant, c'était celui qui se rapprochait le plus...
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MessagePosté le: Dim 24 Juin - 18:42 (2012)    Sujet du message: S'M. (S' aiMer) Répondre en citant

Ouais ouais... le garnement qui devient tout mignon après coup...

*tire la langue*
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MessagePosté le: Dim 24 Juin - 18:46 (2012)    Sujet du message: S'M. (S' aiMer) Répondre en citant

Hihihihihihi !!! Ah, je savais bien que tu faisais semblant de ne pas l'avoir remarqué !!! Déjà si récalcitrant étant petit !!!!
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MessagePosté le: Dim 24 Juin - 19:50 (2012)    Sujet du message: S'M. (S' aiMer) Répondre en citant

m§7 m§7 m§7

Je suis morte

Misa, c'est génial!! J'ai littéralement adoré du début à la fin!

Wahou, je sais pas quoi dire. *A part: KYYYAAAAAAAAAAAAAHHHH, c'est trop bien!!!*

J'ai trop chaud maintenant...

Tu as fait un seme comme je les aime m§3 et le uke est magnifique m§5

Misa a écrit:
- Toi au moins, t’es bien réveillé à ce que je vois... Se murmura-t-il à lui-même, les yeux posés sur son érection matinale. Mais, tu vas te la mettre derrière l’oreille, parce que je suis à labours


Tu vas labourer les champs? ^_^

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MessagePosté le: Dim 24 Juin - 19:55 (2012)    Sujet du message: S'M. (S' aiMer) Répondre en citant

hihihihihihihihi !!!! Oh, dis donc, elle est trop forte celle-là, tu m'as envoyé les ondes des champs !!!!!!!!!! J'éi hésité à corriger tellement elle est fabuleuse !!!!!!! La nature m'a envahie, entre tes fleurs et les buis de Kuro, vous m'avez atteinte !!!!!

hé hé hé !!!! QUoi ?! T'es partie prendre une douche pour te rafraîchir ???!!!! lol !!!!!! Quels beaux compliments ! Et quel cri du coeur !!!!!!
J'aime toute la passion du "KYAAAAAAAAAAA" qui me traverse le coeur !!!!! Merci infiniment !!!!!!!

Sont craquants, hein ???!!!!!!!!!

Ravie que ça t'ait donné chaud !!!!!!!!! ^^

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MessagePosté le: Dim 24 Juin - 20:02 (2012)    Sujet du message: S'M. (S' aiMer) Répondre en citant

moi j'aimerais surtout savoir à quoi ressemble ce Kali :D
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MessagePosté le: Dim 24 Juin - 20:04 (2012)    Sujet du message: S'M. (S' aiMer) Répondre en citant

Il te plaît, hein ???
Pffff, tout ça parce qu'il joue avec une ceinture... Petit chaton pervers...

Et pour ça, il faut attendre Calinours.

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Livy-san
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MessagePosté le: Lun 25 Juin - 11:53 (2012)    Sujet du message: S'M. (S' aiMer) Répondre en citant

d'abord attirée par le titre (S'M.. ca ne passe pas inaperçu...) et après une lecture non stop et des joues rosies par l'émotion.. un seul mot me vient à l'esprit...
c'est...
WHOUAAAAAAAAAAAAAAAHHHHH !!! j'adore.. je suis fan... j'en redemande tellement c'est trop bon !!

une partie de moi se dit que je devrais avoir honte après 3 jours sans avoir pu faire un coucou sur le fofo de me jeter ainsi dans la perversité.. mais là je peux pas faire autrement...
tellement c'est bon.. ah oui je me repete..

Merci, merci, merci et encore merci... !!! XD

et c'est timidement que je demande... il y aura une suite ? m§4

PS : j'ai tout de suite reconnu le Tichat !!! m¤1


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Misaki-chan-842
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MessagePosté le: Lun 25 Juin - 13:07 (2012)    Sujet du message: S'M. (S' aiMer) Répondre en citant

Tiens donc !!!!!!! Une Livy-chan attirée par un titre pareil... Ça ne m'étonne pas !!!!!
Faites pas genre "les joues rosies", je sais que vous connaissez pire !!!! Ah ah ah ah !!!!!
ENCORE UN CRI DU COEUR !!!!!! J'adoooooooooooore !!!!! Allez-y, criez-moi dans les oreilles, gémissez, roulez-vous par terre, hurlez votre perversité...!!!!!! hihihihihihih !!!! Que c'est bon les compliments par SFX !!!!!!!!!!!!!!!!!

Merci beaucoup de m'avoir lue !!!!!!!!! Et d'avoir appréciée !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Je suis contente !!!!!

Normalement, il manque une scène que Calinours avait demandé, il y aura donc un petit bonus je pense... Mais si vous criez assez fort !!!! hé hé hé hé !!!!! Encore merci ma Livy !!!!! Ça me fait super plaisir !!


Ahhh, toi, tu es ma perverse adorée !!! Tu as reconnu 'tit chat !!!!!!!!!! Et... personne d'autre ?

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