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:: ''Gunbladers'' ou ''Eh, tu me prêtes ta gunblade ?'' ::

 
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Miki return
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Si j'étais un dessin animé, je serais: Final fantasy VIII
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Si j'étais héros ou héroïne de Walt Disney: Squall (*fufufu*)
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MessagePosté le: Mer 15 Juil - 17:13 (2015)    Sujet du message: ''Gunbladers'' ou ''Eh, tu me prêtes ta gunblade ?'' Répondre en citant

Disclaimer : Les personnages de FF8 (squarenix) ne m'appartiennent pas ! Et Top Gun, film de Tony Scott de la Paramount pictures non plus, ni son univers, ni ses personnages que j'ai  oµ2 plus ou moins transformés : Tom Cruise - ''Maverick'' (Squall) et Kelly Mc Gillis - ''Charlie'' (Seifer). Mais en fait, je me suis inspirée du film que pour certaines scènes... pas sur toute mon histoire !

Sinon, en vitesse le résumé du film à tout hasard :
ça raconte des pilotes de chasse dans une école, la weapon fighter shool de l'armée américaine, soit Top Gun. Batailles aériennes au rendez-vous, rivalité de performances à bord de F-14, et une histoire d'amour entre l'instructrice ''Charlie'' et l'étudiant ''Maverick''. Mais en ce qui concerne ma fanfic, c'est une école où ils apprennent à se battre dans leur spécialité... !
Donc C'est l'histoire d'un étudiant qui tombe amoureux de son instructeur à l'école de haut niveau de Balamb Garden enseignant l'art perdu du combat rapproché, laquelle université est surnommée la ''BGU'' par les élèves... !

Mais en ce qui concerne ma fanfic, c'est une école où ils apprennent à se battre dans leur spécialité... !


Prologue : PREMIER CONTACT
Dans la discothèque proche de l'université de l'armée où étaient réunis, un dimanche soir, des soldats, des civils dont la plupart des filles, et les nouveaux mutés à l'école militaire, se divertissaient deux jeunes hommes fraîchement officiers, habillés de leur tenue de gala, en quête d'une proie à croquer.

C'est alors que Zell interpella son ami pour lui proposer un pari :

« Eh Squall, vise à quatre heures le couple de cadets qui se bécotent. Deux cents dollars, le premier qui part avec l'un d'eux.
- Désolé mec, mais... répondit Squall portant son attention dans une autre direction.
- Qu'est-ce que tu regardes de si intéressant ? Oh non ! Viens, ce sera amusant..., tenta celui-ci de le convaincre maladroitement comme il aperçut le canon que son ami léchait du regard.
- Il a perdu tout sentiment amoureux... » affirma Squall tout en s'avançant vers son futur flirt.

Ainsi donc, Seifer, l'homme séduisant précédemment cité, se retourna et vit un ahuri s'adresser à lui avec une chanson, laquelle était visiblement fredonnée dans le but que le brunet, qu'il trouvait plutôt mignon, se fasse inviter. L'air chanté quasiment terminé, le mannequin blond l'interrompit :

« Allez, asseyez-vous ! le convia-t-il à ses côtés. C'est du délire votre façon de draguer ! Vous pratiquez ce numéro depuis longtemps ?
- Je fais ça depuis... la puberté.
- La puberté, hein... Que buvez-vous ?
- La même chose que vous.
- Ok, c'est parti pour une vodka martini, Fred ! lança-t-il au barman. Au fait, comment avez-vous deviné que j'étais gay ? s'adressa-t-il ensuite à son convive.
- Je ne le savais pas. J'ai misé sur la chance pour que vous le soyez.
- Je vois... Tu n'as pas froid aux yeux, j'aime ça. Je m'appelle Lilian Almasy.
- Et moi, Squall ! s'exclama le brun enjoué.
- Squall ? C'est pas un nom, c'est un sobriquet* ? Ça doit d'ailleurs signifier ''Rafale ou Bourrasque'' en français... Ta mère avait une dent contre toi à ta naissance ?
- C'est mon indicatif* ! » expliqua le brunet, fier de lui.

Vue la jeunesse du jeune homme en face de lui et la veste militaire, Seifer en déduisit :

« Ah, vous êtes un de ces nouveaux élèves de la BGU ?
- Lieutenant gunblader* à la prestigieuse école de Balamb Garden !
- Et alors, vous êtes un bon épéiste ?
- Heu... Crash d'une gunblade sur mon front dès le premier affrontement..., pas beau à voir ! Je vous raconterai ce qu'il reste de mon adversaire... demain ? avança-t-il, histoire de faire comprendre à l'aîné qu'il désirait le revoir le jour suivant.
- Bon, Puberty Boy... mon petit ami vient juste d'arriver alors c'était sympa d'avoir discuté... »

Squall s'inclina en arrière pour distinguer ledit copain.

« Quoi, ce croulant ? » formula-t-il sans gêne, découvrant que le compagnon en question devait au moins avoir dix années de plus que son hôte.

Lilian, dont le surnom était Seifer à l'université, sourit à l'officier et s'en alla sans un quelconque commentaire. Cependant, Squall, le suivant du regard, s'aperçut qu'il s'était replié aux toilettes. Il n'eut alors qu'une envie : le rejoindre.
Se frayant un chemin parmi les quelques danseurs, le gunblader s'introduit à son tour dans les commodités. Il se plaça à côté du superbe blond sur lequel il avait flashé.

« On ne vous a jamais appris que c'était malpoli de zieuter les gens en train d'uriner ? » le réprimanda Seifer pas démonté par l'attitude du plus jeune.

Le civil, lequel portait une tenue décontractée, s'éloigna ensuite de l'urinoir, et se lava les mains. Squall avait également terminé et l'imita.

« Alors qu'est-ce qu'on fait ? Je me laisse tomber par terre et vous me sautez ? proposa le soupirant, un sourire affiché en face de son béguin, content de ce qu'il avait constaté concernant le membre viril du blond.
- Vous ne voudriez pas rendre impatient mon ami ! » répliqua Seifer, en se dirigeant vers la sortie.

Toutefois, il s'arrêta devant le lieutenant, l'observa quelques secondes, remarqua que le jeune homme était réellement appétissant, n'ajouta rien d'autre et quitta la pièce.

Avant de se rendre à la table où sa moitié l'attendait patiemment, le bel individu fit un détour, s'approcha de Zell, comme il avait remarqué que lui et son prétendant étaient arrivés ensemble en début de soirée, pour décréter en passant devant lui avec un air sensuel :

« Votre copain, c'est une vraie bête de sexe ! »

Zell, interloqué, s'adressa à son camarade, lequel, regagnant sa place à ses côtés tout en étant à l'écoute de la déclaration de son flirt, arbora un air de fierté sur son visage :

« Quoi, tu l'as baisé ? » questionna, sidéré, l'équipier.

Squall, ne disant rien, haussa seulement les épaules, histoire de laisser présumer qu'il s'était passé quelque chose et qu'il était content de lui-même.

À suivre

   

*Sobriquet : Pseudonyme.
*Indicatif : ici, surnom utilisé à l'école et durant les vrais combats. Suivant la personne, peut être également employé avec les amis, en-dehors de l'enceinte militaire. *Gunblader : Qui combat à la Gunblade (épée ajoutée d'une arme à feu).


Premier chapitre : UNE RENCONTRE INATTENDUE
Lundi matin neuf heures, les élèves de la BGU* étaient déjà tous réunis dans la cour afin d'assister à leur première leçon de la journée. L'air d'été étant trop chaud pour étudier dans les salles de classe non climatisées, les pupitres avaient été disposés en conséquence sous les arbres.

« Bienvenue à tous ! » déclara le Commandant Cid lequel s'était manifesté de manière dynamique devant la quinzaine des cadets âgés d'une vingtaine d'années, arrivés une semaine auparavant en vue d'appartenir à l'élite du Groupe d'Intervention des Forces Militaires Tactiques.

Pour l'heure, la future ''élite'' affichait néanmoins une apparence pitoyable. Effectivement les militaires assis devant leur tablette arboraient pour la plupart une gueule de bois d'avoir trop arrosé et/ou de s'être couchés tardivement à cause de la soirée de bienvenue de la veille organisée en leur honneur. C'est pourquoi le chef ne les blâma pas lorsqu'il constata leur mine endormie.

Sans attendre, Cid commença par exposer leur planning de la semaine puis se prépara à passer le relais à la personne qui demeurait tapie dans l'ombre au fond de la classe improvisée en plein air.

Ainsi, l'homme en faction examinait depuis plusieurs minutes ses futurs étudiants, un sourire malicieux aux lèvres. Il se tenait prêt à descendre l'allée au milieu des deux rangées constituées respectivement de huit étudiants d'un côté et de sept de l'autre.

« Très bien, je vais vous présenter sans plus tarder le nouvel instructeur dont vous aurez la chance de bénéficier, annonça le commandant. C'est un excellent combattant d'une trentaine d'années qui, après s'être hissé au sommet de sa discipline, a décidé en dépit du vaste choix qui lui fut proposé de vous enseigner le respect et l'art de combattre, ici à la BGU ! »

Ledit instructeur débuta lentement son avancée entre les rangs après que l'officier supérieur l'eût invité à s'approcher d'un geste de la main.

Zell, curieux de savoir à quoi ressemblait son nouveau professeur, se retourna en même temps que quelques-uns. C'est alors qu'il signala avec surprise à Squall attablé juste derrière lui :

« Eh vise un peu, ce ne serait pas le mec que t'as dragué hier soir ?
- Quoi ? » s'exclama celui-ci , pivotant légèrement la tête en direction du visiteur.

À ce moment-là, Squall fut considérablement interloqué de découvrir son flirt de la veille plus beau que jamais, les cheveux blonds coupés courts coiffés en brosse, vêtu d'un tee-shirt sans manche vert olive révélant des bras musclés et montrant davantage sa peau bronzée, flanqué d'un pantalon de couleur beige style militaire, et chaussé de rangers noires, déambulant jusque devant l'assistance comme s'il défilait pour un célèbre couturier, tandis que le chef continuait son discours :

« Je vous demande donc de l'écouter attentivement même s'il s'agit d'un civil ; vous en ressortirez supérieur et les notes qu'il vous assignera compteront dans le classement pour la coupe du meilleur guerrier. Son indicatif est Seifer, toutefois il s'appelle Lilian Almasy dans la vie de tous les jours. Je vous les laisse, Seifer ! conclut l'officier en serrant la main de l'enseignant qui était parvenu jusqu'à lui.

- Merci Commandant ! » s'exprima ce dernier virevoltant face à son assemblée.

Squall s'était vite replacé, embarrassé d'avoir reconnu l'homme qu'il avait apostrophé la veille au soir. En conséquence, il enfila ses lunettes de soleil, essaya tant bien que mal de se dissimuler derrière son camarade de classe sans pour autant paraître suspect, mit une main en visière et baissa la tête.

Seifer posa sa sacoche noire sur le bureau apprêté pour l'occasion et enchaîna, caressant du regard tour à tour ses recrues témoignant ainsi qu'il s'adressait à l'ensemble des jeunes gens :

« Bonjour à tous. Comme vient de vous l'annoncer votre supérieur, je vous apprendrai à devenir davantage diplomate vis-à-vis de votre adversaire. »

À la fin de sa phrase, les yeux de Seifer tombèrent sur l'élève qui l'avait dévoré des yeux quelques minutes auparavant.

« Je crois bien qu'il t'a repéré, rapporta l'équipier de Squall.
- Nom de Dieu Zell, retourne-toi ! » marmonna l'étudiant, engueulant entre ses dents son camarade.

L'instructeur s'assit à moitié sur le bureau et entreprit de sortir différents accessoires de sa serviette durant son allocution :

« Peut-être pourra-t-on alors éviter l'exploit survenu la semaine dernière ! s'exclama-t-il en visionnant du côté de l'objet de son attention qui s'obstinait à se cacher. À savoir le combat de deux d'entre vous se terminant dans un bain de sang ! N'est-ce pas monsieur Leonhart ? » l'interpella-t-il claquant sa règle contre le bureau entraînant le sursaut de quelques élèves qui commençaient à piquer du nez.

Seifer nota que l'intéressé ne s'était pas laissé surprendre par l'éclat qui avait soudainement retenti. Toutefois, l'évocation du nom de Squall entraînèrent des chuchotements et des rires étouffés. L'enseignant s'aperçut alors que l'élève installé derrière ledit jeune homme ne s'était pas privé de le bousculer par une tape dans le dos.

« Bien, maintenant que vous êtes tous réveillés, souligna le professeur en se dressant sur ses deux pieds, nous sommes probablement en mesure de passer aux choses sérieuses, de cette manière je pourrais peut-être vous faire sortir de cette école vivants et un diplôme en main ? »

Il s'arrêta aux abords des deux recrues qui avaient l'air de se chamailler verbalement.

« Un problème, lieutenants ? les interrogea-t-il tout en les dévisageant.
- Non, rétorqua sèchement Squall en réintégrant sa position initiale, désireux d'éloigner l'intérêt de l'instructeur porté sur lui.
- Irvine, c'est ça ? demanda Seifer à celui qui avait chahuté le gunblader qui serait désormais son protégé.
- Oui m'sieur ! confirma enjoué l'étudiant à la queue de cheval.
- Pourquoi vous être installés l'un derrière l'autre si vous vous détestez tellement ? les questionna-t-il, intrigué et rieur.
- Nos tables nous ont été attribuées. Nous n'avons pas la possibilité de changer à moins qu'on nous en donne l'ordre, Mon-sieur ! répliqua amèrement ledit Irvine en traînant sur le dernier mot.
- Très bien, ainsi aurais-je le privilège d'entendre votre version des faits puisque je vous ai sous la main, monsieur Kinnéas ? lui demanda-t-il avec un air mutin et rempli de curiosité.
- Il n'y a rien à dire, rétorqua Irvine qui l'avait mauvaise, le taré que vous voyez devant moi m'a tout simplement bousillé le torse et esquinté mon uniforme !
- Et comme j'ai pu le constater, vous lui avez rendu joliment la pareille moyennant une belle cicatrice au front ! C'était quoi entre vous deux ? Une sorte de bizutage ou pour vous faire remarquer dès votre première semaine ici ? En tout cas, pour ce qui est d'avoir attiré l'attention, félicitations ! Tout le monde parle de vous sur le campus.
- En réalité, c'était une sorte de cadeau de retrouvailles, hein Squall ! s'égaya Zell, fier de sa blague, qui s'était retourné pour suivre la discussion.
- Oh alors, c'est toi le comique de service ? » l'examina l'enseignant avec un de ses sourires narquois.

Zell, rouge de honte, se rétablit correctement dans le but de s'effacer de la vision du professeur.

« Bon, continua l'instructeur, observant de nouveau ses principaux protagonistes. C'était pas très sympa de vous être entaillés à ce point entre petits camarades... Pas très adultes non plus provenant de la future crème de notre pays ! C'est pourquoi je vous convoque dans mon bureau ce soir à dix-sept heures ; malins comme vous l'êtes, je vous laisse le soin de le dénicher ! Ne soyez pas en retard sinon ce ne sera pas dans votre chambre que vous dormirez cette nuit ! acheva-t-il pour en fin de compte regagner sa table de travail dans le but de conduire à terme son cours sans anicroche jusqu'à la sonnerie annonçant le déjeuner.
- Et vous croyez que ce sera dans la sienne ? » chuchota un petit malin que Seifer ignora volontairement.
À suivre...
*BGU : Balamb Garden University.


Deuxième chapitre : UN APRES-MIDI TRES CURIEUX

Après leur première matinée de cours, Squall et Zell progressèrent sans dire un mot vers la cafétéria pour le repas du midi. Ce fut alors que Squall, apercevant son nouvel instructeur se diriger du côté du parking, prit aussitôt la décision de fausser compagnie à son copain. Malgré les supplications de son ami qui désapprouvait son attitude, le brun se pressa de rattraper le professeur qui atteignait déjà sa voiture garée à l'abri des regards.

Lilian ouvrait sa portière côté conducteur quand il entendit quelqu'un l'interpeller par son indicatif ; il se retourna tandis que Squall, mécontent, s'approchait à petites foulées :

« Vous ne m'avez pas dit qui vous étiez hier soir ! se fâcha le jeune militaire.
- Alors plus de chanson aux lèvres ? ironisa l'instructeur en reconnaissant son élève.
- Vous saviez que j'étais dans votre classe ? l'interrogea Squall, amer et soupçonneux face au professeur. Vous vous êtes bien moqué de moi ! s'indigna davantage le jeune homme.
- D'abord vous ne m'avez pas demandé quel métier j'exerçais, ensuite c'est vous qui m'avez abordé, qui m'avez suivi aux toilettes, qui vouliez que je vous saute… » plaisanta l'aîné.

Squall ne manqua pas de rougir.

Seifer lui saisit le menton du bout des doigts et affirma avec une intonation doucereuse dans la voix :

« Tu étais très mignon avec tes Ray-Ban (1) ce matin ! » le nargua-t-il gentiment en adoptant le tutoiement puisqu'il trouvait son élève attachant.

Le brun s'empourpra :

« Ah-ah ! rétorqua Squall, lequel ne comptant pas se laisser manipuler, balaya d'un seul coup la main qui le touchait.
- Allez…, ne sois pas gêné. Je t'autorise à me tutoyer en-dehors des cours si tu veux ! s'exclama l'enseignant qui commençait à prendre goût à asticoter son apprenti.
- Très drôle ! répliqua Squall.
- Précisément. J'avais hâte de surprendre l'expression de ta jolie frimousse lorsque tu me découvrirais ce matin comme étant ton instructeur. Ce fut très divertissant, le taquina encore Seifer.
- Donc hier vous saviez d'emblée qui j'étais ! » conclut furieusement le brun.

Le professeur arbora un grand sourire :

« Bien sûr que je le savais ! Je suis en charge de tous les nouveaux. De plus j'ai une très bonne mémoire visuelle : tu es très élégant sur la photo que tu as fournie pour ton dossier » précisa Seifer en lançant un clin d'œil à son interlocuteur.

Squall se renfrogna davantage.

« Allez ne fais pas cette tête, qu'est-ce que ça change que tu aies su ou non que j'étais ton prof ? Tu ne t'es pas diverti à me draguer ? s'inquiéta Seifer comme son élève demeurait offensé.
- Ce n'était pas une raison pour avoir dissimulé votre profession, reprocha Squall plus calmement.
- Je n'ai rien dissimulé du tout. Je n'avais pas le temps de palabrer avec toi rien de plus et une nouvelle fois tu ne m'as pas questionné à ce sujet » se dédouana l'instructeur.

Squall modifia le ton de sa voix pour demander ironiquement :

« Au fait, j'espère que votre copain d'un certain âge ne vous a pas trop attendu ?
- Il n'est pas si vieux ! contesta le précepteur vexé par la réflexion. Et j'ai peut-être bluffé en affirmant qu'il était mon petit ami !
- Ce qui signifie que j'aurais une chance de sortir avec vous ? en déduisit instantanément le jeune gunblader.
- Est-ce ce que j'ai insinué ? » interrogea Seifer qui ouvrit sa portière en dévisageant le brun.

Squall s'énerva finalement comme il n'était pas sûr de la manière d'agir vis-à-vis de son ex-flirt ou futur boy-friend :

« Vous ne répondez jamais aux questions qu'on vous pose ?
- Disons que j'aime bien m'amuser avec toi… » avisa malicieusement l'aîné qui, désireux de se divertir davantage aux dépens de son étudiant, conclut avec malice en s'installant à l'intérieur de son siège conducteur : « Si tu n'as rien d'autre à ajouter, passe une bonne journée et révise ton prochain cours ! Je ne voudrais pas que tu aies une mauvaise note lors d'un contrôle inopiné. Si le fils du génial Laguna Loire venait à se payer un zéro lors de sa première interro... avoue que ça la foutrait mal ! »

Squall fut déconcerté que l'instructeur ait prononcé le nom de son paternel. Le jeune homme portait le patronyme de sa mère et avait délibérément omis de mentionner celui de son père lors de son inscription.

« Comment êtes-vous au courant que je suis son fils ? s'enquit Squall interloqué.
- Ce n'est pas très difficile vu la ressemblance que tu as avec lui !
- Je ne lui ressemble pas tant que ça ! protesta le brun.
- C'était dans ton dossier, avoua Seifer.
- Mais je me suis inscrit sous le nom de ma mère ! protesta Squall.
- J'ai accès aux confidentialités ! confessa l'instructeur avec son petit air malin.
- Bon et mon père, d'où vous le connaissez, ça fait cinq ans qu'il ne travaille plus à la BGU ?
- Je suis prof ici, tout le monde en a entendu parler ou aperçu sa photo ! » assura avec évidence l'instructeur au volant de sa coupé sport noire.

La réponse de l'enseignant ne fit qu'augmenter le courroux du cadet excédé par l'évocation de son géniteur :

« Alors c'est comme ça ? Je ne peux pas agir sans que la réputation de mon père m'ait précédé ! »

Le conducteur ferma sa portière et appuya instantanément sur le bouton d'ouverture de la vitre à travers laquelle il claironna :

« Comme si tu n'avais pas prévu ce genre de répercussion en t'inscrivant précisément dans cette école ! Allez, n'oublie pas pour ce soir ! » conclut le professeur.

Squall nouvellement agacé s'emporta contre le blond :

« Vous ne devez vraiment pas être très net pour qualifier mon paternel de ''génial'' !
- Pourtant tout le monde l'appréciait ici ce qui apparemment n'est pas ton cas ! » railla Seifer en riant.

***


À dix-sept heures trente, une ombre derrière la vitre floue frappa à la porte. Après avoir été autorisée à entrer, la secrétaire de Seifer lui annonça que ses visiteurs était arrivés.

Une demi-heure plus tard, l'instructeur sortit de son bureau, un rictus aux lèvres : il aimait se faire désirer. Il s'avança près des deux recrues debout au garde à vous qui attendaient dans le couloir presque collés au mur pour ne pas gêner le va-et-vient du personnel administratif.

Les militaires en faction n'avaient pas l'air ravi de se trouver dans ce lieu, surtout Irvine qui rêvait de draguer les petites minettes qu'il avait repérées sur le campus. Quant à Squall, il ne savait plus trop quoi penser de son flirt de la veille.

« Bien au moins vous êtes capable de rester ensemble sans vous étriper ! proclama le professeur dès qu'il se fut approché des soldats. Suivez-moi ! leur commanda-t-il sans plus leur jeter un long regard.
- Nous, on doit arriver à l'heure mais vous... râla aussitôt Irvine qui cheminait derrière Seifer.
- Taisez-vous Cadet ! Vous aurez bien le temps de vous plaindre plus tard ! » rétorqua l'instructeur qui introduisit ses étudiants dans une pièce raisonnablement espacée ayant pour mobilier un fauteuil, une table de travail, deux sièges pour les hôtes.

À gauche en entrant étaient disposés deux placards en ferraille arrivant à mi-hauteur d'homme, à droite un grand meuble où était exposé un trophée dans un renfoncement et enfin accroché sur le mur face à la fenêtre éclairant le bureau, un tableau montrant une photographie de deux militaires.

Le professeur ouvrit un battant de l'armoire, en sortit deux morceaux de tissus et les balança à Irvine qui les rattrapa. Lui et Squall étaient toujours debout.

« Enfilez-moi ça, leur ordonna le précepteur. Si mes renseignements sont bons, ils sont à votre taille.
- On va pas mettre ça ici ! » protesta Irvine affichant une drôle de tête comme il examinait les étoffes.

Le cow-boy choisit un des textiles selon la dimension avant de tendre l'autre à son voisin.

« Seriez-vous un être pudique sous vos grands airs de play-boy monsieur Kinnéas ? questionna l'instructeur un peu moqueur.
- Un peu que je le suis ! répliqua Irvine.
- Bien, je ne suis pas un voyeur non plus. Je vous laisse vous changer, annonça Seifer au visage radieux qui fila se chercher un café. Je ne vous donne pas deux heures non plus », les avertit-il.

Une fois laissés seuls, les cadets se hâtèrent de se déshabiller.

« Putain, je vais lui faire passer son sourire à la con moi et c'est quoi ce plan ? » grommela le roux comme les deux revêtirent sans plus s'épier la tenue qui leur avait été prodiguée.

Bien qu'il parlait tout haut, Irvine savait pertinemment que son camarade à l'air constamment impassible n'allait pas lui adresser la parole.

Deux minutes plus tard, Seifer poussa la porte, un gobelet fumant dans la main et ordonna avec enthousiasme à ses élèves :

« En route et emportez vos vêtements !
- On doit vraiment vous obéir là ? interrogea Irvine arborant une tête de deux pieds de long.
- Si vous ne désirez pas vous voir retirer des points dans votre futur classement, oui ! avisa le précepteur content du programme qu'il avait prévu pour ses recrues. Peut-être ne vous trouvez-vous pas assez mignon pour avoir le privilège de vous pâmer devant tout le monde dans cette tenue ? Mais je vous rassure, personne n'y verra d'inconvénient et puis ce n'est pas comme si vous détestiez ça ? Je vous donne l'occasion de parader devant les quelques filles présentes, profitez-en ! »

Irvine était furieux. Il n'avait qu'une envie : casser la gueule à ce prof prétentieux.

Les étudiants emboîtèrent donc le pas à Seifer. Arrivés dehors, tous les badauds alentours les observèrent traverser le campus. Certains sourirent par réflexe sachant que l'aîné n'avait pas dû envisager une partie de plaisir pour les jeunes militaires accoutrés comme ils étaient : connaissant la mentalité du blond, ils allaient même pas mal en baver.

Le groupe s'engagea enfin dans un grand bâtiment. L'odeur de l'eau chlorée envahit leur narine comme ils avaient pénétré dans l'édifice où demeurait la piscine. Le silence régnant et personne n'étant en vue, les lieux étaient sans nul doute inoccupés.

« Retirez vos chaussures dans les vestiaires, fixez aux chevilles les poids (2) que je vous ai préparés, ensuite rejoignez-moi au bassin ! » commanda Seifer qui tint ouverte la porte du local de changement invitant à l'intérieur les recrues pour les laisser seuls.

Alors qu'ils enlevaient leurs paires de rangers, Irvine ne put retenir sa colère contre Squall :

« Putain, c'est de ta faute si on se retrouve dans cette situation. Qu'est-ce que l'autre empaffé a prévu ? »

Le bruit de la porte grinçante résonna laissant apparaître l'instructeur lançant un regard mécontent à l'intention d'Irvine :

« Vous vous calmez Kinnéas ! » le réprimanda le civil.

Le brun finissait d'ajuster la sangle de ses poids tandis que le cow-boy enlevait seulement sa deuxième chaussure.

Seifer haussa la voix pour proclamer :

« Règle numéro un : pas de grossièreté tant que vous serez ici sinon je divise en deux la note que vous obtiendrez lors d'un devoir écrit, c'est compris ? »

Le précepteur s'approcha du play-boy agacé par les propos notifiés.

« Tiens, j'ai oublié de vous donner ça, déclara le blond. Collez-le-vous correctement, le médecin m'a conseillé de garder votre cicatrice au sec. Et après, ils vont dire que je malmène mes élèves… » articula l'instructeur murmurant la dernière phrase.

Dès qu'Irvine s'empara rageusement du pansement, Seifer se pencha afin d'empoigner vigoureusement l'épaule du roux dans le but d'examiner sa poitrine.

« Voyons voir cette cicatrice ? inspecta le formateur. Eh ben effectivement, il ne vous a pas raté ! témoigna-t-il en constatant la blessure encore suturée, une balafre d'un peu moins de dix centimètres allant de gauche à droite au travers de son torse.
- Ouais, c'est lui qu'il faut sanctionner pas moi ! maugréa Irvine décochant furieusement sa tête du côté du concerné.
- Vous avez bien dû le provoquer pour qu'il vous massacre non ? » interrogea calmement Seifer.

Irvine détourna son regard comme il semblait gêné. Le blond, détectant la honte du cow-boy, ne s'attarda pas plus sur le sujet. Il se dégagea du blessé et posa ses yeux sur son protégé qui ne bronchait pas d'un cil, d'ailleurs celui-ci se leva et sortit du vestiaire silencieusement. Le professeur l'imita. Pendant ce temps, Irvine entreprit d'apposer sa bande waterproof (3).

« Puberty Boy ! » susurra Seifer à l'adresse du brun.

Squall se retourna vérifiant que le roux n'était pas à porter de voix puis s'arrêta de marcher pour se placer face à l'aîné. Il remplaça l'expression placide de son visage par une attitude espiègle dans le but de chuchoter à l'instructeur :

« Au fait si vous vous êtes renseigné sur moi en fouinant parmi les informations top secrètes, c'est que je vous intéresse ?
- Non, les étudiants ne font pas partie de mon terrain de chasse et j'étudie toujours intégralement les dossiers de mes nouveaux élèves ! » précisa l'instructeur.

La déception qui traversa le visage du brun n'échappa pas au professeur.

« Ne me dis pas que tu es réellement tombé amoureux de moi ? s'assura Seifer légèrement affecté par la mine déconfite de son cadet. À moins que tu aurais voulu juste du sexe ? »

Squall ne répondit pas, il reprit sa marche quand il entendit la porte des vestiaires s'ouvrir. Seifer suivit son élève de la même allure déterminée, plutôt contrariée même.

Irvine, arrangeant sa queue de cheval, les rattrapa.

L'attroupement stoppa lorsque le blond annonça :

« Bon, je traverse par cette porte ! En revanche, si vous ne voulez pas vous payer un choc thermique, je vous conseille de suivre le couloir et de vous arroser ! » leur recommanda-t-il d'une manière assez taquine.

Par conséquent, les deux étudiants s'avancèrent jusqu'au petit bassin avant de rejoindre la piscine olympique (4) où Seifer les attendait.

Irvine étant le premier, il se mit sous le pommeau de la douche et tira sur la chaîne pour répandre l'eau sur son corps.

« Putain ce qu'elle est gelée ! » s'écria ce dernier surpris par le fluide glacial.

Irvine, bien aspergé, continua ensuite son chemin alors que Squall s'enfila à son tour sous l'eau froide.

« Oh qu'il est mignon tout mouillé avec son petit air boudeur ! s'exclama Seifer quand il vit arrivé le roux de mauvaise humeur, Squall apparaissant en arrière-plan une seconde plus tard.
- On se passera de vos commentaires ! récrimina le cow-boy.
- Un rebelle, hein ? Allez à l'eau, leur intima-t-il en frappant dans ses mains perché du haut de son siège de maître-nageur ; il s'était changé et ne portait plus qu'un tee-shirt avec son maillot de bain. Montrez-moi donc ce que vous valez au crawl, ça vous changera de la gunblade ! »

Comme il ne désirait pas soumettre son pansement à la pression d'un plongeon, Irvine prit soin de descendre dans la piscine par l'échelle tandis que Squall, s'étant reculé, s'élança malgré ses quatre kilos de poids aux pieds en vue d'exécuter parfaitement un double saut périlleux histoire de frimer devant le professeur, ce qui évidemment ne déplut pas au blond.

« Approchez-vous ! les appela ensuite Seifer. Règle numéro deux ! continua-t-il lorsque ses étudiants furent en face de lui. Dès que vous aurez commencé à nager : interdiction de vous tenir au bord sinon dix places en arrière dans le classement général de fin de trimestre ! avertit l'instructeur.
- Quoi ? Vous n'avez pas le droit ! s'opposa Irvine.
- Je vais me gêner... répliqua le blond. En outre, le premier qui coule plus de cinq secondes, ce sera le recul de cinq rangs.
- C'est dégueulasse d'en arriver jusque-là ! pesta le cow-boy.
- Évidemment le non-respect de l'une ou l'autre des consignes entraîne la pénalité pour vous deux en même temps ! Vous l'aurez sans doute compris : les poids c'est parce que je n'ai pas envie d'attendre indéfiniment que vous vous fatiguiez puisque vous êtes censés avoir un bon niveau endurance. Irvine attention à votre vocabulaire, si vous jurez ne serait-ce qu'une fois, vous savez ce que ça vous en coûtera. Je doute que votre camarade en appréciera la sanction. Donc en nageant, vous avez tout intérêt à vous surveiller l'un l'autre si vous n'avez aucune intention de perdre de place dans le classement du premier trimestre.
- Putain ! laissa échapper le roux.
- Kinnéas, auriez-vous tellement peu confiance en vos forces que vous ne pouviez vous empêcher de jurer ? Vous venez de soustraire bêtement à vous et à Squall la moitié de votre note sur l'interro de mon choix ! sermonna le formateur.
- C'est quoi le but de la manœuvre ? brailla hargneusement le rouquin.
- Vous apprendre à être solidaire ! proclama Seifer avec innocence. Dorénavant vous réfléchirez à deux fois avant de vous amocher comme vous l'avez fait !
- On a pas besoin de ça ! hurla Irvine qui enfonça rageusement son poing dans l'eau. C'est Squall qui m'a le plus esquinté, la blessure que je lui ai infligée est quasiment guérie !
- À quelques millimètres près, il perdait un œil ! riposta l'instructeur.
- C'est lui qui a commencé ! se défendit puérilement Irvine.
- Gardez vos forces au lieu de vous énerver inutilement ! conseilla le blond. Trêve de parlotte, je veux vous voir nager maintenant, je vous laisse choisir votre allure. Allez, c'est parti ! » leur enjoignit-il en claquant une nouvelle fois dans ses mains.
***
« Irvine ? Qu'est-ce que vous fabriquez encore ici ? » s'étonna Seifer qui l'avait découvert en effectuant une ronde avant de fermer l'édifice de la piscine.

Le play-boy, malmené dans son orgueil, s'était recroquevillé à même le sol dans les vestiaires. Squall avait quitté les lieux depuis une bonne heure.

« Il m'a repêché... marmonna le roux l'air hébété.
- Et alors c'est un mal ? le questionna Seifer à moitié rieur s'assoyant par terre aux côtés du déprimé.
- Il avait la possibilité de me laisser me noyer et attendre que vous plongiez. Il en a rien à foutre de reculer dans le classement ! certifia le cow-boy les yeux dans le vague.
- Que s'est-il passé entre vous deux ? » demanda le professeur déterminé à découvrir les liens qui auraient pu exister entre ses deux incontestables meilleurs élèves compte tenu des dossiers qu'il avait étudiés.

Le roux s'octroya un temps de réflexion pour savoir si oui ou non il allait se confier.

« Je resterai muet comme une tombe, promit Seifer de manière convaincante. Et puis vous en avez déjà assez dit rien qu'en criant ''Squally'' non ?
- Il y a environ six mois je l'ai largué et déménagé sans le prévenir, confessa Irvine dépité.
- Ouh c'est raide ! s'exclama sans retenue l'instructeur. Et il ne vous est pas venu à l'idée que vous puissiez le rencontrer ici ? s'étonna-t-il.
- Bien sûr que non ! s'impatienta le play-boy. Son père était contre, il l'avait menacé de lui couper les vivres s'il rentrait dans cette école. J'étais persuadé que je ne le reverrais plus : s'il n'y avait pas eu cette place qui s'était libérée au dernier moment, il ne se trouverait même pas à l'académie !
- N'était-il pas au courant de votre inscription ?
- Non. Je ne lui ai jamais raconté que j'avais envoyé un dossier à la BGU.
- Ooh ! Alors ça explique pourquoi à la première occasion il vous a ''trucidé'', il devait être doublement furax lorsqu'il vous a vu. Pourquoi l'avez-vous quitté ?
- Il devenait trop sérieux dans notre relation, éclaira Irvine.
- Vous avez eu peur de vous impliquer davantage ? tenta de deviner le professeur avide d'en apprendre plus concernant la vie amoureuse de son brunet d'apprenti.
- Pour moi, l'histoire avec Squall n'était qu'une passade, concéda Irvine.
- Et pourquoi ne vous être pas agrippé au bord au lieu d'avoir été à bout de force ?
- Parce que j'avais déjà fait perdre la moitié de sa note sur un de ses tests. Je ne voulais pas que ce soit dit que c'était moi qui lui fasse régresser de dix places dans le classement. Ça aurait fini par se savoir et après les autres n'auraient pas arrêter de me charrier alors que cinq, j'ai pensé que ça passerait plus inaperçu...
- Vous pensez que personne n'ira crier sur les toits que Squall vous a préservé de la noyade ?
- S'il ne moufte pas et vous non plus, il n'y a aucune raison. Maintenant personne ne saura rien si nous ne sommes pas pénalisés et c'est le cas n'est-ce pas ? demanda timidement Irvine.
- Oui, le rassura l'instructeur, Squall vous a sauvé in extremis, donc pas de rétrogradation. Cependant, il est encore tôt pour te faire une idée du classement, vous vous situez d'office dans les meilleurs ?
- Avec Squall, oui... Si on ne se plante pas à l'écrit, nous sommes sans aucun doute les deux premiers.
- Plutôt prétentieux... Vous ne pensez pas que d'autres pourraient vous piquer la place ?
- Vu ce que j'ai observé durant l'entraînement la semaine dernière ? Non ! rigola Irvine. Même Zell qui est le meilleur de ami de Squall n'arrive pas à sa hauteur. Par contre, je ne me doutais pas que j'aurais lâché le premier au crawl… reconnut Irvine. Et rien que pour se venger, Squall aurait pu toucher le bord aussi, ça ne l'aurait pas gêné de perdre du retard dans le classement. Bien qu'il soit un super gunblader, la compétition, il s'en fiche. Il ne vise pas la coupe, du moment qu'il obtient son exam à la fin de l'année, c'est tout ce qui compte pour lui. Il m'a récupéré pour que vous ne me rétrogradiez pas, c'est très gênant.
- Vous le connaissez si bien que ça ? Combien de temps êtes-vous resté avec lui ?
- Eh ça ne vous regarde pas ! tempêta Irvine.
- Il a dû être étonné lorsque vous l'avez appelé ''Squally'' ! devisa Seifer.
- Quel con je suis ! se moqua de lui-même Irvine. Je ne pourrai plus le regarder dans les yeux.
- Ce n'était pas déjà le cas ? en remit une couche l'instructeur.
- Si en effet » admit le cow-boy honteux.

Ainsi Irvine avait lâché le premier. Préférant boire la tasse plutôt que de reculer dans le futur classement, il avait réussi à se maîtriser afin de ne pas se précipiter au bord. Squall avait su garder ses forces si bien que lorsque le play-boy s'était trouvé en difficulté à cause de crampes aux jambes qui l'avaient tiraillées, il avait sollicité le brun à l'aide puisque celui-ci se trouvait juste derrière lui à ce moment-là. Si Squall le sauvait à temps, ils avaient une chance de ne pas être déclassés et tant pis pour sa fierté. De cette manière Squall, qui avait gardé encore un peu de force, était parvenu à soutenir la tête du roux hors de l'eau et l'avait ramené en bordure. Seifer était descendu de son perchoir en cas de renfort et avait attrapé le cow-boy par les épaules pour le remonter au sol.

Ensuite quand ses étudiants eurent été partis, l'instructeur avait eu envie de piquer une tête dans la piscine redevenue calme dans le but de réaliser quelques longueurs pour se délasser.
À suivre

(1) Marque de lunettes de soleil (je ne savais pas ce que c'était jusqu'à ce qu'un jour j'en vois la pub dans un magazine) !

(2) Poids aux chevilles : je fais référence à des bracelets qu'on peut fixer aux chevilles (mais aussi aux poignets) ayant un poids de deux kilos dans mon histoire, mais ça peut atteindre les dix kilos.

(3) Waterproof : résistant à l'eau.

(4) Piscine olympique : ça représente la taille d'une piscine de 50 m par 25 de large.


Pour cette troisième partie, merci à Nekotee pour m'avoir aidée à écrire ce chapitre, surtout en ce qui concerne la scène du repas ! C'est lui qui a eu l'idée du déjeuner ! Merci encore à toi, 'tit chat ! 5^a
Troisième chapitre : UNE JOURNEE TRES SPECIALE

Le lendemain matin, Seifer entra dans sa salle de classe. Dehors, la pluie tambourinait suffisamment fort sur le toit de l'université pour que le cours n'ait pas lieu à l'extérieur. Proche d'un élève au dernier rang, l'instructeur lui donna un paquet de feuilles.

« Prenez-en une et faites passer ! précisa-t-il au jeune homme qui discutait avec son voisin. Vous avez une demi-heure pour répondre ! informa-t-il ses étudiants qui s'étaient retournés avec une certaine inquiétude.
- Quoi ? s'indigna Zell. Mais nous n'avons encore rien appris ?
- Et le cours d'hier, ça comptait pour du beurre peut-être ? Pour moi c'est suffisant pour vous interroger ! Ça me permettra d'ailleurs de savoir qui bâille aux corneilles en cours ! » acheva Seifer en s'asseyant à son bureau.

Dix minutes plus tard, Squall fut le premier à se lever et à remettre sa copie.

« Eh bien vous êtes rapide, vous êtes sûr de vous ? » questionna le professeur, sarcastique.

Squall garda le silence et se tourna résolument vers la sortie.

« Eh ! Où allez-vous comme ça ?
- J'ai terminé, non ? rétorqua l'élève, prêt à ouvrir la porte.
- Je ne vous ai pas donné l'autorisation de sortir, retournez vous asseoir ! » lui ordonna l'enseignant.

Squall retourna à sa place, croisa ses bras puis s'obstina à dévisager son instructeur. Seifer, sans se démonter, commença à corriger la copie rendue. Il était content, le brun avait réussi à déjouer les pièges qu'il avait vicieusement tendus à l'intérieur de son test surprise. Néanmoins un élément le contrariait : Irvine était absent.

« Leonhart, vous n'avez rien de mieux à faire que me contempler ? » ironisa encore Seifer en constatant que son élève le regardait fixement depuis plusieurs minutes.

Le brun interpellé se mit à rougir tandis que les autres le regardèrent en gloussant. L'instructeur détourna leur attention :

« Est-ce que l'un d'entre vous a vu Kinnéas ce matin ?
- Il est sûrement parti se plaindre au commandant ! médit un élève. Le pauvre il avait l'air traumatisé hier soir ! continua celui-ci en se moquant. Qu'est-ce que vous lui avez fait subir avec Squall ? tenta-t-il de savoir.
- Je n'ai pas à vous relater leur colle ! le rabroua Seifer. S'ils ne vous ont rien raconté, c'est qu'ils n'en ont pas eu le désir ! Mais je suis tout à fait partant pour vous fixer deux heures à vous aussi si vous voulez vraiment vous rendre compte par vous-même!
- Non merci ! répondit l'étudiant en alliant un geste d'abdication à sa parole.
- Bon, il vous reste moins de vingt minutes, ne traînez pas tout le monde ! Leonhart, vu que vous avez terminé, filez voir ce que fabrique Kinnéas puisque personne ne daigne nous informer de sa disparition ! »

Squall, mécontent, se leva rudement de sa chaise jugeant qu'il ne s'était pas inscrit dans cette école d'élites pour partir à la recherche d'un félon comme Irvine.
***

Une voix railleuse qu'il commençait à bien connaître l'interpella :

« Toujours à sa recherche !
- Pff ! Comme si vous vous attendiez à ce que je le retrouve ! Si vous m'aviez demandé de chercher un fantôme, c'aurait été du pareil au même ! » répliqua agacé, le plus jeune.

D'abord le campus était immense, ensuite Squall suspectait le play-boy d'être hors des bâtiments. De plus, malgré qu'un nouvel accrochage à la gunblade ne lui aurait pas déplu, il savait pertinemment que son instructeur n'aurait pas pris ce risque s'il avait eu ne serait-ce qu'une toute petite chance de dénicher son ancien compagnon.
Squall changea de sujet et adopta une attitude malicieuse :

« Alors qu'avez-vous pensé de ma performance d'hier après-midi ?
- Pas mal ! Tu as une bonne endurance ! reconnut Seifer en souriant légèrement.
- Vous allez l'avouer ou non que vous en pincez pour moi ?
- Tu es obstiné hein ! Je te l'ai déjà fait comprendre, je ne sors pas avec mes étudiants ! »

Les interlocuteurs entrèrent dans l'ascenseur qu'ils attendaient tandis qu'une secrétaire, qui s'était introduite de justesse avant la fermeture des portes, appuya sur un des boutons, Seifer ayant déjà requis un étage plus haut que cette dernière.

Les deux hommes se retrouvèrent presque face à face derrière l'employée de bureau qui ne put s'empêcher de les épier de temps à autre tant leur charme l'attirait. Seulement elle ne s'attendait aucunement à remarquer Squall faire un clin d'œil à l'instructeur. Elle se mit à rougir, et devint cramoisie lorsque ledit élève lécha délicatement le pourtour de ses lèvres à l'adresse du professeur qui se retenait de le dévisager. Quand l'ascenseur s'ouvrit, la femme déguerpit en vitesse sans ne demander son reste.

Une fois seuls, Seifer réprimanda son étudiant qui ne manqua pas de rire à gorge déployée :

« Ça ne va pas non ? Qu'est-ce que tu crois qu'elle va s'imaginer ?
- Que j'ai envie de vous ? » proposa Squall en le dévorant des yeux avec convoitise.

Heureusement ils arrivèrent à destination, Seifer réussissant à cacher son trouble à son protégé qui avait réussi à le déstabiliser.

« Ne me dites pas que l'autre idiot en classe avait raison et qu'Irvine est allé se plaindre au commandant ?! s'étonna Squall.
- J'ai à faire ici, figure-toi ! » précisa l'instructeur.

Cependant Seifer se ravisa, resta donc dans l'ascenseur et pressa sur la touche ''descente''. Squall ne put s'empêcher de commenter en ricanant :

« Vous ne savez pas ce que vous voulez !
- Je ne souhaite pas que tu m'accompagnes à mon bureau. Tu aurais dû sortir avec la secrétaire… Ne te rendais-tu pas au service des absences ?
- Pour quelles raisons ? Ils n'en sauront pas davantage sur Irvine !
- Alors que faisais-tu à attendre devant l'ascenseur avant que je n'arrive ? Bon j'ignore où tu te dirigeais mais tu redescends, c'est l'heure pour toi de vaquer à d'autre occupation ! » décréta le professeur en jetant un coup d'œil à sa montre.

Squall ne le contredit pas. L'appareil reprit sa course vers le bas cette fois. Les occupants demeurèrent silencieux. Seifer dévisagea avec sérieux son étudiant qui l'imita. Puis sans qu'ils s'en aperçoivent vraiment, au fur et à mesure de la descente, leurs visages se rapprochèrent progressivement si bien que lorsqu'ils parvinrent au rez-de-chaussée, leurs lèvres étaient à quelques centimètres l'une de l'autre, presque à se frôler. La sonnerie indiquant qu'ils étaient arrivés ramena Seifer sur terre, il se reprit et recula précipitamment d'un pas quand il aperçut l'ombre d'une personne qui patientait de l'autre côté de l'élévateur.

L'enseignant demeura dans l'habitacle exhortant au visiteur d'entrer après que le jeune homme soit sorti.

Squall partit en se demandant à quoi pouvait bien jouer son instructeur : à quelques secondes près ils allaient s'embrasser. Il aurait bien remonté quatre à quatre les escaliers sachant pertinemment que Seifer retournait à l'étage du commandant mais un autre cours allait débuter et il n'avait pas l'intention d'arriver en retard.

En fin de matinée dans leur salle de classe, la porte grande ouverte, les étudiants laissés seuls accomplissaient consciencieusement des exercices théoriques de combat.

S'étant permis de rentrer, Seifer se déplaça discrètement entre les rangées en vue d'examiner les réponses des jeunes gens par-dessus leurs épaules pour leur prodiguer de temps à autre certains conseils judicieux.

Arrivé à la hauteur de Squall, il ne manqua pas d'interrompre celui-ci :

« Êtes-vous vraiment certain de vouloir procéder de cette façon dans la réalité ? » questionna-t-il avec malice en désignant le devoir.

Squall leva la tête de sa copie pour dévisager avidement son professeur comme il commençait à en avoir l'habitude depuis qu'il l'avait rencontré :

« Bien sûr ! s'exclama le brun satisfait de son écrit.
- Vous n'avez pas peur d'une échauffourée de l'ennemi ? » le titilla l'instructeur.

Squall moqueur changea de sujet :

« Vous avez retrouvé Kinnéas ?
- Vous vous inquiétez pour lui ? » le nargua aussitôt Seifer.

Après s'être assuré que personne ne leur portait aucune attention, d'un signe de la main, Squall enjoignit son interlocuteur de s'approcher davantage de son visage :

« Vous m'invitez à dîner ce soir ? lui chuchota Squall d'une manière des plus séductrice.
- Tu n'arrêtes jamais toi ! constata l'enseignant à mi-voix.
- Je jure de ne plus abîmer Kinnéas si vous m'invitez chez vous ! murmura ironiquement l'étudiant.
- Si tu avais vraiment voulu te venger une seconde fois, tu l'aurais fait hier. Et puis le chantage ne fonctionne pas avec moi !
- Allez, juste pour voir comment c'est chez vous ! insista le plus jeune.
- Pas d'élèves dans ma maison ! soutint catégoriquement le professeur.
- Je vous raconterai comment on fait pour terrasser son ennemi à la gunblade… Vous êtes peut-être irréprochable niveau stratégie mais maintenant que vous êtes instructeur vous avez dû pas mal vous ramollir au combat !
- Ah-ah ! réagit ce dernier.
- Et vous ne m'avez pas dit quelle était votre spécialité ?! se fit curieux Squall.
- Tu n'as pas encore cherché ? » s'étonna l'instructeur.

Seifer se saisit d'une feuille sur la table, y griffonna quelques mots puis la tendit à Squall qui la parcourut goulûment des yeux :

''12 h 45 sans faute, 18 Ocean's Street.
Une minute de retard et tu peux dire adieu à cette opportunité
de déjeuner avec moi !''

Squall, content, afficha un grand sourire à son instructeur qui lui, parut soudainement soucieux. Ayant repéré deux trois élèves qui les observaient, Seifer formula à voix haute avant de continuer son tour de tables :

« Ne te repose pas sur tes lauriers ! »

Quand le professeur fut assez éloigné, un des étudiants railla Squall :

« Ma parole ! Almasy n'arrête pas de vous coller toi et Irvine ! Tu devrais aller te plaindre comme Irvine puisque tout le monde pense qu'il l'a fait !
- Occupe-toi de tes affaires, imbécile ! » le rembarra froidement le brun.

***

Squall sonna à la porte ; il était midi quarante-trois à la montre de Seifer.

« Pile à l'heure ! l'accueillit l'instructeur.
- Hum ça sent bon, qu'est-ce que vous préparez ?
- Tu verras bien, entre ! » le convia son hôte.

Le jeune homme pénétra dans l'entrée qui donnait directement dans la cuisine où mijotait une casserole sur le feu avec le four allumé en dessous. Seifer lui fit traverser la pièce, tira une cloison coulissante révélant la salle de séjour dont l'intérieur était ouvert sur le jardin.

« C'est pas mal chez vous ! observa Squall.
- Merci ».

Comme ils étaient arrivés sur la terrasse, des couverts étaient disposés de chaque côté d'une table de jardin en bois sous des tonnelles recouvertes de glycines roses en fleurs courant tout le long de la façade. Seifer invita son convive à s'asseoir puis il apporta leurs assiettes.

Squall, n'arrêtant pas de suivre du regard son hôte, s'interrompit dans sa contemplation quand son instructeur revint avec leurs repas. S'apercevant en quoi consistait la nourriture que Seifer déposa devant lui tandis que l'assiette de son vis-à-vis comportait un tout autre contenu, son humeur se dégrada.

« Qu'est-ce qu'il y a ? Tu as un problème avec la nourriture ? s'enquit Seifer comme son élève faisait la moue en découvrant le met qui lui avait été attribué. Je n'allais pas te servir des restes de mon déjeuner d'hier ! se justifia-t-il.
- Pourquoi pas ? Au moins vous n'auriez pas eu à composer ce plat pour… enfants !
- Tu es encore un gamin non ? s'amusa-t-il. Je ne sais pas ce que tu aimes, j'ai choisi ce qu'il y avait de plus simple en faisant en sorte que ce soit exotique ! expliqua-t-il ensuite.
- La dernière fois que j'en ai mangé, je devais avoir six ans ! Vous auriez pu au moins vous abstenir de dessiner un cœur dessus avec le ketchup ! commenta Squall boudeur.
- Allez, mange au lieu de ronchonner, ça va refroidir ! Bon appétit ! lui souhaita Seifer enthousiaste.
- Si vous m'aviez demandé, vous auriez su que j'apprécie aussi la cuisine épicée ! Pff de l'omurice* ! Il n'y a que Zell pour en ingurgiter ! grommela Squall en lui jetant un regard nébuleux.
- On ne t'a jamais dit qu'il était malpoli de critiquer la nourriture qu'on t'offrait ? » lui fit remarquer l'instructeur.

Refusant de l'admettre le jeune homme resta sans rien dire alors que son hôte commença à servir la boisson, du café noir glacé dans des tasses en céramique et du Calpico Mango dans des grands verres.

« J'espère que tu apprécieras au moins les rafraîchissements ! » ajouta Seifer en s'asseyant.

Squall déclara à son tour, mais vexé, un ''bon appétit'' avant de goûter son repas. Seifer commença à manger tout en guettant l'humeur de son invité.

« C'est bon ? finit par demander le professeur amusé par l'attitude grincheuse de son convive.
- Encore heureux que vous n'ayez pas mis de jouet à côté de mon assiette ! bougonna une nouvelle fois Squall.
- Oh tu en aurais désiré un ?! plaisanta Seifer. Profite donc au lieu de chicaner » lui recommanda-t-il enfin.

Comme il n'avait pas l'air de vouloir lâcher son air renfrogné, Seifer tenta une autre tactique.

« Tu veux tester le poulet curry ? » lui proposa-t-il bienveillant alors qu'il lui tendit sa fourchette.

Squall, ne sachant pas si Seifer se moquait de lui, hésita à accepter.

« Merci bien, je ne veux pas en plus être nourri comme un bébé !
- Ne fais pas la fine bouche et goûte-moi ça, tu te rendras compte que réchauffé une deuxième fois, ce n'est pas terrible !
- Et quand bien même je ne l'aurais jamais su !
- Il n'y en avait pas assez pour deux !
- Je ne suis pas un gros mangeur !
- Si tu n'es pas content tu peux toujours retourner au self de la BGU je ne vais pas te retenir ! Je n'ai pas envie de me chamailler avec toi durant tout le repas ! le réprimanda-t-il.
- Vous traitez toujours vos invités de cette manière ?
- Tu n'en es pas vraiment un !
- Oh je me serais donc fourvoyé concernant l'interprétation du coeur sur l'omurice, vous l'avez dessiné exprès parce que pour vous je suis plus qu'un simple invité ! conclut-il dignement, retournant la situation en sa faveur. Je vous pardonne de me traiter comme un gamin alors ! déclara-t-il séducteur en se penchant légèrement pour atteindre le niveau de la fourchette de Seifer ; il enfourna délicatement dans sa bouche la portion qui y était déposée puis finit en suçant sensuellement le couvert.
- Bon ça va maintenant ! » s'exclama l'instructeur qui s'était donné un air agacé pour dissimuler sa gêne.

Squall se sépara de la fourchette et finit de déglutir le mets.

« Effectivement l'omurice est meilleure, admit-il.
- Évidemment que ça l'est ! Je ne souhaite pas que tu aies une mauvaise impression sur ma façon de cuisiner ! lâcha son hôte.
- Ainsi mon avis compterait-il ? » sonda Squall avec malice.

Pour ne pas montrer son embarras, Seifer aborda un tout autre sujet qui le tourmentait depuis sa discussion avec le play-boy à la piscine :

« Bon alors comment es-tu entré à la BGU ? Irvine m'a expliqué que ton père n'aspirait pas à ce que tu l'intègres !
- Quel cafteur celui-là !
- Comment as-tu fait pour en payer la préparation ?
- Le père de Zell m'avait offert l'argent, je lui rembourserai quand je serai devenu un pro !
- Zell et toi vous connaissez depuis si longtemps pour que son père te propose cet arrangement ?
- Amis d'enfance pourquoi ? répliqua-t-il pour essayer de le rendre jaloux.
- Pourquoi ton père ne désirait pas que tu rejoignes…
- Ça suffit les questions ! le coupa Squall à l'évocation de son paternel. On ne pourrait pas plutôt passer aux choses sérieuses ? Si on en reprenait là où en était dans l'ascenseur ?
- De quoi tu parles ? feignit de ne pas comprendre l'instructeur.
- Du baiser de ce matin !
- Il ne s'est rien passé !
- Vous avez failli ! assura Squall.
- C'est toi qui t'es rapproché avec je ne sais quelle idée en tête !
- N'empêche que vous alliez répondre à ce baiser si j'avais pu continuer !
- Non ! s'opposa l'hôte.
- Non ? Vous en êtes sûr ? »

Afin d'esquiver, Seifer se leva pour enlever leurs assiettes.

« Eh ! Il m'en reste encore deux bouchées ! protesta le brun.
- Pourtant tu n'avais pas l'air content de ta nourriture tout à l'heure !
- Je termine. » indiqua ce dernier catégorique.

Seifer commença à débarrasser la table.

« Vous avez besoin d'aide ? le questionna ensuite Squall aguicheur quand Seifer lui ôta son assiette.
- Non, toi tu restes ici ! » lui ordonna son hôte qui repartit à la cuisine.

Quelques minutes plus tard, Seifer entendit du bruit dans son dos.

« Qu'est-ce que tu fais là, ne t'avais-je pas dit de rester à ta place ? l'interrogea Seifer surpris.
- Je m'en vais ! décréta le jeune invité.
- Et le dessert ? l'interrogea son professeur déconcerté.
- Excusez-moi de vous avoir forcé la main pour l'invitation ! » reconnut Squall éprouvant des regrets.

Tandis qu'il s'était avancé vers la porte, le jeune homme fut étonné que Seifer le retienne par le bras.

« Tu es encore vexé que je t'aie cuisiné de l'omurice ? se renseigna l'instructeur. Saches que tu ne m'as pas forcé la main ! J'ai opté pour ce plat selon mon stock et le temps imparti ! Désolé pour le petit cœur… conclut-il en le relâchant.
- Désolé pour m'être comporté comme un enfant ! » acheva l'étudiant en se rapprochant dangereusement de Seifer dans le but de déposer délicatement ses lèvres sur celles de son instructeur pour se faire rapidement plus exigeantes.

Le blond, sous l'effet de surprise et mettant toutes ses réticences d'ordre moral de côté, répondit au contact intense de son élève. Toutefois quand Seifer ouvrit davantage sa bouche, Squall suspendit son baiser.

Content d'avoir marqué un point et fier de laisser son professeur sur sa faim, le jeune homme proclama d'une voix suave à un Seifer désorienté :

« Je me suis bien amusé ! Merci pour ce déjeuner. J'espère cependant que j'aurai l'occasion de revenir afin de déguster un repas plus… adulte avec vous ! À plus tard, monsieur l'instructeur ! »

***


« Alors c'est ici que tu te caches ? s'exclama Seifer à l'étudiant assis dans un des fauteuils de l'accueil, face au bureau de la secrétaire travaillant pour une bonne partie des employés administratifs de l'étage, en ce début d'après-midi. J'espère que ça te gêne pas que je te tutoie après ce que je sais sur toi et Squall.
- Je ne me cache pas… répliqua farouchement Irvine qui hocha la tête pour répondre à la dernière phrase de Seifer.
- Mais tu sèches mes cours !
- Je ne fais plus partie de la BGU !
- Tu n'as pas encore eu l'accord du commandant ! Je le sais parce qu'il est absent ! Qu'est-ce que tu fiches devant mon bureau ?
- J'attends son retour ici ! C'est le seul endroit où personne ne sera susceptible de me poser des questions.
- Amène-toi ! Puisque tu es là autant discuter à l'abri des oreilles indiscrètes ! » l'enjoignit Seifer.

Irvine s'installa sur le même siège que la veille.

« Tu comptes vraiment démissionner ?
- En quoi ça vous regarde ?
- Tu es prêt à mettre en l'air ta carrière pour une mauvaise histoire de sexe ?
- Ce ne sont pas vos affaires !
- Quand ça implique un de mes élèves, si ! Ça a dû changer tous tes plans que Squall ait été admis ici, hein ? Tu l'imaginais si naïf au point d'abandonner son inscription parce que son père n'allait pas l'aider financièrement ? »

Irvine leva les yeux au ciel, agacé de cette discussion.

« Bon tu ne t'attendais pas à ce qu'il fasse sa rentrée ici, d'accord mais il est là et toi aussi, il faudra vous y faire tous les deux ! Maintenant, si tu n'assumes pas le fait de l'avoir lâchement abandonné, sûr que l'école n'a pas besoin de toi.
- Eh bien voilà au moins on est d'accord là-dessus !
- Mais quoi… après l'affront qu'il t'a fait à l'épée tu ne t'es pas enfui, alors pourquoi disparaître maintenant, c'est idiot ! »

Seifer s'empara de son téléphone :

« Betty amenez-moi Squall Leonheart je vous prie, vous serez un ange ! »

Il raccrocha sous le regard médusé d'Irvine qui protesta :

« Vous n'allez pas le faire venir ici ?
- Et pourquoi pas ? Ce sera l'occasion d'en finir avec cette histoire, non ?
- Je me tire, vous vous êtes assez payé nos tronches hier !
- Rassis-toi ! »

Le silence s'établit. Voyant que son élève ne désirait pas plus discuter, Seifer entreprit de ranger des papiers traînant sur sa table de travail en attendant l'élève sollicité.

Quelques minutes plus tard, Squall entra à l'intérieur du bureau par l'intermédiaire de l'assistante. Il fut surpris de découvrir Irvine mais ne broncha pas. Il s'installa froidement à côté du fugitif.

Seifer poursuivit :

« Irvine, Squall t'écoute !
- Quoi ? s'affola le play-boy.
- Puisqu'il est devant toi, exprime-lui ce que tu gardes au fond de toi ! » expliqua le professeur.

Irvine pensa à décamper mais il désirait effectivement se libérer la conscience. Sa gorge s'était nouée et embarrassé qu'il était, il ne savait pas comment amorcer son discours…

Quelques secondes passèrent durant lesquelles Squall, furieux, observait méchamment son instructeur. Il en avait plus qu'assez de se retrouver aux côtés de son ancien compagnon.

« Très bien, je vais donc t'aider, reprit l'enseignant. Squall, Irvine s'en veut terriblement de ce qu'il t'a fait ! Entre autre, t'avoir lâchement abandonné… C'est bien ça Irvine ? »

Squall fixait toujours l'instructeur dont le regard alternait entre ses deux élèves tandis que l'interpellé soupira et finit par se tourner vers son ex :

« Je me suis comporté comme le pire des salauds. Oui je t'ai lâchement abandonné ! Et je suis vraiment désolé pour tout ça Squall seulement tout était devenu si sérieux entre nous que j'ai eu peur de la tournure de notre relation. Je te demande pardon bien que mon attitude est inexcusable mais ne t'inquiète pas, tu ne verras plus ma tronche puisque je démissionne…
- Oh là, Oh là ! Ta démission n'est pas encore effective Irvine ! contesta l'instructeur. Squall tu souhaites réagir par rapport à ce qu'il vient de te confier ? »

Ce dernier répliqua toujours de marbre :

« Je peux partir ? Vous avez fini avec vos trucs de psychologie à la noix, y' en a plus qu'assez de ces conneries ! »

Toujours énervé, le brun se leva. Cependant qu'il avait la main sur la poignée de la porte, un détail et non pas des moindres, l'arrêta sur sa gauche. Il observa davantage la photographie encadrée qu'il avait à peine aperçue la veille. Puis, il sortit en claquant la porte.

Seifer ordonna au play-boy de rester assis tandis qu'il se dépêcha de rejoindre Squall, lequel ayant déjà atteint l'ascenseur appuya rageusement sur le bouton d'appel.

« Squall quelle mouche t'a piquée ? C'est l'entrevue avec Irvine qui te met dans cet état ?
- Entre autre ! Je ne savais pas que vous étiez proche à ce point ! lâcha Squall.
- Avec Irvine ?
- Qu'est-ce que c'est que cette putain de photo à l'entrée de votre bureau !? invectiva-t-il en montrant avec son bras la pièce citée.
- Tu es énervé à cause de ça ? s'étonna Seifer moqueur.
- Vous m'avez caché que vous connaissiez réellement mon père !
- Tu ne m'en as pas posé la question !
- Vous ne m'en avez pas laissé le temps ! Vous êtes abject ! Il y a autre chose que vous me dissimulez ?
- Calme-toi ! Tu vas ameuter tout l'étage.
- Rien à foutre ! Il était quoi pour vous ?
- Mon instructeur et chef de mission…
- Oh non non non, pas sur cette putain de photo ! ne décolérait-il pas. Vous n'avez l'air ni l'un ni l'autre d'avoir un rapport chef/subordonné !
- Qu'est-ce que tu vas t'imaginer ? Il était juste mon prof Squall ! Je pose en souriant pour une photographie avec ton père après avoir réussi une mission, je ne vois pas où est le problème ?
- Vous en étiez amoureux ?
- Bien sûr que non ! Je n'ai jamais eu ce genre de sentiments vis-à-vis de lui !
- Cette complicité dans vos yeux à tous les deux, ça me dégoûte ! Et votre comédie avec Kinnéas a assez duré ! Je ne vais pas le trucider si ça peut vous rassurer ! Il n'est plus qu'un mauvais pion dans ma vie que je vais ignorer autant que possible ! »

L'ascenseur mettant trop de temps à parvenir, Squall finit par prendre les escaliers. Le brun, un étage plus bas, détectant l'ouverture de la lourde porte du dessus puisque Seifer s'était avancé devant la rambarde de sécurité, continua son chemin en regrettant de ne pas entendre l'écho des pas poursuivre leur descente.

Seifer n'aurait jamais cru que cette photo aurait déclenché autant de courroux chez son élève. Le thème de son père était un sujet bien plus sensible qu'il ne l'aurait imaginé. Il retourna à son bureau où Irvine l'attendait toujours. Celui-ci ne manqua pas de réagir quant aux quelques bribes de l'altercation qu'il avait réussie à saisir malgré la distance qui le séparait du hall. Seule la voix de Squall lui avait été quelque peu audible.

« Vous étiez amoureux de son père ? ricana Irvine.
- Tu écoutes aux portes ? Ça ne me surprend pas !
- Ce n'était pas très difficile !
- Eh bien non ! Désolé de te décevoir je n'en étais pas amoureux ! »

Irvine se retourna et désigna le cadre accroché derrière lui.

« Je comprends pourquoi Squall était furieux mais vous, vous ne le savez pas !
- Oui et je remarque que ça t'amuse…, ton idée de démissionner s'est complètement volatilisée tout à coup !
- Non, bien sûr que non ! s'opposa le play-boy.
- Informe-moi plutôt des rapports qu'entretiennent Squall et son père alors !
- Monsieur l'instructeur n'a pas assez potassé ses leçons ? Je vous attribue un zéro pointé pour ne pas vous être assez informé sur le fils du si prestigieux Laguna Loire ! clama-t-il théâtralement avec une pointe d'ironie... C'est d'ailleurs très regrettable ! termina-t-il narquoisement.
- Au lieu de faire le malin, expose-moi le problème ! »

Irvine adopta un ton plus tragique :

« Absent ! Tout ce que vous devez savoir est dans ce mot, avec tout ce qu'il représente ! »
Seifer resta quelques secondes déconcerté par la révélation.

« Je peux disposer maintenant ? questionna Irvine en ramenant son instructeur à la réalité.
- Tu entends quoi exactement par absent ?
- Squall a été élevé par une étrangère payée par son père durant toute son adolescence. Je suppose que vous êtes au courant concernant la mort de sa mère ».

Seifer hochant la tête en signe de confirmation, le play-boy continua :

« Enfant, ils ne se voyaient quasiment pas. Son père rentrait trop tard le soir et le matin, il partait tôt. Le peu de fois où ils étaient ensemble, ils ne se parlaient pratiquement pas et le sujet de conversation tournait toujours autour des notes de Squall au collège. Et je ne vous raconte même pas tous les anniversaires qu'il a dû louper ! Bien qu'il lui offrait des cadeaux de temps en temps, ils ne remplacent pas une présence paternelle. Et vous voir tous les deux si joyeux a dû lui rappeler combien il ne comptait finalement pas dans la vie de son père !
- Alors tu aurais réellement dû t'abstenir de lui infliger autant de souffrances en sachant son histoire !
- Bien sûr que j'aurais dû rompre dans les règles ! Cependant la panique a pris le dessus !
- J'espère que ça ne t'arrivera pas en mission !
- Les lâches n'ont pas leur place dans cette école, vous l'avez certifié tout à l'heure.
- Oh allez, tu ne vas pas te faire prier pour rester !
- C'est trop tard, vous m'avez entendu, j'ai garanti à Squall que je démissionnerais ! Il sera écœuré si je ne tiens pas parole.
- Je ne pense pas que Squall soit étonné par ton revirement, il ne se fait plus d'illusion sur ton compte. De toute façon je m'y opposerai, si tu te retires tu seras considéré comme un déserteur.
- Vous ne pouvez pas !
- Je vais me gêner !
- On ne vous refuse jamais rien ? l'observa étrangement le rouquin.
- Arrête de blablater. Tiens je veux que tu planches là-dessus, ça te changera les idées, tu as une demi-heure comme pour les autres ce matin ! »

Résigné, Irvine prit la feuille d'évaluation reposant sur le porte-bloc qui lui était tendu avec un stylo, puis se concentra sur les réponses à rédiger.
À suivre !


*Omurice : Plat japonais, omelette contenant du riz frit habituellement accompagné de ketchup et habituellement servi aux enfants.


Et donc cadeau pour toi 'tit chat !!! J'espère que ça te plaira ! Et à tous les lecteurs !

Chapitre quatre : DES PROBLEMES EN PERSPECTIVES
Trois jours plus tard, à l'aube ce jour-là, tous les cadets s'étaient rassemblés dans la salle de réunion en vue d'écouter les différentes consignes qui leur permettront d'atteindre leur premier objectif sur le terrain.

« Très bien, votre première mission sera de sécuriser les alentours où est établie une antenne stratégique devant être réparée dans un des petits villages à la frontière entre Galbadia et Dollet. Cette antenne est importante pour notre réseau de communication et d'espionnage dans le cadre de l'aide que nous apportons à cette région. Vous collaborerez tous ensemble, les uns avec les autres ! Je vous rappelle que c'est une mission de combat réel et crucial pour avancer dans le classement de l'école ! Au fur et à mesure de vos missions, vous utiliserez au maximum les stratégies de défense afin de pouvoir expérimenter ce que vous aura enseignées au niveau des combats rapprochés votre instructeur Almasy. Vous n'êtes pas censés aller au contact. Vous réagissez si vous êtes directement agressés. Sur place, la population ne manifestera envers vous aucune hostilité. Toutefois selon nos renseignements, des éléments étrangers peuvent être disséminés parmi elle, alors méfiez-vous si quelqu'un vous adresse la parole. Le plus grand danger est le risque d'attentat et non pas des factions armées qui jetteraient l'assaut. Dans le cadre d'un binôme, chacun devra garder un œil sur son partenaire. Vous appliquerez les procédures que vous connaissez. Sauf imprévu, tout devrait bien se passer. Et comme à chaque fois que vous êtes de sortie, nous profitons de ces opérations pour le jugement comparatif de chacun d'entre vous en vue de définir les meilleurs au sein de l'académie. Les prochaines missions dont vous ferez l'objet seront plus dangereuses, l'ennemi impitoyablement plus combatif. Pour l'instant, nous nous en tenons à vos capacités à sauvegarder un site. Je rappelle qu'actuellement les mieux notés sont : Snake/Irvine, premier ; little Pancake/Matt FIVE deuxième ; enfin Squall et Zell : troisième. Des questions ? »

Personne ne se manifestant, le commandant conclut :

« Puisque aucune précision n'est formulée de votre part, messieurs, bonne chance dans la course à la crème de l'élite ! »

La séance terminée, les militaires allèrent se munir de leur matériel de combat.

« Eh Squall, est-ce que t’as revu Seifer ? eut envie de savoir son camarade cheminant à côté de lui, non loin des autres qui les suivaient.
- Chuuut, pas ici, Zell ! » murmura Squall qui avait peur d'être écouté.

En effet, il entendit un des cadets de sa classe l'interpeller.

« Eh Leonhart !
- T'as un problème… Snake ? s’enquit Squall se retournant brusquement vers le camarade en question, après avoir déchiffré le nom inscrit sur la tenue de combat.
- Ouais, ce serait bien que tu laisses Irvine tranquille ! T'es une source de nuisance pour lui ! l'informa celui-ci.
- Oh ! Je ne savais que t'étais sa mère-poule ! se moqua Squall.
- Je ne le suis pas ! Juste, arrête tes conneries avec Irvine ! Il n'a pas besoin de ça !
- Il sait que tu joues les protecteurs à son égard ?
- Reste à bonne distance de nous durant les missions, c'est tout ce que je demande ! intima l'équipier du rouquin.
- T'as pas à t'inquiéter ! Celui-là, mieux il sera loin de moi, mieux je me porterai !
- Alors on se comprend ! J'ai pas envie qu'il rate une de ses cibles au moment propice, si tu vois ce que je veux dire ! » compléta satisfait ledit Snake.

Il aborda aussitôt un autre sujet :

« Au fait, merci d'avoir sauvé Singleman d'un traquenard l'autre jour, c'était un pote de promo ! Bravo pour ta prouesse ! Dommage qu'il n'ait pas tenu le coup à cause de la pression ! T'as vraiment eu de la chance qu'il ait laissé tomber, t'as pu récupérer sa place ! J'espère que tu en feras honneur !
- J'y compte bien ! attesta Squall irrité par cet énergumène qu'il ne connaissait que de vue en cours.

Tandis que le combattant s'éloignait, le jeune homme se renseigna auprès de Zell qui avait l'air de connaître presque toutes les nouvelles recrues.

« C'est qui ce Snake ? Pourquoi Irvine est avec lui ?
- Laisse tomber Squall. Il vise la coupe ! C'est un maniaque de la furtivité. Si tu joues avec lui, il risque de te le faire payer au centuple. Quant à Irvine, il a réussi à devenir l'équipier de Snake parce qu'ils se connaissaient déjà ! Ils ont eu l'occasion de se rencontrer plusieurs fois lors de différents entraînements. Eh oui bonne nouvelle ! ironisa le karatéka. Snake est aussi un sniper ! Sauf que lui a remporté le titre du meilleur tireur d'élite de son école l'année dernière ! Ce félon de Kinnéas se place premier sans presque avoir levé le petit doigt sinon il se retrouverait quatrième ici ! En tout cas fais gaffe avec Snake, à cause de ses relations, il peut te casser d'un seul claquement de doigt !
- Je vais lui faire ravaler sa fierté moi, ça va pas faire long feu ! Si je m'entraîne davantage, la furtivité n'aura plus aucun secret pour moi ! se lança-t-il comme défi. Et puis tout le monde a un point faible, je finirai bien par trouver le sien ! acheva Squall d'un air déterminé en pénétrant dans l'armurerie.

Chacun s'empara de son arme dont il était spécialiste. Ensuite, tous les protagonistes embarquèrent dans les hélicoptères de transport qui les mèneraient en quelques heures aux abords de la petite ville de Dollet, à quelques centaines de mètres du lieu de leur mission.

***


Dans l'office de Seifer, le téléphone de sa ligne privée sonna.

« Almasy ! » décrocha le blond.

S'ensuivit une conversation que la secrétaire fut plus ou moins en mesure d'entendre parce que son patron avait laissé sa porte entr'ouverte.

« Ah tiens, c'est drôle que tu m'appelles ! déclara Seifer embarrassé par la personne avec qui il conversait.
...
- Ah tu es au courant...

- Ne t'énerve pas !

- La semaine dernière, je n'étais pas encore à l'académie ! »
Il éloigna brusquement l'appareil de son oreille parce que son interlocuteur fulminait au bout du fil. Quand l'autre se fut apparemment calmé, il continua la conversation :

« D'abord je ne savais que c'était ton fils, ok ?

- Il a mis le nom de sa mère. Et Incroyable ! Comment as-tu pu me cacher que t'avais une progéniture ? Pendant toutes ces années, tu n'en as jamais fait une seule fois l'allusion !

- Si tu tiens à te rattraper en l'excluant de l'académie, c'est mal parti !

- Il va falloir que tu tu t'y habitues ! C'est un bon gunblader ! Même plus que bon ! avoua l'instructeur fier de l'étudiant dont il était question.

- Comment ça depuis quand il s'entraîne ? Tu n'es pas au courant des études qu'il a choisies ? Tu es sûr que tu es son père au moins ?

- Tu le sous-estimes ! Sache qu'il se situe parmi les meilleurs ! assura-t-il.

- Ah ça non, impossible ! Tu me prends pour qui ?! » le rabroua sérieusement Seifer.

À ces derniers mots, l'individu répondant au nom de Laguna Loire lui raccrocha au nez.

***


Les militaires étaient tous positionnés comme prévus pour la défense de l'antenne satellite. Il s'agissait d'un point névralgique pour la protection de la petite ville qui avait fait sécession et dont l'indépendance demeurait contestée par Galbadia, une cité située de l'autre côté de la frontière qui voyait d'un mauvais œil cette scission territoriale. Un passage difficile à surveiller permettait à tout instant à des factions armées en provenance de Galbadia de reprendre le contrôle de la localité affranchie.

Par conséquent, les forces étrangères présentes à Dollet, constituées pour l'instant de quelques hommes, visaient à garantir la souveraineté des habitants à travers la défense d'une installation de pointe qui assurait la communication avec l'extérieur. C'est donc tout naturellement que Squall et ses semblables avaient été amenés à opérer dans ce contexte.

Déjà du côté ouest, le binôme Irvine/Snake tentaient de neutraliser par les armes deux terroristes dénoncés par la population.

Aucune autre alerte ne mobilisant le groupe, Squall s'ennuyait ferme. Il avait tout le temps, à travers ses jumelles, d'observer les quartiers qui s'étendaient au pied de la colline sur laquelle il était posté.

« T’as remarqué quelque chose ? s'alarma Zell inquiet de voir tout à coup son camarade se déplacer dans la perspective de bénéficier d'un meilleur panorama.
- À quatre heures : cinq hommes sur le toit d'une maison. M'ont pas l'air de mettre des tuiles ceux-là ! Il faudrait pouvoir envoyer quelqu'un.
- Tu divagues, pas question de mettre les pieds dans les ruelles. On est là pour l'antenne on s'y tient !
- C'est certainement pas les ‘‘lutins du Père Noël’’, prends tes jumelles et regarde : ils ont dans leur hotte de drôles de cadeaux ! »

Zell constata par lui-même à travers son propre équipement, la présence du groupe signalé par son camarade :

« Tu as raison. Le mieux à faire est de contacter la police locale !
- Rendons-nous nous-mêmes sur les lieux et vérifions qu'il ne s'agit pas d'un autre groupe terroriste. Quelques minutes suffiront pour l'allée et retour. On sera fixé.
- Putain Squall, pas question d'y aller, on ne quitte pas le poste ?! désapprouva Zell, contrarié de devoir bouger de sa surveillance.
- Si tu ne me suis pas, c'est pas grave, je serai revenu rapidement !
- Et si tu te fais buter ?
- Si je me fais buter c'est parce que tu ne m'auras pas couvert ! » argua Squall jouant sur la naïveté de son partenaire.

Zell comprit qu'il devait choisir en conscience soit d'abandonner son camarade en le laissant partir et se diriger vers un éventuel danger dont il ne pourrait jamais revenir, ou bien abandonner les autres membres du groupe qui assuraient désormais tranquillement la protection de l'édifice.

« Il n'y a rien à faire ici ! s'écria Squall excédé d'attendre son camarade qui hésitait. J'y vais tout seul ou tu t'amènes ?
- Mais si des ennemis se pointaient, on ne sera plus sur place pour aider l'équipe ! argumenta encore le puncheur en vue de persuader son équipier de demeurer à son poste.
- On ne peut pas se permettre de laisser un groupe de rebelle s'introduire ! Il faut qu'on arrive à les identifier ! C'est notre chance ! l'encouragea le gunblader.
- Et si c'était un piège ? avança Zell légèrement anxieux.
- T'as pas envie de te battre ?
- Si, mais…
- Alors suis-moi ! » lui enjoignit vivement le brun.

Zell, ne souhaitant pas décevoir son ami, l’escorta à contrecœur. Arrivé à l'entrée d'une ruelle, Squall indiqua à son compagnon où se poster.

« Baisse-toi ! lui ordonna Squall en se recroquevillant lui-même derrière la petite fontaine. Ils ont dû entrer par cette vieille maison toute délabrée. Je vais jeter un coup d'œil, tu me couvres pour faire diversion si nécessaire !
- Maintenant qu'on connaît leur position, on pourrait pas rebrousser chemin et prévenir le commandant ! essaya-t-il de le convaincre à nouveau dans le but d'éviter le combat.
- Non ! s'opposa l'épéiste. Puisqu'on est là, tâchons d'en savoir davantage !
- Squall ! On est hors zone ! contesta une fois de plus celui-ci.
- Oh Zell t'es une poule mouillée aujourd'hui ou quoi ? T'as qu'à rester là si tu veux, moi je bouge ! s'obstina Squall résolu dans ses décisions.
- Pff… t'es vraiment chiant ! » jura le puncheur qui se doutait que lui et Squall encouraient les représailles de leurs supérieurs car ils étaient en-dehors du périmètre autorisé.

Passé la porte d'entrée, l'intrépide gunblader n'eut pas de mal à repérer l'escalier montant au grenier. Parvenu sous le toit, Squall eut dans son regard, cinq hommes tous armés s'affairant autour d'appareils de brouillages et d'espionnages électroniques, en train de préparer la mise en place de snipers. Il comprit immédiatement qu'il s'agissait de tout un arsenal menaçant directement la tour satellite et ses camarades.

Tout à coup, plus bas, il entendit des bruits de casse.

« Probablement Zell et d’autres adversaires… » songea Squall mentalement.

La présence du militaire fut aussitôt détectée. Ainsi face aux salves violentes qu'il essuyait, Squall n'eut pas d'autre choix que de répliquer. Chacun de ses tirs furent mortels. Quelques secondes après, cinq cadavres jonchaient le sol. Et Zell accourait auprès du combattant tombé à terre à son tour.

« Eh Squall est-ce que ça va ? s'affola le karatéka. J’ai été retenu !
- Zell, c'est toi ? Je sais pas ce qu'ils mettent dans leur canon mais une de leur balle m'a projeté à terre. Heureusement que j'avais mon gilet.
- Et moi j'ai trouvé deux gars en bas que j'ai neutralisés, ils n'étaient pas armés, apparemment ce sont des ingénieurs. Les services des renseignements seront contents de les interroger, ceux-là au moins, ils sont vivants ! »

Le gunblader, épuisé, le regarda avec un léger sourire, conscient de l'hécatombe dont il était responsable.

Quelques minutes plus tard, le quartier fut bouclé par les forces de police. Squall et Zell repartirent vers la tour Satellite.

***


Une fois rentrée à l'université, les soldats se félicitèrent de leur première mission qui s'était bien déroulée. L'antenne satellite avait pu être réparée et un système de surveillance avait été établi afin d'éviter toute nouvelle tentative de sabotage.

Les jeunes soldats se dirigèrent vers les salles d'eau en vue de prendre tous ensemble une douche bien méritée. Dans les vestiaires où il traînait encore, Squall fut une fois de plus apostrophé par Snake :

« Félicitations pour avoir quitté ton poste Leonhart ! lui reprocha celui-ci.
- Tu peux pas aller voir ailleurs si j'y suis !? rétorqua Squall froidement. Je vais finir par croire que tu me cherches vraiment ! Irvine n'a donc pas besoin de toi ?
- Je veux pas de problème ! affirma l'interlocuteur. Mais sache qu'ici, on est tous dans le même bateau, et que si tu ne respectes pas les règles, tu nous mets tous en danger ! » acheva ce dernier prêt pour la douche.

De retour dans les vestiaires, le corps humide et une serviette à la main, Zell, ayant entendu la conversation, croisa Snake qui le heurta à l'épaule. Le karatéka l'observa méchamment puis s'adressa à son équipier :

« Bah, fais pas attention à ce qu'il dit, Squall. Il l'a mauvaise parce que grâce à nous, la brigade d'espionnage a pu mettre la main sur les infos qu'elle souhaitait avoir depuis longtemps !
- C'était juste du bol ! » intervint Irvine qui les rejoignit, le linge de bain autour du cou.

Le sniper ouvrit son casier, et en se tournant devant les deux autres les critiqua également :

« Vous auriez pas dû vous trouver à cet endroit !
- Oh toi, le toutou à sa mémère, retourne sous la douche astiquer de ce qui te sert d'équipier ! espéra le ridiculiser Zell.
- Ça suffit ! » le stoppa Squall d'une main sur l'épaule.

Puis le gunblader se rapprocha d'Irvine.

« Toujours pas parti Kinnéas ? l'interrogea rudement le brun en effectuant une pichenette avec deux de ses doigts sur le torse de son ancien béguin, près de sa cicatrice.
- Almasy m'a menacé de me faire passer pour déserteur si j'abandonnais. Ce mec est cinglé ! avança Irvine écœuré. Je sais pas de quelle manière il a le bras long et j'ai pas envie de vérifier ! »

Après un court silence, il poursuivit :

« Tu crois que tu pourras oublier notre relation ? » s'alarma-t-il.

Les corps détendus, chacun plongeait son regard dans celui de l'autre.

« Dis à ton coéquipier de me laisser tranquille ! Ses commentaires, qu'il aille se les foutre où je pense ! » lui enjoignit Squall sèchement en guise de réponse.

Un militaire administratif surgissant les interrompit, délivrant une convocation chez le colonel au binôme des rues de Dollet.

Quelques instants plus tard, dans son bureau, l'officier s'adressait sévèrement aux deux soldats restés debout :

« Non seulement vous avez désobéi aux ordres et n'avez pas respecté votre zone d'affectation, mais vous avez pris en plus des risques en allant tout seul au contact, ce qui aurait pu faire de vous d'éventuels prisonniers dans le cas d'une prise d'otages et mettre l'académie en difficulté. Sans compter votre section laissée affaiblie par votre absence en cas d'attaque de l'antenne de la tour ! Les gens de Dollet nous font confiance parce qu'ils savent que nous ne sommes pas des têtes brûlées, or qu'avez-vous fait ? Vous vous êtes comportés comme des terroristes, la tête en feu, l'envie d'en découdre, une confrontation au danger sans commune mesure avec vos possibilités sur le terrain ! Et si tout s'est déroulé favorablement pour vous, vous ne le devez qu'à la chance ! Pas sûr que la prochaine fois, vous vous en tiriez avec si peu de dommage ! Toutefois notre organisation ne peut tolérer des éléments susceptibles de prendre des initiatives sans en référer à leur hiérarchie ! Selon le règlement vous passerez en conseil de discipline d'ici trois semaines, votre cas sera étudié et donnera lieu à une sanction par les plus hautes instances, et ce n'est pas parce que le père de l'un d'entre vous a été un membre honorable de notre institution que cela vous sauvera ! Vous recevrez la convocation en temps et en heure pour vous présenter devant le conseil qui statuera ! »

Il dévisagea les jeunes gens incriminés dans le but de les intimider :

« Avez-vous quelque chose à ajouter ?
- Je suis le seul responsable de ce qui est arrivé, monsieur ! Zell n'a fait qu'essayer de me dissuader, plaida pour son ami le plus audacieux des garçons.
- Est-ce vrai Dincht ? questionna l'officier.
- Affirmatif mon colonel ! Mais voyant comment Squall était fermement déterminé à explorer les lieux où il avait détecté le groupe ennemi, j'avais le devoir de le couvrir !
- Vous avez de la chance que Leonhart reconnaît être le seul coupable ! Il fera donc seul l'objet d'une convocation pour indiscipline. C'est bien ce que je pensais, votre équipier ne vous a pas laissé d'alternative ! Cependant, vous serez tous les deux consignés pendant un mois ! »

L'officier revint sur l'épéiste :

« Votre comportement est inadmissible Leonhart ! Croyez bien que je ferai en sorte que le conseil conclut à votre renvoi. Rompez, et que je n'entende plus parler de vous sinon ça va barder ! » s'égosilla une dernière fois le colonel.

Les deux militaires sortirent illico de la pièce où l'atmosphère lourde s'était accentuée. Zell soupira, il relâcha la tension qu'il avait retenue face au courroux de leur supérieur.

« Dans quel guêpier tu t'es fourré ! En tout cas merci Squall, bravo ! Moi qui voulais me rendre chez mes parents le week-end prochain, c'est fichu ! s'écria-t-il la mine dépitée. Ma mère va me tuer !
- Je te revaudrai ça Zell !
- Pff… je me demande comment ! Quatre week-ends de suite à faire des corvées, c'est bien ma veine ! Tu ne pouvais pas te tenir tranquille ? Quand maman va savoir que c'est par ta faute que je suis consigné, elle va t'en vouloir un max !
- Avec la paye qu'on nous auras donné, je lui enverrai des fleurs et des chocolats ! promit-il.
- Je dois reconnaître que t’as toujours su l'amadouer ! Moi, elle me voit toujours comme un gosse ! ronchonna le karatéka. Pff ! souffla-t-il une nouvelle fois. Encore heureux que tu m'as fait éviter le conseil de discipline ! »

Parvenus à proximité du bureau de leur instructeur, le brun arrêta sa marche.

« Tu fais quoi ? interrogea Zell observant son copain hésiter à frapper. Tu considères que tu n'as pas assez d'ennuis comme ça !? » l'avisa ce dernier.

Squall cogna finalement à la porte.

« Juste une petite visite de courtoisie ! le rassura le gunblader impatient de revoir son professeur.
- C'est ça, je vais te croire ! À tout à l'heure pour le déjeuner ! lui donna-t-il rendez-vous.
- Entrez ! lui fit une voix provenant du bureau. Squall ? s'étonna Seifer en découvrant le visage de son protégé. Je ne pensais pas te revoir de sitôt !
- Salut, je vous dérange ? le considéra simplement le jeune soldat.
- Salut. Alors, c'est toi qui fait crier le grand chef ? se renseigna l'instructeur mi-moqueur.
- Ça en a tout l'air, sourit Squall.
- M'est avis qu'il aurait fallu éviter ! notifia l'ancien gunblader. Qu'est-ce qui t'amène ? Tu t'es décidé à ne plus me bouder ?
- Est-ce que j'ai le choix si je veux avoir une nouvelle chance d'être réinvité chez vous ? »

L'enseignant ne sut que répondre.

« Et puis..., poursuivit Squall, j'ai réfléchi ! Bien qu'il fait tout pour m'éviter, je suis persuadé que mon père n'hésitera pas à vous casser la gueule quand il apprendra qu'on sort ensemble, que vous soyez une de ses connaissances ou non ! ricana le brun.
- Toi et moi, on ne sort pas ensemble ! désapprouva ardemment Seifer.
- Ah oui et le p'tit baiser d'hier midi alors ?
- Tu m'as eu par surprise ! se défendit encore le professeur. Mais si je comprends ton raisonnement, ce qui te fait plaisir, c'est la perspective que ton père puisse me casser la gueule ? Si tu ne me trouvais pas très net l'autre jour, alors qu'est-ce que je peux dire de toi ! »

Squall haussa les épaules et enchaîna :

« Bon ça ne vous dérange pas si je retourne cette photo pendant que je suis là ? revendiqua-t-il en pivotant le tableau de son père et Seifer face au meuble sans attendre d'autorisation.
- Si tu ne débarquais pas ici, ça ne te gênerait pas ! » lui fit remarquer l'instructeur.

Squall ignora délibérément l'observation et adopta un ton autoritaire :

« Mon père et vous, de quelle manière vous vous connaissez ? »
Seifer parut réfléchir.

« D'abord il a été mon prof, et quand il a recommencé à accepter des missions, j'ai été son partenaire de combat ! Voilà tu sais tout ! Rien de plus !
- Vous êtes amis maintenant ?
- On reste en contact, comptait-il demeurer dans le vague.
- Vous vous êtes revus récemment ?
- Tu es jaloux ? souhaita tout à coup s'amuser l'enseignant.
- Ne jouez pas à ça avec moi ! s'irrita le brun.
- Oui, j'ai pu observer... Justement, ton père m'a appelé à ton sujet ce matin.
- Il t'a appelé ? lâcha Squall surpris à en oublier son vouvoiement.
- J'espère que tu ne vas pas détaler une nouvelle fois ! suspecta le professeur rieur.
- J'ai pas détalé ! contesta Squall, exécutant une moue. J'étais en colère d'apprendre que vous le connaissiez personnellement ! élucida-t-il en cessant le tutoiement. Que vous a-t-il demandé à mon sujet ?
- Eh bien il espérait que je puisse t'écarter de la BGU en t’appliquant une très mauvaise notation !
- Rien que ça ! Et pour quelles raisons ?
- D'après ce que j'ai compris, il a peur pour ta sécurité et il est sacrément remonté contre toi que tu lui aies désobéi en t'inscrivant ici.
- Des conneries tout ça ! s'emporta Squall. Sûr qu'il doit rager que j'ai été admis ! Ça lui ferait mal au cœur de se rendre compte que je peux être autant efficace que lui et même plus ! »

Sans permission, Squall s'assit :

« De toute façon, ça m'étonnerait que je fasse long feu à la BGU. Si je suis renvoyé dans trois semaines, à ses yeux ce sera la confirmation de la piètre idée qu'il avait de moi, nos relations ne vont pas s'en trouver améliorées.
- Je n'arrive pas à comprendre comment sont tes rapports avec lui !?
- Il n'y a rien !
- Il n'était même pas au courant que tu avais le niveau pour entrer à la BGU ! lui rapporta Seifer.
- Quand je lui ai dit que j'intégrais l'académie, sa première réaction a été de ne pas me croire ! Il a jamais voulu que j'entre dans une institution militaire. Je me suis débrouillé comme j'ai pu pour lui cacher mes entraînements à la gunblade. J'ai également réussi à lui faire payer différents stages sans qu'il se rende compte que cela concernait en fait des camps militaires. Ado, je lui avais même fait croire, que je pratiquais le scoutisme avec Zell, pour lui tant qu'il ne m'avait pas dans les pattes, c'était le principal !
- Tu exagères, non ?
- Eh ! Je suis sûr que tu n'as jamais entendu parlé de moi à travers de sa bouche !
- Effectivement, admit tristement l'instructeur.
- Tu vois ?
- Je sais juste que ça a été difficile pour lui quand ta mère est morte.
- Encore des foutaises, pour moi aussi ça a été dur ! se fâcha le jeune homme. J'avais neuf ans ! Il a tout fait pour ne pas m'éduquer ! s'exaspéra le brun en s'arrachant de son siège. Au moment où j'aurais eu le plus besoin de lui, il s'efface quasiment de ma vie ! Comment tu veux que je ne le déteste pas ? Et quand il se manifeste, c'est pour m'interdire d'entrer à la BGU ?! Qu'il aille au diable !
- Et il n'y a pas un moyen pour que vous renouiez une relation père/fils ? souhaita savoir l'enseignant.
- Déjà pour renouer, il y aurait fallu qu'il y ait eu un lien avant !
- Il n'y en avait pas du temps de ta mère ?
- Si, peut-être... songea-t-il brusquement mélancolique. Mais maintenant que je n'ai plus trop besoin de lui. Renouer pour quoi faire ? Il m'a toujours détesté.
- Peut-être que...
- On peut arrêter avec ça ! » l'interrompit Squall qui s'avança vers le blond.

Profondément installé dans son fauteuil, Seifer, imprégné d'un trouble pour le jeune homme, décroisa ses jambes pour se mettre à l'aise. Il testa son interlocuteur :

« Quelle est la raison de ta visite au juste ?
- J'avais envie de te revoir, sourit le brun qui le tutoya derechef délibérément. J'espère que ça te plaît aussi.
- Retourne t'asseoir, lui enjoignit Seifer en pointant du doigt la place vide que celui-ci venait de quitter.
- Je te mets mal à l'aise ? » souffla malicieusement Squall.

Tout leur sens émoustillé par la situation, les deux séducteurs s'admirèrent du regard. Seifer rompit le silence qui s'était installé.

« À travers la porte vitrée, il n'est pas difficile de deviner que tu es en train de me reluquer. Crois bien que si on était chez moi, je ne prendrais pas la précaution de freiner ton enthousiasme. Je laisserais la fièvre entre nous s'exprimer et te laisserait tout le loisir de sonder mes sentiments pour toi... Ici, dans ses locaux, tu restes mon élève et moi, le professeur ! Donc garde aussi le vouvoiement !
- Tu m'avais donné la permission l'autre jour, en-dehors des cours ! s'amusa à répéter Squall.
- Eh bien ça ne vaut qu'à l'intérieur de chez moi ! On tient ses distances ici ! Voilà. Maintenant que tu m'as vu ! Tu peux me laisser travailler que je puisse finir de préparer mes cours ? s'embrouilla Seifer.
- Alors tu comptes me réinviter ! en déduisit le jeune homme.
- Je te promets que nous aurons l'occasion d'une plus grande intimité dans ma demeure. File ! » lui ordonna Seifer sur un ton qui s'entendait convainquant.

Squall ne se fit pas prier, content de savoir qu'il retournera inévitablement dans la maison de son instructeur.

***


L'après-midi se passa dans l'amphithéâtre où le commandant effectua le débriefing de la mission du matin sous l'œil attentif de Seifer. L'instructeur avait également la charge d'évaluer les étudiants durant les épreuves pratiques. Il avait donc été tout naturellement invité à la séance par le commandant, lequel lui cédait la parole de temps à autre afin qu'il intervienne avec des remarques pertinentes concernant les défauts et les qualités de ses élèves, aussi bien au niveau de leur façon de combattre, que dans leur stratégie d'attaque.

« Rien à redire donc pour Little pancake et Matt Five ! déclara le commandant. Impeccable à propos de la défense d'Irvine et Snake ! » épilogua l'officier qui faisait défiler au fur et à mesure les images de la mission ayant été filmée grâce aux caméras embarquées de chacun des militaires.

Jusqu'ici les commentaires s'étaient bien passés jusqu'à ce que l'officier enchaînât sur son étudiant téméraire. Le commandant incita Seifer à se lever et à commenter :

« Bravo pour ce combat Squall ! Cinq contre un, très courageux de votre part ! Vous nous avez donné une bonne leçon de tactique ! Vraiment, très bon combat ! le félicita-t-il à demi-réjoui. Mais, continua-t-il en baissant le ton et en s'exprimant plus lentement, si vous aviez envie… de vous suicider…, il fallait venir m'en parler ! » se moqua-t-il à moitié en fixant l'intéressé droit dans les yeux.

Puis il s'adressa à son auditoire :

« Squall prend des risques inutiles et met en danger son partenaire. Il contribue indubitablement à détrôner les opposants, mais c'est en brisant les règles. En rompant la consigne qui était de ne pas sortir de la zone de sécurité, Squall ne respecte pas les ordres et entraîne de surcroît son partenaire de combat à ne pas les respecter non plus ! »

Le regard impénétrable de Seifer retourna sur celui de l'élève :

« Squall, comment pourra-t-on vous faire confiance par la suite si une idée vous venait et que vous la suiviez en-dehors des consignes prodiguées ? Comprenez-vous que vous mettez en péril toute votre équipe ! La jeunesse de votre tempérament, votre tendance à prendre des initiatives font de vous un élément incontrôlable sans compter que la prochaine fois, ça pourrait mal tourné et que vous pourriez, comme ce matin, mettre en danger la vie de votre groupe en même temps que la vôtre ! Les opérations militaires aujourd'hui sont basées sur la stratégie, la technologie et le travail d'équipe, pas du tout sur la prise de risque ! C'est ce qu'on essaie de vous apprendre ici à la BGU mais vous êtes encore tel un cheval sauvage dans le troupeau ! D'ailleurs il me semble que vous allez être convoqué au conseil de discipline pour votre exploit ? Qu'est-ce que cela vous inspire avec le recul ?
- Des ennemis s'étaient probablement introduits dans le bourg. J'ai vérifié qu'il n'y avait pas de menaces à proximité… Zell et moi pouvions aller voir ce que conspiraient le groupe d'individus suspects, l'ennemi n'était pas en grand nombre ! Il fallait agir vite avant qu'ils ne mettent leur plan à exécution ! J'ai donc pris seul la décision de les contrer ! se justifia ardemment Squall.
- Et avez ainsi désobéi aux ordres ! Sachez que toute votre petite mise en scène n'était pas nécessaire ! Si vous aviez communiqué vos intentions à votre chef, Little Pancake et Matt Five auraient reçu des ordres pour aller patrouiller cette zone ! De cette façon ceux-ci auraient informé le besoin de secours et seulement à cet instant-là, on vous aurait envoyé en renfort avec Zell. Peut-être aurait-on pu éviter cette hécatombe ! Et puis que cherchiez-vous à prouver ? C'était totalement stupide de vous lancer cinq contre un ! Voulez-vous préciser autre chose ?
- Le débriefing est une chose, le terrain, en est une autre. Les belles paroles ne neutralisent pas les armes qu'on pointe sur vous au détour d'un bâtiment ou d'un chemin, la réaction est immédiate, c'est un instinct de survie et n'importe qui ici en aurait fait autant ! Quant à la mort, ce n'est pas moi qu'elle a emporté ! argua farouchement le brun.
- Je vous ai bien entendu. Je ne conteste pas vos qualités, il est clair que votre cas relève soit de la prison, soit de l'infirmerie. Je dis que vous êtes soit trop doué, soit complètement fou ! Dans le premier cas, changez de métier, dans le second, allez vous faire soigner ! »

Un rire traversa l'assemblée.

« Je vous recommande de respecter les ordres à l'avenir si vous ne voulez pas avoir de problèmes ! J'espère que vous n'ambitionnez pas en plus de prendre ma place un jour où celle du commandant ! fit-il encore esclaffer l'assemblée, parce que c'est plutôt mal parti ! Squall, lui assura-t-il en définitive plus sérieusement, les règles… ne sont pas faites pour que vous les ignoriez ! Il en va de la sécurité de tous ! Image suivante ! passa à autre chose le conseiller tactique.
- Squally-boy, on dirait bien que l'instructeur t'a dans le collimateur…» le nargua Snake qui était dans un des fauteuils au-dessus de lui.

L'étudiant, vexé d'avoir été la risée de tout le monde, se referma complètement sur lui-même. Il n'écouta plus durant tout le reste de la cession, s'obstinant à observer méchamment Seifer tandis que le professeur lui lançait des regards inquiets de temps à autre. À la fin de la séance, le brun prévint Zell qu'il comptait prendre l'air seul. Squall sortit énervé par la réunion et s'éloigna des bâtiments de l'université pour se rendre dans un coin à l'écart.

« Squall ! entendit-il dans son dos tandis qu'il était positionné contre une balustrade en train d'admirer au loin les avions de chasse au décollage de la base aéronavale du côté nord de l'institution.
- Je vous déteste ! Je croyais que vous aimiez mon audace, ma façon de combattre ! fulmina furieusement le brun.
- Ton audace oui, mais pas ton impulsivité ! commenta l'expert.
- Allez vous faire foutre ! maugréa l'élève qui s'éloigna à grands pas en direction des terrains vagues.
- Squall, écoute donc ce que j'ai à te dire ! s'énerva Seifer de devoir trottiner pour rattraper le jeune homme en dérobade. Leonhart ! » rugit-il agacé de l'appeler, l'élève persistant à l'ignorer. John ! le héla-t-il en définitive encore plus sévèrement.

Squall suspendit sa course. On ne l'avait pas désigné par son prénom depuis une éternité. Il se dressa face à l'instructeur.

« Vas-tu arrêter de cavaler oui ?! » vociféra Seifer en arrivant à sa hauteur.
Engageant une explication, il lui agrippa une de ses épaules pour s'assurer qu'il ne repartirait pas :

« Mon rapport était totalement légitime ! plaida-t-il ensuite.
- Vous n'étiez pas obligé d'en rajouter une couche même si j'avais tort ! se révolta l'élève.
- Si j'en ai rajouté une couche comme tu dis, c'est qu'il y a une raison ! se défendit énergiquement le blond.
- Ah oui, laquelle ? hurla violemment Squall qui se dégagea de l'emprise.
- Je ne sais pas si c'est bon pour toi que je te le dise ! proclama Seifer irrité, ce qui entraîna immédiatement le revirement de l'étudiant qui réitéra sa marche effrénée tant sa contrariété était à son comble.
- Tu vas arrêter de me distancer et de te comporter comme un gamin ! s'exaspéra le précepteur.
- Alors dites-moi ! pressa Squall qui s'immobilisa d'un coup, le plus vieux devant stopper net pour ne pas lui rentrer dedans.
- Bon ! annonça Seifer apaisé que son étudiant ne se mouvait plus. Tu t’es calmé au moins ?! » vérifia-t-il encore.

Comme Squall grommela un ''oui'', Seifer prit une grande inspiration avant de se jeter à l'eau :

« Maintenant que... j'apprends de plus en plus à te connaître... élabora-t-il d'une voix émue, ses mots ayant quelque difficulté à sortir, je commence..., enfin je crois... je crois que je suis en train... de tomber amoureux de toi, tu es content ? Et parce que j'ai pas envie que les autres détectent mes sentiments à ton égard, il fallait bien que je les camoufle d'une manière ou d'une autre !
- Ah oui ? Vous êtes amoureux de moi ? s'ébahit Squall qui ne parvenait pas à croire la révélation de son instructeur.
- Je te l'ai dit, tu es irrésistible avec tes ray-ban ! » décréta Seifer comme une évidence.

Squall ne put pas se retenir plus longtemps d'approcher les lèvres de l'homme devant lui, et l'embrassa vigoureusement et avec sensualité.

À suivre !


Dernière édition par Miki return le Jeu 23 Juil - 01:48 (2015); édité 3 fois
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MessagePosté le: Mer 15 Juil - 17:13 (2015)    Sujet du message: Publicité

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Si j'étais héros ou héroïne de Walt Disney: Squall (*fufufu*)
Si j'étais dans Viewfinder je serais: Fei !

MessagePosté le: Lun 20 Juil - 18:28 (2015)    Sujet du message: ''Gunbladers'' ou ''Eh, tu me prêtes ta gunblade ?'' Répondre en citant

Bon... Pour ceux que ça intéresse... la suite... : oµ2

Les critiques, je les accepte, tout comme m§3 les comm' sans critique... !

Pour ça que j'ai mis pour les - 18 ans... oµ2 : Warning d'ailleurs... :
scène + ou - d'agression sexuelle...


Chapitre 5 : Quand le passé te rattrape

De retour à son bureau, quelqu'un l'attendait derrière la porte. Il n'avait pourtant aucun rendez-vous à cette heure bien avancée.La silhouette se détachait du verre flouté qui le séparait encore de l'individu. Elle ne lui paraissait pas inconnue. Il sentit alors monter l'inquiétude en lui lorsqu'il devina l'identité de celui qui patientait.

Quand il pénétra dans l'office, le visiteur arbora un sourire ravi sur un visage dont les yeux brûlaient de concupiscence pour le corps de l'ancien élève qu'il avait en face de lui.

« Laguna, toi ici ? fut désorienté Seifer.
- Eh bien cache ta joie de me voir ! s'exclama le père de Squall. Il y a un moment que je ne t'ai pas rendu visite…
- On aurait pu se rencontrer chez toi plutôt qu'ici ! grommela le blond.
- Je voulais te faire une surprise, merci pour l'accueil... ! J'espère que t'en resteras pas là !
- Toi et moi c'est du passé ! s'indigna Seifer.

Avec la poigne d'une seule main, Laguna serra soudainement la nuque du civil et lui colla ses lèvres sur la bouche. Seifer tenta malgré tout de se dégager de la domination et tourna la tête résolument en vue d'éviter l'introduction de la langue.

« Ce temps-là est révolu ! se rebella-t-il fermement en s'écartant de l'homme.
- Quoi ma petite caille !? s'offusqua Laguna. C'est moi qui t'ai élevé, je t'ai tout appris : il est normal que le professeur fasse la fête à son élève de temps en temps ! Ça fait déjà un moment ! Ta voix au téléphone a réveillé en moi le désir de frôler ma peau contre la tienne. Comme c'est bon de te revoir, insista satisfait le plus vieux. Tu te souviens de la dernière fois…
- Arrête ! rougit le blond qui devant son ancien instructeur perdait tous ses moyens.
- Viens avec moi... » ordonna-t-il tirant brusquement Seifer par la main.

Personne en vue dans le couloir, il l'entraîna à l'intérieur du local d’entretien.

« Laisse-moi tranquille, pas cette fois ! » protesta le plus jeune, paniqué par le tour qu'avait pris les circonstances auquel il avait été pourtant habitué en tant qu'étudiant sous les ordres de Laguna.

Tandis qu'il referma la porte derrière eux tout en la verrouillant, Seifer se cabra de nouveau tentant désespérément de se soustraire de la proximité de l'ancien militaire :

« Tu fais quoi ?
- Tu le sais bien, lui susurra l'autre avec malice à l'oreille. Je ne vais pas y passer la journée, Seifer, alors profite ! »
Le ventre aussitôt plaqué sur une petite table, Seifer sentait, sur le bas de son dos, deux mains charnues glisser son pantalon jusqu'à ses chevilles.
« Un p'tit coup n'a jamais fait de mal à personne ! déclara le vieux ‘‘Casanova’’ en commençant aussitôt à se caresser lui-même. Regarde comme je suis excité ! » lâcha t-il.

Laguna poursuivit comme il l'avait prévu. Il prépara le blond enfonçant différents doigts dans son intimité, la pommade qu'il avait apporté subsistant dans sa poche, et son autre main branlant vigoureusement son membre turgescent.

« Je suis sûr que depuis que tu es ici tu n'as pas baisé une seule fois ! »

Seifer se maintenait là, irrémédiablement impuissant à protester davantage tellement il avait permis à l'instructeur d'avoir de l'emprise sur lui… Avec le temps, il pensait qu'il avait la capacité de lui résister, mais sans comprendre pourquoi, ça lui était cruellement impossible. À croire que le plus vieux avait un réel pouvoir de contrôle mental sur lui. À moins qu'il partageait toujours dans sa chair, la même passion datant de ses années d'élève.

« T'es toujours aussi serré, commenta l'ancien Don Juan en retirant ses doigts. Voilà, tu es prêt ! lui signifia-t-il une clameur dans la voix. Je vais te prendre en levrette comme j'aime. »

Et après l'avoir positionné comme il le désirait, Laguna le pénétra sans plus de précaution, Seifer se retenant de hurler de douleur. Il le baisa ainsi comme un maquereau tirait sa putain au détour d'un caniveau. Accompagnant les coups de butoir de l'organe volumineux qui le déchirait, Seifer se masturbait.

« Par devant s'te plaît ! » articula difficilement le plus jeune.

L'aîné ne se fit pas prier. Le membre veineux sortit une première fois pour laisser Seifer prendre position le dos sur la table avant de disparaître de nouveau dans le gouffre ouvert à son désir.

Quelques minutes plus tard, ils libérèrent leur tension d'une giclée après l'autre, souillant leurs habits et le sol. Le blond avait réussi malgré tout à ressentir du plaisir sur la fin. Les yeux solidement fermés, il avait imaginé Squall l'abusant.

Laguna le premier reprit ses esprits.

« Bon, c'était sympa de se revoir ! assura l'ancien militaire avant de le quitter. Ne reste pas trop longtemps ici, tu pourrais t'y faire enfermer ! »

Comme il avait la main sur la poignée de la porte, il balança encore moqueur :

« T'as l'air de t'encroûter ici, t'avais grand besoin d'exercice... On se rappelle ! »

Puis il s'en alla abandonnant Seifer positionné sur le sol froid, dos contre le mur à moitié nu l'air dépité.

En quittant les lieux, Laguna remarqua un étudiant émergeant du bureau de celui dont il venait de posséder sexuellement :

« Si vous recherchez votre instructeur, je pense qu'il ne sera pas disponible pendant un bon moment ! » proféra l'homme fier de sa performance.
Surpris, l'élève le dévisagea et s'interrogea sur ce que pouvait bien savoir cet inconnu, qui provenait du local de nettoyage, concernant son professeur.

En effet Seifer était en retard pour sa dernière leçon de la soirée. Les étudiants patientaient dans leur salle de classe. L'un d'eux avait été envoyé en éclaireur. Squall ne s'était pas porté volontaire. Toutefois tandis qu'il contemplait par la fenêtre le bel espace vert impeccablement entretenu, où se répartissaient plusieurs espèces d'arbres et jolis bosquets, garni de différentes plantations de fleurs écloses à cette époque de l'année en parfaite adéquation avec la verdure, il vit avec stupéfaction son père traversé d'un bon pas les pelouses du parc, le visage fermé, froid comme de la pierre.

Squall se demanda aussitôt si l'absence du professeur était en rapport avec la visite de ce dernier. Comme les questions fusèrent dans son imagination, il sortit avec empressement de la salle, se mettant à courir à l'extérieur sous les regards scandalisés de quelques résidants, en direction du bureau de Seifer.
Le brun ne le trouva pas plus que le camarade de classe mandaté avant lui, toujours à l'étage. Comment avait-il pu espérer faire mieux que celui-ci ? Le civil ne se situait nulle part où il aurait dû être. La situation lui paraissait étrange.

Cependant Seifer ne demeurait pas très loin. S'éternisant prostré dans son coin, il était submergé par les évènements, éprouvant de la honte et suintant la sueur.

Au bout d'une demi-heure, le cours fut finalement annulé, Squall s'interrogeant toujours sur le pourquoi de l'absence de son instructeur qui étrangement n'était pas réapparu. Il ruminait également quelle avait été la raison de la présence de son père sur le terrain de l'université et qu'est-ce que ce dernier comptait manigancé contre lui.

À suivre !


***


Voici un autre chapitre... peut-être un peu long... mais bon oµ2 peut-être aussi quelques phrases maladroites mais j'ai fait du mieux que j'ai pu...

Chapitre six : LE CONSEIL DE DISCIPLINE

La date du conseil de discipline était arrivée.

Squall trouva béante la porte de la grande salle où le public était également convié.

Le protocole intérieur au tribunal disciplinaire prévoyait la possibilité de tenir des audiences ouvertes. Plusieurs fois dans le passé cela s’était avéré nécessaire si bien que l’institution avait entérinée cette pratique dans son règlement, pratique à laquelle l’accusé pouvait toutefois s’opposer. Mais dans le cas de Squall, il n’avait vu aucun mal et même ne s’était pas intéressé à la question. C’était la première fois qu’il faisait l’objet d’une telle convocation susceptible de mettre fin à sa carrière.

Dans l’assemblée, un bref coup d’œil lui permit de reconnaître Irvine et Zell, chacun étant situé sur un des côtés opposés des bancs de la salle. Il n’y avait pas beaucoup de monde. Quelques-uns de ses camarades de classe étaient présents, juste par curiosité… mais aucune trace de son instructeur qui s’était évanoui de l’université depuis trois semaines. La déception enserrait son cœur en même temps que des pensées inquiètes pour son professeur remplissaient son esprit… Il fut tout de même soulagé de constater que son père n’était pas présent, peut-être n’avait-il pas été mis au courant de ses frasques, ce qu’il doutait fort.

Le conseil était présidé par le colonel de l’université et composé de cinq membres maximum. Un lieutenant-colonel et un autre officier vétéran de la BGU occupaient les deux places à la droite de l’officier supérieur. Ils appartenaient à la même institution que Squall, tandis que sur la gauche, les deux autres participants étaient des représentants de plein droit de l’armée fédérale et de l’union des académies convoqués à chacune des réunions correctionnelles comme l’envisageait la réglementation.

Le brouhaha fit place à un long silence qui ne fut interrompu que par la parole du président. Celui-ci invita Squall à s’asseoir devant la commission dans le siège établi à cet effet, puis déclara l’audience ouverte.

Après la vérification de l’identité du prévenu et la présentation de tous les membres, il fut demandé au jeune militaire s’il avait escompté l’assistance d’un tiers puisque l’autorisait la loi intérieure. Squall fit un mouvement de tête renseignant qu’il avait renoncé à ce droit.

Le soldat se tourna encore une derrière fois comme pour tenter d’apercevoir le regard de Seifer dans un public où l’enseignant était pourtant absent. Il croisa seulement les yeux de Zell qui lui fit un signe d’encouragement.

La lecture de l’acte d’accusation débuta.

« Je rappelle tout d’abord les manquements au règlement qui vous sont reprochés et qui vous valent une convocation devant cette commission, débita le colonel qui voyait déjà l’étudiant expulsé de la BGU. Désobéissance aux ordres, abandon de poste, mise en danger de la vie d’autrui… »

Squall gardait un visage impassible. L’officier le fixait durement.

« Nous allons en premier lieu rappeler les faits, puis vous serez amené à vous défendre. Enfin le conseil votera à main levée sur la question qui lui sera posée. Je tiens à porter à votre connaissance que tous les membres du comité ont reçu il y a deux semaines copie de l’acte d’accusation. »

Alors le président relata à l’assemblée très silencieuse et attentive ce qu’il reprochait à l’incriminé.

« Ainsi la mission à laquelle monsieur Leonhart participait ne concernait que la défense d’une tour satellite en cas d’attaques éventuelles, l’objectif n’était en aucun cas de partir au contact de l’ennemi ! Or monsieur Leonhart a fait fi de cette injonction ! Il a préféré, de lui-même, contraignant son équipier à transgresser les ordres, pourchasser l’ennemi ! »

Il effectua une pause pour produire un effet dans la salle, et poursuivit :

« Premièrement, le lieutenant a déserté son poste en dépit des risques hypothétiques pouvant survenir et ainsi surprendre ses collègues basés près de la tour, deuxièmement il n’a pas souhaité référé de son déplacement à l’équipe avec qui il était en faction, ni à son supérieur ! De cette manière, son binôme a agi en parfait solitaire cependant que l’une des consignes de la mission était que tous devaient restés groupés… Troisièmement, en filant tête baissée vers l’ennemi, il s’est disposé lui-même en dehors de sa zone de combat, une autre violation des recommandations ! Et le summum, c’est que le lieutenant a exterminé cinq ennemis sans autorisation de tir et sans possibilité de les faire prisonniers ! »

Il s’adressa alors tour à tour à ses collaborateurs :

« Suite à tout ce que je viens de vous énoncer, vous remarquerez que le Lieutenant ne respecte ni les ordres du commandement, ni les règles de combat, ni ses équipiers qu’il n’hésite pas à abandonner à leur sort face à des ennemis potentiels ! De ce fait, il enfreint le règlement de la BGU. Il procède égoïstement et s’emploie à accomplir ce qui lui passe par la tête, ce qui est totalement inadmissible à un tel niveau de compétence ! Cette mission qui devait être élémentaire au départ s’est terminée en bain de sang tout comme sa petite empoignade avec monsieur Kinnéas à son arrivée ici ! »

L’officier, plus contrarié que jamais, orienta encore ses paroles sur Squall :

« Vous avez vraiment débuter vos classes sur les chapeaux de roue, monsieur Leonhart ! D'abord carnage avec un de vos camarades, ensuite insubordination au cours de votre première mission, désertion de poste de combat, engagement dans une attaque nullement autorisée ! Vous avez indéniablement accompli tout l’inverse de ce qui vous avait été ordonné ! Un comportement de ce genre est à bannir à l’académie. En conclusion, je dirais que le lieutenant Squall Leonhart a commis des actes susceptibles de justifier la décision de renvoi définitive de l’université ! »

Il adressa un dernier regard au jeune homme :

« Je regrette réellement de vous avoir accepté dans notre institution d'élite ! Je demande au conseil d’appuyer ma décision ! ».

Le lieutenant-colonel désira prendre la parole :

« Avant que vous ne vous consacriez à votre défense, Lieutenant, je me demandais… avez-vous déjà entendu parler du code du soldat ?
- Respect, honneur, loyauté, monsieur ! récita le brun solennellement.
- Et les principales prescriptions du code de la GBU ?
- J'exécute la mission jusqu'à l’aboutissement, je promets de faire preuve de discipline en toute circonstance et une maîtrise de soi à l’éthique exemplaire, je respecte ma hiérarchie… »

L’officier l’arrêta :

« Exactement ! Et par respect, on entend par là : obéir aux ordres ! Est-ce que vous pouvez nous expliquer ce qui vous est passé par la tête pour que vous vous soyez éloigné de votre poste si brusquement ?
- Je n'ai fait qu'accomplir mon devoir de vouloir défendre les citoyens de Dollet, Monsieur ! Le soldat doit également faire preuve d'initiative et s'adapter en toutes circonstances ! Aucun danger n’était à proximité, l’antenne était en sécurité… Il y avait du mouvement suspect : comptant mettre cinq minutes pour vérifier que tout était en ordre, je n’ai pas trouvé utile d’alerter mon supérieur, ni mon équipe.
- Oui mais vous avez tout de même contrevenu à une des règles fondamentales qui était celle d’obéir aux ordres, et vous avez par conséquent rompu la cohésion de votre unité ! »

Et le colonel surenchérit :

« Que vous inspire cette phrase monsieur Leonhart ? : ‘‘Assidûment responsable, la violence n‘est pas une option’’ ? »

La voix de Squall se durcit une nouvelle fois saisissant où souhaitait en venir le président du conseil :

« ‘‘J'opère avec rapidité et intégrité quel que soit l’aide pour laquelle j'ai été désigné’’ opposa le brun. Si j’avais eu le temps de prévenir des renforts, je l’aurais fait. Toutefois parvenu sur place, j’ai tout de suite enregistré le complot des ennemis, il fallait réagir vite, le risque de menace était trop important, pas le temps d’avertir quiconque, demander l’autorisation n’aurait fait que retarder l’interpellation… ils étaient au nombre de cinq, je savais que je pouvais gérer.

Squall prit un temps d’arrêt et expliqua :

« Je ne suis pas allé directement à leur contact, je me suis juste infiltré en vue de les espionner. Quand j’ai remarqué qu’ils se mettaient en position de tir, je me suis avancé… ils m’ont repéré. Après ce ne fut qu’une suite d’événements logiques, je n’ai agi que pour me défendre. Se montrant hostiles à mon égard, j’ai pas hésité, je les ai mis hors service, c’était moi ou eux ! L’enquête qui a été menée le confirme.
- Effectivement, acquiesça un des représentants de l’armée fédérale, selon l’instruction qui a été minutieusement conduite, il en est ressorti que vous avez sauvez toute votre équipe. Il a été mis en évidence que si vous en aviez attendu la permission, votre groupe aurait probablement été décimée par les terroristes embusqués qui disposaient de tout un arsenal dont la présence de snipers allaient servir à tuer chacun des soldats qui avaient été postés à la défense de l’antenne, et personne n’aurait jamais su d’où provenaient les tirs. Désirez-vous ajouter autre chose, monsieur Leonhart ? »

Squall lui fit signe que non de la tête.

« Dans ce cas, procédons au vote ! annonça le président. À la question si le lieutenant doit faire l’objet d’un renvoi, qui est pour ? »

Deux mains se dressèrent en les personnes du colonel et de l’ancien membre de la BGU.

« Qui vote contre ? » continua-t-il.

Les trois autres membres levèrent à leur tour la main. Amer, le colonel conclut :

« Ainsi donc vous êtes mis hors de cause… »

Le représentant de l’union des académies compléta :

« Les informations recueillis par le service de renseignement grâce à l’interrogatoire des deux techniciens prisonniers et la découverte du matériel des terroristes ont pu apporter une aide importante dans la résolution des problèmes de la région. »

Le colonel acheva :

« Très bien, vous vous en tirez bien. Vos états de service demeurent intactes, et bien que cela m’attriste, rien de ce qui vous a été reproché ne sera indiqué dans votre dossier… Puisque vous n’êtes pas renvoyé et que vous avez fait l’objet d’un bilan de santé duquel en est ressorti que votre mission ne vous a affecté ni sur le plan physique, ni sur le plan mental, le médecin vous déclarant apte, je vous autorise à regagner vos fonctions ! L’affaire est close. J’imagine bien que vous allez nous donner dans le futur une nouvelle occasion de vous produire devant ce conseil. je vous engage donc à assurer vos arrière…. Car c’est certainement dans des circonstances plus dramatiques que vous aurez à répondre de vos actes… »

La commission sortit en premier de la salle de tribunal par une porte qui leur était réservée. Ensuite, les quelques personnes dans l’assemblée se levèrent avant de se disperser. Squall, rassuré de toujours faire partie de la future élite, se mit debout également. Il sortit. Mais les dernières paroles du colonel résonnèrent dans sa tête.

Dehors, il vit que Zell l’attendait en bas des marches de l’entrée du tribunal.

Dès son apparition à l’extérieur, Irvine, qui patientait sous les arcades décorant le bâtiment, l’interpella avec d‘autres de ses camarades légèrement en retrait :

« Eh Squall, félicitations pour ton plaidoyer, l’aborda le play-boy qui posa une main timide sur son épaule.

Il la retira aussi vite comme Zell s’interposa.

Le tireur d’élite aurait voulu s’étendre davantage, toutefois il ne pouvait qu’avoir les yeux rivés sur Squall qui le dévisageait crûment.

« Bon si t’as fini, pousse-toi Kinnéas ! l’envoya balader Zell.
- Attends un peu non ? enjoignit Irvine à l’épéiste, ce dernier commençant à s’écarter. Aussi, avec les autres, se retourna-t-il, on souhaitait te remercier pour ce que tu avais fait… Au débriefing de cette mission, on n’avait pas capté le sens de tes agissements… l’instructeur et le commandant n’ont pas mentionné à quel point ça avait été capital pour nos vies. Ils ont réellement pas été sympa avec toi !
- Pas autant que toi, je pense ! répliqua le gunblader en faisant référence au fait que le sniper l’avait misérablement plaqué.
- Hum… continua le cow-boy embarrassé, merci en tout cas !
- Ouais merci mec ! Tu assures ! déclara l’un des camarades situé dans le dos d’Irvine en attrapant la main du brun dans le but de le congratuler ; celui-ci fut rejoint par d’autres manifestant la même reconnaissance que lui.
- Allez ça suffit ! » les rabroua Zell qui savait que son ami n’aimait pas la foule.

Une fois que plus personne n’était à portée de voix, en s’éloignant Squall s’adressa à son copain d’enfance :

« Il faut que tu me couvres pendant deux heures !
- Oh non Squall ! Tu viens de te sortir d’un guêpier c’est pas pour tomber dans un autre !
- J’ai besoin de savoir pourquoi Seifer ne revient pas ! »

Zell réfléchit, prit une grande inspiration, souffla lentement l’air qu’il avait dans les poumons, avant d’accepter :

« Très bien… Mais fais vite ! Deux heures, pas une minute de plus !
- Promis ! » certifia Squall qui lui sourit tout en vérifiant à droite et à gauche que personne n’allait le voir s‘écarter du campus.

Ayant découvert depuis quelques temps, une faille au niveau d’un des murs de l’enceinte, il put facilement sauter par-dessus la muraille, grâce à un arbre non loin duquel il s‘était hissé aisément.

En un rien de temps, il se retrouva de l’autre côté des bâtisses de l’université. Sans plus tarder, il se mit à trottiner vers ce pourquoi il s’était éclipsé, longeant la route bordée par l‘océan.

***


Après plusieurs pâtés de maison, Squall se retrouva devant le domicile de son instructeur. Rien ne permettait de savoir si le domicile était occupé ou non. Les volets étaient plus qu’à moitié fermés, aucune voiture n’était visible. Il frappa à l‘entrée. Personne ne répondit et la porte était totalement verrouillée.
Ne se décourageant pas aussi facilement, l’étudiant fugueur décida de faire le tour de la maison. Sur son chemin, il ouvrit une petite barrière en bois, et s’introduisit à l’intérieur du jardin qui longeait les murs du bâtiment.

En s’avançant davantage dans le carré d’herbe, il trouva entrouverte une des porte-fenêtres de la terrasse. Sans hésitation, il pénétra dans la maison.
Une voix l’arrêta dans son élan :

« Si tu fais un pas de plus, je n’hésiterai pas à te planter ma lame dans le pied ! »

C’était Seifer installé dans un divan.

Devenu immobile à l’entrée du salon, Squall répliqua :

« Si j’avais su que j’étais en zone de guerre, j’aurais amené ma gunblade ! »

Il attendit que ses yeux s’accommodent à l’obscurité de la pièce.

« C’est tout dévasté chez vous, remarqua-t-il. Que s’est-il passé, un ouragan ? ricana-t-il en découvrant des affaires éparpillés un peu partout sur le sol.
- Squall ? s’étonna l’instructeur en reconnaissant la voix de son élève.
- Qui d’autre ? » s’exclama le jeune homme.

Stupéfait, il discerna son instructeur couché sur le ventre sur son canapé, l’air complètement avachi.

« Qu’est-ce que tu fiches ici ? l’interrogea celui-ci mécontent que le jeune homme se soit glissé chez lui.
- C’est plutôt moi qui devrait vous dire ça ! Vous n’assurez plus vos cours depuis trois semaines…
- Un remplaçant a été désigné à ma place dès que j’ai déclaré mon absence.
- Mais il n’a pas votre charisme !
- On t’a donné l’autorisation de sortie ?
- Le croyez-vous ? Je suis venu par mes propres moyens comme je l’ai toujours pratiqué dans tous les établissements par où je suis passé !
- S’ils te surprennent hors de l’enceinte, tu sera arrêté, ce n’est pas très malin !
- Ça m’est égal. Je voulais savoir ce qui vous était arrivé, vous vous êtes volatilisé sans explication ! »

D’un coup d’œil, Squall apprécia l’état de santé de son instructeur.

« Mais vous n‘avez pas l’air d’être en si mauvais état que ça ! Couché à cette heure-ci… je ne savais pas que la paresse vous avait terrassé ! Vous n’êtes qu’un gros glandeur en fait !
- La BGU ne vous a pas transmis les raisons de mon absence ?
- Si… mais pendant trois semaines ? Qu’avez-vous donc contracté comme microbe pour qu’elle soit si longue ?
- Contente-toi de ce que l’université a déclaré à mon sujet ! »

Squall opta pour un ton rempli de reproche :

« Vous êtes au courant de la date du jour au moins ?
- Mardi, mercredi ? » sembla répondre au hasard l’enseignant.

Squall regarda avec suspicion celui qu‘il avait devant lui, il ne savait pas comment le juger. Il était tenté entre le balancer hors de sa couche ou l’embrasser.
Seifer le sortit de sa rêverie :

« Dis donc, tu t’es drôlement bien apprêté ! commenta-t-il en observant son étudiant grincheux.
- Et pour cause ! rugit Squall. C’était aujourd’hui mon passage au conseil de discipline ! Vous le saviez pourtant, vous ne m’avez même pas aidé à le préparer et vous ne vous êtes même pas présenté à l’audience pour me soutenir ! Au lieu de ça, vous vous êtes évanoui dans la nature ! »

Squall s’approcha du canapé. À côté de lui, sur la table, traînait un papier. Il s’en saisit et l’exposa immédiatement à la face de son instructeur.

« Mais je vois que vous n’en avez rien à foutre de moi en fait ! Et que vous profitez de la moindre contrariété dans votre vie pour tout lâcher ! »

La feuille maladie, entre les mains du jeune homme, portait la mention d’un épisode dépressif de l’enseignant.

« Que s’est-il passé le soir de votre disparition de l’université ? En vous attendant, j’ai pu voir à travers la vitre mon père s’éloigner dans le parc. Aviez-vous un rendez-vous avec lui ce jour là, et pourquoi êtes-vous absent depuis ? De quoi avez-vous parlé ? Ai-je été le sujet de votre rencontre ?
- Arrête p’tit, le monde ne tourne pas autour de toi ! déclara sèchement le professeur.
- En tout cas, vous ne valez pas mieux qu’Irvine quand il a eu peur de s’impliquer avec moi !
- On est en train de s’écarter du sujet là, non ? »

Squall continua à s’emporter sans s’apercevoir que Seifer avait l’esprit ailleurs, baignant encore dans une somnolence médicamenteuse :

« Vous n’avez qu’à persister à demeurer cloîtrer chez vous à glander, les autres seront bien contents de ne pas vous voir ! Glandeurs comme ils sont eux aussi, ils sont totalement ravis du remplaçant qui n’arrive pas à votre cheville ! Quelle perte de temps avec lui ! C’est pas une lumière ! Et puis, tiens…, acheva-t-il irrité que Seifer ne réagisse pas plus. Je me demande bien pourquoi je suis venu ! conclut-il en faisant mine de se diriger vers la porte d’entrée.
- Oh tu te calmes un peu avec tes jugements !? le réprimanda finalement l’instructeur. Mon remplaçant n’est peut-être pas une lumière mais je sais qu’il est efficace… et puis tu n’as pas eu besoin de moi à l’audience, ni pour la préparer d’ailleurs ! Je trouve que tu t’es admirablement bien tiré de surcroît !
- Qui vous en a informé ?
- ‘’J'opère avec rapidité et intégrité quel que soit l’aide pour laquelle j'ai été désigné’’ c’était bien choisi !
- Vous y étiez donc ?
- Non, j’ai juste demandé à un ami de diffuser l’audience, avec la technologie de la BGU c’est possible… j’ai pu te voir en direct… t’avais fière allure…
- Alors…
- Alors je sais que tu as été rétabli dans tes fonctions… et que tout va bien continuer pour toi si tu retournes illico à l’école ! Le colonel ne supporte pas les déserteurs, il ne te loupera pas cette fois-ci s’il t’attrape ! Il était sérieusement contrarié qu’aucune sanction n’a été retenu contre toi. Au fait... est-ce que ça va ? se préoccupa-t-il tout à coup. Tu es allé à l'infirmerie ? C'était la première fois que tu tuais de vrais ennemis !?
- C’est maintenant que vous vous en inquiétez ? lui reprocha Squall.
- Qu’a dit le médecin ?
- Vous n’avez qu’à revenir à l’université pour lui demander personnellement ! suggéra-t-il malicieusement.
- Je sais que tu ne présentes aucun trouble psychologique . Ton diagnostic de santé est r.a.s.
- Vous êtes bien renseigné !
- Ton gilet par balle a été pratiquement détruit… Tu t’en es bien sorti, la chance était avec toi, mais méfie toi cette garce n’est pas toujours aux rendez-vous.
- Vous vous prenez pour ma mère ?
- Est-ce que tu draguerais comme tu l’as fait avec moi, ta propre mère ? Au fait est-ce que les bleus sur ton torse ont fini par disparaître ? »

Squall s’approcha davantage avec un air séducteur :

« Ben… Vous voulez vérifier par vous-même ?! »

Dès que le jeune homme effleura de ses lèvres, la bouche de l’instructeur, celui-ci fit mine de le repousser délicatement.

« Tu crois le moment bien choisi ? l’interrompit-il dans son geste.
- Mais vous m’aviez dit que je pourrais vous montrer mes sentiments.
- Je me rappelle de mes paroles, simplement tu choisis mal l’instant… ton problème actuel c’est de réintégrer la BGU sans traîner, ni te faire repérer !
- Vous semblez traverser une mauvaise passe, à mes yeux, c’est l’occasion de manifester mon affection à votre égard.
- Moi aussi j’ai une passion pour toi, je compte la partager dans de meilleures circonstances, murmura-t-il presque.
- Qu’est-ce que vous entendez par-là ?
- J’ai quelques affaires à régler…
- Et quand est-ce que vous revenez en cours ?
- Tu le sauras bien assez tôt ! »

Squall ne protesta pas plus.

« Bon j’insiste pas alors... Puisque vous ne voulez pas de moi ici, je vous laisse étreindre vos coussins à ma place ! lâcha-t-il d’une façon polissonne.
- Ce n’est pas la question !
- Ah oui, c’est vrai que vous êtes déprimé ! s’amusa-t-il en désignant la feuille de santé. Comment un mec de votre trempe peut être dépressif ? C’est vraiment n’importe quoi ! Si vous voulez moi votre moral je peux le redresser aussi sec ! assura-t-il avec un regard lascif qui désignait l’entrecuisse de l’instructeur.
- Squall ! gronda son interlocuteur émoustillé par les dernières paroles du jeune homme.
- Je décampe… mais vous savez pas ce que vous manquez ! Et peut-être qu’il n’y aura pas d’autres occasions ! Débandez bien tout seul » lui lança Squall, de façon provocante, en se retirant par là où il avait pénétré...

À suivre…



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MessagePosté le: Dim 21 Jan - 23:13 (2018)    Sujet du message: ''Gunbladers'' ou ''Eh, tu me prêtes ta gunblade ?'' Répondre en citant

Miki bonsoir.


J'ai adoré ! A quand la suite ? (Impatience, quand tu nous tiens ...)


Cordialement.


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