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:: Viewfinder chez YAOI BOY'S ::
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Misaki-chan-842
Les roses

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Inscrit le: 16 Fév 2011
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Si j'étais héros ou héroïne de Walt Disney: Une princesse !!
Si j'étais dans Sekai ichi Hatsukoi je serais: Kirishima
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Si j'étais dans Viewfinder je serais: Asami

MessagePosté le: Ven 11 Nov - 16:35 (2011)    Sujet du message: Viewfinder chez YAOI BOY'S Répondre en citant

Bon, alors, voilà spéciale dédicace ! Cassie n'avait plus rien à lire, Baba adore Viewfinder, et ma Bibi aime les Kikis, alors, j'ai écrit un tout petit truc pour leur rendre hommage à elles et Yaoi Boy's !!!!! En espérant que ça vous plaira....



IN THE DEEP OF YAOI BOY'S HEART....
  
         
     
         
 
      




Présentation des personnages:

Personnages membre de Yaoi boy's corporation:

Cassie


Boss de yaoi boy's corporation, société de gardes du corps


Baba


Adjointe de Cassie au sein de la société


Bibi


Garde du corps de la société et petite protégée de baba.
Sa complicité avec Misaki est sans pareil !
Véritable phénomène, elle anime les couloirs de Yaoi Boy's


Misaki


Secretaire de Yaoi boy's, c'est elle qui filtre les entrées. Tres complice avec Bibi, elle n'est pas la dernière pour mettre son nez dans les affaires de ses supérieures.


Calinours


Médecin de la société. Elle a choisi ce métier uniquement dans le but de pouvoir profiter de toucher et de voir nu les bisho. Amie avec Misaki et Bibi elle leur divulgue les informations avant de faire un rapport à ses supérieures


Takaba Akihito


Jeune recrue, il est devenu photographe pour la société ! En vrai, il a été confié à yaoi boy's corporation par son amant Asami afin de le protéger.


Autres personnages:

Asami


Patron de la mafia japonaise, et frère de Cassie.
Son seul point faible, le jeune Akihto, son amant!


Yoh


Homme de main fidèle d'Asami et Amant de Cassie


Liu Feilong


Patron de la mafia chinoise, il est l’ennemi numéro un d'Asami.
Amant de Baba, celle-ci le surnom Feil.


Mookyul Eun


Patron de la mafia Coréenne, il ne cesse de courir après Bibi.


BD dit Cécile


Homme de main de Mookyul. Elle ne cesse de jalouser Bibi, car son parton lui porte trop d'attention!

      
Tena


Homme de main de Mookyul.
Femme fatal tres froide.


Ewon Jung


Homme a tout faire de Mookyul.
Il ne fait pas partie de la "famille" (Mafia) mais est quand même sous les ordre de mookyul.


Iwaki Kyosuke


Acteur tres connue qui a fait ces debut dans le porno.


Kato Yoji


Acteur tres connue, il a debut lui aussi dans le porno au coté de Iwaki


                   
Saeba Ryo

 
Plus connu sous le nom de Nick Larson, il est aussi l'ancien équipier et amant de misaki avant que celle ci n'entre a la yaoi corpartion.


Nekotee


Personne devenu froide et sauvage suite a une succession d’enlèvement, nekotee est un personne en même temps tres convoite et redouter de par ces pouvoir de Psychometer/telekinesisthe. Il a été recuilli par Feilong dans le but de pouvoir utiliser ces pouvoir.


Nanahara


Petit frère de Grimmjow, Nanahara est avant tout un homme dangereux!
Surnommé le binôme infernal les deux frère refuse d'entre dans la mafia russe mais préfère faire route a part!
Pervers dans l’âme, il viol ces victime afin des leur faire recouvre selon lui "le plaisir de la chaire " avant de les tué!


Grimmjow


Frère ainé de Nanahara, il a un tempérament plus calme mais tout aussi malsain que celui -ci!
Il ne cesses de courir après nekotee depuis qu'il ce sont rencontrer pour la première fois!




           
 
                 
Kiss Kiss à toute l'équipe, à ma Boss, à sa super adjointe, à Ali-Bibi-tan et toutes les autres : ENJOY !!!!!!!CHAPITRE 1 :





  
             
     
 
           
 

Behind the Next Door… 
 
 
            
 
           
 
Cassie s’assit confortablement dans son fauteuil. Une douce pénombre régnait encore dans son bureau, cette atmosphère oxymorique, à la fois chaude et froide, mêlant à la perfection le côté doux et le côté obscur de sa personnalité.
            
 
           
 
Elle aimait cette quiétude oppressante, ce moment de silence où elle s’autorisait à décrisper les traits de son visage. Son masque pouvait s’effacer durant quelques instants, soulageant cette froideur qui gagnait parfois son cœur en le gelant. Elle respirait maintenant calmement, s’autorisa à fermer les yeux, aspirant à se relaxer avant le combat. 

        
 
           
 
Puis, elle tendit l’oreille et reconnut les pas agités qui se rapprochaient de son antre. Son visage s’éclaira un bref instant d’un petit sourire en coin. À ce jour, seule cette personne avait pu la voir sourire. Et il n’était pas question d’en laisser une autre s’en apercevoir. Cassie prit une profonde inspiration et reprit son masque. Il était temps, maintenant.
            
 
           
 
Les pas arpentaient le couloir et lorsqu’une main se posa sur la poignée, Cassie dressa ses yeux sombres vers celle qui s’apprêtait à entrer
            
 
           
 
-       Boss ! C’est quoi, cette histoire ? J’ai entendu dire que…  
        

        
 
           
 
-       On t’a jamais appris à frapper ? L’interrompit Cassie, de cette voix ferme et autoritaire dont elle avait le secret.

 


-       Je… Je m’excuse… Mais… 

            
 
           
 
-       Calme-toi, posa-t-elle en détournant le regard. Toute cette agitation excite mes nerfs, tu le sais parfaitement.  
 
 
    
 
           
 
-       Ou… Oui. 

 
         Cassie observa le panorama à travers la baie vitrée quelque temps, installant un silence qui servait à torturer ceux qui désiraient parler. Elle avait appris tellement de techniques qu’elle maîtrisait l’art et la manière de déstabiliser ses adversaires. S’entraîner auprès d’elle n’était qu’un jeu, mais elle ne pouvait résister à la tentation d’exercer sur elle ces innombrables pressions psychologiques. Pourtant, Baba était son bras droit. La seule qui était restée à ses côtés malgré son caractère de chien et son humeur exécrable à longueur de temps. Elle l’appréciait sans jamais lui dire. Son honnêteté et sa fidélité étaient sans commune mesure avec tous les employés qu’elle avait pu avoir jusqu’à présent. Mais surtout, Baba était une alliée discrète, en qui on pouvait avoir confiance. Elle savait lire entre les lignes, elle savait décrypter le moindre de ses mouvements, elle obéissait aveuglément et elle percevait celle qui se cachait derrière un masque… 
 

            
 
           
 
-       Alors, quel est le motif de ton irruption dans mon bureau, Baba ? 

            
 
           
 
Cette dernière trépignait. « Encore ce personnage au cœur de pierre… Quand allait-elle s’en débarrasser devant elle ? » songeait Baba, guère impressionnée par son attitude qu’elle connaissait par cœur.  Baba n’avait pas pour habitude de se démonter et elle ne mâchait pas ses mots. Même si cela lui avait valu plusieurs brimades, elle continuerait à faire comme bon lui semblait. Et là, justement, elle obtiendrait ce qu’elle était venue chercher. Boss ou pas, Cassie lui devait des explications. Et tout de suite. 
 
            
 
           
 
-       J’ai entendu dire que vous aviez un rendez-vous aujourd’hui, annonça-t-elle, laissant assez de flou afin de voir si la patronne allait jouer de sincérité ou non.
 
            
 
           
 
-       Eh quoi, tu veux jouer à la secrétaire, maintenant ? Railla Cassie, rentrant dans son domaine de prédilection. 
 
            
 
           
 
-       Ne te fiche pas de moi ! S’égosilla Baba, hors d’elle.  

            
 
           
 
Le tutoiement avait refait surface, comme à chaque fois qu’elle se disputait avec elle. La tension monta d’un cran, à mesure que Baba s’apercevait qu’elle ne lâcherait pas le morceau. 
  
 
            
 
           
 
-       Il est au Japon, et tu vas le voir, pas vrai ? Continua-t-elle l’assaut.

 

            
 
           
 
-       Baisse d’un ton avec moi, tu veux ? Se dressa subitement Cassie, la voix rauque. Ne te permets pas de familiarité, reste à ta place ! Ici, c’est moi qui pose les questions, toi, tu exécutes mes ordres, c’est clair ? 
 

        
 
           
 
Devant le visage blessé de Baba, Cassie se rassit en soupirant. Baba ne bougeait pas, presque les larmes aux yeux, entre la tristesse, la douleur et le sentiment d’être trahie. Cette dernière ne répliqua pas, mais restait les poings serrés, les traits crispés, comme attendant une réponse. 

            
 
           
 
-       Me crois-tu à ce point stupide ou es-tu en train de penser que ton chef ne sait pas se défendre toute seule ? 
 
 

            
 
           
 
-       Je…

            
 
           
 
-       J’ai pas fini, la coupa-t-elle. Quoi que tu aies entendu, c’est vrai. Mais, ne viens pas jouer les mères poules avec moi, t’entends ? Ne te mêle pas de ma vie privée. Je ne te le redirai pas, alors le sujet est clos.
 
            
 
           
 
-       J’ai le droit d’être au courant de ce qu’il se passe dans mon entreprise ! Contrecarra Baba, qui n’avait pas dit son dernier mot. 
 
            
 
           
 
-       TON entreprise ? Ironisa Cassie, le sourcil relevé telle une menace. 
 
            
 
           
 
-       Je… Je suis aussi directrice de cet établissement… Tenta-t-elle, réprimant un bégaiement.       

            
 
           
 
-       Ne me laisse pas l’opportunité de te l’enlever… Menaça Cassie, qui menait toujours la danse. 

            
 
           
 
-       Pourquoi as-tu accepté de le voir ? Poursuivit Baba, la tête baissée, pour cacher son désarroi.
            
 
           
 
-       Qui ça ?  

            
 
           
 
-       Cesse de jouer avec moi ! Tu sais très bien de qui je veux parler ! Je parle d’Asami ! Je sais qu’il vient ici aujourd’hui ! Pourquoi ? Explosa-t-elle, les larmes plein les yeux. POURQUOI ?!
 
  
 
            
 
           
 
-       Tu sais très bien pourquoi. Maintenant, sors et va te calmer. Je n’ai pas envie de poursuivre cette conversation
 
            
 
           
 
-       Mais… Laisse-moi au moins… Laisse-moi rester ici lors de votre entrevue… Essaya-t-elle sa dernière bille.    
            
 
           
 
-       Encore un mot de plus et je te vire. Crois-moi, je suis à deux doigts de perdre patience… Haussa-t-elle le ton pour la faire taire.
 
        
            
 
           
 
Baba s’interrompit non sans lui lancer un regard lourd de reproches et tourna les talons.
            
 
           
 
-       Comme tu voudras… Murmura-t-elle, sans lui pardonner. 

            
 
           
 
Au moment où Baba allait fermer la porte, un brouhaha indescriptible retentit dans le couloir attenant. Cassie s’approcha et observa les deux énergumènes qui vociféraient comme des bêtes enragées le long du corridor. Elle en connaissait au moins une sur les deux et le spectacle faillit la faire rire. 
 
        
 
           
 
Bibi, la petite protégée de Baba qui était rentrée il y a quelques mois dans l’entreprise, tentait vainement d’empêcher un jeune homme de poursuivre sa route. Ils se faisaient trébucher mutuellement, mais Bibi s’accrochait à lui comme si sa vie en dépendait, arrachant sa chemise, se débattant de toutes ses forces pour lui faire faire demi-tour, en répondant à ses insultes avec véhémence.   
 
            
 
           
 
-       Mais tu vas me lâcher, oui ? Mais, t’es qui toi à la fin ? Tu vas arracher ma chemise, sale petite vermine ! Pestait le jeune garçon, dont la bandoulière de l'appareil photo s’enchevêtrait dans les cheveux de la jeune Bibi, en plein effort. 
 
 

 
        
 
           
 
-       Moi, je suis celle qui va te faire mordre la poussière, sale gnome ! Je t’ai dit que tu n’avais pas le droit de rentrer ici ! Si tu continues, je vais te mordre jusqu’à l’os et tu pourras aller pleurer ta mère ! 

            
 
           
 
-       Ah ! Mais, arrête, bon sang ! Aïe ! Mais, t’es folle !   
          
            
 
           
 
-       Je te lâcherai pas, t’entends ? 

 



    
 
           
 
D’un mouvement brusque, le jeune garçon tenta un croche-pied, mais Bibi, qui le tenait fermement comme une moule à son rocher, bascula en l’entraînant avec elle. Ils s’affalèrent tous deux par terre, s’injuriant de plus belle, comme s’ils étaient seuls au monde. La scène valait son pesant d’or et Molière lui-même aurait pu en faire la trame d’une de ses comédies. 

            
 
           
 
-       T’es lourde, j’étouffe, là ! Continuait à grogner le jeune homme à moitié déshabillé par la furie qui ne lâchait pas prise. 

            
 
           
 
-       Répète un peu ce que tu viens de dire, là ? S’offusqua Bibi, les mains sur les hanches, chevauchant fièrement son trophée plaqué au sol. 
            
 
           
 
-       Ohh ! Mais, t’es une teigne ma parole, t’es pire qu’une glue ! 
 
 


            
 
           
 
-       La glue, elle va te faire bouffer la moquette et te faire regretter d’être né, sale petite limace ! 

            
 
           
 
Baba se mit à rire, oubliant dors et déjà la confrontation avec Cassie. Elle s’approcha des deux adolescents turbulents qui se roulaient par terre comme des chiffonniers, les mains sur les hanches. Elle sentit dans son dos sa Boss qui ne la suivait pas mais observait la scène du coin de l’œil, s’adossant au mur. 

            
 
           
 
-       On peut savoir ce qu’il se passe, ici ? Les réprimanda Baba, faussement mécontente. 

 
        
 
           
 
Bibi releva la tête, confuse et rouge écarlate d’empêcher le petit vers de terre de se faire la malle.  

            
 
           
 
-       C’est ce cloporte qui est entré dans l’entreprise en voulant te voir ! Misaki lui a dit qu’il devait prendre rendez-vous et ce misérable chien galeux a couru vers l’ascenseur pour te voir sans permission ! 
 
   
 
            
 
           
 
-       Bien. Alors, vous vouliez me voir tant que ça ? Répliqua Baba, un fin sourire aux lèvres. 
 
            
 
           
 
-       Eh bien… Je… En fait… Vous pourriez dire à votre chien de garde de me lâcher ? Elle me colle aux basques depuis mon arrivée.

            
 
           
 
-       Mon chien de garde, comme vous dites, pourrait vous faire très mal si vous ne me dites pas tout de suite qui vous êtes et ce que vous me voulez…

            
 
           
 
-       Je… Je m’appelle Takaba. C’est Asami qui m’a envoyé ici en me disant que vous recherchiez un reporter… ! Et c’est comme ça que vous accueillez vos invités !

    
 
           
 
  

 
            
 
           
 
Baba se figea à ce nom et toute gentillesse s’envola. Instinctivement, elle se tourna vers Cassie qu’elle dévisagea du regard. Un regard noir. Un regard furieux. Un regard qui se voulait menaçant.
 
        
 
           
 
Cassie ne daigna pas le prendre en compte et hocha la tête simplement. Sans s’approcher, elle demanda de loin, afin de laisser une distance entre ce mystère allongé sur la moquette et elle :
            
 
           
 
-       Quelles sont tes relations avec Asami ? Demanda-t-elle, le visage dur.
 
            
 
           
 
-       Euh… Eh bien…
            
 
           
 
 

  
      
    
 
           
 
Cassie s’étonna à voir le gamin rougir. Elle fronça les sourcils, perplexe. Il paraissait inoffensif. Et même si Bibi rentrait dans le métier, s’il avait appartenu aux hommes d’Asami, il l’aurait mis K.O. en deux secondes. Alors, quoi ? Qui était ce môme pour Asami ?
 
        
 
           
 
Il hésitait. Était-ce parce qu’il cherchait à mentir ou parce qu’il était gêné ? 
 
            
 
           
 
-       C’est juste lui qui m’envoie et me recommande à vous… Il m’a dit que le patron de cette boîte lui ferait une faveur parce qu’elle était une vieille amie…
 

        
 
           
 
-       Une… vieille amie, hein… ? Répéta Cassie, prise de court, mais sans montrer la moindre perturbation dans sa voix.  
 

 

    
 
           
 
-       Quoi ? Mais tu oses insulter notre chef en plus, sale petit avorton ! Reprit Bibi, les cheveux encore dressés d’entendre une pareille chose. 

            
 
           
 
-       D’accord. Baba, occupe-toi de lui. 
 
        
 
           
 
-       Co… Comment ? Se retourna Baba, décontenancée à ces mots. Non, mais, ça ne va pas la tête ? Il est hors de… 

        
 
           
 
-       J’ai dit « Occupe-t-en » ! Qu’est-ce que tu ne comprends pas dans ce que je viens de dire ? Haussa-t-elle le ton soudainement afin de reprendre le contrôle sur Baba qui digérait mal leur altercation de tout à l’heure, et qui semblait à fleur de peau dès qu’il s’agissait d’Asami. 
 

    
 
           
 
-       Mais…
     
 


            
 
           
 
Baba se tut immédiatement, car le regard de Cassie était sans appel. Elle hocha la tête en signe d’acquiescement et se tourna vers le jeune Takaba, toujours à terre.
 
            
 
           
 
-       C’est bon, Bibi, tu peux le lâcher maintenant. 

    
            
 
           
 
-       Si tu touches à un seul de ses cheveux, je te fais bouffer ton appareil photo, menaça Bibi en pointa son doigt vers lui comme si elle réprimandait un enfant.
 
            
 
           
 
-       Bibi… Évite de te retrouver les quatre fers en l’air en plein milieu du couloir à l’avenir. Refreine un peu tes envies… La targua-t-elle, joueuse. 


            
 
           
 
Bibi rougit de honte en réalisant la position dans laquelle elle était devant la Boss, devant sa patronne, sur son propre lieu de travail. Elle se releva avec tout l’honneur qui lui restait, essuya ses vêtements pour les défroisser, tout en incendiant du regard l'insecte qui gesticulait sur la moquette.        
 
            
 
           
 
-       Et tu iras t’excuser auprès de Micchan ! Clôtura Bibi, en haussant le menton d’un air fier. 
  
            
 
           
 
-       Elles sont toutes comme ça les femmes dans votre entreprise ? Demanda Akihito, perplexe    
 
 
            
 
           
 
Baba se mit à rire. Ce jeune n’avait absolument rien à voir avec Asami. Il était franc, spontané et honnête. Il ne camouflait pas ses émotions et c’était bon signe. Signe qu’il n’appartenait pas aux hommes d’Asami. Mais, pourquoi Cassie avait-elle cédé aussi facilement ? Se pouvait-il qu’elle ressente encore pour lui… Non, c’était impossible… Depuis combien de temps ne s’étaient-ils pas vus tous les deux ? 


            
 
           
 
Baba rumina tout le long jusqu’à son bureau où elle installa le jeune photographe.    
 

            
 
           
 
-       Si tu veux travailler ici, il va falloir me dire ce que tu sais à propos d’Asami et de Cassie… 
           

        
 
           
 

  ******************
  
 
        
 
           
 
Cassie sentit comme un parfum familier autour d’elle. Avant que son cerveau ne comprenne, ses sens s’étaient mis en alerte. Elle n’y pouvait rien : elle le sentait à des kilomètres, comme si un lien indéfectible les liait.
 
            
 
           
 
Elle perçut ses pas feutrés. Ces pas de loups qui se faisaient discrets et dissimulaient à la perfection leur aura menaçante.
            
 
           
 
Elle ne cèderait pas. Il fallait qu’elle tienne bon. Elle avait tenu bon depuis tant d’années. Il n’y avait pas de raison pour qu’il en soit autrement. Qu’il la menace, qu’il la force, qu’il lui fasse du chantage ou qu’il pleure, il n’aurait plus raison d’elle.
            
 
           
 
Jamais.
 
            
 
           
 
Elle reconnut ses stratégies qui se retournaient contre elle. Derrière la porte, l’ombre d’Asami patientait pour faire grimper la tension à son avantage. Comme un lion avant de rentrer dans l’arène, il guettait sa proie, faisait ressentir sa présence pour précipiter cette peur indicible qui grimpait déjà en elle. 


            
 
           
 
De l’autre côté de cette porte se tenait un monstre. Un monstre au visage familier, à l’odeur familière, aux caresses familières, au corps qu’elle connaissait par cœur… 
 
            
 
           
 
Comment pourrait-elle lui échapper alors même que tout son corps mourrait d’envie de se jeter dans ses bras ? Après toutes ces années, sa ténacité avait perdu en force et elle se sentait prête à capituler.  

            
 
           
 
Cassie baissa la tête et tenta de se concentrer…

            
 
           
 
Le frôlement de la porte contre la moquette résonna à ses oreilles… La fragrance masculine enveloppa  ses narines… Son cœur battait à rompre.
 
 

 

        
 
           
 
-       Cassie… murmura une voix rauque et sensuelle. 

            
 
           
 
Elle releva la tête, déjà submergée par le timbre de cette voix qui la berçait alors même qu’elle refusait ses bras. Elle prit sur elle afin d’afficher un regard sévère. 

            
 
           
 
-       Ryuchi. Que me vaut cet honneur ? 

 

        
        
 
           
 
-       Tu es nerveuse… 
 
        
 
           
 
À ces mots, Cassie releva vivement la tête et planta ses yeux noirs dans les siens, en guise d’affrontement.
  
 
        
 
           
 
-       Ne confonds pas la nervosité avec l’agressivité. Je suis à deux doigts de te foutre mon poing dans la figure, mais je me contiens. Ne fais pas le malin avec moi. Tu es dans mes locaux, dans mes bureaux, alors, un conseil, adresse-toi à moi avec déférence, ce n’est pas la mafia ici.


            
 
           
 
-       Mhmm. Toujours aussi belle quand tu t’énerves. 
 

        
 
           
 
-       Arrête ce petit jeu avec moi, le coupa-t-elle, tranchante. Si tu n’as rien d’autre à dire, tu sais où se trouve la sortie.  
 
            
 
           
 
-     Ça faisait longtemps… Chuchota-t-il, comme pour lui-même. Je le regrette. Puis-je m’asseoir ?
  
 
        
 
           
 
Cassie le transperça du regard. 


        
 
           
 
Elle perdait pied. Devant lui, elle avait toujours perdu pied. Bon sang ! Ce charisme lui donnait la nausée ! Elle en avait même oublié les politesses d’usage ! Il savait pertinemment qu’il la déstabilisait.
 
            
 
           
 
D’un signe de la tête, elle lui indiqua un siège. 
 
            
 
           
 
Asami la fixa intensément. 
 
 


            
 
           
 
-       Arrête ça, Asami, n’essaie pas de dominer la séance. 
 
 
        
 
           
 
-       À tes yeux, je serai toujours l’éternel mafieux sans vergogne, hein ? 

            
 
           
 
-       J’appelle un chat un chat. Tu es ce que tu es, pourquoi chercher à faire croire le contraire ?
 
            
 
           
 
Il détacha ses yeux et expira. Cassie le détailla. Il était encore plus beau qu’avant. Sa prestance soufflait tous les hommes sur son passage. Cet homme était dangereux. Terriblement dangereux. Et il le savait. Pourtant, à cet instant, il semblait peiné, comme affecté par sa froideur. Comment pouvait-il lui faire croire qu’il était doué de sensibilité ? Ce tueur n’avait pas de cœur. Il avait quitté sa vie il y avait bon nombre d’années et cela ne changerait pas. Elle aimait sa vie. Elle aimait les gens qui l’entouraient. Elle avait monté sa société toute seule, à la force du poignet. S’il refaisait surface maintenant, il anéantirait tout sur son passage. 

            
 
           
 
-       Tu me manques, laissa-t-il tomber dans le silence tortueux du bureau.
 
 
   

            
 
           
 
Cassie faillit s’étrangler et mit un temps avant de répondre, complètement sous le choc de l’aveu. 
 
            
 
           
 
-       Je t’interdis… Je t’interdis de dire une telle chose ! Se mit-elle à crier, sous l’émotion.

        
            
 
           
 
-       Je t’en prie, il faut que tu me croies… 

            
 
           
 
-       Ferme là ! De quel droit oses-tu venir ici et me dire de telles absurdités ! Tu me prends vraiment pour une idiote ! Tu es un monstre à mes yeux et tu le resteras, tu entends ? Vociféra-t-elle de plus belle. Ne crois pas obtenir de moi une quelconque rédemption…  
 
            
 
           
 
Son silence l’interloqua. D’habitude, il se serrait dressé de toute sa hauteur, l’aurait plaquée contre le mur, approchant son visage du sien, menaçant, arrogant et l’aurait acculé par la force. Là, il restait à l’écouter, cherchant un moyen de lui faire entendre raison sans user de ses démarches classiques. Qu’est-ce qui clochait chez lui ? 

            
 
           
 
-       Si tu as fini ton remake des Feux de l’amour, tu peux y aller, j’ai du travail.
 
            
 
           
 
-       J’ai une faveur à te demander…
 
 


            
 
           
 
Cassie écarquilla grands les yeux. Non, mais, il se fichait d’elle ou quoi ? Lui, une faveur ? Non, mais, c’était un cauchemar dont elle allait se réveiller bientôt, ce n’était pas possible autrement… 

            
 
           
 
-       Je te demande pardon ? Répondit-elle, ironiquement. 

 
        
 
           
 
-       J’ai besoin des services de ton agence. 

            
 
           
 
-       Toi ? Laisse-moi rire… On ne travaille pas avec les gens dans ton genre et tu le sais parfaitement.
 
            
 
           
 
Cassie s’interrompit lorsqu’elle le vit soulever son bras à son encontre. Chacun de ses mouvements attirait son attention, comme s’il allait attaquer à tout moment. Il posa son coude sur le bureau et s’approcha. Lentement. Comme pour tester sa réaction. Cassie restait sur le qui-vive, mais quand il rapprocha la main de son visage, elle planta dans ses yeux un regard assassin sans équivoque.
 
            
 
           
 
Un long moment s’en suivit sans qu’aucune des deux parties ne fassent un geste. Asami laissa retomber sa main qui avait caressé l’espoir de toucher sa joue, ses yeux, ses tempes avec douceur. Il la vit se raidir puis expirer à ce geste manqué. Alors, dans un dernier élan, il prit une mèche de ses cheveux délicatement et la passa derrière son oreille tout en la frôlant.  
  

        
 
           
 
Cassie se crispa et Asami sut qu’elle était prête au combat. Pourtant, au moment où cela aurait dû se produire, la porte s’ouvrit à la volée et Baba s’engouffra dans le bureau, plus en colère que jamais.
   
 
            
 
           
 
-       Lâchez là ! Hurla-t-elle à plein poumon. Lâchez là tout de suite ! 
 
 
        
 
           
 
Asami se leva en l’affrontant du regard. Personne ne haussait le ton sur lui, et certainement pas devant Cassie. Personne ne se mettrait en travers de son chemin, personne ne jouerait les chevaliers servants avec elle.

            
 
           
 
-       À qui ai-je l’honneur ? Qui ose me brailler dessus avec tant de désinvolture ? Si tu ne sais pas tenir tes employés, mon petit démon, alors, laisse-moi m’en occuper pour toi… Rugit-il, tout crocs dehors. 
 
            
 
           
 
-       Je ne vous laisserai pas faire ! Tenta Baba, déjà effrayée par cet homme qui avançait vers elle.
 
            
 
           
 
-       Ryuchi ! Arrête ! Cria Cassie au désespoir.
        
 
           
 
 

         
    
 
           
 
Dans la panique, sa voix avait déraillé et cela lui infligea le coup de grâce. Asami s’arrêta, mais ne paraissait pas vouloir s’en tenir là.
 
            
 
           
 
-       Baba, s’il te plaît, laisse-nous… Capitula Cassie, qui voulait avant tout la protéger.
 
            
 
           
 
-       Mais…

        
 
           
 
-       SORS D’ICI TOUT DE SUITE ! Explosa-t-elle, dans l’urgence.
 

  
        
        
 
           
 
-       Pour… pourquoi… Bégaya Baba, démunie face au désarroi de sa Boss et à la douleur de se faire jeter dehors.
  
            
 
           
 
-       Tu sais très bien pourquoi, se calma-t-elle. 
 
            
 
           
 
-       Non… Je ne veux pas que… 
  
 
        
 
           
 
-       Baba !  

 
            
 
           
 
-       Pourquoi…

     
        
 
           
 
-       Parce que c’est… mon frère. Voilà pourquoi. C’est mon frère, un point c’est tout. Maintenant, sors, s’il te plaît. 

         
 
            
 
           
 
*************************** 

        
        
 
           
 
-       Qui est-ce 

            
 
           
 
-       Ça ne te regarde pas, gronda-t-elle, essayant de reprendre ses esprits.
 
            
 
           
 
-       Tu tiens à elle, à ce que je vois...

        
 
           
 
-       Que ce soit bien clair, Ryuchi : tu es mon frère de sang, mais ma famille de cœur, elle est ici, et tu n’en fais pas partie ! Alors, laisse-moi te dire un truc, retourne dans ton monde et ne viens pas me salir de ta présence. J’ai une entreprise et je ne veux pas qu’elle souffre de ta réputation. Maintenant, fiche le camp et ne remets plus les pieds ici ! 
 
            
 
           
 
-       J’ai besoin de tes services, petit démon, lui sourit-il sans prendre en compte sa remarque.
 

         
 
            
 
           
 
-       Ne m’appelle pas comme ça ! 

            
 
           
 
-       Cassie, je suis sérieux. J’ai besoin de tes gardes du corps pour protéger quelqu’un.
 
            
 
           
 
Cassie le regarda, suspicieuse. Ses cervicales lui faisaient mal tout à coup. Elle se massa la nuque, tentant d’expier le stress grandissant. Toutes ses articulations la tiraillaient et son genou commençait à lui montrer des signes de fatigue. Quelques années auparavant, son corps avait fait les frais de son mafieux de frère et elle avait été impliquée dans un accident de voiture qui visait Asami. Les séquelles n’étaient pas graves, mais certains jours de pluie, la douleur lui ramenait d’affreux souvenirs. Depuis ce jour, elle avait décidé de tout oublier de lui. De ce frère aimant et gentil qui l’avait choyée et protégée. De ce frère qui avait pris une route sinueuse, parsemée de dangers et souillant la moralité dans laquelle ils avaient été éduqués.
 
            
 
           
 
Elle l’aimait. Oh, ça oui, elle l’aimait. Mais, il est parfois des destins tragiques où seule la séparation est un sage refuge. Ce n’était pas pour sa propre vie qu’elle le fuyait. Non. Elle le fuyait pour ne pas avoir, un jour, à supporter sa mort. Elle voulait l’oublier pour que sa mort prochaine l’atteigne le moins possible.

 
            
 
           
 
Pourtant, devant lui, entre ces quatre murs, tout basculait. Elle l’avait toujours cru. Et aujourd’hui encore, elle voulait croire qu’il avait changé
 
            
 
           
 
-       Toi, Monsieur Asami, le mafieux craint de tout le Japon, tu as besoin de mes services, hein ? Tu n’as pas de gardes du corps assez compétents, peut-être ? Railla-t-elle, masquant son désarroi
 
            
 
           
 
-       Tu es la seule personne en qui j’ai confiance, et tu le sais parfaitement. 

 
        
 
           
 
-       Tu mens. 

 
            
 
           
 
-       Je ne peux le confier qu’à toi.

 
        
 
           
 
-       « Le » ?
  
    
        
 
           
 
-       Tu es la meilleure dans ton domaine. Je ne veux que toi, sinon, je ne serai pas tranquille. 

        
 
           
 
-       Qui ? 

 
        
 
           
 
-       Hum… Tu l’as vu aujourd’hui. 

            
 
           
 
-       Le… photographe ? Ce… Takaba ? Répliqua-t-elle, abasourdie. 
 
   
        
 
           
 
Elle le vit se crisper à ce nom. Cette fois, Cassie sonda le cœur de son frère en fouillant dans ses prunelles agitées une once d’émotion vraie.


 
        
 
           
 
-       Pourquoi ? Le força-t-elle à se livrer. 


            
 
           
 
Il releva la tête, ne fuyant pas et planta ses yeux dans les siens, sincère.
 
 
            
 
           
 
-       Parce qu’il est comme toi, Cassie, un vrai petit démon. Il s’agite, il braille, il se débat, il se roule par terre, il est têtu, mais, il a un grand cœur, il est honnête et droit, il est entier, vrai, franc et pur. Comme toi.


  
 
            
 
           
 
-       Tu ne vas pas me faire croire que toi… L’ignoble Asami… Tu…
  
 
    
 
           
 
-       Si.
 
        
 
           
 
Cassie se figea. Leurs regards se croisèrent et l’intensité de leur jeunesse réapparut comme au premier jour. Il n’y eut pas un sourire d’échangé, pas un mot de plus. Leurs iris se parlaient par soubresauts, leurs mains serrées l’une dans l’autre se transmettaient leurs émotions et tout leur corps se parlait. Comme avant. 

            
 
           
 
-       Reste là, je reviens. 

         
 
            
 
           
 
******************************* 

 
            
 
           
 
-       Baba, tu peux amener le jeune dans mon bureau, s’il te plaît. 

            
 
           
 
Baba se leva spontanément, heureuse de voir que Cassie allait bien. Elle le savait rien qu’à la regarder. Mais, des questions restaient sans réponse. Elle était si détendue que ça paraissait suspect…     
 
            
 
           
 
-       Euh… oui, tout de suite… Akihito, viens avec moi… 

         
 
            
 
           
 
******************************

            
 
           
 
-       Je peux savoir ce que tu fous là, hein ? Grogna Akihito en rentrant dans le bureau.

  
 
            
 
           
 
-       Le chaton sort déjà ses griffes… Tu ferais bien mieux de ronronner avec moi, parce que tu ne fais pas le poids, menaça Asami, comme il savait si bien le faire. 

            
 
           
 
-       Te fous pas de moi ! Arrête de me suivre ! T’avais dit que ça serait en compensation pour m’avoir entraîné dans tes conneries, mais pas que tu serais là ! Ce que tu es collant ! Continuait le gamin, sans prendre en considération le statut de ce dernier.

            
 
           
 
-       Je viens chercher ma récompense.
  
 
            
 
           
 
-       Ta… Ta quoi ? Non, mais… 

            
 
           
 
Asami se leva et l’accula jusqu’à la porte, parfaitement maître de lui, le regard acéré. 

 
        
 
           
 
-       Laisse… Laisse-moi… Tenta désespérément Takaba, oppressé. 


            
 
           
 
-       Je veux ma récompense… Murmura Asami en passant sa langue le long de sa nuque, en y déposant son odeur séductrice.   
 
 
            
 
           
 
-       A… Arrête… Me touche pas ! Tu…
  
 
            
 
           
 
-       Dis-moi que tu me veux, le chaton…
  
 
            
 
           
 
-       Je… Je suis pas ton chaton, bordel ! Mais pour qui tu me… Ahhh…
 
  
   
            
 
           
 
Asami avait écarté les jambes du chaton crispé et s’était engouffré à l’intérieur, se collant à son entrejambe avec force et détermination. Akihito avait gémi sous l’impact et restait la tête baissée, afin de cacher son excitation grandissante et retenir les sons qui lui brûlaient la gorge.
  
  
            
 
           
 
-       Eh bien… On ronronne, maintenant… S’amusait Asami, exacerbant ses sens, tantôt mordillant, tantôt effleurant, tantôt poussant sa chair et sa peau pour ne plus faire qu’un avec lui. 
  
 
        
 
           
 
-       Tu… 
 
 
            
 
           
 
-       Dis-moi ce que tu veux que je fasse, petit chaton… 

 
            
 
           
 
-       Arr… 


        
 
           
 
Asami souleva les pans de sa chemise et le retourna contre la porte en enserrant ses mains fortement, comme le dominant de toute sa puissance. Il épousa les courbes de son dos, traçant un sillon ardent contre son échine dorsale. Akihito gémissait en essayant de s’extirper de son emprise. Son souffle contre son cou enivrait ses sens, sa langue humide lui donnait des frissons jusqu’à son membre durci. Il haletait dans ses bras en sentant son désir s’immiscer entre ses fesses qui se contractaient, pas encore prêt à céder à cet amant qui le terrassait. 


            
 
           
 
Une main glissa à son entrejambe et joua d’un va-et-vient qui le faisait capituler.  




            
 
           
 
-       Dis-moi ce que je veux entendre… Lui imposait-il, fier et arrogant.
  
  
        
 
           
 
-       Mhm… No… non… Implorait Takaba, frémissant sous ses mains expertes, sa voix le rendant fou. 
 

            
 
           
 
-       Tu veux que j’arrête ? Poussa-t-il le vice, tout en glissant un doigt à l’intérieur de lui pour lui soutirer des cris de plaisir.
        
 
           
 

-       Ah… Haa… 
  
   
            
 
           
 
Lentement, il lui fit tourner la tête avec possessivité et viola sa bouche, aspirant son âme et son esprit pour s’immiscer dans ses entrailles, au plus profond de son être afin que jamais il ne puisse prendre en lui quelqu’un d’autre. 
  

            
 
           
 
-       A… Asami… Pleurait presque le jeune photographe. 

            
 
           
 
-       Dis-moi ce que tu veux… Lui murmura-t-il, en pressant son érection contre lui, le mettant au supplice.
   

 
            
 
           
 
-       Je… t’en prie… 
 
            
 
           
 
-       Quoi ? Dis-le clairement, petit démon. Ne me fais pas attendre. 
 
 
            
 
           
 
-       Je… Je… 

  
        
 
           
 
-       Tu quoi ? Commença-t-il à le pénétrer avec douceur et passion, en mordillant le creux de son épaule pour l’agacer.
 
        
 
           
 
-       Je te veux… 
  
 
            
 
           
 
-       Encore… 

        
        
 
           
 
-       Je… te veux…
 
            
 
           
 
Asami s’enfonça en lui en un coup de reins puissant, mais lent. Il grogna de plaisir en sentant Akihito se cambrer à cet assaut et en l’agrippant, désespéré. 


            
 
           
 
-       Je te… veux… continuait Takaba, emporté par le désir qu’il avait de sentir son amant en lui. 



        
 
           
 
-       Je sais, petit démon… Je sais… Viens, maintenant… 
 
        
 
           
 
Rien qu’à ces mots, Akihito sentit déferler en lui une vague de jouissance pure qui irradiait contre son dos. 


            
 
           
 
-       A… Asami… 

         
 
            
 
           
 
***********************************

 


- On peut savoir ce que vous faites ? Intervint Baba, les mains sur les hanches, regardant tour à tour Bibi et Misa, l’oreille collée au bureau de Cassie. 


            
 
           
 
Les deux acolytes devinrent écarlates, mais ne purent s’empêcher de continuer à contenter leur curiosité habituelle. - Laisse, Baba. Je leur ai demandé de vérifier quelque chose… -       -       De vérifier quoi ? -       La sincérité de mon frère… Sourit Cassie en regardant les têtes perverses qui s’agitaient contre la porte. -       Vous me ferez un rapport détaillé, hein les filles !

-       OUI ! Répondirent-elles à l’unisson, le sourire jusqu’aux oreilles.

-       C’est bien la première fois que je te voie sourire, petit démon…

-       Ne m’appelle pas comme ça, Baba !

-       Yaoi Boy’s est une grande famille, pas vrai ?

-       Mhmm, répondit Cassie, le sourire aux lèvres. 


FIN


Voilà la suite !!!!!!!!! Me suis encore bien amusée !!!!!! lool !!!!!
Vive le Harlequin collection Désir !!!!!!! hihihihihi !!!
UN IMMENSE MERCI A BABA POUR AVOIR MIS DES IMAGES Miamm..... Et le contenu qui va avec !!!!! ça a un peu plus de gueule maintenant !!!!!!!
J'espère que la suite vous plaira !!!!!

CHAPITRE 2 :


  



            
 
           
 
Baba ferma la porte et s’y adossa, épuisée. Faire semblant n’était pas son truc, mais cacher tout ce qu’elle avait en elle l’était encore moins. Elle soupira, l’air triste. Cassie ne devait pas le savoir. Pas même le remarquer. Pour ça, elle était tranquille, sa Boss n’était pas du genre à fouiner dans ses affaires. Pourtant, elle connaissait bien les rouages du métier et Cassie était une experte en la matière. Rien ne lui échappait. Combien de temps encore comptait-elle tout dissimuler ?

Baba fixa ses pieds avec méditation, plongée dans ses pensées. De toute façon, il fallait mettre un terme à tout cela, et l’arrivée précipitée d’Asami le confirmait. Si jamais, il l’apprenait… Son cœur se crispa. Arrêter… Elle n’en avait pas le courage… Depuis le début, elle était prise au piège. Le filet s’était refermé depuis longtemps. L’hameçon lui avait transpercé corps et âme sans qu’elle ne puisse rien y faire… Si tout cela devait éclater au grand jour, elle perdrait tout… Absolument tout…  



Elle avait beau retourner le problème dans tous les sens, aucune issue ne s’offrait à elle. Sans crier gare, elle sentit ses yeux s’embuer, sa vue devint floue, et les larmes jaillirent du plus profond d’elle-même. Tout en elle lui faisait mal et, à ce rythme, elle ne tiendrait plus très longtemps.

La sonnerie du téléphone interrompit sa douleur un instant et elle s’avança machinalement lorsqu’elle vit le numéro entrant. Son pouls s’accéléra dangereusement et elle hésita. Il ne fallait pas qu’elle décroche.

Elle ne devait pas décrocher… Bon sang ! Pourquoi ne pouvait-elle pas agir en toute raison ? Elle décrocha et chuchota un « Allô » comme une enfant prise en faute.


*********************



-       Lâche-moi, maintenant ! T’es content, hein ? Pesta Takaba qui tentait de s’extirper des bras de son amant en gigotant comme une puce




     
  
      
        
 
           
 
-    Tu ne te débats pa vraiment sérieusement, le chaton, répliqua-t-il, faisant grimper sa colère et son humiliation.


Ce dernier se mit à bouder, refusant de se prêter au jeu, qu’il perdrait de toute façon. 
 
            
 
           
 
-       Rassasié, petit chaton ? Continua Asami à s’amuser, fier de le dominer.


            
 
           
 
Takaba ne prit pas la peine de répliquer et lui décocha un regard noir. L’intervention de Cassie soulagea le jeune garçon qui vit là le moyen de prendre ses distances avec cet amant possessif et dominateur.
 
            
 
           
 
-       Bien. J’accepte de t’embaucher Takaba, déclara Cassie à l’adresse du reporter à la chemise débrayée, qui avait encore le feu aux joues de ses ébats avec son frère.  
 

  
        
            
 
           
 
-       C’est vrai ! S’émerveilla le jeune fougueux, plein d’enthousiasme. Je commence quand ? C’est un sujet important ? Je vais faire une mission dangereuse ? 
  

            
 
           
 
-       Tu devrais mieux éduquer tes employés, Asami, celui-là pose beaucoup de questions. Tu veux que je me charge de le remettre dans le droit chemin ? Ironisa Cassie, en reprenant la réplique de son frère quelque temps plus tôt.  

            
 
           
 
Asami sourit à sa remarque d’un air entendu. C’est le chaton qui sortit ses griffes immédiatement. 


        
 
           
 
-       Pour qui vous vous prenez, hein ? Je suis pas un jouet !


            
 
           
 
Cassie le regarda en coin sans mot dire et lui démontra le contraire sans lui décocher la moindre parole. 

 
            
 
           
 
-       J’aimerais te parler en privé, s’il te plaît, posa Asami, tranquille, mais ferme.
    
 
            
 
           
 
Elle le jaugea et appuya sur son téléphone, mais se ravisa.  
 
 
            
 
           
 
-       Pas aujourd’hui, Ryuchi, je n’ai plus le temps. Téléphone-moi plus tard, d’accord ? Je vais bien m’occuper de lui, ne t’inquiète pas, appuya-t-elle d’un air entendu. 

            
 
           
 
Au moment où les deux passaient le pas de la porte, Cassie eut un sursaut de lucidité et interpella son frère : 
 
 
            
 
           
 
-       Comment as-tu su que j’étais ici ?    
 
            
 
           
 
-       Je n’ai jamais perdu ta trace. 
  
       
            
 
           
 
-       Mais, pourquoi maintenant ?  
 

        
 
           
 
Son silence éveilla immédiatement ses soupçons. Asami ne faisait jamais les choses à la légère ou dans la précipitation. Certes, il devait être fou amoureux de ce gamin pour venir s’adresser à elle et lui demander de le protéger, mais… Il devait y avoir quelque chose d’autre… Le grand Asami s’était déplacé aujourd’hui, ce n’était pas un hasard… 
  

            
 
           
 
-       C’est ce dont je voulais te parler. J’aimerais t’emmener dîner, ce soir, c’est possible ?
        
 
           
 
 

 
            
 
           
 
Cassie comprit à la mine renfrognée de Takaba que ce dernier ne connaissait pas leur relation, et qu’il réfrénait une forte jalousie à l’égard de son frère. Elle en aurait ri, mais pour le moment, c’était la possessivité fraternelle qui la préoccupait. Et si cela s’avérait, elle allait aux devants d’un cataclysme dont elle mesurait parfaitement les dégâts…

    
 
           
 
  
 ********************************** 
        
            
 
           
 
-       Tu es bien sûre, Micchan ? 
  
     
            
 
           
 
-       Parfaitement. J’ai vérifié tous les appels entrants et j’ai fini par réussir à obtenir le correspondant…  

 

         
 
            
 
           
 
-       Mais, qu’est-ce qu’on va faire, maintenant ? Angoissa Bibi, en se triturant les mains. 
 

 
            
 
           
 
-       J’en sais rien… On s’est mise dans un beau merdier… 


        
 
           
 
-       Au fait, tu as fini le rapport pour Cassie ? 
 
   
        
 
           
 
-       Mhmm… Et on rajoute les photos aussi ? Pouffa Misaki en repensant à la scène torride à laquelle elles avaient assisté.
  
  
        
 
           
 
-       Ah Ah ! Par pitié, non ! On va se faire décapiter par la Boss si elle voit son frère en train de faire de telles cochonneries avec la limace !!! 

            
 
           
 
-       Ben, elle qui aimait bien le Yaoi, elle est servie, maintenant ! Elle a son frère en chair et en os en pleine action !!! S’amusa Misaki.
 
            
 
           
 
-       Bon, mais, maintenant, qu’est-ce qu’on fait ?
  
 
        
 
           
 
-       On a le cul entre deux chaises. D’un côté, on a Baba qui nous a demandé de nous faire un rapport sur Cassie et de l’autre, on a Cassie qui tient à savoir ce que cache Baba…  

   
            
 
           
 
-       Ça encore, c’est rien. Le pire, c’est les données. Qu’est-ce qu’on en fait ? Si on divulgue ça, les répercussions vont être terribles…
 
  
        
 
           
 
-       J’ai vérifié et revérifié des deux côtés et il n’y a pas d’erreurs possibles… Répéta Misaki, inquiète. 


            
 
           
 
-       Moi, j’ai pas le courage… Si tout ça se sait, la Yaoi Holding Compagnie met la clé sous la porte avec pertes et fracas… 

            
 
           
 
-       Alors, on ne dit rien à personne ?
 

   
        
        
 
           
 
-       Tu as une meilleure solution ?

            
 
           
 
-       Non… Mais je m’interroge. Franchement, à quoi elles jouent toutes les deux ? Tu crois pas que y’a un piège là-dessous et qu’une des deux se fait mener en bateau ?
 
            
 
           
 
-       C’est possible… Mais les deux sont des tombes, on en tirera absolument rien… 

 
            
 
           
 
 *************************************

 
            
 
           
 
Baba se sentait las de tous ces mensonges. Elle n’avait pas envie de rentrer chez elle. Et ici, elle avait le sentiment d’être encore à l’abri. Tout à coup, dans la pénombre, elle surprit une silhouette familière et sursauta. On lui bâillonna la bouche d’une main ferme et son souffle pénétra entièrement son corps.
 
            
 
           
 
-       Tu ne m’attendais pas, hein ? Murmura la voix chaude de l’homme derrière elle. 

            
 
           
 
-       Mhph ! Protesta Baba, silencieusement, le cœur battant à rompre. 

            
 
           
 
-       Je t’ai manqué ? Poursuivit l’homme en faisant glisser les lèvres contre son cou agité de frissons. Tu parais nerveuse… Tu crois encore que je vais te faire du mal, hein ? S’adoucit-il en la caressant.
 
            
 
           
 
Baba ne pouvait pas résister à cet homme. Depuis le départ, malgré sa réticence, malgré tout ce qu’elle savait de lui, malgré les interdictions que lui dictait son esprit, malgré le passé de cette ombre qui la faisait chavirer, elle cédait. Sans savoir s’il jouait, s’il se servait d’elle ou s’il était sincère, elle ne parvenait plus à réfléchir et à se détacher de lui. 
 

   
 
        
 
           
 
Mais lorsque sa voix se fit grave et menaçante, Baba se recroquevilla dans ses bras, voyant dans ses paroles un infime espoir : 
 
            
 
           
 
-       Je ne veux pas que tu l’approches, tu entends ? Je ne veux pas que tu parles à Asami, et encore moins qu’il te tourne autour. Je ne le tolèrerai pas…  

 
            
 
           
 
Doucement, il détacha sa main pour la laisser respirer et l’autoriser à parler. Il était tendu et le seul fait qu’il mentionne Asami l’avait contracté de rage. 


            
 
           
 
Il prit sa bouche avec possession sans lui laisser le temps de protester et la colla à lui avec force. 

            
 
           
 
-       Tu es à moi, tu comprends ?

 
            
 
           
 
Baba suffoqua à son baiser, s’agrippant à lui par instinct, les yeux perdus. Dans ses bras, elle faiblissait et perdait toute contenance.
 
            
 
           
 
-       Dis-moi que tu m’aimes… Exigea-t-il en plantant son regard de braise dans le sien. 

            
 
           
 
-       Je… t’aime… Obtempéra-t-elle. 

 
            
 
           
 
-       Je veux t’entendre gémir mon prénom dans ta bouche… 
 
            
 
           
 
-       Je… t’aime… Feilong…

 


         
 
            
 
           
 
 *********************************
 
            
 
           
 
Cassie verrouilla son bureau avec nervosité. Avec son frère dans les parages, il fallait qu’elle redouble de prudence. S’il revenait sur le terrain, il la filerait comme un berger avec ses moutons. Et ça, c’était dangereux… Il y avait trop de coïncidences… Et si Takaba n’était qu’un prétexte pour s’immiscer dans sa vie ?
 
        
 
           
 
-       Eh bien, heureusement que je me suis infiltré à temps, sinon, tu m’aurais fermé la porte au nez, mon ange… Susurra une voix familière dans son dos. 

            
 
           
 
Cassie se retourna vivement et lui sauta au cou. La chaleur de ses bras, l’odeur de son parfum, le timbre grave de sa voix irradiaient dans la pièce et firent battre son cœur. Cette passion clandestine durait depuis des lustres. Depuis qu’elle avait pris le parti de quitter son frère.
 
            
 
           
 
-       Yoh… 

 

        
            
 
           
 
-       Tu m’as manqué, mon ange…
 
        
 
           
 
 



 ******************************* 

            
 
           
 
-       Quoi ? Non, mais c’est une blague ? Vociféra Bibi, les yeux injectés de sang et prête à se battre. 
 

         
 
            
 
           
 
-       Ah Ah Ah ! S’exclama Misaki devant sa tête déconfite. 

-       Je veux pas faire équipe avec cette folle ! Grogna Takaba à son encontre.


        

-       Pourtant, c’est le cas. Alors, tâchez de bien vous entendre tous les trois, leur ordonna Baba, l’index pointé vers eux. 
 

            
 
           
 
-       Mais, qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ? Ce type est un boulet ! 

            
 
           
 
-       Bibi, calme-toi… Riait Misaki, tentant de réprimer un grand éclat de rire. Le pauvre, on l’a vu sous toutes les coutures, ménage-le un peu, maintenant ! Le piqua-t-elle au vif. 


            
 
           
 
-       Co… Comment ? S’insurgea Takaba, rouge comme une tomate.
 
            
 
           
 
-       Je savais pas que les limaces pouvaient autant gémir ! L’attaqua Bibi, de front, fière de son coup de couteau dans le dos.
 
            
 
           
 
-       Bien… Je vois que les présentations sont faites, maintenant, au travail ! Conclut Baba, en assortissant sa remarque d’un clin d’œil complice. 


    
 
           
 
                 
La suite n° 3 !!!!!!!! Baba est à l'honneur, Calinours fait son apparition et vous allez enfin connaître l'homme de Bibi... SUrprise... !!!!!!!!!!!!!
Baba, tu auras une toute petite scène hot pour débuter !!!!!!!!!!!

CHAPITRE 3 :






            
 
           
 
-       Pourquoi es-tu si tendue avec moi, hein ? Susurra Feilong, de sa voix grave et ténébreuse. 
 
            
 
           
 
-       Je… Pourquoi… Pourquoi es-tu ici ? Osa Baba, d’une voix hésitante.
        
 
           
 
 


 
    
 
           
 
Feilong parcourut sa nuque de ses doigts fins et traça des cercles le long de sa gorge, en descendant lentement afin d’entendre ses gémissements étouffés. 

            
 
           
 
-       Je te l’ai déjà dit… Tu m’appartiens… Accentua-t-il sa menace. 
  
 
    
 
           
 
-       Je n’ai rien… fait de mal… 

            
 
           
 
-       Mhmm… Mais, comment se fait-il que tu aies été aussi prévenante avec ce jeune Takaba, alors même qu’il s’agit du protégé de mon pire ennemi ? L’enserra-t-il plus fort, comme pour l’oppresser davantage.  

            
 
           
 
-       Je… t’en prie, Feil… Ne sois pas si possessif… Supplia-t-elle d’une toute petite voix. 

    
 
           
 
 

            
 
           
 
Il se pencha plus près, laissant le silence s’installer afin de mieux la sentir se crisper contre lui, et lui murmura, autoritaire :
 
            
 
           
 
-       Tu es mienne, Baba. Tu sais parfaitement ce que ça veut dire. Ma possessivité n’a pas de limite. Tu es à moi et rien qu’à moi. Tu n’as aucun moyen de t’échapper.
        
            
 
           
 
-       Je ne...
            
 
           
 
Feilong la mordit à l’épaule pour la faire taire et la plia contre son torse, la forçant à poser ses mains sur le bureau et soutenir son poids dans son dos. Pourquoi sous couvert de menaces et de domination, fallait-il que ses mains soient si douces ? Elle n’avait jamais eu l’intention de s’enfuir. Et encore moins maintenant… 

            
 
           
 
-       Feil… Je t’en supplie… Arrête… 
 
            
 
           
 
-       Je veux te sentir… Et je sais aussi que tu me veux, n’est-ce pas ?
        
 
           
 

 
            
 
           
 
Sa main descendit et s’engouffra sous sa chemise sans que Baba ne puisse l’en empêcher. Cet homme la possédait tout entière. À chaque fois qu’elle tentait de se débattre, il léchait sa peau, la caressait, lui chuchotait de petits mots dans sa langue natale et accentuait ses caresses pour s’ancrer un peu plus profondément en elle.
  
        
    
 
           
 
Il caressa la courbe de ses reins, de ses hanches pour exacerber le désir qui pulsait entre ses cuisses. Il enfonça un doigt en elle et l’entendit gémir sous l’impact. 

            
 
           
 
-       Tu m’attendais à ce que je vois… Et tu es déjà toute mouillée rien que pour moi… Je ne m’attendais pas à moins de ta part…

 
            
 
           
 
Baba frissonnait sous la caresse ardente et ne put contenir un gémissement plus affolé quand il plongea un autre de ses doigts en elle. Elle capitula en le sentant tout contre elle, dévorant son corps pour y laisser sa marque, son odeur, sa trace, ses griffes. Sans crier gare, il la retourna et s’imposa entre ses cuisses qu’il avait ouvert avec force pour ne lui laisser aucune échappatoire. Elle s’agrippa à lui afin de cacher son visage qui exprimait son désir, mais il lui releva le menton et planta son regard transperçant dans le sien. 

            
 
           
 
-       Je veux te contempler, Baba… 

            
 
           
 
-       Feil… Lâche-m…

            
 
           
 
Lorsqu’il leva une main et mit son doigt à la bouche en le léchant suggestivement, Baba détourna le regard, gênée. Il avait le don pour faire monter en elle des vagues de frissons, souffler le chaud et le froid afin qu’elle succombe, offerte et perdue, dans ses bras. Elle le sentit presser son membre durci contre ses parois humides et s’immiscer en elle sans la quitter des yeux, afin de voir la détresse envahir son esprit et ce petit tic qui la rendait si mignonne quand elle se mordait la lèvre inférieure, agitée et frémissante. 

            
 
           
 
Il n’attendit pas sa permission et la pénétra d’un seul coup de rein, lent, mais puissant. Feilong tenait fermement sa nuque pour la maintenir à sa hauteur et jouir de ses douces et exquises expressions de plaisir.  

 
            
 
           
 
-       Feil… Feil… Gémissait Baba, au bord de l’extase. 
 
  
            
 
           
 
À ces mots, il accentua ses va-et-vient, rapprochant ses hanches au plus près de lui, accompagnant les rythmes de son bassin, la berçant avec chaleur et excitation, et fondit entre ses seins, sentant les prémisses de l’orgasme. Il la désirait comme un fou. Il ne la laisserait à personne. Son sexe pulsait en elle à une vitesse vertigineuse et il percevait ses parois se contracter de désir en le pressant et en l’aspirant davantage. 

 
      
    
 
           
 
-       Baba… Se mit-il à frémir en la basculant davantage sur le bureau, comme possédé.

 


 
            
 
           
 
-       Mhmm…
  
      
            
 
           
 
Cambrée et soumise à cette déferlante d’émotions, Baba, les larmes aux yeux, laissa échapper un gémissement de plaisir, envahie par l’emprise de cet homme.
 
 
            
 
           
 
-       Dis-le… La pressa-t-il, à bout. Dis-le-moi…


            
 
           
 
-       Je… t’aime… Feil… 
 

            
 
           
 
   *********************** 

 
    
 
           
 
-       Assieds-toi, Yoh, intervint Asami, un verre d’alcool pur à la main, en dévisageant son garde du corps dévoué.

            
 
           
 
Yoh s’exécuta, avec calme. Il connaissait son maître par cœur. Il avait choisi un bar éloigné où il se tenait seul à une table, à l’écart du monde. Sa froideur habituelle était plus tenace que d’habitude et il sut de quoi il retournerait.
 
            
 
           
 
-       J’ai repris contact avec ma sœur, posa-t-il, tout en sondant la moindre expression sur le visage de Yoh, qui ne répondit pas, mais maintenait des yeux francs. Tu sais qu’elle est ma seule famille et que je ferais n’importe quoi pour elle. 
    
 


        
            
 
           
 
-       Je le sais, patron. 

     
    
 
           
 
-       Sais-tu ce que je ferais si j’apprenais qu’un de mes hommes l’avait touché ? Le piqua-t-il au vif, sans hausser le ton.    

            
 
           
 
Yoh l’observa sans ciller. Un jour ou l’autre, cela devait arriver, et il s’était juré de le respecter jusqu’à sa mort. Son obéissance et sa loyauté étaient sans limites. Il acquiesça d’un signe de tête.
 
            
 
           
 
-       Je le tuerai, Yoh. Si l’un de mes hommes posait la main sur elle, je le tuerais sans hésiter. 
 
      
    
 
           
 
Un silence de mort s’installa entre les deux hommes qui se faisaient face, sans agressivité ni violence. 
 
 
            
 
           
 
-       Alors… Tuez-moi, maître, lui répondit Yoh, avec calme et détermination. 
 
            
 
           
 
À sa grande surprise, Asami mit le verre à ses lèvres et but une gorgée comme s’il n’avait pas entendu cette dernière remarque. Ses yeux le quittèrent un instant et semblèrent s’attarder sur l’entrée du bar. Yoh attendit patiemment le coup de grâce, sans perdre son sang froid. 
 
  
    
 
           
 
-       Tu choisis cette option alors que tu pourrais me supplier de t’épargner en me jurant que tu ne l’approcheras plus… Poursuivit-il, le jaugeant de ses yeux de lynx. 
 
            
 
           
 
-       C’est une autre forme de mort qui me paraît plus cruelle et que je n’accepterai pas, maître. Je l’aime. Je n’ai jamais joué avec elle. Alors, me demander de la quitter m’est impossible.  
    
 
   
  
            
 
           
 
Alors que Yoh allait continuer ses explications, un déclic se fit entendre ; instinctivement, il prit son arme et enclencha la détente. Asami n’avait pas bougé. C’est sa voix qui le fit sursauter et baisser son arme. 

 
            
 
           
 
-       Si tu le touches, c’est moi qui te tuerai en premier, Ryuchi, trancha Cassie, l’arme pointée sur son frère. 
    
 



*********************
  
              
    
 
           
 
-       Tu es pénible, je te dis ! 
 
      
            
 
           
 
-       De quoi je me mêle le nabot ? Marmonnait Bibi, encore à s’arracher les cheveux avec cet avorton qu’elle devait se traîner pour la mission.
  
        
            
 
           
 
-       T’es une harpie ! Voilà ce que tu es ! Une véritable emmerdeuse née pour me casser les pieds ! Vociférait Akihito, en lui renvoyant la pareille. Et puis, je n’ai pas besoin de toi pour prendre des photos ! 

            
 
           
 
-       Monsieur se prend pour un professionnel maintenant !  
 
 
            
 
           
 
-       C’est Baba qui m’a confié cette mission, tu n’as rien à faire là-dedans ! 


            
 
           
 
-       Ne l’appelle pas avec autant de familiarité, petit con ! Le frappa-t-elle rageusement. 
    
 


 
            
 
           
 
-       Ne me frappe pas parce que je vais t’en mettre une ! Ne crois pas que je vais me laisser faire !
 
            
 
           
 
-       Oh, le petit uke qui se prend pour un homme, maintenant ! L’acheva-t-elle, très fière.
 
            
 
           
 
Takaba la regarda, noir de colère et de honte, mais il ne répondit pas cette fois-là. Une expression lasse de tristesse marqua les traits de son visage et Bibi s’en rendit compte immédiatement. 
 
 
        
 
           
 
-       Ouais, je suis le jouet de ce Yakuza, ça t’amuse ? Tu crois peut-être que tu peux en rire comme bon te semble ? C’est facile de se moquer des autres, hein ? La vérité, c’est que je m’en fiche, je ne me suis jamais rabaissé à taper un homme à terre. 

    
 
           
 
 

 
            
 
           
 
Bibi poussa un long soupir, touchée. Il avait presque les larmes aux yeux et elle n’avait jamais été du genre à appuyer là où ça faisait déjà mal. Même s’il l’agaçait, elle comprenait sa douleur. 
  
       
            
 
           
 
-       Tu sais où tu vas, au moins ? Coupa-t-elle court à la conversation, en guise d’apaisement. 


            
 
           
 
-       Ouais. On est arrivé. Si j’arrive à prendre des photos de lui, je vais toucher le pactole ! Reprit-il sa bonne humeur habituelle. 

 
        
 
           
 
-       Ah oui ? Et de qui tu parles, au juste ? 

 
            
 
           
 
-    De moi, retentit une voix caverneuse derrière eux.     
 
            
 
           
 
Bibi manqua se décomposer et tout son corps se figea. Elle ne put se retourner tellement son cœur s’agitait dans sa poitrine. 
    
 


            
 
           
 
-       Je ne pensais pas que tu viendrais me voir en personne… Poursuivit l’homme, cynique. Tu mourrais d’envie de me voir, c’est ça ? 
 
 
            
 
           
 
Takaba regarda tour à tour l’homme, la cigarette aux lèvres, et Bibi, décomposée et le visage crispé.
  
  
            
 
           
 
-       Euh… Vous vous connaissez ? L’interrogea Akihito qui se rapprocha de Bibi dont il sentait le malaise. 

            
 
           
 
-       T’es qui toi ? Se glaça l’homme à ce geste. Tu vas pas me dire que t’es son petit ami quand même ? 
       

  
     
            
 
           
 
Takaba sentit la menace derrière ses paroles. Sa tenue, son comportement, sa posture et ses yeux montraient qu’il avait affaire à un homme de pouvoir qui ne se laissait pas marcher sur les pieds. Pourquoi fallait-il toujours qu’il tombe sur ce genre de personne qui lui attirait des ennuis ? De plus, son agressivité avait monté d’un cran lorsqu’il s’était approché de Bibi et cela témoignait bien d’une certaine jalousie. L’atmosphère semblait pesante et l’homme devint violent et sarcastique. 

  
        
 
           
 
-       Tu réponds pas quand je t’ai posé une question ? T’as deux secondes, et si tu t’approches encore, t’es mort. 

            
 
           
 
Bibi sut qu’il ne plaisantait pas et prit son courage à deux mains pour lui faire face. Il était à deux doigts d’écorcher Akihito qu’elle devait protéger. Elle ne faillirait pas. 

 
            
 
           
 
-       Mookyul ! Arrête ça tout de suite ! Il travaille avec moi ! Laisse-le tranquille !     
        
 
           
 
 


            
 
           
 
Takaba ouvrit de grands yeux : alors, cette petite harpie était intime avec cet homme puissant dont il devait récolter des informations ? Mais, pourquoi Baba lui avait-elle demandé une telle chose en sachant que ces deux-là semblaient avoir un passif plutôt tendu ?

            
 
           
 
-       Regarde-moi en face Bibi ! Continua l’homme en s’approchant d’elle, ne détourne pas le regard !
         
 
            
 
           
 
-       Ne t’approche pas ! Paniqua Bibi en agitant les bras dans tous les sens comme pour empêcher sa progression. 

         
 
    
 
           
 
C’est le téléphone de Bibi qui interrompit la scène et Mookyul stoppa son avancée, les mains dans les poches, non sans fusiller du regard le jeune photographe. 
 
        
 
           
 
-       Bibi à l’appareil. 
 
        
 
           
 
-       Bibi ? C’est Calinours. 
 
            
 
           
 
-       Oui, qu’est-ce qu’il se passe Calinours ? Un souci ?

       
 
            
 
           
 
-       Non… Euh… Enfin… C’est que Misaki a trouvé quelque chose qu’elle m’a rapporté discrètement au labo. 

 
            
 
           
 
-       Qu’est-ce que c’est ? 

 
            
 
           
 
-       C’est à propos de Baba… 
 

            
 
           
 
-       Calinours ! Crache le morceau ! 

 
            
 
           
 
-       Il semblerait qu’elle soit enceinte…
 
 
    
 
           
 
                                 
Et voilà la suite !!!!!!!! Nouveaux persos, nouvelle scène Hot ( surprise !!!!), nouveaux rebondissements... Et je tenais surtout à mettre à l'honneur la 1ère de couverture que m'a créée BABA : n'est-elle pas tout simplement sublime ??? Me suis évanouie en la voyant !!!!! Grâce à Baba, la Fic prend une toute autre dimension !!!!!  MERCi ma Baba-kiki-chan ! J'espère que vous apprécierez la suite.....POur vous mes Teamates !!!!! Et ma Boss (reviens-nous glorieuse !!!!!) KISSSSS
CHAPITRE 4 :







-       Baisse ton arme, petit démon, posa Asami calmement. Ce n’est pas un combat, et ça ne te ressemble pas de t’exposer ainsi aux yeux de tous.

            
 
           
 
Cassie semblait déterminée. Ses yeux restaient fixés sur son frère, agités d’une nuance de colère et de froideur.
   
 
            
 
           
 
C’est Yoh qui rompit le contact visuel en se mettant entre les deux. Son attitude calme et posée marquait une nette différence entre les deux personnalités affirmées qui s’étaient affrontées à l’instant. Pour la première fois, il s’immisçait dans les affaires personnelles de son patron. Il savait que tout allait basculer à partir de maintenant.  
    
 
            
 
           
 
-       Yoh… Te voilà dans une situation bien délicate… Se joua Asami avec délectation. Qu’essayes-tu de faire ? Me protéger d’elle ou bien… Prendre sa défense ? 

    
 
           
 
 

 
            
 
           
 
Cela sonnait comme un ultimatum et Yoh comprit immédiatement où il voulait en venir. Asami lui demandait de choisir. C’était lui ou elle. Elle ou lui…  

        
 
           
 
-       Alors, mon petit démon, et si on faisait un pari… Yoh te choisira-t-il ou décidera-t-il de prendre mon parti ? Continua le Yakuza, animé par le jeu. Un jour ou l’autre, cela devait arriver, ma petite Cassie, non ? Tu crois qu’il va m’abandonner pour toi ? 

            
 
           
 
-       Contrairement à toi, je ne lui ai jamais demandé de choisir, rompit-elle son monologue, cassante. 
 
            
 
           
 
-       Mhmm… Peut-être parce que tu savais pertinemment qu’il ne te choisirait pas… L’accula-t-il comme il savait si bien le faire. 
 
            
 
           
 
-       Laisse-la en dehors de ça, les interrompit Yoh, plus ferme, mais sans le chercher du regard. 
 
            
 
           
 
-       Yoh ! S’indigna Cassie. N’espère pas me mettre à l’écart ! Je décide de ma vie, je décide avec qui j’ai envie d’être et personne n’a à interférer là-dedans ! Bondit-elle en poussant Yoh, détestant l’idée qu’il puisse jouer les chevaliers servants pour elle.

    
 
           
 
 


            
 
           
 
Cassie avait déjà eu un frère qui avait passé toute son enfance à la surprotéger, à l’empêcher de rencontrer des gens, à la mettre en cage pour l’empêcher d’être blessée et cela avait fini par l’étouffer et faire naître un sentiment de rancœur qui allait bien au-delà d’une petite confrontation. À nouveau, elle remettait sa vie en jeu afin de pouvoir se l’approprier. À elle et rien qu’à elle. Personne ne dirigerait sa vie, personne ne prendrait des choix pour elle. Personne. 
  
            
 
           
 
-       Il ne s’agit pas de toi, mon ange, mais de moi, essaya-t-il de l’apaiser en lui barrant la route du bras. 
 
        
 
           
 
-       De plus, ne crois-tu pas qu’il t’en voudrait à mort si tu me tuais ? Si tu tuais le maître qu’il vénère et pour lequel il se dévoue depuis tant d’années ? Poursuivit Asami, qui exacerbait le doute dans le cœur de sa petite sœur.  
 
            
 
           
 
-       Tu cherches à l’éloigner de moi, Ryuchi, je vois très bien dans tes stratégies de bas étage… Yoh n’appartient à personne, pas même à moi, et le fait qu’il te respecte ne me pose aucun problème. Bien au contraire, c’est sa loyauté qui fait que je l’aime, mais tu ne peux pas comprendre ce sentiment. 

            
 
           
 
-       Et si je lui demandais de te tuer… Que crois-tu qu’il fera, hein ? Enfonça-t-il le clou qu’elle n’avait pas vu venir. 

    
 
           
 

 
            
 
           
 
Elle se décomposa à cette sentence. Asami était un Yakuza qui menait à bien ses missions parce qu’il n’hésitait pas à utiliser tous les moyens en sa possession pour arriver à ses fins. Elle sentit Yoh frémir également à cette épée de Damoclès qui s’abattait sur lui. Cassie sut qu’elle allait le perdre : Yoh préférerait se séparer d’elle plutôt que de la tuer, c’était certain ; tout son corps le lui montrait à cet instant. Il était blessé et désespéré à l’idée de lui faire du mal et semblait prêt à capituler.
            
 
           
 
Mais, elle avait grandi. Malheureusement pour son frère, elle avait suivi ses pas et elle n’était pas venue là sans munitions. Elle rangea son arme, s’assit calmement, prit le verre d’Asami dans la main et le vida d’une traite. Puis, elle afficha un air serein, presque emprunt de mélancolie. 

            
 
           
 
-       Et si je demandais à Bibi de tuer Akihito, que crois-tu qu’elle fera ? Lâcha-t-elle, sans le quitter du regard. 

  
    
 
           
 
Ils se regardèrent en silence un moment. Pour la première fois, ils étaient sur un pied d’égalité. Cassie n’en tirait pas la moindre fierté parce qu’elle n’avait jamais voulu suivre le destin tragique et entaché de sang de son frère. Pourtant, dans ses veines, pulsait cette rage de vaincre. Elle ne le laisserait pas gagner. 

  
    
 
           
 
Contre toute attente, Yoh prit la parole, les mains dans les poches, animé de tremblements qui trahissaient sa rage. Jamais Cassie ne l’avait vu réprimer une telle colère, même Asami sembla surpris par ce soudain comportement.

            
 
           
 
-       Je vous ai toujours respecté parce que vous étiez justes, dignes et francs. Je ne côtoierai jamais un homme et une femme prêts à tuer un être cher par fierté. Vous ne méritez pas ma loyauté… 
 

  
            
 
           
 
*************
 
            
 
           
 
-       Enceinte… ? Répéta Bibi, abasourdie. 
 
 

 
         
 
           
 
-       Mhmm. Écoute, pour l’instant, garde ça pour toi… Misaki tente de se renseigner, elle vient de partir, poursuivit Calinours qui comprenait le désarroi de Bibi face à cette nouvelle.  
  

        
 
           
 
-       Très bien… D’accord… Je passe la voir dès que je rentre… 
 

            
 
           
 
-       Tout… Tout va bien ? S’inquiéta Calinours face à une Bibi silencieuse qu’elle ne reconnaissait pas. 


            
 
           
 
-       Oui, ne t’inquiète pas, répondit-elle machinalement, alors que les yeux de Mookyul restaient rivés sur elle. Merci, je te rappelle plus tard, d’accord ? 

            
 
           
 
-       Tu… Tu es sûre que ça va ? Insista Calinours. 
   
     
    
 
           
 
-       Demande à Baba pourquoi elle m’a fait un coup pareil et tu comprendras pourquoi je suis dans cet état ! Lâcha-t-elle, sous la colère en raccrochant. 

            
 
           
 
Bibi ne souhaitait qu’une seule chose : partir. S’éloigner de Mookyul le plus vite possible. Il semblait prendre plaisir à jouer au jeu du chat et de la souris avec elle, comme un prédateur joue avec sa proie avant de la dévorer sauvagement. 

            
 
           
 
-       Alors, tu es venue pour te renseigner à mon sujet ? Se rapprocha Mookyul à nouveau. Dis-moi ce que tu veux savoir et je te dirai tout, mais j’exige quelque chose en échange…
   
 

  
            
    
 
           
 
-       Va te faire foutre, réussit-elle à lui rétorquer avec une voix souriante et aimable comme si elle lui disait « merci ». 
  
            
 
           
 
-       Mhmm. L’invitation me plaît, mais j’espérais plutôt que tu m’invites à te le faire…
 
            
 
           
 
Bibi vit rouge. Son tempérament impétueux prit le dessus, comme à chaque fois qu’elle se sentait en danger. Surtout que Takaba étouffait un rire en les voyant se quereller sur un sujet qui lui donnerait de quoi la faire chanter à son tour. 

            
 
           
 
-       Sale trou du cul de merde ! L’injuria-t-elle, hors d’elle. Dégage ! Tu me donnes envie de gerber, t’entends ? Tu n’impressionnes personne ici ! Va jouer au dur dans ton coin et fous-moi la paix, t’as compris ?
  
 
     

        
            
 
           
 
Akihito pouffait devant la scène, sans pouvoir se retenir, mais deux personnes s’approchèrent et il se ressaisit immédiatement. Ça allait se corser…
 
            
 
           
 
-       Parle-lui encore de cette manière, et je te découpe la langue… Intervint une voix féminine qui la fit tressaillir.
  
 
     
  
       
            
 
           
 
Bibi la chercha du regard et reconnut les deux diablesses qui accompagnaient Mookyul depuis toujours. Tena et B.D. dite Cécile… Ces deux-là étaient de véritables guerrières assoiffées de sang qu’il ne fallait pas chercher. La seule chose de féminin qu’il y avait chez elles, c’était leur apparence. À l’intérieur, c’était des mercenaires sans foi ni lois qui tuaient sans une once de remords… Elles étaient dangereuses. Très dangereuses. Elles n’hésiteraient pas à lui faire la peau. Surtout Cécile. Elle avait toujours eu une dent contre elle depuis que Mookyul s’était intéressée de trop près à elle… Sa menace devait être prise très au sérieux, car il était évident qu’elle mourrait d’envie de la découper en petits morceaux… 
  
            
 
           
 
-       Du calme, louloutte… S’interposa Mookyul, dont le diminutif dans sa bouche fit tressaillir Bibi.

            
 
           
 
Malgré son acharnement à le repousser, Bibi se sentit tiraillée par la jalousie en entendant ce mot affectueux à l’encontre de celle qui resterait toujours à ses côtés et dont il ne se séparerait jamais.  

            
 
           
 
-       Va-t-en… Murmura Bibi, dans un souffle sans plus le regarder. 

      
    
 
           
 
-       Je croyais que tu étais venu pour obtenir une interview de moi… Aurais-tu à ce point changé pour ne pas t’acquitter de ton travail correctement ? La piqua-t-il au vif. 

            
 
           
 
-       Euh… Vous nous accorderiez un rendez-vous ? Répondit Takaba, qui tenait absolument à écrire un article sur celui qui avait toujours fait fuir la presse. 

            
 
           
 
Mookyul le fusilla du regard. Ce petit-là prenait trop la confiance avec lui. Mais, sa colère s’était faite moins intense quand il avait vu sa réaction envers Bibi : il avait ri. Il n’était pas jaloux, ce qui signifiait certainement qu’il ne se passait rien entre eux. Et, heureusement. Sinon, il l’aurait séquestré de suite pour le faire disparaître de sa vie à elle…
 
            
 
           
 
-       C’est à elle que j’accorde une interview en privé, et à personne d’autre, t’as pigé ? Si tu tiens à avoir ton article, c’est elle qui voit… Resserra-t-il le piège autour d’elle.
 

    
 
            
 
           
 
-       Vous me laisserez prendre une photo ? Insista Akihito, qui n’avait jamais pris de gant avec les mafieux. 

            
 
           
 
Mookyul commençait à perdre patience avec ce petit insolent qui se permettait de lui parler comme bon lui semblait, pourtant, il était un atout pour lui parce qu’il essaierait de convaincre Bibi pour lui. 
 

            
 
           
 
-       Tu auras ta photo si Mademoiselle vient avec moi, seule. Mais, ma clémence a des limites. Je ne vais pas vous supplier pour que la presse m’interviewe, non ? La pressa-t-il. 
 
            
 
           
 
-       C’est d’accord ! Se précipita Akihito, ravi d’avoir une telle opportunité qui lui apporterait enfin la reconnaissance qu’il cherchait.

        
 
           
 
-       Bien. C’est parfait. Viens avec moi, et je te ramènerai ensuite pour la photo, lui prit-il le bras comme si tout était acquis. 

            
 
           
 
Dans un mouvement de défense conditionnée, Bibi s’arracha à son emprise violemment, outrée par son comportement égoïste. Rien que de sentir ses mains sur sa peau, elle avait frémi. Et cela n’était pas bon pour elle.
 
            
 
           
 
-       Tu as vraiment cru que j’accepterai ça ? Grogna-t-elle, emportée par l’exaspération. Non, mais tu crois quoi ? Tu n’as aucun droit sur moi ! Je n’irai nulle part avec toi ! Je m’en fous de cette interview ! Qu’est-ce qu’on a besoin de savoir sur toi ? Hein ?!! Que t’es un misérable mafieux, que t’as aucune considération pour personne ? Que tu fais un complexe d’infériorité en t'en prenant à plus faible que toi ? Voilà, tout est dit, tu n’es rien d’autre que ça et ça ne vaut pas le coup de te mettre en valeur dans un journal !  
 
  

            
 
           
 
Emportée dans ses récriminations, Bibi n’entendit pas le claquement de doigts de Mookyul et ne vit pas Tena et Cécile s’approcher par-derrière. C’est quand elle se sentit soulevée de terre et projetée dans la voiture qu’elle réalisa ce qu’il se passait. Avant qu’elle n’ait eu le temps de se débattre, elle se retrouva enfermée dans la berline classieuse de Mookyul, incapable de sortir. Elle vit Akihito qui chercha à faire un pas dans sa direction, effaré. 

            
 
           
 

-       Je te la ramènerai un peu plus tard, laissa tomber Mookyul en s’engouffrant à son tour dans la limousine noire.
      
 
 
            
 
           
 
**********  
 
            
 
           
 
-       Ne le laisse pas t’approcher, Baba… Réitéra Feilong, où je le tue. 


            
 
           
 
-       Arrête avec ça, s’il te plaît… Tenta Baba, sous la menace. Ne me prends pas pour un bouc émissaire, qu’il m’approche ou pas, tu as toujours eu envie de le tuer… 

            
 
           
 
Feilong la dévisagea, surpris. Elle avait si peu confiance en elle qu’elle ne remarquait pas à quel point il tenait à elle. Bien évidemment, il n’était pas du genre à faire des déclarations d’amour, mais ne voyait-elle pas qu’aucune femme n’avait réussi à attirer son attention jusque-là ? Sa voix douce, son corps tendre, ses manières délicates, son dévouement, sa moralité, tout ça l’enivraient profondément. Il ne s’était jamais attendri par ce type de caractère ni entiché d’une femme si pure. Mais le fait est qu’elle l’avait envoûté. À un point qu’elle n’imaginait même pas. La laisser dans cet état de doute et de manque était la seule façon qu’il avait trouvée pour la garder auprès de lui. Pourtant, des éléments venaient perturber ses plans de vie. Plusieurs éléments menaçaient de lui mettre des bâtons dans les roues. Il avait songé un temps à l’emmener en Chine avec lui pour la couper de tout élément perturbateur, mais s’était résigné. 
 
        
 
           
 
S’il la coupait de ses liens, elle ne lui pardonnerait pas et surtout ne comprendrait pas.  
 
        
 
           
 
-       Ne me trahis pas, Baba… Renforça-t-il la pression. 


  

            
 
           
 
-       Feil… Pourquoi… Que veux-tu de moi ? À quoi je peux bien te servir ? Réussit-elle à prononcer les mots qui lui brûlaient le cœur.
 
            
 
           
 
Brusquement, il tapa du poing sur le bureau avec fracas et rage dans les yeux. Baba sursauta de peur et recula d’un cran.
 
            
 
           
 
-       Tu m’appartiens ! Haussa-t-il le ton, crispé. Je veux tout de toi ! Tout !     
 
            
 
           
 
Il se tut en voyant les larmes couler le long de ses joues. Sous la surprise, Baba n’avait pas su retenir ses émotions et elle éclata en sanglots. Cela le prit de court. Il était désarmé face à la tristesse de celle qu’il aimait. Elle se cacha le visage, gênée et torturée par les questions qui ne cessaient de hanter son esprit. Pourquoi elle ? Quel était son but ? Était-elle un moyen détourné pour s’en prendre à Asami ? Quels étaient ses plans ? Lui demanderait-il de trahir Cassie et son frère pour lui ? Depuis le temps que cette relation existait entre eux, Baba avait toujours attendu le moment où il montrerait son véritable visage. Elle vivait dans l’angoisse de ce retournement de situation qui la briserait. Elle était désespérément amoureuse de lui à présent, alors qu’attendait-il pour mettre son plan à exécution ? Que voulait-il qu’elle fasse pour lui ? Vivre dans la peur d’être découverte par Cassie, Bibi et Misa était déjà tellement douloureux… Que fallait-il qu’elle supporte de plus ?
 
            
 
           
 
Contre toute attente, Feil s’approcha d’elle et la prit dans ses bras, en la serrant contre lui, baignant son visage de ses larmes. Baba se contracta sous la caresse qui ne lui ressemblait pas. 
 
            
 
           
 
-       Feil… Je t’en prie… Je… Je n’en peux plus… Tu ne dis jamais rien, mais je sais que tu ne ressens rien pour moi, alors… S’il te plaît… Je ne t’ai jamais trahi et je ne te trahirai jamais, et pour ça, je t’en supplie… Cesse de me faire souffrir…
 

 
            
 
           
 
Baba le sentit se contracter à ces mots et il la colla davantage à lui, presque à l’étouffer.
     
 
    
 
           
 
-       T’ai-je déjà fait du mal ?!! S’énerva-t-il sans qu’elle ne comprit pourquoi. T’ai-je jamais blessée ?!! Ai-je déjà utilisé la force contre toi ? T’ai-je déjà contraint à faire quelque chose contre ton gré ?!!

            
 
           
 
-       Feil… Tenta-t-elle de le calmer, je… je n’ai jamais dit ça… Mais…
 
            
 
           
 
-       Arrête ça ! Je ne veux pas voir ça dans tes yeux ! Tu n’es pas une idiote, tu sais faire la différence entre ce que tu vis et ce qu’on dit ! Oui, je suis respecté et craint dans la mafia chinoise et japonaise pour mes actes, mais as-tu quelque chose à me reprocher ?!! 
 
            
 
           
 
-       N… Non…

        
 
           
 
-       Pourquoi tu ne peux pas avoir confiance en moi ?!! Faut-il que tu me trahisses, toi aussi ?!! Poursuivait-il, les nerfs à vif. 
 
 


 
            
 
           
 
Il sentit les spasmes de sanglots l’envahir à nouveau contre lui et Baba s’accrocha à lui désespérément, de peur qu’il l’abandonne.
 
           
    
 
           
 

-       Je… t’aime… Feil… Pleura-t-elle dans ses bras. 
     
 
            
 
           
 
******************* 

            
 
           
 
Misaki lisait le rapport de Calinours tout en marchant sans regarder devant elle. Au moment où elle abordait le virage dans le couloir, on lui rentra dedans avec force.
 
            
 
           
 
-       AHhh ! Se mit-elle à crier en tombant à la renverse. 
 
            
 
           
 
-       Misaki ! Hurla Takaba complètement avachi sur elle, dans un état de stress grandissant. 
 
 


            
 
           
 
-       C’est une habitude chez toi que de mettre les gens au sol ? Se calma Misaki, se relevant en le repoussant. 


            
 
           
 
-       C’est horrible ! Je n’ai rien pu faire ! S’agitait Takaba en accrochant le haut de Misaki et en la secouant comme un prunier. Ce mec l’a enlevée ! T’entends ?! Pourquoi Baba a-t-elle demandé à Bibi de faire cette mission en sachant ce qu’il se passait ! 

            
 
           
 
-       Oh la, du calme mon garçon ! Cesse de gesticuler dans tous les sens et de me déshabiller par la même occasion… Tu peux me lâcher, s’il te plaît ? Je ne vais pas m’enfuir ! Et je n’ai rien compris à tout ce que tu m’as dit… 
     
 
            
 
           
 
-       BIBI A ÉTÉ ENLEVÉE, bordel ! Elle a été enlevée par ce type, ce Mookyul !  
 
            
 
           
 
-       Ah, d’accord, répondit calmement Misaki, ce qui sidéra Takaba. 
 

  
            
 
           
 
-       Non, mais, t’as entendu ce que je viens de te dire, ta copine s’est fait kidnapper par un gars de la mafia !! 
 
            
 
           
 
-       Oui, oui, c’est bon, j’ai compris. Pourquoi tu en fais tout un drame ?
 
            
 
           
 
-       Qu… Quoi ? Mais, cette entreprise ne renferme que des dingues ma parole ! Alors, Bibi se fait enlever et ça ne choque personne ? 

        
 
           
 
-       Non. C’était prévisible. En fait, pour tout te dire, c’est le seul moyen que Baba ait trouvé pour que ces deux-là reprennent contact. Donc, ne t’en fais pas, il la ramènera saine et sauve. Et j’espère qu’ils auront réglé leur différend.

        
 
           
 
-       Non… Mais… C’est une blague ? Vous réglez les affaires personnelles à coup de kidnapping vous aussi ? Et ça ne vous est pas venu à l’esprit qu’il puisse lui faire du mal, non ?!!
 
        
 
           
 
-       Mhmm… non ! Rétorqua Misaki, qui prenait un malin plaisir à exacerber ses nerfs en prenant tout très calmement. D’ailleurs, ça tombe très bien que tu sois là, tu dois passer par l’équipe médicale pour faire un bilan de santé.
 
        
 
           
 
-       Quoi ? Tu te fous de moi ? Ne change pas de sujet ! 
 
 


 
            
 
           
 
-       Tout le monde doit passer par Calinours avant d’entreprendre un quelconque travail chez nous. Donc, s’il te plaît, mets-toi en situation régulière tout de suite.
  

        
 
           
 
-       Mais… 


            
 
           
 
-       Elle va bien, ne t’inquiète pas, le rassura Misaki avec un petit clin d’œil avant de reprendre sa marche. 


        
 
           
 

*********************

  
        
 
           
 
Bibi se retrouva projetée sur le canapé comme un vulgaire coussin. La pièce était sombre et ses mains lui faisaient mal. Cette satanée Cécile les lui avait ligotées et ne s’était pas brossée pour serrer les liens à lui couper le sang. Immobilisée et incapable de se défendre, elle garda néanmoins des yeux acérés sur Mookyul qui s’avançait vers elle. Ses intentions étaient claires, mais elle ne lui ferait pas le plaisir de lui céder sans la moindre résistance.
 
 
            
 
           
 
-       Tu n’es plus en position de te débattre, alors, tu ferais bien de te détendre, avança-t-il, fier de son piège.
  
 
       
         
 
            
 
           
 
-       Tu peux toujours crever, Eun !
 
            
 
           
 
-       Tiens, tu n’emploies plus mon petit prénom… Je préférais l’entendre dans ta bouche, je trouvais que ça avait un côté très excitant… 


            
 
           
 
-       Tu peux aller te faire voir ! Ce n’est pas en m’attachant et en me séquestrant que tu obtiendras quelque chose de moi ! 
 
        
            
 
           
 
-       Pourtant, je suis d’humeur à obtenir ce que je veux… Lui glissa-t-il en s’allongeant sur elle, imposant. 

            
 
           
 
-       Va… Va-t-en ! Trembla-t-elle de le voir si près. 
 
 

          
           
    
 
           
 
-       Non. 


            
 
           
 
Bibi se crispa sous la sentence. Il se pencha et lui lécha la nuque avec possession et elle se raidit, réprimant une plainte suggestive. Son souffle s’accéléra malgré elle, par ce corps lourd et chaud qui faisait palpiter son corps tout entier. 

            
 
           
 
-       Ne… Ne fais pas ça ! Je te l’interdis ! Essaya-t-elle de le menacer, sachant que c’était peine perdue à entendre sa respiration saccadée par l’excitation.

            
 
           
 
-       Si je ne fais pas ça, tu n’arriveras pas à te calmer et tu n’écouteras pas ce que j’ai à te dire… Moi-même, j’ai besoin de me rassasier de toi, maintenant. Tu n’iras nulle part et tu n’y couperas pas… 
 

            
 
           
 
Mookyul s’immisça entre ses jambes et plaqua son érection afin qu’elle la sente tout contre elle. En se déhanchant légèrement il frôlait toutes les parties réceptives de son corps afin qu’elle se décontracte instantanément. Bibi résista à ses assauts en luttant de toutes ses forces. 
 
            
 
           
 
Il releva la tête et approcha ses lèvres sans les lui prendre de force. Il les caressa, les effleura pour la mettre au supplice. Bibi dégagea son visage pour éviter qu’il ne parvienne à l’embrasser et il sembla amusé de la voir ainsi se débattre inutilement. Il vint prendre son menton d’une main pour l’immobiliser et laissa sa langue lécher ses lèvres avec désir.  


            
 
           
 
-       Ton cœur s’affole, ma puce… 
 
 


            
 
           
 
En ouvrant la bouche pour protester, Mookyul en profita pour insérer sa langue et toucher la sienne. Bibi frissonna et ses yeux tremblèrent sous l’effet de plaisir que cela lui procurait. Pourtant, il ne l’embrassa pas. Il ne la prenait pas d’assaut. Ce salaud attendait une réponse de sa part. Il voulait qu’elle réponde à son baiser. Ses yeux étaient noirs de désir et un sourire entendu se dessinait sur ses lèvres. Bibi étouffa un grognement de protestation, déterminée à ne pas capituler. Presque les larmes aux yeux, elle remua sous lui pour lui montrer qu’elle résisterait quoiqu’il fasse et lui rétorqua : 


      
    
 
           
 
-       Je ne me donnerai jamais à un homme qui me maintient attachée et qui cherche à me prendre par la force ! Lui cracha-t-elle au visage, les yeux embués, mais blessés. 
    

            
 
           
 
Sans mot dire, Mookyul glissa ses mains dans son dos et Bibi commença à protester, lorsqu’elle sentit ses liens se défaire.
 
            
 
           
 
-       Voilà. Tu as les mains libres, maintenant. Libres de pouvoir t’accrocher à moi.
    
            
 
           
 
Bibi faillit s’étrangler devant une telle assurance, mais elle vit dans ses yeux qu’il ne plaisantait pas. C’était une blague ou quoi ? Il croyait qu’elle allait se jeter dans ses bras ? Non, mais il croyait encore au père Noël cet abruti ! Elle retira ses mains, secoua ses poignets compressés, prête à le repousser. Contre toute attente, il se redressa légèrement pour la laisser respirer et planta des yeux très différents dans les siens. Elle resta interdite quand il caressa ses poignets avec douceur et les maintint au-dessus de sa tête, sans force. 

            
 
           
 
Et elle comprit. Elle comprit ce qui l’apaisait. Il connaissait son corps par cœur et il sentait qu’elle le désirait et cela l’avait rendu plus tendre. Chose qu’elle ne savait absolument pas combattre. Autant, elle était chiffonnière quand on lui fonçait dessus, autant elle ne savait pas se défendre quand on la prenait par la douceur… Et cet horrible démon le savait parfaitement…

            
 
           
 
-       Ne fais pas ça… Protesta-t-elle, oubliant de le repousser.
   
 


            
 
           
 
-       Je crois bien que si, lui sourit-il en s’approchant très lentement d’elle. 
 

        
 
           
 
-       M… Mookyul… Se raidit-elle.
        
 
           
 

-       C’est parce que tu as cessé de te défendre que je vais te prendre… Et avec ton consentement…
 
            
 
           
 
Le cœur de Bibi s’arrêta à ces mots si cruels et si criants de vérité. Dans moins d’une seconde, il allait la dévorer…
        
            
 
           
 

******************
         
 
            
 
           
 
Calinours posa les fioles sur l’établi et les étiqueta, songeuse. Le petit Aki avait un corps très beau, parsemé de suçons exigeants, certes, mais très beau quand même. Elle comprenait pourquoi il suscitait tant de convoitise et pourquoi Asami s’était entiché de lui. 

 
            
 
           
 
Elle écarta un peu les pans de sa blouse et se détacha les cheveux. Maintenant qu’elle était seule, elle pouvait se détendre un petit peu et cesser d’afficher cet air austère pour mettre de la distance entre elle et ses patients. 
    
            
 
           
 
Elle sortit les analyses du petit journaliste et les posa sur la pile quand elle eut un drôle de pressentiment. 
    
 
            
 
           
 
Elle relut le rapport qui ne contenait aucune contre-indication et ne montrait aucun problème, mais quelque chose l’avait interpellé sans qu’elle ne parvienne réellement à mettre la main dessus. Elle réfléchit deux secondes et repensa immédiatement à Baba. Son cœur s’affola. C’était ça… C’était bien ça… 
  
        
            
 
           
 
Calinours se précipita sur ses dossiers récents et ressortit celui qu’elle avait caché pour Misaki et Bibi. Elle relut le rapport et tomba sur ce qu’elle cherchait. Pas croyable ! L’analyse ADN correspondait… Et si les gènes correspondaient, cela voulait dire que Akihito Takaba, l’amant d’Asami, était en vérité le… 
  

           
      
            
    
 
           
 
                 
Et voilà votre suite !!! Me suis dépêchée, j'espère qu'elle vous plaira !!!!        CHAPITRE 5 :






-       Yoh… Murmura Cassie, tremblante à le voir si déterminé et si ouvertement en colère.         
       
            
 
           
 
Jamais il n’avait haussé le ton, jamais il ne l’avait défiée, ni lui ni Asami, jamais il ne montrait sa rage parce qu’il savait se maîtriser dans n’importe quelle circonstance. Et il avait été à bonne école : à Baishe, en servant Feilong, il avait appris à réprimer toute émotion et à garder son calme, quoiqu’il en coûte. Maître en art martial, Yoh connaissait son corps par cœur et savait qu’un combat ne pouvait se gagner que dans une maîtrise totale de soi. Il ne perdait jamais son sang-froid. Jamais.         
 
            
 
           
 
Cassie fut prise au dépourvu, c’était la première fois qu’elle le voyait agir de la sorte et cela n’augurait rien de bon. Il était de ces espèces d’hommes qui ne reviennent jamais sur leur décision et qui vont jusqu’au bout de leur conviction. Une de ces espèces d’hommes qui ne se fâchent pas, jusqu’au jour où ils éclatent et où toute tentative de réconciliation s’avère vaine.         
 
            
 
           
 
S’il partait maintenant, Cassie comprit qu’il ne reviendrait plus. Son cœur se serrait étrangement, presque à l’étouffer de douleur : il la regardait avec une profonde déception mêlée à une rage certaine.

Et c’est cela qui lui fit le plus mal. Ses yeux sur elle lui faisaient atrocement mal. Lui qui l’avait toujours regardée avec admiration et respect, il arborait à présent un visage dur où s’affichait du mépris. Et le pire, c’est que tout ce dégoût lui était entièrement dédié. Il ne s’en prenait pas à Asami, mais à elle. Les agissements de son maître lui étaient parfaitement connus, mais il n’acceptait pas qu’elle en fisse autant.         
 
            
 
           
 
Cassie était acculée comme jamais elle ne l’avait été : brillant stratège, femme de pouvoir, intelligence savamment mesurée, elle sentit que la situation lui échappait pour une simple et bonne raison. Les sentiments ne se maîtrisaient pas. Elle n’aurait aucune prise sur Yoh s’il décidait de l’abandonner. Ce sentiment d’échec et d’incapacité à trouver une échappatoire la blessa au plus profond d’elle-même. Fallait-il qu’elle le laisse partir sans rien pouvoir faire ?         
 
            
 
           
 
Car ce qu’elle réalisa à l’instant la foudroya : elle était incapable de le retenir, de le supplier, de s’accrocher à lui pour lui montrer combien elle tenait à lui. Incapable. Sa fierté s’était dangereusement aiguisée ces dernières années et elle n’avait jamais eu à implorer qui que ce soit. Pas une larme n’était venue mourir sur ses joues depuis l’enfance, aucun mot d’amour n’était parvenu à franchir ses lèvres. Rien. Et devant le visage courroucé de Yoh, elle resta muette de stupeur. Pourtant, elle vit parfaitement passer ces secondes de doute où Yoh lui laissait l’opportunité de capituler. Elle ressentit ces secondes comme la pire des tortures, car elle réalisa qu’il lui avait laissé sa chance et qu’elle était incapable de la saisir. Elle réalisa que lorsqu’il tournerait les talons, elle ne pourrait s’en prendre qu’à elle pour l’avoir laissé partir… Et cela la glaça… Elle qui n’avait pas voulu suivre la trace de son frère, elle en était un exemple brut et inconditionnel.         
 
            
 
           
 
Son cœur si chaud à l’intérieur possédait une couche de glace qu’elle-même ne pouvait pas détruire. Elle serra les poings, en colère contre elle-même et Yoh la dévisagea à cet instant précis comme s’il comprenait qu’à ses yeux, elle ne se battrait pas contre ça.         
 
            
 
           
 
Cassie ouvrit la bouche, les yeux étincelants de rage, prête à exploser de menaces et d’injures, ne sachant comment contenir son désespoir ni trouver autre moyen pour le faire rester.

Mais les secondes lui échappèrent… Son dernier regard, doux et blessé, finit d’achever le démon qu’elle était. Les prunelles de Yoh semblaient vouloir dire : « Au fond, je le savais… Que jamais tu ne m’aurais retenu… Parce que pour toi, je n’en vaux pas la peine… Et que si tu avais vraiment voulu, tu l’aurais fait… ».         
 
            
 
           
 
Instinctivement, Cassie leva une main vers lui pour le saisir avec force, seule manière déguisée de le retenir, mais il s’échappa à cette étreinte avec fermeté. Ce geste manqué lui lacéra les entrailles et lorsque Yoh tourna les talons, une immense douleur l’étreignit comme si des coups de poignard s’acharnaient sur un corps inerte, dépossédé, cherchant sa propre mort…         
 
            
 
           
 
Elle regarda Yoh traverser la salle pour atteindre la porte. Elle les connaissait toutes ces images de film où l’héroïne, dans un dernier souffle, court pour rattraper son amant et lui avouer ses sentiments, elle imaginait même la scène se produire sous ses yeux, elle se jetant dans ses bras parce que l’amour était toujours le plus fort… Elle vit toutes ces images se mélanger avec ce dos qui s’éloignait d’elle sans se retourner, en sentant ses pieds si fortement ancrés dans le sol, en luttant contre ce corps qui refusait de bouger. Elle se vit debout, à le regarder partir, à observer sa nuque, ses cheveux noirs qu’elle aimait sentir contre son front, ses épaules carrées qui la soutenaient avec force lors de leurs ébats, sa démarche assurée qui la rassurait, ses mains qu’elle voulait sur sa peau… Elle ne vit même pas son visage une dernière fois quand il franchit la porte.          
 
            
 
           
 
Quand Yoh disparut de son champ de vision, Cassie ne bougea pas. Son monde s’était écroulé dans le plus grand des silences, sans tourmente ni remue-ménage, sans éclat de voix, dans le néant le plus profond et le plus effroyable. Elle réalisa qu’on pouvait tout perdre en une fraction de seconde. Et elle réalisa que tout ce temps, c’était ça qu’elle avait le plus redouté.          
 
            
 
           
 
-       Il méritait mieux, intervint Asami rompant le silence avec une remarque qui montrait que le combat et la douleur n’étaient qu’à leur prémisse. 
            
 
           
 
 


            
 
           
 
Cassie mit un temps avant de comprendre la phrase de son frère. Elle se la répétait jusqu’à ce que l’horreur de sa signification ne se fasse vraiment jour.
 
            
 
           
 
-       Tu l’aimais, pourtant. Mais, tu l’as quand même laissé partir. Même moi, je ne l’ai jamais abandonné.          
         
 
            
 
           
 
Cassie l’entendit soupirer gravement. La déception dans la voix de son frère se fit écho à celle de Yoh.

       
            
 
           
 
-       Je ne pensais pas que celle que je chérissais tant s’était à ce point fermée aux autres. Quand es-tu devenue une machine incapable de sentiments ? Rugit-il, laissant éclater sa colère à son tour.         
       
 
    
 
           
 
Asami se leva et vint se planter devant elle, en la contournant, vu qu’elle n’avait pas fait le moindre mouvement depuis le départ de Yoh. Et le spectacle le désarçonna.         
 
            
 
           
 
Alors qu’il allait lui rétorquer une remarque cinglante, il tomba face à un visage inondé de larmes, ruisselantes, intenses et intarissables, sous un regard vide, comme perdu et ne saisissant pas l’intensité des émotions qui la traversait.



       
            
 
           
 
Cassie n’émettait pas le moindre sanglot, comme sous le choc. Elle ne maîtrisait pas ses larmes et semblait elle-même décontenancée par ce qui lui arrivait.          
 
            
 
           
 
Asami effleura ses joues où perlaient ses larmes et les essuya d’une caresse douce et apaisante sans qu’elle ne fisse le moindre mouvement. Il s’avança plus près d’elle et elle ne fit rien pour le repousser.

            
 
           
 
-       Je t’aiderai, Cass… Je serai toujours là pour toi…          
       
            
 
           
 
Il la serra contre lui lorsqu’elle se laissa enfin aller et que les sanglots étouffés commencèrent à sortir sans qu’elle ne puisse les arrêter.

            
 
           
 
-       Tout va bien, Cass… Laisse-toi aller… Ça va, je suis là, maintenant, tu peux pleurer…         
       


        
 
            
 
           
 
*********         
 
            
 
           
 
Bibi sut que ses yeux perdus le ravissaient. Elle ne pouvait le laisser l’atteindre une nouvelle fois. Il était hors de question qu’elle cède à nouveau. Elle se l’était juré. Il était arrogant, mauvais, vicieux, dangereux et animé d’une soif de pouvoir incommensurable. Il n’était pas fait pour elle.          
      
-       Dis-le que tu as envie que je te prenne, princesse…  
        


      
   
 
           
 
Bibi faillit s’étrangler et se démena comme une tigresse qu’on essayait de mettre en cage. Mais ses forces s’amenuisaient à force de se débattre contre un corps bien plus fort que le sien. Elle s’était épuisée bêtement et s’était laissé prendre au piège de l’essoufflement. Comme on laisse courir sa proie tranquillement en attendant qu’elle se fatigue, Mookyul l’avait forcé à donner tout ce qu’elle avait pour se défendre et son corps, à présent privé d’énergie, tremblait d’épuisement. Ses muscles échauffés étaient agités de frissons, incapables de maintenir assez de pression pour le repousser.  

     
            
 
           
 
-       Tu es à bout de force, Bibi… Souriait Mookyul, qui pouvait tranquillement lâcher ses poignets qui ne pourraient plus l’atteindre ni l’empêcher d’agir à sa guise. Dis-moi que tu me veux…  

     
            
 
           
 
-       Ja… Jamais ! Réitéra Bibi, s’accrochant à tout ce qu’il lui restait.  

 
            
 
           
 
-       Mhmm… C’est bien. J’ai la réponse que j’attendais…         
            
 
            
 
           
 
Bibi planta ses yeux dans les siens, dans l’incompréhension la plus totale lorsque, d’un doigt, il effleura son sexe mouillé de désir et s’en imprégna le regard conquis.  

     
            
 
           
 
-       Ton corps vient de répondre à ta place, alors tu peux cesser de mentir, maintenant… L’accabla-t-il, avec cette arrogance qui mettait les gens plus bas que terre.         
    
            
 
           
 
Comment pouvait-elle être trahie par son propre corps ? C’était un comble ! Pourquoi fallait-il qu’il réclame ce salaud malgré elle ? Elle avait l’air fin, maintenant, tiens !


Elle se trouvait dans une impasse, mais elle était loin de capituler. Baba l’avait entraînée. Elle l’avait formée à se sortir de nombreuses situations. Elle n’avait pas dit son dernier mot… Et lorsque Mookyul glissa son doigt profondément en elle, l’impact la fit fléchir vers lui et, dans un dernier sursaut de volonté, malgré le plaisir qui irradiait son être, elle ouvrit sa mâchoire et le mordit de toutes ses forces et le sentit sursauter de douleur et lui laisser un peu plus le champ libre.         
 
            
 
           
 
Bibi ne lâcha pas prise et mordait à lui briser les os, attendant qu’il cède sous la pression, mais c’était sans connaître son adversaire qui plongea deux de ses doigts au plus profond d’elle-même annulant tous ses efforts. Sous la surprise et l’intensité du geste qui lui avait arraché un cri de plaisir, Bibi se vit abandonner toutes tentatives de lui faire face. À chaque fois qu’elle tentait de le mordre ou de le griffer, il accentuait la pression de ses doigts et accélérait leur mouvement, l’empêchant de se concentrer sur ses attaques désespérées. Il semblait se délecter de ce jeu, car ses yeux brillaient d’excitation.          
 
            
 
           
 
Bibi s’affola, essayant de reprendre ses esprits. Elle haletait, de fatigue et de désir, incapable du moindre mouvement, condamnée à apprécier ses caresses qui n’avaient qu’un seul but : l’amener au plaisir. Cet enfoiré connaissait bien son corps et Bibi comprit très vite qu’il ne cherchait qu’une seule chose : lui faire atteindre l’orgasme. Et très vite. Essoufflée, frémissante, gémissante, Bibi n’avait aucun moyen de contrôler son corps. Elle sentait ses yeux la transpercer et se délecter du spectacle de la voir ainsi à l’abandon. Elle n’arrivait même plus à parler ni à se rebiffer. 
 
    
            
 
           
 
-       Tu te resserres contre mes doigts… Lui murmura Mookyul à l’oreille, maintenant qu’elle ne mordait plus ni ne vociférait contre lui.        
            
 
           
 
   

            
 
           
 
Elle était entièrement aux prises de son propre désir et c’était ce corps si délectable qui le ravissait. Elle était une source incroyable de plaisir pour lui. Il n’était pas près de la laisser tranquille. Il voulait la tourmenter encore et encore, jusqu’à ce qu’elle admette qu’elle ne pouvait pas se passer de lui.  
 
            
 
           
 
-       Ça me fait très plaisir que tu répondes avec autant d’ardeur à mes caresses… Tu es à ta limite… Et tu succombes parce que c’est moi… Viens, maintenant…          
 
            
 
           
 
À ces mots, Bibi se crispa, essayant de freiner les palpitations aux creux de ses cuisses, mais ses doigts glissèrent sur le devant de ses parois et l’électricité de plaisir la fit capituler. Elle s’entendit gémir, suppliante et tout son corps remua tout seul autour du poignet de Mookyul qui jouissait de la voir ainsi offerte.  

 
        
 
           
 
- Et comme ça, tu ne pourras pas me reprocher d’avoir voulu me soulager ou te faire du mal… Au plaisir de te faire jouir à nouveau… Appelle-moi dès que ton envie se fait sentir… L’acheva-t-il en lui léchant avidement le cou.           
    
 
           
 
 
            
 
           
 
*******  

            
 
           
 
Cécile, la main contre la porte où s’étaient enfermés Mookyul et cette petite garce de Bibi, attendait avec rage. Bon sang ! Qu’est-ce qu’ils fichaient tous les deux ?!! Pourquoi Eun lui accordait-il autant d’importance ? Ce n’était qu’une fille sans valeur, qui montrait les crocs à tout va et qui ne méritait pas de se tenir à ses côtés… 
 

            
 
           
 

-       Eh bien, qu’est-ce que tu fais ? Sonna une voix remplie de dédain.         
 
        
 
           
 
Cécile se retourna et croisa le regard glacial et méprisant de Tena surnommée « la guerrière ». Et cela lui allait comme un gant. Même si elles travaillaient côte à côte, cette femme continuait de lui faire froid dans le dos. Elle était son aînée et Cécile lui devait le respect. Mais pour tout dire, c’était plus de la crainte que du respect. Cette femme dont le visage ne s’écorchait jamais d’un sourire menait une vie des plus mystérieuses, mais tout son être dégageait une assurance et une méchanceté qui la faisaient être redoutée de tous. On ne l’approchait pas. Et Cécile maintenait également une certaine distance, de peur d’être mangée. C’était l’impression que Tena la guerrière dégageait : on avait peur d’être dévorée si on l’approchait de trop. Néanmoins, c’était une coéquipière hors pair, qui ne ratait pas une seule mission. Sa particularité : elle savait se battre en utilisant tous les objets à portée de sa main. Une fine lame ne quittait pas l’intérieure de sa cuisse gauche et si elle était amenée à la dégainer, c’était pour tuer.   

 
            
 
           
 
-       Si t’as envie de t’envoyer en l’air, t’as qu’à aller les rejoindre, poursuivit Tena, sans qu’on ne puisse savoir s’il s’agissait d’une raillerie ou d’un conseil.   


     
 
            
 
           
 
-       Je… ! Mais… !     

   
            
 
           
 
-       Laisse là tranquille, Tena, intervint Ewon Jung, d’une voix douce et apaisante.    

 
            
 
           
 
-       Tiens, le petit renard… Tu viens au secours de ta renarde volage ? Répondit Tena, qui aimait enfoncer le clou là où ça faisait mal.    
 
            
 
           
 
-       De… quoi ?! S’offusqua Cécile, rouge jusqu’aux oreilles.         
        
            
 
           
 
Tena continua sa route sans plus se préoccuper d’eux, comme elle savait si bien y faire. Elle avait sorti son téléphone qui avait émis un petit bip et leur lança : 
  
 
            
 
           
 
-       Je vais faire un tour. Dites à Eun de m’appeler s’il a besoin de moi.    
  
 
            
 
           
 
-       Et on peut savoir où tu vas ? Ne put s’empêcher de rétorquer Cécile qui trouvait ça gonflé de mener sa vie comme elle l’entendait.         
    
    
 
           
 
 


         
    
 
           
 
Tena tourna un quart de tour, le regard acéré. Cécile crut qu’elle allait la frapper d’un coup sec tellement ses yeux lançaient des éclairs effrayants.  
 
  
            
 
           
 
-       T’es pas ma mère, et même si tu l’étais, je ne ferais de toi qu’une bouchée, alors, ne t’avise pas de me refaire ce genre de réflexion.     

            
 
           
 
-       C’est bon, Tena. Je le dirais à Eun, interrompit Ewon afin de l’éloigner et de ne pas créer le conflit. Cécile, il y a un colis pour toi sur la table de notre salon.    

            
 
           
 
-       Ah ? Euh… Merci, Fox…     
 
            
 
           
 
-       De rien…        
        
 
           
 
 


   
            
 
           
 
Cécile le regarda partir, soulagée qu’il soit intervenu. Tena était redoutable et elle se mettait toujours dans des situations qui la mettaient en colère. Heureusement, Fox veillait sur elle, comme toujours. Elle le regarda partir en coin sans mettre de mots sur ce qu’elle ressentait pour lui. Fox était gentil, attentionné et calme. Il ne rivalisait pas avec l’impétueux et fougueux Mookyul, ah, ça non ! C’était un ami… C’était… un… ami…         
 
            
 
           
 
Que pouvait-il être d’autre ? Se questionnait Cécile en se dirigeant vers le salon et en observant le paquet qui ne portait aucune étiquette. Fox était tout simplement attentionné… Il ne lui montrait rien d’autre… Rien d’autre qui pourrait lui faire croire que…   
     
 
            
 
           
 
-       Oh ! S’exclama Cécile, troublée et émue par ce qui se trouvait dans le carton. Mon Dieu… Mais qui pouvait bien savoir une telle chose sur elle…         
        


  
            
 
           
 
Elle en sortit une flûte traversière Muramatsu sublime… Et qui valait une petite fortune… La bagatelle de plusieurs milliers d’euros… Qui pouvait bien connaître cette passion dont elle n’avait parlé à personne… ?          
 
            
 
           
 
Cécile caressa la flûte et sourit en se remémorant le doux chant qu’elle allait pouvoir jouer à nouveau… Elle souleva la boîte et l’examina attentivement. Elle ne contenait pas de mot et ne lui était même pas adressée… Comment Fox avait-il pu savoir que ce paquet était pour… Oh ! Le cœur de Cécile se mit à battre étrangement.         
 
            
 
           
 

***********        
        
 
           
 

-       Et si jamais Asami apprenait quoi ?         
 
      
    
 
           
 
Calinours sursauta et recula d’un pas, effrayée, se cognant contre son bureau.         
 
            
 
           
 
Feilong ouvrit le rideau de l’infirmerie et pencha légèrement la tête, attendant une réponse, les yeux brillants.    


        
 
           
 

-       Que… Que fais-tu là ? Bégaya Calinours, tentant de dissimuler les papiers dans son dos.         
 
     
    
 
           
 
Feilong s’approcha telle une panthère avide de sang. Calinours se cramponna au bureau, la sueur perlant dans son dos. Il posa une main sur sa cuisse et la remonta lentement, entraînant avec elle sa robe blanche.         
 
            
 
           
 
Calinours frémit et baissa les yeux, impressionnée que le maître de Baishe l’ait enfin retrouvée. Sa main se stoppa et il dessina des petits cercles sur sa peau autour du motif encré qui ornait le haut de sa jambe.    

   
            
 
           
 
-       Mhmm… La marque de Baishe est encore tatouée sur ton corps…    

            
 
           
 
-       Je… Que me veux-tu ?  

 


            
 
           
 

-       Pourquoi tu fais la surprise ? Tu vas me faire croire que tu n’étais pas au courant de ma venue ici ? Tu vas me faire croire que ces petites fouineuses de Misaki et Bibi ne t’ont rien dit ?         
 
   
    
 
           
 

Calinours était dans une situation délicate. Si Feilong s’était déplacé en personne et ne s’était pas donné la peine d’envoyer ses hommes de main, c’était qu’il était vraiment furieux. Cet homme la terrorisait. Mais la vérité, c’est qu’elle n’avait jamais enlevé ce tatouage, signe de son appartenance à Baishe. Parce qu’elle avait soigné le père de Feilong jusqu’à sa mort… Et que ce tatouage était tout ce qui lui restait de ce père de cœur qui l’avait traitée comme sa fille…         
 
   
        
 
           
 
***********         
 
            
 
           
 
Takaba sortit son objectif. Cette femme à l’allure sexy, il l’avait déjà vu. C’était celle qui était restée dans l’ombre de Mookyul quand Bibi avait été enlevée… À pas de loup, il sortit de la Yaoi Holding et se mit à la suivre. Il était tard et elle se dirigeait dans un quartier pour le moins mal famé. Akihito sentait son cœur battre à rompre à l’idée de tomber sur un scoop.  
     

            
 
           
 
Une fois rentré dans le Club, le jeune photographe la chercha du regard, mais en vain. Pas la moindre trace de la panthère noire qui déambulait dans la rue quelques minutes auparavant. Tout à coup, c’est une autre créature qui attira son regard avisé. Il s’approcha et écarquilla grands les yeux : Misaki ! Un peu plus et il ne l’aurait pas reconnue… Pourquoi ? Pourquoi ?! Ben, c’était évident ! Elle n’était plus la jeune femme décontractée et tirée à quatre épingles qu’il avait pu croiser au sein de l’entreprise. Elle arborait une aura totalement différente.



Si elle s’était sentie observée, il aurait juré qu’elle aurait repris son masque de jeune femme ordinaire.         
 
            
 
           
 
Mais là, il avait tout le loisir de la contempler et surtout de comprendre quelle était cette autre facette de sa personnalité. Et puis, il vit cet homme à ses côtés.          
 
            
 
           
 
Sa tête lui disait vaguement quelque chose… Un bel homme, grand, brun, des yeux bleus à tomber, une classe infinie et une prestance sans égale… Cet homme était connu…          
 
            
 
           
 
Cet homme qui portait une main à la hanche de Misaki était acteur…          
 
            
 
           
 
Cet homme qui posait ses lèvres sur ses épaules était le célèbre Iwaki Kyosuke…          
 
            
 
           
 
Celui qui posait ses lèvres sur celles de la petite Micchan était un ancien acteur de porno…  
            
 
           
 


 
            
 
           
 
Akihito avait instinctivement levé sa main pour prendre une photo, mais se ravisa. Après tout, elle avait le droit de gérer sa vie comme bon lui semblait. Quelque chose le chagrinait cependant… L’aura qui l’entourait… Il n’arrivait pas à mettre la main dessus, mais… Elle sentait le soufre… L’intrigue à plein nez…         
 
            
 
           
 
C’est alors qu’il la vit rentrer dans une pièce attenante. Tena la guerrière venait de refaire surface avec un homme. Quel était donc ce Club qui accueillait les ennemis autour d’un même verre ? Avec un peu de chance, il allait avoir son gain de scoops aujourd’hui et Baba allait être ravie de lui avoir fait confiance…         
 
            
 
           
 
Il mit plus d’un quart d’heure à trouver un moyen d’approcher la pièce et de trouver une ouverture afin d’espionner cette femme qui travaillait au service de ce Eun…         
 
            
 
           
 
À quatre pattes sur le sol, ayant soulevé une grille d’aération, Akihito se contorsionnait afin d’avoir le plus grand angle possible.



S’il assistait à des transactions scrupuleuses, il en aurait pour son argent ! Mais, il faillit s’étrangler sous le choc… Il mit la main à sa bouche pour s’empêcher de crier de stupeur. La scène qui s’offrait à ses yeux n’était pas des plus communes et un frisson parcourut son échine dorsale.         
 
            
 
           
 
Tena la guerrière n’était pas seulement une combattante… Elle était aussi une croqueuse d’hommes… Et par n’importe lequel… Kato Youji… Qu’elle avait solidement attaché à une chaise. Takaba en eut des sueurs froides, mais ne décolla pas ses yeux du spectacle très particulier qui s’offrait à lui.   
   
            
 
           
 
Elle était à la fois effrayante de domination et excitante de sensualité…



Elle avait réussi à susciter son intérêt… Il était toujours bon d’obtenir des informations très privées de ce genre de personnes…         
    
            
 
           
 
-       Tena… Bon sang, tu comptes me faire languir encore longtemps ? Grogna Kato, dont l’érection s’affichait aisément.  
    
 
        
 
           
 
-       Mhmm… Sois un gentil garçon et sois patient… Si tu ne sais pas te retenir, tu ne m’intéresses pas… Se cambra-t-elle en l’enjambant à califourchon.         
 
            
 
           
 
Tena le caressait de son corps en le frôlant sans jamais toucher franchement son sexe qui palpitait à rompre. Elle l’enflammait de ses coups de langue joueurs qu’elle n’appuyait pas et s’amusait à reculer dès que Kato essayait de l’embrasser avec fougue. Les mains attachées dans le dos, Kato n’avait aucune marge de manœuvre pour la faire venir à lui. Cette frustration était à la fois enivrante et douloureuse. Il la désirait comme un dingue, mais elle n’en faisait qu’à sa guise, comme toujours.  
    
            
 
           
 
-       Touche-moi, Kato… Le mit-elle au supplice, sachant pertinemment qu’il ne le pouvait pas.       

 
            
 
           
 
-       Tena… Je t’en prie… Détache-moi…  
    

            
 
           
 
-       Non. 
      

            
 
           
 
-       Tena… J’ai envie de toi…   
 


            
 
           
 
-       Ça ne me suffit pas… Rétorqua-t-elle, aguicheuse.         
      
            
 
           
 
Puis, roulant comme une chatte ronronnante, elle s’assit sur lui, de dos, et lui offrit sa nuque à embrasser. Alors qu’elle gémissait, ses yeux se mirent à sourire.       

    
    
 
           
 
-       Tu es en retard… Provoqua-t-elle l’homme qui venait d’entrer dans la pièce.    
  

 
            
 
           
 
-       Et il semble que vous ayez commencé sans moi…         
   
            
 
           
 
L’homme s’approcha et l’embrassa dans un baiser passionné alors qu’elle se collait à Kato pour sentir ces deux corps la presser contre eux. À ce seul moment, elle chavira et se laissa aller, comme si c’était le seul moyen qu’elle avait pour lâcher du lest…         
        
            
 
           
 
Akihito suffoqua à cette vision. L’homme qui venait de rentrer… L’homme qui s’adonnait à un threesome était… 
     
            
 
           
 
-       Aïe ! Hurla Takaba, sous la douleur.         
 
            
 
           
 
On lui broyait ses précieux bijoux de famille ! Merde ! Il avait été découvert !      
 
            
 
           
 
-       Alors, le chaton, on joue les voyeurs dans mon Club, maintenant ? Susurra une voix qu’il reconnaîtrait parmi des milliards.       



            
 
           
 
-       A… Asami… Gémit Akihito, tremblant.         
      
            
 
           
 

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Bibi déboula dans l’entreprise comme une tempête menaçant de tout exploser sur son passage. Elle avait essayé de joindre Micchan, mais sans succès. Et si Misa n’était pas là, elle n’aurait personne pour tenter de l’en empêcher ou essayer de lui faire entendre raison.         
 
            
 
           
 
Elle ouvrit la porte du bureau de Baba à la volée, en pestant comme une damnée :         
        
 
            
 
           
 
-       Comment t’as pu me faire ça ? Hurla Bibi à sa chef.         
       
 
    
 
           
 
             
    
 
           
 

La suite page 14 ou ci-dessous !!!!         

            
 
           
 
CHAPITRE 6 :



           
 
           
 
Calinours sentit la main de Feilong remonter le long de ses hanches, puis quitter sa trajectoire pour la saisir à l’avant-bras. Elle connaissait les Yakuza depuis sa plus tendre enfance, mais elle avait toujours été traitée en amie. Elle savait soigner, elle savait opérer, elle savait soulager la douleur, mais elle n’avait jamais appris à se battre…            
 
           
 
Contractée jusqu’à la moelle, elle espérait que Feilong lui fasse juste peur. Se vengeait-il pour l’affection que son père lui avait portée à elle, une étrangère à la famille de Baishe ? Voulait-il la faire taire de tout ce qu’elle savait sur sa famille ?             
 
           
 
Les yeux de Feilong se posèrent sur son bras et il retroussa ses manches jusqu’à ce qu’elle stoppe son avancée en se dégageant vivement. Ce geste de refus lui valut une œillade sévère et Feilong resserra sa prise à lui faire mal. Calinours était prise au piège et elle comprit soudain ce qu’il essayait de trouver et cela la crispa davantage. Malgré son acharnement à essayer de se dégager, le maître de Baishe souleva violemment sa manche jusqu’à l’épaule de son autre main et découvrit ce qu’il cherchait sur son corps. Calinours tenta de le masquer, mais le petit sourire de Fei lui indiqua que cela ne servait plus à rien. Il glissa ses doigts sur les bandages qui s’apparentaient à des bandes de contention sportive et les défit.            
 
           
 
Calinours baissa les yeux et tourna la tête, refusant de regarder ce qui se trouvait en dessous.   

        
 
           
 
-       Tu aimes toujours ces petits jeux pervers, à ce que je vois… La lâcha-t-il, une fois qu’il eut obtenu confirmation. À l’époque déjà, tu aimais être attachée, n’est-ce pas ? Tu as toujours aimé associer la douleur au plaisir, comme si tu cherchais à ressentir la détresse de tes patients… Cela a toujours beaucoup inquiété


           
 
           
 
     
    
 
           
 
À ce mot, Calinours eut un pincement au cœur. Il signifiait « Père » en Chinois et Feilong l’utilisait rarement. À l’époque, il mettait beaucoup de distance avec son père adoptif parce que son demi-frère ne le supportait pas. Pourtant, Calinours avait toujours su que Lyu-sama aimait profondément son fils adoptif, peut-être même plus que son propre fils. Sa mort l’avait définitivement endurci et rendu plus hargneux encore. Elle n’avait jamais su ce que Feilong pensait d’elle et de sa relation avec son père. Lyu-sama n’avait jamais eu de filles et il l’avait chéri comme la sienne propre. À sa mort, Calinours s’était enfuie aussitôt sans même assister aux funérailles. Sans cet homme qu’elle vénérait, il lui était impossible de demeurer au sein de cette famille. 

           
 
           
 
-       Tu trembles… Aurais-tu peur de moi ? Lui intima-t-il, le sourire aux lèvres.

           
 
           
 
-       Je n’ai jamais voulu m’approprier ton père… Laissa tomber Calinours, d’une voix chevrotante.            
 
           
 
 


           
 
           
 
Fei soupira et s’approcha d’elle. Tout son corps se figea, comme capitulant devant le coup de grâce. Allait-il la tuer ici même ? D’un coup de poignard qui lui transpercerait les omoplates pour venir se loger insidieusement dans son cœur affolé ?

           
 
           
 
-       Zhù nǐ shēngrìkuàilè… Lui murmura-t-il, contre toute attente.            
 
           
 
             
 
           
 
Calinours resta muette à ces mots si doux auxquels elle ne s’attendait pas et, instinctivement, elle mit la main à sa bouche pour réprimer un « Oh » de surprise. Son cœur s’affola et l’émotion l’envahit tout entière.

           
 
           
 
-       ne l’a jamais oublié, alors, pourquoi moi je l’oublierai ? Rétorqua Fei, ravi de voir qu’elle ne s’y attendait pas.

           
 
           
 
-       Mais… Ne me détestes-tu pas pour avoir été traitée comme sa fille ? Lui demanda-t-elle dans l’incompréhension. 

           
 
           
 
-       Aimer ou détester… Pour moi, ce sont des émotions qui vont ensemble. Mais, une chose est sûre, je prendrai soin de ce qui était cher aux yeux de . Et, tu en fais partie. Je suis venu te remettre le cadeau d’anniversaire que n’a jamais eu le temps de te donner.            
 
           
 
             
 
           
 
Calinours crut défaillir. Fei sortit un papier et le lui tendit. Ce fut comme un électrochoc. Elle n’y croyait pas… C’était une mesure d’adoption… La procédure était signée de la main de Lyu-sama et la procuration avait été donnée à son fils Fei qui avait poursuivi l’acte notarié. Ce que lui donnait Fei, c’était…

           
 
           
 
-       Maintenant, donne-moi mon cadeau, annonça-t-il, les yeux perçants.



           
 
           
 
-       Co… Comment ? Bégaya Calinours.

           
 
           
 
-       Je parle de… ça ! Lui arracha-t-il les analyses qu’elle cachait dans son dos depuis le début.

           
 
           
 
-       Non ! Tu ne peux pas… ! Tenta Calinours.

           
 
           
 
-       Tu croyais peut-être que j’allais passer à côté de ça, Mèi mei ?            
 
           
 
             
 
           
 
Calinours réalisa qu’il venait de la surnommer « petite sœur », mais la nuance dans sa voix et le mystère qui continuait à planer autour de cette figure dangereuse de la mafia chinoise l’empêchait de savoir s’il servait ses plans ou s’il était sincère…

           
 
           
 
-       Et, une dernière chose… Reprit-il, le visage plus acéré. Que tu sois consentante et demandeuse de ce genre de plaisir qui laisse des marques sur ta peau, fais bien attention à ce que je ne tombe pas sur celui qui a osé te les faire, Mèi mei… Je suis un frère possessif et jaloux…            
 
           
 
             
 
           
 
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-       Lâche-moi, espèce de vieux pervers ! Gesticula Akihito, que le poids d’Asami contre son dos se faisait trop sentir.

           
 
           
 
-       Dit le chaton qui se régalait du spectacle… Railla le Yakuza qui avait déjà glissé sa main dans le boxer du jeune photographe qui frémissait.



           
 
           
 
-       Je.. Arrête ! Je suis là… pour… récolter des informations… Se justifiait Takaba, qui se crispa en sentant son érection grandir sous les doigts de cet homme qui faisait ce qu’il voulait de lui.

           
 
           
 
-       Si tu veux des informations, tu sais que tu peux toujours venir me voir et je te les donnerai volontiers en échange d’un peu de coopération de ta part…

           
 
           
 
-       Mhmm… Gémit Akihito, sous le mouvement de va-et-vient d’Asami qui le gorgeait de plaisir. A… Asami…

           
 
           
 
-       Tu vois quand tu veux… Tu peux être très coopératif… Ton corps me donne toujours le change… 

           
 
           
 
-       C’est parce que… tu me forces ! Essaya de contrer le jeune journaliste dans la tourmente. N’importe quel homme réagirait de cette façon ! Tu… Ah… Haa…

           
 
           
 
-       Alors, que penses-tu de te donner à moi de ton plein gré ? Retourna Asami dont les yeux étaient éclairés par un tout nouveau défi.            
 
           
 
             
 
           
 
Sans crier gare, le Yakuza retourna le corps du jeune homme pour qu’il lui fasse face et Takaba ouvrit de grands yeux effrayés. 

           
 
           
 
-       Je… Qu’est-ce que… tu fais ? Interrogea Takaba, paniqué de le voir s’arrêter en continuant de le dévisager de toute sa hauteur.            
 
           
 
             
 
           
 
Il ne le touchait plus et semblait attendre quelque chose de sa part. Asami se pencha en plaquant ses deux mains autour de son visage férocement et lui glissa :

           
 
           
 
-       Tu as envie de moi, Takaba. Alors, sois un grand garçon et montre-le-moi.



           
 
           
 
-       Co… Comment ? Nan, mais, ça va pas la tête ? Je…

           
 
           
 
-       N’as-tu pas envie de me faire plaisir en retour ? Lui murmura-t-il d’une voix rauque. Ne veux-tu pas prendre les choses en main une fois dans ta vie et cesser de jouer les victimes ?            
 
           
 
             
 
           
 
Akihito faillit s’étrangler sous la remarque. Il était on ne peut plus sérieux. Il percevait même dans son regard ce désir inavoué de le voir faire un geste vers lui. Poussait-il son jouet jusqu’à l’extrême afin de le voir réclamer lui-même la torture qu’il refusait tout en y prenant du plaisir ? Le visage d’Akihito se fit plus triste : il avait beau le repousser à chaque fois, il savait qu’au fond de lui, cet homme avait envahi son cœur et son esprit. Que chaque étreinte laissait des marques indélébiles de bonheur sur son corps. Même si Asami ne lui avait jamais dit pourquoi il lui faisait tout ça, même s’il ne lui avait jamais dit qu’il l’aimait et qu’il ne le lui dirait probablement jamais, Takaba ne pouvait pas nier le fait qu’il ne pouvait plus se passer de lui. Il l’avait sauvé de chaque situation périlleuse, il avait toujours été là pour lui sans qu’il ne comprenne pourquoi. Et la seule chose qu’il avait faite en retour, c’était de lui faire croire qu’il le détestait…            
 
           
 
Pris dans ses pensées, Takaba réalisa que le Yakuza s’était redressé, prêt à l’abandonner puisqu’il ne faisait aucun geste envers lui.            
 
           
 
Dans un sursaut qu’il ne maîtrisa pas, il agrippa sa chemise, les poings serrés et le regard inquiet. Asami parut surpris, mais sonda ses yeux sans l’encourager. Il attendait de voir s’il irait jusqu’au bout. Il le testait parce qu’il ne se satisferait pas d’un simple mouvement compulsif. Il avait besoin qu’il prenne une décision réfléchie par lui-même et en en étant parfaitement conscient.            
 
           
 
Akihito hésita. Son caractère rebelle n’était pas habitué à céder ni même à se soumettre. Pourtant, ses barrières avaient fléchi sous son influence. Il n’avait plus rien à perdre avec un homme de sa trempe. Qu’il le fasse ou non, il était à sa merci. Alors, à quoi bon faire le fier ?            
 
           
 
Il serra davantage sa chemise et s’en servit comme levier pour se redresser. Sans le quitter des yeux, il se colla à lui, les deux genoux au sol, sa tête légèrement surélevée par rapport à celle du Yakuza et entoura son cou de ses bras. Il sentit le corps d’Asami se faire plus doux contre le sien à ce geste et il perçut également dans son regard une lueur d’apaisement.



Et au moment où il comprit que le Yakuza allait le serrer dans ses bras comme s’il avait obtenu ce qu’il voulait, Takaba se sentit misérable. C’était la seule chose dont il était capable en tant qu’homme ? Se comporter comme une jeune fille timide et coincée ? Comment pouvait-il se tenir aux côtés d’un tel homme en étant si frileux concernant ses sentiments ? Asami avait raison : depuis le départ, il agissait comme une victime alors qu’il mourrait d’envie d’être pris par ce regard brun qui le transperçait de part en part… Il n’avait pas appris à être si hypocrite…             
 
           
 
Alors, avant que le Yakuza ne reprenne les choses en main et qu’il ne dirige leur excitation comme à l’accoutumée, Akihito l’embrassa de son propre chef en s’imposant pour la première fois et bascula tout son poids sur lui, ce qui renversa l’homme contre le sol. Asami ne l’avait pas vu venir. Décontenancé par la fougue du jeune homme et surtout par cette sincérité qu’il lui offrait pour la toute première fois, il se laissa plaquer au sol.
 


           
 
           
 
Akihito se rendit compte qu’au lieu de se sentir humilié, il en ressortait grandi et gonflé d’orgueil. Avoir le dessus sur Asami était grisant. Lui donner cette satisfaction était un partage tellement fort qu’il regrettait presque de ne pas l’avoir fait avant. Et il comprit également que ce qu’il avait toujours cherché jusqu’à présent, il le trouvait là, en se donnant à lui. Il pouvait clairement voir qu’Asami frémissait à son contact, il pouvait ressentir son corps répondre au sien, s’enflammer pour lui, tout comme Asami avait toujours ressenti son corps lui répondre. Et la solution était juste là…

           
 
           
 
-       Prends-moi, Asami… Supplia Akihito, contre ses lèvres.            
 
           
 
             
 
           
 
Le Yakuza lui sourit en lui caressant la tête affectueusement.

           
 
           
 
-       Tu t’es enfin décidé à ne plus être mon jouet ! Tu en as mis du temps…        

   
 
           
 
 


           
 
           
 
Akihito faillit pleurer en entendant ses mots, mais ce sont des gémissements appuyés qui attirèrent son attention… Ce n’était pas les siens… C’était… Ah ! Cette Tena-la-guerrière lui était complètement sortie de la tête !            
 
           
 
L’homme qui les avait rejoints… Que faire d’une telle information ? Devait-il tout balancer ? Et, comment allait-elle réagir ? Sa première réaction fut de se taire : ça ne le regardait pas… La seule question qu’il se posait, c’était l’implication de Tena-la-guerrière… Impossible qu’elle ne sache pas que cet homme sortait avec une fille de la Yoi Holding… Alors… Était-ce un piège et une machination qu’il devrait divulguer avant que tout cela ne s’envenime ?            
 
           
 
Pourtant, un œil jeté sur cette femme enlacée par deux hommes mit Takaba dans le doute. Ils semblaient tous trois éperdus d’un même désir… sincère et surtout, profondément attachés les uns aux autres… Cette femme, si austère et si violente, affichait un épanouissement que Takaba connaissait bien : c’était celui qu’il ressentait dans les bras de son amant…            
 
           
 
Alors, pourquoi cet homme ? Et surtout, quel était donc le double lien qu’il entretenait avec cette autre femme ?            
 
           
 
             
 
           
 
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-       Comment j’ai pu te faire quoi ? Questionna Baba avec une expression détachée et une voix calme qui cachait un sourire.
 
         
 
           
 
-       Ne te fiche pas de moi ! C’est toi qui a arrangé cette entrevue avec cette enflure d’Eun !  

         
 
           
 
-       Ah… Donc, je présume que les choses ne se sont pas arrangées entre vous… Soupira Baba, déçue.  



         
 
           
 
-       Et pourquoi devrait-elle s’arranger, hein ? 
          
 
           
 
-       Le pitbull que tu es devrait simplement savoir se laisser caresser de temps en temps…  

         
 
           
 
-       Quoi ? Non, mais, attends, là…. On parle bien du même ? Tu sais qui il est ?  



         
 
           
 
-       Bibi… Tu vois le mal partout… Cite-moi un seul homme qui ne te fasse pas rentrer dans une colère noire et dont tu ne te méfies pas…  

         
 
           
 
-       Ben…  

         
 
           
 
-       Même le jeune Akihito, tu le traites comme un insecte nuisible !  

         
 
           
 
-       « Akihito » ? Répéta Bibi, décontenancée qu’elle emploie son prénom.  

         
 
           
 
-       Euh… Oui, Takaba, le journaliste que Cassie nous a demandé de protéger.  

         
 
           
 
-       Qu’est-ce que t’as avec lui ?  

         
 
           
 
-       Comment ? S’arrêta Baba, surprise de la remarque et le ton légèrement plus grave.  

         
 
           
 
-       Pour être l’amant du grand Asami, ce type doit pas être très clean…  

         
 
           
 
-       Tu juges les autres sur leur relation, maintenant ? S’offusqua Baba, que la remarque touchait plus qu’elle ne le voulait.             
 
           
 
 


         
 
           
 
Baba avait toujours su que Fei Long était l’exemple type de l’homme qui n’obtiendrait jamais l’approbation de l’opinion publique et encore moins de ses proches. Sa réputation n’était plus à faire et elle n’aurait pas l’audace d’essayer de les faire changer d’avis. Elle-même n’était pas sûre qu’il soit un homme de confiance. Mais à chaque fois, cela la blessait d’entendre et de réentendre l’impasse dans laquelle elle s’était fourrée. Elle voulait le défendre, expliquer qu’il ne lui avait jamais fait de mal… Et en même temps, pouvait-elle défendre un mafieux qui était loin de la retraite ?  

         
 
           
 
-       Ben, c’est une preuve irréfutable. Côtoyer des mafieux revient à dire que tu cautionnes ce qu’ils font !             
 
           
 
             
 
           
 
Baba se décomposa. Évidemment, non seulement ce qu’elle vivait était incompréhensible aux yeux des autres, mais en plus, elle risquait d’être associée à une immoralité malsaine. Auquel cas, elle serait vue comme une traîtresse. Pouvait-elle fermer les yeux plus longtemps sur les agissements de Feil ? Pouvait-elle accepter ses crimes, son style de vie… ?  

         
 
           
 
-       Euh ! Non, enfin…. Je parlais d’Eun ! Se trahit soudain Bibi.            
 
           
 
 


         
 
           
 
Bibi se rendit compte de ses paroles à double tranchant et que cela pouvait blesser Baba. Misaki avait pu cerner les appels comme venant de Fei Long Lyu, donc Baba était bien en relation avec lui. Mais, pourquoi ? Et surtout, elle était en train de griller son information.  

         
 
           
 
-       Et de quoi d’autre peux-tu bien parler ? S’engouffra Baba dans la brèche ouverte par Bibi, l’air inquiet, mais ferme.  

         
 
           
 
-       Je pense que tu le sais parfaitement, mais que si tu n’en parles pas, alors, c’est que tu as tes raisons et je te fais entièrement confiance… Lâcha Bibi, de but en blanc, comme une lame tranchante et douce à la fois.            
 
           
 
             
 
           
 
Baba resta muette de stupeur. Se pouvait-il que…            
 
           
 
Bibi ne savait pas tenir sa langue. Elle mourrait d’envie d’aller jusqu’au bout. De qui était-elle enceinte, bon sang ?  

         
 
           
 
-       Pourquoi tu ne nous as rien dit sur… Commença Bibi, à bout de nerfs.            
 
           
 
             
 
           
 
À ce moment précis, le portable de Bibi retentit : c’était Calinours.  

         
 
           
 
-       Oui ? Décrocha cette dernière, légèrement contrariée.  

         
 
           
 
-       Je me suis trompée Bibi ! Je me suis trompée ! Ce que je t’ai dit sur les analyses était faux ! Tonna Calinours.  
 


         
 
           
 
-       Qu… Quoi ? Balbutia Bibi, prise de court.  


         
 
           
 
-       Ce que j’avais trouvé sur Baba…            
 
           
 
             
 
           
 
Bibi, rouge de confusion, lui raccrocha au nez. Mais, trop tard. Lorsqu’elle avait décroché le téléphone, Calinours s’était mise à parler si fort que sa voix avait résonné dans la pièce et avant que Bibi ne s’en rende compte, elle avait lâché le morceau devant une Baba menaçante.  

         
 
           
 
-       Vous avez cherché des informations sur moi ? Rugit Baba, prête à exploser.            
 
           
 
             
 
           
 
***********
      
    
 
           
 
Calinours raccrocha : elles avaient été coupées…
 
         
 
           
 
-       Bien, c’est parfait, murmura Fei Long. Et tache de bien les convaincre afin que les fouineuses n’aillent pas plus loin, tu m’as compris ?  



         
 
           
 
-       Oui… Mais…  

         
 
           
 
-       Tout ce qui me concerne doit disparaître, tu le sais parfaitement…            
 
           
 
             
 
           
 
**********            
 
           
 
             
 
           
 
Cassie émergea doucement. Une douleur lui étreignait violemment la poitrine et diminuait son taux d’oxygène. Lorsqu’elle ouvrit péniblement les yeux, elle reconnut les draps de son lit, l’odeur de sa chambre et… celle de Yoh. D’un bond, elle se redressa et une étoffe glissa de ses épaules. Les larmes rejaillirent aussitôt sans qu’elle ne puisse les contenir. Elle serra la veste contre elle, respirant l’odeur de son amant pour s’en gorger. Il n’était plus là…            
 
           
 
Elle se souvint que Ryuchi l’avait ramenée chez elle. Il avait dû la recouvrir de cette veste, comme on apporte le doudou réconfortant à l’enfant afin qu’il puisse s’endormir. Mais, comment pouvait-elle s’en contenter ?            
 
           
 
Jetant un coup d’œil rapide à la pièce, pas le moindre détail ne lui échappa. Yoh était venu reprendre le peu d’affaires qui lui appartenait…            
 
           
 
Elle réprima un sanglot, complètement abattue.            
 
           
 
Il ne reviendrait pas…            
 
           
 

        
 
           
 
Tout à coup, le vibreur de son téléphone la sortit de sa torpeur et elle sursauta, le cœur battant. Yoh… Elle se précipita et saisit son portable avec déception.
   
        
 
           
 
-       Ryuchi… 
 
        
 
           
 
-       Mon ‘ti démon… Yoh est en route pour l’aéroport…            
 
           
 
             
 
           
 
Son cœur s’arracha à la seconde où elle comprit ces mots. Elle ressentait une douleur si vive que cela finit d’achever la glace qui compressait son cœur. Tout s’envola en éclats. Son cœur à vif s’était remis à battre. Certes, il faisait mal, mais elle pouvait le ressentir. Elle pouvait comprendre et se libérer du fardeau qu’elle s’était construit. Elle allait se battre. Jusqu’au bout.
   
        
 
           
 
-       Où ? Se reprit-elle, d’une voix ferme et décidée.
   
        
 
           
 
-       Cassie… Reprit Asami d’une voix qui n’augurait rien de bon.   

        
 
           
 
-       Dis-moi quel aéroport ! Je ne vais pas le laisser s’enfuir ainsi ! Se mit-elle à crier.            
 
           
 
             
 
           
 
Le blanc au bout du fil acheva de la mettre sur les nerfs.
  
        
 
           
 
-       Ruyichi ! Qu’est-ce qu’il y a ?!! S’égosilla-t-elle.
  
        
 
           
 
-       … Il a contacté Fei Long… Il repart en Chine pour être à son service…            
 
           
 
 


        
 
           
 
Cassie réalisa sans un mot l’atroce nouvelle qui tombait sur ce cœur tout frais, exposé et maltraité au moment où il naissait.            
 
           
 
Elle comprit la douloureuse réalité.            
 
           
 
Yoh l’empêcherait désormais définitivement de renouer le contact avec lui. Revenir au service de Baishe, c’était redevenir le meurtrier qu’il était, c’était abandonner les principes qu’il avait tenus pour elle, c’était la rayer de sa vie et oublier toute possibilité de retour en arrière. À ses côtés, il avait espéré changer de vie. Combien de fois avait-elle vu ce visage tourmenté, mu par l’angoisse de ne jamais pouvoir vivre une vie de couple ordinaire auprès de la femme qu’il aimait ? Combien de fois l’avait-elle rassurée en lui disant qu’il s’en sortait très bien et qu’à ses yeux, il ne serait jamais plus cet homme de main prêt à tuer pour son maître ?             
 
           
 
Voilà pourquoi elle ne lui avait jamais demandé de quitter son frère. Parce qu’auprès d’Asami, Yoh n’était plus le tueur sanguinaire de Fei Long, il était un garde du corps précieux avec des principes qui respectait la vie d’autrui. Il avait appris à se battre, à faire peur, à faire pression sans tuer qui que ce soit.            
 
           
 
Le choix qu’il venait de faire lui montrait une chose : il abandonnait cette vie pour revenir à celle que Cassie exécrait de toute son âme. Afin de la maintenir pour toujours à distance, il se plaçait en ennemi. En ennemi de son frère. Et en tant que son propre ennemi : la mafia chinoise était en guerre avec la mafia japonaise. Cassie était donc directement concernée. Et surtout, il choisissait de se montrer sous un jour que Cassie ne pourrait plus jamais aimer.            
 
           
 
En renouant avec la mafia chinoise, Cassie n’aurait plus aucun moyen de l’approcher, ni même de lui parler. C’était presque un signe qui lui disait : approche-moi encore une fois, et, vu ce que j’ai décidé d’être, je te tuerai.    

        
 
           
 
-       Cassie, c’est devenu trop dangereux pour toi… 
 
        
 
           
 
-       Ryuchi… Fondit-elle en larmes, anéantie. JE NE VEUX PAS LE LAISSER PARTIR !  
         
 
           
 
-       Petit démon… Ne crois pas que, parce que c’est toi, il t’épargnera… Ne l’envisage même pas… Si jamais tu en venais à le voir, Fei Long sautera sur l’occasion pour le tester en lui demandant de te liquider, je sais de quoi je parle… Alors, s’il te plaît… Pour l’instant…   

        
 
           
 
-       Ramène-le-moi, je t’en prie ! Ryuchi, je ne t’ai jamais rien demandé jusque-là, mais je t’en supplie… Promets-moi de me le ramener ! Pleurait-elle, lui lacérant le cœur. Promets-le-moi ! Je ne veux pas le perdre ! Je… 
 
        
 
           
 
-       Calme-toi… S’il te plaît, Cass… Ce n’est pas aussi simple…   

        
 
           
 
-       Si tu veux être mon frère, alors, ramène-le auprès de moi ! Je te jure que si tu n’arranges pas la situation, de ma vie, jamais tu m’entends je ne te considèrerai comme mon frère !            
 
           
 
             
 
           
 
Cassie raccrocha avec rage. Plus rien n’avait d’importance maintenant. Plus rien.            
 
           
 
Brusquement, elle s’attacha à ce qui pouvait lui servir de vengeance. Elle appela Misaki aussitôt.  
         
 
           
 
-       Misa… Localise-le, maintenant.   



        
 
           
 
-       Cassie, tu es sûre que tout va bien ? Je ne suis pas au bureau en ce moment… Et… de quoi tu parles ?            
 
           
 
             
 
           
 
Cassie entendait effectivement une ambiance sonore en fond et soupira.   

        
 
           
 
-       Dès que tu rentres, tu mets le capteur en route et tu m’appelles. Je te parle de celui qui rôde dans nos locaux et que tu as trouvé récemment.   

        
 
           
 
-       …   

        
 
           
 
-       Je sais que tu as découvert Fei Long, Misa. Et je ne le laisserai pas s’en tirer à si bon compte.  
         
 
           
 
-       Oh… Je vois… Comment l’as-tu découvert ?   

        
 
           
 
-       Misa, quand on a travaillé comme agent secret, on ne se contente pas de répondre au téléphone. Pourquoi crois-tu que je t’ai embauchée, hein ? Ces derniers temps, tu étais fixée autour des appels téléphoniques, j’en ai donc déduit qu’une piste t’intéressait. Pour le reste, ce qui se passe dans mes locaux, arrive forcément à mes oreilles. Surtout quand je le veux.
  
        
 
           
 
-       Je m’excuse pour ne pas t’en avoir informée, mais…
   
        
 
           
 
-       Je ne veux pas qu’il s’en sorte vivant… Acheva-t-elle, déterminée.
   
        
 
           
 
-       Cassie ! Tu sais, il faut que tu saches à ce propos…   



        
 
           
 
-       Je ne veux rien savoir. Soit tu es de mon côté, soit tu ne l’es pas, mais dans tous les cas, ma décision est prise. Je ne reviendrai pas dessus. Je te demande de retourner au bureau et de pister son téléphone.            
 
           
 
             
 
           
 
*************            
 
           
 
             
 
           
 
Misaki raccrocha. Apparemment, Cassie n’avait pas la moindre idée de ce qu’elle s’apprêtait à faire… Et surtout du nombre de personnes impliquées autour de Fei Long… La situation se corsait… Que faire de Baba… ? Et des autres ?             
 
           
 
Misaki avait toujours su que la Boss, sous couvert de les laisser faire, en savait toujours plus que ce qu’elle ne laissait paraître.             
 
           
 
Bon, eh bien, elle allait devoir reprendre le rôle de la parfaite subordonnée pour ce soir.            
 
           
 
Quelque chose lui fit tourner la tête. Elle se sentait observée, mais ne distinguait pas par qui.             
 
           
 
Elle reprit son téléphone aussitôt. Tout devait aller très vite et, pour l’instant, elle avait encore les cartes en main… 
 
        
 
           
 
-       Baba ?   

        
 
           
 
-       Tiens, Misa-chan… Répondit-elle, sur la défensive.            
 
           
 


       
 
           
 
Bibi se décomposa en entendant sa comparse.    

       
 
           
 
-       Écoute, je n’ai pas trop de temps, mais… Si tu dois prendre une décision au sujet de Fei Long, c’est maintenant…    

       
 
           
 
-       Qu… Quoi ? Se décomposa Baba au bout du fil.
    
       
 
           
 
-       C’est ta vie, et pas la mienne, mais si je peux éviter un drame, je le ferai. Il faut qu’il reparte du Japon, maintenant. La situation va dégénérer pour lui.    

       
 
           
 
-       Co… Comment ça ? Bafouilla Baba, tremblante.  
 
       
 
           
 
-       Tu as très peu de temps, alors… Je ne te dirai qu’une chose, Fei Long est menacé. Tu en feras ce que tu voudras…            
 
           
 
             
 
           
 
************            
 
           
 
             
 
           
 
Akihito se réveilla tout engourdi sur un canapé. Lorsqu’il tenta de se redresser, une douleur aiguë lui traversa les reins et tout lui revint en mémoire…            
 
           
 
Ce satané Asami… Il n’y avait pas été de mains mortes… En même temps, il l’avait provoqué… Où était-il à présent cet arrogant Yakuza ?            
 
           
 
Il se leva et chercha à partir de ce club de pervers malsains et s’arrêta net en apercevant Misaki au fond de la salle en compagnie de… Tena-la-guerrière…            
 
           
 
Akihito n’en crut pas ses yeux… Et cette fois, il ne pourrait pas cacher ce qu’il avait vu plus tôt… Parce que, celui qui s’adonnait à des plaisirs incommensurables avec Tena n’était autre qu’Iwaki, le même homme qui, plus tôt, jouait les amoureux transis auprès de Misaki…            
 
           
 
Et si cette Tena s’amusait à jouer les copines avec la Micchan de la Yaoi Holding, tout en étant la sulfureuse maîtresse de son amant, il y avait fort à parier que des choses plus graves étaient en jeu.             
 
           
 
Au moment où il voulut aller la voir, elle sembla avoir un coup de fil et s’enfuit précipitamment du Club la minute d’après.            
 
           
 
             
 
           
 
Akihito se mit à courir le plus vite qu’il put après elle et finit par la retrouver aux détours d’une rue.   
 


       
 
           
 
-       Misaki-chan ! Misaki-chan ! Appelait-il, essouflé.            
 
           
 
             
 
           
 
Elle se retourna, visiblement contrariée. 
  
       
 
           
 
-       Je peux savoir ce que tu fais là ?    

       
 
           
 
-       Je pourrais te poser la même question ! S’offusqua Akihito de la voir si hargneuse, elle qui était si gentille.            
 
           
 
             
 
           
 
En guise de réponse, elle lui sourit.    

       
 
           
 
-       Je suis venu te dire que… Je suis désolé de te dire ça, mais… Enfin… Tena et Iwaki couchent ensemble ! Finit-il par avouer en toute franchise, en plein milieu de la rue.            
 
           
 
             
 
           
 
Elle se mit à rire, le déconcertant au point qu’il se demanda s’il avait pas dit une bêtise en parlant et qu’il ne s’était pas trompé…            
 
           
 
Puis, son visage s’assombrit, comme si sa deuxième facette apparaissait.    

       
 
           
 
-       Et alors ? En quoi ça me concerne ? Lui rétorqua-t-elle, hautaine.    



       
 
           
 
-       Eh ben… Toi et…
    
       
 
           
 
-       Ça va effectivement poser beaucoup de problèmes si les fouineurs se mettent à pulluler dans l’entreprise… Sais-tu où tu mets les pieds ? Le menaça-t-elle.            
 
           
 
             
 
           
 
Akihito ne comprit pas pourquoi elle s’en prenait à lui de cette aura mauvaise. À nouveau, il sentit le souffre. Cette femme sentait l’arme à feu…    

       
 
           
 
-       Si j’ai un petit conseil à te donner… Ne cause pas de problèmes à Asami, tu ne veux pas qu’il lui arrive quelque chose, hein ? Alors, sois un bon garçon et réfléchis à tes actes, arrête de vouloir lui compliquer la vie et préserve-le un peu… Quand tu mets le nez dans les affaires des autres, dis-toi que ces autres vont également mettre le nez dans tes affaires et celles de ton amant…            
 
           
 
             
 
           
 
*************    

       
 
           
 
-       Baba ?    

       
 
           
 
-       Oui… Décrocha-t-elle à nouveau, le cœur battant.  
 
       
 
           
 
-       C’est Calinours… Puisque tu es impliquée, il va falloir que tu fasses un choix… Si tu restes ici, tu vas peut-être mettre en danger tes proches… Tu ne pourras pas être à la fois du côté de Fei et du côté japonais avec nous…            
 
           
 
     


       
 
           
 
Baba avait mis le haut-parleur et vit Bibi les mains sur la bouche, horrifiée, commençant à comprendre ce qui se tramait.    

       
 
           
 
-       Tu ne peux plus cacher ta relation avec le maître de Baishe, murmurait Calinours, la voix étranglée et serrée par l’émotion. Le mieux pour toi, c’est…    

       
 
           
 
-       De partir et de vous abandonner…   
        
 
           
 
-       Non ! Hurla Bibi, à cran. Tu n’as pas à faire ça ! On te croit ! On sait que tu n’as rien à voir avec la mafia chinoise !  
   


       
 
           
 
-       Peux-tu m’affirmer que tu feras confiance à Feil parce que je te le demande ? Posa Baba qui prit le parti d’aller jusqu’au bout.    

       
 
           
 
-       Je…    

       
 
           
 
-       Bibi… Je suis désolée… Je sais que tu ferais n’importe quoi pour moi et que vous toutes ici en feriez de même, mais… Je ne suis plus la seule concernée et pour vous protéger, je dois faire un choix…    

       
 
           
 
-       Mais, tu es enceinte !! Se mit à pleurer Bibi, tu vas partir et me rayer de ta vie sans que jamais je ne puisse partager ce moment de ta vie ?!! Et tu ne sais même pas qui est…  
        
       
 
           
 
-       Je… suis… enceinte ?! écarquilla-t-elle grands les yeux, abasourdie, en lui coupant la parole.            
 
           
 
  
       
 
           
 
       
La suite !!!!!! Et Félicitations pour ton Bac mon 'ti démon !!!!!!!!!


 
           
 
CHAPITRE 7 :

  
           
 
-       Fei Long-sama… Mais, que comptez-vous faire de Baba ? S’interposa légèrement Calinours en lui barrant la porte de sortie. 
           
 
-       Je te l’ai dit et tu le sais parfaitement, Mèi mei…  
           
 
-       Elle… Elle t’aime… Tu n’as pas le droit de lui faire du mal… 
           
 
-       Tu as découvert le lien qu’elle entretient avec Takaba, n’est-ce pas ? Alors, tu sais aussi bien que moi que je ne peux plus les laisser se rencontrer dorénavant, se durcit-il. 
           
 
-       Tu… Tu vas t’en servir contre Asami… ? Osa-t-elle, horrifiée. Mais… et le bébé… 
           
 
  
           
 
Elle le vit frémir, l’air menaçant.  
           
 
-       Tu comptes te mettre en travers de mon chemin ? La questionna-t-il de but en blanc, l’œil acéré. 
           
 
-       Baba est… une amie… Je…  
           
 
-       Je t’ai toujours protégée, en l’honneur de père. Sans moi, tu n’aurais jamais pu souhaiter cet anniversaire. Comptes-tu me trahir ? 
           
 
  
           
 
Calinours se pinça les lèvres. Ce nouveau frère l’effrayait autant qu’il lui inspirait de l’empathie. Toute sa vie durant, il avait souffert. Souffert de la haine des autres, souffert de la mort de ceux qu’il aimait, souffert de la trahison. Il émanait de lui une aura protectrice malveillante qui empêchait quiconque de l’approcher. Il se refusait aux autres avec force. Ainsi, Calinours ne pouvait même pas être tentée de se jeter dans ses bras pour le dissuader de ses plans. Ses yeux et son corps étaient froids comme de la glace et cela la maintenait à distance. Avait-il perdu toute émotion ? 
           
 
-       Lyu-sama était fier de toi et il t’aimait de toutes ses forces. Crois-tu qu’il serait content de te voir ainsi aujourd’hui ? Tu lui briserais le cœur ! S’emporta-t-elle, ne voyant pas la main qui attrapa son cou avec rage et la plaqua à l’étrangler contre le bureau. 
           
 
-       Nnh… Tenta-t-elle de protester les deux mains à la sienne pour le faire lâcher prise. 
           
 
-       Crois-tu que Père voulait tant que ça me protéger en me léguant le contrôle de Baishe ? Penses-tu réellement qu’un père souhaiterait donner en héritage à ses enfants, un monde de mort et de haine ? Lâcha-t-il, la rage faisant tressauter les muscles de son visage. 
           
 
  
           
 
Calinours écarquilla grands les yeux en comprenant soudain la situation qui le rongeait depuis tout ce temps et qui avait fait de cet homme sombre celui qu’il était devenu… Le seul homme qu’il avait aimé et respecté l’avait trahi à ses yeux en réalisant que son père l’avait éduqué  à souffrir… Ce qu’il avait pris pour de la fierté s’était révélé un cadeau empoisonné… Alors, maintenant, quel père pouvait bien devenir Fei long ? Forcerait-il le bébé de Baba à suivre sa propre voie d’horreur ou mettrait-il un terme à la vie de cet enfant avant qu’il ne puisse connaître ce milieu perverti ? 
           
 
Calinours réfléchit aussi vite que possible. Comment pouvait-elle toucher cet homme rongé par la rancœur ? 
           
 
-       Fei… sama… Murmura-t-elle, la voix étranglée par la main qui enserrait toujours son larynx. Par…don… 
           
 
  
           
 
À ce mot, elle vit un tic nerveux agiter sa paupière, comme si elle était parvenue à atteindre quelque chose dans son cœur. 
           
 
-       Pourquoi t’excuses-tu ? Relâcha-t-il son emprise, hautain. 
           
 
-       Je me… suis enfuie… en te laissant derrière…  
           
 
  
           
 
Il cilla un quart de seconde, touché, mais se reprit aussitôt. 
           
 
-       Pfff, petite idiote, et tu voulais faire quoi, diriger Baishe à mes côtés, avoir du sang sur les mains, tout ça pour avoir un peu de pouvoir ? S’intensifia-t-il, énervé. 
           
 
-       Non… J’aurais dû t’emmener avec moi et te convaincre de tout abandonner… 
           
 
  
           
 
Fei Long laissa glisser ses doigts, sous le choc de ces mots. Personne ne lui avait jamais dit une telle chose… Et même s’il ne croyait pas à la sincérité des êtres humains qui étaient de nature versatile, il avait toujours voulu entendre cela au fond de lui. 
           
 
-       Tu n’as pas à t’en faire pour moi, Mèi mei, se radoucit-il. J’ai choisi ma vie, à présent. 
           
 
-       Mais, tu… tu n’aimes pas ça, hein ? Poursuivit-elle dans son élan, sachant qu’elle avait trouvé une faille. 
           
 
-       Détrompe-toi. Baishe est le seul endroit où je peux assouvir toute cette vengeance et cette haine qui coulent en moi. Sans ça, elles auraient fini par ronger mon corps tout entier. Pour rien au monde je ne laisserai passer ma chance de faire payer aux hommes leur soif de pouvoir et de cruauté. 
           
 
-       Mais… Baba… et… 
           
 
-       Les gens font des choix, et ils le font tout seuls. Elle a choisi d’aimer un mafieux, non ? Alors, elle en assumera les conséquences.  
           
 
  
           
 
************** 
           
 
  
           
 
-       Eh ! Pourquoi est-ce que tu me menaces alors que je suis venu t’aider ? Grommela Akihito, décontenancé devant le comportement de cette personne à deux visages.  
           
 
-       Ton collier de chien se voit à des kilomètres, mon pauvre bonhomme, et au bout de la laisse, je vois un homme influent qui risque gros pour toi, lui rétorqua-t-elle sans ménagement. 
           
 
  
           
 
Pourtant, malgré ses paroles moqueuses, il sentit une légère bienveillance derrière ce ton railleur. 
           
 
-       Alors, je te dis juste de ne pas agir impulsivement et de penser que tu entraînes forcément des gens avec toi. Pourquoi es-tu venu fouiner ici ? Continua Misaki qui se détendait au fur et à mesure, sans ralentir le pas. 
           
 
-       On dirait une expérience vécue… Osa Akihito, qui ne savait pas tenir sa langue, comme à l’accoutumée. 
           
 
-       Et tu as bien raison, jeune homme, intervint une silhouette au détour d’une ruelle sombre.  
           
 
  
           
 
Akihito s’arrêta net : bon sang, on était dans un film ou quoi ? Qui pouvait connaître autant d’embuscades dans sa vie que celles qu’il endurait depuis qu’il côtoyait ce bâtard d’Asami ?! Tout le monde faisait-il partie d’une mafia ou d’une organisation criminelle ? Était-il le seul à être normal ou quoi ? 
           
 
Essayant de jauger l’importance du danger face à cette imposante carrure qui s’avançait peu à peu en sortant de la pénombre, il scruta l’attitude de Misaki pour s’en faire une idée. Cette dernière ne sembla pas alarmée le moins du monde, pourtant, elle tentait de cacher une nervosité certaine. 
           
 
-       Qui… Qui êtes-vous ? Commença  Takaba. 
           
 
-       Tu les prends au berceau, maintenant ? Continua l’homme qui l’ignora complètement. 
           
 
-       Hein ? S’offusqua le photographe, vexé d’être toujours pris entre des disputes de couple idiotes. Il avait bien assez des siennes, bordel ! 
           
 
-       Dépêche-toi, Akihito, sinon, je te laisse derrière, s’adressa-t-elle à lui, feignant de ne pas entendre la remarque de l’inconnu dont le visage commençait à prendre forme. 
           
 
-       Euh… Ah… Oui… Bégaya-t-il, impressionné par le sang-froid dont elle faisait preuve. Décidément, les femmes de la Yaoi Holding étaient effrayantes… 
           
 
-       Tu ne me dis pas bonjour, mon amour ? S’avança le grand brun en leur barrant la route avec douceur, les mains dans les poches avec nonchalance.  
           
 
  
           
 
Akihito observa Misaki à la dérobée et celle-ci décida de changer radicalement de stratégie. Alors qu’il cherchait de toute évidence à la titiller, elle prit sur elle pour ne pas rentrer dans son jeu. 
           
 
-       Je suis pressée, j’ai du travail. Tu es un professionnel, tu sais qu’on ne s’amuse pas à retarder ces choses-là. 
           
 
-       Tu ne nous présentes pas ? Se planta-t-il clairement en travers de son chemin de façon plus affirmée. 
           
 
  
           
 
Takaba put enfin le voir à la lumière du réverbère. Cet homme était grand et… il sentait définitivement la poudre lui aussi… Il portait un jean et un t-shirt rouge et fixait Misaki avec une assurance qui ne trompait pas. Ce mec n’était pas ordinaire non plus. Qui c’était encore ? À quelle mafia appartenait-il encore ? Pourtant, sous ces airs de dur et son regard qui trahissait bien celui des hommes de l’ombre, il dégageait une sympathie étonnante. Contre toute attente, elle ne s’énerva pas et accéda à sa requête. 
           
 
-       Takaba, je te présente mon ancien équipier, Saeba Ryo. 
           
 
-       Plus connu sous le nom de Nick Larson, sourit ce dernier en lui tendant une main engageante. 
           
 
-       Et voici Takaba Akihito, l’amant d’Asami Ryuchi. 
           
 
  
           
 
Le jeune photographe se mit à rougir de honte à cette présentation humiliante et tenta de protester, mais le tireur d’élite ne sembla pas le prendre à la rigolade. 
           
 
-       Donc, il ne fait pas équipe avec toi, sembla-t-il soulagé. 
           
 
-       Non. Et même si… EH ! Se mit-elle à crier sous la surprise. 
           
 
  
           
 
Une main baladeuse s’attardait sur ses hanches et menaçait de descendre un peu plus bas. D’un geste vif, elle la pinça très fort et lui donna un coup sur la tête pour le réprimander. Takaba en resta bouche bée. Ces deux-là semblaient avoir une complicité sans faille, pourtant Misaki essayait de paraître distante et ne parvenait pas à s’attaquer véritablement à lui. 
           
 
-       Aïe ! Se mit-il à geindre faussement en se frottant la tête comme un garçon pris la main dans le sac. Mais… C’est que ta tenue est vraiment… sexy ! Se mit-il à plaisanter en essayant à nouveau de la caresser sans s’en cacher. 
           
 
-       Vas-tu arrêter des bêtises, sale pervers !  
           
 
  
           
 
Akihito les regarda, médusé. Il en fallait du cran pour oser faire un truc pareil tout en sachant qu’elle savait pertinemment se défendre… C’est alors qu’il eut à peine le temps d’apercevoir une autre silhouette s’accrocher à la taille de Misaki et la tirer vers l’arrière. Le célèbre tueur à gages ne bougea pas, comme s’il n’y avait pas de quoi s’en faire. Le jeune journaliste n’en revenait pas : il n’avait vraiment pas l’habitude pour ressentir ce qui tenait du danger et ce qui n’en tenait pas. C’est alors qu’il reconnut ces yeux féroces et emprunts de violence. La silhouette avait glissé son visage dans le cou de Misaki pour montrer qu’elle lui appartenait jalousement.  
           
 
-       Eh, ma number one… Qu’est-ce qui te rend si nerveuse… Je peux la sentir à des kilomètres… Qui essaye de t’approcher ? Menaça cette voix qui, quelque temps plus tôt, s’était adoucie d’extase. 
           
 
  
           
 
Misaki eut un regard envers cette personne auquel Takaba ne s’attendait pas. Lorsque leurs yeux se croisèrent, une émotion presque palpable se dégagea de cette éteinte particulière et sidéra le jeune garçon. 
           
 
-       C’est rien, binôme… Je peux me débrouiller toute seule… Lui sourit Misaki, comme si elles étaient seules au monde. 
           
 
-       Eh ! Voilà la sœur jumelle ! Hello, Tena de mon cœur ! Chantonna gaiement le séducteur, pas troublé le moins du monde. 
           
 
-       Sœur… Sœur jumelle ?! Bafouilla Takaba, qui avait cru un instant voir dans cette étreinte un amour non filial. Cette… Cette… 
           
 
-       Cette quoi ? Le fusilla-t-elle du regard. Fais gaffe à ce que tu dis demi-portion ! 
           
 
-       Sais-tu qu’il est venu me voir, tout affolé, en me disant : « Tena-la-guerrière, elle couche avec Iwaki-san » !! 
           
 
-       Ah oui… ? Lui planta-t-elle son regard carnassier. Et comment le sais-tu, petit gnome ? Je trouve qu’on se croise un peu trop souvent en ce moment… 
           
 
-       Euh… Eh bien… Se sentit-il rougir de honte en se remémorant la scène à laquelle il avait assisté.  
           
 
-       Allez-y doucement le binôme infernal… Vous voyez pas que vous lui faites peur ? Intervint celui qui souriait en le voyant se décomposer au fur et à mesure. 
           
 
-       Tiens, c’est toi, Nicky ? Mhm… Je comprends mieux pourquoi tu étais nerveuse ma number… 
           
 
-       Arrête ça, Tena ! S’agaça Misaki. 
           
 
-       Oui, oui… Tu sais, Nicky, va vraiment falloir t’armer de patience… Et il faudra encore que je concède à te donner ma sœur… 
           
 
-       Tena !  
           
 
-       Quoi ? Avoue que tu as encore ce beau brun dans la peau, ma number… 
           
 
-       Écoute, binôme, c’est bon, Iwaki et Katou doivent t’attendre, alors, file ! 
           
 
-       Tu sais, tu dois être en manque à l’heure qu’il est… Pourquoi tu ne te laisses pas tenter ? En plus, tu sais à quoi t’attendre, non ?  
           
 
-       TENA ! 
           
 
-       Tu devrais écouter les conseils de ta sœur ! Renchérit Nick, joueur. 
           
 
-       Takaba, allez, viens, on s’en va. 
           
 
  
           
 
Akihito restait perplexe, parfaitement décontenancé par la tournure que prenaient les évènements. Ils étaient tous fous… Dangereux et fous…  
           
 
Lorsqu’Iwaki et Katou arrivèrent et que Tena repartit à leurs bras, il ne trouva même plus ça choquant… 
           
 
  
           
 
-       Misa… Fais attention à toi… Lui lança Nick, la voix grave. 
           
 
  
           
 
Cette dernière ne répondit pas et prit un air presque fâché à ces mots, comme si elle était prête à exploser. 
           
 
-       Je suis une secrétaire, au cas où tu l’aurais oublié. Je ne risque absolument rien ! Lui lança-t-elle, telle une réplique pleine de piquant. 
           
 
-       Je suis sûr que je te manque aussi, partenaire… Détourna-t-il les talons. Eh, dis-moi, Takaba, tu as été en danger un grand nombre de fois en étant aux côtés d’Asami, n’est-ce pas ? 
           
 
  
           
 
Misaki sentit son cœur se serrer à la remarque dont elle devina la suite. 
           
 
-       Euh… Oui… Répondit Akihito qui sentait un piège sans pouvoir le déceler. 
           
 
-       Et pourtant, tu ne le quittes pas. 
           
 
-       Arrête, ça suffit, Nick ! Le coupa Misaki, furieuse. Quand il réalisera qu’il se met en danger en vivant cette vie-là, bien sûr qu’il s’en ira ! 
           
 
-       Il a pas l’air d’avoir la trouille, ce petit, contrairement à d'autres… La piqua-t-il, délibérément.  
           
 
-       Trouve-toi quelqu’un d’autre à emmerder ! S’égosilla-t-elle, les nerfs à vif. 
           
 
-       Hein ?! Ah, non, non, pas question, tu es la seule que je trouve excitante quand tu me tapes dessus ! 
           
 
  
           
 
Misaki prit le poignet d’Akihito de force et l’entraîna à sa suite, semant le séducteur à la noix par la même occasion. Au bout d’un temps où le silence s’était fait pesant, Takaba brisa cette atmosphère tendue. 
           
 
-       Tu crois que je devrais quitter Asami parce que je le mets en danger ? Demanda-t-il, très franchement, ayant cerné le fond du problème. 
           
 
  
           
 
Misaki inspira profondément, comme si elle préférait ne pas l’influencer et répondit, évasive : 
           
 
-       Je ne sais pas. Chacun fait face à ses choix comme il l’entend. 
           
 
-       Tu l’as quitté parce que tu avais peur pour lui, et non parce que tu avais peur pour ta vie, c’est ça ? 
           
 
  
           
 
L’espace d’un instant, il crut qu’elle allait lui en retourner une, mais, visiblement, la conversation était un sujet très sérieux à ses yeux pour qu’elle ne s’en joue de la sorte. 
           
 
-       Que les gens se mettent en danger pour leur métier, ça les regarde et ce sont des choix personnels qui ne me concernent pas. Ma propre sœur a risqué sa vie et la risquera probablement jusqu’à sa mort, mais je respecte ses choix. Mais, elle n’implique pas les personnes qu’elle aime. 
           
 
-       Elle… elle est vraiment amoureuse de… 
           
 
-       Elle aime les hommes, comme toi. Sauf qu’elle en aime deux, ça te pose un problème ? 
           
 
-       Euh… non… Bredouilla Takaba, acculé, même s’il trouvait ça complètement incongru, lui qui avait déjà du mal à assumer de sortir avec un homme… Pourtant, j’ai vu Iwaki-san t’embrasser… 
           
 
-       Ce que tu peux être bête et sauter aux conclusions hâtivement… Je suis très proche d’eux, mais ce ne sont que de purs gestes affectifs ! Et ces hommes ne seront jamais impliqués dans de sombres affaires et ne l’impliqueront jamais. Voilà la différence. 
           
 
-       Ça veut dire que tu as impliqué Saeba-san et que tu as décidé de changer de métier parce qu’il a failli être tué par ta faute ? 
           
 
-       Ce que je veux te dire Takaba, c’est qu’être l’amant dans ce genre de métier, c’est être une cible pour tous ceux qui voudront s’en prendre à la personne que tu aimes, et que, tôt ou tard, elle risquera sa vie pour te sauver. Que tôt ou tard, tu seras l’appât pour ses ennemis, que tu deviendras l’arme détournée qui lui ôtera la vie. Alors, oui, par amour, je suis partie si c’est ce que tu cherches à savoir. Qu’il se fasse tuer est une chose, mais qu’il meurt par ma faute m’est insupportable. La meilleure façon de les protéger, c’est de s’éloigner. 
           
 
-       Comme tu l’as dit, chacun fait ses choix. Si c’était son choix de t’avoir à ses côtés, alors, pourquoi avoir eu besoin d’agir à sa place ? Rétorqua Takaba qui n’avait jamais envisagé de quitter Asami malgré le danger d’une telle vie. La vérité, c’est qu’il a raison : tu es une trouillarde. Tu esquives comme si tu le sauvais, mais qu’en est-il de lui ? Ne crois-tu pas qu’il souffre davantage de ton absence, plutôt qu’une éventuelle hypothèse sur l’avenir ? Moi, la seule chose qui me ferait quitter Asami, c’est s’il me le demandait lui-même. Autrement, ça le regarde, et j’ai confiance en lui. Je sais qu’il ne me met pas en danger délibérément, et si je me suis retrouvé dans des situations plus que compliquées, notre amour en est ressorti bien plus grand et bien plus fort. Et contrairement à toi, je serais capable de mourir pour lui sans aucune hésitation, chose que tu n’es apparemment pas capable de faire. 
           
 
  
           
 
Misaki en resta interloquée. Ce petit mec qui ne connaissait rien à leur monde venait de lui fermer le clapet comme jamais. La vérité, c’est qu’il venait de lui balancer en pleine face qu’elle n’aimait pas assez Nick pour lui prouver qu’elle le suivrait partout où il irait et peu importe la vie qu’il menait… Qu’elle avait fui sous couvert de le protéger…  
           
 
-       Et franchement, à qui tu vas faire croire que ce que tu as dans la peau, c’est d’être une secrétaire dans un bureau ? Tu sens la poudre, tu as ce regard dans les yeux, tu as tout abandonné, y compris ta propre vie.  
           
 
  
           
 
La sonnerie de son portable retentit et vint assainir une situation qui commençait à devenir douloureuse pour elle. Cette coupure lui permit de respirer, parce qu’elle étouffait en se rendant compte des mensonges qu’elle s’était elle-même créés.  
           
 
-       Oui ? 
           
 
-       Micchan ? Micchan ! C’est Bibi ! Où est-ce que tu es ? Baba a disparu ! Et je n’arrive pas à joindre Cassie ! Je t’en prie, aide-moi ! Je ne sais pas où elles sont parties ! 
           
 
-       Calme-toi Bibi-tan… Écoute… Je ne suis plus très loin, mais… Je suppose qu’elles sont à l’aéroport… Alors, tout ce que tu as à faire, c’est de… 
           
 
  
           
 
************* 
           
 
-       Misa ? C’est Baba… 
           
 
-       Je t’écoute. 
           
 
-       Concernant Bibi… Ça va être dur pour elle, alors, je compte sur toi, hein ? 
           
 
-       Ne t’en fais pas… 
           
 
-       S’il te plaît, appelle ta binôme et dis-lui exactement ce que je te dis, d’accord ? Ça facilitera les choses… 
           
 
-       Compte sur moi… Et… Tu es sûre de toi ? 
           
 
-       Un jour, Misa, tu comprendras, j’en suis sûre… 
           
 
  
           
 
************** 
           
 
  
           
 
-       Hum, c’est moi. Ma sœur vient de m’appeler… 
           
 
-       Il est arrivé quelque chose à Bibi ? 
           
 
-       Non… Mais, justement… J’ai un message pour toi… 
           
 
  
           
 
************** 
           
 
-       Alors, tout ce que tu as à faire, c’est de trouver le moyen d’arriver à l’aéroport en moins d’une demi-heure. 
           
 
-       Non, mais Micchan, tu te fiches de moi ? Comment je pourrais arriver à faire un truc pareil ? t’es dingue ! Tu sais quelle heure il est et tu connais le trafic, non ? C’est impossible ! Trépignait Bibi, paniquée. 
           
 
-       Il faut que tu trouves un moyen de transport ultra rapide… 
           
 
-       Comme si j’avais un jet sous la main ! Arrête tes blagues, là ! J’ai besoin d’une aide sérieuse ! 
           
 
-       Tu connais pas quelqu’un qui aurait un hélico privatif ? 
           
 
-       Micchan… Ne me demande pas de faire ça… Baissa-t-elle le ton. 
           
 
-       C’est le seul moyen, alors, pour une fois, mets ta fierté de côté, s’il te plaît ! 
           
 
-       Très bien… Je l’appelle tout de suite… 
           
 
  
           
 
**************** 
           
 
  
           
 
-       Eun ? 
           
 
-       Ouais… 
           
 
-       C’est moi… 
           
 
-       Tiens, t’es toujours aussi rapide ! 
           
 
-       Rassure-moi, la mafia coréenne est toujours de notre côté ? 
           
 
-       Ouais… Y’a du grabuge dans l’air à ce que je vois. Qu’est-ce que je peux faire pour toi ? 
           
 
-       J’ai besoin de tes services au cas où ça se passerait mal… Tes hommes pourraient venir en renfort ? 
           
 
-       Pas de souci. 
           
 
-       Je compte sur toi… 
           
 
  
           
 
**************** 
           
 
  
           
 
-       Ryo ? C’est moi… 
           
 
-       C’est rare que tu m’appelles. Vas-y, crache le morceau… 
           
 
-       J’ai besoin de tes talents de tireur d’élite. 
           
 
-       Tu sais que je prends très cher… Se mit-il à plaisanter. 
           
 
-       T’es le plus cher, mais t’es aussi le meilleur, alors, ça ne me pose pas de problème ! Dis-moi juste combien. 
           
 
-       Misa est impliquée ? 
           
 
-       … 
           
 
-       Si elle l’est, ne compte pas sur moi. 
           
 
-       Tu crois que je te demanderai quelque chose de ce genre ? Elle est impliquée indirectement, mais elle ne risque rien si elle reste à l’écart. C’est pour ça que je te contacte, je sais qu’avec toi aux premières loges, tout se passera bien. La vérité, c’est qu’elle est accompagnée par quelqu’un que je ne confierai qu’à toi… 
           
 
-       Parce que tu crois qu’elle va se tenir à l’écart peut-être ? Se durcit-il, mécontent. Et puis, si ton petit protégé est celui que j’ai vu avec elle, les deux ont l’air d’aimer fouiner… 
           
 
-       Sa binôme risque d’être dans le coin, donc, avec toi en plus, ça ne posera pas de problème. Et puis, tu seras forcément de la partie si elle est dans les parages, non ? 
           
 
-       Et depuis quand tu t’impliques autant ? Railla-t-il sur le ton de l’humour. 
           
 
-       C’est ça, moque-toi… 
           
 
-       J’ai un élément indésirable qui pourrait toucher à deux personnes qui me sont chères, tu comprends parfaitement ce que je ressens, non ? 
           
 
-       Je fais cavalier seul, aujourd’hui, tu le sais très bien. 
           
 
-       T’as pas encore mon charisme pour les garder correctement attachés ! 
           
 
  
           
 
Il s’en suivit un grand rire franc et les deux hommes se comprirent. 
           
 
  
           
 
******************* 
           
 
  
           
 
Cassie vérifia la ligne de Misaki. L’aéroport… C’est ce qu’Asami lui avait dit également… Pourtant, quelque chose la turlupinait. L’urgence la saisissait, mais ses neurones tournaient à plein régime. Connaissant bien les mafieux, il ne faisait aucun doute qu’on brouillait les pistes… Fei Long ne devait pas être seul au Japon et cela ne lui ressemblait pas de s’enfuir en prenant un avion comme n’importe quel passager… 
           
 
Il fallait réfléchir vite où Yoh lui échapperait… 
           
 
Avec du temps, elle aurait pu mettre en place un suivi sur le portable de Yoh, mais elle n’en avait plus. Il repartirait en Chine… 
           
 
Un éclair de lucidité la traversa. Les Yakuza possédaient des réseaux bien plus étendus que la plupart des gens… 
           
 
Elle ouvrit son tiroir et se saisit d’une arme, la chargea et la disposa à l’arrière de son jean. Elle sortit précipitamment de l’entreprise, le cœur battant. Elle n’avait pas le droit à l’erreur… 
           
 
  
           
 
**************** 
           
 
  
           
 
Baba regardait la pièce avec mélancolie. Elle avait vécu là de nombreuses années, partagé des moments de joie, des moments de passion et des moments de tristesse aussi. Son cœur se serrait de regrets, mais toute tentative d’objectivité fondait comme neige au soleil. 
           
 
Il n’y avait qu’une personne qui occupait ses pensées. Une personne dont elle n’arriverait jamais à se défaire. Une personne dont elle craignait les réactions, mais qu’elle avait dans la peau… 
           
 
Et cette personne était là, en face d’elle, dans la pénombre de son appartement.  
           
 
Baba hésita. Son regard était plus dur que de coutume et il semblait lui reprocher quelque chose. Son aura lui fit peur et un énorme doute s’installa dans son esprit. Bibi lui avait dit, par inadvertance, qu’elle était enceinte… Comment allait-il réagir face à cette nouvelle ? 
           
 
Baba se décomposa : et si sa colère était en rapport ? Venait-il lui annoncer leur rupture définitive ? Qu’allait-il faire d’elle… et du bébé ? 
           
 
Elle fut prise d’une brusque envie de décamper, mais son corps refusa de bouger. 
           
 
-       Alors, comme ça, j’ai été découvert ? Brisa-t-il la glace. Comme c’est gentil à toi de me prévenir afin que je ne me fasse pas prendre… Eh bien, vas-y, je t’écoute. Tu ne devrais pas me supplier de partir le plus vite possible, en pleurant pour rendre ça encore plus mélodramatique ? 
           
 
  
           
 
Dans sa voix perlait une ironie mal dissimulée et Baba ne comprit pas ses injonctions. Qu’avait-elle fait de mal ? 
           
 
-       Feil… S’étrangla-t-elle, sous le coup de l’émotion. Je… 
           
 
-       Comme ça, tu auras l’impression de ne pas m’avoir trahi… Quelle ingéniosité ! Mais, qui te dit que je vais partir ? 
           
 
-       Je t’en prie ! Feil ! Si tu restes là, toute la mafia japonaise va te tomber dessus !  
           
 
-       Ah… Voilà… Tu vois quand tu veux… Ces beaux talents de comédienne que tu utilises, là… Tu vas te mettre à genoux et me supplier aussi ? 
           
 
  
           
 
Baba se pétrifia sur place à cette méchanceté qu’elle ne comprenait pas. 
           
 
-       Tu crois peut-être que tu vas te débarrasser de moi aussi facilement et avec une telle ruse bas de gamme ? Se durcit-il davantage en l’approchant. 
           
 
  
           
 
Baba comprit où il venait en venir et dans un élan de courage, contra toutes ses attaques en se jetant dans ses bras sans retenue. Fei Long parut démuni face à l’assaut auquel il ne s’attendait pas.  
           
 
-       Je ne veux pas te perdre, Feil… Commença-t-elle à sangloter. 
           
 
  
           
 
Elle le sentit se contracter et il se dégagea de son étreinte assez durement en saisissant ses poignets et en la reculant de force. 
           
 
-       Tu crois que tu vas réussir à m’apitoyer avec tes larmes de crocodile ? Ce que tu ne comprends pas, c’est que ce qu’il y a là est à moi ! Rugit-il en posant un doigt sur son ventre avec détermination. Et tu croyais que j’allais te laisser ici bien gentiment ? 
           
 
  
           
 
Baba tressaillit, sous le choc. Les larmes roulèrent sur ses joues. Ces mots la blessèrent plus qu’elle ne le crut en se rendant compte qu’il tenait plus à un éventuel héritier qu’à elle, et cela la mit hors d’elle. D’un geste brusque, elle frappa sa main et l’envoya valser avec rage. 
           
 
-       Tu es un idiot ! Hurla-t-elle à plein poumon. Ce que tu ne comprends pas, c’est que j’avais déjà pris ma décision ! Bébé ou pas, je t’aurais suivi n’importe où ! Je serais partie avec toi quoi qu’il m’en coûtait ! J’aurais tout abandonné pour toi ! Mais, tout ça, tu t’en fiches ! Explosa-t-elle, en transe. 
           
 
  
           
 
Fei Long, interloqué, écouta ses paroles, comme si elle lui enfonçait un pieu dans le cœur. Il s’avança vers elle, tendu, et elle agita les bras dans tous les sens pour l’en empêcher tout en continuant de crier tout ce qu’elle avait sur le cœur. Avec une habileté mesurée, il saisit ses poignets au vol et les coinça dans son dos pour immobiliser sa colère qui explosait avec douleur. Il se colla à son corps, agité de spasmes et tentant une retraite. 
           
 
-       Qin ài… Lui murmura-t-il, avec douceur, en embrassant la peau délicate de son cou. Wo ài nî… 
           
 
-       Tu mens… Suffoqua-t-elle à cette déclaration d’amour qu’il ne s’était jamais permise jusque-là. Alors, c’était ça, hein ? Tout ce que tu voulais, c’est un enfant pour te succéder dans tes affaires ?! Je te déteste ! Tu m’entends ? Je te déteste ! Pleurait-elle sans essayer de quitter ses bras qui l’enserraient de plus en plus fort. 
           
 
-       Tu étais prête à tout quitter pour moi ? Chuchota-t-il, en la berçant contre lui. Tes amis, tes équipières pour me suivre ? 
           
 
-       Je… ne veux… plus… Essaya-t-elle de le convaincre, alors que ses forces faiblissaient. 
           
 
  
           
 
Fei se mit à sourire en voyant qu’elle se laissait caresser tout en pestant contre lui. 
           
 
-       Je suis désolée, Baba… Je ne peux plus me retenir…  
           
 
  
           
 
Elle se crispa légèrement, mais lorsqu’il fondit contre elle, toutes ses défenses s’envolèrent. Ses baisers étaient à la fois doux et ardents sur sa peau qui tremblait déjà d’excitation. Il la souleva et l’assit sur le bureau, comme s’il s’agissait d’une plume. Lorsqu’il descendit entre ses cuisses, elle tenta de l’arrêter, mais déjà sa langue explorait son intimité et cela lui arracha un cri de plaisir. Instinctivement, sa tête bascula vers l’arrière. 
           
 
-       Feil… Arr… Arrête… Supplia-t-elle, engourdie par ses lèvres qui prenaient possession d’elle et la dévoraient de l’intérieur. 
           
 
-       Tu trembles à mon contact… Pourquoi voudrais-tu que j’arrête ? Je veux sceller notre accord… Jure-moi fidélité avec ton corps… Montre-moi que ton corps n’appartient qu’à moi et cela pour toujours… Donne-toi à moi, maintenant, et je t’emmènerai avec moi… 
           
 
  
           
 
Fei venait de planter son regard exigeant dans le sien et semblait attendre une réponse. Il ne plaisantait pas. Comme toujours, Baba ne pouvait pas contrer ces yeux si intenses et son propre corps capitulait rapidement en sentant le désir qu’il exprimait pour elle. Même si le doute persistait, cet homme obtenait tout ce qu’il voulait d’elle. Affaiblie et triste de voir qu’elle ne pouvait rien faire contre celui qu’elle aimait, elle capitula lorsqu’elle sentit son érection entre ses jambes s’imposer urgemment. Elle s’agrippa à lui lorsqu’il força l’entrée, le souffle rauque. Lorsqu’il la pénétra, elle lâcha prise et il l’étendit sur le dos, la regardant de toute sa hauteur, se gorgeant du plaisir qu’il avait à être en elle. 
           
 
C’est à ce moment-là qu’elle comprit pourquoi il n’avait pas confiance en elle. Elle s’était toujours laissé faire, en affichant clairement une position de victime qui se faisait attaquer sans jamais lui montrer qu’elle le désirait, lui. Tout ce temps, elle était restée en retrait par rapport à ses sentiments : les mots ne suffisaient pas. Et ce qu’elle prenait pour de la domination dans son regard n’était qu’un pincement au cœur en voyant qu’elle se refusait toujours à lui, comme piégée. Voilà pourquoi il se montrait si dur envers elle… 
           
 
Baba se redressa, déterminée et se pendit à son cou en lui murmurant : 
           
 
-       Je t’aime… Feil… J’ai toujours été à toi… 
           
 
  
           
 
Joignant le geste à la parole, elle lécha le creux de sa clavicule, appuyant sa langue sur le contour de ses os saillants, respirant son odeur avec délectation. Elle le sentit se contracter sous la caresse, tendu à l’extrême et lorsqu’elle ondula du bassin pour reprendre le rythme qui soulevait son plaisir, il se mit à gémir, incapable de se retenir. Grisée par ce retournement de situation qui montrait enfin à Baba la nature des sentiments que Feil ressentait pour elle, elle planta ses yeux noyés de désir dans les siens, aguicheuse et l’homme dont la carapace ne s’ébranlait jamais se décomposa, surpris et tremblant. 
           
 
-       Baba… Merde… Je ne vais pas pouvoir tenir… Arr… Arrête ça… Se plaignit-il, désoeuvré. 
           
 
  
           
 
Elle sourit, comme s’il s’agissait du plus beau compliment du monde. Pour la première fois, il semblait sincère et désemparé, pour elle. 
           
 
Il passa un bras pour protéger sa tête et enfouir son visage tout contre lui et accéléra ses mouvements de bassin, emporté de désir. 
           
 
Il ne se maîtrisait plus comme il avait l’habitude de faire, et gémissait dans ses bras, éperdu, presque agonisant. Baba n’eut plus aucun doute : il était sincère, même s’il le cachait la plupart du temps.  
           
 
-       Mhmm… Ahh… Feil… Se laissa-t-elle emportée, alors qu’il avait glissé une main à ses reins pour la coller davantage à son sexe qui pulsait à rompre.  
           
 
  
           
 
Spontanément, la chaleur irradia dans tout son être, vibrant autour de son membre imposant qui glissait en elle à une vitesse vertigineuse, ce qui la rendait incapable de reprendre son souffle ou de contrôler l’orgasme qui la ravissait. 
           
 
-       Tu… es à moi… Baba… Suffoqua-t-il, plongeant en elle pour déverser en elle tout l’amour qu’il pouvait lui donner avec son corps. 
           
 
  
           
 
Feil Long avait un regard doux et apaisé lorsqu’il essuya les larmes autour des yeux de Baba qui avait du mal à les maintenir ouverts sous l’extase du moment. Cette caresse était possessive et tendre à la fois. Petit à petit, elle le vit reprendre ses esprits et retrouver ce regard dur qui ne lui fit plus peur. 
           
 
-       Tu es prête à venir avec moi ?  
           
 
-       Oui… 
           
 
-       Et à m’obéir ? 
           
 
-       Ou… Oui… Hésita-t-elle un quart de seconde. 
           
 
-       Ne plus avoir de contact avec les gens d’ici ? Imposa-t-il, grave. 
           
 
  
           
 
Baba baissa la tête. Elle ne voulait pas que les autres soient mêlés de près ou de loin à la mafia chinoise, et elle n’avait pas le droit de les mettre en danger. Même si cela lui brisait le cœur, c’était le mieux qu’elle pouvait faire pour eux. Elle ne devait pas être égoïste. Et, surtout, elle ne leur dirait pas au revoir, parce qu’elle en était incapable… 
           
 
-       Je te le promets… Refoula-t-elle ses larmes. 
           
 
  
           
 
***************** 
           
 
  
           
 
Calinours regarda tristement le papier que Fei Long avait brûlé avant de partir, et observa celui qu’elle tenait dans la main. Maintenant qu’elle portait le nom de Lyu-sama, avait-elle le droit de rester ici ? Si elle appartenait à cette illustre famille chinoise, pouvait-elle rester au Japon ? Fei ne lui avait pas demandé de la suivre, mais n’était-ce pas une demande déguisée ? Elle avait fui la Chine à la mort du maître de Baishe et on lui ouvrait à nouveau les portes de ces années de bonheur. 
           
 
Pourtant, accepter de retourner en Chine, c’était accepter de vivre sous la coupe de Fei et de la mafia chinoise. Et accepter de quitter ses acolytes Bibi et Misaki… Elle se sentait bien ici… Elle avait retrouvé une famille auprès de Cassie et de son entreprise… 
           
 
Calinours se mit à réfléchir rapidement : Fei n’était pas le genre d’homme à prendre des décisions à la légère. Tout s’était précipité, mais la véritable raison n’était pas son anniversaire… Tout cela ne tournait-il pas autour du bébé et de Baba ? Qu’attendait-il d’elle, au juste ? Qu’allait-il faire du bébé ? 
           
 
Brusquement, elle paniqua. Elle ne pouvait pas décemment laisser Baba seule en Chine. Si elle n’avait personne autour d’elle, dieu sait ce qu’elle deviendrait… Si elle accompagnait Fei, elle pourrait au moins la soutenir… 
           
 
  
           
 
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Cassie la suivit du regard. C’était son seul espoir. La seule piste qu’elle pouvait suivre. Baba n’avait pas pris son portable et Yoh non plus. La seule qu’elle pouvait suivre à la trace, c’était elle. 
           
 
Et lorsque cette dernière prit un chemin différent de l’aéroport principal, elle se sentit soulagée : un peu plus, et elle aurait perdu Yoh de vue, mais grâce à Calinours, elle réussirait à le retrouver. 
           
 
  
           
 
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-       Dois-je les suivre, Monsieur ? 
           
 
-       Bien sûr.  
           
 
-       Elle semble elle-même prendre en chasse une autre voiture devant elle. 
           
 
-       Mhm… Restez bien en retrait. Je ne veux pas qu’elle nous repère. 
           
 
-       Très bien, Monsieur. 
           
 
  
           
 
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Bibi prit sur elle et en moins de dix minutes se retrouvait devant la résidence principale de Mookyul. Lorsque Cécile ouvrit la porte, l’œil noir, elle crut mourir de honte et d’humiliation en venant quémander quelque chose à son pire ennemi. 
           
 
-       Quoi, tu en redemandes ? T’en as pas eu assez ? Se moqua Cécile, que la jalousie tenaillait encore. 
           
 
-       Je veux voir Eun, insista Bibi avec détermination. 
           
 
-       Tu crois qu’il est à ta disposition ou quoi ? T’as qu’à prendre rendez-vous et repasser plus tard. 
           
 
-       JE VEUX LE VOIR ! Se mit-elle à crier, dans l’urgence, espérant rameuter le principal intéressé. Tu crois qu’il te remerciera quand il apprendra que je suis venue et que tu m’as foutue dehors ? La piqua-t-elle, prête à mordre. 
           
 
-       Et je lui dis quoi ? Que Mme Galipette n’a pas eu son quota aujourd’hui ? L’affronta-t-elle dans sa bataille verbale. 
           
 
  
           
 
Bibi sentait le rouge lui monter aux joues : le rouge de la honte et le rouge de la colère. Dans deux secondes, elle allait lui sauter dessus et lui crêper le chignon à cette pimbêche ! 
           
 
Alors, elle s’engouffra violemment dans la demeure avec une esquive vive et un coup d’épaule bien placé. Elle commença à chercher la vermine qui servait de patron quand la Cécile se jeta sur elle et la plaqua au sol sans ménagement. Bibi se retourna, croisa les jambes en enserrant ses cuisses et pivota d’un coup sec, ce qui retourna Cécile au tapis. Il fallait faire vite, car elle perdait du temps bêtement, mais cette saleté lui donnait du fil à retordre. Tout à coup, elle se sentit soulever de terre comme un vulgaire paquet. 
           
 
-       Eh bien, quel spectacle ! retentit une voix rauque bien connue, qui se régalait. Offerte sur un plateau, que me vaut cet honneur ? 
           
 
-       Lâche-moi ! Vociféra-t-elle en gesticulant de tout son saoul. 
           
 
  
           
 
C’était sans compter qu’elle avait omis ces capacités physiques et ses arts martiaux. Mookyul savait se battre et ce n’était pas une fille sous entraînée comme elle qui allait l’arrêter. 
           
 
-       Je te signale au passage que tu es ici chez moi, alors, t’as pas d’ordre à me donner, et encore moins le droit de t’en prendre à mes employés, c’est clair ? L’attaqua-t-il, pour la mettre au pied du mur, sachant pertinemment ce qu’elle était venue lui demander. 
           
 
  
           
 
Bibi se rendit compte qu’il ne plaisantait pas. Elle avait perdu l’habitude de le considérer comme le chef de la mafia coréenne parce qu’il agissait toujours en séducteur avec elle. Or, il semblait ne pas apprécier son intrusion. Et lui demander une faveur allait être plus que difficile. Pourquoi fallait-il que les choses se corsent au moment le plus crucial ? 
           
 
-       Alors, tiens-toi tranquille où Cécile se fera un plaisir de te foutre dehors. 
           
 
  
           
 
Mookyul la posa à terre et attendit avant de la lâcher. Il ne semblait pas d’humeur à jouer et Bibi se sentit prise au piège. Elle qui pensait que ce serait une partie de rigolade, c’était loin d’être gagné… 
           
 
-       Alors, qu’est-ce qui t’amène ? 
           
 
  
           
 
Bibi l’observa : il ne la regardait pas dans les yeux et la pressait, alors qu’à son habitude, il était plus du genre à vouloir la maintenir le plus longtemps à ses côtés quand il en avait l’occasion. La situation lui parut de plus en plus ridicule. Mais, bon sang, comment avait-elle pu concevoir de venir voir le chef de la mafia coréenne, qui plus est un ex douteux, pour lui demander un service ? 
           
 
Elle était dans le pétrin, et tout portait à croire qu’il allait l’enfoncer plus bas que terre. 
           
 
-       Je… J’ai besoin que tu me rendes un service… Tenta-t-elle, la voix plus douce. 
           
 
-       Et pourquoi je te rendrais service, s’il te plaît ? 
           
 
  
           
 
Bibi se tritura les mains, mal à l’aise. 
           
 
-       Je suis venue te voir parce que je ne connais personne d’autre qui ait un hélicoptère personnel… Et… J’ai besoin d’aller à l’aéroport immédiatement… Joua-t-elle de sincérité en le regardant droit dans les yeux. 
           
 
-       Tu me prends pour un moyen de transport, maintenant ? Et qu’est-ce qui te fait croire que je vais accepter ? Pour tes beaux yeux ? Lui lança-t-il, une certaine férocité dans le regard. 
           
 
-       … 
           
 
-       Que me donnes-tu en échange ? L’accula-t-il, pour voir jusqu’où elle était capable d’aller. 
           
 
  
           
 
Bibi se mordit nerveusement la lèvre, inquiète de la tournure que prenaient les évènements.  
           
 
-       Tu vas me faire croire que tu es venue jusqu’ici avec l’intention de me demander une telle chose sans avoir de monnaie d’échange ? C’est mal me connaître. Si tu n’as rien d’autre à me proposer, tu peux repartir d’où tu viens, j’ai d’autres chats à fouetter. 
           
 
-       Je t’en prie… Le supplia-t-elle, spontanément, ne voulant pas perdre cette possibilité de retrouver Baba avant qu’il ne soit trop tard. Dis-moi… Dis-moi ce que tu veux en échange… Céda-t-elle, la tête basse. 
           
 
-       Qu’as-tu à me proposer ? La regarda-t-il, comme s’il était en affaires. 
           
 
-       Je… Je ferais n’importe quoi… Répondit-elle, avant même de prendre conscience de ce qu’elle venait de lui offrir sur un plateau, et de sa propre volonté. 
           
 
-       Mhmm. Cybel, prépare la voiture et demande à Irvy de rappliquer. On sort. Cécile, préviens Tena qu’elle nous rejoigne le plus vite possible. 
           
 
  
           
 
Bibi se tut, la mort dans l’âme. Il venait d’accepter, mais à quel prix. Sans mot dire, elle savait parfaitement ce qu’il allait prendre. Et elle n’aurait rien à dire puisqu’elle l’avait elle-même proposé… Les yeux qu’il posa sur elle à cet instant, pourtant, ne souriaient pas. Il restait de marbre, alors qu’il aurait dû se réjouir de la situation et commencer à la taquiner. 
           
 
Cela ne fit qu’empirer la situation et Bibi se figea en une sorte de mutisme de protection. Elle ne savait plus comment réagir. Tout à coup, elle s’arrêta et intervint, anxieuse : 
           
 
-       Ce… Ce n’est pas d’une voiture dont j’ai besoin, mais d’un hélico ! Je ne serai pas venue jusqu’ici pour te demander de m’y conduire en voiture ! 
           
 
-       En escorte, mes voitures vont bien plus vite que n’importe quel moyen de transport, ne t’en fais pas pour ça. On y sera en moins de quinze minutes si tu daignes bien t’activer un peu et me suivre. 
           
 
  
           
 
Bibi ne broncha pas ; de toute façon, elle était bien incapable de réfléchir. Assise aux côtés de Mookyul, dans une atmosphère pesante, Bibi sentait son cœur battre à vive allure, d’autant qu’il ne faisait rien pour la détendre et son silence augmentait son stress. 
           
 
Lorsque la vitre de séparation se referma, Bibi serra les poings, dans l’attente. De toute façon, elle allait passer à la casserole, elle le savait, à quoi bon le nier ou perdre du temps ?  
           
 
-       C’est rare de te voir aussi silencieuse et si sage… On jurerait une sainte ! Se moqua-t-il, détendu. 
           
 
  
           
 
Bibi décida de prendre les devants. Jouer les victimes et attendre qu’il l’attaque ne lui plaisait pas. Elle en avait déjà fait les frais l’après-midi même, alors, ce soir, ça se passerait autrement. Elle savait ce qu’il voulait et elle allait lui donner elle-même. Elle ne reviendrait pas sur sa parole, mais elle ne le laisserait pas mener la danse. Il voulait une Shakira qui ondule son corps pour lui donner du plaisir ? Très bien, quitte à se faire un lumbago, elle se contorsionnerait du mieux qu’elle pourrait et plus vite il jouirait, plus vite tout cela serait terminé. 
           
 
D’un geste assuré, elle enleva son haut sous le regard médusé de Mookyul qui ne s’y attendait pas. Elle enleva ensuite son pantalon comme si rien ne l’arrêtait et se glissa sur la banquette en avançant vers lui à quatre pattes, l’œil décidé. 
           
 
Celui-ci ne bougea pas, décontenancé par la situation et apparemment sceptique sur ses agissements. C’était parfait ! Au moins, cela irait vite et elle n’aurait pas à souffrir de ses jeux pervers si elle prenait les choses en main. Ce qu’elle fit au sens propre du terme. La main au panier acheva ses yeux plein d’étonnement et elle perçut même un léger retrait de sa part, dans l’incompréhension. Telle une chatte ronronnante, elle se lova contre lui, caressant son entrejambe suggestivement et prit d’assaut sa bouche sans lui laisser le temps d’intervenir. Sous ses doigts, elle le sentit grandir immédiatement et son souffle se fit saccadé à mesure que son désir s’amplifiait. Elle joua de sa langue sur la sienne, tantôt la retirant pour qu’il vienne la chercher, tantôt profonde pour l’envahir tout entier. Elle sortit son membre à l’étroit et il grogna de satisfaction. 
           
 
Endiablée par son corps qui lui répondait, Bibi frôla tout son corps du sien en opérant des va-et-vient de plus en plus prononcés. Finalement, Shakira n’avait rien à lui envier ! Soudain, les mains de Mookyul vinrent caresser tendrement son visage et elle l’entendit murmurer : 
           
 
-       Eh… doucement princesse… Qu’est-ce qu’il t’arrive ? 
           
 
  
           
 
Cela acheva de lui donner l’avantage. Désarçonné comme il l’était, il s’était fait plus tendre, essayant de la calmer et de freiner ses ardeurs, et elle comptait bien en profiter. D’un coup de langue, elle se gorgea de sa peau en ouvrant sa chemise tout en rapprochant son bassin du sien pour l’exiger. Lorsqu’il caressa ses hanches et remonta le long de son dos, Bibi frissonna. Merde ! Il lui faisait toujours autant d’effet ! Il fallait qu’elle se concentre sinon, il reprendrait les rênes ; au moment où elle sentit qu’il prenait appui pour la basculer sous lui, elle résista, toujours à califourchon,et, contre toute attente, il abandonna l’idée et la laissa faire. Il était incroyablement obéissant… Mais Bibi ne s’en préoccupa pas et continua sur sa lancée. Elle écarta un peu plus les jambes pour se frotter entre ses cuisses et parvint à mettre l’étoffe de côté afin de sentir sa chair contre la sienne. Mookyul se contracta en grognant en crispant ses mains sur le corps affolé de Bibi. 
           
 
-       Bibi… Bibi… Murmurait-il, chaviré. 
           
 
  
           
 
Déterminée et prête à l’accueillir, elle ne le fit pas languir et commença sa progression en s’enfonçant sur son sexe érigé. Tremblante de plaisir, Bibi s’était relâchée pour savourer cet instant intense et il en profita pour se redresser et la basculer contre la banquette, lui sur elle. Il était si profondément en elle que Bibi n’eut même pas la force de protester, les yeux mi-clos de désir. Instinctivement, elle s’accrocha à lui et il vint poser ses coudes le long de son visage en la cherchant du regard. 
           
 
-       Bibi… La regardait-il droit dans les yeux, passionné, que dois-je comprendre ? Que tu te donnes à moi à nouveau ? Dans ce cas, je ne te laisserai plus partir et tu le sais… 
           
 
  
           
 
Bibi écoutait ces phrases par bribes, mais commença à les comprendre alors qu’il s’enfonçait en elle à un rythme plus soutenu, si bien qu’elle ne put rien rétorquer. Pourtant, ses pensées s’agitèrent… Comment ça, elle se donnait à lui à nouveau ? Bien sûr qu’elle le faisait, c’était ce qu’il avait demandé, ce grand nigaud ! 
           
 
-       Est-ce que tu aimes ce que je te fais, princesse ? Lui chuchotait-il à l’oreille, enivré de passion. 
           
 
  
           
 
Bibi ne pouvait retenir ses gémissements tellement les mouvements de son corps en elle étaient bons. Il savait y faire, l’enfoiré ! Tout son corps lui répondait à la seconde et elle se retenait pour ne pas le supplier de lui donner plus et de continuer ainsi jusqu’à la fin de la nuit. Elle se cambra sous les assauts qui se faisaient plus puissants. 
           
 
-       Dis-le, princesse…  
           
 
  
           
 
Bibi écoutait ses plaintes sans trop y faire attention et se laissait chavirer par son corps expert qui se fondait en elle. Soudain, il arrêta ses ondulations de bassin et prit son visage pour le tourner vers lui, exigeant. Bibi suffoquait : son corps palpitait, prêt à exploser, et ce connard s’était arrêté au moment où son orgasme arrivait ! Non, mais il avait le don pour se foutre d’elle !  
           
 
-       Dis-le où je ne te ferais pas venir… 
           
 
  
           
 
Bibi écarquilla les yeux, commençant à comprendre ce qu’il demandait. 
           
 
-       Arr… Arrête de jouer, Eun… Tu as ce que tu voulais, alors, ne m’en demande pas plus… 
           
 
  
           
 
En même temps qu’elle prononçait ces mots, elle le vit se décomposer de rage et crisper les poings. Un peu plus et on aurait dit qu’il allait lui sauter à la gorge… Bibi ne comprenait pas et tout son corps continuait de le réclamer. 
           
 
-       J’ai ce que je voulais ? Se durcit-il, mécontent. Je ne suis pas sûr de comprendre, là ! 
           
 
-       J’ai dit que je ferai n’importe quoi ! Puisa-t-elle dans la colère qui lui restait, et je ne suis pas femme à manquer à sa parole ! Qu’est-ce que tu ne comprends pas ? Et ne me fais pas croire que tu n’apprécies pas ! 
           
 
  
           
 
Sans crier gare, il se retira brusquement et Bibi poussa un petit cri de dépit en sentant le vide qu’il laissait en elle et la violence du geste. Il la dévisagea à bout de nerfs, dédaigneux et vraiment furax, si bien que Bibi n’osa pas répliquer lorsqu’il lui lança : 
           
 
-       Je ne t’ai jamais demandé de faire un truc pareil ! Tu crois que je n’ai pas les moyens de me taper des femmes autrement que par le chantage ? Tu pensais vraiment que j’allais te demander de te prostituer pour moi ? C’est vraiment mal me connaître ! Lui crachait-il en se rhabillant. Tu l’as décidé toute seule et je n’ai rien exigé de toi. Tu me dégoûtes… 
           
 
  
           
 
La dernière phrase eut fini d’achever Bibi… La vérité lui sauta aux yeux… Elle avait sauter aux conclusions toute seule, persuadée que la seule chose qu’il voudrait, c’était son corps… Et, apparemment, cela l’avait rendu plus que furieux… Elle se sentait bête, humiliée, toute nue sur la banquette arrière d’une limousine, encore tremblante d’excitation devant un homme qui la regardait avec mépris. Elle cacha sa nudité des mains, le temps d’attraper ses vêtements épars, honteuse. 
           
 
-       Remarque, tu pourrais changer de métier, tu joues admirablement bien la comédie… Une vraie petite prostituée de luxe. Aller jusqu’à payer en nature, tu m’as bluffé sur ce coup-là… Continuait-il à la poignarder. 
           
 
  
           
 
Cette fois, Bibi ne put retenir ses larmes ; la douleur était telle qu’elle pleura, étouffée par ses sanglots. L’attaque était trop directe et brisait en elle tout instinct combatif.  
           
 
-       Eh bien quoi ? Tu vas essayer de m’apitoyer, maintenant ? Ah ah ! Je t’ai pas forcé à ce que je sache ! Alors, ne joue pas les saintes nitouches, tu veux ? Assume ! Tu es celle qui s’est joué de moi, tu ne peux pas endosser le rôle de la victime, t’es au courant ? 
           
 
-       Je… te… déteste ! Sanglota-t-elle, blessée au plus haut point. 
           
 
  
           
 
Il se jeta sur elle en lui saisissant les poignets, noir de colère. 
           
 
-       Tu me détestes ?! Lui hurla-t-il dessus. Et je peux savoir pourquoi, hein ? C’est pas toi qui te forces à coucher avec un homme que tu n’aimes pas pour obtenir un véhicule ? Lui cracha-t-il au visage. 
           
 
  
           
 
Bibi réalisa alors ce qui le mettait réellement en colère et le fixa, essayant de contrôler ses larmes. Si elle voulait arranger les choses, il fallait changer de tactique parce que Mookyul n’était pas du genre à aimer les mensonges et les faux-semblants.  
           
 
Elle posa son front sur son torse, abattue, toujours les mains enserrées des siennes et tenta le tout pour le tout. 
           
 
-       Pardon… Je te demande pardon… 
           
 
  
           
 
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-       Et comment comptes-tu les retrouver ? Interrogea Takaba, voyant l’entreprise déserte. 
           
 
-       Grâce à toi, petite pierre précieuse ! Se moqua Misaki. 
           
 
-       Hein ? T’es devenue folle, ma parole ! Et comment je saurais où ils sont tous ? 
           
 
-       T’es pas très futé, le bleu… ! Hihihi ! C’est tout simple, c’est ton capteur qui va nous mener droit à eux ! 
           
 
-       Mon… capteur… ?  
           
 
-       Tu crois que ton cher et tendre Asami te laisse parader dans les rues de la ville en toute liberté ou quoi ? 
           
 
-       De… quoi ? S’offusqua le jeune garçon en commençant à tâtonner sa chemise. 
           
 
-       Ce que tu peux être naïf… Un homme de la trempe d’Asami prend toujours ses précautions… Et donc, la seule chose qu’il me reste à faire, c’est d’inverser le signal pour qu’il me conduise tout droit à Asami ! 
           
 
-       Mais… Si tu voulais voir Asami, il suffisait de retourner au Club ! Ou que je lui téléphone ! 
           
 
-       Parce que tu crois qu’avec ce qu’il se passe en ce moment, ton maître va rester bien sagement à l’écart ? On parle de Fei Long, là ! On parle de Cassie, sa sœur ! Il doit être aux premières loges à l’heure qu’il est, et si tu lui téléphonais, je mettrais ma main au feu qu’il te dirait de l’attendre dans ta niche comme un gentil toutou ! 
           
 
-       Je te trouve gonflée ! Qui tu traites de chien, là ?! 
           
 
-       Ça va… Te mets pas en colère, mon petit, je te taquine ! Et… Voilà ! Signal parfait ! Tu es prêt ? On y va ! 
           
 
-       Et Fei Long ? 
           
 
-       Tant qu’il était sur place, je pouvais localiser ces appels, mais au-delà, c’est un homme de moyen, et je ne fais pas le poids avec mes pauvres machines… Par contre, on reste planqué, j’ai pas envie qu’Asami me tombe dessus parce que la belle petite gueule de son amant a été amochée… 
           
 
-       Pfff… Tu dis ça, mais t’es comme moi ! Tu meurs d’envie de t’en mêler ! 
           
 
  
           
 
Misaki lui sourit franchement cette fois. Elle comprenait pourquoi Asami en avait fait sa priorité… Il avait du cran, il était naturel et spontané, et il n’avait pas froid aux yeux… 
           
 
  
           
 
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Cassie se précipita à l’intérieur, essouflée. Le petit aéroport privatif n’avait pas été difficile à trouver avec Calinours. Apparemment, il s’apprêtait à prendre un jet et à partir en toute discrétion. Elle le cherchait du regard, le cœur battant à rompre. 
           
 
C’est alors qu’elle aperçut Fei Long au loin, entouré d’hommes de main. Instinctivement, elle sortit son arme et s’avança vers lui lorsqu’un homme lui barra la route. 
           
 
Elle leva les yeux et se pétrifia sur place. 
           
 
Yoh… 
           
 
Une minute silencieuse et interminable se fit entre les deux protagonistes qui se dévisageaient, cherchant des réponses dans leur regard. 
           
 
-       Yoh… Commença Cassie, la voix chevrotante. 
           
 
-       Regarde bien qui se trouve à ses côtés, la transperça-t-il du regard. Si tu t’en mêles, tu sais ce qui va lui arriver… La menaça-t-il d’une voix intransigeante et ferme. 
           
 
  
           
 
D’un coup d’œil furtif, elle visa Fei et reconnut une fine silhouette à ses côtés… Elle mit la main à son cœur affolé. 
           
 
-       Baba… Se plaignit-elle, prise au piège. 
           
 
-       Ne cherche pas à me revoir ni à nous approcher, sinon, tu prendras la responsabilité de ce qui lui arrivera… 
           
 
  
           
 
Cassie tenta de trouver dans ses yeux l’amour qu’il avait toujours eu pour elle, mais en vain. Yoh restait les mains dans les poches, le regard froid et dur, comme s’il s’adressait à une parfaite étrangère. Pire, il avait dégagé sa veste pour que son flingue soit bien à portée de vue. Il la menaçait directement… 
           
 
« Ne crois pas qu’il t’épargnera… » lui avait dit Asami, et cette phrase convenait parfaitement bien à la situation actuelle. Elle resta pétrifiée devant ce regard froid qui n’exprimait plus rien pour elle… 
           
 
-       Et si tu te mets encore en travers de ma route, je me ferais un plaisir de t’abattre devant ton bras droit… Reste en dehors. 
           
 
-       Ne… fais pas ça… Tenta-t-elle, désespérée. 
           
 
  
           
 
Il la transperça de ses yeux vibrants, prit son arme et la visa sans ménagement : 
           
 
-       Si tu préfères qu’on en finisse maintenant parce que tu ne te sens pas capable d’arrêter là, je t’épargnerai les souffrances de la suite. Tu ne sentiras rien, la mort sera instantanée, sans douleur. 
           
 
  
           
 
Cassie refoula ses larmes, mais elle n’avait jamais ressenti si grande souffrance à être visé par l’homme qu’elle aimait… Elle s’était précipitée ici sans penser à un plan et elle avait fait une énorme erreur… Yoh avait largement appréhendé sa venue en élaborant une stratégie en conséquence. Il l’avait mise au tapis en moins de temps qu’il ne fallait pour le dire. Sous le choc, Cassie ne pouvait pas contrer ses arguments ni ses paroles parce qu’elle ne s’y était pas préparée…  
           
 
Elle allait le perdre parce qu’elle avait été prise de court pour la première fois… 
           
 
Pour la seconde fois, elle le regarda partir la mort dans l’âme. 
           
 
Pour la seconde fois, son cœur se brisa. 
           
 
Pour la seconde fois, elle se mit à pleurer… 
           
 
  
           
 
******************** 
           
 
  
           
 
  
           
 

Et voilà la suite !!!!! ALors, là... Honneur à Mascotte et Idole (nos deux 'ti chats) ! Un immense merci à Nekotee pour s'être laissé prendre (dans les deux sens du terme!!) au jeu : vous allez voir, il a corrigé et m'a aidé pour que son passage soit vraiment à croquer.... Et pour Nanahara-kun (le pauvre, il ne sait pas qu'il s'est fait dévorer... J'espère qu'il ne va pas fuir...!!). Pour vous les petites perverses, j'espère que cette suite vous plaira, (mineur s'abstenir SVP...). Désolé, nos 'ti chats se sont incrustés dans la fic (je les ai poussés en essayant de rester cohérente (c'est pas gagné...), donc, ce n'est pas encore la fin !!!!!!!!!

CHAPITRE 8 :

Cassie resta hagarde un moment. Elle venait de tout perdre. Une seconde fois. Le pire, c’est qu’elle ne parvenait plus à réfléchir… Le fin stratège qu’elle était s’était muée en une boule émotionnelle incapable d’élaborer un plan digne de ce nom…
De rage, elle crispa les poings.
Toute la troupe s’était déjà retirée.
Elle devait faire vite.
Mourir lui importait peu…
Mais, il lui fallait mourir en donnant tout ce qu’elle pouvait.
Elle ne vivrait pas avec cet échec… Elle ne survivrait pas à cet abandon…
Par contre, elle pourrait perdre la vie si elle allait jusqu’au bout de ce qu’elle était prête à faire pour l’homme qu’elle aimait.
Elle avait toujours su qu’en n’ayant pas peur de la mort, elle pourrait aller au-delà de ses capacités.

Cassie ferma les yeux un instant, rangea son arme, et respira profondément. Elle se concentra, debout, en plein milieu du hall, essayant de récupérer tout ce qui lui restait de bon sens.
Tout d’abord : les détails. Se repasser la scène avec attention.
Lorsqu’elle rouvrit les yeux, les larmes avaient séché et ses prunelles s’étaient assombries d’un éclat vengeur. Plus froide, mais aussi plus téméraire, Cassie tourna les talons et héla un taxi.

À part Baba, elle n’avait vu personne avec des valises. Et si Feilong repartait en Chine, ce serait avec ses bagages, donc, cela voulait dire que le jet qu’ils avaient pris les emmenait autre part. Les emmenait dans un endroit où il y avait toutes les affaires du maître de Baishe… Dans un lieu d’où ils partiraient vers la Chine. Et si ce n’était pas l’avion… C’était…
Cassie indiqua l’adresse au chauffeur à la seconde. Elle retrouvait ses instincts de chasseur. Maintenant, il lui fallait élaborer une stratégie d’attaque. Et de défense. Si Yoh était prêt à la tuer pour sauver Fei Long, alors, elle devait se mettre en situation où l’abattre irait contre ses principes… Et il avait osé prendre Baba comme prétexte alors que Fei Long ne lui ferait jamais de mal… Tant qu’elle porterait son enfant…

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Misaki s’arrêta tout net. Avoir croisé Nicky aujourd’hui n’était pas une coïncidence… Certes, il sortait toujours la nuit dans des bars, mais pas dans les beaux quartiers…
Elle sourit.
- Quoi, t’es heureuse à ce point là ? Se moqua Akihito.
- La ferme, le toutou ! Le taquina-t-elle. C’est juste que cette nuit, j’ai l’intuition qu’on va avoir nos anges gardiens avec nous…
- Parce que tu crois à ces fichus trucs ?! S’exclama-t-il, visiblement surpris par toutes les facettes qu’il découvrait chez elle.

Elle sortit son portable et le porta à l’oreille :
- Iwaki ? C’est moi. Dis, j’ai besoin d’un petit service… Tena est partie, n’est-ce pas, donc, vous êtes libres pour m’emmener quelque part avec Katou ? (…) Très bien, on vous attend, merci.
- Mais… Si Tena est ta sœur… Commença à soupçonner Akihito, quels sont tes liens envers Asami ?
- Oh… Tu te demandes si je ne vais pas te trahir, hein ? Ou le trahir lui ?
- Vous ne faites pas partie des mêmes groupes…
- Non. Mais, tu vas quand même me suivre, n’est-ce pas ? Lui offrit-elle un grand sourire.
- Si tu te sers de moi pour l’atteindre, je…
- Je ne ferais jamais une chose pareille ! Éleva-t-elle la voix.
- Ah…
- Pfff… Arrête de m’énerver maintenant et monte dans la voiture. Notre taxi est arrivé…

*******************

- Monsieur… On dirait bien qu’elle prend la direction de…
- Eh bien oui, Kirishima… C’est ma sœur après tout, tu croyais quand même pas qu’elle allait abandonner, non ? Sourit Asami en la voyant se hâter dans un taxi.
- Et si Fei Long nous donne du fil à retordre ?
- On va régler ça une bonne fois pour toutes…

*******************

- Ça suffit ! Tu n’en penses pas un mot ! Vociféra Mookyul, repoussant fermement Bibi qui sanglotait.
- Je…
- Tais-toi, par pitié, tais-toi ! La menaça-t-il en donnant un coup sur le siège pour lui faire peur.

Aussitôt, elle se mura dans le silence, essuyant les larmes qui inondaient ses joues.
Puis, en regardant par la fenêtre, elle fut soudainement prise d’un doute.
- Mais… Mais, où tu m’emmènes ?
- À bon port.
- Mais, je t’avais dit de m’amener à l’aéroport ! Reprit-elle du poil de la bête en s’agitant. Tu… Tu m’as piégée ! Pourquoi tu m’as fait ça ?! C’était important à mes yeux ! Tu es un vrai salaud !

Sans crier gare, Mookyul la saisit à la gorge, hargneux d’entendre de telles profanations sur son compte. Bibi manqua étouffer et se crispa à cette attaque.
- Tu voulais revoir ta Baba-chan, non ? Alors, c’est ici qu’elle se trouve ! Mais si tu le prends sur ce ton, je me ferais un plaisir de te ramener chez toi ! Vociféra-t-il, à bout de nerfs.

Ses yeux la transpercèrent. Timidement, elle hocha la tête pour le calmer et lui montrer qu’elle coopérait.
- S’il… te… plaît… Supplia-t-elle, larmoyante à nouveau.
- Tu me lèches les bottes, maintenant, hein ? À croire que tu aimes ça, être maltraité ! Tu cries, et la minute d’après, tu pleures ! Une vraie gamine ! C’est pas toi qui me demandais pardon il y a quelques minutes, alors que tu m’insultes dès que je relâche la pression ?

Bibi encaissait, mais chaque mot était un véritable coup de poignard. Elle se tut et baissa le regard, anéantie. Elle avait perdu contre cet homme. Elle perdrait toujours. Non pas parce qu’il était plus fort, mais parce qu’il parvenait à la faire culpabiliser, elle qui s’était toujours sentie persécutée. Elle lui avait toujours rejeté la faute, mais à l’évidence, elle avait beaucoup de torts.
Malgré cela, il lui était impossible de lui faire confiance. Elle ne voulait pas s’abandonner à lui.
- Tu vas te tenir tranquille, maintenant ? Imposa-t-il, dominateur.

Elle acquiesça de la tête en laissant tomber ses mains sur la banquette, signe qu’elle lâchait prise.
- Je veux entendre une réponse de ta bouche ! Combien de fois faut te le dire ?
- Oui… Je me tiendrai tranquille…
- Bien. Mais, pour l’instant, tu vas devoir rester là.
- Co… comment ? Mais…
- Ne me fais pas répéter.
- Elle va… partir ! Je dois la voir !
- Je t’ai amenée là pour que tu la voies, non ? Tu crois que je n’ai aucune parole ?

Bibi se figea. C’était un test, elle le savait. Il lui demandait de lui faire confiance… Mais, comment pouvait-elle dans de telles conditions ? Il la sondait du regard, comme attendant une réponse.
- Pourquoi ? Osa-t-elle. Pourquoi je ne peux pas la voir maintenant ?
- C’est trop dangereux.
- Quoi ?!! Mais, justement ! Il ne faut pas la laisser plus longtemps avec Fei Long ! Et tu veux me faire attendre alors qu’elle…
- C’est pas vrai… Souffla-t-il, en se mettant la main au front, comme prêt à exploser.

Avec force, il la poussa à l’intérieur de la voiture et referma la portière, puis il indiqua à Irvy-chan d’activer la fermeture centralisée et de ne la laisser sortir en aucun cas. Folle de rage, Bibi se mit à crier de toutes ses forces et à cogner contre la vitre comme une damnée.
Elle croisa le regard furieux de Mookyul qui se détourna aussitôt, l’ignorant avec affront. Prise au piège et tournant comme un lion en cage, Bibi s’allongea et prit appui avec ses bras contre la portière et balança ses pieds en un coup violent sur la glace qui vibra sous le choc. Au moment où elle s’apprêtait à faire une nouvelle tentative, elle vit Mookyul ouvrir la porte, fou de rage, et rentrer dans l’habitacle. Elle n’eut pas le temps de se relever qu’il était déjà sur elle, lui ligotant les mains violemment.
- Mais… Arr… Arrête ! Mookyul ! Tenta-t-elle, en vain.
- T’as perdu, tu vois. Tu n’en vaux pas la peine. Tu n’apprendras jamais ! T’es capable de faire confiance à personne, hein ? Alors, pourquoi je t’aiderais ?! Ne t’inquiète pas, je vais respecter ma promesse, mais après, il n’est pas question que je recroise ton chemin, t’entends ?! Tu peux hurler et te débattre de tout ton saoul, je m’en moque, démets-toi une épaule, lacère-toi les poignets, déchire-toi la gorge en hurlant, je m’en tape ! T’as perdu tout intérêt à mes yeux ! Et tu veux que je te dise un truc ? Que tu sois là ou pas, le sort de ta Baba-chan ne dépend pas de toi ! Tu ne comprends pas ? C’est parce que tu ne fais confiance à personne que t’es bonne à rien ! Alors, vas-y, continue à t’en prendre aux autres, et à moi par la même occasion, si ça peut te soulager.

Tétanisée par ses mots, Bibi se recroquevilla sur elle-même tel un fœtus, tremblante et laissant les sanglots s’échapper. Elle ne chercha même pas à le supplier ou à se défendre, elle ne bougea pas d’un pouce.
Mookyul referma la portière avec violence, puis lui jeta un dernier coup d’œil. Cela lui fit mal au cœur. Il avait été obligé d’en arriver là pour la faire réagir. Il n’aimait pas la voir se heurter à un mur sans être capable de le contourner ou de le gravir. Il fallait qu’elle affronte la vérité en face.

- Je suis là, Boss ! Annonça Tena, qui s’était changée.
- Parfait. Tu vas pouvoir te positionner sur le bateau. On joue gros ce soir apparemment.
- On va buter le Baishe ?
- Mhm… Si on n’a pas d’autres choix…

*************************

- Calinours ! Mais, qu’est-ce que tu fais là ? S’écria Baba.
- Je pars avec vous.

Fei Long lui sourit et les pressa d’embarquer.
- Mais ! Feil ! Comment tu as pu l’impliquer ?! Tu n’avais pas le droit ! Tu…
- Je suis venue de mon propre chef, Baba, la rassura Calinours. Feil n’a rien à voir là-dedans, enfin…
- Enfin quoi ? Tu n’as rien à faire ici ! Retourne à la Yaoi Holding !
- Sais-tu quel est mon nom, Baba ?
- Co… comment ?
- Calinours Lyu.
- Tu… ?! Je ne comprends pas… ?
- Tu savais pourtant que j’avais séjourné pendant longtemps en Chine en tant que médecin, non ?
- Oui, Cassie me l’avait dit… Mais… Tu n’es pas de la famille Lyu…
- Je considérai Monsieur Lyu comme mon propre père et…
- Mon père la considérait comme sa propre fille, interrompit Feil. Donc, je l’ai adoptée afin qu’elle puisse exaucer le souhait de Père. C’est ma sœur, à présent. Et ça te fera de la compagnie, non ?
- De la compagnie ?! Mais, sa vie est ici, Feil !
- Laisse-la décider de sa vie ! Coupa Feil, agacé. Je ne l’ai pas forcée ! Tu crois toujours que je cherche à contrôler ta vie ?
- J’ai décidé de te suivre, Feil, mais je ne veux pas impliquer d’autres personnes que moi !
- Baba… Tenta Calinours qui sentait la tension monter entre eux à cause d’elle.
- C’est moi que tu veux ou le bébé ?! Cracha-t-elle tout à coup, effrayée.

Fei Long se décomposa de fureur.
- Si tu essayes de me dire que tu ne veux plus venir avec moi, alors, oui, je vais t’obliger à me suivre ! Ne crois pas que je vais tolérer plus longtemps tes haussements de ton devant mes hommes !

Baba se figea. Il était parfois dur, mais là, non seulement il avait ignoré sa question, mais en plus il la menaçait ouvertement. Il semblait particulièrement agité et pressé de partir. Pourquoi cette hâte ? Était-il en danger ?
- Baba… Viens avec moi… Encouragea Calinours, protectrice.
- Non…

Fei lui jeta un regard meurtrier.
- Ne me force pas à te contraindre. Ce n’était pas toi qui me disais que tu m’aurais suivi n’importe où ?!
- Je ne suis pas une marionnette, Feil…
- Et je ne suis pas la tienne non plus !
- Fei Long… L’arrêta Calinours, en levant sa main sans le regarder dans les yeux afin de ne pas exacerber sa colère. S’il te plaît… Tu es à cran… Je vais m’occuper d’elle.

Le Baishe tourna les talons non sans un regard noir.
- Calinours… Il me cache quelque chose, hein ? Lui intima-t-elle, le cœur gros.
- Tu l’aimes oui ou non ? Se durcit Calinours. SI tu ne l’aimes pas, alors, ne viens pas et ne le fais pas souffrir. Ne le fais pas tourner en bourrique comme ça… Ton indécision lui fait mal, tu ne comprends pas ?
- J’ai… la trouille Calinours… Je ne doute pas de mes sentiments envers Fei, je n’en ai jamais douté. Seulement… Je vais me retrouver dans le milieu mafieux… Avec un héritier… J’ai abandonné tous mes amis… Mon pays… Je… Ce départ précipité… Cassie… Ma pauvre Bibi…
- Il t’aime comme un fou, Baba, je peux te l’assurer…

***********************

Cassie regarda le paquebot.
Elle donna un pourboire au chauffeur et sortit de la voiture, déterminée.
C’était là que tout allait se jouer…
Et elle irait jusqu’au bout…

***********************

Fei Long regardait l’horizon, puis la terre ferme avec anxiété. Son instinct ne le trompait jamais car il l’avait aiguisé toutes ces années. Quelque chose allait se produire, c’était inscrit dans l’air, sur les frissons de sa peau, les battements de son cœur.
- Vous allez les larguer ces amarres, bon sang ! Se crispait-il.

Baba l’observait sur le pont. Il lui avait demandé d’aller en cabine le temps de prendre le large, mais elle n’obéirait pas. S’il se passait quelque chose, elle voulait être aux premières loges. Elle en avait assez de tous ces mensonges.
Tout à coup, un de ces hommes en noir l’approcha, une arme à la main et Fei Long parut tendu.
Elle l’entendit appeler un prénom qu’elle aurait reconnu entre mille. Yoh ! Bon sang, mais que faisait-il ici lui aussi ?
Précipitamment, elle descendit les marches pour le rejoindre à l’avant du bateau, les poings serrés.
- YOH ! Hurla-t-elle à plein poumon.

Fei Long prit sur lui pour ne pas ordonner à ses gardes de la remettre en cabine de force. Yoh ne lui témoigna aucune sympathie et l’ignora superbement.
- Tu as laissé Cassie ? Tu l’as abandonnée ? Continua-t-elle. Tu as trahi son frère ?
- Ne te mêle pas de ça, Baba ! Interrompit Feil en serrant les dents. Comment oses-tu… ?

Baba chercha dans le regard de Yoh une lueur d’espoir, mais il ne semblait même pas en colère. Il n’ouvrit pas la bouche, comme s’il la provoquait.
- Yoh, occupe-toi de ce qu’il se passe sur le pont arrière.
- Sur le pont arrière ? S’étonna ce dernier.
- Mhmm, il n’y a que toi qui puisses t’en occuper. Il y a du mouvement, et je veux que tu t’en charges, compris ?
- Bien, maître.

Yoh eut une vague inquiétude. Ce n’était pas un hasard si Fei Long lui demandait ça à lui et pas aux autres hommes. Que se passait-il à l’arrière ? Un intrus ? Et pourquoi faire appel à lui, les autres n’arrivaient pas à en venir à bout ?
Fei Long le gardait toujours auprès de lui parce qu’il avait confiance en lui, et surtout parce qu’il gardait ses meilleurs éléments pour sa garde rapprochée. Si intrus il y avait, cela devait être un très gros poisson…
Pourtant, il n’avait pas mis sa chère et tendre à l’abri… Alors, quoi ? Il redoutait quelque chose ou non ?
Il prit son talkie-walkie et se dirigea vers l’arrière, toujours de sa démarche nonchalante.
- Où ?
- Ah… Euh… Hésita l’homme de main à l’arrière du bateau.
- Oh ! Qu’est-ce que tu fabriques, je te demande où il est ! Il est armé ?
- Oui… On l’a dans le viseur, mais la cible ne bouge pas pour l’instant. Elle semble attendre quelque chose.
- Quelque… chose ? Yoh en fut dérouté, mais se dirigea néanmoins un peu plus vite vers l’endroit indiqué.

************************

- Allez Akihito ! Dépêche ! Et ne fais pas de bruit !
- T’en as de bonnes, toi ! Je suis doué pour sauter des immeubles, pour m’infiltrer partout, mais là… Grimper à une corde, je suis pas un singe, moi !
- Oui, mais en attendant, on n’a que ce moyen-là pour monter à bord, alors grouille !
- On n’est pas trop à découvert dans cette position ?
- T’as une autre idée, le photographe en herbe ? T’as peut-être envie de faire une pause et prendre le paysage en photos ?! S’agaça Misaki.
- Pffff… T’es bête ! Se mit-il à glousser.
- Eh ben, au moins, ça te fait rire… Ça montre que t’es pas un froussard… Pas un bon grimpeur, mais pas un froussard non plus !

************************

- Nick ? Tu les as dans ton viseur ?
- Mhmm… En gros plan ! Les deux loustics jouent les apprentis alpinistes sur la façade ouest du bateau !
- D’accord. Ils arrivent toujours à l’heure… S’ils parviennent trop vite en haut, tu pourras les tenir écarté un moment ?
- Tu veux que je joue à la balle au prisonnier avec eux ?! Aucun problème !
- Fais gaffe de ne pas les abîmer…
- Je vais peut-être leur faire une nouvelle coupe de cheveux, tu m’autorises ?

Asami émit un petit rire. Malgré les apparences, les hommes du milieu avaient de l’humour, et surtout, leur métier était un vrai plaisir… Ils se sentaient vivants, même si des vies étaient en jeu.
- Asami ! Intervint Nick, nerveux.
- Hm ?
- On a un problème… On n’avait pas pensé à ces deux-là…


************************

Lorsque Yoh arriva sur le pont arrière, c’est d’abord son odeur qu’il reconnut. Il serra sa main autour du revolver. Ce qui l’inquiétait, c’était son attitude posée. Elle ne pleurait pas et ne semblait pas prête à le faire. Elle devait avoir quelque chose derrière la tête, ce qui était à son désavantage.
Il l’observa sans mot dire, attendant un geste de sa part.
Cassie le regardait droit dans les yeux. Ses mouvements étaient lents, calmes. Elle avança jusqu’à la barrière sans montrer aucun signe d’hostilité. Pour ce faire, elle lui passa devant, comme par défi.
- Tu n’as rien à faire là. Si tu ne t’arrêtes pas, je te descends, annonça-t-il, la voix basse.

Cassie se retourna, sans paraître choquée par ces paroles et se mit même à sourire.`
À lui sourire.
Yoh avait du mal à prendre une décision. Pourquoi Fei Long l’avait-il envoyé lui plutôt qu’un autre ? Pour le mettre à l’épreuve ? Non… « Il n’y a que toi qui puisses t’en occuper. Je veux que ce soit toi qui t’en charges ». Qu’essayait-il de faire ? Qu’attendait-il de lui ?
- Ne me fais pas répéter deux fois se durcit-il en sortant son arme.
- Alors… TUE-MOI ! L’acheva-t-elle.

Yoh resta pétrifié. Non pas par son ordre, mais par sa détermination. Cette fois, elle ne reculerait pas.
- Je suis venue pour ça. Il faut bien qu’un de nous deux perde, non ?
- Tu ne trompes personne ici. Va-t-en.
- Non, le transperça-t-elle du regard. Je ne partirai pas.
- Tu veux me tuer ?
- Non.
- Alors quoi ? Tu es venue chercher quoi ?
- La rédemption.
- Arrête, Cassie. Rentre chez toi. Tu as toujours voulu rester à l’écart de la mafia, alors, repars d’où tu viens. Tu ne veux pas mourir !
- C’est vrai. Mais, dans bien des cas, c’est la seule façon d’atteindre son objectif.
- Toi et moi, c’est fini, et tu le sais.
- Tu l’as décidé ainsi. Mais je ne vivrais pas en te laissant reprendre le rôle que tu détestes tant.
- Tu n’aimes pas perdre, hein ? C’est simplement ça. Et tu me testes. Tu crois que je ne pourrais pas te tuer, n’est-ce pas ?

Yoh braqua son arme sur elle pour la seconde fois. Cassie lui sourit sans lever les bras, comme offerte. Elle savait qu’il ne tuait qu’en situation de défense ou d’attaque et se comporter ainsi lui faisait ravaler ses principes et elle le savait pertinemment.
- Allez, vas-y, qu’est-ce que tu attends ? Il te faut vraiment une raison pour tirer ?

Elle le narguait parce qu’il hésitait.
Elle leva le bras et fit mine de viser Fei Long.
- Ça te va comme ça ? Tu pourras dire que tu m’as tuée pour défendre ton maître, non ? Si tu veux une excuse, je te la donne volontiers, dit-elle en enclenchant le barillet.

Cette fois-ci, il la visa.
Le face à face était risqué. Yoh hésitait au fond de lui, mais elle non. Elle avait ce même regard qu’il arborait depuis qu’il faisait ce métier. Ce regard qui montrait qu’il irait jusqu’au bout quoiqu’il arrive.
Lorsque Cassie le vit prêt à appuyer sur la gâchette, elle l’interrompit, en se décalant légèrement, vicieuse :
- Tu n’as pas compris le mot rédemption, Yoh. Ne vois-tu pas qui se trouve en bas ?

Yoh se figea, et détourna le regard pour voir le pont avant. À cet instant, il croisa le regard de Baba.
- Eh oui, Yoh… Si tu me tues devant Baba, Fei Long ne te pardonnera jamais parce qu’il sera entaché de cette trahison aux yeux de celle qu’il aime, n’est-ce pas ?

Au loin, il entendit Baba crier très fort. Elle l’avait piégé.
- Alors, on hésite ? On ne me tue pas ? Je peux donc tirer sur Fei Long ?
- Tu ne tueras pas le père de l’enfant de ta meilleure amie non plus. Alors ? On fait quoi, maintenant ?
- Mon pauvre Yoh… Tu ne comprends toujours pas, hein ? Que c’est à toi que j’en veux… Et que je suis venue ici dans le seul but de te faire regretter ton choix… Pour ébranler tous les principes auxquels tu te raccroches. Je vais les faire s’envoler pour de bon.
- Et je peux savoir comment ?

Yoh crut défaillir. À peine avait-il posé cette question qu’il appréhenda son geste. Trop tard. Ses mains se mirent à trembler et il abaissa son arme, espérant qu’elle en fasse de même.
- Cassie, je t’en prie…

Mais elle souriait.
Le revolver sur la tempe, elle ne lâchait pas son regard.
La main sur la gâchette, elle avait les yeux de la victoire…

**************************

- Oui, Asami. Très bien. J’envoie Tena.

Eun appela sa guerrière qui trépignait de ne pas avoir d’actions.
- Alors, ça y est ? Je peux enfin me bouger le train ?Lui demanda-t-elle, de ses yeux voraces.
- Ouais… Tu vas prendre en chasse le duo maudit… Annonça Mookyul.
- Ils sont… sur ce bateau ?
- Apparemment, et je ne sais absolument pas pourquoi… Tu vas me prendre ces Russes en filature… Mais, n’interviens pas tant qu’on ne sait pas pourquoi ils sont là, d’accord ? Où est Cécile ?
- Elle nargue sa rivale…
- Quoi ?
- Elle se pavane autour de la voiture où se trouve une pauvre petite créature enchaînée ! Mhmm… Je ne savais pas que vous aviez aussi ces penchants… Le provoqua-t-elle, naturellement.
- Tena ! Cesse tes familiarités ! Dis-lui de s’éloigner de la voiture !
- Vous n’avez qu’à demander ça à Fox. Ce sera plus simple.
- Tena…
- Oui ?
- Ne joue pas avec eux, on est au boulot, là.
- Je ne saisis pas ?
- Ce binôme infernal est très dangereux et ils savent très bien se battre, mais ils ont aussi le même vice que toi dans la peau… Donc, ne rentre pas dans leur jeu.
- J’ai peut-être des tendances… originales jugées comme perverses, mais je suis fidèle !

Cela eut le don de le dérider un peu et il lui sourit.
- Tena…
- Quoi ?
- Nanahara et Grimmjow sont dangereux, ne l’oublie pas. Ne prends pas de risques inconsidérés…
- Oui, chef ! Plaisanta-t-elle, bouillant d’adrénaline.

*****************

Misaki posa la main sur le bois du bateau. Ils y étaient presque. Soudain, elle sentit une légère brise lui caresser le visage et se pétrifia sur place. Ce n’était pas le vent…
Elle observa la corde et, à sa grande stupéfaction, quelque chose venait de lui passer sous le nez et effleurer ce sur quoi ils grimpaient. Et à y regarder de plus près, c’était bien une balle qui venait d’écorcher la lanière devant elle.
Elle jeta un œil autour d’elle sans rien voir. Si quelqu’un avait voulu les tuer, à cette distance, soit il s’était loupé et alors, il recommencerait, soit il savait ce qu’il faisait. Elle attendit.
- Qu’est-ce que tu fiches, Misaki ? Trépignait Akihito ne la voyant plus avancer.
- Chuut… Ne bouge pas…
- Quoi ? Qu’est-ce qu’il y a ?
- Tais-toi, imbécile !

Misaki avança la main et à nouveau, elle sentit le vent contre son visage. Elle se mit à rire.
- Non, mais t’es folle ? Qu’est-ce qu’il te prend ?
- Je t’avais dit que nos anges gardiens veilleraient sur nous…
- Non, mais t’as perdu la tête ou quoi ?
- On va attendre un peu avant de monter.
- Je te demande pardon ? Tu vois pas qu’on joue les acrobates, là ? Et sans vouloir t’offenser, je ne vais pas tenir longtemps !
- Prends ton mal en patience ! Tu es journaliste, non ? Tu as dû rester des heures à guetter un scoop, alors, arrête de te plaindre !

******************

Deux silhouettes s’avançaient dans le hall. Derrière eux, deux hommes étaient à terre. Ils étaient agiles et extrêmement rapides. Alors qu’un des hommes de main tentait de saisir le flingue tombé à ses côtés, Nanahara-kun sourit en mettant le pied dessus.
- À ta place, je n’essaierai même pas… Où je te broie ta jolie petite mimine… Et tes doigts ne te serviront plus… Quel dommage, hein Onii-chan ?

L’homme au regard bleu acier le dévisagea, les mains dans les poches et s’approcha de son petit frère. Il passa une main dans ses cheveux et les lui ébouriffa, comme satisfait.
- T’as un fétichisme des doigts ou quoi ? Se moqua-t-il en donnant un violent coup de pied dans le thorax de l’homme dont la respiration fut coupée instantanément.
- Onii-chan… Je voulais m’amuser un peu avec lui… Se plaignit Nanahara-kun, espiègle. J’aime les doigts, je n’y peux rien… L’alluma le petit blond en prenant la main de son frère et en léchant les traces de sang qui s’y dessinaient.
- Oï, gaki … Arrête ça… T’es un pervers…
- Mhmm…

Malgré ses cheveux couleur ciel et ses traits fins, Grimmjow, le grand frère était redouté dans tout le milieu. Pas seulement pour sa soif de meurtre, mais également pour son caractère impétueux et violent. Personne ne pouvait prévoir ses agissements, personne ne pouvait l’arrêter une fois lancé, et surtout, on lui connaissait une énorme cruauté.
Son petit frère, avec qui il formait un duo bestial et sans pitié, était le plus doux des deux. Non pas qu’il fût gentil, loin de là, mais comparé à son frère, c’était un enfant de cœur. Ses principales préoccupations étaient de martyriser les hommes, et surtout les hétéros purs et durs… Nanahara-kun aimait leur faire goûter, de force, les joies du sexe masculin.
Nanahara-kun était donc aussi redouté que son frère en un certain sens. Leurs frasques étaient célèbres et personne ne tenait à se retrouver en travers de leur chemin.
Leur perversité n’avait d’égal que leur détermination.

Grimmjow enfonça son doigt dans la bouche de son frère en un mouvement suggestif et lui bloqua la mâchoire.
- Mphm ! Protesta Nanahara-kun sans vraiment se débattre.
- Toi, tu es en manque… Et c’est comme ça que tu les attires dans ton filet, hein ?

Nanaharun-kun se mit à sourire comme un enfant. Au fond, s’il était devenu comme ça, c’était bien parce qu’à ses yeux, personne n’avait su tomber véritablement amoureux de lui… Son désir d’amour s’était mué en une recherche insatiable de plaisir, même s’il n’était pas un Seme.
Le seul qui avait pu cerner ça, à part son frère, c’était l’homme dont il était désespérément amoureux sans vouloir le reconnaître.
- Tu es têtu, hein… Y’en a pourtant un qui te fait perdre la tête, non ? Le relâcha Grimmjow, presque mécontent.

Nanahara-kun le fusilla du regard et se recula, comme foudroyé.
- Je t’interdis…
- Ouais, tu vas rien m’interdire du tout, bakayerou… Je te parle de Mikhail si j’en ai envie, d’accord ? L’accula-t-il, reprenant le dessus très rapidement.
- Occupe-toi de tes affaires… Baissa-t-il la tête, mal à l’aise à chaque fois que le sujet était abordé.
- Ouais… Tu gardes un œil dehors et je te laisse t’amuser si jamais quelqu’un s’approche…

Nanahara-kun retrouva le sourire et lui rétorqua, joueur :
- T’arriveras pas à l’attraper, Onii-chan… ! Tu vas encore y passer des heures et revenir bredouille…
- Mhmm… J’arrive toujours à avoir ce que je veux, tu le sais, non ? Mais, par-dessus tout, j’adore la chasse, et il me donne du fil à retordre. Quand il se rendra compte qu’il ne peut plus se passer de moi, il viendra me sucer la queue de lui-même.
- Et c’est moi que tu traites de pervers ? Allez, va jouer, mais grouille-toi.

Grimmjow regarda son portable et tapota quelque chose avant d’ouvrir la porte d’une cabine.
« Il est tout à toi. Mais, rappelle-toi qu’il s’agit de mon frère. Si tu laisses passer ta chance, je le garderai pour moi, définitivement. Grimmjow ».

*******************

- Nick ? Tout se passe bien ?
- On va avoir un problème d’effectif, si tu veux mon avis. Les hommes de Fei Long sont bien plus nombreux qu’on ne le pensait. C’est une véritable escorte présidentielle… Et puis, il n’y a pas que le duo russe…
- Quoi ? Qui ?
- Un troisième Russe, je crois bien que c’est Mikhail.
- Pourquoi la mafia Russe viendrait s’en prendre à Fei Long ? Ils ont d’excellentes relations… Tu crois que c’est un piège pour les Coréens ou pour nous ?
- Non… Ils se sont déplacés seuls… Ils n’ont pas l’air de vouloir donner l’assaut. Faut voir avec Eun…
- Tena les a en filature, mais pour l’instant, elle n’a pas donné de signal d’alerte… Ça fait beaucoup de monde autour de nous…

*****************

- Tena ? Alors ?
- Eh bien…
- Qu’est-ce qu’il y a ? S’énerva Mookyul, agacé de la voir hésiter.
- Je ne pense pas qu’ils soient venus ici pour se battre… En fait… En ce moment…
- TENA ! Hurla Mookyul, hors de lui.
- Ils se font des câlins torrides… Gloussait-elle tout bas.
- Co… Comment ?
- Tu veux que je sois plus précise ? Eh bien, y’en a un qui va se faire défoncer le…
- TENA ! C’est bon ! J’ai compris ! Reste concentrée s’il te plaît, c’est peut-être un leurre !
- Ils ont de sacrés leurres si tu veux mon avis, et plutôt bien montés avec…

Eun raccrocha. Elle s’amusait au moins, elle. Il jeta un œil à la voiture, mais il ne vit pas sa silhouette. Il soupira, contrarié.

*****************

Grimmjow ferma doucement la porte à clef qu’il retira du canon. Rien qu’à l’odeur, il pouvait sentir qu’il était là, tout près. Son instinct de chasseur ne le trompait pas. Son petit chaton était ici… Il s’avança à pas de loup dans la chambre et entendit du bruit.
Fei Long le gardait bien jalousement parce que le petit brun possédait un don très particulier. Depuis tout petit, il savait communiquer à distance aussi bien avec les êtres humains que les objets. Un tel pouvoir n’avait pas échappé au Baishe. Lire un document secret à distance, cerner les plans d’un homme rien qu’en l’approchant, rentrer dans la mémoire de quelqu’un afin de retrouver sa trace… Le petit chaton aux yeux noirs avait aiguisé ses dons au fur et à mesure des années.
Mais aujourd’hui, il comptait bien le récupérer ! Et ce qu’il aimait par-dessus tout chez lui, c’était son côté sauvage.
Il voulait le dompter. Il voulait l’apprivoiser tel un animal. Il voulait le dominer.
Ses yeux bleus se firent plus acérés à cette idée. Il allait être à lui…
Il passa la tête dans l’entrebâillement et le vit adossé à une chaise, plongé dans une quelconque occupation autour d’un bureau, au fond de la pièce.
Grimmjow remarqua un stylo qui flottait dans les airs et chuta brutalement. Il avait encore fait des progrès…
Il avança prudemment, traversa la chambre à pas feutrés, tel un félin prêt à capturer sa proie, et tendit la main vers son dos. Aussitôt, il sentit la chaleur intense qu’il dégageait. Grimmjow sourit et effleura la cambrure de ses reins d’une caresse brûlante.
- Mhmm !! Haaa !

Nekotee se hérissa tel un chat sauvage face à un adversaire. Il en bouscula sa chaise et se leva précipitamment afin de voir le visage de l’ennemi. Le petit brun se décomposa en croisant les yeux bleus glacés qui le fixaient avec désir.
- Qu’est-ce… Qu’est-ce que tu fais là ?
- Je suis venu te prendre, Nekkun… Et dans les deux sens du terme…
- Qu… Sale enflure ! Mais pour qui tu te prends, hein ? Dégage d’ici !
- Tu es toujours aussi agressif à ce que je vois… J’aime ça.

Nekotee se redressa, l’air fier et hautain.
- Qu’est-ce que tu ne comprends pas dans le mot « dégage » ? Le regarda-t-il droit dans les yeux.
- Mhm… Tu m’excites quand tu me parles comme ça…

Cette fois, Grimmjow sourit en le voyant légèrement rougir. Il avait beau montrer les crocs, le petit chaton n’avait pas l’habitude d’être traité de cette façon. Et malgré lui, il devait sentir son corps vibrer et cela le rendait fragile.
- Va chercher ton plaisir ailleurs !
- C’est toi que je veux.
- Tu… Hésita Nekotee. T’as vraiment un problème.

En même temps que Grimmjow le dévorait des yeux, il s’approchait de lui, plein de défi. Avec le caractère impétueux du chaton, il savait que celui-ci refuserait de reculer ou de s’écarter, préférant de loin l’affronter. Ce qu’il fit. Il tremblait légèrement, mais on pouvait prendre cet imperceptible frémissement pour de la colère.
- Tu es sur le navire de la mafia chinoise et tu te crois tout permis ? Si tu avances encore, je me mets à hurler et tout le monde va rappliquer ici. Si t’as vraiment envie de te faire défoncer le cul, ben, c’est ce qu’il va t’arriver…
- Vas-y, crie… Je suis venu pour ça. Pour t’entendre crier… Le nargua-t-il, sans que sa menace ne le perturbe le moins du monde.

Grimmjow touchait presque son torse à présent. Nekotee l’affrontait du regard sans ciller. Le regard bleu leva une main et la posa sur le côté de son cou, puis laissa glisser ses doigts de façon à frôler sa peau qui frissonna à son contact.
D’un geste rageur, Nekotee envoya valser sa main. Grimmjow sourit, mais ne se formalisa pas. Il fallait juste l’acculer.
- Tu t’énerves, mais… Ce n’est pas de ma faute si ton corps me veut…

Touché !
Nekotee le repoussa violemment. Il avait perdu son sang froid parce que ce satané emmerdeur avait raison et qu’il en jouait.
Il ne fallut qu’une seconde à Grimmjow pour l’attraper et lui bloquer les poignets dans le dos. Le petit cri étranglé de Nekotee le fit palpiter davantage.
- Lâche-moi ! Lâche-moi, je te dis !
- Qu’est-ce que tu vas faire si je ne t’obéis pas, jouait Grimmjow, de plus en plus excité.

Sans crier gare, Nekotee planta ses crocs dans la chair de son épaule et serra fort. Il mordit le plus fort qu’il put en y prenant un immense plaisir.
- Mords-moi plus fort, j’adore ça… Lui murmura Grimmjow en soufflant contre oreille délicate qui rougissait.

Nekotee ressentit un grand frisson lui parcourir tout le dos. Putain ! Comment faisait ce mec pour lui corrompre le corps ?! Il savait y faire ce salaud ! Et pour joindre le geste à la parole, Grimmjow pencha sa nuque sur le côté afin de lui laisser toute la place qu’il voulait pour être mordu.
Nekotee relâcha la pression de sa mâchoire et sa langue s’appuya contre sa peau, laissant sa salive s’écouler de sa bouche.
- Lèche-moi… Tu es très doué pour me séduire…

Nekotee redressa vivement la tête, désarçonné par ce mec qui déjouait tous ses plans. Il tenta de se dérober, mais l’autre l’enserra plus fortement et glissa une jambe entre les siennes afin de lui montrer combien son désir de le posséder était grand.
- Te colle pas à moi ! Se débattit Nekotee en sentant son érection contre lui.
- Tu es déjà excité toi aussi, à ce que je vois… Lui caressa-t-il l’entrejambe juste pour sentir cette forme dure qui pulsait à travers son pantalon.

Nekotee se crispa et lui lacéra la main, furieux.
- Dis-moi ce que tu veux que je fasse, Nekkun… Lui susurra Grimmjow en le laissant faire.

Il le vit se renfrogner et soudain, le flingue qu’il possédait dans sa poche arrière se mit à s’échapper lentement, comme par magie.
Nekotee paraissait fier de son idée et arborait un sourire mesquin.
- Nekkun… Souffla Grimmjow, presque désolé pour lui. Ça ne marche pas sur moi, et tu le sais…

Violemment, le revolver retomba à terre et Nekotee ouvrit de grands yeux ébahis. C’était le seul homme qui parvenait à déjouer ses pouvoirs. Et c’était sans doute pour ça qu’il l’attirait…
- Pourquoi ? Le défia-t-il du regard. Pourquoi je ne peux pas lire en toi, hein ? S’énerva-t-il soudainement.
- Si tu veux savoir des choses, demande-moi… Commença-t-il à lui lécher le cou tout en passant sa main sous son t-shirt, voyant qu’absorbé par sa réflexion, il ne se défendait plus.
- Arr… Arrête ça !

Nekotee lui planta ses ongles bien profonds dans la gorge afin de lui faire lâcher prise. Il avait horreur d’être pris d’assaut comme une vulgaire poupée de chiffon. Il avait sa dignité !
Mais c’était sans connaître la force du ténébreux qui le coucha sur le bureau en une prise en le plaquant d’une seule main. Avec fracas, Nekotee sentit qu’il balayait tous les objets du bureau et ferma les yeux, de crainte de se prendre un coup.
- Tu as peur, petit chat ? Ironisa-t-il, en l’immobilisant fermement.
- Tu veux me violer ? Vas-y, te gêne pas, je suis sûr que tu seras pas satisfait si je ne me débats pas, hein ? Alors, regarde, je vais faire le mort, vas-y, régale-toi ! Lui hurla-t-il dessus, les poings crispés.
- Oï, oï… Tu sais très bien que plus tu te mets en colère et plus j’ai envie de te la mettre…

Nekotee ne supportait pas de se sentir ainsi oppressé. Il avait horreur de ces espèces de Seme dominateur à la manque. Mais le regard de Grimmjow se mit à changer en même temps qu’il se redressa pour le laisser respirer.
Nekotee l’observa, méfiant.
- Ça y est, t’es calmé ? T’as plus envie de jouer ? Tu vas pouvoir te barrer ! S’assit-il sur le bureau en le collant délibérément.
- J’ai envie de toi comme un dingue, et tu le sais… Lâcha-t-il, comme s’il s’agissait d’une terrible menace.
- Ah ouais ?! Le regarda-t-il, suspicieux.
- Ouais, lui dit-il en lui prenant la main et en la posant sur le bouton de sa braguette. Si tu veux t’en assurer, tu peux.

Les yeux de Nekotee s’illuminèrent, et changèrent radicalement. D’un coup, il arracha les boutons et sortit son membre durci sans le quitter des yeux. Grimmjow émit un petit grognement, mais laissa ses bras autour de ses jambes tandis que Nekotee, toujours assis, le testait.
- Je ne suis pas un gentil Neko…
- Je ne suis pas un Seme très méchant, lui effleura-t-il les lèvres sans le brusquer.

Alors, Nekotee passa avidement sa langue sur le pourtour de ses lèvres pour le mettre au supplice et surtout pour voir s’il allait se laisser faire. À la moindre tentative de domination de sa part, il lui arracherait la bouche.
Grimmjow se tenait immobile, mais le sexe que Nekotee tenait toujours entre ses mains pulsait à rompre.
- Vas-y, je te dis, fais-toi plaisir… Grogna Grimmjow, presque au supplice de devoir attendre qu’il se décide sans le prendre d’assaut.

Il avait compris que pour le dompter, il devait lui laisser conquérir le territoire. Le seul territoire dont il s’occuperait jusqu’à la fin de sa vie. Nekotee était exigeant , il était fier , il avait besoin de prendre pour donner. Pour l’avoir, il fallait le laisser prendre les initiatives. Et il serait pris au piège. Parce qu’une fois qu’il se serait donné à lui, il ne reviendrait plus en arrière.
Grimmjow attendit.
Sans faire un geste vers lui.
Et puis, Nekotee prit sa bouche avec possession, immisçant sa langue profondément en lui, en ronronnant de plaisir. Grimmjow faillit perdre le contrôle et le retourner là, sur le bureau, sans attendre. Il serra les mains sur la tranche du bureau pour s’en empêcher, se cramponnant désespérément pour ne pas le posséder d’un seul coup de rein.
Malgré les apparences, il s’agissait bien d’une bataille.
Nekotee prit appui sur ses jambes et s’agrippa à lui en le faisant tomber à terre, lui trônant fièrement dessus. D’un coup, il déchira sa chemise et arracha tous les boutons par la même occasion, guettant le moindre mouvement de ces yeux bleus qui vibraient. Il se pencha et commença à approcher sa langue, aguicheur, sans le toucher.
Grimmjow fit celui que ça n’intéressait pas, alors, Nekotee se redressa et retira son pantalon et son caleçon et se rassit en exhibant fièrement sa verge érigée. Il commença à se masturber en le regardant droit dans les yeux, tout en se frottant à son entrejambe. Grimmjow passa ses mains derrière la tête en souriant, à l’aise et lui indiquant qu’il ne le toucherait pas.
- T’as envie de prendre les devants, Nekkun, c’est tout à ton honneur, par contre, si t’es pas capable de me satisfaire, ni d’aller jusqu’au bout, je vois pas pourquoi je ferai tout ça pour toi, le menaça-t-il.
- Je n’aime pas qu’on soit dominateur avec moi ! T’auras jamais le dessus !
- Je l’avais remarqué ! Remarque, j’aime bien être en dessous aussi !

Nekotee gardait toujours ce regard rempli de défi et se retourna à califourchon sur le torse de Grimmjow en agitant son joli postérieur au nez du félin qui grognait d’impatience au vue de la gâterie qui se préparait... Personne ne pouvait résister à ça !
Au moment où il posait sa langue sur le gland de Grimmjow et s’attendait à ce qu’il lui lèche son entrée pour la lubrifier, il sentit une main caressante glisser doucement sur sa cambrure. Il frissonna et gémit à ce toucher trop doux. Il pencha la tête sur le côté et lui décocha un regard meurtrier.
- Quoi ? Il faudrait savoir… Que je me laisse faire et que je sois doux, ou que je te fasse ce que j’ai envie tout de suite ?
- Je ne t’ai jamais demandé d’être gentil ! S’énerva-t-il tout à coup comme s’il venait de se faire insulter. Si tu n’en es pas capable, je vais le faire moi-même !

Le chaton espiègle se lécha les doigts intensément et dirigea sa main vers son anus lorsque celle de Grimmjow l’interrompit.
- Tu es fier, hein ? T’es obligé de dire les choses avec méchancetés plutôt qu’avoir l’air de supplier de te faire du bien ?

Le prédateur tira sa main et introduit ses doigts mouillés dans sa bouche, les yeux de braise. Nekotee eut un frisson à ce geste. Sentir la langue de Grimmjow entre ses doigts était sulfureux à souhait. Il avait du mal à reprendre là où il en était.
- Se laisser faire n’est pas un signe de soumission, Nekkun… Apprends à recevoir…

Son petit chat tourna la tête, mais ne dégagea pas sa main. Son corps frémissait et lorsqu’il sentit la main de Grimmjow toucher la sienne dans sa bouche, puis venir frôler le pourtour de son trou pour l’enduire de sa salive, il capitula.
Pour la première fois.
Cet homme savait y faire.
Il maniait la douceur comme le pire des instruments de torture.
À ce rythme, il allait céder…
Cette douceur était un opium dangereux…
Soudain, Nekotee s’accrocha aux genoux du tortionnaire lorsqu’il sentit sa langue le chercher, le fouiller et exacerber cette zone. Il se retint de le supplier de le pénétrer sur le champ. Il haletait et ne pouvait plus s’en cacher. Il n’arrivait même pas à le sucer tellement les spasmes de plaisir le tétanisaient.
Alors, lorsqu’il sentit son doigt venir s’immiscer en lui, il laissa échapper un gémissement beaucoup plus suggestif.
- Haa… Haa…
- Putain… T’es trop bandant Nekkun…

Le pauvre animal tenta de réprimer les sons dans sa gorge afin de ne pas se montrer à la merci de son maître, et lorsque ce dernier enfonça deux de ses doigts, Nekotee s’empala de lui-même plus profondément, comme si ses hanches ne lui répondaient plus.
Mais, il sentit que ce connard de bleuté cherchait à le faire capituler. Ses doigts frôlaient et caressaient plus haut vers l’avant, et une décharge électrique parcourut tout son corps. Alors, le chaton sauvage emprunt de liberté se retira d’un coup et se retourna pour l’enfourcher. Son visage avait changé à cet instant et Grimmjow le remarqua de suite.
Ils se défièrent du regard et Nekotee se concentra : avec de la chance, en étant excité comme il l’était, Grimmjow n’arriverait pas à contrer ses pouvoirs…
Et, du haut de son mètre quatre-vingt, le petit uke dévergondé leva les mains avec un fin sourire. Grimmjow ne put rien faire quand il se sentit projeter contre le mur, les mains immobilisées par son pouvoir. Le bleuté se retrouva alors adossé au mur, les jambes écartées sur le sol, les bras plaqués le long du corps, et le sexe fièrement dressé.
Ses yeux se durcirent, mais rien n’y fit : il avait perdu tout contrôle sur son corps. Nekotee s’était levé et le regardait de haut, victorieux, tout en mimant des va-et-vient dans les airs avec vice. L’autre grogna en se rendant compte que son membre était malaxé sans même que les mains de ce satané petit chat ne le touchent…
Il se moquait de lui, ma parole, et il avait l’air d’apprécier…
Nekotee regarda Grimmjow tendu comme un arc qui tentait de reprendre sa place, en vain. Il glissa ses yeux à son entrejambe et remarqua son sexe imposant. Une légère appréhension le traversa devant cet engin à la limite de l’indécence. Il était énorme ! Il avait intérêt à être bien préparé, sinon, il allait douiller sérieusement… Qui pouvait concevoir de se faire empaler par un baobab ?!
Il s’avança vers lui, posa les mains contre le mur afin que son pénis effleure les lèvres du bleu prétentieux. Le fauve ne pouvait même pas ouvrir la bouche pour se délecter de ce qu’il lui tendait… C’était parfait. Il pouvait lire dans ses yeux de glace combien il mourrait d’envie de le satisfaire, alors Nekotee glissa sensuellement son corps, ses jambes de chaque côté de sa proie prise au piège, et frôla chaque partie du seme immobilisé, en l’allumant le plus possible durant sa descente. Il encerclait maintenant son visage de ses mains et lui donnait des coups de langue sur les lèvres, les oreilles, et plongea dans sa nuque, traçant des cercles imaginaires sur sa peau afin d’y déposer son odeur et sa salive. Le matou prenait un fin plaisir à voir sa petite souris bleue frissonner et se crisper à chaque passage de sa bouche contre lui. Il lécha ses propres doigts et les passa sur ses lèvres, le cherchant du regard, puis les introduit à l’intérieur du petit Grimmy, à l’agonie, mimant des va-et-vient qui cherchaient à le chauffer définitivement. Contre ses fesses, il sentait la machine puissante du Seme se dresser et frétiller… Le petit Uke commençait à prendre goût à cette domination… De sa langue, il lapa son propre doigt qu’il venait de retirer, et s’attaqua à tracer une ligne le long de son torse, déposant sa salive.
Grimmjow grogna, incapable de le toucher et réduit à observer ce petit chat se jouer de lui. Il le narguait et il ne désirait qu’une chose : violer sa bouche, l’embrasser afin de s’imposer à lui, en lui, jusqu’à le posséder. Il avait passer d’interminables minutes à frôler ses lèvres, à attiser son envie de les lui manger, avait même glisser son doigt comme s’il s’agissait de son propre pénis. Son désir commença à lui donner plus de force. Petit à petit, en serrant les poings, la victime commença à reprendre du poil de la bête.

C’est à ce moment-là que Nekotee sentit toute la force du mâle attaché rentrer en conflit dans son esprit. Ce dernier se débattait, et salement ! À cette vitesse, il ne le retiendrait plus très longtemps… Il l’avait trop aguiché, et si la bête explosait maintenant, il se prendrait son espèce de magnum bien plus vite qu’il ne le pensait…
Déjà, il pouvait ouvrir la gueule, et ce qui en sortit était pire qu’un grognement de lion :
- Nekkun… Je serai toi, j’arrêterai tout de suite de me pousser à bout… Parce que lorsque j’aurais repris le dessus, je ne vais plus être un gentil Seme… Lâcha ce dernier d’une voix rauque. Et tu vas pleurer…
- C’est toi qui es en train de pleurer ! S’entêta Nekotee, qui se glissa sur son érection lentement.
- Haa… Frémit Grimmjow qui luttait toujours contre le don du petit uke.

Nekotee s’élargit à son contact, même si la sensation d’être écartelé persistait. S’il ne le faisait pas lui-même, l’autre grand méchant loup pourrait lui faire très mal. Alors, ouvrant grand les jambes pour l’accueillir davantage en lui, il continua sa progression en gémissant, presque affolé du plaisir qui irradiait déjà dans son fourreau. Il entendait Grimmjow haleter et voyait dans son esprit son désir fulgurant de le posséder. L’adorable chaton était maintenant agité de frissons, tout tremblant de le sentir en lui. Afin de supporter la douleur, il le mordit à l’épaule pour compenser.
Et il en oublia de le contrôler.
Ou plutôt, ses forces s’amenuisèrent.
Et il n’en fallut pas plus pour provoquer sa perte.
Grimmjow se redressa vivement, souleva l’animal qui avait essayé de le piéger et le bascula contre le sol. Le prédateur ne lui laissa aucune marge de manœuvre et épousa férocement le dos de Nekotee, en le poussant à quatre pattes. Ce dernier trembla et tenta de protester, la peur lui tiraillant le ventre. S’il s’enfonçait violemment en lui, il serait transpercé ! Il lui fallait plus de temps pour s’habituer à son truc gigantesque, l’imbécile !
Grimmjow lui saisit les poignets en les clouant au sol et lécha sa nuque, affamé.
- Supplie-moi de ne pas te faire mal… Lui murmura-t-il, sadique.

Nekotee se figea, tiraillé entre la fierté et l’angoisse. Il remua dans tous les sens afin de se soustraire à son emprise, mais rien n’y fit.
Au moment où il le sentit se retirer un peu pour mieux le pénétrer d’un seul coup de rein, Nekotee supplia, effrayé.
- Bon garçon… Ironisa Grimmjow en le pénétrant avec douceur, mais sans s’arrêter.
- Haa… Haa… Grimm…

Nekotee avait failli l’appeler par son prénom, emporté de désir ! Quel idiot !
- Est-ce que tu as mal ? Lui mordilla-t-il l’oreille, cherchant à l’agacer, mais ne bougeant plus à l’intérieur de lui.
- Ne… Ne me traite pas comme une femme ! S’agita le petit chat sauvage.
- Alors, c’est un feu vert, Nekkun ?

Voyant qu’il ne réagissait toujours pas, Nekotee prit sur lui et vociféra, comme s’il l’engueulait :
- C’est bon, vas-y ! Putain ! T’attends quoi ?!

Malgré sa position, Nekotee ne s’attendait pas à ressentir cette invasion qui lui coupa le souffle. Heureusement que Grimmjow avait paré le coup en le soutenant par le torse d’une main sinon il se serait écroulé sous la douleur mêlée au plaisir. Il se serait effondré, ne tenant plus sur ses bras : c’était trop intense…
- Mhmm… Ahh…

Grimmjow ne se retint pas cette fois ; il se redressa à la perpendiculaire, les mains fermement attachées à son bassin et rentrait en lui de plus en plus loin, de plus en plus fort. Il était aspiré et comprimé à l’intérieur de lui ; c’était tellement serré et tellement chaud…
- Détends-toi un peu, Nekkun, à ce rythme, tu vas me la briser en deux…
- Mphm…Imp… Aah ! … Impossible, tu as vu sa taille !

Grimmjow se pencha et glissa sa langue en suivant la courbe de son dos et le mordilla, en ralentissant ses va-et-vient. Il le sentit se décontracter à ces caresses et reprit de plus belle en s’arrêtant lorsque son pénis touchait le fond. Le uke gémissait, tourmenté. Il avait touché son point sensible…
- Haa… Grimmjow… C’est… Je vais… venir… Abdiqua Nekotee, haletant.
- Vas-y, viens, Nekkun… Te retiens pas…

Il accentua la pression et posa la main sur le sexe du petit Uke qui dégoulinait de plaisir. Il se mit à le caresser pour le faire définitivement lâcher prise et lorsque Nekotee vint entourer sa main sur la sienne en suivant le mouvement de masturbation, Grimmjow trouva ça absolument excitant.
Il se laissa aller et donna des assauts de coups de reins de plus en plus passionnés en grognant à son tour tellement le plaisir le submergeait.
- AHH ! Se mit à crier le petit Uke, agité de spasmes, son sexe gorgé se libérant de toute la pression accumulée.

À son tour, Grimmjow se colla contre ses fesses, son sexe se déchargeant en lui en s’immobilisant contre ces hanches qui tremblaient encore légèrement et jouaient avec son sexe qui palpitait.
Doucement, il relâcha la pression de ses doigts autour des poignets de Nekotee pour le libérer et lui susurra en parsemant ses épaules de doux baisers :
- Maintenant, tu vas venir avec moi ?
- Ouais, c’est bon ! Alors, lâche-moi !

Grimmjow regarda ce petit uke épuisé avec surprise. Il venait de lui dire oui, là ? Certes, toujours de son ton arrogant et fier, mais il n’avait pas protesté... ! Il lui ébouriffa les cheveux qui étaient déjà en pagaille et sentit enfin ce sentiment de soulagement l’apaiser.

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Tena n’en perdait pas une miette. Ouah ! Il savait y faire l’œil de lynx ! Si Katou et Iwaki avaient été là, elle s’en serait donné à cœur joie ! Le spectacle en valait le coup ! Se réjouissait-elle, ravie que son travail lui en offre l’opportunité pour une fois !
Mais, entre les deux, son cœur balançait… Parce que sur sa gauche, un autre couple suivait le même chemin et elle avait eu du mal à jouer sur les deux tableaux. La pire des tortures ! C’était comme si deux films érotiques passaient à la TV le même soir… Alors, elle jonglait entre les deux, surexcitée !

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Nanahara-kun s’adossa nonchalamment au mur. Son satané frangin se donnait du plaisir tandis que lui faisait le guet… Il soupira. Le prochain mec qui venait, il se le ferait !
- Eh bien, on ne dit pas bonjour ? S’éleva une voix dangereusement familière.

Nanahara-kun se retourna, presque choqué de le voir là. Mikhail !
- Qu’est-ce que tu fous là, Albatov ?! Se mit-il aussitôt sur ses gardes.

Mikhail regarda son portable en souriant et le rangea. Merci à Grimmjow de lui offrir cette opportunité…
- Je suis venu te voir… Il paraît que t’es en manque de gros câlin… Joua le beau blond aux yeux verts.
- T’es au courant que je suis en pleine mission, là ? Tu crois pouvoir te pavaner ici en pleine mafia chinoise, peut-être ?
- Ben, j’aime bien le risque… Et puis, je surveille un chaton qui joue à des jeux dangereux… Tu adores à ce point te mettre en péril ? Que fais-tu là ? À ce que je sache, on n’a pas de problèmes avec Fei Long, si ?
- De quoi je me mêle, le bellâtre ? Occupe-toi de tes affaires ! Et puis, on fait pas équipe toi et moi ! On n’appartient à aucune organisation Grimmjow et moi !
- On a la même patrie, alors arrête de te mettre sans arrêt à l’écart. Merci pour le compliment…
- T’es qui pour me parler comme ça, hein ?
- Arrête d’être sur la défensive avec moi !
- Barre-toi !

En guise de réponse, Mikhail soupira et regarda à travers le hublot.
- Tu ne sais pas reconnaître les gens qui te veulent du bien, hein ?
- Et toi, tu comprends pas quand on te dit qu’on n’est pas intéressé ?
- Tu cherches la perversité à tout bout de champ, alors, vas-y, t’as l’occasion de te satisfaire avec moi… Pourquoi tu ne fais pas comme avec tous les autres ? Le poussa-t-il dans ses retranchements.
- Tu… Tu ne m’intéresses pas !
- Ah ouais ? Parce que t’as peur de tomber amoureux de moi ?
- De quoi ?! Se mit-il à hurler, hors de lui. T’es pas mon genre, t’es pas au courant ?!
- Tu te la joues dominant, mais au fond, t’as horreur de ça ! Éleva-t-il le ton à son tour.
- Co… Comment ?! Mais t’es complètement barge !
- Prouve-moi le contraire.
- Et tu crois que je vais être assez con pour rentrer dans ton jeu ?! Fous-moi la paix ! Va te trouver un autre joujou !
- C’est toi que je veux.
- Quoi ?! T’as envie que je te domine, c’est ça ? Que je plante mes ongles dans ton dos et que je te lacère ? Que je t’attache et que je t’humilie ? C’est ça qui t’excite ?
- Tu peux me cracher tout ce que tu veux au visage, ça ne m’atteint pas. Tu sais très bien de quoi j’ai envie, s’approcha-t-il calmement.
- Tu crois vraiment que je vais me laisser faire ?!

Mikhail continua à avancer les mains dans les poches et lorsqu’il les sortit, son petit Hara-kun sembla prêt à défier l’attaque. Il le vit lever la main, mais ne contra pas et se prit un coup de poing en plein sur la mâchoire. Le petit uke était essoufflé et avait agi par pur instinct de survie. Il n’y avait pas mis toute sa force… Mikhail entra dans la brèche qui s’ouvrait petit à petit.
- Vas-y, défoule-toi si c’est ça qui te fait bander, posa calmement Mikhail en se collant à lui.

Nanahara-kun parut pris au piège. Il aimait soumettre ceux qui se débattaient, mais il était incapable de réagir face à quelqu’un qui en voulait davantage. Ce salaud de Mikhail avait tout de suite ciblé sa faille… De rage, il lui attrapa sa chemise et le secoua comme un prunier.
- Putain, mais tu me veux quoi, à la fin ?! T’es sadomaso, c’est ça ?! Tu veux que je t’en foute plein la gueule ?

Mikhail le regarda s’énerver comme un gamin prêt à capituler. Il était sur les nerfs et ses mains tremblaient en l’agrippant.
- Ça y est, t’as fini ? Lui murmura-t-il, calmement, en prenant ses mains dans les siennes pour les faire lâcher prise.

Comme électrocuté, Nanahara-kun retira vivement ses mains. Ce contact l’avait brûlé. Il haïssait cette fausse gentillesse dont se servaient les hommes pour obtenir ce qu’ils veulent. Être un uke était une chose, mais il ne comptait pas se laisser féminiser par ces seme prétentieux. Il n’était pas une pauvre petite chose rougissante et larmoyante, ne sachant pas se défendre et subissant la queue de l’autre.
Jamais ! Plutôt crever ! Et puis quoi encore, se rabaisser à être dominé en servant de vide couilles ?!
JAMAIS !
Il sortit un couteau de son jean et le colla à la jugulaire de Mikhail qui restait stoïque alors que lui commençait à perdre son sang froid.
- Eh bien, vas-y, qu’est-ce que tu attends ?! Se fâcha Mikhail en saisissant son poignet et en le rapprochant de sa gorge comme cherchant à se planter lui-même.

Instinctivement, Nanahara-kun tenta de reculer sa main, paniqué de voir que cet homme irait aussi loin.
- Quoi ? C’est pas ce que tu cherchais depuis le départ ? Tu veux me saigner et lécher mon sang pour être satisfait ?! Tu veux te montrer dur et impitoyable, non ?! Alors, vas-y, fais-le, va jusqu’au bout de ta soi-disant cruauté !

Ses yeux trahissant son profond désarroi, Nanahara-kun ouvrit tous ses doigts pour laisser tomber le couteau qui avait commencé à entailler la chair de Mikhail. Effrayé à l’idée de le blesser, il offrait un visage troublé et abattu. Et sans parer l’attaque, il sentit une poigne enserrer son cou et le coller au torse de Mikhail avec force.
Le nez contre son poitrail, Nanahara-kun respirait son odeur qui l’enivrait et le désarçonnait à la fois. Toute cette chaleur qui l’envahissait lui fichait la trouille. Il ne voulait pas admettre que cela le rassurait. Il réfréna son envie de se blottir dans les bras de ce seme manipulateur et tenta de reculer.
- Laisse-toi bercer et cesse de te rebeller… Je ne fais que te prendre contre moi… Murmura Mikhail en posant ses lèvres contre ses cheveux pour le mettre en confiance.

Nanahara-kun en eut le souffle coupé. Il se perdait dans cette étreinte si chaude… D’un coup, il le repoussa violemment. Il le prenait pour un enfant ou quoi ?! Il n’était plus un bébé ! Il n’avait plus besoin de se faire câliner, essaya-t-il de se convaincre. Il n’y avait que lui qui le traitait ainsi… Et son frère…
- Tu es vraiment têtu… Souffla Mikhail en le laissant se détacher pour ne pas le brusquer.
- Et toi, t’as vraiment un problème… Si t’as besoin d’un doudou, ben, va t’en acheter un ! Je suis pas une peluche !
- OK, alors, on va changer de tactique, parce que tu commences à m’exaspérer…

Mikhail le retourna contre le mur et se lova contre son dos. Nanahara-kun crut étouffer sous le geste. Il suffoquait. Toute son échine épousait parfaitement le corps chaud de Mikhail et c’est comme s’ils ne faisaient plus qu’un. D’un coup, il perdit toute son énergie… Son propre corps le réclamait contre son gré !
Mikhail glissa ses mains sous son t-shirt lentement et effleura sa peau pour guetter ses réactions. Il vit ses bras se tendre contre le mur, cherchant à s’accrocher à quelque chose afin de ne pas capituler.
- Arr… Arrête ça bordel…. Grogna-t-il de mécontentement. Non, mais, je suis pas ton gosse !
- Tais-toi et apprécie juste… Lui souffla-t-il à l’oreille en attrapant son lobe comme s’il s’agissait d’une petite chose délicieuse.

Ses mains le brûlaient à chaque passage et le faisaient fondre sans qu’il ne puisse rien y faire. Nanahara-kun se laissa sombrer petit à petit dans cet immense océan de sensations. Des petits tics nerveux le faisaient sursauter quand Mikhail jouait de sa langue sur sa peau et les frissons commençaient à envahir tout son corps vibrant.
- Merde… Laissa-t-il échapper , en se voyant succomber.
- Si t’étais pas aussi borné, tu te rendrais compte que celui qui rabaisse sa fierté à tes yeux, c’est moi… C’est moi qui ai besoin de te donner de la douceur, t’es au courant ? Alors, détends-toi, tu pourras me railler à loisir après en me traitant de femmelette. La honte, c’est moi qui la porterais pour toi, alors, t’as pas besoin de paniquer, se durcit Mikhail à mesure qu’il rapprochait son corps pour mieux le sentir contre lui.

Nanahara-kun se figea à ces dires. Il ne l’avait jamais entendu de cette façon. Pourquoi cet homme allait jusque-là ? Pourquoi faisait-il ça pour lui ? Alors, il baissa la tête et se détendit. Après tout, il avait raison… Il lui donnait l’occasion de pouvoir se venger s’il était amené à le regretter en le traitant de bisounours du dimanche ! Lorsqu’il dégrafa les boutons de sa ceinture et s’attaqua à son jean, il eut un sursaut de refus.
- Hé !
- Tu es un peu à l’étroit, non ? Alors, respire un peu, tu veux ? Continuait-il, toujours de cette voix apaisante et douce. Et si je te retourne maintenant pour t’embrasser, tu vas me sauter à la gorge, non ?

Nanahara-kun ne lui rétorqua aucune remarque cinglante. Ses doigts humides sur ses tétons étaient trop bons, son érection collée à ses fesses était une délicieuse torture, et ses baisers mouillés qui parsemaient chaque parcelle de son corps l’excitaient trop pour qu’il les refuse.
- Fais ce que tu veux… J’aurais de quoi te faire chanter après de toute façon…

Nanahara-kun le sentit se contracter tout entier à sa remarque.
- Nanakun… Arrête de m’allumer de la sorte… Si tu cherches à me faire craquer, c’est gagné…

Hara-kun écouta ces paroles comme s’il découvrait que celui qui était véritablement au supplice, ce n’était pas lui et cela le grisa. Doucement, Mikhail fit glisser son jean et son caleçon et dégrafa le sien, puis il saisit ses hanches pour le mettre face à lui. Tout en tendresse, pour ne pas le voir se braquer.
Mais, contre toute attente, Nanahara-kun se laissa faire et lorsque leurs yeux se croisèrent, Mikhail crut défaillir. Il hésitait, mais pourtant tout, sur le visage du uke récalcitrant, montrait du désir.
Mikhail se pencha, avide, et lécha ses pointes érigées, affamé de ce corps qui lui répondait enfin. Il mourrait d’envie de l’entendre gémir, mais il n’était plus question dorénavant de le faire parler et de l’encourager. Pour parler, il y avait l’avant et l’après, et s’il ne voulait pas le voir se refuser, alors, il devait tout lui donner avec son corps, tout lui montrer sans aucun mot.
Son torse était doux, ferme et musclé sous ses mains ; ses pectoraux se contractaient à chaque passage de sa langue. Il était fin et semblait fragile sous ses doigts agiles, pourtant ce corps était habitué à dominer les hommes, donc il ne fallait pas se fier à son apparence. Ce qui le charmait, c’était de pouvoir tenir dans ses bras l’homme qui ne s’était jamais donné ainsi.
Il colla son sexe au sien, s’attendant à un geste de refus de sa part, mais il lui autorisait ça aussi. Mikhail ne pouvait plus tenir. Il avait franchi les limites de sa maîtrise de soi…
Il releva la tête et planta ses yeux verts dans ceux, profonds et exigeants du uke qui semblaient dire « prends-moi ». Nanahara-kun ne souriait pas et l’encourageait encore moins pourtant. Ivre de désir, Mikhail caressa son cou et affermit sa prise et rapprocha ses lèvres. Malgré les yeux qui semblaient le fusiller, il tenta le tout pour le tout. S’il le repoussait maintenant, il aurait perdu… Il n’en était plus à un coup de poing près.
Il effleura ses lèvres, guettant sa réaction, les yeux dans les yeux. Nanahara-kun ne bougea pas d’un pouce. Pas d’accord, mais pas de refus…
Il glissa sa langue dans la fente de sa bouche et, à sa grande surprise, celle-ci s’ouvrit légèrement. Il le transperçait du regard et cela le rendait fou. Comment ce petit uke pouvait être aussi sensuel ?! Aussi érotique et désirable ? Il rentra sa langue profondément en lui et le prit d’assaut en peu brutalement tellement l’envie était forte. Pourtant, Nanahara-kun ne se laissa pas démonter et se rapprocha de lui afin d’exiger plus. Mikhail crut devenir fou. Il cherchait le contact de sa langue et il parvenait même à prendre les devants.
Leur souffle s’intensifiait et les gémissements de l’un et l’autre se confondaient. Mikhail ne put résister plus longtemps et agrippa fortement ses hanches pour le soulever contre lui, l’adossant au mur. Il savait que le geste pouvait lui coûter tous ses efforts, mais il avait envie de lui, maintenant.
Nanahara-kun avait encaissé le choc de s’être fait projeter contre le mur et d’être ainsi porté et coincé contre lui. La respiration de Mikhail faisait bouger leurs deux corps : il était à bout. Il attendit sa réaction, refrénant son envie de le pénétrer à la seconde. Son sexe frôlait son anus et s’y posait de plus en plus franchement à mesure qu’il le laissait redescendre contre lui.
- Merde… Nanakun… Frappe-moi maintenant si tu ne veux pas, parce que je ne vais pas pouvoir me retenir… Lâcha-t-il, pris entre deux feux.

Pour toute réponse, Nanahara-kun entoura son cou de ses bras et avança son bassin afin de sentir davantage son sexe en lui. Mikhail mit du temps avant de réaliser ce qu’il se passait et resta là, les yeux hagards de le sentir se coller à lui de lui-même.
Et sans colère.
- Eh bien quoi, c’est tout ce que tu as dans le ventre ? Le piqua-t-il au vif.
- Pourquoi, tu en veux plus dans le cul ? Lui sourit Mikhail, soulagé de ne plus le voir réticent.
- Ouais… Lui chuchota-t-il langoureusement à l’oreille, jouant avec ses nerfs.
- Putain… Nanakun… Se crispa Mikhail en s’enfonçant davantage en lui, je ne veux pas te faire mal.
- T’as pas intérêt… de toute façon… Haletait Nanakun, en prenant tout son sexe en lui.

Mikhail le prit contre lui, plus près, et chercha à se réconforter par ses baisers ardents. Il ne cessait de le caresser à chaque coup de reins, d’observer ses réactions pour s’adapter à lui, d’écouter ses moindres gémissements afin de le satisfaire, de ne lui donner que ce qu’il aimait. Nanahara-kun se lovait contre lui, s’y attachant comme une bouée et il enfouit sa tête dans le creux de son épaule, étourdi.
- Encore… Entendit-il murmurer vaguement.

Mikhail accentua la pression en soulevant davantage ses jambes et en relevant son bassin. Les bruits de succion l’excitaient tellement qu’il s’accrochait à lui, se perdant dans la chaleur de ce corps qui se livrait enfin avec sincérité. Nanahara-kun s’agrippait à lui de toutes ses forces, blotti contre lui, gémissant sans se retenir et parfois, il sentait ses lèvres dans le creux de sa nuque bouger contre sa peau, éperdues. Il n’avait pas besoin de mots. Tout se disait à présent entre leurs deux corps qui communiquaient avec toute la sensualité qu’ils possédaient.
« Я tебя люблю », pensaient-ils en leur for intérieur.

Lorsque Mikhail sentit Nanahara-kun se contracter plus que de coutume, il s’accroupit au sol, et, à la dernière minute où il sentait l’orgasme de son petit uke venir, il se pencha sur son érection et le prit entièrement dans sa bouche en entendant ses cris de plaisir à mesure qu’il venait sur sa langue.
- Haa… Haa… Se crispait Nanakun, agité de frissons, ne sachant plus trop où il se trouvait.

Alors, Mikhail replongea en lui à quatre pattes au-dessus de Nanakun qui tremblait encore et posa son front contre le sien, se laissant envahir par cette montée en puissance qui menaçait d’exploser. Il éjacula dans ce cocon chaud qui vibrait, l’aspirant et se contractant autour de son sexe qui se vidait de plaisir.
- Mhmm… Grognait-il, la sueur goûtant sur son corps enfin rassasié.

Il s’écroula sur son amant qu’il venait de faire sien et lui caressa le visage en le prenant dans ses bras. Nanakun rouvrit les yeux, se rendant parfaitement compte de la situation, mais l’entoura de ses bras. Il ne pouvait plus nier que c’était de lui dont il avait besoin.

**********************

Tena faillit applaudir. Elle en avait eu de la chance ! Deux scènes pour le prix d’une ! Elle en avait oublié de tenir Eun au courant…

**********************

- J’en ai marre de tes conneries Misaki ! Je tiens plus, là ! Laisse-moi passer !
- Eh ! Mais, arrête ! Tu vas nous faire découvrir ! Risposta Misaki en essayant de le retenir, mais elle n’avait aucun appui sérieux sur cette corde d’amarrage.

Au moment où Akihito sautait sur le pont et que Misaki le rejoignit, une horde d’hommes déclenchèrent leur arme.
Encerclés comme ils étaient, Misaki se figea en se collant à Takaba. Avec autant d’armes braquées sur eux, ils ne s’en sortiraient jamais vivants, même avec Nick dans les parages…

********************

- Merde ! Putain ! Asami ! J’arriverais pas à tous les dégommer ! Il faut que tu dises aux hommes d’Eun de se charger du groupe de 5 au Nord, je me charge du reste, mais s’ils font feu maintenant, on va les perdre tous les deux !




Voilà la suite !!!!!! Un peu de tragique, un peu de mélodramatique, avant de clôturer... (si j'y arrive !!!)

CHAPITRE 9 :

- CASSIE ! NOOON ! Hurla Yoh en se précipitant sur elle, après la détonation.

Il lui sauta littéralement dessus, la faisant basculer lourdement au sol, un bruit métallique venant frapper la rambarde de sécurité. Un coup d’œil lui suffit pour voir le revolver glisser à terre violemment. Paniqué, il la prit dans ses bras et souleva son visage, cherchant la blessure, en vain.
Yoh mit un certain temps avant de comprendre. Une silhouette derrière lui venait de tirer.
Tena.
- Eh bien, j’arrive à temps, à ce que je vois…

Elle avait tiré en visant l’arme de Cassie avant qu’elle ne commette l’irréparable.
- Tu… t’inquiètes pour moi ?! Murmura sarcastiquement Cassie, entre ses bras.
- PUTAIN ! Se mit-il à hurler en la clouant au sol. Comment t’as osé faire ça ? Hein ? Aller jusque-là ! Te tuer devant mes yeux, mais t’as perdu la tête ma parole ?!

Cassie le regarda, effarée, et secouée comme un prunier par un Yoh méconnaissable. C’était bien la première fois qu’elle le voyait sortir de ses gonds. Il lui hurlait dessus, ma parole ! Ébahie, elle le laissa se vider de sa colère, de sa peur, et de ses émotions qui le torturaient. Elle sentait tout son corps se crisper contre elle, de rage. Il avait perdu toute maîtrise…
Pour elle…
Yoh, enragé, se dressait au-dessus d’elle, lui crachant au visage toute l’angoisse qu’il avait ressentie en la voyant se mettre une balle en pleine tête.
- MERDE ! Tu me fais chier, Cassie ! Tu comprends, ça ? Comment en es-tu arrivée là ? Plus jamais, ça, t’entends ?! Tu… Haletait-il, à bout de force.

Cassie attendit qu’il se calme, et répondit avec douceur, droit dans les yeux.
- Je te l’ai dit, Yoh… Si tu n’es pas à mes côtés, je ne souhaite pas vivre…

Elle crut qu’il allait la frapper. Ses traits se tendirent à l’extrême, mesurant toute l’ampleur de ses mots. Et, pour la première fois, il se sentit démuni, sans savoir ni quoi faire ni quoi répondre. Il commença à se redresser, préférant mettre de la distance avec cette situation qu’il ne savait pas gérer.
Fuir. Il fallait fuir. Il n’avait pas d’autres moyens. Cette femme allait l’anéantir.
Mais, au moment où il s’apprêtait à tourner les talons, un corps se précipita dans ses bras avec force. Cassie s’agrippa à lui dans une étreinte jamais offerte jusque-là. Sans hésitation, elle s’était jetée contre lui pour le retenir.
- Cette fois-là, je n’ai pas été capable de te le montrer, même si je le désirais tout au fond de moi. Alors, aujourd’hui, laisse-moi t’empêcher de partir. Laisse-moi te retenir… T’avoir vu partir m’a déchirée, Yoh… J’avais peur sans toi… Je n’ai pas été à la hauteur de tes attentes, et… je m’en veux tellement, parce que toi, tu ne m’as jamais déçue…
- Cassie… Essaya de rétorquer Yoh, véritablement mal à l’aise de la voir se livrer ainsi, et refusant de la prendre dans ses bras.
- Je t’aime.

Yoh retint son souffle. Une immense décharge électrique se répandit dans son corps, le foudroyant littéralement. Il avait toujours voulu la préserver, la protéger de ce monde dans lequel il vivait. Mais, à présent, il avait choisi une autre voie. Une voie dans laquelle il ne voulait pas la plonger. L’issue en était forcément fatale et elle continuait à risquer sa vie pour lui…
Il ne voulait pas ça.
Jamais.
- Si tu m’aimes, Cass… Alors, laisse-moi partir et vis loin de moi… Vis et refais ta vie…

Un silence tortueux s’installa quelques secondes.
- Je n’ai pas peur de la mort, Yoh. Je n’ai pas peur des coups. Tu cherches à me protéger, mais celui qui me fait du mal, c’est toi. Celui qui m’inflige la plus grande des souffrances, c’est toi. Celui qui me torturera en partant, qui me transpercera le cœur, qui m’abattra sans merci, qui foutra ma vie en l’air et qui m’anéantira, ce ne sera personne d’autre que toi… Alors, laisse-moi te dire que tu as échoué, Yoh. Toi qui voulais soi-disant me préserver de ce monde, tu m’en as créé un bien plus atroce. Tu m’as abandonnée à une autre forme de mort pire qu’une balle en pleine tête, et qui va me suivre à distance, sans relâche. Tu auras fini par devenir celui de qui tu as toujours voulu me protéger…

Cassie se détacha lentement de lui, sans le regarder dans les yeux, résignée.
Yoh se figea, avalant ses paroles avec difficulté. Tiraillé entre le désespoir de celle qu’il aimait et sa position, il ne parvenait pas à trouver la bonne façon d’agir. Dans son cœur, on lui dictait des choses qui allaient à l’encontre de tous ses principes et de toute son obéissance en tant que bras droit de la mafia.
C’est l’agitation sur le pont inférieur qui fit sauter la tension et leur fit reprendre le cours des événements.
- Feil… Se murmura Yoh à lui-même, en se rendant compte qu’il venait de manquer à ses ordres et ne se trouvait pas auprès de lui pour le protéger.
- Misaki ! Takaba ! S’écria Cassie en les voyant encerclés par les Chinois.


- C’est bon, Asami, Tena s’en charge, tu peux lui faire confiance ! Assura Mookyul.

Mookyul raccrocha, et une détonation se fit bientôt entendre. Il rangea le téléphone et sortit son arme. Cette fois, il était temps de se mouiller lui-même. Russes ou pas, il n’allait pas attendre bien sagement alors que ses troupes étaient au front. L’adrénaline s’insuffla en lui, faisant trembler ses mains d’excitation, quand soudain il entendit des cris étouffés très aigus.
Il se retourna et vit la voiture où était Bibi s’ébranler dans tous les sens. Il plissa les yeux pour faire la netteté et s’aperçut que celle qui lui donnait du fil à retordre s’agitait en hurlant après lui. Mookyul eut une seconde d’hésitation. S’il y allait maintenant, il perdrait du temps. Pourtant, son visage marquait une terrible inquiétude. Se passait-il quelque chose ? Elle semblait l’appeler, comme terrifiée… S’il n’allait pas vérifier, il s’en voudrait. Peut-être était-ce quelque chose de grave pour qu’elle s’agite de cette façon.
Il se rapprocha et, d’un coup de télécommande, abaissa une vitre.
- N’Y VA PAS !!! S’échappa de la voiture, et le cri le stupéfia un instant.

L’insonorisation marchait plutôt bien, car le débit de sa voix était hallucinant, il en avait été presque assommé.
- De… quoi ? Demanda-t-il, perplexe.
- Ton arme… Qu’est-ce que tu t’apprêtes à faire ? Pleurait presque Bibi, l’attrapant à la chemise à travers la fenêtre.
- Eh… Qu’est-ce qui t’arrive ? Essaya-t-il de la calmer, ne comprenant pas vraiment pourquoi elle était dans un tel état. Je ne vais pas te tuer, t’inquiètes pas, alors reste sage, tu veux ?
- MOOKYUL ! S’égosilla-t-elle, je ne veux pas que tu ailles te faire tuer ! N’y va pas ! Sanglotait-elle.
- Hein ? C’est… C’est une ruse pour sortir ou quoi ? Répliqua-t-il, sidéré.

Bibi se tut, comme achevée par ces dernières paroles. Profondément blessée de voir qu’il ne pouvait imaginer un seul instant qu’elle eut peur pour lui, elle se rendit compte de l’image affreuse qu’il avait d’elle. Ou plutôt qu’elle avait donné d’elle-même… Incapable de sentiments…
Muette de douleur, elle lâcha le pli de sa chemise et recula dans l’habitacle, comme un animal se réfugie dans sa tanière, refusant d’attaquer. Mookyul n’envisageait même pas qu’elle puisse s’inquiéter pour lui…
La voyant perdue, il s’engouffra dans la voiture et la colla à son torse.
- Je ne peux pas te laisser sortir pour l’instant, d’accord ?
- Je… Tenta Bibi, qui ne trouva pas ses mots.

Mookyul lui tapota la tête, et sans qu’il ne puisse l’appréhender, Bibi prit ses lèvres avec douceur. Il ne comprit pas la portée de ce geste et se laissa faire, décontenancé. Après lui avoir effleuré le visage d’une tendre caresse, Bibi rompit le baiser la tête basse, espérant qu’il comprenne, cette fois, ce qui lui faisait vraiment peur.
- Je n’ai qu’une promesse. Attends juste encore un peu et tu verras ta Baba-chan… La rassura-t-il. Tu n’as pas besoin de faire ça.

D’un geste violent, elle le repoussa, blessée qu’il se l’imagine se servant de lui pour obtenir des faveurs.
- VA-T-EN ! Hurla-t-elle pour repousser les sanglots qui lui montaient à la gorge.
- Cria celle qui disait « N’y va pas » il y a deux secondes…
- Va te faire tuer, je m’en fiche !
- Tu ne sais pas ce que tu veux, hein ? Dis-moi juste « respecte ta promesse » au lieu de tergiverser. Je ne suis qu’un pion pour que tu retrouves ta Baba, n’est-ce pas ?
- Va-t-en… Murmura-t-elle, terrassée, en lui tournant le dos afin qu’il ne voie pas ses larmes.
- Ouais, c’est ce que je vais faire. Définitivement.

Bibi entendit la porte claquer à cette sentence qui la déchirait. Elle n’était même pas capable de lui dire correctement ce qu’elle ressentait… Et la fin qui devait arriver était toute proche. Irrémédiable. Se retrouver devant l’homme qu’elle aimait, le voir partir sans oser lui avouer ses sentiments… Quelle lâche elle faisait… Dans tous les Harlequins, les héroïnes, même les pires, parvenaient à exprimer leur amour, alors, pourquoi pas elle, hein ? Le Rouge Passion ou la collection Désirs ne voulaient pas d’elle non plus ? À force de douter de tout, des hommes, et de Mookyul, qu’avait-elle gagné ? Rien…
Les regrets ou les remords ? Elle vivrait avec ses regrets pleins la tête… Et ce n’était pas faute d’avoir eu l’opportunité de se déclarer…
Entre Baba et lui… Elle lui avait fait croire qu’il ne comptait pas…
Mais, comment aurait-elle pu lui prouver le contraire ?
Cela lui traversa l’esprit comme un éclair jaillit du ciel.
En était-elle seulement capable ?


Nekkun se figea. Il ressentait un grand danger provenant du bateau.
- Quoi ? Qu’est-ce t’as ? Se rhabillait Grimmjow, décelant chez son chaton une inquiétude à peine dissimulée.
- T’es venu avec qui au juste ?
- Hein ?
- T’es venu foutre le bordel sur ce bateau en t’en prenant à Fei Long ? L’accusa-t-il aussitôt.
- Hé, deux tons plus bas, tu veux ? Pas la peine de hérisser tes poils… J’ai juste assommé quelques hommes qui me barraient le passage. Fei Long va pas m’en tenir rigueur pour ça…
- Il se passe quelque chose en haut…
- Fei Long n’est plus ton chef, je te signale ! Grogna la panthère, reprenant vite le dessus sur ce chaton qui essayait encore de s’enfuir.
- Ah oui ? Parce que tu crois peut-être que c’est toi ?
- Que tu le veuilles ou non, oui.
- Tu peux crever la bouche ouverte, t’entends ?!
- Ça y est, c’est reparti… Tu veux vraiment que je te remette un coup ou quoi ? Ironisa-t-il en stoppant la remontée de son caleçon d’un œil entendu.
- Va te faire foutre !
- Tu me ferais ça ?! À voir… Si t’es doué, j’ai rien contre…
- Tu… Espèce de sale…

Grimmjow bondit sur lui, perdant patience et le plaqua au sol, rageusement.
- T’as dit que tu venais avec moi, alors, ne reviens pas sur ta parole ! Joue pas à ça avec moi ! S’énerva la masse qui l’étouffait.
- Fais… pas le con… Gémit Nekkun sous son poids écrasant. Putain… Grimmjow !

Ce dernier s’immobilisa à ce prénom dans la bouche du petit matou. Il s’énervait trop facilement quand il s’agissait de lui, et apparemment, il se méprenait. Le petit chat ne se défendait pas comme il aurait pu le faire et ses yeux ne le trahissaient pas.
- Merde… Tu me fais perdre tous mes moyens, t’es content ?! Avoua le bleuté, en desserrant son étreinte. Joue pas avec mes nerfs…
- Pfff… Tu me fais quoi, là ? Une déclaration ? Se moqua Nekkun, un sourire narquois aux lèvres.
- Ben, en tout cas, c’est pas toi qui en serais capable… ! Sale froussard que tu es ! Se défendit Grimmy.
- P’tain, ce que t’es chiant… S’exaspéra Nekkun en rapprochant son visage du sien sans ménagement. Tu veux quoi de plus, hein ?

Et il l’embrassa à pleine bouche pour lui clouer le bec, immisçant sa langue pour le rassurer. Sa réaction ne se fit pas attendre et la panthère le prit dans ses bras, fiévreux.
C’est le coup de feu qui rompit leur étreinte brutalement. Grimmjow se releva instantanément, à l’affût du moindre bruit.
- Tu vois, je te l’avais dit qu’il se passait des choses bizarres…
- Reste là, je reviens te chercher dès que j’aurai réglé le problème.
- Non, mais j’espère que tu plaisantes, là ?!

Grimmy lui lança un regard qui disait que non, et la porte s’ouvrit à la dérobée au même moment.
- Onii-san ! Y’a les Coréens et les Jap sur le bateau qui donnent l’assaut ! Annonça Nanahara, en dévisageant Nekkun de haut en bas, sans ménagement.

Les deux Uke s’affrontèrent du regard un instant et Mikhail rompit la glace.
- Je t’en dois une, Grimmjow… Merci pour le coup de mains…
- Hein… ? Se retourna Hara-kun, qui se pétrifia sur place, ayant peur de comprendre.
- De rien… Se mit à rire la panthère, je vois que t’as enfin réussi à l’attraper…
- Ouais… Et je te remercie…
- Par contre, je vais pas te le dire deux fois, mais t’as plutôt intérêt à bien t’en occuper, sinon t’auras affaire à moi…
- Je crois que tu devrais plutôt dire ça à ton frère, il est pas vraiment du genre gentil et affectueux avec moi…
- ALBATOV ! L’interrompit Hara-kun, honteux qu’ils puissent en parler avec autant de facilité.
- Oui… Oui… Ça va, t’énerve pas… Tu veux pas être mignon pour une fois ? Le tapota Mikhail, sans le prendre au sérieux. Et je vois que de ton côté, t’as enfin eu la prise que tu voulais…
- Par… Pardon ? Se tétanisa Nekkun, en serrant les poings. Tu parles de qui, là, hein ?
- Va pas me l’énerver, Mikhail, s’il te plaît… Répliqua Grimmjow en souriant. C’est pas me rendre service, là… Joua-t-il les penauds.

Ils rirent de bon cœur en sortant de la pièce, laissant Nekkun et Hara-kun complètement hagards et furieux.
- Ne parle pas à mon frère comme ça, toi ! Pesta Nanahara, se donnant bonne contenance.
- J’ai pas d’ordres à recevoir de toi !
- Tu l’aimes ?
- Qu… Quoi ? S’empourpra le chaton, pris de court par la question.

Mais les yeux du petit frère ne plaisantaient pas. Sa remarque n’avait pas pour but de le ridiculiser, mais plutôt de s’assurer de la confiance qu’il pouvait lui donner, et de la franchise dont il pouvait faire preuve.
- Ouais, ça te pose un problème ? Répondit Nekkun, le regard plein de mépris pour couvrir sa honte.
- Je sais pas pourquoi mon frère t’aime, mais en tout cas, t’as pas intérêt à le doubler, s’adoucit Nanahara, visiblement rassuré pour être capable d’avouer une telle chose.
- Merci.
- Mhmm… Bougonna Nanakun, mal à l’aise.


- CASSIE ! Hurla Baba, retenue par les bras agiles de Fei Long, qui sentait monter en lui la menace. Feil ! Ne lui fais pas de mal !
- Arrête ça ! Descends en bas tout de suite ! Essaya-t-il de la calmer.
- JAMAIS ! Je t’en prie… ! Commençait-elle à sangloter.

Fei Long crispa les poings. Se mettre dans des états pareils n’était pas bon ni pour elle, ni pour le bébé. Le stress était plutôt à éviter, et pourtant, lui qui avait pris toutes les précautions, voilà que ça dérapait…
Il tourna le visage et leva la main pour ordonner à ses hommes de faire face aux deux silhouettes qui venaient de sauter sur le pont.
Il faillit s’étrangler. Au lieu de ça, ses yeux se glacèrent à la vue de celui dont il voulait protéger Baba… Il ne le laisserait pas intervenir. Il ne le laisserait pas s’immiscer dans sa vie. Il… ne le laisserait pas en vie.
Fei Long dit une phrase en chinois à l’adresse d’un de ses hommes et Calinours se retourna, visiblement choquée. Baba comprit tout de suite que celui qu’elle aimait n’allait pas l’écouter et pire…
Lorsqu’elle vit un homme l’approcher, elle se débattit de toutes ses forces.
- Je t’interdis Feil ! Je… Ne me touchez pas ! Si jamais il m’approche, je me jette par-dessus bord ! Hurla-t-elle désespérément.
- LAISSE-LA TRANQUILLE, intervint Takaba, malgré sa position.

Le mafieux lui décocha un regard si noir qu’il se demanda si on n’allait pas l’abattre sur le champ. Instinctivement, Misaki le couvrit de son corps et lâcha son arme.
- Ne tirez pas ! Tenta-t-elle, au vu de la piètre situation dans laquelle ils se trouvaient.

Elle songea à Nick et parvint à garder son self-control. Avec lui dans les parages, elle serait en sécurité. Mais, ça s’annonçait plutôt mal… Surtout que le maître de Baishe venait de lever une arme, visant Takaba à travers elle.
- FEIL ! Hurla Baba qui s’agitait comme une damnée. JE NE TE PARDONNERAI PAS ! Si tu fais ça… Alors… Essaya-t-elle, décomposée de voir autant de détermination dans son regard.
- Je sais que tu ne me comprendras pas, mais… Je n’ai pas le choix… Rétorqua Fei Long en chargeant son flingue et en visant.

La tension était à son comble, mais, ce sont des pas tranquilles sur le navire qui retinrent son attention sur la droite, et qui l’empêchèrent de tirer.
- Fei Long… Tu n’as pas besoin de faire ça.
- ASAMI ! Cria Takaba, ne masquant pas sa joie de le voir arriver.

Au moment où les hommes quittèrent leur cible pour se tourner vers le chef de la mafia japonaise, Nick et Mookyul contrèrent l’assaut de part et d'autre du cercle, aidés des hommes de main coréens. Le pont du bateau ressemblait à un champ de guerre où tous les hommes étaient parés au combat final. Le moindre geste pourrait être fatal pour tous…
Finalement, Asami leva sa main doucement en montrant son arme.
- Je ne suis pas venu ici pour me battre, Fei… Discutons calmement…
- C’EST HORS DE QUESTION ! Pour qui te prends-tu, Asami ? Je ne le laisserai pas partir d’ici vivant !
- Si on en vient à faire partie de la même famille, je cesserai de me battre contre toi. Takaba n’est pas ton ennemi, Fei. Au contraire. Accepte-le en tant que tel.
- Si jamais tu t’avises de…
- C’est le frère de celle que tu aimes, non ? Balança Asami pour crever définitivement l’abcès.

Un silence de mort s’installa durant quelques interminables secondes.
- Co… Comment ? Bégaya Baba, dans l’incompréhension.
- Hein ? S’étouffa Akihito, sous le choc.

Le visage de Fei Long se décomposa comme s’il venait de tout perdre. L’amant du chef de la mafia japonaise comme beau-frère ? C’était impossible ! Pas dans leur monde ! Pas dans leur guerre ! Il ne voulait pas que cela interfère avec ses affaires ! Cela empièterait sur ses actions à venir…
- Et… tu le savais, Feil ? Lui reprocha Baba, les larmes aux yeux. Et… tu n’as rien dit ?
- C’est moi qui ai demandé à Cassie de le prendre chez elle afin qu’ils se rencontrent, Feil, intervint Asami. Je n’ai pas peur des conséquences, tu entends ? Je te le redis, que nous soyons liés dorénavant n’est pas un mal. Ne le vois pas comme une entrave !
- Ne me dis pas ce que je dois faire ! Vociféra Fei Long, hors de lui. Tu n’as aucun droit ! Comment as-tu osé ?! Toi, et tes hommes, on ne peut pas s’entendre, tu le sais parfaitement ! Je ne pardonnerai jamais ce que tu viens de faire ! Et ne crois pas que tu vas t’en tirer aussi facilement ! Tu voulais récupérer Baba, c’est ça, hein ? Me démunir de ce que j’ai ?! Alors, moi aussi, je vais détruire ce que tu as de plus précieux au monde !

Nick prit Misaki et la poussa brutalement en arrière, pressentant l’affrontement sur le point d’éclater. Mookyul visa Feil, et Asami se précipita sur Aki, mais ce dernier les prit de court, en avançant vers Fei Long, les bras levés.
- Je ne vois pas en quoi je serai un obstacle entre toi et Baba-chan ! Annonça-t-il, la voix étranglée. Je… Vous vous servez tous de nous comme de vulgaires jouets, mais elle représente quoi pour toi, Baba-chan, hein ? Tu ne penses pas à ce qu’elle ressent ? T’es bien pareil qu’Asami, alors ! Vous vous fichez complètement de nous ! Tout ce qui vous intéresse, c’est de nous posséder comme de vulgaires poupées de chiffon ! Et à chaque fois, on se retrouve au milieu d’un carnage et c’est nous qui devrions en prendre l’entière responsabilité ? Vous me faites rire ! Vous êtes les pires ! On n’a jamais rien demandé ! Et en plus, vous voudriez nous éloigner de notre famille ? Je savais même pas que j’avais une sœur ! Et elle mérite pas ça ! Elle te mérite pas ! Si tu la respectais, jamais tu ne l’aurais empêché de me connaître ! JE VOUS DÉTESTE ! Alors, c’est quoi la prochaine étape, hein ? Me tuer sous les yeux de ma sœur ? Nous séparer ?
- Aki… Murmura Baba en s’approchant de lui.

Cette fois, Fei Long la laissa faire et la regarda s’agenouiller pour prendre son petit frère en pleurs dans les bras. Il regarda Asami, la main encore sur la gâchette, mais la mine renfrognée de son ennemi juré l’interpella. Ce sale gamin l’avait retourné. Il les avait touchés tous les deux en plein cœur avec sa franchise et sa pureté d’âme…
Ce gosse avait raison. Comment avait-il pu concevoir de séparer une famille alors que lui-même en avait terriblement manqué… Il abaissa son arme et tourna les talons en faisant signe à ses hommes de faire de même.
- FEIL ! Coupa Baba, avec force. Je n’ai jamais dit que je t’abandonnais !
- Mais… Tu… Ton frère…
- Si tu es d’accord pour ne pas lui faire de mal et me laisser le voir quand j’en ai envie, alors, je reste auprès de toi, comme je te l’ai promis…
- Tu n’as pas envie de ça, Baba-chan. Ta vie est auprès d’eux, pas dans mon monde.
- Alors, CHANGE-LE TON PUTAIN DE MONDE ! Change-le pour elle ! Change-le et arrêtez ça ! Cria Takaba avec véhémence.

Asami se durcit davantage. Tous les mots que son amant prononçait lui étaient également adressés. Akihito avait souffert de son univers, à maintes reprises. Et il en avait assez… Le chef de la mafia avait espéré pouvoir allier les deux, mais… il n’avait fait que ronger la pureté de son amant en l’entraînant dans sa violence.
- Ce n’est pas si facile, Akihito… Murmura le Baishe, calmement. Pour des hommes comme Asami et moi, se retirer, c’est mourir, est-ce ça que tu veux ?
- Je…
- Ça suffit, Takaba ! Grogna Asami. C’est bon, Fei, on en reste là. Laisse-le partir et on en fera tous de même.
- Je ne te prendrai pas avec moi, Baba… Clôtura Fei, tranchant. La vérité, c’est que, tu n’as effectivement rien à faire dans mon monde…

Akihito sentit Baba s’effondrer dans ses bras à ces dernières paroles, anéanti de s’apercevoir que tout était sa faute…



- Tena, tu veux bien ramener Bibi ici, s’il te plaît.
- Hein ? Mais…
- Quoi ? S’énerva Mookyul, anxieux.
- C’est que… Elle est partie…
- Co… Comment ? Cherche bien ! Elle a dû essayer de venir jusqu’au bateau d’elle-même pour voir sa Baba…
- Non.
- Tu veux bien m’expliquer ? Pesta-t-il devant sa réponse catégorique.
- Elle a demandé à ce qu’on la ramène chez elle. C’est Irvy qui s’en est chargé… Et à bon port.
- Quoi ? Mais, qu’est-ce que tu racontes ? C’est impossible ! Elle a fait des pieds et des mains pour venir jusqu’ici dans l’unique but de voir Baba… Qu’est-ce qui lui a pris ?
- J’sais pas… Irvy m’a juste dit un truc du genre elle était en larmes, et que c’était de sa faute si t’allais te faire tuer ou je sais plus quoi… Poursuivit Tena d’un air complètement détaché. J’ai pas trop saisi le rapport…

Mookyul se décomposa. Puis se mit à sourire étrangement.
- Ouah ! Tu fais peur à sourire comme ça, tu sais ?
- La ferme, Tena !
- Qu’est-ce qui te rend si heureux ?
- L’heure du repas… Conclut-il, énigmatique.


- Cass, tu vas bien ? S’enquit Ryuichi à sa sœur, en lui caressant le visage.
- Je suis… fatiguée… Se pelotonna-t-elle dans les bras de son frère en fermant les yeux.
- Ne t’inquiète pas, je vais te ramener… Lui glissa-t-il tendrement à l’oreille, en regardant Akihito partir avec Misaki et Baba sans lui jeter un seul regard.

Pour la première fois, il venait de perdre une bataille. Et il semblait bien que tout le monde sur ce bateau souffrait de ces coups du sort qui vous arrachent à votre bonheur passé. Pour toujours…


Nekkun regarda la scène avec stupéfaction et cela lui serra la poitrine.
- Je suis désolé, Grimmjow, mais… Je ne peux pas te suivre… Je n’abandonnerai pas Fei Long-sama…



Calinours resta pétrifiée un instant devant son « frère » et, dans un geste incontrôlé, le gifla de toutes ses forces.
- Je ne t’aurais jamais cru si faible ! À mes yeux, tu ne peux pas être mon « frère » ! Tu n’es qu’un lâche !




Chapitre 10 :

Voilà la suite ! Bon, comme la fin n'aurait pas été possible en une seule fois, je vais la faire en plusieurs épisodes... CHaque nouveau chapitre éditera la fin d'un couple... Et voici la fin pour Bibi...[/color]
Bibi s’effondra sur son canapé, ne retenant pas ses larmes. Elle étreignit le coussin comme s’il s’agissait d’un cocon chaud et apaisant.
Seule.
Elle était seule.
Seule par sa faute.
Seule pour n’avoir pas su garder celui qu’elle aimait. De n’avoir pas su lui dire les mots. De n’avoir pas pu dépasser ses peurs. On venait de lui arracher le cœur. La douleur était si présente que cela l’oppressait, faisant sortir les sanglots par saccades. Tout autour d’elle partait en fumée… Parce qu’elle venait de se rendre compte que le « tout » n’était qu’une seule et même personne.
Baba, Cassie, Calinours et Misaki avaient toujours été là. Mookyul aussi. Même dans l’ombre, il n’avait jamais quitté sa vie, il n’avait jamais cessé de la poursuivre et de la vouloir. Ces derniers mots l’avaient déchirée…
Il était ce « tout » qui faisait charnière dans sa vie, il était ce « tout » qui la rassurait, il était ce « tout » qui l’aimait parce qu’il était « tout » pour elle.
On ne s’aperçoit de ça que lorsqu’on l’a perdu… C’était bien connu…
Pourtant, la souffrance ne s’était réveillée qu’à cet instant où il l’abandonnait. Au moment où il avait prononcé ces mots. Elle avait toujours su qu’en étant trop proche de lui, elle souffrirait.
Et cela s’était produit.
Elle qui avait tout fait pour se protéger de lui, se préserver de ce mal qui s’insinue dans vos veines et vous consume ; elle qui l’avait fui pour ne pas sombrer dans cet attachement qui vous torture. Ce démon l’avait fait plonger. Et elle le détestait pour ça !
S’attacher, c’était forcément subir les foudres de ce mal, tout comme Cassie, Baba, Misaki et même ce crétin d’Aki en avaient fait les frais…
Même si elle avait cherché à l’éviter, Mookyul l’y avait précipitée…

BIP

Bibi sursauta et sortit son portable. Elle était rentrée comme une voleuse sans même avoir pris la peine de savoir ce qu’il s’était passé sur le bateau… Et si jamais… Son cœur s’écrasa dans sa poitrine à la vue de ce numéro… et du message :
« Ouvre-moi ».
Bibi se pétrifia sur place et sa première réaction fut de faire la morte afin qu’il croie qu’elle n’était pas chez elle.
BIP

« Je sais que tu es là. J’entends le bip de ton téléphone d’ici. »

Bibi se terra dans l’assise du sofa, comme pour s’y fondre, le rouge aux joues d’avoir été découverte.

Toc Toc

Bibi, affolée, le cœur battant à rompre, tourna la tête vers le bruit qui venait de cogner contre sa porte d’entrée.
- Bibi… Ouvre… Baba est avec moi…

D’un bond, elle se précipita dans l’entrée et plaqua ses mains, prête à ouvrir, puis s’arrêta, en baissant la tête.
- Menteur… Murmura-t-elle, honteuse de s’y être laissée prendre.
- Ouvre.
- Non…
- Ouvre.
- Tu… Tu mens tout le temps…
- Et toi, tu pleures souvent ces derniers temps.

Bibi faillit s’étrangler. Il y avait tellement de douceur dans sa voix qu’elle pouvait voir son expression malgré le mur qui les séparait. Il ne fallait pas qu’elle craque… Ce n’était qu’un mauvais moment à passer. Elle pleurerait pendant quelques jours, quelques semaines et puis, à force, elle oublierait… Si elle lui ouvrait maintenant, la souffrance ne ferait que croître.
- Va-t-en, s’il te plaît… Chuchota-t-elle, à bout de force.
- J’ai faim.
- Co… Comment ? Releva-t-elle la tête, surprise et presque amusée par la réplique.
- Écoute, je suis crevé, je suis affamé, et trempé par-dessus le marché. J’ai fait tout le chemin jusqu’ici, tu crois pas que c’est la moindre des choses que de me laisser entrer après tout ce que j’ai fait pour toi, aujourd’hui ?
- Je…
- Tu ne veux même pas savoir comment ça s’est fini ?
- …
- Ouvre.
- …
- S’il te plaît.
- …
- Je vais avoir une pneumonie par ta faute, et ça ne se fait pas de laisser quelqu’un mourir de faim.
- T’es trop coriace pour mourir de faim ! Répliqua-t-elle, retrouvant peu à peu leur jeu d’antan.
- J’ai froid. Je suis trempé. J’ai faim.
- Je suis pas à ton service. Demande à tes employés de faire tout ça pour toi.
- …

Bibi hésita, mais ne le voyant pas répondre, son corps bougea tout seul, rongé par la peur de le voir partir, et elle ouvrit la porte.
Crispée de le voir, quelle ne fut pas sa surprise de le voir effectivement trempé de la tête aux pieds. Cela rassura toutes ses craintes et son côté protecteur prit le dessus.
- T’as une sale tête. Tu fais encore plus peur que d’habitude ! Déclara-t-elle, un petit sourire narquois sur les lèvres, moqueuse.
- T’es pas mieux, je te signale… Pencha-t-il la tête de côté en observant son visage encore souillé de larmes.

Instinctivement, elle essuya ses joues, gênée et presque prête à lui rabattre la porte au nez. Mais son comportement n’était pas celui qu’elle connaissait. D’habitude, il aurait tôt fait de coincer son pied dans l’embrasure et de forcer le passage pour entrer chez elle. Il en avait toujours fait qu’à sa tête.
Là, il se contentait de rester sagement sur le perron, attendant un signe de sa part.
- Reste pas là, tu vas effrayer mes voisins ! Mais, je te préviens, ne salope pas tout chez moi ! Lui tourna-t-elle le dos afin de le laisser entrer.
- Trop aimable…
- Tu… t’es ici chez moi, alors… Pas de coup fourré, hein ! Tu fais ce que je dis ! Essaya-t-elle de masquer son trouble.
- Oui, chef.

Bibi se retourna, l’œil mauvais, soupçonnant quelques remarques ironiques, mais il semblait tout à fait détendu et son aura de bête assoiffée de sexe ne transparaissait pas.
- Ce serait trop demandé à Bibi-sama de vouloir emprunter sa douche ?
- Non. Mais, laisse tout en ordre !
- Pfff… Arrête de t’agiter comme ça… Je suis pas un envahisseur… La dépassa-t-il, prenant mal le fait qu’elle pense encore à mal à son propos.

Lorsque Mookyul réapparut, Bibi avait déposé différents petits plats sur la table.
- Tu manges, et une fois que tes vêtements sont secs, tu déguerpis d’ici et je ne te dois plus rien, lança Bibi du canapé où elle avait repris place.
- Tu ne me laisseras pas t’approcher, hein ?

Bibi se crispa à cette remarque et tout son corps fut envahi par une soudaine chaleur. Elle n’osa pas tourner la tête vers lui. Elle ne voulait pas en parler. Jamais. Elle devait le rayer de sa vie…
- J’ai toujours cru pouvoir lire en toi comme dans un livre ouvert, princesse. Mais, à force de me heurter à des refus, certaines de mes convictions s’ébranlent. Dis-moi juste une chose franchement, et après, je te laisserai tranquille. Je suis venu ici parce que je pensais que tu avais des sentiments pour moi que tu n’arrivais pas à m’avouer. Si ce n’est vraiment pas le cas, je m’en vais tout de suite et tu n’entendras plus jamais parler de moi. Alors, sois franche : j’ai raison ou j’ai tort sur tes sentiments pour moi ?

Bibi crut défaillir à cette soudaine franchise. Elle se retourna, muette comme une carpe, mais ses yeux se posèrent sur un torse nu et humide, un corps dont les hanches et les épaules étaient couvertes d’une mince serviette et cela la perturba au point qu’elle en oublia la question.
- Mais… Tu es presque nu !

Mookuyl leva un sourcil, surpris de sa réponse et rétorqua, mécontent.
- Ben, j’ai pas d’autres vêtements, je te signale ! La vue te convient pas ?
- Tu peux pas débarquer dans mon salon comme ça !
- Ah ouais, je vais me gêner, tiens !
- Ne… ne t’approche pas !
- Pourquoi ? Tu pourras pas me résister ?!

Bibi lui balança un coussin à la figure qu’il esquiva sans mal.
- T’as pas répondu à ma question. Si tu le fais pas, je me désape entièrement.
- Hein ?! Arrête ça !
- Je plaisante pas. Je ne te donnerai pas d’autres chances pour me dire ce que tu ressens pour moi. Tu le fais maintenant ou jamais.
- Tu… Pour qui tu te prends ?! Qui pourrait tomber amoureuse de toi ? Tu…
- Message reçu.

Bibi se sentit suffoquer en le voyant tourner les talons. Il revint moins d’une minute plus tard, avec son pantalon sur lui, mais toujours torse nu. Il ne lui décocha pas un regard. Transpercée, elle se recroquevilla sur le sofa, attendant le son d’une porte qui se claque. Définitivement.
C’est un souffle dans sa nuque qui la fit sursauter.
- Tu me laisses partir, alors, pourquoi est-ce que tu pleures ?!
- Lâche… Lâche-moi !
- Putain ! Tu veux que je te les extorque comment tes sentiments ? Tu veux que je te force à le dire ?! Gronda-t-il soudain, en se jetant sur elle, la plaquant contre le dos du canapé, lui sur elle.

Ses yeux lançaient des étincelles de rage. Ses muscles tressautaient de nervosité comme s’il allait la dévorer.
- T’es incapable de le dire, hein ?! C’est comme ça que tu veux que je sois avec toi ?! Que je te domine, que je t’arrache les mots de la bouche, que je te fasse me supplier, que je t’attache pour que tu ne puisses plus t’enfuir ?!
- Ahh… Mookyul… Arrête… Arr…
- JE VEUX UNE RÉPONSE CLAIRE ! Lui hurla-t-il dessus. Y’a pas de « mais », de « je t’en prie », de « arrête » ! Tu vas être une grande fille et prendre tes responsabilités ! Je veux l’entendre de ta bouche maintenant, je partirais pas avant ! T’entends ?!

Bibi gigota sans beaucoup de convictions. Il était on ne peut plus sérieux et l’enserrait fortement. Elle détourna le regard, paniquée d’être ainsi mis au pied du mur, mais refusant toujours de s’y soustraire.
- Tu veux que je te contraigne à le dire, c’est ça, hein ?! Tu veux que je te montre à quel point ton corps me répond ? Que je m’amuse à te faire crier de plaisir pour t’acculer ?! Pour que tu ne puisses plus nier comment tu me désires ? Ça va être très facile, tu sais !

Des larmes se mirent à rouler, explosant comme le faisait son cœur à cet instant. Bien sûr que son corps lui avait toujours répondu. Il le savait parfaitement. Tremblante entre ses bras, Bibi pleurait sans pouvoir se retenir, le regardant de ses yeux emplis de désespoir.
- Merde… Souffla Mookyul, vaincu, relâchant sa pression tout en courbant la tête. Et en plus, je te fais pleurer, hein ? Tu veux que je m’en aille maintenant, c’est ça ?
- Non…

Le cœur de Mookyul s’emballa à la seconde. Avait-il rêvé ou… ? Il releva son visage et plongea intensément ses yeux dans les siens. Contre toute attente, il réalisa qu’il était en train de gagner la partie. Et que c’était la douceur qui la ferait lâcher prise.
Elle ne formulerait pas ses sentiments, mais elle répondait honnêtement aux questions qu’il lui posait. Saisissant l’opportunité maintenant qu’il comprenait son fonctionnement, il se fit plus tendre.
Il la prit dans ses bras, comme une caresse, passa une main sous sa nuque et lova son visage en pleurs dans le creux de sa clavicule, la berçant contre lui.
- Je peux te prendre dans mes bras comme ça ?
- Oui… Chuchota- t-elle, presque inaudible.

Mookyul sourit. Ça marchait très bien, alors, il poursuivit. Jusqu’au bout.
- Tu aimes quand je te prends dans mes bras ?

Il sentit un léger frémissement, mais elle acquiesça en hochant la tête.
- Tu ne veux pas que je m’en aille ?

Hochement négatif.
- Tu as pleuré parce que tu as eu peur pour moi quand tu étais dans la voiture ?

Hochement positif.
- Tu as pleuré parce que tu as eu peur que je ne revienne jamais ?

Hochement positif.
On s’approchait de la réponse finale.

- Tu pleures parce que tu n’arrives pas à me dire ce que tu ressens ?

Rien.
Mookyul se contracta, de peur de perdre l’avantage dont il jouissait jusque-là.
Hochement tardif, mais positif.
Mookyul la colla plus à lui pour l’encourager.

- Tu pleures parce que tu tiens à moi ?

Réponse rapide, et positive.
- Tu pleures parce que tu es amoureuse de moi ?

Fin du questionnaire.
Attente suprême.
Bras qui se détendent et entourent le cou de Mookyul. Corps qui se presse sur ce torse nu et tendu par l’attente. Cœur battant à l’unisson.
- Oui…

Le soulagement de Mookyul est tel qu’il la serre contre lui à l’étouffer. Il n’a jamais connu aussi grande douleur que celle d’attendre une réponse qui allait chambouler tout le reste de sa vie.
- Dis-le encore…
- Oui…
- Encore…
- Oui…
- Je t’aime.

Cette fois, c’est Bibi qui prend de plein fouet la révélation inattendue. Son cœur qui menaçait d’exploser, explose littéralement et les larmes affluent à nouveau. Elle le sent rire légèrement.
- Hé, pourquoi tu pleures ? Se moque-t-il avec douceur.
- …

Sanglots.
Auxquels répond un petit rire.
- Dis-le encore… Susurre Bibi, qui n’a pas envie de rire.
- Je t’aime.
- Encore…
- Je t’aime.
- Moi aussi.

Mookyul s’empare de ses lèvres avec passion. Il ne peut plus se retenir. Elle est enfin à lui.
- Je t’aime, princesse…
- …
- Je t’aime…
- Tu ne me laisses pas en placer une ! Intervint Bibi que la chaleur de ses bras détend peu à peu.
- Y’a pas besoin, t’es pas capable de le dire de toute façon, s’amuse-t-il, reprenant le jeu auquel ils ont toujours joué tous les deux.
- Pourtant, je suis sûre que tu ne rêves que de ça ?!
- Ouais… C’est vrai, mais tu m’excites quand même quand tu te tais…
- Hein ?! Ça veut dire quoi, ça ?!
- Ça veut dire que tu parles quand il faut pas et que tu te tais quand il faut pas… Rétorque-t-il, joueur, tout en dévorant sa nuque de baisers de plus en plus appuyés, passant déjà ses mains sur ce corps qu’il connaît si bien.
- T’es une enflure !
- Qui te fait gémir, au passage…
- …
- Ah ? Tu savoures enfin les caresses que je te prodigue ?
- …
- Tu boudes ?
- …
- …
- Je t’aime.

Mookyul reste surpris, mais un large sourire se peint sur ses lèvres.
- Tu n’es qu’une petite peste… Me le dire de cette façon si entêtée… Juste pour me contredire… Répond-il en glissant deux de ses doigts en elle. Tu vas me le payer très cher.
- Je… te… le dirai… plus jamais, alors… Se tortille Bibi face à cette intrusion qui l’envahit tout entière.
- Pas grave… J’aurai qu’à poser la question à ton corps, il ne me boude jamais, lui…
- Mais…Haa…
- Désolé, princesse… Je ne peux plus me retenir… J’ai trop envie de toi…
- Mookyul… Se mit-elle à gémir en le sentant s’enfoncer en elle sans retenue.
- Je… t’aime…

Bibi ferma les yeux, emportée par la sensation intense de l’avoir en elle, profondément et intensément. Ses à-coups étaient lents, mais puissants. Elle se relâcha complètement dans ses bras, l’entendant haleter contre ses tempes, le désir s’immisçant entre leurs deux corps qui se répondaient naturellement.
- Pardon… Suffoqua-t-elle, s’agrippant à lui, agitée de frissons.
- C’est bien la première fois que tu t’excuses… Accentua-t-il ses va-et-vient pour la faire venir avec violence. Aime-moi, princesse… Aime-moi plus fort…

Bibi se contracta sous les assauts de plaisir qui irradiaient tout son être. La dernière vision dont elle se souvint était deux yeux pénétrants qui se délectaient de son plaisir. Deux yeux perçants et sauvages qui la désiraient et la transperçaient.
Deux yeux qui l’avaient portée jusqu’à la chambre, qui l’avaient dévorée un nombre incalculable de fois, qui l’avaient déshabillée du regard, qui l’avaient observée, qui l’avaient bercée jusqu’au réveil.
Jusqu’à ce que la souffrance ait totalement disparu.
Jusqu’à ce qu’elle ait retrouvé ce « tout » qu’elle avait perdu.
Jusqu’à cet éclatement des barrières qu’elle était parvenue à franchir grâce à lui.
Jusqu’à ces paroles que les amoureux se glissent au matin…

- Ne compte pas sur moi pour te faire à manger… Grogna-t-elle, consciente qu’il pouvait très bien s’habituer au geste de pitié qu’elle avait eu la veille.
- Ne compte pas sur moi pour être aussi doux et compréhensif qu’hier soir…

Ils se dévisagèrent, prêt au combat et finirent en éclats de rire.
- Comment je vais faire pour te supporter, princesse ? La prit-il sans ses bras, se lovant sous les draps.
- Et moi, je n’ai jamais dit que je te supporterais…
- T’as pas compris que t’es à moi, maintenant ?!
- Hein ?! J’espère que tu plaisantes ! Vociféra-t-elle.
- Pas le moins du monde.
- Si tu crois que je t’appartiens, tu te fourres le doigt dans l’œil !
- J’aimerais bien fourrer mon doigt ailleurs, si tu vois ce que je veux dire…
- Sale pervers ! Ne crois pas que ce sera aussi facile !
- C’est ce que j’aime chez toi !



Et voilà le chapitre 11 : Nekkun et Grimmjow à l'affiche. Je vous avais dit qu'il allait morfler....

CHapitre 11 :
Grimmjow resta hagard un moment avant de comprendre la sentence prononcée par Nekotee. Ses yeux virèrent au rouge sanguinaire et tout son corps se crispa de nervosité.
- Tu peux répéter ?
- Je… Hésita Nekkun, conscient de l’extrême tension dans laquelle il l’avait plongé et qui menaçait d’exploser. Enfin, tu comprends bien la situation, non ?! S’énerva ce dernier. Comment veux-tu que je…
- T’as deux secondes pour revenir sur ce que t’as dit, lâcha ce dernier, menaçant.
- JE NE PEUX PAS ABANDONNER FE…

Une main vint enserrer son cou et l’empêcha de terminer sa phrase.
- Je crois que t’as pas bien saisi le chaton… Ne me pousse pas à bout, je ne suis pas du genre gentil avec mes ennemis… Et ce dont j’ai le plus horreur, c’est qu’on me trahisse…
- Gnn… Gémit le petit uke, acculé par sa poigne.
- Maintenant, tu vas être un gentil chat et me suivre sans rien dire.

Il tenta de se soustraire à l’emprise de la panthère bleue, mais plus il s’agitait, plus l’animal l’étranglait, au point qu’il crut défaillir sous la pression. Il déambula maladroitement, traîné derrière le Seme qui ne se contrôlait plus.
Nekotee jaugea rapidement la scène et tira brusquement en arrière. De quel droit ce molosse mal léché le traitait-il de cette façon ? Il n’était pas son chien ! Il n’allait pas abandonner son protecteur Feilong-sama ! Pourquoi ne pouvait-il pas comprendre cela ? Pourquoi fallait-il qu’il se montre à ce point jaloux ?
Et, au moment où il lui montrait son mécontentement, il eut à peine le temps de voir le coup de poing arriver et le percuter à l’estomac, lui coupant le souffle.
- Nnh… s’écroula le petit chat, au sol.
- Je crois que t’as pas bien saisi, là. Si tu n’es pas avec moi, alors, t’es contre moi. Et tu sais parfaitement ce qui arrive à ceux qui osent se mettre en travers de mon chemin.

Nekkun, agonisant, ne put rien faire quand la bête enragée le souleva en lui enserrant le cou d’un bras étrangleur et le projeta dans la première pièce dont il avait fait sauter la porte.
La suite de Fei-long…
À l’odeur qui envahissait la pièce, Grimmjow sentit sa colère s’exacerber davantage. Projeté violemment contre l’un des murs, Nekkun commença à prendre peur. Il n’avait jamais fait face à ce Grimm là. Jamais.
Le seul qu’il connaissait, c’était celui qui le harcelait sexuellement, qui faisait tout pour s’approprier son corps, et qui le couvrait de caresses plus excitantes les unes que les autres.
Mais en cet instant, tout semblait différent. Il n’y avait pas été de main morte en le frappant au plexus. Il avait du mal à reprendre sa respiration et… Il était évident qu’il ne ferait jamais le poids. Il ne connaissait absolument pas cet homme-là dont tout le monde parlait. Cet homme qui semait la terreur et avait la réputation d’être sans pitié.
Il était craint par tout le milieu… Et Nekkun commençait à comprendre pourquoi…
- Arr… Arrête ça… T’es dingue ou quoi ?! Suffoqua le petit chat, tentant de reprendre des forces et son courage.
- Soit tu pars avec moi, soit tu restes.
- …

Le fauve le toisait du regard, comme s’il attendait une réponse avant de bondir sauvagement sur sa proie.
- Ce n’est pas aussi simple… Tenta la proie, malmenée et bien consciente d’être dans une situation délicate., non sans lui décocher un regard meurtrier.
- Ne me fais pas répéter. C’est moi ou Feilong. Ou bien quoi ? C’est son odeur qui t’empêche de réfléchir et te fait tourner la tête ? La vérité, c’est qu’il te prend et que tu aimes ça, pas vrai ?
- De quel droit ! Comment t’oses croire ça de Feilong-sama… ?!

Nekotee n’eut pas le temps de parer l’attaque, car le bleuté s’était précipité sur lui et lui lacérait la nuque en approchant ses yeux démoniaques.
- Il t’a dressé, c’est ça ? Et toi, tu l’adules comme s’il s’agissait de ton père bienfaiteur ? Tu es sa petite chienne attitrée, celle qui suit son maître jusqu’au bout, hein ?
- Que… Lâche-moi ! Grimmjow ! Arrête !
- Ne prononce pas mon prénom ! Rugit ce dernier. Une chienne dans ton genre n’y est pas autorisée !

Le petit chat réalisa en même temps que d’immenses pics lui lacéraient la poitrine : il venait de perdre la confiance de celui à qui il venait de se donner corps et âme… C’était pire que tout ce qu’il pouvait imaginer…
- Alors, tu vois, je vais t’offrir un cadeau d’adieu… Un truc que tu ne pourras jamais oublier. Un souvenir qui te fera trembler dès que quelqu’un prononcera mon nom, qui te fera pleurer de honte si jamais on se recroise, et surtout, quelque chose de tellement douloureux que tu regretteras toute ta vie de t’être joué de moi… Lui susurra la raison de son tourment.
- Ahh… Tu me fais… mal… putain…

Grimmjow le plaqua au sol sur le ventre en lui tirant les avant-bras en arrière, tout en cambrant fortement son dos. La victime tenta de se tortiller, le pire étant de perdre de vue le visage de son tortionnaire.
- Et c’est rien comparé à ce que je vais te faire… Je vais tellement de briser que ton derrière ne pourra même plus supporter celle de ton Feilong chéri…
- Ne… fais pas…ça…
- Tu peux pleurer, ça ne fera qu’attiser mon envie de t’écarteler !

Nekotee tenta d’activer ses pouvoirs pour se libérer de cet étau qui allait finir par lui casser un membre, mais sa barrière protectrice englobait le bleuté sans le repousser.
- Je t’ai fait mien, pauvre petit chaton sans défense, donc, tu ne peux plus rien contre moi… Débats-toi si tu veux… Je m’en fiche…
- Arg… Cria Nekkun, quand ce dernier lui arracha ses vêtements en lui griffant le dos.

La brûlure des lacérations fut intense et un frisson de douleur parcourut toute son échine dorsale. Il gigota comme un pauvre animal pris au piège, recevant des chocs électriques à chaque fois qu’il tentait de s’en détacher.
Violemment, celui qui se tenait derrière se débarrassa des derniers vêtements qui faisaient encore barrière et enfonça ses doigts profondément dans l’orifice de la pauvre petite bête terrée au sol.
- Haa… Exulta Nekotee en se pinçant les lèvres sous l’attaque… Ça fait… mal…
- Ah ouais ? Parce que tu croyais peut-être que j’allais te faire du bien, hein ? Grogna l’attaquant, mécontent, tout en replongeant ses doigts de plus belle. Alors, on va passer à la vitesse supérieure…
- No…non ! Mais, bon sang ! Qu’est-ce que je t’ai fait, hein ?! Hurla Nekotee en sentant l’énorme membre de Grimmjow forcer son entrée sans ménagement. Pourquoi tu me fais ça ?!
- C’est ce qu’on récolte quand on me trahit ! Commença-t-il à pousser son sexe pour le ravager.
- J’t’ai jamais trahi ! Serra-t-il les poings de rage et de douleur devant l’intrusion qui menaçait d’être douloureuse.
- Serre les dents, car je vais te transpercer de part en part avec tes conneries !

Nekkun tremblait. De peur, de doutes, d’appréhension, d’inquiétude et d’incompréhension… Rien ne semblait pouvoir arrêter la machine qui tentait de rentrer d’un seul coup de rein…
Il sentait ses mains attraper ses hanches pour enserrer sa prise plus fermement, il sentait ses doigts pétrir sa chair à chaque passage, comme pour le faire languir et le mettre sous pression. Ses yeux orageux le fixaient avec détermination. Sur le dos, en position de soumission, le petit chat n’avait pas l’avantage, loin de là, mais il était fier, et il en fallait plus pour briser sa fierté.
- Tu vois… Quand je passe mes doigts ici… Tes muscles se contractent… parce qu’ils se souviennent de moi…

Nekotee faillit s’étrangler quand il comprit le jeu auquel il le soumettait. Cette ordure le touchait pour lui montrer combien son corps le désirait ; ses paroles suivaient le contact de ses doigts glissant sur l’aine. Ses mains s’étendirent jusqu’aux abdominaux qui, effectivement, se contractaient sous la caresse. Ce démon se délectait de le voir vibrer sous ses doigts agiles qui l’effleuraient juste assez pour l’agacer, tournant autour de son entrejambe.
- Ta peau est brûlante dès que je te touche… Alors, si je fais ça…

Il donna un coup de langue sur l’intérieur de sa cuisse et le petit Uke se crispa tout entier. Cela l’électrisait : les frissons partaient de la douce tiédeur qu’avait laissée la marque de sa salive et se prolongeaient sur toute la longueur parcourue par cette langue sirupeuse. Sa langue remontait, remontait… Des tics nerveux agitèrent les paupières du petit chat qui essayait de contenir cet immense bien-être qui couvrait son corps. Il força pour se redresser et abattit ses deux mains sur les épaules du dominant pour le faire reculer.
En vain.
Voire pire.
Grimmjoh lui saisit son pénis à la base et serra fort. La proie s’étrangla et s’immobilisa, signe qu’il abandonnait, ne laissant plus qu’une légère pression contre le corps de l’envahisseur.
- Regarde comme tu capitules vite… Tu dégoulines déjà entre mes mains, petit chaton pervers… Souviens-toi bien de mon odeur, de mes doigts sur toi, de ma main qui te donne du plaisir…

La panthère glissa sa paume contre l’épée, descendit en exacerbant le gland sous son pouce qui jouait de petits cercles, puis remonta, sans le quitter du regard. Nekkun avait beau plisser les yeux, regarder ailleurs, la torture était bien trop exquise. Les gémissements mourraient en grognement dans sa gorge à force de retenue qui l’épuisait.
- Arr… Arrête… Se perdait-il, véritablement happé par ce prédateur sans merci.
- Tu crois que je vais te laisser jouir ?! Non, mais tu plaisantes… Lui cracha le bleuté, toujours pas calmé, et lui serrant la verge pour retenir ses spasmes de jouissance, rapprochant la sienne de son trou, tout en forçant le passage.

Le chaton frémissant réfléchit, alors que les larmes de douleur commençaient à s’échapper, et gémit, haletant, afin de retenir cette pénétration envahissante :
- J’ai… J’ai jamais couché avec Feilong ! Jamais, t’entends ?! Jamais !

À ces mots, il sentit le vorace s’immobiliser contre lui. Mais, lui saisissant la nuque, il le fit rouler sur le ventre et s’imposa entre ses fesses, en le plaquant plus férocement encore. Nekkun haleta, dans l’attente de la douleur prochaine et serra les poings plus fort. Pourtant, il semblait qu’il avait marqué un point.
- T’es con de penser ça, putain ! Je t’ai dit que je couchais pas avec Feilong, t’es bouché ?! Continua-t-il, saisissant l’infime chance de s’en sortir.
- Ah ouais, alors pourquoi tu veux tant rester à ses côtés, hein ? Te fous pas de ma gueule !

Le chat rebelle sentit l’immense verge de Grimmjow s’insérer lentement en lui à l’étouffer, en même temps que ses bras se libéraient enfin. Pourtant, il comprit que le combat était loin d’être terminé.
- Haa… Je… Je le RESPECTE ! Merde… C’est lui qui m’a élevé et protégé, qu’est-ce que t’as contre ça ?!

La réponse n’eut pas l’effet escompté et son bourreau le pénétra avec plus d’entrain et de vitesse, l’empêchant de parler. Quand il s’arrêta quelques secondes plus tard, il se pencha à l’oreille du petit chat épuisé et crispé sous les à-coups :
- C’est justement ça qui me dérange… Tu es bien trop attaché à lui… Et c’est ce lien que je vais briser avant de te rendre à lui…
- Toi… Tu es bien attaché à ton petit frère… Alors… Pourquoi réagis-tu… comme ça ?

Nekkun gagnait du temps : il s’apercevait qu’en lui répondant, Grimmjow calmait le jeu et lui laissait ainsi l’opportunité de respirer et de détendre un peu ses muscles sollicités. Pour le moment, il ne lui faisait pas mal. Il montrait juste les dents.
Une seule mauvaise réponse et il mangerait salement…
Il pouvait sentir son énergie se retenir considérablement.
Au moindre faux pas, il le démonterait…

- N’essaie pas de gagner du temps… Et ne compare pas mon frère, un lien de sang, avec ce mafieux qui n’a fait que profiter de toi !
- Ce n’est pas VRAI ! Se défendit Nekkun, sans se rendre compte qu’il allait attiser les foudres de la panthère.
- Alors, tu l’aimes donc tant que ça, hein ?
- Qu’est-ce que… Mhph…

Le coup fut plus violent que les précédents. Cela lui lacéra presque les entrailles. Nekotee avait peine à retrouver sa respiration sous les assauts puissants et incessants. Il contrait la puissance du corps qui entrait en lui de ses avants-bras, mais il commençait à fléchir sous les assauts de plus en plus fort.
Il était en colère. De plus en plus. Nekkun pouvait le sentir. Ses muscles tressautaient, malmenés. Alors, il explosa, sans plus savoir quoi faire d’autre :
- Eh ben, vas-y ! Lamine-moi ! Déchire-moi puisque c’est ce que tu veux ! Venge-toi sur moi ! Y’a que ça qui peut te soulager, hein ?! Tout ça ne sont que des prétextes ! Y’a rien de ce genre entre Feilong et moi, mais la vérité, tu t’en fiches ! La seule chose que tu veux, c’est satisfaire ta soif de brutalité, hein ?! Moi non plus, je te le pardonnerai jamais, t’entends ?! Je me suis laissé avoir par toi et…

Grimmjow le retourna brusquement et se pencha dangereusement au-dessus de lui en lui clouant les poignets au sol. Nekkun l’observa sans se débattre. Il aurait pu lui mettre un violent coup de pied, mais il s’abstint. Son regard venait de changer. Imperceptiblement. Et puis, il n’aurait fait qu’exciter ses nerfs, alors qu’il ne voulait qu’une chose : le calmer.
- Ici, c’est moi qui ne te pardonnerai pas, t’as saisi ? Grogna la panthère en plantant ses yeux bleus acier, cherchant à l’électriser de peur. Qui s’est fait avoir par l’autre, hein ? C’est moi qui me suis fait baiser par un chat en chaleur qui allume tout ce qui bouge, mais qui n’est fidèle qu’à celui qui l’ignore ! Tu vois pas qu’il en a rien à foutre de toi, ce Feilong ? Qu’il ne veut que tes pouvoirs ? En fait, ce que t’aimes, c’est qu’on te prenne de haut, hein, qu’on te rabaisse ?! Alors, t’inquiète pas, tu vas être servi ! Je vais te baiser sans te prendre en considération et te jeter comme une vieille chaussette une fois que je serai repu, compris ?
- …

Nekkun sut alors que ce regard vengeur n’entendrait jamais raison. Il aurait beau lui hurler qu’il n’y avait rien entre Feilong et lui, il ferait mine de ne pas comprendre. C’était perdu d’avance. Et il ne voyait pas comment il pouvait le calmer.
- Eh bien, le chat a perdu sa langue ? C’est rare… C’est peut-être que c’était ce que tu cherchais depuis le début : te faire défoncer bien comme il faut !

La panthère se figea et observa attentivement sa proie. Elle ne s’agitait pas, mais il sentait son sang bouillir dans les veines de ses muscles qu’il maintenait. Ses yeux venaient de se voiler. De colère, ils étaient passés à une sorte d’abandon mélancolique… Le petit chat ne trouvait pas d’issue et il commençait à souffrir et regretter ce qu’il venait de lui faire…
- Tu peux toujours essayer de te taire… Ça va m’exciter davantage de te torturer pour te faire crier…
- …

D’un mouvement brusque, Grimmjow lui attrapa la nuque en le relevant férocement.
- Alors, on va changer de tactique. Tu vas ramper à mes pieds et me donner du plaisir jusqu’à ce que je sois satisfait. Et fais ça bien, s’il te plaît, si tu mords, je t’ouvre le derrière en deux, t’as compris ?
- Lâ… lâche-moi… Arr… Mhpm…

Il approcha son visage de force et le planta devant son membre dressé et palpitant. Nekkun se débattit, tentant de le repousser de ses mains, sentant la sueur perler le long de son dos. Cette transpiration de peur. Celle peur d’être violenté… Il ne connaissait pas ces rapports-là, tout simplement parce que ça ne semblait pas être guidé par les sentiments amoureux.
Le chaton venait de prendre conscience de la différence entre des rapports de domination emprunt d’affection et ces rapports de force violents et dégradants.
- Ouvre la bouche !

Cette fois, ce fut trop. Tout le corps de Nekkun fut agité de spasmes, de tremblements. Il était incapable de se défendre, de rétorquer ; il était paralysé par la peur. Grimmjow le foudroya du regard et le poussa vers l’arrière, conscient qu’il était parvenu à l’impressionner.
- Eh bien, le chat lubrique a perdu ses capacités ? T’arrives pas à faire face à un homme comme moi ? Toi qui te targuais de vouloir mener le jeu, t’es pas bon à grand-chose, finalement…

Il décida de l’achever et d’aller jusqu’au bout pour le pousser dans ses derniers retranchements.
- Écarte bien les jambes pour moi si tu veux pas avoir trop mal…
- Tu joues à quoi, là ?! Couina le petit chat, à bout. Tu crois pas que tu m’as assez humilié ?! Se plaignit Nekotee, dont la voix déraillait complètement.
- Et tu crois que je me suis senti comment quand tu m’as dit que tu ne respecterais pas ta promesse ?! Hurla la panthère, enragée comme jamais et laissant échapper toute sa rage. Écarte tes putains de fesses !
- Grimm… Supplia le petit chat en fermant les yeux, comme pour se protéger de l’impact qui promettait d’être violent.

Mais rien ne se produisit.
Instinctivement, il s’était accroché aux bras de son amant et on entendait sa respiration saccadée par la peur. Il parvenait lui-même à s’entendre haleter fiévreusement. Il rouvrit lentement les yeux pour se planter dans ceux, arrogants et méprisants, du dominant qui lui faisait face.
D’un geste dédaigneux, Grimmjow le repoussa à terre et s’éloigna de lui.
- Je ne vais pas me rabaisser à ça. Tu n’en vaux pas la peine.

La tête du petit uke heurta le sol, la main de Grimmjow plaquée sur son torse. Ses yeux le piquaient. La vraie douleur se fit sentir dans tout son corps. Il n’avait pas mal physiquement. Mais tout en lui le torturait. Les larmes s’échappèrent et il regarda le plafond pour n’avoir pas l’humiliation de croiser le regard d’un Grimmjow victorieux.
- Je peux savoir pour qui tu verses des larmes ? Résonna pourtant cette voix caverneuse dans la pièce.
- C’est ce que tu voulais, non ? Que je souffre ? Ben, voilà. J’espère que t’es satisfait…
- Ben, tu vois, j’ai pas eu ce que je voulais. Alors, non, je suis loin d’être satisfait, rétorqua-t-il, comme s’il se livrait.
- Je… te… déteste… Gémit le petit chat, la voix entrecoupée de sanglots, agités de frissons et cachant son visage d’une main.

Nekotee sentit des bras le prendre et le soulever du sol.
- Qu’est-ce que… tu fais ? S’agita-t-il dans la chaleur de ses bras.
- C’est bon. Calme-toi. Tu trembles.

Rien que le fait de sentir l’odeur de sa peau, la chaleur de son corps et de ses bras qui l’entouraient, Nekkun se sentait comme apaisé. Il se laissa faire. Il savait d’avance qu’il allait le déposer sur le lit et s’en aller. Définitivement.
Et qu’il ne trouverait pas les mots pour le retenir…
- Eh… mais…
- Ça va. Arrête de poser des questions. Tiens-toi tranquille.

Avant qu’il ne s’en rende compte, la panthère, qui s’était fait patte de velours, l’immergeait dans le SPA rempli d’eau chaude. Se glissant en même temps que lui dans l’immense baignoire, Grimmjow le fit reposer sur son torse et l’entoura de ses bras.
Nekkun ne savait pas comment réagir, et surtout il ne comprenait pas l’attitude de celui qui passait lentement ses mains sur ses muscles pour les masser et les décontracter. Il se tenait là, tendu, entre les jambes d’un fauve qui venait presque de lui briser le cœur et le bas du dos, et qui faisait glisser l’eau le long de ses membres comme une caresse. Chaque goutte suivait ensuite son propre chemin et coulait vers le bas, faisant parcourir des frissons sur sa peau.
- Euh… Grimm… Qu’est-ce que…
- Chuut… Tu trembles encore… Tu as froid ?
- N… non…

Chaque passage de sa main lui donnait la chair de poule. Allié à l’eau, le toucher était encore plus sensuel que la normale ; il était fluide et doux contre sa peau ; l’aspect mouillé faisait vibrer l’air environnant, passant du brûlant au glacé dès que le souffle de Grimmjow atteignait les mêmes zones. Sa peau était donc tout entière agitée de frissons, dus au chaud et au froid.
- T’es tout crispé, décontracte-toi ou tu vas avoir des courbatures demain…

Même sa voix était plus sensuelle dans la vapeur chaude de la pièce et résonnait avec profondeur à ses oreilles. Les doigts de Grimmjow malaxaient et longeaient ses muscles, et chaque impact rayonnait d’intensité. Il pouvait suivre ces courbes et leur direction sur son corps comme s’il ne faisait plus qu’un avec lui. Porté par l’eau, les corps se faisaient plus légers, comme en apesanteur, et Nekkun sentit un poids se retirer.
Il se sentait bien. Il vibrait dans l’onde flottante. Lorsque Grimmjow passa un doigt sur la morsure qu’il lui avait faite un peu plus tôt, il se raidit et se crispa davantage lorsqu’il sentit ses lèvres se poser autour de la blessure. Un effleurement léger, aérien, qui se répercutait tout autour. Instinctivement, il renversa la tête en arrière pour venir la poser contre la clavicule de son maître en gémissant tout bas.
- Mhm…

L’éponge pleine de mousse surprit ses sens et il tressaillit lorsque l’eau ruissela le long de son torse. Grimmjow le lavait. Il passait la fleur de douche sur toutes les parties immergées, laissant une traînée parfumée sur sa peau frémissante.
- Est-ce qu’il prend soin de toi ?
- Il… Il ne m’a jamais frotté le dos ! C’est… c’est la première fois qu’on… !
- Ce n’est pas ce que je voulais dire, Nekotee.

Ce prénom dans sa bouche lui fit mal. Il ne l’appelait jamais ainsi. Et sa voix était bien trop calme pour ce tempérament impétueux. Cela sonnait comme un adieu. Un beau souvenir qu’il lui laissait plutôt qu’une empreinte de douleur.
- Je voulais savoir s’il s’occupe bien de toi. Si tu ne manques de rien à ses côtés.
- …
- Oye ! Je ne suis pas en colère, là, d’accord ? Je veux juste m’en assurer.
- …
- Qu’est-ce que tu as ?

Nekkun ne voulait pas le perdre. Il sentait que la fin était proche, et cela le tétanisait.
Les deux mains de Grimmjow remontèrent lentement le long de ses bras, ses doigts caressant la face intérieure plus sensible, le chatouillant et le caressant tout en même temps. C’était léger et excitant à la fois. Les peaux étaient collées l’une à l’autre, et leur cœur battait à l’unisson, résonnant à travers la cage thoracique de l’autre. Ils respiraient presque d’un souffle.
Tentant le tout pour le tout, le petit chat glissa ses paumes sur le dos des mains qui le caressaient et s’y imbriquèrent, en y entremêlant ses doigts. Puis, il dirigea les caresses et fit descendre les mains de Grimmjow le long de ses pectoraux, de ses abdominaux jusqu’à les poser sur son sexe tendu.
Il ne pouvait pas faire plus explicite.
- Hum… Nekkun… Je ne crois pas que ce soit une bonne idée… Souffla le bleuté, presque désolé.
- Je t’en prie… Murmura le petit chat, désespéré. Touche-moi…
- Et comment tu feras quand je serai parti, hein ? Ce serait une mauvaise chose que tu t’habitues à moi…
- Si… Si je pars avec toi… Tu penses pouvoir prendre davantage soin de moi… ? Chuchota le petit Uke, à demi-mot.
- Tu poses les mauvaises questions aux mauvaises personnes, chaton. La question que tu dois te poser, c’est avec qui tu te sens bien et avec qui tu veux être.
- C’est ça que tu veux pas comprendre !!! Haussa-t-il le ton d’un coup. J’ai dit que je te suivrais, ne me fais pas répéter !!! C’est avec toi que je veux être !!! Mais… Mais je peux pas laisser tomber Feilong comme ça, après ce qu’il vient de se passer !

En vociférant de la sorte, il se mit à éclabousser l’eau un peu partout, en crispant les poings.
- Oye ! Hé ! Calme-toi, t’en fous partout !
- Comment tu veux que je sois calme après toutes les saloperies que tu m’as dites !!! Hein ?!! Tu m’as traité de… chienne… et…
- Mets-toi un peu à ma place. Tu souffles le chaud et le froid. Faut que tu choisisses. Et je vais pas te supplier de me rejoindre, t’entends ? Si t’es pas capable de me montrer que tu as confiance en moi et que je peux avoir confiance en toi, alors, moi non plus, je ne veux pas de toi !
- Alors, lâche-moi ! Va-t-en ! Pourquoi tu essayes d’être gentil avec moi alors que t’as déjà prévu de te barrer ?!!
- Putain, c’que t’es chiant ! MERDE !

Grimmjow l’attrapa et l’immobilisa, fermant les yeux pour éviter les éclaboussures. Il saisit ses poignets d’une main et glissa l’autre sur son membre toujours en érection.
- Haa… Grimm… Tu n’as pas…
- Ça va te détendre… T’es frustré, c’est pour ça que t’arrives pas à te calmer…

Avec le contact de l’eau, la main de Grimmjow paraissait dix fois plus lubrifiée que d’habitude. Nekkun se pencha en avant, haletant, tellement la caresse sur sa chair palpitante l’enivrait.
- Haa… Nnh…
- C’est ça… Laisse-toi aller…

Les hanches du chaton bougeaient en rythme avec les mains de Grimmjow, comme désirant s’enfoncer dans ce fourreau doux et oppressant à la fois. Mais il désirait plus… Il se cambra et pencha sa tête en arrière, dévorant son fauve d’un œil langoureux, presque suppliant. Il ouvrit ses lèvres à la recherche de sa bouche, de sa langue, voulant le sentir en contact de partout. Il voulait qu’il s’immisce en lui, qu’il l’empreigne de son odeur, de sa marque.
Voyant que Grimmjow hésitait, Nekkun lui donna un coup de langue et tira sur son cou pour rapprocher ses lèvres des siennes. Il le prit d’assaut et gémit entre sa bouche enfiévrée. Leurs langues s’excitaient en se tournant autour, en faisant couler la salive pour se posséder.
- Prends-moi Grimm… Prends-moi… Haletait le chaton, au supplice.
- Merde… Je voulais pas en arriver là… Et me demander ça dans la salle de bain de Baishe, franchement…
- C’est pas ce que tu voulais ?! Que je te choisisse ?!
- Alors, dis-le clairement.

Nekkun se retourna et planta son visage à quelques millimètres du sien.
- Hé ! Fais pas de conneries ! On dirait que tu vas m’arracher les yeux !
- Je sais pas faire confiance. On ne m’a jamais appris à le faire. Je n’ai pas de parents. Je n’ai jamais aimé personne. Et tout le monde m’a toujours regardé comme une bête dangereuse. Sauf toi. À… à chaque fois que tu me touches, j’ai… des frissons… et…

Le petit uke baissa la tête, comme honteux de sa confession. À ce moment-là, il sentit des bras l’enserrer. Des bras puissants. Des bras protecteurs. Des bras qui dégageaient une chaleur intense. Cette sensation, il ne l’avait connue qu’avec lui. Ces battements qui faisaient chavirer son cœur, il n’y avait que cette panthère pour les lui susciter. Leurs deux corps étaient comme fusionnels et cela était terrifiant. Il bandait à la moindre caresse de sa part, il gémissait à chaque effleurement de sa peau sur la sienne, sa langue lui arrachait des frissons et sa voix résonnait en lui comme un excitant naturel.
- Continue, chaton… J’ai besoin de l’entendre…
- Ça me fait peur… de ressentir ça… Si je succombe, si je me donne à toi, j’ai l’impression que je vais tomber… Mes pouvoirs n’ont aucune incidence sur toi… Alors, c’est comme si j’étais à ta merci…
- Qu’est-ce que tu ressens pour moi ?
- …
- Tu fais chier…
- Je… t’aime…

Le cœur du chaton faillit exploser à sa propre déclaration. Il avait chaud et il posa son front contre le torse de Grimm, s’effondrant comme s’il venait de s’épuiser.
- Alors, pourquoi vouloir rester aux côtés de Baishe et risquer de me perdre ?
- Je… C’était pas ça… Je pensais pas que tu réagirais comme ça… Je voulais simplement que tu comprennes… et que tu restes auprès de moi… Même si ça voulait dire ne pas habiter ensemble…
- D’accord.
- Hein ?
- Je comprends. Mais, sans vouloir t’offenser, ce n’est pas de toi qu’il a besoin, mais de sa femme et de son enfant. Tu ne l’aideras pas en restant à ses côtés. Tu n’as rien à partager avec lui. Tu es toujours resté à l’écart niveau sentiment. Alors, même si c’est généreux de ta part, ça ne servirait à rien.
- Ouais…
- Alors, qu’est-ce qu’on fait, maintenant ?
- Occupe-toi de moi…
- Je ne suis pas ton père et je ne tiendrai pas ce rôle, Nekotee.
- Occupe-toi de moi comme un amant…
- Et tu t’occuperas de moi ?
- Apprends-moi…

Grimmjow lui saisit le menton et effleura ses lèvres avec douceur. Il plongea sa langue en lui pour s’imprégner de son odeur, pour plonger ses yeux dans ses iris francs et encore mouillés d’extase, pour le prendre en main et le sentir à lui.
Il glissa sa langue dans son cou, lui mordilla le lobe de l’oreille, lui lécha le creux de sa clavicule, exacerbé par la respiration saccadée de désir. Il léchait les gouttelettes d’eau qui perlaient sur son corps et les sensations affluèrent. La panthère le bascula contre les parois et lui écarta les jambes, mais s’immobilisa.
- Jure que tu ne partiras jamais.

Nekkun sentit qu’il était sincère et que cet ordre signifiait qu’il tenait à lui plus que quiconque. Pour la première fois de sa vie, quelqu’un le désirait tellement qu’il le poursuivait sans relâche, qu’il le malmenait pour lui faire comprendre ses propres sentiments. Il n’avait jamais autant grandi ni autant appris sur lui-même que depuis que cet assoiffé de sexe avait jeté son dévolu sur lui.
- Ne me fais pas devenir gentil ! Commença-t-il à retrouver son caractère de petit chat espiègle et entêté.
- …

Mais la bête ne prit pas ça à la rigolade.
- Il n’y a qu’avec toi que je suis gentil, je te signale. Alors, ne fais pas ressortir mon côté démoniaque, tu n’en ressortirais pas vivant. Jure-le-moi ! Gronda la panthère à bout de nerfs.

Malgré lui, ce côté sombre et violent lui donnait des frissons. Il n’y avait que ce sauvage qui pouvait le dominer ainsi, le faire palpiter par un simple regard menaçant, par cette voix rauque qui prenait du plaisir à le prendre…
Nekkun lécha avidement ses lèvres.
- Fais en sorte de me satisfaire et je ne partirai jamais… Ronronna-t-il autour de ses yeux étincelants.
- Je crois que je ne t’ai pas bien dressé, toi…
- Ah ouais ?
- Mhm… Tu ferais bien de t’activer un peu toi aussi, parce que sinon je vais aller voir ailleurs… Le défia-t-il pour voir s’il allait prendre les initiatives, mais l’air boudeur et en colère de son petit chaton lui dit que ce n’était pas encore gagné.
- Je suis vraiment trop gentil avec toi… Je te gâte trop… Allez… Viens faire un gros câlin à Papa… se moqua Grimmjow en le pénétrant de toutes ses forces pour le faire gémir.


Chapitre 12 : Calinours et...

Calinours ne baissa pas le regard et affrontait son frère avec rage. Elle qui était si calme et si posée avait à présent le sang chaud, un sang qui bouillonnait avec puissance dans ses veines. Elle faisait partie de ces gens qui arboraient toujours une attitude stoïque, dont la douceur imperturbable les rendait doux et peu inquiétants, mais qui, une fois l’explosion éclatant, deviennent incontrôlables et dangereux.
Fei Long posa une main à sa joue meurtrie, mais ne répliqua pas. Non pas qu’il eut peur. Non pas parce qu’elle était sa nouvelle petite sœur. Pas même par respect envers son père. Non, rien de tout ça. Il encaissa parce qu’il la comprenait. Il entendait parfaitement ses sentiments.
- Tu me fais honte ! Comment tu oses abandonner ta famille, toi qui en as justement souffert, hein ?! Tu vas laisser femme et enfant en plan, tout ça pour ton business qui ouvre plus grand encore ton tombeau ?! Tu as si hâte d’aller rejoindre ton père et ton frère dans leur cage de terre ?! Tu es un monstre, Feil, tu entends ?! Tu n’en vaux pas la peine !
- En faisant ça, je les protège et tu le sais très bien. Ce n’est pas une vie pour eux. Moi, la mort m’attend, et je ne la fuirai pas.

Calinours faillit le gifler à nouveau. Elle crispa les poings, tremblante. Tout son être criait au meurtre, toute sa colère accumulée menaçait de la déchirer de l’intérieur. Elle ne tiendrait pas, à ce rythme. Elle ne se contiendrait pas… On avait touché à ce qui lui était le plus précieux… Tout basculait à nouveau… Les déchirures ne finiraient-elles jamais ? N’avait-elle pas assez pleuré par le passé ?
- C’est ça que tu vas laisser comme souvenir à ton fils ? Un pauvre homme criblé de balles dont il ne pourra même pas reconnaître le visage ? Le corps sabré, vidé de son sang et pour quoi ?! Pour qui ?! POUR RIEN, Fei-sama ! Pour rien ! Utilisa-t-elle la particule qui voulait engendrer une certaine distance.
- Ne l’as-tu pas déjà fait par le passé ? Lui glissa-t-il, comme un couteau sous la gorge.

Calinours se figea à ces dires. Son corps frissonna aux pensées qu’elle avait enfouies il y a bien longtemps déjà. Son visage fut marqué par la douleur et un voile masqua son regard blessé. Elle secoua la tête en signe de dénégation, comme pour refuser de se replonger dans cette noirceur qu’elle croyait avoir oubliée.
- N’as-tu pas abandonné quelqu’un toi aussi pour le protéger ?
- Je… Tu n’as pas le droit…
- Alors, ne me lance pas la pierre, quand tu as fait de même.
- Ce… Ce n’est pas la même chose ! Je… Nous étions jeunes… Nous pouvions refaire nos vies…

Fei-Long esquissa un sourire qui se voulait ironique.
- Mais, ça n’a pas été le cas. Toi aussi, tu as fait souffrir quelqu’un que tu as aimé, non ?
- Je… l’ai fait pour son bien…
- N’est-ce pas ce que j’ai dit moi-même ?
- C’est différent ! Toi, tu as la responsabilité d’une famille ! Tu n’as pas le droit de les abandonner !
- D’accord. Alors, si ça a marché pour toi, j’accède à ta requête et je m’occuperai de ma famille.
- Co… Comment ? Bégaya-t-elle, ayant peur de comprendre cet étrange défi.
- Si chacun a refait sa vie et ne souffre plus aujourd’hui, alors, je reviendrai sur ma parole. C’est un marché honnête, non ?
- Je… Je n’ai pas refait ma vie… et tu le sais parfaitement, alors… ça ne marche pas !
- Très bien. Alors, au moins l’autre parti, ça te convient ?

Calinours sentit la colère retomber pour laisser place à cette douleur vive qu’elle avait cachée et tentée d’emprisonner. « L’autre partie »… Rien que son évocation lui faisait mal. Elle n’était pas prête à affronter ça à nouveau. Elle ne s’y était pas préparée, et risquait donc de s’écrouler.
- Ne t’avance pas sur ce terrain, Fei… Tu dévies la conversation… Ce n’est pas le sujet…
- Tu n’as pas envie de savoir s’il a refait sa vie ? Ni même soulager ta conscience en sachant qu’il ne souffre plus de ton absence ? Poursuivit-il, l’acculant comme un lion piégeant sa proie.
- Comment veux-tu que je le sache, hein ?! Ça fait dix ans Fei ! Ça fait dix ans que je suis partie !
- Eh bien, tu n’as qu’à lui demander.
- …

Le regard de Fei Long était bien trop sûr de lui pour qu’elle s’aventure dans son piège. Tout son corps était glacé. Le terrain était bien trop glissant. Son frère avait toujours plus d’un tour dans son sac, et elle pressentait un danger imminent.
Elle se tut, espérant qu’il clôturerait cette discussion.
- Parce qu’il est juste derrière toi.

Cette fois, ses jambes eurent du mal à la soutenir, son cœur s’accéléra à lui faire mal, et cet à cet instant qu’elle sentit sa présence derrière elle. Elle ne voulait pas se retourner. Elle ne voulait pas le voir. Elle en mourrait de chagrin. Combien d’années s’était-elle évertuée à le chasser de son esprit, à se retenir de prendre de ses nouvelles, à rayer son prénom de son vocabulaire, à nier toute son existence en Chine… Elle ne parviendrait pas à le quitter une seconde fois…
- Eh bien… Quel accueil, Caline-chan… Gronda une voix terriblement masculine et sensuelle.

C’est à peine si elle la reconnut. Son timbre était rauque, chantant, mais terriblement grave. Elle perçut tout de même le tintement de l’accent à travers cette voix d’homme, cette petite musique habituelle dans les intonations de certains mots. Quelques secondes passèrent avant qu’un flot d’émotions vienne la foudroyer. C’était lui ! Cette voix qui s’était faite animale avec le temps, elle la reconnaissait dix ans après…
- Tu as peur de me faire face ? Pourtant, tu n’as pas eu peur de me quitter droit dans les yeux il y a dix ans, alors que je n’étais qu’un enfant désespérément amoureux, hein… ?

Ce ton, cette arrogance… Devait-elle faire face à sa rancœur maintenant ? Ce jeune garçon qu’elle avait laissé il y a longtemps revenait-il la hanter ?
Cette fois, elle eut peur. Tant qu’on a ses œillères et qu’on ne voit pas les choses, on peut toujours faire comme si elles n’existent pas. Par contre, une fois que la pupille les a cernées dans son champ de vision, l’image reste irrémédiablement collée à la rétine. Puis à l’esprit. À jamais.
Elle ne vit pas Feil-Long s’éloigner. Elle ne vit pas ses mains trembler. Elle ne perçut pas son cœur battre la chamade.
Elle se retourna et fut happée par le choc des sens.
C’était un homme à présent. Il avait grandi démesurément. Ses cheveux noirs et souples lui tombaient devant les yeux, mais restaient relativement courts. Sa musculature s’était incroyablement développée. Seuls ses yeux semblaient être le vestige de celui qu’elle avait aimé à en mourir.
Ce n’était plus le jeune homme qu’elle avait étreint en découvrant l’amour dans ses bras. Ce n’était plus le jeune garçon espiègle et innocent… Avec cet habit traditionnel à col Mao, elle eut la sensation de reconnaître quelqu’un qu’elle ne connaissait pas.
- Tu ne me dis pas bonjour, Caline-chan ? La transperça-t-il de ses yeux qui ne se voulaient pas doux.
- Tao…

Calinours ne put détourner les yeux. Avec horreur, elle sentit tous les sentiments qu’elle avait enfouis ressurgir, menaçant tout sur son passage. Elle les prenait de plein fouet, et elle allait également devoir encaisser la vengeance d’un homme trahi qui venait le lui faire payer. Honteusement, elle baissa la tête et attendit les récriminations. S’il voulait la brutaliser, lui cracher tout ce qu’il voulait à la figure, alors, elle attendrait qu’il le fasse sans broncher.
Elle s’immobilisa comme une sorcière sur le bûcher, laissant arriver la cruelle sentence. Au lieu de ça, on lui effleura la tempe dans une caresse électrisante.
- Mhm ! Se mit-elle à sursauter, tétanisée par cette douceur qu’elle n’espérait plus jamais revoir.
- Tu es toujours aussi sensible… Et ta peau semble reconnaître la mienne, non ? Je veux respirer ton odeur, maintenant…
- Tao… Je t’en prie, ne fais pas… Haa…

À l’instant où il posa ses lèvres sur sa paupière, un intense éclair d’électricité la parcourut tout entière. Elle frémit au contact de cette bouche si douce qui la caressait avec tendresse, comme s’il était sur la réserve. Instinctivement, ses bras se levèrent pour s’accrocher à lui, mais elle se ressaisit et tenta de le repousser pour s’arracher à cette étreinte douloureuse de sensations.
Tao se laissa faire sans la contrer, mais resta tout près d’elle. Il n’avait pas changé. Même en étant devenu un homme avec une telle carrure, il était resté cet enfant bien élevé, qui ne forçait jamais les gens, ce petit garçon attentionné et affectueux qui n’espérait qu’une chose : faire plaisir aux autres. Sa nature inquiète était toujours présente, elle pouvait à nouveau la sentir…
C’était elle qui avait toujours été la forte tête. Celle qui abusait de sa gentillesse. Celle qui l’avait abandonné tout en sachant qu’il resterait là, tête baissée, sans oser la contrarier. Celle qui lui avait fait du mal alors qu’il n’avait toujours fait que la chérir. Celle qui l’avait fait pleurer et était partie sans le consoler…
- Tao… Pourquoi… ? Commença-t-elle, la voix étranglée de chagrin.
- Tu me manques tellement…
- Pourquoi tu ne me détestes pas ? Pourquoi tu n’as pas refait ta vie, hein ?! Je… Je t’ai laissé tomber, Tao ! Je t’ai fait du mal !
- Je t’aime.
- Arr… Arrête ! Va-t-en ! Déteste-moi ! Sanglotait-elle, en perdant toute contenance.
- Je ne peux pas faire ça.
- Je t’en supplie, Tao…
- Ne me demande pas de partir à nouveau.
- …
- Ne t’en va pas à nouveau.
- …

Calinours pleurait maintenant. Cela faisait dix ans qu’elle n’avait pas versé une seule larme. Dix ans que son cœur était vide. Dix ans qu’elle ne ressentait plus rien. Dix ans qu’elle occultait tous ces moments partagés avec lui.
Et ces dix années ne lui permettaient pas d’être forte maintenant.
- Alors, même maintenant, tu ne me désobéiras jamais, n’est-ce pas ?
- Je… ne comprends pas… Répondit Tao, de sa voix douce et berçante.

Il ne se rendait même pas compte de l’envoûtement dont il l’enveloppait, de la séduction qui la transperçait, de sa voix diaboliquement enchanteresse… Elle ne pouvait pas lutter contre lui et il ne s’en apercevait même pas…
- Si je pars, tu ne me retiendras pas. Si je te quitte, tu ne me crieras pas dessus. Tu m’as toujours obéi, même quand ça te faisait souffrir… Tu es irrécupérable, Tao…
- Je ne te contraindrais jamais à faire quelque chose que tu ne souhaites pas. Je ne te prendrai jamais ta liberté. La seule chose que je peux te dire, c’est que j’ai passé dix années à t’attendre. Et que mon amour pour toi n’a pas faibli une seconde.
- Embrasse-moi.

Tao parut perplexe un instant et ne réagit pas.
- Tao… Prends-moi où je vais m’enfuir… Tenta-t-elle de l’exciter pour le voir sortir des sentiers battus.
- Je… ne suis pas ce genre d’homme… Prendre… Prendre une femme alors que…
- Je t’ai toujours aimé Tao. Toujours. Même cette partie si énervante de toi… Soupira-t-elle en riant.

Pour le désarçonner, elle s’approcha de lui et lui lécha les lèvres très sensuellement.
- J’ai envie de toi, Tao… Lui murmura-t-elle, pour le mettre au supplice.
- Caline-chan… Protesta-t-il, en vain, tandis qu’elle glissait sa langue à l’intérieur pour le sentir au plus près. Mhmm…
- Touche-moi, Tao… Caresse-moi…

Elle le sentit tressaillir à ses demandes, son membre se faisant plus dur à mesure qu’elle se frottait lascivement à lui. Il était gêné… Et cela la fit rire…
- Je t’en prie, Tao…
- S’il te plaît, Caline-chan… Tu vas trop vite pour moi… Je ne veux pas te traiter comme…
- Je veux te sentir en moi, Tao, je veux que tu me prennes… Si tu m’aimes, alors, s’il te plaît, montre-moi que tu me désires…
- Mais, tu sais très bien que je te désire, se mit-il à rougir, tentant d’écarter ses hanches de cette tigresse si excitante.

Calinours le bascula au sol à califourchon sur lui. Elle déboutonna sa tunique sans le quitter du regard.
- Caline-chan… Lui tint-il la main, sans l’arrêter.
- Si tu protestes encore, je m’en vais et tu ne me reverras plus jamais ! Le menaça-t-elle, commençant à s’impatienter.
- Eh… Pourquoi tu fais ça ? Je voulais juste…
- Tu veux que je m’en aille ?
- Non…
- Alors ? Ça y est, tu as fini de rechigner ?
- Tu es si belle, même quand tu te fâches…
- Et toi, tu es beaucoup trop gentil avec moi, tu le sais, ça ? Maintenant, tu vas être un méchant garçon, et me punir ! S’amusa-t-elle de le voir écarquiller grand les yeux.
- Je ne vais pas faire ça !
- Je sais… Je sais que tu en es incapable… Et ça m’agace ! Je ne suis pas une princesse, Tao ! Tu ne m’en veux même pas de t’avoir abandonné… Je mériterais ta colère, tu sais ? Mais au lieu de ça, tu me regardes de tes yeux admiratifs, de tes yeux pleins d’amour…
- Et, tu n’aimes pas ça ?
- …
- Je veux te rendre heureuse…
- Je serais heureuse quand tu te seras enfin décidé à me toucher !

Fébrilement, Tao posa ses mains sur ses hanches et les glissa doucement sous sa robe, caressant sa peau comme s’il tenait quelque chose de fragile dont il traçait les contours. Il ne la regardait pas avec des yeux fiévreux de désir, mais cherchait à déceler le moindre refus de sa part, prêt à s’arrêter.
- Encore… Murmura-t-elle en se penchant vers son torse pour l’imprimer de baisers légèrement mouillés de sa langue.
- Mhm… Caline-chan… Att…

Elle le mordit pour le punir. Il avait toujours été comme ça. Comme un petit chiot qu’on dresse. Comme un petit animal peureux et délicat qui n’osait pas prendre d’initiative de peur de faire mal. Il était fort à présent, et cette appréhension avait dû se décupler avec l’âge. Il avait peur de la briser ! Il avait toujours eu peur de mal faire… Alors, qu’il était tout ce qu’une femme pouvait rêver.
Lentement, elle descendit et il se contracta en la voyant libérer son sexe.
- Eh bien, je vois que là aussi, tu as bien grandi… Le félicita-t-elle, jouant toujours de le rendre mal à l’aise.
- Ne le touche pas !
- Ah non ?! Et pourquoi ça ?
- Eh ! Je… ne… veux pas…

Elle le lécha avec sensualité en l’entendant se tortiller pour lui échapper, mais déjà, son membre imposant lui répondait en se lubrifiant sous ses coups de langue.
- Ne me dis pas que tu n’aimes pas, ou je te mords…
- Arr… Arrête, Cali… S’il te plaît, je ne vais pas pouvoir tenir…
- Oh… Comme c’est mignon… Tu as tellement envie de moi ?
- Oui…

Calinours s’arrêta un instant. Elle avait oublié combien il était honnête. Et il ne savait pas à quel point cela le rendait séduisant…
- Je veux te sentir en moi…
- Tu… Tu n’es pas assez préparée… !

La sorcière déchaînée lui saisit la main et vint la poser entre ses cuisses. Cela le fit rougir instantanément et son pénis eut un soubresaut incontrôlé.
- Nnh… Cali…
- Tu le vois bien que je suis prête, non ? Le targua-t-elle, en mouillant ses doigts contre son intimité.
- Attends, je vais les mettre pour…

Calinours crut défaillir. Comment faisait-il pour être si excitant alors qu’il tentait une vaine explication ? Il enfonça ses doigts avec une maîtrise de soi qu’elle détestait et elle plia sous le plaisir que cela lui procura.
- Tao… Plus… Je veux plus…
- Cali… Je ne veux pas te faire mal…
- Obéis-moi !

Tao la contempla. Elle était si belle. Si autoritaire, mais si attachante. Il n’y avait qu’elle dans son cœur. Il n’y avait jamais eu qu’elle. Il fit pénétrer ses doigts plus avant, surveillant ses expressions et leur fit opérer un glissement qui frôlait chaque paroi. Elle vibrait sous ses doigts qui prenaient possession d’elle. Elle était magnifique.
Il était de ceux qui ne se donnaient qu’une seule fois. Il pouvait mourir pour elle le sourire aux lèvres. Il l’avait choisie. Pour toujours. Lui jurer fidélité n’avait pas été réfléchi. Ça avait été naturel.
Un temps, il avait été jaloux de maître Lyu-sama pour être si proche d’elle. Puis, Feil-Long-sama l’avait rassuré. Enfin, ils s’étaient rapprochés. Au départ, il pensait qu’elle le considérait comme un simple enfant dont elle jouait les mères poules, mais son innocence ne lui avait pas permis de comprendre ce que désirait cette femme, jusqu’au jour où elle avait pris les devants et avait collé son corps nu au sien.
Il en était resté pétrifié un instant. Cette femme s’était glissée dans son lit, s’était caressée contre lui pour le réveiller et puis, finalement, l’avait gorgé de plaisir. Si elle ne l’avait pas fait, il n’en aurait jamais été capable…
Depuis lors, elle avait toujours agi avec domination avec lui. Et… il aimait ça. Il se sentait aimé et désiré.
- Nnh… Tao… Haleta-t-elle, à mesure que ses doigts la pénétraient plus profondément.

Il connaissait toutes les nuances de son visage, tous les frissons de son corps. Il les avait appris par cœur. Les contractions de sa chair autour de ses doigts annonçaient qu’elle était proche de l’orgasme, et elle relâchait prise par manque de concentration et de force. À ce moment-là, et seulement là, il prenait les rênes pour la satisfaire.
Alors, il retira sa main et souleva ses hanches pour la reposer contre son sexe dressé qui cherchait déjà son entrée palpitante. Une légère pression se fit sentir, une barrière qui finit par céder et s’ouvrir pour le laisser rentrer.
C’était doux. C’était chaud. C’était étroit contre sa chair. Ça vibrait et se contractait autour de lui. Il l’entendit gémir tandis qu’elle se lovait contre son torse, savourant cette intrusion à la fois lente et imposante.
- Haa… Tao… Nn…
- Je ne te fais pas mal, Cali ?
- Haa… Haa…
- Cali ? Dis-moi, s’il te plaît…
- En… core… S’accrocha-t-elle à lui.

Il accentua ses mouvements de bassin, entrant et sortant en elle pour la reprendre aussitôt, à l’écoute de ses battements de cœur et de ses mains qui le serraient à chaque pression.
Il posa une main contre ses fesses pour guider la cadence de ses reins et l’autre contre sa nuque, la berçant dans ses bras. C’était comme s’il ne voulait pas qu’elle se fatigue, prenant tout sur ses muscles afin de la laisser profiter un maximum de ce plaisir chaud qui montait crescendo.
Il perçut ses hanches se coller davantage à lui, son corps se crisper, et il appuya sur son bassin pour la frotter au plus près de son corps. L’orgasme était imminent. Tout en elle l’aspirait, le compressait et se resserrait sur son pénis également prêt à lâcher prise.
- Je t’aime, Cali… Chuchota-t-il alors qu’elle gémissait sans se contrôler.
- Tao… Tao… Tao…
- Chuut… Tout va bien… Laisse-toi aller…

La chaleur irradia au creux de ses reins, puis entre ses cuisses et elle perdit pied. Le plaisir la saisit de sorte qu’elle put à peine respirer. Tout son corps était contracté, tremblant, laissant ce feu la ravir jusqu’à la rendre somnolente. Ce fut le grognement étouffé de Tao qu’elle entendit en dernier, alors qu’il la tenait tout contre lui, comme si sa vie en dépendait.
Elle ne lui dirait pas combien elle l’aime.
Elle ne lui dirait pas qu’il n’y avait eu que lui dans sa vie.
Elle ne lui dirait pas qu’elle ne partirait jamais.
Elle désirait rester sa princesse pour toujours.

Il ne lui dirait pas qu’il l’avait vu pleurer pour lui quand elle était partie.
Il ne lui dirait pas qu’il avait toujours gardé un œil sur elle pendant ces dix ans.
Il ne lui dirait pas que Feil-Long lui avait promis qu’il la lui ramènerait.
Il ne lui dirait pas qu’il avait réussi à tenir dix ans parce qu’il savait qu’elle n’aimait que lui.
Il ne lui dirait pas que c’était grâce à ce journal intime qu’elle avait cru avoir perdu, et qu’il lui avait dérobé…


Chapitre 13 : Tena versus Misaki



- Oye ! Même pas un « merci » ou un bisou pour me remercier ?

Misaki se retourna le sourire aux lèvres, habituée à ces remarques connotées à longueur de temps.
- Merci de quoi ? D’avoir failli me refaire une nouvelle coupe de cheveux en me frôlant de tes balles pour faire ton gros malin ? Lui rétorqua-t-elle du tac au tac.
- Je t’ai sauvé la mise en tout cas… Et j’ai droit à rien ?
- Je me prosterne mentalement devant tes prouesses de la gâchette, est-ce que cela convient à Monsieur ?
- Non, mais… J’ai l’habitude, soupira Nick, son visage changeant d’expression en même temps qu’il fourrait ses mains dans les poches, se détournant un peu d’elle.

Misaki connaissait bien ce revirement. Il plaisantait toujours, la taquinait, puis, au moment où on s’y attendait le moins, il redevenait sérieux. Et cela lui faisait mal.
Très mal.
Cette mine triste qu’il arborait, c’était à cause d’elle. Depuis qu’elle avait cessé d’être sa coéquipière. Depuis qu’elle avait rompu tout lien avec sa vie d’avant. Le pire, c’est qu’il ne lui hurlait pas dessus, qu’il ne lui reprochait rien… Il l’avait laissée partir sans faire un geste, sans lever le petit doigt. Il ne l’avait même pas retenue. Et, finalement, cette maturité lui était toujours restée en travers de la gorge. Parce qu’il la tenait pour unique responsable. Parce qu’il respectait son choix et se plaçait en position de victime.
Parce qu’il n’avait jamais voulu en parler…
Il l’avait laissée partir sans aucune explication…
Ça l’avait déroutée un temps.
Maintenant, la seule chose qu’elle désirait, c’était de ne pas trop le croiser et de se rapprocher le moins possible. Ils n’étaient pas en froid, mais il régnait autour d’eux des non-dits oppressants qui menaçaient d’exploser s’ils se côtoyaient trop souvent.
Misaki soupira :
- Merci, Nick, tenta-t-elle de clore la conversation en bon terme, en y mettant une intonation basse et ferme.
- On forme toujours une bonne équipe, tu trouves pas ? Amorça-t-il la bombe qu’elle avait essayé d’éviter.
- On a pas mal d’années derrière nous, alors, c’est normal. Mais, c’est quelque chose que je ne referai pas tous les jours.
- Ah oui ? Et on peut savoir ce que tu fichais dans ce merdier, alors ?!
- Nick…
- Excuse-moi. J’ai toujours cru que la raison de ton départ était due à la dangerosité de notre boulot. Mais, en fait, ça devait plutôt être moi, alors…
- Ce n’est pas…
- C’est bon. Je n’ai pas à tergiverser sur tes décisions. T’as pas à te justifier.

Quelques secondes silencieuses passèrent, interminables, puis elle se résigna :
- Je suis désolée…

Il trancha en rétorquant :
- Pas autant que moi.

Cette fois, ce fut un silence tortueux qui s’installa. Celui que redoutait Misaki plus que tout. Cette espèce de barrière qui s’érigeait entre eux et les rendait chaque jour plus étrangers l’un à l’autre. Cette rancœur perverse qui s’insinuait et détruisait tout de ce qu’il restait de leur relation.
- Eh bien… Est-ce que j’interromps quelque chose ? Clama une voix basse à l’oreille de Misaki.
- Non, pas du tout, déesse de mon cœur, on fait comme tous les gens qui ne se sont pas vus depuis longtemps et ne savent plus quoi se dire, on parle du bon vieux temps, répliqua Nick, affichant un sourire pour masquer la dureté de ses paroles.
- Je vois… Alors, je garde encore ma sœur rien que pour moi ? L’aguicha Tena, en lapant la nuque de sa jumelle.
- Arrêtez ça ! Et toi, Nick, si t’as envie de me déballer ce que t’as sur le cœur, te gêne pas, je ne me suis jamais défilée ! Alors, cesse tes piques et va droit au but ! Personne t’a forcé à participer à cette mission, alors, ne t’en prends pas à moi !
- Ne me provoque pas… Je crois que tu es mal placée pour jouer les femmes en colère…

Sa voix s’était durcie amèrement. Ça faisait un certain temps qu’il ne lui avait pas joué la carte de la menace. Et même si Misaki n’avait pas envie de tout gâcher, sa fierté l’empêchait d’y mettre fin.
- Vous feriez bien de baiser un peu tous les deux, les coupa Tena, vous êtes sérieusement à cran, et ça vous ferait du bien. Regardez comme je suis calme, moi !
- Ouais, t’as bien raison. Je vais suivre tes conseils ! Ciao, Tena ! Répondit Nick avant de tourner les talons sans un au revoir à Misaki.
- Et merci d’avoir protégé ma sœur… Je savais que je pouvais compter sur toi. Je ne suis pas à la hauteur face à toi, sur ce point, tu la connais mieux que moi et tu es plus à même d’assurer sa sécurité, et je t’en remercie.
- De rien… Lâcha ce dernier d’un signe de la main sans se retourner.

Misaki baissa la tête, afin de contrôler cette douleur et cette rage qui lui martelaient la poitrine.
- Tena, je ne veux plus de ça, t’entends ? Reprit cette dernière une fois que l’ombre de Nick eut disparu de son champ de vision.
- Plus de quoi ?
- N’insinue plus rien entre Nick et moi, par pitié !
- Mhmm… D’accord ! Lui prit-elle un baiser furtif sur les lèvres pour la calmer.
- Bon, je crois que je vais te suivre ce soir… J’ai besoin de m’amuser un peu…
- Ah oui ? C’est tellement rare de ta part ! Parfait ! Dis-moi ce que tu as envie de faire et j’exaucerai ton vœu, ma chère moitié…
- Je crois que t’as raison si je suis à cran… Tu peux peut-être arranger ça, non ? Lui sourit-elle, espiègle.
- Tu veux que je te trouve un mec… ou plusieurs ?! Se mit-elle à plaisanter en lui répondant par un clin d’œil.
- Et pourquoi pas ? La défia Misaki, à bout depuis la conversation.
- Arrête ça… T’as jamais été comme ça… T’arriverais pas à te lâcher avec des gens que tu connais pas… Et puis, tu sais… Je ne fais plus ça depuis longtemps.
- Dit la sœur qui sort avec deux mecs à la fois ! Pouffa la blonde en tirant les mèches brunes de sa sœur.
- J’ai trouvé mon équilibre grâce à eux. Tu trouveras le tien toute seule, avec ta propre voie. Par contre, j’en connais pleins qui rêveraient de faire une partie de jambes en l’air avec toi !
- Je vais peut-être me laisser tenter… ! Et… Tiens, c’est pas un de tes équipiers ?

Tena aperçut Fox, appuyé contre une voiture, les yeux dans le vague.
- C’est un amoureux transi qui n’ose toujours pas faire le premier pas… C’est d’un pitoyable… Grogna Tena qui n’arrivait jamais à s’apitoyer ne serait-ce qu’un peu dans ses paroles.
- Avec qui ?
- L’autre greluche à la flûte… Y’en a pas un pour rattraper l’autre, j’te jure !
- Ce que tu peux être mauvaise quand tu t’y mets, alors que tu as bon cœur au fond… Et je suis sûre que tu leur as déjà donné un coup de pouce…
- Nan. Mais regarde-les ! On dirait deux ados incapables de se dire les choses franchement !

Misa essaya de dissimuler son rire en voyant la tête décomposée des deux ados en question, rouge pivoine en entendant les vociférations de Tena à leur sujet.
- Tena, s’il te plaît… La calma Fox, de ce regard gentil, mais gêné. On se passera de tes commentaires…
- Ben, je vous aide juste à réaliser pour qu’enfin vous puissiez passer à l’action.
- De quoi tu parles ? Commença à s’agacer Bd, dite Cécile. C’est toi, la dépravée !
- Tu comptes l’ignorer jusqu’à ce que quelqu’un te le vole ? Pff, t’es ridicule ! Tu suis Mookyul comme un petit chien, sans prendre Fox en considération et…
- TENA ! Coupa court ce dernier, à la limite de l’explosion. Passe ton chemin, ta sœur a mieux à faire que d’entendre ça !

Tena accepta le prétexte sans arrêter de ronchonner.
- Tu marques un point… Chuchota Misa, contente de voir qu’elle parvenait toujours à ses fins. Maintenant, les tourtereaux vont devoir discuter de ce qu’il vient de se passer… Et peut-être vont-ils passer à l’étape suivante… Une véritable manipulatrice de l’amour sous tes airs de démon !
- Merci du compliment !
- Comment tu fais pour gérer deux mecs en même temps, alors que moi, j’arrive même pas à m’en enlever un de la tête ?! Rompit Misaki, encore éprouvée de la scène avec Nick.
- Tu sais, au départ, j’ai toujours été très indépendante et la situation ne me convenait pas. Aujourd’hui, j’ai retrouvé ma liberté. Je ne suis plus la femme de deux hommes, je suis la femme d’un couple, et je respire enfin.
- Comment es-tu parvenu à les faire s’aimer ? C’est dingue !
- Je ne sais pas… À force d’absence de ma part, ils ont enfin fini par se rapprocher…

Tena sourit à ce souvenir. Leur relation avait en effet été tumultueuse. Son tempérament de feu y était bien sûr pour quelque chose. Elle avait rencontré Katô et Iwaki séparément, comme deux sex friends très doués…
À l’époque, elle ne voulait pas s’embarrasser d’une relation sérieuse qui aurait mis à mal sa liberté et son indépendance. Chacun des deux voulaient passer plus de temps avec elle, et en sentant l’attachement profond de ces hommes qu’elle trahissait, elle les avait mis devant le fait accompli.
Mais, contrairement à ses plans, les deux hommes, stars de porno, rivaux à l’écran comme dans la réalité, avaient refusé de se séparer d’elle. Deux ennemis jurés se disputaient le cœur d’une tigresse sauvage qui refusaient leur cage…
Tena avait un temps espéré que le fait de coucher ensemble tous les trois aurait fini par les briser et les faire lâcher prise. Être au centre ne lui convenait pas, c’était deux fois trop d’attention, deux fois trop de jalousie, deux fois trop de disputes et de surveillance…
Jusqu’à ce fameux jour…
Ce jour où, durant leurs étreintes, quelque chose s’était produit. Entre eux deux seulement. Un regard, un frôlement, une main se trompant de peau et un tressaillement. Katô en avait été le plus conscient et, de lui-même, était venu s’emparer fiévreusement des lèvres d’Iwaki, juste au-dessus d’une Tena émerveillée par le geste. Les encourageant, Iwaki s’était laissé faire, avec appréhension plus qu’avec colère. Cet idiot aurait été capable de considérer cela comme une trahison si Tena ne l’avait pas incité à continuer.
Cette toute nouvelle expérience avait éveillé l’intérêt de Katô pour cet Iwaki sensible à son toucher, qui frémissait sous sa langue et ses caresses.
Tena avait entrevu son salut.
Cette liberté tant recherchée dans l’amour.
Il n’était désormais plus question de coucher avec l’un sans l’autre.
Plus le temps passait et plus Katô poussait les limites d’Iwaki.
Jusqu’à cette nuit…
Iwaki se dressait au-dessus de Tena, lui écartant doucement les jambes afin de s’immiscer en elle lorsque le blond incendiaire s’était glissé derrière lui. Le brun s’était crispé à ce mouvement, mais les mains pleines de tendresse l’avaient fait capituler. La sensation de pénétrer une femme et d’être pénétré à son tour l’avait vaincu. Il était celui qu’on désirait, celui dont on prenait soin, celui qui était aimé.
À partir de cet instant, tous ses doutes s’envolèrent. Et Iwaki se laissa approcher par Katô. En l’absence de Tena. Pour la première fois…
Tena se souvint de les avoir surpris tous les deux en train de faire l’amour, et elle avait trouvé ça beau. Elle était à présent soulagée. Elle ne portait plus le poids de celle qui trahit deux cœurs, mais celle qui avait su lier deux cœurs au sien.
Elle était libre.
Elle était aimée.
Elle gardait son indépendance… Parce que l’amour d’un seul homme, ou même de plusieurs, l’avait toujours étouffée. Aujourd’hui, elle pouvait aimer sans culpabiliser de devoir donner autant.
C’était son amour parfait.
- Par contre, t’as beau être ma number one chérie, t’es une véritable idiote… Nick, tu l’aimes, non ? Alors, quoi ?
- Alors rien. J’ai tourné la page.
- C’est de la fierté. Tu te prends pour une princesse qui attend que son prince charmant remue ciel et terre pour te conquérir… Et vu qu’il ne le fait pas, tu boudes comme une gamine. En un sens, t’es bien plus cruelle que moi !
- J’ai tiré un trait, petite binôme moralisatrice. Quand on fait ce genre de travail, on ne peut pas se permettre de relation amoureuse avec un mec du même acabit.
- Bon, je vois que t’es toujours aussi bornée… Allez, je t’invite boire un verre…


Tena leva son verre et regarda sa sœur avaler le breuvage lentement. Elle était la seule avec qui elle baissait sa garde. Elle l’observa, le menton posé sur le revers de la main, et sourit quand elle commença à fermer les paupières et vaciller légèrement.
- J’espère que tu ne m’en voudras pas, soeurette…

Elle regarda l’homme qui s’empressa de la mettre sur ses épaules et l’emmener avec elle.
- Mais peut-être que cette expérience te fera du bien…


Tena se mit à frissonner. Elle pouvait ressentir le froid qui envahissait sa sœur en cet instant, et se mordit la lèvre, regrettant déjà son geste. Et si elle ne le supportait pas ? Si elle restait marquée à jamais ? Et si elle lui en voulait toute sa vie ?
Avait-elle fait le mauvais choix ?
Pourtant, désormais, elle ne pouvait plus faire marche arrière…


Misaki ouvrit les yeux avec difficulté. Quelque chose n’allait pas. Elle était fatiguée, sa tête tournait et elle frissonnait. L’obscurité n’arrangeait rien.
L’obscurité ou bien…
Elle oscilla la tête et battit des paupières : quelque chose entravait ses yeux… Un bandeau ! On lui avait bandé les yeux ! Son rythme cardiaque s’accéléra aussitôt et elle tenta de se concentrer rapidement. Réfléchir. Il fallait réfléchir. Réfléchir à la situation précise afin d’évaluer ses chances de sorties. Elle remua les mains : ligotées contre des barreaux de métal. Elle bougea le dos et sentit un moelleux caractéristique.
Qu’est-ce que cela voulait dire ? Quelques temps plus tôt, elle se trouvait avec Tena. Un kidnapping ? Non, ça n’avait aucun sens… Elle n’avait aucun souvenir de s’être battue, et avec Tena dans les parages, personne ne l’aurait enlevée… Donc…
Elle sursauta. Elle n’était pas seule sur le lit. Elle pouvait sentir des mouvements autour d’elle et des odeurs familières, qu’elle n’arrivait toutefois pas à discerner avec les effets de cette drogue encore agissante…
On lui effleura les bras et elle se tendit à ce contact étranger sur sa peau. Le bruit des menottes résonna dans la pièce à mesure qu’elle se crispait et heurtait les barreaux de la tête de lit. Un souffle vint caresser ses tempes et descendit jusqu’à sa nuque. D’instinct, elle arqua son visage afin d’échapper à cette sensation qui l’affolait.
Elle savait par expérience qu’en masquant un des cinq sens, notamment la vue, les autres devenaient beaucoup plus sensibles sans qu’on n’y puisse rien. Contrôler son corps était une chose, mais aller contre son instinct en était une autre. Ne pouvant prévoir aucun des gestes, elle était condamnée à ressentir les émotions comme un coup de fouet…
Sans entendre les voix, elle ne pourrait jamais identifier ceux qui se jouaient d’elle à cet instant…
- Nnh… Laissa-t-elle échapper, lorsque le toucher humide d’une langue vint électriser le creux de son cou.


Tena observa Iwaki qui l’encourageait, silencieux. Il souriait. Alors, elle ferma les yeux afin de toucher ce corps qui frémissait contre le sien. C’était bizarre de toucher ce corps les yeux fermés… Elle le connaissait par cœur et en même temps, elle le découvrait pour la première fois. Le corps se mit à frémir et un gémissement étouffé en sortit. La main d’Iwaki se glissa dans la sienne et la guida à explorer plus en avant ce corps tendu par le désir, l’excitation et l’appréhension.


Misaki se contorsionna sous la caresse plus ardente, plus appuyée et moins hésitante. Elle entendait sa propre respiration s’accélérer, ses poumons se gonfler d’air, sa poitrine se soulever à mesure qu’on la caressait. Elle tressaillit en sentant le poids de la silhouette se poser lentement au-dessus d’elle. Elle tourna le visage, en proie à une panique oppressante. Pourtant, cette ombre ne la menaçait pas, ne dégageait aucune colère. Son corps ne la trompait pas : « on » exerçait sur elle une terrible attraction…
Plus elle ressentait cette présence sur elle, autour d’elle, la touchant, la caressant, imprimant son corps de baisers et traçant des lignes sur ses courbes avec la langue, et plus elle s’imprégnait de cet être, plus elle désirait s’en imbriquer.
Misa n’avait plus peur. Elle se sentait apaisée. L’inconnu parlait à son corps avec une telle douceur et un tel amour dans ses gestes qu’elle se décontracta.
Cette passion, cette alchimie, cette attirance des corps, elle voulait la connaître plus profondément. Peu à peu, sa conscience des choses et du monde s’évaporait au profit de ces émotions sensorielles qui s’insinuaient dans le moindre recoin charnel.
Alors que ce visage qu’elle ne voyait pas s’approcha doucement du sien, frôlant ses tempes, dont quelques mèches chatouillaient son front, elle donna un petit coup avec ses poignet et l’ombre se figea à cette muette parole. Il ne lui fallut pas longtemps pour que des mains se dirigent sur les siennes et contournent le métal des menottes.
Misaki en fut stupéfaite. Comment pouvait-on se comprendre sans se voir, sans se parler, sans même se connaître ? Cette ombre allait-elle accéder à sa demande ? Elle s’immobilisa, afin de lui montrer sa clémence, son calme, pour qu’il accède à sa demande implicite.
Doucement, les doigts la libérèrent de ses menottes, et, pour la première fois de sa vie, elle fut décontenancée face à cette liberté soudaine. Attisée par la curiosité d’une part, et excitée par l’expérience d’autre part…
Elle voulait retirer son bandeau et le toucher sans le voir en même temps…
Cet autre sembla la regarder un instant, attendant qu’elle fasse son choix puis plongea à nouveau dans sa clavicule qu’il dévora avec plus de passion et d’excitation. Son souffle devenait plus rauque contre elle. Être désirée ainsi était une extase sans commune mesure.
Alors, cédant à son impulsion rationnelle, elle rabattit d’elle-même ses mains derrière sa tête, signe qu’elle souhaitait poursuivre le jeu tel qu’il était. La réponse fut instantanée : on vint enserrer ses poignets de manière à l’empêcher de se démasquer, tout comme elle l’avait demandé.



Tena rouvrit les yeux et se rendit compte que voir cette silhouette les yeux bandés l’hypnotisait. Elle en avait déjà fait l’expérience, mais c’en était une toute autre que d’être de l’autre côté cette fois. Elle observait les soubresauts, les mouvements saccadés à chaque fois qu’on la touchait. C’était enivrant et incroyablement attirant.
Elle sentit Iwaki l’embrasser et venir se mettre sur la silhouette qui agitait ses mains, par-dessus elle, comme prise en sandwich. Doucement, Iwaki effleura les lèvres de l’être à leur merci et le corps à corps se fit plus intense. Glissée entre les deux corps, Tena ressentait cet amour irradier dans la pièce. Au baiser, une douce plainte vint en demander plus…


Le corps était remonté et frôlait son visage. Elle sentait les lèvres parcourir le contour de sa bouche, et cette fois, Misa ne fit pas le moindre mouvement de retrait. Elle voulait goûter ses lèvres, conquérir cette saveur et en savoir plus. En goûter plus.
Lorsque cette chair pressa la sienne, elle serra les poings tellement l’intensité était forte. Des frissons la firent frémir lorsqu’il introduit lentement sa langue en elle, avec beaucoup de retenue. Une plainte s’échappa presque malgré elle.
C’était bon et douloureux à la fois.
Elle haletait, sans honte, comme si elle voulait que cette présence entende combien elle avait envie de lui. Il n’y avait plus de retenue entre eux, comme si les barrières n’avaient jamais existées, comme si… Comme s’ils se connaissaient… Ce parfum… Ce souffle… Cette langue… Elle les connaissait très bien… Depuis très longtemps… Elle manqua d’étouffer lorsqu’elle comprit…


Tena perçut le sursaut de ce corps à l’agonie qui commençait à s’agiter. Souriante, elle le regarda retirer son bandeau d’un geste vif, alors qu’Iwaki la pénétrait. Elle s’agrippa à ce corps découvert et succomba au plaisir divulgué.


Misaki retira son bandeau et resta pétrifiée devant ce visage souriant… Ce visage empli de désir et de passion, ce visage dont les traits exprimaient l’excitation la plus ravageuse qui soit. Ce visage qu’elle connaissait si bien et qui la comprenait si bien…


Tena regarda ce visage et l’embrassa. Katô, enfin libéré, la serra entre ses bras et dévora son amant du regard, juste au-dessus d’elle, qui allait et venait en elle, tout en plongeant ses yeux dans les siens. Ce trio possédait une coordination parfaite, et un échange des sens qui les amenait à leur paroxysme.


- Et ne me dis pas que nous ne formons pas une équipe du tonnerre… Murmura sa voix rauque, teintée d’une envie de possession qu’il ne dissimulait pas.
- Comment… Tu… Bégaya Misaki, à peine remise de l’émotion de surprise.
- Je voulais savoir si ton corps me reconnaissait toujours… Je voulais voir s’il me répondrait comme avant.. Et… Je ne me suis pas trompé.
- Je ne veux pas de toi dans ma vie, Nick, trancha-t-elle avec détermination, malgré ses joues encore rosies de plaisir.
- Tu sais ce qu’il va se passer. Tu sais que je ne te laisserai pas partir. Tu sais que j’ai envie de toi et que ton corps m’appelle, continua-t-il, imperturbable, des étincelles dans les yeux, immobile comme un fauve prêt à se jeter sur son dîner au moindre geste.
- Je ne t’appartiens pas !
- Ne me force pas à te le prouver.

Misa le dévisagea. Il était sérieux et elle voyait le tremblement dans ses bras à force de se contenir. Lorsqu’il leva une main et caressa tendrement ses yeux pour les lui fermer, elle sentit toutes ses forces l’abandonner. La vérité, c’était qu’elle ne voulait pas lutter. Pas maintenant. Pas devant cette chaleur qu’elle voulait ressentir contre elle. Elle abaissa légèrement la tête et s’avança vers lui, et se serra contre son torse.
- Ce n’est pas de ta faute si je suis partie…
- Ah ouais, et c’est la faute du Pape peut-être ?
- Tu m’as excitée pour mieux me rejeter, c’est ça ? Grogna-t-elle, malgré le désir qui la tenaillait.
- Quand est-ce que tu vas grandir ? Et agir en adulte ? La vérité, c’est que t’as la rage que je ne t’ai pas couru après, que je ne t’ai pas supplié de rester, alors écoute-moi bien, l’entêtée de service : c’est toi qui es partie, alors, c’est toi qui va ramper à mes pieds et me supplier de te reprendre !

Misaki l’observa un instant, hésitant entre lui hurler dessus et lui rire au nez ; mais contre toute attente, il était on ne peut plus sérieux…
- Je ne vais pas jouer tes chevaliers servants comme on l’a toujours fait avec toi. C’est absolument hors de question. Tu n’es pas une princesse de conte de fées, et je n’ai pas de cheval blanc. Par contre, t’as fait une connerie et tu ferais bien de la réparer. Tu ne fais pas preuve de fierté, là, mais d’orgueil, et t’es ridicule !

Nick s’appuya vers l’arrière tout en la dévisageant. Misa, qui était toujours contre son torse, suivit le mouvement, comme une poupée.
- Merde, Nick… Tu me fais chier… T’as pas le droit de me laisser dans cet état… L’aguicha-t-elle, ignorant superbement le sujet en question.
- Tu crois peut-être que je suis en meilleure posture ou quoi ? Lui répondit-il avec humour pour la détendre, la voyant prête à capituler.
- Bon, alors, c’est donnant-donnant…
- Je suis partant, par contre, c’est irréversible comme contrat. Pas de retour en arrière possible. Tu reviens habiter à la maison, point final.
- De toute façon, si je veux m’enfuir, tu ne me retiendrais pas, alors, la règle ne vaut pas grand-chose… Bouda-t-elle, comme si le véritable problème se trouvait là.
- P’tain, ce que t’es chiante… Donc, je rajoute quoi comme clause : dois l’attacher au lit tous les soirs pour lui éviter toute fuite ? Promets d’être possessif et jaloux pour lui rendre la vie impossible ?

Misaki se jeta dans ses bras, en gloussant.
- Retiens-moi simplement la prochaine fois, ça sera suffisant…
- La prochaine fois ? La serra-t-il contre lui, malgré le ton de faux reproche dans la voix.
- Une chieuse se doit d’honorer sa réputation…
- Contente-toi de m’honorer pour le moment, je suis à bout, là…





Chapitre 14 : Baba/Feil, Nekkun/Grimmy, Asami/Akihito...

- C’est étrange, n’est-ce pas ? Ce sentiment d’entre-deux… Commença Baba, d’une voix douce, tentant d’apaiser ce nouveau frère visiblement touché plus qu’il ne l’aurait voulu. Ce sentiment qui oscille entre la joie de découvrir un être cher et celui d’en avoir perdu un…

Aki baissa la tête, un léger sourire mélancolique aux lèvres, preuve qu’il ressentait exactement la même chose.
- Au fond de moi, je l’ai toujours su. J’ai toujours su que ça finirait comme ça, s’expia-t-il, comme si Baba avait toujours été sa confidente de cœur. Le jeu du chat et de la souris est électrisant… On a l’impression de vivre à deux cents à l’heure… Toutes nos émotions sont démultipliées, mais… À la fin, on sait bien que le chat ne tombera jamais amoureux de la souris… Lâcha Takaba, rongé de l’intérieur.
- Alors, tu penses que Feilong ne m’aime pas ?
- Non ! C’est différent ! Toi, tu portes son enfant, il t’a choisi ! Bien sûr qu’il t’aime !
- Akihito… Tu sais parfaitement que Feilong et Asami sont identiques en tout point. C’est certainement une attirance de famille ! S’amusa Baba, en essayant de l’apaiser. Ils fonctionnent de la même manière ; ils sont arrogants, fiers, dominants et autoritaires, mais la vérité c’est qu’ils nous aiment bien plus que tu ne peux l’imaginer. Asami t’a toujours protégé, n’est-ce pas ? Il a toujours été là pour te sauver, il te surveille où que tu sois… Je connais bien ce que tu ressens… Moi aussi, pendant longtemps, j’ai douté. Mais, force est d’avouer qu’ils ont une très tortueuse façon de nous montrer leur attachement…
- Ils n’abandonneront pas la mafia… Alors, quoi ? On va assister à leur mort et peut-être à la nôtre ? C’est ça que t’essayes de me dire ?
- Tu sais pourquoi on leur a plu ?
- Pfff… Ce sont des dégénérés de première ! Plaisanta Takaba qui retrouvait sa bonne humeur. La seule chose qu’ils aiment, c’est d’avoir un jouet récalcitrant et de le dominer jusqu’à ce qu’il capitule !
- Exactement !
- Et je peux savoir pourquoi cette idée te plaît ?
- Je me demandais juste quelle serait leur tête si leur jouet ne leur obéissait plus… Et pour ça, j’ai besoin de toi, Akihito… Fei fait son fier-à-bras en feignant me laisser partir, mais je sais qu’au fond, il ne l’accepte pas. Je suppose même qu’il se ronge les sangs en ce moment… Et de ton côté, je pense qu’Asami trépigne d’impatience…
- Que suggères-tu, alors, Onee-san ?
- Je ne sais pas… Je suis aussi bouleversée que toi… Et j’espère que tu auras une idée brillante pour nous sortir de là, tous les deux…

Une sonnerie de portable retentit et fit sursauter Takaba. Il soupira en lisant le nom du contact et hésita à répondre.
- Qu’est-ce que tu me veux ? Décrocha-t-il, l’air agacé.
- Où es-tu ? Résonna la voix grave d’Asami, visiblement agacé lui aussi.
- C’est pas tes affaires !
- Ne me force pas à venir te prendre par la peau des fesses. Rentre à la maison tout de suite, et ne me fais pas répéter.
- Je reste avec ma sœur, celle que tu m’as cachée tout ce temps, s’appliqua-t-il à accentuer le ton de reproche dans ses paroles. Tu comptais me l’apprendre quand, hein ? Combien de choses sais-tu encore sur moi que je ne sais même pas moi-même ?!
- C’est moi qui vous ai réuni, alors, baisse d’un ton, tu veux ?
- Ah ouais ? Après nous avoir fait tant de mal, de nous avoir mêlés à vos histoires mafieuses, après nous avoir mis en danger comme tu l’as fait ? On s’est retrouvés au milieu d’une fusillade, Asami ! On a failli perdre la vie, t’entends ?! Et tu crois peut-être que je vais t’obéir comme un gentil toutou ?
- Oh que oui, le menaça-t-il. Ne me fais pas perdre mon temps, et sois un bon garçon, Takaba Akihito. Rentre à la maison où je ne donne pas cher de ta peau.
- Tant que Feilong ne reprendra pas ma sœur, ni ne nous acceptera toi et moi à ses côtés, tu ne m’approcheras plus. Et si tu tentes de le faire, je balancerais tout ce que je sais sur toi !
- Je rêve où mon jouet me menace ? Sévit Asami qui s’impatientait.
- Tu sais quoi, Asami ? Saisis ta chance et trouve-toi une autre petite souris à pourchasser, je n’ai plus envie de jouer. Je suis épuisé de jouer à ce petit jeu ; je suis fatigué et pour te dire la vérité, je n’essaie même plus de m’enfuir.
- Takaba… Hésita le prédateur qui sentait sa proie lui échapper.
- Je t’aime, Asami.
- …
- Ben ouais. Tu vois, le jeu s’arrête là. Y’a plus rien d’intéressant maintenant que t’as réussi à m’attraper, tu vois. Alors, aie au moins la décence de me fiche la paix, maintenant. Je ne me débattrais plus, alors, tu peux abandonner la chasse.
- Ce n’est pas à toi de me dire ce que je dois faire, et encore moins te permettre de t’éloigner de moi ! Cria soudain le mafieux, hors de ses gonds.
- LÂCHE-MOI ASAMI ! J’en peux plus de tout ça ! Arrête de jouer ! T’as eu ce que tu voulais, alors, tu veux quoi de plus ? Tu m’as fait ramper, tu m’as utilisé un nombre incalculable de fois, tu m’as baisé jusqu’à l’évanouissement, t’es toujours pas rassasié ? Je me débattrais plus, parce que je suis à bout ! SORS DE MA VIE !

Et il raccrocha avant de laisser ce beau parleur avoir le dernier mot comme il l’avait toujours eu à présent.
Baba le regarda et sortit son portable avec un sourire complice, comme s’il s’était toujours compris.
- Je vois… À mon tour, alors.

Elle pianota un texto et appuya sur « envoyé ». Avec ça, les deux mafieux allaient connaître les plus douloureux jours de leurs vies…

« Fei, tu ne veux plus de moi dans ta vie et je suis incapable d’avoir cet enfant toute seule. Je suis incapable de concevoir que son père l’ait abandonné. Incapable de savoir qu’un jour, il sera lui aussi mêlé à la mafia… Alors, tu as choisi pour nous. Ne cherche pas à me revoir. Je te déteste tant si tu savais. J’espère que ton père se retournera dans sa tombe en voyant que son fils a tué sa propre famille. »

- Le tout maintenant, c’est de se planquer dans un endroit qu’ils ne pourront pas trouver… S’enquit Takaba, excité à l’idée de couper l’herbe sous le pied de son amant.
- Et c’est pas une mince affaire… Tu as une idée ?
- Il a toujours réussi à m’attraper, mais… En fait, j’ai toujours espéré qu’il me retrouve… Alors, j’étais jamais bien loin…
- Moi, je crois avoir une petite idée… À laquelle ils ne penseront jamais…


Asami rentra pour ne trouver personne à l’intérieur. Une rage indescriptible s’empara de lui, d’autant que le portable de son chaton était sur répondeur depuis plus de 5 heures. Il avait atteint ses limites.
Comment osait-il le rendre fou comme ça ?
Où était-il bien passé ?
Une bonne partie de ses hommes étaient à la recherche de ce maudit vagabond et cela ne donnait toujours rien. À croire qu’il s’était volatilisé pour le mettre au supplice. Il avait une folle envie de l’étreindre et, en même temps, un désir irrépressible de l’attacher et de le torturer jusqu’à ce qu’il crie grâce.
Mais le pire, c’était ce mal-être indicible qui l’envahissait, ce vide étouffant que Takaba avait laissé en lui. Il avait voulu lui empêcher toute retraite, il avait voulu s’immiscer dans sa vie et le rendre dépendant, il avait voulu en faire son jouet personnel, et avait voulu le lier à lui jusqu’à la mort et… Ce satané chaton avait réussi l’exploit de lui créer un manque.
Asami frappa de toutes ses forces sur la table pour décharger sa colère. Ce gosse s’était fait une place dans son cœur dont il ressentait maintenant la souffrance, exacerbée par son absence.
Il était à lui et rien qu’à lui ! Il ne lui permettrait pas de reprendre sa liberté !
Il comprit aussitôt que sa rage cachait un sentiment de culpabilité lancinant. Ce jouet qu’il chérissait tant pensait qu’il s’amusait à le faire souffrir à loisir, alors que c’était tout simplement sa manière à lui d’exprimer son amour. Il ne s’était attaché comme ça à personne ! Il n’avait que lui en tête ! Comment pouvait-il s’imaginer qu’il ne faisait que s’amuser avec lui après tous les risques qu’il avait pris pour le protéger ?!
« Je t’aime. »
« SORS DE MA VIE. »
Ces mots résonnaient encore en lui comme un leitmotiv accablant. Pourquoi fallait-il qu’un gamin dans son genre parvienne à dire aussi facilement ce qu’il ressentait, alors que lui en était incapable… ?
Ses yeux brillèrent d’un éclat ambre incomparable. Il aurait tué père et mère à l’instant pour lui mettre la main dessus. Il savait à présent qu’il ne s’agissait plus d’un jeu. Si son mignon petit Akihito était persuadé d’avoir été un simple jouet, s’il avait pris la peine de lui avouer ses sentiments, s’il s’était autant mis en colère, s’il s’était caché pour le fuir, alors, il risquait bel et bien de le perdre.
Il l’avait toujours récupéré en tirant avantage de son corps qui s’ouvrait instinctivement à lui, mais, s’il ne parvenait pas à le retrouver et lui imposer ce face-à-face, il serait maintenu en échec.
La faille pourrait se creuser : ce petit démon était jeune, plein de vie ; il avait des tas d’amis ; et à force d’éloignement, il finirait par refaire sa vie et l’oublier. La seule chance qu’il avait, c’était de lui mettre la main dessus.
Alors que son regard acéré fixait son verre rempli de Whisky, il eut comme une révélation. Il était impossible que ce jeune chieur puisse se cacher dans cette ville… Il connaissait tous les coins et recoins, possédait des indics absolument partout… Personne ne se risquerait à l’héberger… Il n’avait pas donné signe de vie à ses amis, ni à sa famille… Il n’était pas passé prendre d’affaires… Alors… Ne l’aurait-on pas enlevé… ?
Aussitôt, il prit son téléphone. Une seule personne lui en voulait au point de le tuer. Une seule personne était capable de le cacher. Une seule personne désirait le voir disparaître de sa vie. Et cet homme, c’était Fei Long Laoban, évidemment…
Il n’eut pas le temps de prononcer son prénom que ce dernier le prit de court en vociférant :
- Où est-elle, ASAMI ?! Comment t’as osé t’en prendre à elle ? Je vais détruire tout ton empire, tu m’entends, je…
- DIS-MOI CE QUE TU AS FAIT D’AKIHITO ! Le coupa-t-il, interloqué d’entendre de la colère dans sa voix, avant de comprendre ce qu’il venait de lui dire.
- …
- T’as cru que j’avais enlevé Baba, alors tu t’en es pris à Takaba ? Espèce de sale malade ! Je ne t’épargnerai pas cette fois ! Relâche-le immédiatement ! Menaça Asami, encore plus énervé par sa méprise.
- Tu ne l’as pas enlevée ?
- Ne fais pas l’ignorant ! Je te demande où est Akihito ! Pourquoi est-ce que tu t’en prends encore à lui cette fois, hein ?
- Ne me la fais pas à l’envers, le vieux singe. Pourquoi est-ce que tu me parles de Takaba, hein ? Si tu m’appelles, c’est parce que tu détiens Baba et que tu veux me faire chanter ? Si jamais tu touches à un seul de ses cheveux où à celle de mon enfant, je détruirais tous ceux qui te sont proche, tu entends ? Ta sœur, ton amant, tout. LAISSE-LÀ EN DEHORS DE ÇA !
- …
- …
- Ne me dis pas que tu ne sais pas non plus où ils se trouvent… Réalisa Asami, tout à coup.
- Je pensais qu’ils étaient avec toi ! Tu… Comment les as-tu perdus de vue ? Et tu te prétends le chef de la mafia japonaise ?! S’égosillait Fei long qui perdait contenance.
- Je ne sais pas où ils se trouvent. Je commence à me demander si on ne les aurait pas enlevés…
- Qui ?
- Je ne sais pas ! Personne ne m’a contacté ! Akihito est sur répondeur et… Mes hommes n’arrivent pas à retrouver sa trace…
- Si les ravisseurs savent pour mon enfant, alors, Baba est en danger… Takaba ne doit probablement pas y être mêlé…
- Takaba se mêle de tout, tu le sais bien ! D’autant plus qu’il s’agit de sa sœur ! Je…

Asami était sur les nerfs. Si ce n’était pas Fei long, alors qui cela pouvait-il bien être ? Il avait toujours tout maîtrisé dans sa vie et il ne connaissait pas cette sensation de perdre les rênes de son destin. La vérité, c’était qu’il avait peur qu’il n’arrive quelque chose à Takaba…
- C’est rare de te voir aussi tendu… Se calma Fei Long.
- J’en dirai autant de toi…
- Je n’ai pas confiance en toi, Asami. Qui me prouve que tu ne me tends pas un piège ?
- Parce qu’on a tous les deux la même faille et qu’on est pieds et poings liés, toi comme moi. Ose me dire que tu vas repartir en Chine sans savoir où se trouvent ta femme et ton enfant !
- Je suis obligé de coopérer avec toi parce que tu es le seul qui connaisse bien le Japon, alors, je vais mettre mes hommes à ton service, mais ne crois pas que la trêve est définitive ! Se reprit le maître de Baishe.
- Feilong…
- Quoi ?
- Tu crois pas qu’ils sont en train de nous mener en bateau pour qu’on fasse équipe justement ? Grinça Asami qui voyait toujours clair dans le jeu de son chaton.

Il l’entendit soupirer, pour acquiescer ses dires.
- Et tu suggères quoi, hein ? Qu’on ne réagisse pas ?! Cela m’est impossible, Asami, tu entends ?! Je ne la laisserai pas errer dans les rues de Tokyo à la merci de n’importe qui !
- Je croyais que tu voulais qu’elle refasse sa vie sans toi ? Ironisa le Japonais.
- Parce que tu crois peut-être que j’allais la laisser sans surveillance ?! T’es pas celui qui flique Takaba où qu’il soit, peut-être ?! Le rencarda le Chinois.
- D’accord, d’accord… Capitula-t-il. Promets-moi de ne pas me faire de coup fourré.
- J’ai rien à te promettre ! Je n’ai qu’une seule parole !
- Sauf que tout ça, c’est à cause de toi, je te ferai remarquer ! Si t’avais pas essayé de cacher leur filiation, on n’en serait pas là ! Tout ça pour éviter que nos organisations soient liées… Regarde où on en est, maintenant !
- Et depuis quand la Chine devrait-elle faire confiance au Japon, tu peux me dire ?
- Depuis qu’on est assez grand tous les deux pour en faire un royaume plus fort au lieu de se tirer dans les pattes ! T’es toujours venu me chercher des noises, alors que chacun s’occupait de son propre territoire, alors, arrête un peu ta rancœur vis-à-vis de moi ! Je suis pas ton père, je ne suis pas ton amant et je ne suis pas ton ennemi non plus, quand est-ce que tu vas le comprendre ?! T’as fait du mal à Takaba et je t’ai pardonné, tu ferais bien d’en faire autant et d’arrêter d’agir comme un gamin ! Baba est l’amie de ma sœur, et je n’ai rien tenté pour te toucher à travers elle, tu saisis ?! C’est toi qui crées les problèmes, pas moi ! Et par ta faute, ces deux espèces d’idiots nous font devenir chèvre !
- Et ça nous amène à quoi, hein ? Qu’ils vont peut-être nous obliger à bien nous entendre, non, mais, j’espère que tu plaisantes ?
- Tu serais pas prêt à le faire pour elle ?
- Parce que toi, tu serais prêt à le faire pour lui ?


Grimmjow et Mikhail écarquillèrent grands les yeux, ne sachant pas trop comment réagir.
- C’est une blague, n’est-ce pas ? Commença la panthère, les yeux glacés.
- Non, affirma le minus qui se tenait devant lui, le défiant comme s’il pouvait se le permettre.
- T’as un certain cran, je dois bien l’avouer, concéda Mikhail. Mais tu joues dans la cour des grands, là, je ne sais pas si tu prends la mesure de ce que tu fais…
- Quoi ?! Vous avez trop peur d’y être mêlés ?! Railla le môme, sans perdre contenance.
- Répète un peu ça, s’avança l’aîné qui rêvait déjà de lui en mettre une.
- Grimmjow ! S’interposa Nekotee. Ils sont venus nous demander de l’aide, je vois pas pourquoi tu refuses…
- HEIN ?! Tu m’as bien regardé, Nekkun ? Me demander de l’aide à moi ? Non, mais c’est la meilleure de l’année, celle-là, ils m’ont pris pour une gentille nounou ou quoi ?!
- Tu devrais en être flatté… S’ils s’adressent à toi, c’est que tu es peut-être le seul à pouvoir résister à Feilong-sama et Asami… Tenta de l’adoucir le chaton.
- Et en quoi ça me regarde ?! T’as vu le bordel qu’ils ont foutu sur le bateau rien qu’à eux deux ?! Ils sont une usine à problèmes, et je vois pas pourquoi je leur viendrai en aide. J’ai jamais secouru personne et ça va pas commencer maintenant ! Grognait Grimmjow, fidèle à sa réputation de dur à cuire.
- Parce que je te le demande, rétorqua doucement son petit Uke, sans se démonter.

Il y eut un blanc où le Seme intransigeant hésita entre la colère et l’incompréhension.
- Baba-sama est la femme de Feilong. Elle ne risquera rien tant qu’elle reste avec nous ; je ne souhaite pas que d’autres puissent l’utiliser contre Baishe, c’est tout, poursuivit celui qui avait été enfermé à cause de ses pouvoirs depuis son enfance.
- Et l’autre avorton ? Répliqua le bleuté, en décochant un regard meurtrier à ce dernier.
- C’est son frère, alors, si tu ne veux pas les protéger, moi, je le ferai, décida Nekkun sans ciller.
- Et tu vas entraîner mon frère là-dedans ?! Pesta Nanahara qui commençait à s’agiter devant l’influence de ce dernier sur son frère adoré.
- Il ne s’agit pas de déclarer la guerre ni à Feilong ni à Asami, s’interposa Baba. Il est évident qu’ils ne vous attaqueront pas. Nous aimerions simplement que vous nous permettiez de nous cacher un temps auprès de vous.
- Parce que tu crois qu’ils ne vont pas nous en tenir rigueur, peut-être ? Rétorqua Mikhail, adossé au mur, les bras croisés depuis le début de la conversation.
- Tu adores te mêler de tout d’habitude, pourtant… Répliqua Takaba, se souvenant très bien du rôle qu’il avait joué durant son enlèvement par Feilong. Tu étais le premier à compter les points entre eux et à t’immiscer dans leurs affaires, à ce que je me souvienne.
- Toi, le nabot, que tu sois le chouchou d’Asami ou pas, je vais te faire la peau ! Vociféra Nanakun en s’élançant vers lui.
- Oh la ! Oh la ! Ça me fait très plaisir que tu prennes ma défense, mais le petit a raison. L’idée me plaît, le retint Mikhail avant qu’il ne lui saute à la gorge.
- Hein ?! Gigota le chaton récalcitrant dans ses bras.
- La mafia russe n’a aucun problème avec le Japon ou la Chine depuis que je dirige. Et ça m’excite vraiment de voir ces deux chefs s’allier pour récupérer leur joujou respectif… Quelque part, vous nous offrez la possibilité de les forcer à agir sur un terrain qui leur est inconnu… Et, ça me plaît. Tu en penses quoi, Grimmjow ?
- J’m’en fous. Je fais partie d’aucune organisation, alors, vos guéguerres, j’m’en tape.
- Ah ouais ? Alors, tu vas laisser le petit s’en charger tout seul ? Sourit Mikhail, le mettant au pied du mur.
- Y’a pas moyen que je laisse Feilong approcher Nekkun à nouveau si je suis pas dans les parages ! Grommela Grimmy, pour masquer son accord, et incapable de concevoir cette idée. Déjà qu’il voue un culte bien trop grand à mon goût à ce chevelu efféminé, alors, il est pas question de le quitter d’une semelle !

Nekotee se tut. Malgré son langage et sa posture négative, il savait que Grimmjow ne l’abandonnerait pas.
- T’es un grand malade et t’es vraiment malsain ! Pesta Nanahara à l’attention de Mikhail.
- Ouais… C’est ça qui t’a plu chez moi ? Joua ce dernier avec un sourire narquois.
- Va te faire foutre !
- Oh… Je…
- Et ne rajoute rien ou je te défonce ! Le coupa-t-il, sentant la remarque obscène pointer le bout de son nez.
- D’accord… D’accord… Tout ce que tu voudras…

Baba sourit à Nekotee avec soulagement. Parmi les quatre lascars, elle n’avait compté que sur lui. Même si le pari avait été risqué, elle avait joué de sa relation avec Feilong et Calinours vis-à-vis de ce Nekkun, et cela avait fonctionné.
À présent, tout reposait entre les mains des deux mafieux. S’ils les aimaient vraiment, alors, ils finiraient par capituler…
Enfin, c’est ce que Baba et Takaba espéraient…


Asami et Feilong arpentaient la même pièce. La tension était double et les deux prédateurs n’étaient pas habitués à se côtoyer autour d’un même but. Ils se jaugeaient du regard, se tenant à une distance de sécurité raisonnable, et épiaient les moindres faits et gestes de l’autre. Leur rivalité ne pouvait pas s’effacer d’un seul coup de tampon. Cela prendrait certainement des années, si cela devait arriver…
- Connaissant Takaba, il a dû imaginer un plan qui nous forcerait à nous réconcilier. Il a été très clair au téléphone en me disant qu’il disparaîtrait tant que tu ne nous accepterais pas lui et moi comme famille de Baba. Par contre, s’il sait très bien se terrer dans des recoins plus glauques les uns que les autres, il n’aurait pas entraîné sa sœur enceinte là-dedans… Ils sont donc en sécurité quelque part…

Des coups à la porte les interrompirent. Des hommes salement amochés venaient faire leur rapport suite à la rixe qui avait eu lieu auparavant.
- Plus tard ! Plus tard ! Les renvoya sèchement Feilong, préoccupé par le sort de sa femme. Comme si ces saletés de Russes pouvaient bien m’intéresser en ce moment ! Qu’ils rentrent chez eux et me foutent la paix ! Ce Mikhail est une véritable commère qui fourre son nez partout, et l’autre fou furieux un déjanté amoureux qui vient d’enlever sa promise… Quelle honte d’agir de la sorte ! N’ont-ils pas un pays à faire marcher ?! Rumina-t-il à voix haute.
- Il serait bien content d’apprendre ce qui nous arrive, tiens… Acquiesça Asami, rageur.
- …
- …

Leurs yeux acérés se croisèrent et l’illumination étincela au même moment dans leur esprit. Les coïncidences n’existaient pas dans leur métier. Chaque rouage possédait son enchaînement logique…
- Non… Ça ne se peut pas… Takaba n’aurait jamais été se jeter dans la gueule de ce loup pervers ! Réfléchit Asami. Il en a déjà fait les frais…
- Justement. Mikhail et Grimmjow sont bien les derniers auxquels on aurait pensé… Et c’est ce qui a dû motiver leur choix… D’autant qu’il y a Nekkun avec eux, maintenant. Il ne fera aucun mal à Baba et elle le sait parfaitement.
- Et qu’est-ce qui me prouve qu’ils ne feront pas de mal à Akihito ?
- Baba le protègera… Avoua Feilong, gêné de devoir le rassurer pour la première fois de sa vie.
- Je savais que Grimmjow était un électron libre incontrôlable, mais pourquoi se mettre en travers de notre chemin ? Il ne provoque que ce qui lui barre la route, je ne vois pas son intérêt ici… Concernant Mikhail, il doit se réjouir d’être au centre, c’est certain, mais quelles sont leurs véritables motivations ? Il est impossible que Grimmjow agisse sans penser à un profit personnel, et ça vaut pour Mikhail également.
- La vérité, c’est qu’ils ne feront rien gratuitement. S’ils les ont accueillis gracieusement, il est fort probable que ça se retourne contre Baba et Akihito, et plus vite qu’on ne le croit, quand ils verront ce qu’il y a en jeu. Faire chanter la mafia chinoise et japonaise d’un seul et unique coup est bien trop alléchant…
- On a intérêt à agir vite.

Feilong sembla indécis et étonnamment mélancolique à cette dernière phrase.
- Quoi ? Tu ne comptes pas récupérer ta femme et ton enfant ? Pointa Asami, alerte.
- As-tu vraiment envie de les mêler à nouveau à notre vie dissolue et qui finira par les tuer ? Laissa tomber le Baishe, tiraillé par les mots qu’Akihito lui avait lancés un peu plus tôt.
- Baba était prête à te suivre, elle a fait son choix, pourquoi ne l’accepterais-tu pas ?
- Elle a un frère désormais. Une nouvelle famille qui pourra la chérir mieux que moi… Et ton petit protégé nous demande une chose que nous sommes incapables de respecter… N’a-t-il pas dit qu’il voulait que nous abandonnions nos affaires ? Que comptes-tu faire une fois là-bas, hein ? Ça ne nous servirait à rien de nous battre pour les ramener s’ils ne veulent plus faire partie de notre monde… Baba n’essaiera jamais de convaincre son frère sur ce point, donc, c’est perdu d’avance. Il finira par vouloir faire en sorte que sa sœur s’éloigne de moi pour son bien…
- Que suggères-tu alors ? Les laisser, maintenant ?
- On n’est pas certain qu’ils veuillent vraiment qu’on vienne les chercher… On n’accèdera pas à leur requête, alors, il vaut mieux ne pas se démener quand nous avons déjà pris la décision de ne pas faire d’eux notre priorité…
- Je ne laisserai pas Akihito !
- Tu dis ça par orgueil, mon cher Asami. Tu veux réellement qu’il finisse au fond de la baie de Tokyo pour une quelconque vengeance d’un de tes ennemis ? Si tu tiens tant que ça à lui, alors, tu ferais bien de songer à son avenir et ce qui serait bon pour lui, non ? Tu crois pas qu’il a traversé assez d’épreuves comme ça ?
- Si nous décidons de nous allier, alors, il n’aura plus rien à craindre.
- Mhmm… Il y aura toujours des hommes pour se mettre en travers de ton chemin et essayer de t’atteindre, tu le sais parfaitement. Tout cela est voué à l’échec.

Après tout le chemin parcouru, Asami refusait de s’arrêter là. Danger ou pas danger, il souhaitait garder Akihito auprès de lui. Le gamin n’avait jamais eu froid aux yeux jusque-là, et il n’y avait que lui pour s’accorder à sa vie tumultueuse.
Il s’avouait aussi que la façon dont son cher petit uke lui avait parlé au téléphone le rendait fou d’excitation. Le voir se débattre pour lui échapper l’amenait à être d’autant plus possessif. Il finirait par comprendre que loin de n’être qu’un simple jeu, cette chasse était une véritable course amoureuse où le prédateur montrait un peu plus son amour pour sa proie. Il avait faim de lui, et il allait devoir comprendre que cela était le plus beau compliment du monde de sa part.
Akihito attendait des paroles. Asami ne lui donnait que des actes.
Akihito attendait de la tendresse, Asami le prenait de force pour s’ancrer en lui.
Akihito se débattait, Asami l’enserrait un peu plus chaque jour.
Jusqu’à épuisement. Jusqu’à capitulation. Jusqu’à compréhension mutuelle de leur sentiment.
Si Takaba espérait voir en lui les signes d’un amoureux tel qu’il en connaissait les caractéristiques, il faisait fausse route. Il lui faudrait comprendre comment il fonctionnait réellement et comment il traduisait son amour. Se voir comparé à d’autres lui était insupportable. Que Takaba puisse penser un seul instant qu’il ne l’aimait pas parce qu’il n’agissait pas comme tous les amoureux normaux le rendait fou de rage, et d’autant plus agressif envers lui.
Malgré tout, quand la faille émotionnelle de ce petit démon faisait jour, Asami était obligé de s’adoucir. Cela n’était pas arrivé souvent, mais ses expressions parfois désespérées le tempéraient. Cet idiot croyait encore bêtement qu’il ne faisait que jouer avec lui…
Il n’écouterait pas Feilong.
Certainement pas.

- Tu es borné, Asami. Cesse de jouer avec lui. Tu vas finir par le briser.
- Sans moi, il n’est rien, répondit le mafieux du tac au tac, comme s’il s’agissait d’une bataille.
- J’aurais plutôt dit le contraire… S’amusa le Baishe.
- Prends-le comme tu veux, mais je n’en reste pas là.
- Très bien. Laisse-moi appeler Mikhail et régler ça. S’ils ont délibérément pris cette décision et qu’ils ne sont pas en danger, alors, je ne bougerai pas. Et toi non plus. S’ils attendent qu’on rapplique, ils vont devoir mettre leur fierté de côté et ramper jusqu’à nous si c’est ça qu’ils veulent.
- Ta femme est enceinte, je te le rappelle…
- Ma femme est bien plus bornée que moi, et elle sait parfaitement ce qu’elle fait, crois-le bien. Je la connais par cœur, et elle est peut-être encore plus déterminée qu’Akihito… Son air innocent est bien trompeur… Elle sait ce qu’elle veut et ne démordra pas, fais-moi confiance.
- Alors, on a les mêmes à la maison…
- Je ne rentrerai pas dans leur jeu. Si on les laisse tirer les rênes maintenant, on n’arrivera plus à avoir le dessus. Ils ont un tempérament bien trempé, et sans laisse autour du cou, ils auront bientôt fait de dominer la situation…
- Très bien. Mais, au moindre indice du contraire, je fonce sans hésitation.


Et tout bascula très vite.
Ce qui ne devait t’être qu’une supercherie prit une ampleur qu’aucun d’entre eux n’aurait pu imaginer…


Mikhail sourit en voyant l’appel qui s’affichait. Il ne leur avait pas fallu longtemps pour les retrouver… Il décrocha, d’une humeur joviale, profitant que les autres étaient restés dans le salon de la suite privée.
- Oh… Mon très cher Feilong-sama… Que me vaut cet honneur ?
- Cesse de jouer au bon samaritain, Mikhail. Si ça t’amuse de les planquer chez toi, ne crois pas pouvoir me faire chanter. Je ne viendrai pas les chercher.
- Ah oui ? Quel dommage… Et moi qui me réjouissais de te revoir… Tu veux donc faire pleurer ta chère et tendre femme ?
- Tu ne te risqueras pas à provoquer les foudres des deux camps mafieux, alors, arrête ton cinéma. Arrête de jouer au baby-sitter et fous-les dehors qu’ils apprennent à se tenir à l’écart. C’est tout ce que je peux leur souhaiter. Ils ne t’apporteront que des problèmes.
- Asami me laisse aussi son mignon petit chaton à dévorer ? Provoqua Mikhail. C’est un très beau cadeau de Noël… Je ne le remercierai jamais assez… Dommage qu’il ait déjà servi… M’enfin, je me ferais un plaisir de le dresser à nouveau…

Asami serra les poings, mais ne broncha pas à cette dernière remarque. Malgré ses excentricités, Albatov était plus provocateur qu’autre chose. Il ne fallait pas rentrer dans son jeu, même s’il savait exciter ses nerfs.
- Ne pas venir les chercher ne signifie pas que tu échapperas à d’éventuelles représailles si jamais tu en venais à t’amuser de trop près avec eux. Sur ce, Mikhail, je te conseille de t’éloigner de cette mine menaçant d’exploser…

Mais, au moment où la conversation marquait son achèvement, un événement inattendu retourna la situation. La porte s’ouvrit à la dérobée et des vociférations se firent entendre. Et ce qui n’était qu’un simple conflit ridicule devint le point de départ d’un cataclysme.
Akihito, échauffé par Nanahara, rentra en trombe dans la chambre attenante au salon, où se trouvait Mikhail. Et les mots qu’il prononça retentirent à l’autre bout du fil, déclenchant la fureur du Japonais.
- Lâche-moi, je te dis !
- Tu vas dérouiller, sale connard !

Des bruits de fracas retentirent et le cri de Baba déchira la pièce.
Feil se décomposa de rage à cette plainte de douleur caractérisée.
- Tiens-toi tranquille, sale vermine !
- Eh !
- Tu sais quoi ? Tu vas salement manger, je te le dis !
- Je vais te briser en deux l’avorton, grinça la voix de Grimmjow tandis que d’autres bruits se faisaient entendre. Et là, tu vas avoir de quoi crier !
- QU’EST-CE QUE TU CROIS TOUCHER, LÀ, sale bâtard ?! Vociféra le photographe, se débattant.
- Ferme-la ! Et toi, tiens-toi tranquille où je t’en mets une !
- AKIHITO !! Hurla Baba, peu de temps après.

Mikhail réalisa trop tard l’énorme malentendu que pouvait prendre cette conversation.
À l’autre bout du fil, une voix grave résonna avec agressivité :
- Vous êtes morts.

Asami avait raccroché.
Mikhail blêmit et se retourna vers Grimmjow qui venait d’entendre la menace.
- Bande de dégénérés ! Vous vous rendez compte que vous nous mettez dans la merde, là ?! Vociféra le Russe.

Takaba, Nanahara et Baba se stoppèrent immédiatement, comme des enfants pris sur le fait.
- J’étais en ligne avec Asami et Feilong… Et je peux vous dire qu’ils ne croiront jamais à une simple chamaillerie ! Vous êtes des crétins finis ! Et maintenant, on va avoir la mafia chinoise et japonaise sur le dos ! Alors, vous allez être de bons petits soldats et rejoindre chacun votre moitié avant que cela ne dégénère !

La vérité était tout autre, mais les deux mafieux avaient tôt fait d’interpréter la situation comme ce qu’elle paraissait.
Ils ne savaient pas que le jeune photographe se chamaillait avec Nanahara à cause de ses appareils photo, que Grimmjow était intervenu, non pas pour incendier Takaba, mais pour reprendre son frère, et que la dérouillée ne visait en rien Baba. Cette dernière avait crié en appréhendant la chute des vases en porcelaine sans qu’elle n’ait eu le temps de les rattraper, et avait hurlé une seconde fois en apercevant Akihito qui trébuchait sur les débris, s’affalant de tout son long.
Cette scène qui avait pris des allures comiques devint tout à coup lugubre.
Mais comme un malheur n’arrive jamais seul, le tempérament de feu de Grimmjow brisa toute chance de dissiper le malentendu.
- On change de plan. S’ils veulent s’attaquer à moi, alors, ils vont voir de quel bois je me chauffe, intervint-il, glacial.
- Hein ?! Non, mais… C’est bon ! On va arranger ça ! S’interposa Akihito, couvert de coupures.
- Grimm… Tenta Nekotee, pressentant la situation qui dégénérait.
- Et cette fois, je ne vais pas me retenir pour buter celui que tu appelles « maître ». On ne me provoque pas impunément.
- NON ! Supplia Baba devant autant de détermination. Tout ça, c’est de notre faute, on va s’en aller et arranger ça ! Tenta-t-elle, désespérée?
- Tu vas rien arranger du tout, ma jolie. Tu vas rester ici bien sagement et comprendre dans quel guêpier tu t’es fourrée ! T’as voulu jouer dans la cour des grands, et bien assumes-en les conséquences !
- Je vous en prie… S’inquiéta Baba, la voix chevrotante.
- Grimmjow ! Ce n’est pas une bonne idée… Tempéra Mikhail. On ne fera pas le poids, ici…
- Te mêle pas de ça ! Je te l’ai déjà dit, je ne fais partie d’aucune nation… Mafia ou pas, j’en ai rien à secouer !
- Mais, de qui tu te venges à la fin ! Explosa Nekotee. Tout ce que t’avais en tête, c’était t’en prendre à Feilong, c’est ça, hein ?!
- On verra bien lequel des deux tu défendras, riposta-t-il, le regard noir.

Nekkun se figea, blessé au plus haut point en voyant que son amour n’avait pas réussi à l’atteindre. Cette panthère souffrait bien plus que lui, et il avait été incapable de réconforter cette bête fulminante. Pourquoi le croyait-il amoureux de Feilong-sama ? Que faisait-il encore qui le lui laissait croire ?
Était-ce parce qu’il lui avait demandé de protéger Baba-sama ?


Akihito, à genoux et attaché aux côtés de sa sœur, s’étrangla à la vue d’Asami qui venait d’entrer dans la pièce. Une immense honte l’envahit en voyant où son entêtement l’avait conduit. Pourquoi avait-il fallu qu’il continue de jouer au chat et à la souris ? Pourquoi ne pas admettre qu’il le suivrait n’importe où, qu’il ferait n’importe quoi pour lui, qu’il l’aimait plus que tout ? Au lieu de ça, il l’impliquait encore une fois dans une situation où il pourrait trouver la mort. Car, Asami n’était pas invincible.
Le regard que ce dernier lui lança finit d’achever son mal-être. Il était en colère. Il était déçu. Il était méprisant…
Baba gémit en sanglotant en apercevant l’homme qu’elle aimait faire face à la mort pour elle. Parce qu’elle avait voulu lui faire payer ce qui n’était en fait que de la bienveillance à son égard… Il avait essayé de la protéger de ce monde, et elle s’y était empêtrée toute seule. Il avait cette froideur dans le regard qui marque une rupture définitive. Des larmes coulaient sur ses joues et, pour la première fois, elles n’ébranlèrent pas l’homme qu’elle avait toujours aimé. Pour elle, cela signifiait la fin.
Et, c’est elle qui l’avait cherché…

Grimmjow avait sorti son sabre et maintenait la lame de celle-ci sous le cou de ses deux prisonniers tremblants et sanglotants.
Nanakun et Mikhail se tenaient à l’écart, incapables de raisonner la panthère, et condamnés, malgré eux, à se tenir à ses côtés. Seul Nekotee semblait paralysé par les évènements.
- J’aime pas bien qu’on me provoque. Alors, en retour, laissez-moi vous retourner la faveur. Apparemment, vous ne pouvez pas vous saquer tous les deux, à ce que j’ai cru comprendre… Donc, ça tombe bien : ce sera au premier qui tuera l’autre. Le vainqueur pourra repartir avec le petit chat qui l’a mis dans le pétrin, annonça le bleuté
- NOOON ! Hurlèrent Takaba et Baba en cœur.
- Grimmy… Se crispa Nekkun, bouleversé.

Il était piégé ; ses pouvoirs n’agissaient pas contre lui, et le seul moyen de les utiliser, c’était pour sauver Feilong… Et en prenant la défense de Fei-sama, il perdrait définitivement cette panthère en colère. La tension était à son comble : le moindre agissement de sa part lui attirerait les foudres du seul homme auquel il était profondément attaché.
Grimmjow le poussait dans ses derniers retranchements… Bien sûr qu’il ne pourrait pas rester là sans rien faire… Bien sûr qu’il allait utiliser ses pouvoirs… Grimm l’avait fait dans cet unique but… Le mettre au pied du mur et faire qu’il se brise de lui-même sur les parpaings…
Il le détestait pour ça ! Pourquoi ne le croyait-il pas, bon sang ?!
Nekkun tremblait à présent. De nervosité. De peur. D’incertitude.
Les yeux dévorants de Grimmjow ne le lâchaient pas, comme s’ils attendaient patiemment la trahison. Le chaton autrefois récalcitrant entrevit à nouveau la solitude dans laquelle il était plongé depuis tout petit. Il reconnut les affres de la douleur et se mit à trembler. Il lui en voulait terriblement : à quoi bon l’avoir fait sortir de sa tanière, à quoi bon l’avoir fait l’aimer si c’était pour en arriver là ?!

Feilong soupira, mais ne parut pas surpris par la déclaration de son adversaire. Il avait connu pire châtiment. Et il tenait à la punir pour avoir été aussi loin, pour avoir tenté de le mener en bateau, lui, le maître de Baishe. Cette occasion tombait à point nommé : avec la nouvelle du bébé, Baba s’était émancipée, et cela allait définitivement lui faire peur et la maintenir éloignée de ses affaires professionnelles…
Il leva son arme vers Asami.

Asami fusilla son jouet du regard et détourna son attention.
- Je ne suis venu là que pour aider Feilong à récupérer sa femme et son enfant, Grimmjow, alors, je n’ai rien à y gagner. Je me fiche du gosse. Il s’est fourré là tout seul, et ce n’est pas mon problème. Tu as un compte à régler avec le Baishe, pas avec moi, je me trompe ? Posa calmement le dirigeant de la mafia japonaise, comme si la situation le rendait parfaitement à son aise.

Akihito baissa la tête pour mieux encaisser le coup. Le chat venait de lui assener un coup de griffe mortel. Il venait de l’entailler profondément dans sa chair et dans son cœur. « Je me fiche du gosse. »
Le grand Asami Ryuichi gagnait haut la main. Non seulement il parvenait à faire de Feilong son allié, mais il l’abandonnait sans aucun scrupule ni remords. Le matou se désintéressait de sa proie parce qu’elle ne gigotait plus. Takaba serra les dents. Ça faisait mal, très mal.
- TU MENS ! S’écria Baba, qui avait saisi la main d’Akihito dans la sienne pour soutenir sa douleur. CE N’EST PAS VRAI !
- Baba… Tenta de la calmer son frère, surpris de son entrain à le protéger.

Feilong baissa son arme, résolu.
- Tu as choisi ton camp, Baba-san. Tu as ton frère à présent et vous faites bien la paire. Je ne vais pas couvrir toutes les conneries que tu peux engendrer, je ne suis pas ton chaperon, il va falloir que tu apprennes à te débrouiller toute seule quand tu te mets délibérément dans le pétrin pour me nuire.

C’était franc, net, tranchant. Baba, à l’instar de son frère, baissa la tête, encaissant le coup.
- Feilong ! C’est moi qui ai entraîné Baba là-dedans ! Elle n’a rien à voir avec ça ! C’est moi l’unique responsable ! Supplia Akihito, espérant lui sauver la mise.
- Brave petit chaton… C’est bien gentil de vouloir prendre la défense de ta sœur, mais tu n’aurais jamais pensé à aller voir Grimmjow et Nekotee-kun tout seul… Ne défends pas l’indéfendable…

Takaba ne put rien répondre à cela. Il ne faisait pas le poids face à ces hommes d’une autre trempe. Ils étaient au-dessus de tout stratagème, même le plus ingénieux. Il s’était fait avoir à son propre jeu, comme un débutant. Et il avait perdu.
- Laissez juste ma sœur tranquille… Reprit-il, puisant dans les forces qui lui restaient. Utilisez-moi comme vous voudrez, mais laissez-la partir. Elle est enceinte et vous êtes en train de lui faire du mal. J’en prendrai l’entière responsabilité, alors, s’il vous plaît, relâchez-la… Supplia-t-il en se penchant aussi bas qu’il put.
- Takaba ! S’offusqua Baba.

Grimmjow releva sa lame pour l’empêcher de bouger davantage. Il bouillonnait de l’intérieur. Sa seule cible était celui qui avait élevé Nekkun depuis tout petit, celui à qui il vouait une confiance sans faille, celui qui, sans rien faire, s’était attiré une grâce infinie à ses yeux.
Il ne le supportait pas. D’un geste, il balança un flingue à Nanahara et lui intima :
- Bute-le !

Après quelques secondes d’hésitation, qui rendit tout le monde perplexe face à cette requête, le petit frère visa le Baishe dans le calme. Alors que Baba se mettait à hurler et qu’Asami avait levé son arme à son tour, il se passa quelque chose de fort attendu.
- Grimmy ! Non, je t’en prie ! Couina le petit chat.

Nanakun se mit à sourire en voyant le petit Uke se jeter au cou de son frère et implorer :
- Je ne le défendrai pas, Grimm… Je ne prendrai pas sa défense… Il n’y a que toi, je te le jure… Il n’y a que toi…

Grimmjow fit signe à son frère de cesser les hostilités et rangea le sabre. Son petit Nekkun l’étreignait à lui faire mal et il tremblait d’émotion. Il avait enfin la réponse qu’il attendait, et il finit par passer un bras autour de ce chaton frissonnant pour le soutenir, car il le sentait prêt à s’écrouler.
Mikhail sourit et ébouriffa les cheveux de Nanakun. Ce dernier avait joué le jeu pour le salut de son frère. Les seuls à ne pas savoir que l’arme n’était pas chargée, c’était les deux petits prisonniers à qui on avait foutu la trouille de leur vie.
Toute cette mascarade était un accord tacite entre des hommes décidément d’une autre trempe…

Takaba et Baba restèrent là, hagards et complètement anéantis. Ils étaient comme deux animaux capturés, éperdus, trempés et effrayés, dans un endroit menaçant. C’est la voix d’Asami qui les réveilla de leur torpeur.
- On n’en a pas encore fini avec vous, alors, magnez-vous le train et suivez-nous sans discuter.

Akihito, passé maître dans l’art de la réplique qui tue, n’en menait pas large cette fois et suivit les deux mafieux d’un air penaud, tout comme sa sœur qui voyait là, une menace plus grande encore que ce qu’ils venaient de vivre.


Grimmjow s’éclipsa, son paquet tremblant contre les hanches, sans plus se préoccuper d’eux.
- Oye ! Calme-toi ! Te mets pas en état de choc pour si peu. Ton Baishe n’a rien, d’accord ? Là… Là… Colla-t-il son front à ses tempes pour l’apaiser.
- Je… Je…
- Je sais. Tu me détestes. Je ne suis qu’un monstre manipulateur qui te veut du mal et qui n’a pas confiance en toi. Je mérite des baffes, et dès que tu seras en état, tu me le feras payer très cher, poursuivit la panthère, comme s’il se répondait à lui-même.

Grimmjow le sentit faire non de la tête contre lui et sourit à ce geste. Il pouvait être agaçant et têtu, comme il pouvait être franc et honnête. Il avait poussé le bouchon un peu loin, et désormais, rien ne comptait d’autre pour lui que le câliner pour se racheter.
Le voyant sincère et à nu, il poursuivit son réquisitoire contre lui-même :
- Tu ne me laisseras plus jamais te toucher, si jamais je le fais, tu me mordras jusqu’au sang, tu vas me mener la vie dure et je vais devoir me la mettre derrière l’oreille pendant un bon bout de temps, tu vas refuser d’habiter avec moi et tu vas me rendre la monnaie de ma pièce en me demandant de choisir entre moi et mon frère, ensuite…

Le bleuté l’entendit glousser contre lui : c’était bon signe.
- Ah non ? Tu vas pas être méchant avec moi ? C’est étonnant… Je n’ai pas l’habitude… Tu me donnes tellement de fil à retordre généralement…
- Non… Je vais être gentil avec toi… Chuchota le petit chat à son oreille.
- Ah ouais ? Et pourquoi ça ? Je ne l’ai pas été avec toi, pourtant…
- Tu as fait tout ça pour moi… Parce que tu… tiens à moi, n’est-ce pas ? Parce que tu doutais de moi… Parce que je n’ai pas su te dire combien je… je…
- Tu ? S’amusa le prédateur qui s’était fait tout doux.
- Mhmph… Je te le dirais pas.
- Ah. Je suppose que c’est ma punition.
- Je veux que tu sois gentil avec moi.
- Oui.
- Je ne veux plus que tu doutes.
- Oui.
- Je me suis donné à toi, tu sais…
- Oui.
- Tu me laisseras faire tout ce que je veux ? S’amusa le petit Uke en le voyant si docile.
- … non, finit par répondre la panthère, en reprenant le dessus. Mais pour ce soir, tu peux me demander ce que tu veux, je le ferai.
- Fais-moi l’amour, doucement.
- Ça veut dire quoi, ça ?! Que t’aimes pas la façon dont je te fais l’amour d’habitude ?! Grogna Grimmjow.
- Ça veut juste dire que ce soir, j’ai besoin de tendresse, j’ai besoin que tu me calmes, que tu sois doux, que tu ailles doucement…
- Merde… C’est les mots les plus excitants que j’ai jamais entendu dans ta bouche ! Se mit-il à rire. T’es si avare de mots d’habitude… Là, je crois que je vais jouir rien qu’à t’entendre les dire à mon oreille.
- Je… t’aime… Lui souffla-t-il, tout bas, pour le prendre de court.

Grimmjow s’immobilisa, comme électrifié.
- J’ai éjaculé, c’est malin !

Nekkun se mit à rire et le frappa à l’épaule, voyant qu’il ne lui répondait pas en prenant ça à la rigolade.
- Fais-le en moi…
- Oui.


Akihito regarda sa sœur d’une œillade inquiète ; ils avaient l’air de deux élèves punis qu’on amenait au cachot avec leur bonnet d’âne. Sauf que ça ne faisait rire personne. Eux qui n’avaient pas la langue dans leur poche affichaient un mutisme digne d’un instinct de survie. Les deux mafieux qui marchaient devant eux n’allaient pas les épargner, c’était certain.
Lorsqu’ils sortirent, deux limousines noires les attendaient. Baba se figea et comprit que la séparation était proche. Fei ne lui jeta aucun regard et elle fit un pas dans sa direction avant d’entendre Asami s’adresser à son frère :
- Grimpe là-dedans.

Quelque part, Baba ressentit un immense soulagement à l’idée que son homme ne parte pas sans elle. Elle offrit un petit sourire de compassion à Akihito qui se rembrunit en pensant qu’il allait dérouiller comme jamais.
Le jeune chiot s’installa discrètement sur la banquette arrière et n’osa même pas demander à ce qu’on lui délie les mains que Grimmjow avait attachées.
Le silence faisait redoubler son angoisse et Takaba pouvait entendre son cœur résonner dans l’habitacle. Asami venait d’allumer un cigare et regardait à travers la fenêtre de la voiture, comme s’il n’existait pas, et celle-ci se mit en route, laissant Baba et Feilong à leur propre torture.
Mais c’était plus fort que lui. Son tempérament fougueux l’empêchait de tenir sa langue plus longtemps.
- Je… Je m’excuse, Asami… Je ne…
- Ferme-la.
- …
- Non seulement t’as osé me désobéir, mais t’as été jusqu’à me tendre un piège… Continuait-il à gronder sans croiser son regard.

Takaba connaissait bien cette voix, cette posture, cette machine se retenant avant l’explosion finale. Pourtant, il décelait autre chose. Quelque chose de nouveau. Quelque chose de douloureux.
Dans ses yeux.
Dans ses yeux ne brillait plus cette flamme dévoratrice qu’il arborait quand il regardait son corps… Il n’y trouvait plus l’étincelle qui le dévastait… Cette excitation débordante qui émanait de lui lorsque son corps était à sa merci…
Le chat allait-il abandonner cette petite souris avec qui il avait pourtant tant joué ?
Dans un sursaut d’angoisse, Takaba jeta la tête contre ses genoux, s’accrochant à sa chemise, en désespoir de cause.
- Je te demande pardon… S’il te plaît… T’as pas le droit de me jeter maintenant ! C’est trop facile ! T’as imprimé ton corps au mien, t’as… T’es rentré dans ma vie et t’as tout fait pour que j’sois accro, commençait à hurler le jeune uke, éperdu. T’as fait tout ça pour me briser, hein ? Pour m’abandonner comme une vieille chaussette quand t’auras assez pris ton pied ? T’es dégueulasse ! J’ai rien demandé, moi ! Je… J’vais faire quoi, maintenant, hein ?! Je… JE TE LAISSERAI PAS PARTIR, t’entends ?! Finit-il, la voix étranglée de sanglots, en le secouant comme un prunier.
- …

La jeune souris n’osait pas relever la tête, craignant de croiser un visage rigide et froid.
- T’as… pas le droit… Merde… J’t’aime… Sale bâtard… T’es content, hein ?! De me voir te supplier… De me voir m’accrocher à toi et… Et… mais… Me laisse pas, Asami… Me laisse pas…

Ne voyant toujours aucune réponse de la part du maître qui l’avait enchaîné à lui, pas même un geste, Takaba posa son front contre son torse, essoufflé. Sans s’en rendre compte, il s’était mis à califourchon sur le mafieux et continuait à étreindre ses vêtements, comme un gosse accroché à son doudou.
Jamais il n’avait eu à faire face à un Asami qui ne répondait pas à son corps. Et cela le tétanisait. Jusqu’à présent, il n’avait jamais connu la sensation de pouvoir le perdre.
Dans une ultime preuve d’amour, Akihito donna tout ce qu’il avait. Quitte à ce qu’ils se séparent, il n’aurait aucun regret. Sa fierté ne lui servait plus à rien et se rabaisser davantage ne le tuerait pas au final, il avait déjà connu l’humiliation, alors à quoi bon…
Akihito se redressa et planta ses yeux noisette dans les siens intensément, sans avoir peur qu’ils ne le fusillent. Il caressa les tempes du mafieux qui se laissa faire sans pour autant l’encourager, puis il posa doucement son front contre le sien, entourant ses bras autour de son cou, se lovant contre ce corps qui le faisait tant frémir.
Asami ne lui laissait que très peu l’occasion de prendre les devants, et même si cela était un acte désespéré aujourd’hui, il voulait lui montrer combien il tenait à lui.
Cependant, être le seul à le montrer était insupportable et Akihito se glissa contre lui, abandonnant le combat d’aiguiser son désir et s’effondra entre ses bras.
- Tu vas arrêter de pleurer sur ma chemise, oui ? Sale môme… Intervint Asami, d’une légèreté surprenante.

Le cœur du petit brun crut exploser à cette voix d’où n’émanait pas la moindre colère. Sa réaction fut instinctive, il se crispa contre lui et se plaignit :
- Je te déteste… T’es une enflure de mafieux de merde…
- Je crois que tu m’as pas sorti tout ce que tu avais sur le cœur. T’avais commencé à me faire une déclaration ou c’était aussi un coup de bluff ? Se durcit ce dernier, sans lui offrir le moindre contact rassurant.

Akihito comprit qu’il devait être clair à nouveau. Qu’il ne devrait plus laisser planer aucun doute. Qu’il devrait aller jusqu’au bout. Et cela, sans prendre le désespoir pour cause. Asami voulait entendre son amour très clairement et sans jeux d’esquive.
Alors, il serra un peu plus les poings, pour réfréner son orgueil qui lui intimait de se taire, et chuchota contre lui :
- Je… veux rester avec toi…
- Même si c’est dangereux ?
- Oui…
- … quoi d’autre ?
- Je… Je ne te trahirais plus…
- C’est une bien belle promesse… que tu seras incapable de tenir.
- Mais, je… ! Se redressa-t-il, vexé.
- Dis-le-moi, ce que t’as au fond de toi. Ne me fais pas perdre mon temps pour rien. Si t’es pas capable de me le dire maintenant, tu peux prendre la porte.

Ils s’affrontèrent du regard, mais le jeune comprit parfaitement ce dont il voulait parler. Ce qu’il avait toujours caché jusque-là. Ce qu’il avait toujours refoulé. Ce qui le minait depuis le début. Ce vieux singe savait lire en lui comme dans un livre ouvert… Et il ne servait à rien de le nier…
- Je veux… que tu m’aimes aussi… Parvint-il à lâcher, penaud, mais décidé. J’sais pas ce que tu penses, tu dis jamais rien, tu te contentes de me prendre et… Y’a que du sexe entre nous, et j’sais même pas si je suis le seul avec qui tu le fais…

Son cœur bondit dans sa poitrine à mesure qu’il débitait ses peurs, et en même temps, quelque chose se dénouait et relâchait la pression. Il poursuivit :
- J’ai toujours l’impression d’être un jouet… Dont tu vas te lasser… C’est toujours un rapport de force et même… et même si j’aime quand tu me… quand on fait… je… j’ai l’impression d’être le seul à être submergé…
- Toi… Grogna Asami, mécontent. Les mots ne sont rien, Takaba. Ils sont vides de sens si on ne les met pas en pratique. Tu m’as pris pour un héros romantique qui sort des poèmes à sa dulcinée ou quoi ?
- Ces mots, comme tu dis, moi, je les pense ! Ils sont pas vides, ils expriment ce que je ressens, putain ! Je t’ai jamais rien demandé ! Ni argent, ni pouvoir, ni ton aide, rien ! Je voulais juste que tu me montres que tu tiens à moi ! Je voulais juste être important à tes yeux ! Mais, t’es intouchable ! Explosa le jeune garçon, les yeux rivés à son bourreau, malgré les larmes qui l’envahissaient. Comment tu pourrais me considérer, moi, un pauvre gamin de quartier qui possède rien alors que t’as un empire sous tes pieds ?! Comment je pourrais jamais être à ta hauteur et être digne de toi, hein ?! Je t’atteindrai jamais ! Dis-moi comment je pourrais t’atteindre… Dis-moi comment être ton égal, que tu me traites comme la personne la plus spéciale à tes yeux ?! J’aurais voulu être assez fort, assez courageux, assez intelligent, mais au lieu de ça, tu passes ton temps à me sauver… et à chaque fois, tu t’éloignes un peu plus de moi…
- T’as du cran, petit morveux, lui sourit Asami, et ça depuis le premier jour où t’as sauté de l’immeuble pour m’échapper… Et t’as une sacrée grande gueule pour un gamin de ton âge… Et là, j’ai vraiment envie de toi, le perça-t-il de ses yeux qui avaient retrouvé cet éclat charnel.
- Alors, tu vas continuer à m’utiliser comme ça… Lui reprocha Takaba en tentant de se reculer.
- Ben, vu que t’es le seul avec qui « je le fais » comme tu dis, t’as plutôt intérêt à me satisfaire…

Akihito chercha d’autres réponses dans ses yeux, mais elles ne vinrent pas, et il afficha une mine hésitante.
- Je passe mon temps à te courir après, petit chaton, lui souffla le prédateur en éveil à son oreille en le rapprochant violemment contre lui, alors, il faut bien que toi aussi, tu coures après quelque chose, non ? Si je te donne ce que tu me demandes, tu risquerais toi aussi de te lasser, donc, laisse-moi le privilège de te faire croire que tu n’es pas la personne la plus importante à mes yeux, d’accord ?
- Dis-le-moi… Asami… Dis-moi que je suis la personne qui compte le plus pour toi…
- Tu l’es, après ma sœur.
- T’as pas de couille, en fait ! Le chercha le petit uke rebelle.
- J’crois que ça, je t’ai prouvé le contraire bien assez de fois… Mais, je t’en prie, mets la main, et assure-t-en !

Takaba fit la moue, mais, d’un geste assuré et fier, il plaqua la paume de sa main à l’entrejambe de ce loup prétentieux, et frémit quand il sentit l’érection de son amant palpiter contre sa chair.
Le regard d’Asami le transperça. Il semblait heureux parce que son petit chat prenait les devants et le désirait sans essayer de fuir ou de prétendre le contraire.
- Je suis à l’étroit, là… Le provoqua-t-il, sans bouger d’un pouce.
- Ah ouais ?
- Ouais. Et tu sais ce que je veux.
- Quelles paroles romantiques… Se moqua l’agneau en dézippant la braguette avec envie.

Akihito sortit l’engin dressé du pantalon et s’accroupit entre les jambes de l’homme qui soupira d’aise, en passant ses immenses et puissantes mains dans ses cheveux. La caresse était douce, et le chiot se mit à laper la sucrerie de son maître avec délectation. Il allait le faire chavirer, le faire capituler, il voulait voir ce visage fier emporté par l’extase qu’il lui prodiguerait, il voulait voir ses expressions de plaisir le saisir, il voulait l’empêcher de se maîtriser. Il serait le seul à surprendre le grand mafieux démuni, se lâchant et gémir rien que pour lui !
À mesure qu’il jouait de sa langue sur la verge à présent mouillée de salive, il sentait les cuisses du prédateur s’écarter pour sentir la caresse au plus près et l’entendit étouffer quelques grognements. Cela le grisa, alors il glissa ses lèvres sur le gland et enfonça davantage le sexe dans sa bouche. Les mains du loup attrapèrent sa nuque, comme s’il était sur le point de jouir, et Takaba le mit au supplice en accentuant ses va-et-vient sans le lâcher du regard.
- Ça suffit, maintenant, coupa court le loup essoufflé.
- Eh ! Protesta le jeune , tout excité d’avoir pu arracher des grognements de plaisir à cette porte de prison, se voyant basculer sur la banquette. Ahhhh… Frissonna-t-il, à la caresse nouvelle que son maître expérimentait.

Asami l’enserrait fortement à quatre pattes et commença à passer sa langue entre ses fesses qui se crispèrent aussitôt.
- A… Asami… ! Ne…
- On t’a pas demandé de la ramener, cesse de protester, je croyais que tu avais peur de me perdre ? S’amusa-t-il à le menacer pour mieux le tourmenter.

Sa langue se fit plus appuyée et cela lui tira des frissons incontrôlables. Il léchait cette partie si intime de lui et une certaine honte envahit le petit uke qui suffoquait.
- Nn… Ryuch…

Asami faillit s’étrangler à l’évocation de son prénom dans la bouche de son amant qui s’en était à peine rendu compte. Afin de se contrôler, il pénétra deux de ses doigts dans la cavité de son amant, qui vacilla sous la surprise.
- AAhh… Gn…
- Arrête de te tortiller… Je sais que tu aimes ça… Tu m’aspires tellement fort… Tu les veux plus profonds ?
- Nn… AAHH ! Fut tout ce qu’il put répondre quand le prédateur épousa son dos, irradiant son corps de chaleur, en poussant ses doigts plus loin à l’intérieur de lui.

Asami remarqua alors la légère crispation du chaton qui semblait appréhender quelque chose, jetant des petits coups d’œil furtifs derrière lui, quand la pression n’était pas trop importante. Et il comprit. Il comprit que l’objet de son désir avait l’habitude d’être dévasté, et qu’il s’attendait à le voir s’enfoncer en lui de toutes ses forces sans prévenir. Sa passion dévorante était donc à double tranchant : d’un côté, il prouvait à Akihito combien il désirait le posséder, mais de l’autre, il rendait son amant nerveux face à des intrusions qu’il jugeait douloureuse et sans amour.
Voilà pourquoi son jouet doutait de lui. Voilà pourquoi il avait peur de le perdre. Voilà pourquoi il avait du mal à considérer cela comme un acte d’amour.
Asami soupira un petit sourire en coin. Ce sale gamin n’avait même pas idée combien il était attaché à lui et que jamais, il ne le laisserait partir.
Alors, doucement, il caressa la cambrure des reins de son amant de sa langue, pressait ses mains contre sa peau, détendait ses muscles par des gestes lents et tendres.
Akihito s’étonna de pouvoir respirer normalement alors que ce vieux pervers s’immisçait en lui comme s’il se retenait.
Asami trouva les yeux étonnés de surprise de son chaton, complètement perdu par la tournure des évènements et vit soudain ceux-ci devenir sombres.
- Eh ! Arrête ça, hein ! C’est encore un nouveau jeu pour me tourmenter, c’est ça ? Lui cracha-t-il au visage, vexé et mécontent. Tu vas tout faire pour ne pas me faire jouir ?! Merde !

Le loup qui s’était fait tendre avec l’agneau écarquilla les yeux, abasourdis par ce qu’il entendait, et surtout par ce que la fière boule de poils lui reprochait.
- Alors, c’est comme ça, hein ? Tu réclames de la douceur, mais en fait, la vérité, c’est que tu ne veux surtout pas que ça change entre nous, n’est-ce pas ? Tu as besoin que je te l’enfonce assez fortement pour te faire plier et gémir, hein, mon petit Akihito ?
- Heiiiin ?! S’offusqua Takaba avant de sentir le membre le pénétrer d’une traite, comme une épée rentrant dans son fourreau. Aahhh… A… Asami…
- Bon garçon. Tu préfères quand je te la mets comme ça, pas vrai ?
- Gnn… Haa… Haa… S’agrippait le petit uke, retrouvant cette respiration entrecoupée qu’il connaissait si bien dans ses ébats avec ce Seme dominateur et présomptueux.

L’attaque fut soudaine, et le mafieux donna des coups de rein plus accentué, de façon à entendre son chaton crier davantage. Cela l’excitait. Cela le grisait. Il le sentait trembler sous ses assauts, il le sentait le prendre entièrement et plaquer ses mains sur la vitre pour soutenir son corps malmené jusqu’aux entrailles.
Bon sang, qu’est-ce qu’il aimait ça ! Sentir cet homme le posséder avec puissance, sentir ses mains l’agripper férocement pour s’enfoncer en lui et lui arracher des cris, frémir sous ses à-coups qui voulaient le faire sien définitivement. La vérité, c’est que cet état entre la conscience et l’inconscience qui l’empêchait de réfléchir était tout bonnement extatique. Il en voulait encore plus, il tenait à être ravagé jusqu’à ne plus pouvoir se relever, jusqu’à tomber dans ses bras et fermer les yeux contre sa peau dégageant son parfum. Il le désirait tout entier, se donnant à fond, comme si sa vie en dépendait. Car, à cet instant, il se sentait vivant. Il se sentait important d’avoir la chance de l’avoir en lui…
- Encore… Plus fort ! S’il te plaît… Ryu…ichi…

C’est alors que le uke entendit son seme lâcher un gémissement inattendu et le couvrir de son corps comme s’il allait le plaquer au sol. Asami saisit le sexe de son amant et le branla assez rageusement afin de le faire venir rapidement, car lui-même ne tenait plus.
- Gnii… Se cambra Takaba, offert aux mains et au pilonnage de son loup exigeant. Je vais… je vais jouir… Asa…mi…

Ce dernier saisit ses hanches assez violemment, se redressa légèrement en courbant l’échine, et accentua ses mouvements de bassin ainsi que ceux de sa main. Il sentit le liquide se déverser et dégouliner sur ses doigts alors que tout l’intérieur de son chaton se contractait autour de son orgasme. Il l’entendait gémir, ne se soutenant plus, les yeux crispés et il lâcha un râle rauque de satisfaction.
Toujours à l’intérieur de lui, il s’affala sur le dos du petit uke à bout de force et lui lécha le cou avec délice.
- Maintenant, tu vas rentrer bien sagement à la maison, mon petit Takaba.
- Haa… Non… je…
- Ce n’est pas une invitation, c’est un ordre. Parce que je ne te ferai pas cette offre une nouvelle fois, alors c’est à saisir tout de suite. Je veux t’avoir sous la main quand je le désire. Je ne jouerai plus au jeu du chat et de la souris avec toi.

Akihito tenta de comprendre, mais cela sonnait comme une déclaration. L’avoir à demeure… Cela n’était pas une simple fantaisie de sa part… La vérité, c’est que ce fichu bâtard souhaitait vivre avec lui comme… un couple.
Un couple.
Le jeune garçon épuisé crut mourir de bonheur quand il réalisa ce qui se cachait derrière ces paroles imposantes.
- Si tu ne veux pas que je couche avec quelqu’un d’autre, t’as plutôt intérêt à être dans les parages le plus souvent possible… Poursuivit le fauve, inquiet sous couvert de menace.
- Je… J’ai plus d’appartement pour le moment… Alors… Je veux bien que tu m’héberges…
- Bon garçon. Tu n’as plus besoin d’autre appartement dorénavant.

Le brun se laissa caresser les cheveux et ferma les yeux, apaisé. De grandes mains le soulevaient pour le ramener vers un torse brûlant, qui sentait bon, et qui le rassurait. Trop fatigué pour lutter, il se rendit compte toutefois que le grand Asami profitait de ces instants de torpeur pour être doux avec lui.
Voilà pourquoi il dormait toujours comme un bébé à ses côtés. Voilà pourquoi au fond de lui, il savait qu’il était aimé de cet homme fier et arrogant. Alors, il lui rendit la monnaie de sa pièce et fit mine de murmurer dans son sommeil :
- Dis-moi que tu m’aimes…
- …

Takaba ne montra rien de sa frustration, et c’est lorsqu’on le ramena plus près de ces bras tendres qu’il perçut un léger et très lointain :
- …je n’ai pas besoin de te le dire, tu le sais parfaitement…

Et il s’endormit en souriant, bercé dans les bras de son maître et amant.



Chapitre 15 : Baba/Feil...
Baba ne savait pas si elle devait suivre ou non cette silhouette qui avançait fièrement devant elle. Pourtant, tel un chien qui suit misérablement le maître qui vient de le réprimander afin de se faire pardonner, elle marchait derrière lui.
Il n’allait pas l’abandonner là, dans le froid, au milieu du port quand même ?
Mais lorsqu’elle vit son homme de main lui ouvrir la porte et que le maître de Baishe disparut dans la berline, elle s’immobilisa, le cœur serré. Le claquement de portière résonna douloureusement dans son cœur. Il allait la laisser derrière lui comme une malpropre ?
Baba serra les poings et refusa de pleurer.
Malgré le ronronnement du moteur qui venait de se mettre en marche.
Malgré le braquage des roues qui annonçait le départ.
Malgré ces vitres noires fumées d’où elle ne pourrait même plus apercevoir son visage une dernière fois.
Une bourrasque de vent lui fit plisser les yeux et se recroqueviller sur elle-même. Telle une gifle, la vie lui rappelait la dure réalité. Elle avait joué et elle avait perdu.
Elle qui riait quelques instants plus tôt avec son tout nouveau frère se chamaillant avec les pires racailles de la pègre… Elle qui avait fomenté un plan pour piéger son amoureux… Le père de… Le père de son enfant…
- Oï, ne faites pas attendre le maître. Dépêchez-vous de monter ! Lui ordonna-t-on.

Baba resta interdite quelques secondes avant de comprendre que la voiture était venue jusqu’à elle, et s’était arrêtée à sa hauteur, du côté opposé où se trouvait Fei-Long. Elle grimpa à l’intérieur, encore plus bouleversée qu’auparavant. Il avait cherché à la déstabiliser, et il avait réussi.
Lorsqu’elle s’engouffra dans l’habitacle, une oppressante chaleur l’envahit. Fei Long avait ce visage de marbre qu’il arborait avec ses hommes. Ce masque froid, figé, dur et impassible qui lui glaçait le sang. Le visage d’un homme qui ne pardonnait pas. Qui n’avait confiance en personne. Qui n’avait aucune pitié.
Qui n’aimait personne.
Baba reconnut le maître de la mafia chinoise, celui qu’on avait éduqué à tuer, celui dont on avait masqué définitivement les émotions parce qu’elles n’amenaient que traîtrise et désespoir.
Il y avait dans cette nonchalance, dans ce détachement, comme une révélation. Comme si elle venait de lui prouver une fois encore que les êtres humains ne sont pas dignes d’être aimés. Qu’ils sont vicieux et dangereux. Cet homme qu’elle avait eu tant de mal à croire, qu’elle avait eu tant de mal à percer à jour…
Elle avait tant douté de lui, et maintenant qu’elle s’était donnée corps et âme, elle avait l’impression que tout volait en éclats.
Comme s’il s’était attendu à cette trahison.
Comme s’il n’en était même pas surpris.
C’est un petit rire mesquin qui lui brisa le cœur.

- Alors, comme ça, tu croyais pouvoir piéger le roi de la pègre ? Ricana-t-il sans même la regarder.
- Ce…
- Tu vas apprendre à te taire dorénavant où je te fais couper la langue. Elle ne te servira à rien dans l’éducation de ton enfant, de toute façon.

Baba se figea, poignardée.
- Tu as cru pouvoir tirer parti de ta condition et le retourner contre moi… Quelle bassesse…
- Ce n’est pas vrai !

Les yeux perçants de Fei Long la jaugèrent méchamment.
- Et tu vas nier, en plus ? Tu savais pertinemment que je ne te laisserais pas vadrouiller dans les rues japonaises, enceinte de mon enfant. Mais, tu as fait une erreur, Baba. Une énorme erreur.
- Je n’ai pas voulu le prendre comme prétexte !
- Oh que si ! Tu t’es sentie pousser des ailes, tu t’es crue invincible, mais, comme tu te trompes… Souriait-il, vainqueur. Tu n’es rien, Baba, rien.
- Je n’ai pas voulu me servir de notre enfant, je…

Une main se leva rapidement et enserra sa mâchoire avant d’introduire un doigt dans sa bouche. Baba, surprise par le geste vif et sans douceur, se laissa faire sans comprendre.
- Je vais te la couper, tu entends ? Ta langue… Ne l’utilise plus devant moi à nouveau… La menaça-t-il, de cette voix parfaitement maîtrisée, mais qui se voulait tranchante.

Sans en prendre conscience, Baba frémit à ce contact. Elle frissonna de peur et se mit à blêmir : il ne plaisantait pas. Son doigt appuyé sur sa langue était ferme et pressant, comme une lame prête à couper. Et il perçut son trouble, ce qui lui donna définitivement l’avantage.
- Laisse-moi te dire une chose que tu n’as pas eu l’air de réaliser jusqu’à présent. Que tu sois la mère de mon enfant ne te sauvera en rien, tu saisis ?

Baba faillit rétorquer, mais le doigt dans sa bouche lui rappela l’interdiction. Ses dents frôlèrent la phalange qui l’entravait et elle essaya de s’en extirper pour ne pas le mordre.
- Tu n’es qu’un réceptacle. Tu vas m’accompagner gentiment en Chine pour mettre au monde mon enfant, et ne crois pas que tu seras choyée ou aux petits soins. Tu as plutôt intérêt à tout faire pour que ça se passe bien. Tu ne connais pas les moyens que je peux employer pour te mettre au garde-à-vous. Au moindre écart, je me chargerai de l’enfant et te ferai disparaître. Je n’ai pas l’intention de m’encombrer d’une mère qui joue les récalcitrantes. Et si tu tiens à connaître ton enfant, et qu’il puisse un jour voir ton visage, tu as plutôt intérêt à filer doux.

Baba tremblait à présent. Elle réprimait ses larmes et sa gorge s’était douloureusement asséchée.
Oui, elle avait cru être intouchable en portant l’enfant de Fei Long.
Oui, elle avait joué de son immunité afin de le faire plier, pour qu’il accepte Takaba et Asami.
Et oui, elle n’avait pas pensé que cela pût en être autrement. Elle n’avait pas songé à la cruauté dont un mafieux pourrait faire preuve. Elle n’aurait jamais imaginé qu’on puisse retourner son statut de mère contre elle.
Baba remua les lèvres comme si elle demandait la parole, mais déjà les larmes s’échappaient de ses yeux brûlants de honte et d’horreur. Les sanglots firent trembler sa gorge qui hoquetait.
- Et tu pleures, en plus ? Ne me trouves-tu pas magnanime avec toi ? J’aurais très bien pu te rayer de la carte. Te torturer. Torturer ton frère. Torturer tes équipières. Te retirer ton enfant… Réjouis-toi de ma bonté, car tu ne la verras plus très souvent. Alors, un bon conseil, ne viens pas pleurnicher, ne viens pas te plaindre et estime-toi heureuse de l’extrême gentillesse dont je fais preuve à ton égard. Tu seras surveillée de près, alors, tiens-toi à carreau.

Baba se rendit compte du fossé qui s’était creusé en l’espace d’une seconde. Elle agrippa instinctivement son bras comme pour s’y accrocher et le supplier, mais il l’envoya valser sèchement.
- Je ne t’ai pas permis de me toucher, il me semble. De quel droit prends-tu autant de liberté ? N’as-tu pas compris ta position ? Tu n’es pas la femme du Baishe, et encore moins son épouse. Tu n’es qu’une mère porteuse à mon service. Tu n’auras pas le respect et la déférence qui me sont dus. Tu ne t’approprieras absolument rien de mon royaume. Tu n’existes pas, tu entends ? Ne te permets pas de t’adresser à moi de façon désinvolte ou familière, et dans la plupart des cas, ne crois pas entretenir avec moi une quelconque relation aux yeux des autres. Si tu l’ouvres en Chine, mes hommes pourraient bien t’infliger des supplices que tu n’imagines même pas. Ils ont énormément de respect pour leur chef, alors, si tu fais le moindre faux pas, ils te tomberont dessus. Et je ne te protègerai pas. Un meurtre se passe très vite.

Baba hocha la tête lentement, désespérée, comme un appel à la clémence. Elle sanglotait par à-coups terrifiée par cet avenir qu’il lui montrait. Sa langue glissait sous son doigt, tentant vainement de refermer sa bouche afin de ne pas laisser couler sa salive, mais Fei maintenait sa prise plus fermement. Elle n’obtiendrait pas son pardon. Elle n’obtiendrait plus jamais rien de lui.
Lorsqu’il desserra son emprise et libéra sa mâchoire meurtrie, le mafieux ne lui laissa aucun répit.
- Je ne veux plus t’entendre jusqu’à nouvel ordre. Et c’est une menace qui tu as intérêt à prendre au sérieux. Si tu veux que ton frère puisse t’appeler de temps en temps, tu dois obéir bien sagement. Maintenant, fais-toi la plus discrète possible, rien que ta présence m’ennuie…

Baba ferma la bouche, lacérée. Non seulement il avait prévu le moindre de ses arguments, mais en plus, il la traitait de cette façon si dénigrante qu’elle ne se sentait plus exister à ses yeux. Son dernier espoir avait été de le prendre en faute pour lui avoir caché une famille dont elle ne connaissait même pas l’existence, mais encore une fois, il l’avait devancée. Fei lui permettait de rester en contact avec Akihito… Elle n’avait donc plus aucune raison d’être en colère, plus aucune raison de lui trouver des torts, plus aucune raison de se plaindre…
Elle pouvait sentir l’animosité de l’homme qu’elle aimait à travers son calme feint. Alors, il ne lui resta plus que l’obéissance ; elle devait capituler, accablée de souffrance.
Elle venait de tout perdre.
Et rien que le fait de savoir qu’il l’emmenait avec lui la maintenait en vie. Il aurait très bien pu partir sans elle. La seule chose qu’elle voulait, c’est être auprès de lui. Comme elle en avait décidé il y avait quelques semaines déjà.

Lorsque la voiture s’arrêta devant le paquebot, tout alla très vite. On ouvrit la portière du Baishe et une suite d’hommes l’accueillit pour l’escorter. Fei Long ne fit pas un geste vers elle, pas plus qu’il ne la regarda. C’est la voix du chauffeur qui la fit sursauter de l’autre côté.
- Suis-moi.

On s’adressait à elle sans aucun respect ni aucun égard. Cet homme de main la tutoyait comme une vulgaire employée… Savait-il qu’elle était enceinte de son chef ? Baba eut un doute… Il était fort probable que Fei tienne à ce que cela reste secret…
- Traîne pas par ici… On aime pas bien les étrangères par chez nous… Alors, tu vas te faire toute petite… Lyu-sama m’a dit que tu pouvais donner du fil à retordre et qu’il ne fallait pas hésiter à te corriger si cela arrivait…

Baba baissa la tête, encaissant chaque coup de poignard un à un avec courage. Un instant, elle eut envie de se sauver en voyant l’avenir qui se profilait. Pourtant, elle suivit l’homme sans mot dire. Sans maudire celui qu’elle avait certainement blessé pour qu’il la traite ainsi.
Elle ne le voyait déjà même plus au loin.
Elle était seule.
Sur un navire qu’elle ne connaissait pas.
Où les gens parlaient une langue qu’elle ne comprenait pas.
Sans ceux qu’elle chérissait tant.
Dans l’obscurité de sa douleur, elle n’aperçut pas deux silhouettes qui la regardaient du haut du bateau.

L’espèce de gorille lui indiqua une cabine, ouvrit la porte et resta à l’extérieur, vérifiant qu’elle y entre de son plein gré. Lorsqu’il la referma, elle prit conscience de ce qu’il allait véritablement se passer. Elle serait une vulgaire prisonnière à bord d’un bateau… Elle ne serait pas auprès de Fei…
La chambre était simple, avec un hublot pour seul accès à la lumière extérieure, et, pour couronner le tout, le lit aussi était simple…
Le coup de grâce ne tarda pas à poindre et elle se décomposa quand elle réalisa qu’elle serait seule.
L’homme venait de lui apporter un plateau de victuailles et le déposa sur la petite table basse.
- Vous avez ordre de tout manger. Si ça ne vous plaît pas, eh bien, vous jeûnerez.

VLAM

Baba s’effondra au sol. Elle allait rester enfermée là pendant combien de temps ? Elle allait manger seule jusqu’à la fin de ses jours ? Dormir seule ? Sans parler ni voir le jour ?
Cette fois, elle ne retint pas ses sanglots et cacha ses yeux entre ses mains, sombrant dans une tristesse sans fin.


Derrière la porte, l’une des deux silhouettes voulut se précipiter vers cette créature déchirée, mais le bras de Calinours la retint.
- Non. Tu ne comprends toujours pas que ce n’est pas toi qu’elle pleure ? Trancha-t-elle pour la rappeler à l’ordre.
- Mais… Je ne veux pas la laisser seule… Ragea celle dont le cœur se serrait en entendant ces pleurs continus.
- Ce n’est pas de toi dont elle a besoin, il va falloir que tu le réalises…


- Vous comptez réveiller tout le bateau ou quoi ? Retentit cette même voix froide qu’elle n’avait même pas entendu arriver.

Baba releva son visage souillé de larmes et n’osa même pas répondre de peur qu’on ne le lui reproche et que cela parvienne aux oreilles de Fei. Le gorille la regardait sans aucune pitié et resta là à la regarder, attendant qu’elle veuille bien s’expliquer.
- Je… veux…voir… Fei Long… Pleura Baba, tout doucement, répétant la phrase tout bas, comme s’imprégnant d’un souhait qui était à présent irréalisable.
- « Fei Long » ? Reprit l’armoire à glace, mécontent.

Baba se tut immédiatement, se rappelant des paroles de Fei qui ne tolérait aucune familiarité et prit peur. Si cette brute le prenait mal, elle risquait de le sentir passer…
- …sama… Rajouta-t-elle, sanglotant de plus belle.
- Debout ! Finit-il par lâcher, agacé, en lui tirant le bras pour la relever.

Baba faillit trébucher, dans l’incompréhension, entraînée dans le dédale de couloirs sans ménagement. Plus d’une fois, elle voulut le stopper, mais rien ne pouvait arrêter cette machine ambulante. Elle n’avait fait que pleurer dans sa chambre ! Pourquoi fallait-il que les choses prennent une telle tournure ?
L’animal finit par frapper à une porte, sans lâcher son bras.
- Lyu-sama… Je vous ai ramené la femme… Elle cause des ennuis…
- Non… Murmura Baba, en secouant la tête.

Elle tira vers l’arrière autant que possible, tentant d’échapper à son bourreau qui l’entraînait dans la suite.
- Eh bien, elle fait déjà des siennes ? Posa une voix calme, mais irritée.

Fei Long se tenait droit devant elle, en peignoir de bain blanc, un verre à la main. Baba suffoquait, le cœur battant à rompre. Elle ne voulait pas empirer la situation. Elle ne voulait pas le fâcher davantage. Elle ne voulait pas qu’il la haïsse encore plus… Alors, elle se tut en secouant négativement la tête, comme si le gorille mentait.
- Elle n’a rien voulu manger, et elle dit qu’elle veut vous voir.
- Ce… Commença Baba avant de se rendre compte qu’elle ne ferait qu’aggraver les choses.

Comment ce monstre osait-il insinuer qu’elle avait fait exprès de ne pas manger pour faire du mal à son enfant ? Il ne lui avait apporté le plateau que depuis cinq minutes ! Tout cela n’était qu’un coup monté !
- Très bien. Tu peux nous laisser, je vais m’en occuper une fois pour toutes, et elle retourna manger après ça…
- Bien, Maître.

Fei long s’assit sur son lit, comme si de rien n'était, et la dévisageait calmement. Baba tint bon et ne répliqua pas. Mais, dans un accès de désespoir, elle se jeta délibérément dans ses bras en murmurant son prénom.
L’odeur de sa peau, la chaleur de son torse, ses mèches de cheveux mouillés contre elle, tout la transportait. Elle ne voulait plus quitter ses bras…
- Ah… Tu souhaitais faire des faveurs à ton maître avant qu’il ne se couche ? L’interrompit-il dans ses pensées.

Baba tressaillit, son cerveau refusant de comprendre. Elle se crispa contre le peignoir, tentant d’oublier ces dernières paroles, tout en se détachant légèrement de lui, comme s’il allait la briser.
- Remarque, je n’ai rien contre, du moment que tu peux t’être utile, pourquoi pas décharger le moindre de mes désirs… Et si tu fais ça bien, tu obtiendras peut-être d’autres de mes faveurs… C’est un privilège pour toi de pouvoir coucher avec le maître, alors, fais en sorte de me satisfaire.

Sur ces dires, le mafieux s’allongea entièrement sur le lit en ouvrant son peignoir, d’un air entendu et sûr de lui.
Baba se pinça les lèvres, refusant de relever la tête, tellement elle se sentait déchirée d’être traitée de la sorte. Les larmes affluèrent une fois encore sans qu’elle ne puisse les retenir et elle s’effondra, son front heurtant les abdominaux de Fei. Elle froissa les draps dans ses poings serrés de douleur et tenta de retrouver une respiration normale.
- Madame joue les vierges effarouchées… C’est un cosplay assez excitant… Attendrais-tu de ton maître qu’il te prenne par la force ?
- …
- Tu ne m’émouvras pas. C’est la première chose qu’on m’a apprise, alors n’espère pas attiser ma clémence par des larmes.
- Je… n’essayais pas… de… Murmura-t-elle tout bas, commençant à se redresser. Ce n’est pas vrai… Je n’avais juste pas faim et… Et… je n’ai pas fait d’esclandre, il… il a menti… Déraillait sa voix, chargée de sanglots.

Baba ne put voir l’expression soudain amusée de Feilong à cette remarque. Elle tremblait comme une feuille à l’idée qu’il s’énerve contre elle, et surtout qu’il puisse croire qu’elle attentait à la vie du bébé… Cette femme si belle et si fière ressemblait à présent à un enfant que l’on punit injustement et qui s’effondre en larmes, ne sachant comment réparer l’erreur qu’il a commise un peu plus tôt.
Apparemment, elle avait pris ses menaces très au sérieux, et elle paraissait complètement perdue.
Un bon point.
Elle avait rarement cédé jusque-là, alors, quelque part, il en était presque heureux. Après tout ce qu’elle lui avait fait faire, elle pouvait bien être torturée un peu…
Alors que cette silhouette frêle et apeurée tentait de rebrousser chemin, refusant de salir la relation amoureuse qu’ils avaient entretenue jusqu’ici, Feilong la retint fermement par le bras et plaqua sa main à son érection sans aucun ménagement.
- C’est par ici que ça se passe. Tu crois peut-être avoir le droit de faire marche arrière en laissant ton maître dans cet état ? Ne rêve pas. Et puis, ce n’est pas de chance, mais ce n’est pas à moi que tu vas faire croire à ton innocence… Ce n’est pas la première fois ni la dernière fois que tu vois le sexe d’un homme, et encore moins le toucher et le caresser afin de donner du plaisir. Allez, montre-moi… Sois une gentille fille obéissante et disciplinée…

Les yeux de félins saisirent le tressaillement qui traversa le corps de la femme recroquevillée contre lui, dont la main contre sa verge tentait de se retirer, crispée. D’un mouvement suggestif, il guida son poignet et lui fit faire des va-et-vient glissant sur son membre déjà lubrifié par l’excitation.
La peur d’exacerber sa colère l’empêchait de prendre une décision et Feilong jouissait de la voir prise entre deux feux. D’un côté, elle voulait s’arracher à cette étreinte forcée et de l’autre, elle voulait le goûter. Car s’il y avait bien une chose qu’il connaissait par cœur, c’était les soubresauts de son corps frémissant contre le sien. Elle le désirait malgré tout. Elle avait envie de lui, même s’il apparentait la situation à une relation non consentie.
Il la connaissait par cœur.
Baba sentit la chaleur remonter de son bras à son cœur et à son visage. Autant elle refusait de s’abaisser à n’être pour lui qu’une fille de joie, autant elle voulait qu’il la prenne avec désir et passion. Et même cette brutalité du geste faisait naître en elle des palpitations incontrôlables.
Plus ce démon accélérait le mouvement, faisant grandir entre ses doigts ce muscle de chair si familier, plus sa respiration s’accélérait.
Baba suffoquait : elle ne voulait pas qu’il remarque son émoi, elle ne voulait pas qu’il croie qu’elle accepterait de le servir ainsi, elle voulait par-dessus tout qu’il la respecte à nouveau, comme avant.
- Fei… Chuchota-t-elle, plaintive, gardant toujours la tête baissée, de peur de croiser des yeux emplis de colère.
- Applique-toi… Tu n’es plus une gamine, je ne devrais pas être obligé de te guider… Poussa-t-il le vice un peu loin.

Dans son envie de la faire plier afin qu’elle ne recommence plus jamais, il passa une main sur sa nuque et accentua la pression pour lui faire descendre lascivement le visage vers ce sexe rêvant de s’engouffrer dans sa cavité brûlante. Feilong la sentit se raidir à cette autorité un peu brusque et prête à ruer dans les brancards. Alors, il usa d’un stratagème tout à fait pernicieux, mais qu’il savait fonctionner sur elle. Il ferma les yeux et fit mine de haleter pour lui montrer le désir qu’il avait d’elle, tout en laissant échapper une respiration à la limite de l’affolement.
Cela eut l’effet escompté et, dès lors qu’il accentua à nouveau la pression de sa main autour de son cou, il ne sentit plus aucune contrainte et sa langue vint alors effleurer son gland avec retenue.
Il faillit s’étrangler en entendant un gémissement féminin étouffé à ce contact. Bon sang ! Elle le rendait fou à un point qu’elle n’imaginait même pas… C’était elle qui vibrait de le prendre dans sa bouche ! Elle qui chavirait d’avoir le droit de le caresser ainsi ! Elle succombait en voulant lui donner du plaisir…
Cette femme était tout ce qu’il désirait au monde, et elle en doutait ! Il faut dire qu’il avait de l’expérience derrière lui en tant que bourreau… Mais, à ce rythme, il finirait par venir dans sa bouche en moins de temps qu’il ne fallait pour le dire…
Alors qu’elle avait déjà glissé son sexe dans son cocon humide, enroulant sa langue autour de sa chair palpitante et dressée fièrement, Feilong l’arracha à cette caresse et la bascula sur le côté en la faisant rouler de façon à épouser son dos.
Baba se crispa légèrement, mais étreignit les draps d’une main, se laissant finalement faire, recroquevillée en cuillère contre son ventre. Il caressa les courbes de ses hanches, avec douceur, mais elle appréhendait chaque geste et frémissait dès qu’il posait ses mains sur elle.
À nouveau, le serpent vicieux se mit à sourire en comprenant ses hésitations. Elle croyait encore qu’il se jouait d’elle… Qu’il allait lui faire subir des choses inavouables et la torturer de son corps…
Il la sentit frissonner lorsque ses longs cheveux tombèrent et glissèrent sur sa peau nue, frôlant sa poitrine, soulevée par les battements de son cœur affolé. Il déposa un baiser au creux de son cou, la léchant délicatement le long de sa clavicule offerte.
- Haa… Laissa-t-elle échapper, prise au dépourvu par ces caresses douces qu’elle ne comprit pas.

Feilong se retint de rire cette fois. Il percevait son trouble. Arquée contre lui, tendue à l’extrême, elle s’attendait à un coup bas de sa part, mais ne sachant d’où il viendrait. Finalement, cela le rassurait un peu. Cela voulait dire qu’il n’était pas totalement démasqué, et qu’elle gardait une petite crainte vis-à-vis du maître de Baishe.
Il grogna de contentement en observant ses mains toujours crispées devant elle, n’osant pas faire le moindre geste vers lui.
Il allait la taquiner encore un peu…
Sa main passa contre sa gorge, comme une poigne s’apprêtant à enserrer sa proie et elle s’affola ; puis, il remonta ses doigts jusqu’à ses lèvres qu’il frôla doucement.
Elle ne bougeait pas, guettant ses moindres faits et gestes.
Ses doigts se pressèrent sur sa bouche et forcèrent légèrement le passage afin de voir sa réaction.
Elle hésita.
Il sourit.
Du pouce, il entrouvrit sa bouche en baissant son menton, et replaça ses doigts.
Elle comprit, mais hésita.
Il caressa la commissure de ses lèvres entrouvertes et attendit.
Elle obtempéra, et sa langue vint à la rencontre de ses doigts.
Timidement.
Il fit de petits cercles sur la pointe de sa langue pour l’encourager et cette dernière vint glisser plus franchement sur ses doigts jusqu’à ce que sa bouche s’avance pour le goûter davantage. Feilong l’encouragea en parsemant ses épaules de baisers, et elle gémit à cette tendresse retrouvée.
Elle perdait pied.
Le dragon avide de chaleur glissa son autre main à sa bouche, profitant d’extirper l’autre pour laisser l’humidité de ses doigts s’étaler sur la naissance d’un sein, d’un téton qui s’était glacé et érigé à ce contact. Tout le corps de Baba se contracta et elle faillit mordre les doigts qui jouaient toujours avec sa bouche, suggestivement.
Elle commençait à se laisser aller.
Il la sentit se battre contre elle-même pour ne pas poser ses mains sur les siennes et suivre ses mouvements joueurs sur son corps au supplice. À mesure qu’il contournait son entrejambe, et s’amusait avec l’intérieur de ses cuisses, l’arrondi de ses fesses, le creux de ses genoux, remontant sur l’aréole, sa chère et tendre s’impatientait.
Il frotta son front contre son dos, essayant de la faire capituler et, elle capitula.
Silencieusement.
Tout en douceur et en insinuation.
Elle avait légèrement écarté les jambes, signe qu’elle n’en pouvait plus qu’il s’occupe de chaque parcelle de son corps mis à part celle qui brûlait de l’attendre.
Mais il remarqua sa souffrance.
Baba restait accrochée aux draps comme pour ne pas se perdre ou se noyer, comme si elle n’avait pas droit de l’étreindre, comme s’il lui interdisait tout retour en arrière possible, comme si elle ne pouvait plus se contenter que de ça, comme si elle profitait du peu qu’il voulait bien lui donner.
Sa petite sirène gardait les yeux clos, enfermée dans sa douleur, dans la peine qu’elle éprouvait de l’avoir perdu, mais désirant quand même ressentir sur sa peau l’odeur et les caresses de l’homme qu’elle aimait plus que tout.
Feilong perdit son sourire en immisçant un doigt dans son cocon trempé de désir, dans cette chair qui vibrait à son intrusion et lui arracha une secousse torturée. Il contempla sa femme frémir en le sentant profondément en elle.
Elle était magnifique.
Même animée d’émotions qui criaient tout l’amour qu’elle lui portait, elle en était encore plus touchante et plus vraie.
Il avait confiance en elle.
Plus que jamais.
Elle se donnait entièrement à lui. Pour toujours. Malgré tout ce qui se passerait, elle serait là pour lui. Son cœur se serra et il plongea plus profondément en elle, happé lui aussi par les sentiments qu’il ressentait pour la mère de ses enfants.
- Fei… Fei… S’étranglait-elle presque dans le silence tortueux de ces caresses qui la transportaient, comme une dernière étreinte.

Baba ne se rendit pas compte de la douceur qui s’était installée depuis quelques minutes, trop occupée à regretter les moments qu’il était en train de lui offrir. Elle voulait pleurer. Elle voulait hurler. Elle voulait se faire pardonner.
- Je… t’aime…

Feilong se contracta à ces mots murmurés douloureusement tandis que ses doigts allaient et venaient en elle, tentant de la bercer de son pardon, de son amour et de ce qu’il lui donnait du plus profond de son cœur. Instinctivement, il retira ses doigts d’un râle rauque pressé et vint frotter son érection à ses parois humides.
Baba étreignit le drap avec toute la force qu’il lui restait et haleta, comme si elle était sur le point de mourir.
Feilong prit un air touché en la voyant ainsi offerte à la moindre trahison de sa part. Lui qui se croyait fragile et faible face à elle, il se rendait compte combien de porcelaine cette petite poupée était faite. Cette petite poupée qu’il gardait précieusement enfermée dans sa chambre de peur qu’on ne la lui vole. Cette petite poupée prête à endurer tous les sévices afin de garder l’homme qu’elle aimait à ses côtés.
Vaincu, il se blottit tout contre sa nuque pour la rassurer et l’apaiser. Il ne pouvait décemment pas la pénétrer en sachant les doutes qu’elle avait sur le cœur en ce moment. Avec tendresse, il passa ses mains sur les siennes et s’y accrocha.
Elle hésita, refusant de saisir le moindre geste comme une lueur d’espoir qu’elle pourrait regretter plus tard.
- Tu as intérêt de m’aimer au moins autant que je t’aime, moi.

Pour contrer le flot d’émotion qui la submergea à cette confession, il la pénétra lentement, mais sans s’arrêter, jusqu’à se sentir inéluctablement lié à elle au plus profond de sa chair. Un gémissement déchirant envahit la pièce à mesure qu’elle réalisait et qu’elle ressentait.
Il sourit.
Elle haletait, hoquetant sous les larmes qui perlaient sur ses joues, sans qu’elle ne sache trop si elles reflétaient de la joie ou de la tristesse. Elle ne savait pas trop s’il fallait le croire ou non, mais les assauts de cet homme qui s’enfonçait en elle, comme pour mieux s’y perdre, eurent raison d’elle. Cet état d’hébétude et de flou qu’il lui prodiguait l’empêchait de réfléchir. Elle le sentit juste couvrir son dos en la plaquant contre les draps qu’elle n’étreignait plus.
Elle étreignait ses mains. Ou était-ce ses mains à lui qui l’étreignaient ? Elle ne savait plus.
Le poids de son amant sur elle, qui glissait entre ses reins, dont la respiration rauque chatouillait sensuellement ses oreilles, accentuait une pression dont elle se nourrissait. Entraînant son corps dans un rythme plus soutenu, dans des mouvements plus saccadés et plus vifs, sentant son corps en transe se mouvoir contre ses hanches, la faisant se cambrer pour la pénétrer toujours plus loin et toujours plus fort, Baba perdit pied.
Des mains venaient essuyer les larmes de ses joues, des cheveux soyeux électrisaient sa peau, des murmures lui tiraient des gémissements incontrôlés, des jambes venaient écarter les siennes et faire corps avec elle.
Enfin, la bouche de Feilong chercha la sienne et sa langue vint violer son intimité avec possessivité. Toute sa masculinité ressortit afin de la faire sienne à nouveau et la pousser au plaisir. Il accentua ses mouvements de bassin, effréné, la recouvrant de son corps comme pour l’empêcher de bouger d’un millimètre, sortant presque son sexe pour le rentrer à nouveau et suivre les palpitations qui se contractaient tout autour de son membre.
- Viens… Rugit-il, enserrant ses cuisses en accélérant la cadence.
- Mhmm… Haa… Fei… Fei…

Baba sentait son pénis l’envahir plus que de coutume, se gonfler et elle se tordit sous les contractions qui la paralysèrent un instant. Tout en elle aspirait cet homme qui s’accrocha à elle comme elle s’accrocha à ses mains pour éviter de s’évanouir.

Était-ce une main qui caressait ses cheveux ? Un souffle qui frôlait sa peau ? Des paroles qui la berçaient ? Elle n’aurait su dire. Ses yeux étaient clos, ses oreilles sourdes, et son cerveau embrumé. La seule chose qu’elle s’entendit dire, ce fut ce prénom de l’homme qu’elle aimait et en réponse, un corps chaud contre le sien.


Calinours regarda celle qui éprouvait pour Baba des sentiments confus et ambigus. Celle qui avait intégré la mafia coréenne pour se perdre dans le travail. Celle qui ne voulait pas abandonner celle qu’elle aimait aux mains de Fei Long-sama.
- Elle l’aime comme une dingue et elle est enceinte, tu le sais, non ? Poursuivit Calinours.
- Je sais tout ça. Je veux juste son bonheur.
- Alors, laisse-là vivre comme elle l’entend.
- Comment tu peux faire confiance à Lyu ? Ce mec est un meurtrier sanguinaire trahirait père et mère pour son job !
- Je te rappelle qu’il s’agit de mon frère ! S’emporta Calinours, essayant de lui faire entendre raison. Et puis, tu es mal placée, je te signale. Tu travailles pour Mookyul, non ?
- Je ne laisserais personne faire du mal à Baba.
- Mais, moi non plus ! Et Feilong encore moins ! Il la protègera mieux que personne, tu peux me croire ! Écoute, je ne sais pas ce qu’il s’est passé entre vous autrefois, je ne sais pas ce que tu éprouves véritablement pour Baba, mais… C’est avec lui qu’elle sera heureuse, tu le comprends, non ?

Miki observa le quartier de lune à travers le hublot, d’un air mélancolique. La voir partir en Chine lui oppressait la poitrine. Baba était plus qu’une amie pour elle. Elle était tout. Et cela depuis tellement d’années. Ce Feilong l’avait éloignée d’elle et cette distance lui faisait mal. Elle ne voulait pas qu’on la lui prenne !
- Écoute, ce n’est pas parce que Baba va vivre avec Feilong qu’elle va t’oublier, tu sais ? Si ce qu’il y a entre vous est sincère, alors, ça perdurera.
- Je sais. C’est juste que ça fait mal.
- Elle ne t’oubliera pas, alors, tu verras que tu auras eu tort de t’inquiéter pour rien. Tu peux partir tranquille. Elle t’appellera à son arrivée, fais-moi confiance. Si tu as toujours eu une place dans son cœur, alors, il n’y a aucune raison pour que tu y disparaisses.

Miki se mit à sourire fébrilement, rassurée par ces chaudes paroles et tourna les talons.
- Cali… S’il te plaît, ne lui dis pas que je suis passée te voir, d’accord ?
- D’accord.



Takaba ouvrit les paupières en les battant lentement. Quelque chose venait de lui serrer le cœur et il essaya de comprendre. Tout à coup, sa voix résonna dans la pièce :
- Baba !

En réponse, un grognement se fit entendre, suivi d’un corps qui se pressa tout contre le sien. Akihito essaya d’émerger de sa torpeur afin de savoir où il se trouvait et surtout avec qui il se trouvait. Une voix caverneuse, mais basse, lui répondit en chuchotant à ses oreilles :
- Ne t’inquiète pas. Elle a dû elle aussi passer un sale quart d’heure, tout comme toi. Mais, à l’heure qu’il est, elle doit être exactement dans la même position que toi…

Akihito observa Asami, décontenancé. Depuis quand il dormait dans ses bras ? Et depuis quand il était gentil ?
Il le dévisagea quelques secondes et le jeune uke se mit à sourire en lui tapotant les cheveux.
- Tu oublies d’être méchant quand tu dors, toi… S’amusa le jeune homme plaqué contre son immense torse, pensant qu’il répondait dans son sommeil. Mais, et si elle était repartie en Chine ? Se posa-t-il la question tout haut, inquiet.
- Tu n’auras qu’à l’appeler demain. Et puis, si elle te manque, tu iras la voir là-bas, lui rétorqua le mafieux qui ne dormait vraiment pas du tout.
- La… voir ?
- Ouais… C’est pas ce que tu voulais ? Qu’on arrête de se battre Feilong et moi ?

Akihito écarquilla grands les yeux, stupéfait. Les yeux du mafieux se firent intenses et du coup, le jeune photographe ne préféra pas répliquer. S’il se moquait de sa gentillesse, il allait encore le payer très cher, et Asami était plutôt du genre susceptible.
- Maintenant, rendors-toi avant que je ne me réveille vraiment et que tu sois obligé de t’occuper de moi pour m’épuiser…
- Et… ta sœur, Cassie ? Réalisa soudain le jeune amoureux, pensant également au sort de ses autres compagnons.

Asami soupira cette fois.
- Ce n’est pas toujours aussi simple. Certaines choses peuvent s’arranger, d’autres pas. Et concernant Cass, m’y mêler n’y changera rien. C’est à Yoh d’agir et de se battre vraiment.
- Tu l’aimes vraiment, hein ?
- Hein ?! S’offusqua Asami, mécontent de voir combien son chaton pouvait le voir gay avec n’importe lequel de ses hommes. T’es jaloux de Yoh ? Se moqua-t-il.
- Ta sœur, baka ! Tu l’aimes vraiment, ta sœur !
- Tais-toi, maintenant, coupa-t-il court.
- Et si tu n’arrives pas à te rendormir, euh…

Asami releva un sourcil, étonné et hagard.
- Eh bien, quoi ?
- Arrête de croire que…, bégaya le chaton, mal à l’aise, que je me force avec toi et que j’aime pas ça…
- Oh.
- Te moque pas de moi ! Commença à crier ce dernier, gêné et rouge de voir le peu de réactions de son amant face à cette déclaration.
- J’attends de voir le jour où tu me sauteras dessus pour me dévorer, ricana le mafieux pour le rencarder comme il savait si bien le faire. Jusque-là, je pense que je peux dormir tranquille et n’être jamais réveillé…

Vexé, mais pas rancunier, le petit Uke se blottit dans les bras de son amant en chuchotant.
- J’ai jamais dit que je te sauterais dessus… J’ai juste dit que j’aimais le faire avec toi…
- D’accord, je prends ça comme une invitation, alors.
- J’ai dit seulement si t’arrivais pas à dormir ! Le repoussa Takaba, grognon.
- Eh bien, j’arrive plus à dormir, maintenant… Fais quelque chose…


Chapitre 16 : FIN !

*************

Asami sortit son portable et lut le texto qui lui était adressé :

« Venez, s’il vous plaît, elle se réveille. »

Un air mélancolique traversa son visage qui avait été serein encore une minute auparavant, avec ce petit corps reposant nonchalamment sur son torse.
Il ébouriffa les cheveux du petit Akihito qui émit un gémissement étouffé avant de se rouler en boule dans le lit.
« Je reviens bientôt », lui souffla-t-il, triste.

Alors, comme ça, il allait la lui laisser. Il allait la lui céder. Elle allait l’abandonner… Son choix était fait…

***************

Bibi se redressa d’un bond dans son lit. Elle sentit un poids lourd s’affaler dans son dos, sans comprendre de quoi il s’agissait au premier abord. Une seule chose la préoccupait : avec tout ce qu’il s’était passé ces dernières heures, elle en avait oublié le drame qui s’était abattu sur Baba et Cassie. Ainsi que l’autre petite vermine de Takaba pour qui elle s’inquiétait sans vouloir le montrer…
Pourquoi se sentait-elle apaisée alors même que des vies étaient en train de basculer ?
C’est un grognement étouffé qui la tira de ses pensées et elle regarda avec effarement une main serpentant agilement entre ses côtes pour remonter à sa poitrine.
- Qu… ?!

Cette main, caressante, mais ferme, semblait se croire tout permis et oscillait contre sa peau comme s’il s’agissait de sa propriété. Sur son sillon, une incroyable chaleur se propageait et elle n’eut pas le réflexe de la retirer violemment. C’est un gémissement grognon qui lui fit vraiment prendre conscience que cette main possédait un corps, et que ce corps se trouvait obligatoirement derrière elle, dans son lit…
Bibi se retourna vivement, tirant la couverture à elle, offusquée de tomber nez à nez avec un homme à ses côtés.
Lorsque Mookyul la transperça d’un regard alléché, tel le renard apercevant un met délicieux, le corbeau se mit à pousser un grand cri.
- Eh ben… Je t’en fais de l’effet, princesse… Ricana ce dernier, ravi de voir son expression décomposée.
- Mais… ! Je peux savoir ce que tu fais là… ? Rétorqua le volatile s’accrochant désespérément à son drap comme un bec à son fromage, et qui réalisait au fur et à mesure le pourquoi du comment.
- Bonjour à toi aussi… Continua-t-il à la caresser, en déposant un baiser à son bras, avant de remonter jusqu’à son cou pour mieux la chatouiller.
- Eh… Mais ! Tu…
- Je, quoi ? Grogna le renard affamé, et passablement irrité par ce comportement assez réfractaire à le nourrir. Ne me joue pas les effarouchées, par pitié. J’ai gagné la bataille hier, tu te souviens ? Alors, t’as pas intérêt à revenir là-dessus ! Aiguisa-t-il son regard sur sa proie qui tentait à nouveau de s’échapper.
- Hein ?! Non, mais, attends là !
- Et merde ! T’étais bien plus mignonne quand tu dormais toute recroquevillée dans mes bras en gémissant mon nom…

Il la vit rougir, prête à ruer dans les brancards, alors le chef coréen s’interposa.
- Écoute-moi bien. J’aime bien les jeux de rôle, mais y’a des limites, princesse. Je vais pas te courir après à chaque fois, ne serait-ce que pour avoir un câlin, non ? Tu as bien dit que tu m’aimais, tu vas pas revenir là-dessus, quand même ? Se durcit-il soudain.

Bibi se retourna, boudeuse, refusant de lui répondre quoi que ce soit. Il avait pas perdu sa langue pendant la nuit celui-là ! Maugréa-t-elle. Comme s’il l’avait gagnée à la loterie ! Pfff !
Eun continua ses baisers langoureux sans attendre de réponse, et lorsqu’il passa sa langue sur la peau fine et délicate de sa nuque, il comprit et se mit à sourire. Elle n’avait pas fait un seul geste pour le repousser…
L’accord était tacite, mais réel. Ténu, mais existant. Elle ne s’avouerait pas encore vaincue, pourtant elle le laissait pénétrer dans son intimité.
- J’ai faim… Murmura-t-il à travers ses caresses.
- J’espère que tu plaisantes ! Monsieur n’est pas entouré de ses serviteurs, au cas où il ne l’aurait pas remarqué ! Alors…
- J’ai faim de toi.

Le beau démon venait de se planter à quelques centimètres de son visage et dévorait ses lèvres du regard. Son envie était presque palpable et le cœur de Bibi s’affola. Les quelques secondes de réaction qu’elle perdit lui ouvrirent inconsciemment la voie et le renard rusé s’y engouffra aussitôt. L’oiseau cloué au sol ne chercha même pas à battre des ailes pour s’enfuir, et ne recula pas lorsqu’il empoigna sa nuque et la rapprocha de lui avec force pour sceller ses lèvres aux siennes.
Le contact de sa bouche contre sa chair fut si électrisant que Bibi crut que son cœur allait éclater. Il était exigeant et il la submergeait assez vite afin qu’elle ne puisse plus réfléchir. L’intellectualisation des femmes était leur pire ennemi : elles pensaient chaque chose, elles ruminaient chaque phrase, elles analysaient chaque mot, et elles perdaient ainsi la passion de l’instinct, le bonheur de la spontanéité et de l’écoute des sens.
Mookyul l’avait bien compris et il cherchait à empêcher toute tentative de raisonnement de sa part. Il désirait qu’elle le ressente, non pas qu’elle le rationalise. Certes, cela la rendait vulnérable et l’affolait durant les premières minutes, mais elle finissait par s’abandonner, une fois qu’elle réalisait qu’elle était en confiance. Que son corps était en confiance.
Ils s’étaient battus assez longtemps pour qu’elle finisse par accepter le fait qu’elle désirait son corps elle aussi, et qu’elle n’avait rien à craindre de lui. Pourtant, leurs batailles incessantes avaient eu l’effet pervers d’attiser la réaction de combat à chaque fois qu’ils se voyaient. Par réflexe, Bibi avait encore tendance à se rebiffer. Il lui fallait être bien plus présent, s’immiscer dans sa vie sans plus lui laisser le moindre vide ; il devait l’habituer à sa présence, l’apprivoiser, la familiariser à son odeur, son toucher, ses caresses, sa voix. La cerner, l’entourer et l’encercler afin qu’elle fasse de lui un être indispensable à sa vie.
Et ça, il s’y adonnerait avec plaisir…
- Eh bien, princesse, on ne se débat plus… Ronronna la bête, lorsqu’il eut plaqué sa proie sur le lit, se dressant au-dessus d’elle, sans quitter son corps d’une semelle.

Bibi lui décocha un regard meurtrier, mais, contre toute attente, elle n’eut pas un seul mouvement de recul. Mookyul afficha un visage surpris et leva les sourcils, dans l’incompréhension.
- C’est parce que c’est le seul moyen de fermer ta grande gueule… L’acheva-t-elle, le sourire en coin. Et puis, si jamais t’es toujours chaud, j’en ai un peu marre d’attendre que tu prennes des initiatives… Que tu sois ramolli du cerveau, j’ai l’habitude, mais que tu te ramollisses en bas, c’est une première…

Cela lui cloua le bec l’espace d’une seconde et Mookyul afficha un air atterré.
- Euh… Me serais-je trompé de personne, là ? Je ne suis pas chez Bibi, la furie hargneuse qui sort ses griffes dès qu’on l’approche… ? Lui caressa-t-il les tempes.
- Non… Vous êtes actuellement chez Bibi qui meurt d’envie d’être choyée et chouchoutée par un mafieux arrogant qui refuse de la satisfaire !
- Ah ouais ?
- Ouais ! Le défia-t-elle de ses yeux enivrants.
- Je croyais qu’il arriverait jamais le jour où tu me dévorerais du regard…
- Caresse-moi.

Bibi sursauta presque en le sentant se crisper contre elle, et fondre, gorge déployée sur son corps pour la faire vibrer. Instinctivement, elle agrippa ses larges épaules et ferma les yeux pour ressentir les frissons qui couraient sur sa peau à mesure qu’il la léchait, la caressait, tatouant la pression de ses mains sur sa chair frémissante.
- Je vais te briser si tu continues à me chercher sur ce terrain, ma princesse, haletait Mookyul en la sentant gémir et l’exciter comme jamais.

Cela faisait bien longtemps qu’elle ne s’était pas abandonnée de cette manière avec lui. Elle ne cherchait plus à parer les attaques, son corps s’ouvrait à lui sans forcer, il réagissait au moindre de ses contacts… Elle se donnait complètement, cherchant le plus de plaisir possible.
Le mafieux luttait, et c’était peu dire. Cette coquine lui léchait la clavicule avec délectation, cherchait sa bouche fiévreusement, gémissait son nom, cambrait ses reins pour sentir son érection contre elle et ondulait du bassin pour montrer son désir pressant.
Il haletait et tentait vainement de retrouver sa respiration et sa maîtrise de soi. Son corps capitulait presque. Le désir était trop violent. Elle le perturbait, elle le faisait frissonner, elle lui faisait perdre son sang froid. Ses muscles tressautaient à force de se maintenir au-dessus d’elle et de la soutenir contre lui.
La chatte ronronnante n’avait plus aucune limite. Il faiblissait face à elle.
- Princesse… Sois gentille, s’il te plaît…
- Je t’aime…

Mookyul s’étrangla tout en se figeant. L’afflux de sang s’était précipité entre ses jambes, le gonflant d’une urgence à peine contrôlable. Les mains presque tremblantes, il écarta les jambes de cette Muse qui le perdait et la pénétra afin de soulager la souffrance et le manque de ne pas être en elle. Il s’enfonça en elle lentement, en savourant cette pression exercée autour de son sexe qui retrouvait enfin la chaleur de son cocon.
Bibi se cambra instinctivement, poussant un cri qui finit en une plainte délicieusement sexy. Bien trop sexy… Mookyul la dévisagea à son insu, alors qu’elle fermait les yeux, sous l’intensité du plaisir qui la traversait en l’accueillant en elle.
Sa peau avait rosi par endroits, elle dégageait une douce odeur sucrée qui faisait palpiter son odorat de prédateur, et par-dessus tout, l’état d’abandon dans lequel elle se trouvait lui donnait des frissons. C’était carrément un appel au viol. Et il avait le sentiment qu’elle exigeait bien plus de lui qu’il ne l’aurait cru.
Jusque ici, il avait toujours su la dominer parce qu’elle jouait à la rébellion constamment. Mais, là, il n’avait aucune emprise puisqu’elle se soumettait à lui… Du coup, il devait se surpasser parce qu’elle attendait beaucoup de lui…
C’est lorsque le regard vert électrisant de la sulfureuse se planta fiévreusement dans son iris troublé de désir qu’il grogna. Elle l’aguichait, ma parole !
- Gnn… Sursauta-t-il, lorsque le volatile transformé en rapace, glissa ses longues griffes le long de son torse pour enserrer son sexe à la base, alors qu’il commençait ses va-et-vient.
- S’il te plaît… Plus…

Le mafieux se contracta à la demande. Bibi ne jouait pas. Il comprit que cela ne lui suffisait pas. Contrairement à toutes leurs autres fois, il n’y avait pas l’excitation du combat ni des corps qui s’échauffent en se refusant l’un à l’autre et qui trouvent dans la simple pénétration un achèvement ultime de leur passion.
Cette femme qui semblait attendre une nouvelle passion qui ne venait pas, était en manque. Il ne pourrait pas satisfaire ce corps habitué à la possession dévorante uniquement en la prenant.
Elle avait besoin qu’il lui prouve toute l’intensité de son désir, elle avait besoin d’un homme capable de tout lui donner et de tout prendre d’elle. Il fallait qu’elle se sente happée, possédée, dévorée, attaquée comme une forteresse dans laquelle on s’introduit par désir de se l’accaparer.
Alors que cette déesse amazone se redressait pour épouser son corps, exigeante et impétueuse, et qu’elle goûtait ses lèvres comme un vampire se préparant au festin d’une jugulaire palpitante, Mookyul durcit son regard.
Il ne perdrait pas contre elle.
Il ne la perdrait pas.
Il allait sceller cette déesse pour qu’elle ne fasse plus qu’un avec lui.
Elle cherchait désespérément ce lien indéfectible entre le pouvoir et son sceau.
Elle voulait qu’il soit cette incantation à qui elle obéirait.
Elle ne cherchait pas un maître, mais quelqu’un qui la désirerait assez ardemment pour en faire son exclusivité. Elle voulait quelqu’un de fort mentalement, qui ne plierait pas et qui irait jusqu’au bout des choses.
Il avait failli se faire avoir…
Mookyul esquissa un petit sourire, reprenant le contrôle. Cette diablesse, affublée de cette fausse fragilité qu’elle arborait inconsciemment, ne désirait pas un homme à ses pieds et ronronnant sexuellement. S’il y avait bien un endroit où elle n’était pas faible, c’était entre les draps… Et il venait de le comprendre… Dans la vie de tous les jours, il la protègerait, mais dans l’intimité, dans ce lieu où elle était pleinement en confiance, il faudrait la submerger.
- Eh… Tu crois peut-être que tu vas pouvoir prendre la main ? La targua-t-il, avec cet air légèrement sardonique.
- Co… Comment ? S’étonna Bibi, qui n’avait même pas conscience du visage si profondément érotique qu’elle arborait en face de son mafieux d’amant.
- J’ai dit, c’est moi qui prends les commandes !

Sur ce, il s’empara de ses mains et les plaqua violemment au-dessus de sa tête en épousant son corps qu’il venait de repousser contre le lit.
Bibi accusa le coup, mais ne protesta pas. Il y avait dans cet échange, une intense passion amoureuse qui courait entre leurs corps. Par contre, quelque chose venait de changer dans le regard de son ténébreux Coréen qu’elle ne comprit pas.
Depuis tout à l’heure, elle était plutôt obéissante et docile, mais il semblait mécontent de quelque chose et possédait cette lueur de défi qu’elle connaissait bien. Pourtant, elle n’avait rien fait pour mériter ça…
- Hé ! Protesta-t-elle, en le voyant habilement la rouler sous lui pour la coucher sur le ventre et prendre position contre sa cambrure tremblante.
- C’est pas la peine de protester, princesse… Je ne te veux que du bien… Mais, à ma manière… Alors, laisse-toi faire… Et apprécie… Si tu te débats, tu vas te faire mal, alors, ajuste-toi simplement à mes mouvements et à ce que je te fais…
- Moo… Tenta-t-elle, légèrement crispée par ces phrases porteuses d’inconnu, gigotant sous le poids de l’homme qui se faisait un peu trop présent contre elle.
- Détends-toi et ressens…

Bibi fut traversée par un éclair d’appréhension. Et si elle ne connaissait pas vraiment le véritable caractère de ce mâle vivant dans l’ombre ? Et si, jusqu’à présent, il avait dissimulé les facettes sombres de sa personnalité ? Il n’agissait pas comme d’habitude… Des frissons remontèrent le long de son dos à cette idée. Il était chef de la mafia quand même, et ce n’est pas une femme comme elle qui allait pouvoir l’impressionner… Dieu sait ce qu’il était capable de faire… Dieu sait quelles sortes de fantasmes bizarres il pouvait avoir… Dans ce milieu-là, il avait dû connaître bon nombre de femmes plus perverses et avides de pouvoir les unes que les autres… Il devait certainement avoir expérimenté les trucs les plus tordus…
Et sa liaison avec lui s’était faite loin du monde des yakuza… Alors, allait-il se révéler maintenant ?
Bibi crispa les draps dans ses paumes, guettant les mouvements de l’homme dont elle commençait à douter.
- Écarte un peu les jambes, princesse et soulève tes hanches… Lui murmura-t-il dans le cou, en rehaussant légèrement son bassin d’une main.
- Qu’est-ce que tu vas faire… S’interrompit Bibi, voyant qu’Eun avait redoublé de force pour maintenir ses poignets immobiles. Hé…

Elle sursauta à la caresse d’une étoffe contre son bras, et, happée par l’interrogation, elle ne comprit que trop tard ce qui était en train de se passer. Si la sensation ordinaire de la soie l’avait chatouillée, elle lui avait fait perdre de précieuses minutes de clairvoyance. Car ce morceau de tissu était une cravate, que cette cravate lui était destinée, et que Mookyul n’envisageait apparemment pas de la lui glisser autour du cou…
- Eun… commença-t-elle à supplier en le voyant lui nouer fermement les mains.
- J’ai dit « laisse-toi faire » il me semble, alors, cesse de gigoter… Détends-toi…
- S’il te plaît… Tenta-t-elle d’une voix faussement apeurée, pour voir s’il lâcherait prise au cas où elle n’appréciait pas.
- Je ne m’arrêterai pas…

Bibi suffoqua à ce murmure rauque contre sa nuque. Il était déterminé. Mais à quoi… ? Lentement, le mafieux passa une main apaisante sur son visage, glissa ses doigts tout contre ses lèvres et finit par poser sa paume sur ses yeux pour les lui faire fermer.
Elle tressaillit à ce geste qui lui masquait la vue et la rendait vulnérable. Attachée, dans une position des plus soumise, incapable de voir ce qui allait se passer, son corps se raidit intensément.
- Eun… Je t’en prie… Implora-t-elle, tremblante en le sentant s’arc-bouter contre elle.
- Je veux que tu ressentes tout ce que je vais te donner… Et plus tu vas paniquer, plus tu vas m’exciter, alors, si tu veux que je sois gentil, sois obéissante…
- Ahh ! Se mit à crier Bibi malgré elle, lorsque le doigt de Mookyul vint caresser sa fente humide, alors qu’elle ne s’y attendait pas.
- Tu vois… Ça décuple tes sens… Un simple de mes doigts te tord déjà de plaisir… Que c’est mignon… Se moqua gentiment le fauve, ravi de l’effet que sa stratégie lui faisait.

Avant qu’elle n’ait eu le temps de protester, il lui lécha l’arrière de l’épaule d’une langue avide, ce qui provoqua un frisson sur toute son échine. Bibi luttait contre les assauts qui venaient de toute part sans qu’elle ne puisse les appréhender.
- Redresse-toi…

Bibi suivit un temps le mouvement qu’il lui imposait avant de se rendre compte que ses avant-bras reposait sur le matelas, tandis qu’elle offrait généreusement la courbe de ses fesses à sa vue… Un sentiment de honte l’envahit soudain et elle tenta de se rebiffer, gênée d’être ainsi offerte.
- Quoi ? Tu n’as pas confiance en moi ? La retint la voix rauque de son ténébreux, qui se faisait incroyablement sexy pour l’apaiser. Tu n’as pas envie de me faire plaisir ?
- Haa… Se mit-elle à gémir, lorsqu’elle sentit la chair de ce dernier s’imposer entre ses jambes écartées.

La crinière déployée autour de son visage, les mèches lui chatouillant le front, Bibi appréhenda la pénétration et s’était crispée aux draps, de ses mains nouées, haletant.
- Je ne ferai rien que tu ne veuilles pas… La berça-t-il en épousant son dos et en venant totalement la recouvrir de son corps, sans la pénétrer.
- Haa…

Toutes les sensations envahissaient la douce créature qui ne pliait pas sous le poids de son mâle chaud contre sa peau. Elle frissonnait de le sentir contre lui, de sentir son odeur, d’entendre sa voix. Elle suffoquait de désir. Elle gémissait d’attente, et cela la foudroya.
Bibi se rendit compte qu’il ne ferait rien si elle ne l’exigeait pas.
Elle eut peur.
Peur de voir qu’elle n’avait plus aucune limite avec lui.
Elle voulait le supplier de venir en elle…
Cela la glaça et la raison commença à refaire surface, gommant par là même les affres de la passion qui la dévoraient, il y a un instant.
Elle avait tellement envie de lui, tellement envie de le sentir au plus profond d’elle, qu’elle en souffrait presque. Elle le désirait tellement…
Mookyul n’arrêtait pas de la torturer de ses douces caresses sur sa chair brûlée d’excitation. Il embrassait, léchait, mordillait tout en lui enserrant les mains, possessif. Il la couvrait et la couvait comme on choie ce qui nous fascine, et Bibi commença à perdre pied, malgré ses longues secondes d’attente.
C’est sa voix qui fit tout basculer :
- Dis-le moi, princesse… Dis-le que tu me veux en toi…
- Eun… Eun… Chancela-t-elle, posant lentement la tête contre leurs mains enchevêtrées.
- Dis-moi, princesse, dis-moi…
- Haa… S’il te plaît… Je t’en prie…
- Je te veux tellement, ma princesse… Est-ce que tu le ressens ? Est-ce que tu sens tout le désir que j’ai pour toi ? L’accula-t-il.
- Je t’en supplie, Eun… Commença-t-elle à capituler en embrassant le dos de ses mains qui tenaient les siennes, ne sachant plus comment se contenir, lapant cette chair qu’elle voulait au plus profond d’elle-même.
- Je t’aime, Bibi…
- Haaa… Gémit cette dernière dans une plainte affolée. Je t’en supplie, viens en moi… Viens en moi, je t’en prie, commença-t-elle à pleurer, sans même s’en rendre compte.

L’invasion tant attendue brisa toute les barrières de sa conscience et les fit voler en éclat. Son sexe chaud venait de se glisser en elle, comme la dernière pièce d’un puzzle, comme si le vide était enfin comblé, comme si son corps était enfin complet.
C’était la première fois qu’elle pleurait de bonheur ; cette sensation douce-amère jusqu’alors inconnue l’envahit tout entière avec fièvre. C’était bon d’avoir honte… Voilà la vérité, pensait Bibi, chavirée par la lente pression qu’exerçait Mookyul au fur et à mesure qu’il progressait dans son fourreau.
- Eun… Encore… Je t’en prie… Gémissait-elle, à l’agonie.
- Ne te précipite pas, princesse… Savoure…
- Non… Je veux plus… Je veux plus de toi… S’il te plaît…

Le mafieux contemplait cette femme si sexy se cambrer et se tortiller afin de le sentir plus profondément en elle, tentant des mouvements de bassin pour acquérir son but. Il la mordit fortement dans le cou pour calmer ses ardeurs et les siennes par la même occasion.
Il avait vu juste…
Celle qui l’implorait et l’exigeait avec force était la vraie Bibi. Celle qui n’avait pas besoin de tendresse, mais de passion. Celle qui n’aurait aucune limite dans son amour, celle qui s’offrait corps et âme, cœur et chair, esprit et p