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PostPosted: Sun 6 Feb - 18:43 (2011)    Post subject: 1er fiction Reply with quote

Chapitre 1:

Le jeune homme regardait sa montre pour la centième fois au moins depuis que l’heure du rendez-vous fût passé, soit déjà une bonne heure.
Pour s’occuper, il joua avec la petite cuillère de son café. Il la tapotait contre la tasse, rapidement ce passe-temps l’énerva et il se stoppa pour jeter un nouveau coup d’œil à sa montre.
Il se mit à maudire celui qu’il attendait impatiemment. Pourtant, lorsqu’il avait donné ce rendez vous, il avait fait en sorte de connaitre le planning de l’écrivain Tenki Otomo. L’horaire du jeudi midi convenait parfaitement.
Il était encore plus stressé que d’habitude. C’était son premier gros interview. S’il s’en sortait bien, il pourrait enfin dire adieu aux articles de la rubrique cuisine et peut-être dire bonjour à la une.
Personne ne voulait interviewer l’écrivain. Il était connu pour être un homme désagréable et agressif.
A la rédaction, on en avait aussi peur que le diable. Cependant il venait de remporter le prix Akutagawa et faisait déjà la couverture de tout les magasines. Il était donc normal que le « Naoi journal » fasse également un article. Comme personne ne se portait volontaire, Zenko avait vu l’occasion de prouver ses talents aux autres journalistes.
Zenko contempla son portrait dans la vitre du café où l’écrivain devait venir le rejoindre. Il se trouva fatigué. Il avait passé la nuit à se disputer avec sa petite amie, son ex petite amie d’ailleurs. Il avait apprit qu’elle le trompait avec un de ses collègues à elle depuis quelques déjà mois. Hier soir, elle avait fait ses bagages sans montrer une once de regret ou de culpabilité. Devant cette trahison, Zenko se sentait minable, il aurait du passer plus de temps avec elle, au lieu de courir d’article en article pour atteindre le but qu’il s’était fixé : devenir un grand journaliste. Il devait s’efforcer d’arrêter de penser à celle qui avait partagé sa vie durant trois ans pour pouvoir se concentrer sur l’opportunité que lui offrait ce rendez-vous.
Ses yeux verts quittèrent la vitre pour se concentrer sur la porte d’entré du café. Toujours pas de trace de Tenki Otomo. Zenko hesista à appeler son rédacteur, peut-être avait-il averti le journal d’un empêchement de dernière minute ?
Il sortit son portable et composa le numéro de son supérieur. Trois sonneries retentirent avant qu’il ne décroche :
-Naoi journal, Yoshi à l’appareil ?
-C’est Zenko, Otomo n’est toujours pas là, tu n’aurais pas des nouvelles par hasard ?
-Il n’est pas encore là ? Ce fichu gamin n’est jamais à l’heure ! Tu veux que j’appelle sa maison d’édition ? Il n’a pas de portable, on peut le joindre que là bas.
-Tu peux faire ça pour moi ? Ça m’arrangerait.
-Je te recontacte.
Zenko patienta encore une vingtaine de minute avant que son téléphone sonne.

-La maison d’édition n’a pas de nouvelle non plus, ils m’ont donné son adresse personnelle, tu peux y aller ?
-Où est-ce ?
Son rédacteur lui communiqua l’adresse, il devait prendre un taxi pour s’y rendre. Ne voulant pas renoncer si facilement, Zenko accepta l’idée de se déplacer même si cela ne lui plaisait guère.

La voiture le déposa devant un manoir. Il vérifia l’adresse et haussa les épaules. Cela ne l’étonnait guère. Pour lui, les écrivains habitaient toujours des manoirs à l’allure peu sympathique.
Il sonna, une fois, deux fois, trois fois. Il allait renoncer quand le portail s’ouvrit. Il n’y avait aucune trace humaine sur le chemin qui menait à la porte d’entrée.
Zenko commença à se demander ce qu’il faisait là quand un homme âgé vient lui souhaiter la bienvenue chez Tenki Otomo. Le majordome lui prit son manteau et lui indiqua une pièce à gauche dans l’immense hall où avait atterri Zenko. Le maitre de maison descendrait bientôt.
La patience de Zenko fut mise à rude épreuve une nouvelle fois. Il était entrain d’examiner avec attention un jeu de Shogi ancien dans le salon quand un bruit derrière lui le fit sursauter.
Il se retourna brusquement, et enfin se tenait devant lui Tenki Otomo.
L’homme n’était pas plus âgé que lui, c'est-à-dire une vingtaine d’année. Grand, svelte, il en imposait. Zenko se surprit à le trouver…beau. Ses cheveux bruns foncés ébouriffés lui retombaient sur des yeux chocolat qui fixaient Zenko avec une expression glaciale.
-Je suis Zenko Sagara. Nous avions rendez vous à midi et il est quatorze heure … dit Zenko en s’inclinant pour le saluer.
-Qui t’a laissé entrer ? demanda Otomo en s’avançant, sans saluer Zenko.
-Le majordome ?
-Tu es journaliste c’est ça ?
-Oui Otomo-sama.
-Tu n’es pas trop jeune ?
-Non, je ne crois pas.
Otomo s’assit sur le large canapé blanc qui trônait dans le salon. Il sortit de sa poche un paquet de cigarette. Il en sortit une et l’alluma, sans prêter attention à Zenko qui, mal à l’aise, ne savait plus quoi dire.
-Qu’est ce que tu attends ? siffla Otomo en recrachant sa fumée.
Zenko, sursauta une nouvelle fois. Il chercha autour de lui une chaise pour s’installer. Ceci fait, il sortit de son sac un magnétophone et un calepin avec les différentes questions qu’il avait prévu.
L’interview s’avéra compliqué, Otomo répondait succinctement, quand Zenko demandait un développement sur une des réponses l’écrivain se fermait et indiquait d’un signe de la main qu’il ne répondrait pas. Il était, comme l’avait décrit les collègues de Zenko, désagréable.
Le jeune journaliste se demanda comment un homme comme lui pouvait avoir écrit quelque chose d’aussi magique que le texte qui avait gagné le prix littéraire.
Zenko coupa le magnétophone lorsqu’Otomo qui indiqua qu’il ne répondrait plus à rien. Le cendrier débordait de mégots sur la table basse.
-Je vous remercie, fit Zenko en s’inclinant de nouveau devant Otomo qui restait toujours aussi froid.
Le jeune journaliste s’apprêtait à faire demi-tour quand Otomo décida de se lever et de rejoindre Zenko. Il se planta devant lui et le dominait de toute sa taille.
-Pas si vite, ce n’est pas gratuit, tu viens de me faire perdre un temps précieux.
-Comment ça ? bégaya Zenko.
-J’ai besoin de retrouver des forces et de vider mon esprit et tu feras très bien l’affaire.
Zenko recula devant Otomo, cependant, son pied heurta le jeu de shogi. Les pièces volèrent dans la pièce et retombèrent au sol en grand fracas.
-Veuillez m’excuser… balbutia Zenko en se baissant pour ramasser les pièces.
Otomo lui attrapa le bras avant qu’il n’ait pu prendre une pièce.
-Hey ! s’écria Zenko en se relevant brusquement.
-Silence, fit Otomo en attrapant de son autre main le cou du jeune journaliste.
Il plaqua sa bouche contre celle de Zenko, celui-ci, surprit, mit du temps à réagir. Se rendant compte de ce qu’il était en train de vivre, il fit un bond en arrière.
- ça ne va pas non ?! Dégueulasse ! Je ne suis pas de ce bord !
Le jeune journaliste attrapa son sac et partit en courant.
L’écrivain se mit à sourire et murmura entre ses lèvres « Pas de ce bord hein ?! On verra ça »


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PostPosted: Sun 6 Feb - 18:43 (2011)    Post subject: Publicité

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PostPosted: Sun 6 Feb - 18:44 (2011)    Post subject: 1er fiction Reply with quote

Chapitre 2:

Les tremblements qui parcouraient le corps de Zenko ne cessèrent que lorsqu’il rentra chez lui et qu’il se lava les dents. Comment un homme pouvait –il mettre sa langue dans la bouche d’un autre homme ? C’était sale, interdit.
Il sortit de son sac le magnétophone, il devait taper sur l’ordinateur les réponses et en faire un article. Ce n’était pas urgent. Zenko regarda autour de lui, assit dans le fauteuil beige du salon, il cherchait une dernière preuve que Yumi avait habité ici. Elle n’avait rien laissé d’elle.
Les êtres humains peuvent partager la plus grande intimité et tout faire disparaitre du jour au lendemain. A quoi cela servait –il alors de s’impliquer dans une relation qui finira bien par cesser un jour ? Les souvenirs matériels disparaissent, pas la douleur. Elle, elle s’ancrait dans le cœur et ne semblait ne pas vouloir être délogé.

Zenki soupira et se fit du thé. Il régnait un silence oppressant dans l’appartement. Il n’avait plus l’habitude de vivre seul. Yumi parlait toujours beaucoup. Ils s’étaient rencontré à la fac et avaient emménagé ensemble après la fin de leurs études. Elle était son premier amour.
Et elle était partit.
Il devait se rendre à l’évidence. Elle ne reviendra jamais.
Et un homme l’avait embrassé.
Il rougit à cette pensée, secoua la tête et attrapa sa tasse de thé. Zenko se posa devant la télévision. Il s’endormit très peu de temps après.
Deux semaines plus tard.
Zenko entra dans l’immeuble qui abritait les locaux du journal. Il monta les escaliers d’un air calme. Finalement, le célibat lui allait très bien. Il occupait ses soirées en compagnie de jeunes femmes qu’il rencontrait dans des clubs. Il ne s’était jamais aussi bien amusé de sa vie. De plus, l’article qu’il avait rédigé sur Tenki Otomo lui avait valu les félicitations de toute la rédaction. Il n’avait rien dit sur la fin de l’interview, tous croyait qu’il avait réussi à amadouer le très célèbre Tenki Otomo, dit « le Satan aux beaux yeux » tant il effrayait les autres journalistes.
Zenko aurait pu avouer qu’il n’y était pour rien, si on ne lui avait pas offert le poste de la rubrique culture. Ce n’était pas encore la une, mais il ne l’avait jamais senti aussi proche.
Il n’avait donc aucune raison de se soucier de son avenir.
Il s’installa comme d’habitude, accrocha sa veste sur le porte manteau blanc, derrière le grand bureau qu’il occupait maintenant. Il se demanda s’il prenait un café maintenant ou s’il attendait dix heures. Il opta pour la première option. Lorsque le gobelet de café fumant fut posé sur une pile de livres le chef de Zenko fit son apparition.
-Bonjour Zenko.
-Bonjour chef, je suis prêt pour une nouvelle journée !
-J’espère bien, je viens de recevoir un coup de fil de la maison d’édition de Tenki Otomo…
-Que ce passe t-il ?
-Apparemment, il dit qu’il n’est pas satisfait de l’article et qu’il voudrait que le jeune « branleur » de « soit disant » journaliste vienne lui présenter des excuses.
Le visage de Zenko se décomposa de stupeur.
-Quoi ?
-Tu a intérêt à y aller rapidement ! Sinon je te fou aux chiens écrasés !
-Je ne comprends pas, balbutia Zenko, oui d’accord chef. J’y vais tout de suite.
Il attrapa sa veste si rapidement qu’il renversa son café sur lui. Le liquide le brula et il laissa échapper un juron.
-Putain…Désolé chef, je me dépêche.
Il ne chercha pas à essuyer le café. Il enfila sa veste par-dessus et sortit en trombe du bureau.
Il stoppa un taxi et monta dedans. Zenko put enfin réfléchir à la situation. C’était un piège, il le savait parfaitement. Mais que lui voulait donc Tenki Otomo ?
Le véhicule l’arrêta bien trop tôt à son gout devant l’ancienne demeure.
Avant de sonner, il prit le temps de constater les dégâts de sa maladresse sur sa chemise blanche, évidement. L’odeur du café lui piquait le nez. Il referma bien sa veste autour de lui et pria pour qu’Otomo ne constate rien.
La porte s’ouvrit tout aussi rapidement que le premier jour, sa nervosité le rendait impatient, impatient d’en finir et de fuir le plus loin possible de ce type.
Comme la précédente fois, le majordome lui indiqua le salon. Il tint à garder son manteau, prétextant le fait qu’il ne resterait pas longtemps.
Le jeu de Shogi avait été remit en place. Il ne s’en approcha pas, préférant s’assoir sur le canapé blanc.
L’arrivée de Tenki Otomo se fit également pareil. Elle s’imposa dans l’entrée de la pièce. Toute sa personnalité de cet homme pesait sur les épaules de Zenko à sa simple vue.
Zenko se leva prestement, et s’inclina.
-Veuillez m’excuser pour l’article Otomo-sama.
Il attendit une réponse, en n’entendant pas il amorça un geste vers la sortie.
-Assied toi, ordonna la voix froid d’Otomo.
Il obéit sans réfléchir.
L’écrivain s’approcha, il écrasa sa cigarette dans le cendrier et s’assit à coté de Zenko. Ce dernier tressaillit mais ne dit rien.
-Je n’en ai rien à foutre de tes excuses, je veux être payé.
-Mais…

-Silence.
Il attrapa les bras qui venaient de se lever pour se protéger. Il les tordit et les passa au dessus de la tête de Zenko.
De son autre main, Otomo défit la ceinture de la veste qui libera une chemise taché et qui exhalait une forte odeur de café.
L’écrivain ne s’ennuya pas à défaire les boutons, il déchira la chemise, désormais réellement foutu.
Il sentait sous son corps musclé, le pauvre Zenko se débattre de toute sa force.
-Lachez moi ! Laissez –moi ! A l’aide.
Il le fit taire en l’embrassant, lui déchirant la lèvre au passage. L’échange furieux avait un gout de sang.
Otomo se sépara de ses lèvres pour lui permettre de reprendre son souffle. Il haletait bruyamment.
L’écrivain lui mordit l’oreille et traça un sillon avec sa langue de celle-ci au milieu de son torse.
-Tu as un bon goût de café, susurra Otomo.
Il emprisonna un téton de Zenko entre ses dents et tira dessus, arrachant un gémissement.
Otomo descendit sa langue encore plus bas. Il détacha les poignets de Zenko pour avoir ses deux mains de libres. Les bras du jeune journaliste retombèrent mollement autour de sa tête. Il lui retira le pantalon et le boxer en deux mouvements rapides et rodés.
Le sexe de Zenko libéré, il s’en empara avidement.
-Ne faites pas ça c’est sale, s’écria Zenko en un brusque moment de lucidité entre deux vagues de plaisir coupable.
Il oublia bien vite ce qu’il venait de dire quand le crispement de tout son corps lui coupa le souffle. Il se libéra en un sursaut dans la bouche de son tortionnaire.
Ce dernier se releva et se lécha les lèvres, il fondit de nouveau sur la bouche du jeune journaliste.
Ses mains remontèrent les cuisses de Zenko et écartèrent ses jambes. Il le força à sucer ses doigts. Il glissa sa main dans la fente intime et introduisit un premier doigt. Les cuisses se contractèrent automatiques sur sa main.
-Pas ça ! s’exclama Zenko.
-Ne t’inquiète pas, je vais bien te préparer. J’ai du temps devant moi.
Il fit bouger sa main lentement, étouffant les plaintes du journaliste avec sa langue.
Otomo introduit un second doigt.
Zenko tremblait de plus en plus sous lui, il appuya son poids plus fort pour le maintenir calme.
Il libéra ses mains et défit sa ceinture pour en sortir son sexe. D’un mouvement brusque, il le pénétra.
Un cri plus fort que les autres sortit de la bouche de Zenko. Il se ruait sous Otomo, l’écrivain lui attrapa le cou pour le tenir en place sur le canapé, de l’autre il détenait ses mains contre son torse.

Les mouvements de plus en plus rapides d’Otomo faisaient bouger le canapé de place, provoquant un bruit sonore.
Les gémissements de douleur s’étaient transformés en râle de plaisir.
Ils sentirent leurs corps se tendre à l’extrême, puis, dans un dernier violent coup de rein, tout se délita.
Le corps de Zenko s’affaissa dans le canapé. Otomo garda toute sa maitrise et se releva, se retirant du corps tremblant et transpirant du jeune journaliste, il se rassit à coté de lui.
Il alluma une cigarette, ne prêtant aucune attention à Zenko qui peinait pour reprendre son souffle, mais surtout ses esprits.
Il tira plusieurs fois dessus et recracha sa fumée en fixant droit devant lui, déjà perdu dans ses pensées. Il attendit que Zenko remettes son pantalon pour réagir et sans tenir compte des insultes qui lui pleuvaient dessus, il lâcha :
-Pas de ce bord alors ?


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PostPosted: Sun 6 Feb - 18:45 (2011)    Post subject: 1er fiction Reply with quote

Chap 3:

-Je peux te prêter une chemise, dit Otomo en levant la tête vers Zenko qui ramassait ce qu’il restait de la sienne.
-ça ira, lança t-il furieux. Il mit sa veste et quitta rapidement le manoir.
Il se fit porter malade pour le reste de la journée, blottit sous sa couette après s’être lavé minutieusement, il avait appelé son travail pour leur dire qu’il avait bien été s’excuser auprès de Tenki Otomo.
Il resta toute la journée sous sa couverture, les yeux fermés pour essayer de se calmer. Les images tournaient sans cesse dans sa tête sans qu’il ne parvienne à les oublier. Il soupira et se tourna sur le dos, il leva son visage vers le plafond.
Il venait d’être la victime d’un viol, ce qu’il lui posait encore plus de problème, c’est qu’il avait aimé ça. Ce plaisir, mélangé à la douleur…il passa son doigt sur sa lèvre gonflée en se remémorant ce qu’il avait ressenti à ce moment là. Il rougit et étouffa un gémissement de désespoir.
Une semaine passa sans qu’il n’arrive à oublier les sensations que lui avait procurées Otomo. Il se posait de plus en plus de questions.
C’est pourquoi il décida un soir d’appeler une connaissance. Il avait rencontré la jeune femme dans un club. Elle l’avait invité à boire un verre chez elle et ils avaient fini dans le lit de cette dernière. Il ne connaissait pas grand-chose d’elle, sauf peut-être qu’elle était extrêmement séduisante et que sa peau sentait la vanille.
Il lui donna rendez vous dans un café prés de chez lui. Elle le retrouva une heure plus tard. Zenko fût soulagé de la voir arriver à l’heure.
-Bonsoir Jun.
-Bonsoir Zenko, rien de grave j’espère ? J’ai été très surprise de ton coup de fil.
-Non, tout va bien, et toi ? Je me suis dit qu’on pourrait boire un verre ensemble et discuter…
Elle lui fit un grand sourire, devinant le fond de sa pensée. Elle murmura :
-ça me va.
Dans la chambre de Zenko, l’unique lumière provenait d’une lampe fluorescente rouge posé sur la table de chevet. Les deux corps sur le lit enchainaient les positions violentes jusqu’à ce qu’ils s’écroulent l’un sur l’autre en gémissant. Zenko avait toujours son visage dans le creux du cou de Jun quand une pensée lui traversa l’esprit. Qu’elle sensation cela faisait-il d’entrer dans la plus grande intimité d’une autre personne ? Il repensa à la douleur qu’il avait ressentit quand Otomo avait forcé l’accès de son corps. Il releva la tête et regarda Jun, accepterait-elle qu’il lui fasse ça ?
-Tu veux recommencer ? susurra t-elle dans son oreille.
-Quoi ? demanda t-il, surprit d’être ainsi tiré de ses pensées.
-Tu es dur…

Il constata qu’elle ne mentait pas, était-ce ses pensées qu’il l’avait mit dans cet état ? Il ne pouvait se le nier.
Il lui refit l’amour, n’osant pas lui demander de souffrir comme lui avait souffert avec Otomo. Il se sépara de Jun le lendemain matin, elle lui dit de la rappeler quand il le désirait.
Zenko constata qu’il aimait toujours faire l’amour à une femme mais également qu’il lui manquait quelque chose. Il n’était pas parvenu au même degré de plaisir avec Jun que celui qu’il avait eu avec Otomo.
Cette pensée le tracassa beaucoup, il chercha un moyen de se satisfaire. Pour cela, il se résout à faire ce qu’il n’avait jamais fait avant. Son physique lui avait toujours permit d’avoir tout un tas de femmes. Cependant, il avait beau réfléchir, il ne pouvait se résoudre à demander ce qu’il voulait à une fille qu’il connaissait.
Il repéra la prostituée qu’il lui fallait quand elle tourna tête dans sa direction. Jolie mais pas belle, elle ne faisait pas trop tape à l’œil. De plus, elle avait l’air « fraiche » par rapport aux autres déchets qui se vendaient sur les trottoirs.
Il l’aborda, lui demanda timidement ce qu’elle faisait. Elle le regarda bien dans les yeux quand elle lui répondit que tant qu’il avait de l’argent…
Zenko l’emmena dans un « love hôtel ». Le bâtiment était discret, propre et surtout très loin du centre-ville. Il ne risquait pas de croiser quelqu’un qui pourrait le reconnaitre, ce qui le rassurait beaucoup.
Il paya cher pour quelque chose qu’il n’aima pas. Bien sur, les sensations qu’il vécu étaient différentes, peut-être meilleur que ce qu’il avait déjà connu avec une femme (et de façon « normal ») mais ce n’était toujours rien comparé à l’orgasme qu’il avait eu avec Otomo.
Il sortit de l’ascenseur en compagnie de la prostituée, quand une ombre au sol le fit relever la tête. Ses yeux se plantèrent dans ceux d’Otomo. Il sursauta et ne put quitter le regard assassin de l’écrivain.
Otomo ne le salua pas, il passa devant lui sans rien dire, jetant à peine un regard à la prostituée. L’homme qui l’accompagnait était jeune, bien plus jeune que l’écrivain. Il n’était pas très différent physiquement de Zenko avec ses cheveux châtains foncés et ses yeux verts, mais il avait l’air assurément terrifié.
Le journaliste ne dit rien, qu’aurait –il pu faire ici en compagnie d’une prostituée qui partirait en courant au premier problème visible de toute façon ?

Il s’étira et bailla, cachant sa bouche avec son poing fermé. Il venait de finir de rédiger un article sur une exposition et il en était assez fier. Le téléphone sonna devant lui et il l’attrapa avec entrain.
-Oui ?
-C’est Yu, viens me voir immédiatement.
En une demi-seconde il se retrouva dans le bureau de son supérieur. Un homme d’âge moyen, à la carrure impressionnante était présent.
Son chef releva la tête quand Zenko entra en frappant.
-On t’attendait. Je te présente Tadao Chisuka, c’est l’éditeur de Tenki Otomo.
-Enchanté, répondit Zenko, méfiant.
-Enchanté également, je suis venu pour vous annoncez que Tenki Otomo a accepté l’idée d’un reportage sur lui.
Zenko sentit comme un coup de vent glacial.
-Quoi ?
Son rédacteur prit la parole.
-ça fait longtemps que les journalistes veulent faire un grand reportage sur lui, le montrer comme il est jour après jour. Tu sais très bien qu’il existe un grand mystère sur sa personne et que beaucoup donnerait cher pour le connaitre un peu mieux. Apparemment, cette fois ci il est d’accord. Il a spécifié qu’il n’accepterait que s’il s’agissait de toi… C’est une très grosse opportunité pour nous, on pourrait faire un hors série sur Otomo…
-Mais je ne veux pas le faire ! s’écria Zenko, qui sentait déjà le drame arriver.
-Tu n’as pas vraiment le choix, siffla son supérieur, devenu beaucoup moins aimable d’un coup.
-J’ai le droit d’y réfléchir ?
-Pas vraiment, sauf si tu tiens à être au chômage…
-Qu’est ce que je vais devoir faire ? C’est quoi les contraintes ? marmonna t-il.
L’éditeur reprit la parole.
-Il accepte que vous logiez chez lui durant le reportage, car il va falloir que vous le suiviez de prés. Il n’y a pas de contrainte particulière.
-Chez lui ? Non non, je ne crois pas que ça va être possible, bégaya Zenko, proche de la crise de panique.
-Tu peux bien faire ça une semaine ou tu préfère chercher du travail pendant des mois ? menaça le rédacteur.
Zenko avait le cerveau qui allait exploser. Il ne pouvait pas être au chômage, surtout à cause de ce type. Il était bien plus fort que ça. Il déglutit et dit une voix de condamné à mort.
-D’accord, je le ferais. Je dois commencer quand ?
-Il vous attend demain soir, dix huit heures chez lui.
Il se fit congédié. Il regagna son bureau en trainant des pieds. Dans quoi venait-il de s’embarquer ?


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PostPosted: Sun 6 Feb - 18:46 (2011)    Post subject: 1er fiction Reply with quote

Chapitre 4:


Le manoir avait l’air menaçant. Si Zenko ne faisait pas demi-tour c’était simplement parce qu’il avait un loyer à payer à la fin du mois.
Sa valise dans une main, il se prépara au pire quand il franchit le seuil. Le majordome lui récupéra son bagage. Des bruits de pas dans le hall attirèrent l’attention de Zenko. Un frisson lui parcourut l’échine lorsqu’il reconnut Tenki Otomo. Vêtu d’une chemise noire et d’un jeans, il impressionnait quand même par sa beauté à couper le souffle et cet air mystérieux qu’affichait sans cesse son visage.
-Bienvenue ici, dit-il de sa voix froide.
Zenko ravala une réplique et pour cacher son gène, il s’inclina, rejetant une mèche de cheveux devant ses yeux.
-Je vais te montrer ta chambre, lança Otomo en faisant demi-tour.
Zenko le suivit en silence. Ils gravirent les escaliers et débouchèrent dans un long couloir sombre. Il n’y avait pas de tableaux sur les murs, rien que du lambris. Le jeune journaliste avait l’impression de traverser une maison fantôme, sauf qu’ici il n’y avait aucune toile d’araignée ou poussière.
Otomo s’arrêta devant une des nombreuses portes, il l’ouvrit et entra dans la pièce. Zenko, qui n’avait pas envie de se retrouver dans une chambre avec lui, hésita à franchir le seuil.
-Qu’est ce que tu fais ? entendit-il à l’autre bout de la pièce.
Il entra à contre cœur et découvrit une immense chambre, un lit à baldaquin trônant au milieu de la pièce.
-Ce n’est pas vraiment japonais…
-Le manoir appartenait à mes ancêtres, ils l’ont fait construire en revenant d’Europe, expliqua Otomo en sortant d’une pièce au fond de la chambre. Ta salle de bains, il fit un mouvement de tête pour désigner l’endroit d’où il venait.
-Merci.
Il y avait au mur des tapisseries occidentales aux couleurs d’automne. Une armoire dans le coin de la chambre avec un immense miroir sur la porte.
-Je vais te laisser t’installer, j’ai du travail. On dine dans une heure.
Il l’abandonna là en refermant la porte derrière lui. Zenko soupira de soulagement. A quoi c’était-il attendu de toute façon ? A ce qu’Otomo le viole à chaque fois qu’il le voit ? L’écrivain n’était pas une bête sauvage non plus.
Les images de leur dernière rencontre tournaient dans sa tête, il se laissa tomber sur le lit moelleux et étouffa un gémissement.
Il descendit après s’être changé, il trouva Otomo dans la salle à manger, debout près d’une cheminée allumée.
Zenko avait prit avec lui un calepin, dedans il y transcrivait ses impressions, ce qu’il faisait et tout ce qui pouvait lui passer par la tête. Il toussa pour se faire remarquer.
Otomo pivota lentement dans sa direction. Il était toujours aussi froid, si peu avenant que Zenko hésita à faire demi tour et partir en courant. Qui avait eu l’idée de ce maudit reportage ? L’écrivain s’approcha de Zenko et le toisa, ce dernier, pour se détacher du regard d’Otomo tourna la tête. La pièce était grande, au milieu se trouvait une table où les couverts étaient déjà dressés.
-Assied toi, ordonna Otomo en désignant la table.
Zenko s’installa à ses cotés, sans rien dire.
Le diner se déroula silencieusement jusqu’à ce que Zenko décide d’essayer de briser la glace. S’il devait passer une semaine ici, autant que cela se passe bien. Il ne lui parlerait pas de la dernière fois car Zenko tenait beaucoup trop à son boulot.
-Vous travaillez sur quoi en ce moment ? demanda t-il timidement.
Les yeux bruns de l’écrivain se levèrent vers Zenko, ils le juchèrent, finalement il répondit :
-Un roman.
-De quel genre ? s’enhardit le jeune journaliste.
La réponse fusa.
-Je n’ai pas envie d’en parler.
Zenko ne se découragea pas pour autant, il avait une semaine pour briser le bouclier qu’avait construit autour de lui Tenki Otomo.

Dans sa chambre, Zenko se glissait dans ses draps après avoir vérifié qu’il avait bien fermé la porte à clef.
Il éteignit la lumière et ferma les yeux.
Des mouvements dans le lit dérangeaient son rêve. Il ouvrit brusquement les yeux quand il sentit une main froide sur son cou. Il voulu faire un bond mais un poids le maintenant fermement. Une bouche se plaqua sur la sienne et avala le cri de frayeur qu’il poussa.
Le baisé était violent et il s’étouffa. Ses mains plaquées sur l’épaule de son agresseur il tentait de le repousser.
-Calme toi avant que je ne te fasse du mal, ordonna la voix d’Otomo dans le noir.
-Mais lâchez moi putain, sortez d’ici je vais appelez les flics !
-Et tu vas leur dire quoi ?
-Qu’un pervers me veut du mal !
-Je ne te veux pas de mal, murmura t-il en glissant sa main sous le t-shirt de Zenko qui gesticulait.
-Je vais partir ! Je préfère me faire virer plutôt que subir ça.
-Ah bon ? Si tu n’aimais pas ça tu ne serais pas venu…
Zenko ne répondit pas, il n’avait rien à dire la dessus.
-Je sais qui tu es Zenko, je sais ce que tu aimes.
-N’importe quoi…
Sa phrase se perdit dans un gémissement quand Otomo glissa sa main beaucoup trop bas.
-Je sais pourquoi tu es allé voir une prostituée Zenko, tu voulais connaitre la sensation. Je sais même que ça ne t’a pas plut, tu préfère comme ça hein.
-Vous n’en savez rien !
-Bien sur que si, je te l’ai dit, tu es là.
-Je n’ai pas le choix !
-Bien sur que si.
Le jeune journaliste se mit à crier, Otomo l’attrapa et l’obligea à se retourner, la tête enfoui dans l’oreiller il ne l’entendait plus. Glissa une main sous son ventre et exerça une pression dessus pour le relever. Otomo s’infiltra entre les jambes de Zenko.
- Laisse-moi te rappeler à quel point tu aimes ça.


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PostPosted: Sun 6 Feb - 18:46 (2011)    Post subject: 1er fiction Reply with quote

Chapitre 5:

Le lit conservait l’odeur d’Otomo et Zenko n’arrivait pas s’endormir à cause de cela. Il l’avait laissé il y avait déjà deux heures, les jambes pantelantes, la respiration courte et le bas du dos douloureux.
Il le maudit, de toutes les insultes qu’il put imaginer aucunes n’étaient assez forte pour le calmer. S’il le détestait autant c’était parce qu’il avait raison. Une longue réflexion avait poussé Zenko à conclure sur ce fait. Il aimait ça. Son corps l’avait trahit ce soir, répondant aux caresses d’Otomo, il s’était libéré plusieurs fois entre ses mains.
Un sentiment de honte ne le quittait plus, particulièrement quand il se leva le matin et descendit prendre son petit-déjeuner en compagnie de son tortionnaire.
Il s’assit avec difficulté et lança un regard noir à Otomo qui semblait être, pour une fois de bonne humeur.
-Bonjour, fit-il en tendant à Zenko la cafetière.
-jour’, répondit le jeune journaliste.
-Je dois aller à ma maison d’édition pour signer le contrat de mon roman.
-A quelle heure ?
-Dès qu’on a fini.
Des bruits dans le hall se firent entendre, Otomo ne réagit pas mais Zenko, qui était d’un naturel curieux, se demanda ce qui se passait. La porte de la salle à manger s’ouvrit sur le majordome. Il fut bousculé par un chien de taille moyenne de couleur fauve. Le chien trotta jusqu’à la table et renifla à la recherche de nourriture.
-Coyote, viens, dit Otomo à l’adresse de l’animal.
Celui-ci l’ignora avec superbe et se dirigea vers Zenko qui tendit une main pour le caresser. Ses doigts se glissèrent dans les poils épais de son cou. Le chien leva vers lui un regard plein de tendresse et posa sa tête sur sa cuisse.
-Satané bestiole, marmonna Otomo, qui semblait vexé.
-Coyote c’est son nom ? Il est mignon comme chien, c’est le votre ?
-Ce n’est pas mon chien, mais je dois le garder et il n’est pas mignon, il n’écoute rien.
-C’est bien un Akita Inu ?
-Oui, si tu as le temps de discuter du chien, je pense qu’il est temps d’y aller.
-Je suis prêt.
Otomo se leva et Zenko fit de même après avoir repoussé gentiment le chien. Celui-ci les suivit jusqu’à la porte.
-D’habitude il est complètement associable, remarqua Otomo lorsqu’il entra dans la voiture noire qui les attendaient devant le portail.
-Vous êtes sure que ce n’est pas votre chien alors ? marmonna Zenko.
-Qu’est ce que tu racontes ?
-Rien.
-Comment vont tes fesses ?
Le sourire qu’avait Zenko de sa réplique disparue rapidement pour laisser place à un rictus de colère.
-Qu’est ce que ça peut vous faire ?
-C’est pour savoir si je peux recommencer rapidement ou pas…
- Touchez-moi encore une fois, je porte plainte.
-Mais bien sur, pour quoi ? Plaisir aggravé ?
-Pourquoi est ce que vous ne me laissez pas en paix ? Retourner donc dans votre love hôtel avec n’importe quel mec tant que ce n’est pas moi !
-Pas de chance, je ne veux que toi en ce moment, murmura Otomo en s’approchant de Zenko désormais assit à côté de lui dans la berline.
-Ne vous approchez pas ou je descends et je fais le chemin en bus ! menaça t-il.
Otomo se redressa et regarda par la fenêtre le paysage qui défilait.
-A la fin de la semaine, tu me supplieras de te toucher.
Zenko ne prit pas la peine de répondre. S’il l’écrivain délirait, il ne pouvait rien faire contre.
La maison d’édition n’était pas très grande, le personnel peu nombreux et le contrat fut vite signé. Zenko remarqua l’attitude des employés face à Otomo, dès qu’ils pouvaient l’éviter, ils le faisaient les autres osaient à peine le regarder dans les yeux et lui montraient un très grand respect.
Le seul à être naturel avec lui était Tadao Chisuka, l’éditeur.
-Tenko , il va falloir que tu te bouges les fesses, ton roman doit être fini la semaine prochaine !
-Je sais bien et il sera livré comme prévu.
-J’espère, ça m’embêterait de venir te harceler.
-Tu es toujours le bienvenu.
Chisuka se retourna vers Zenko.
-Tout se passe bien avec Tenko ? Il peut paraitre rustre mais c’est quelqu’un de bien.
-Ça peut aller, répondit Zenko sous le regard d’Otomo.
-S’il te fait des trucs bizarres, dis lui d’aller se faire voir.
-Comment ça ? s’étonna Zenko en rougissant.
-Tenko, tu ne l’as pas encore touché ? s’écria Chisuka.
-Si bien sur.
-Tu m’étonnes, il est tellement mignon avec son air de jeune rebelle, rit l’éditeur devant l’air offensé qu’affichait Zenko, ça me donne envie de le croquer.
Le bras d’Otomo vint s’enrouler autour des hanches de Zenko.
-Pas touche, c’est le mien.
-Ce n’est plus de mon âge de toute façon.
Chisuka les abandonna devant l’entrée de la maison d’édition. Zenko repoussa Otomo.
-Mais c’est quoi ce monde de pervers ?
-Je dirais plutôt de gay, répondit Otomo en souriant.
-Vous êtes des malades ! Puis écartez vous de moi !
Il partit en ne faisant pas attention et heurta une personne qui entrait dans la maison d’édition. L’homme était géant, musclé. Des cheveux bruns parsemées de cheveux blancs, il gardait une allure à faire pâlir n’importe quel jeune mannequin.
-Pardon, fit Zenko en s’inclinant.
L’homme ne fit pas attention à lui, son regard fixait Otomo qui avait perdu son sourire.
-Je ne pensais pas te voir ici, vu la façon dont tu prends ton travail…
La voix de l’homme claqua, Zenko ressentit un frisson.
-Je suis venu signer le contrat, tu sais pour mon roman…, se justifia Otomo.
-Ton roman oui, je suis curieux de voir de cela.
-Tu doutes de moi ?
-Je ne doute pas, je sais comment tu es.
-Qu’est ce que ça veut dire ? s’énerva Otomo.
-Ça veut dire que tu es un fainéant et incapable d’écrire quoique ce soit de bien !
-Qu’est ce que tu en sais ? As-tu déjà au moins lu une ligne de ce que j’ai écrit ?
-Je ne préfère pas pour l’instant.
- Comment peux-tu juger alors ?
-Je te connais.
-J’aurais aimé que ça ne soit pas le cas, lâcha Otomo.
Il attrapa le bras de Zenko et l’entraina vers la voiture noire.
-Je t’enverrais les invitations de noël, soit présent cette année ! cria l’homme dans son dos.
Lorsqu’ils s’installèrent dans la voiture, Zenko se retourna vers Otomo et dit d’une voix tremblante.
-C’est bien l’écrivain Keizo Kuroda ? Celui qui vendu plus de 10 millions d’exemplaire de son dernier roman ?
-Oui.
-D’où le connaissez-vous ?
-C’est mon père.


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PostPosted: Sun 6 Feb - 18:48 (2011)    Post subject: 1er fiction Reply with quote

Chapitre 6:

Le retour au manoir se fit dans le silence, Otomo ne desserra pas la mâchoire malgré les questions de Zenko. Il n’aurait jamais pensé que Tenki Otomo était l’enfant de ce très célèbre écrivain. Zenko l’avait rencontré une fois, il s’en souvenait très bien. C’était l’année dernière, lorsqu’il était encore stagiaire. Il avait accompagné un autre journaliste lors d’une conférence de presse pour la sortie du dernier roman de Keizo Kuroda. L’écrivain avait échangé quelques mots avec lui, l’encourageant à persévérer dans ce qu’il aimait.
Il ne se souvenait pas de la suite, tout ce qu’il savait, c’était qu’il s’était réveillé à l’hôpital le soir même. Il s’était évanouit, un problème au cœur apparemment.
Zenko regarda attentivement le visage d’Otomo, à la recherche d’une ressemblance quelconque.
Outre le fait, qu’ils étaient des hommes extrêmement séduisants, on ne pouvait pas dire qu’ils se ressemblaient beaucoup. Le regard froid était peut-être le seul point commun.
Otomo monta s’enfermer dans son bureau et abandonna Zenko dans le hall.
Le jeune journaliste prit une heure pour retranscrire sa matinée sur son calepin, développant les détails qui l’avait marqué dans la maison d’édition. Il ne savait pas s’il devait écrire ce qu’il venait d’apprendre, Otomo voulait-il que cela se sache ? Il lui demanderait, Zenko espérait que oui, ça serait alors un gros scoop pour lui.
Il sortit prendre l’air dans l’immense jardin, il chercha le chien des yeux et le trouva en train de faire un trou au pied d’un cerisier. Il le siffla et le chien trotta jusqu’à lui en remuant de la queue.
Il se prenait d’affection pour l’animal, il se sentait moins seul dans cet immense manoir. Zenko se demanda comment pouvait bien faire Otomo pour ne pas devenir fou. Un rire s’échappa de ses lèvres. Il n’était pas normal non plus, lui faire subir toutes ces choses…
Il se perdit de nouveau dans les souvenirs de sa nuit, il avait terriblement mal, ce qui le mettait dans une rage folle.
Zenko sentit sa main bouger, Coyote venait de lui mettre un bâton dedans et lui aboya dessus pour qu’il lui lance.
Combien de temps resta t-il à jouer avec le chien ? Il n’en avait aucune idée. La voix tranchante d’Otomo surgit dans son dos.
-Tu es payé pour faire ça ?
-Euh non, veuillez m’excusez.
-C’est bon, tutoie moi.
Otomo ramassa le bâton que venait de déposer Coyote au pied de Zenko et le lança d’un geste souple. Le chien regarda son maitre et disparu dans le sens inverse.
-Fichu bestiole.
-Pourquoi est ce qu’il ne t’obéit pas ?
-Aucune idée.
Otomo se rapprocha de Zenko et entoura ses bras autour de sa taille. D’un geste brusque, il planta ses dents dans son cou. Zenko poussa un cri et tenta de s’enfuir.
-Bouge pas, j’ai besoin de me décharger.
- Ça ne va pas, et en quoi mordre quelqu’un t’aidera t-il ?
-Je ne vais pas te faire que ça, répondit-il en infiltrant sa main sous son t-shirt.
Zenko se débattue et fit un pas en avant, son pied heurta la jambe d’Otomo qui avait vu le coup venir. Il bascula et l’entraina dans sa chute. Le poids de ce dernier lui coupa le souffle et pesait sur mon ventre lorsqu’il tenta de se relever.
Otomo en profita pour placer ses mains autour de son visage et prendre ses lèvres en otages. Sa langue chercha celle de Zenko et la lécha.
Le jeune journaliste avait le cœur qui battait à tout rompre. Il se dégagea d’Otomo et cria à l’aide. L’écrivain en profita pour le plaquer au sol et introduire sa main dans son pantalon.
Zenko redoubla ses cris, voulant alerter n’importe qui. Un gémissement entrecoupa sa demande à l’aide. Otomo venait de commencer de larges mouvements de main et Zenko avait de plus en plus de mal à se concentrer sur le moyen de fuir.
C’est Coyote qui le sortit de là en revenant, il sauta sur Otomo et lui mordit la jambe. L’écrivain se releva brusquement et hésita à frapper le chien.
Zenko attrapa la main d’Otomo avant que celle-ci ne s’abatte sur la tête de Coyote.
-C’est un chien que tu frappes là !
-Je déteste cet animal, toujours dans mes pattes à me pourrir la vie.
Il fit demi-tour et laissa Zenko, le pantalon ouvert en plein milieu jardin. Les aboiements de Coyote se turent lorsqu’il disparu dans l’angle du manoir.
La nuit se leva sans qu’un bruit ne vienne déranger les occupants, qui chacun dans leur chambre, semblaient plonger dans une profonde réflexion.
Otomo tapait un nouveau chapitre, Zenko relisait sur son ordinateur portable des interviews d’Otomo et fut forcer de constater que les articles se battaient en duel.
L’heure du repas sonna et ils descendirent diner.
-Je pars dans dix minutes, annonça Otomo quand il eut fini de manger.
Le majordome acquiesça et quitta le salon pour préparer la voiture.
-Pour votre travail ? tenta Zenko.
-Non. Je rentrerai tard. Demain je répondrai à tes questions, fait en sorte qu’elles soient intéressantes.
-La voiture est prête monsieur.
Le majordome revenait et s’inclina devant Otomo lorsqu’il quitta la salle.
-Je peux vous posez une question ? demanda Zenko au majordome.
-Oui.
-A qui est le chien ?
-A la femme de monsieur.
La surprise laissa Zenko sans réaction pendant plusieurs secondes et il bégaya.
-Il est marié ?! Où est-elle ?
-Elle est partie à l’étranger, elle reviendra pour noël.
-Mais c’est dans deux mois !
-Je sais bien monsieur.
Cette nouvelle bouleversa Zenko, ainsi donc Otomo était marié, il fréquentait des love hôtels et surtout il couchait avec des hommes.
Que s’était-il passé dans sa vie pour en arriver à ce point là ?
Ce qui était sur maintenant c’est qu’il ne laisserait plus jamais Otomo le toucher, il connaissait la douleur d’apprendre qu’on avait été trompé. Il pensa à la femme d’Otomo, comment réagirait-elle si elle venait à être au courant de tout ceci ? Il ne voulait pas être celui qui serait la cause d’une dispute, voir pire.
Une journée complète venait de se dérouler et il venait déjà d’apprendre deux choses surprenantes sur Otomo, qu’allait donner la semaine entière ?


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PostPosted: Sun 6 Feb - 18:48 (2011)    Post subject: 1er fiction Reply with quote

Chapitre 7:

Zenko entendit du bruit derrière sa porte, il regarda le réveil qui indiquait 3h30 du matin. Une ombre passa sous le battant, le cœur de Zenko bondit dans sa poitrine. Il avait prit soin de bien fermer, cependant il douta que cela ne suffisse à refroidir Otomo.
Il attendit, la respiration ralentie sous l’angoisse que ce qui pourrait arriver.
Finalement, l’ombre disparu, puis suivit la lumière du couloir. Zenko se demanda d’où pouvait revenir Otomo à cette heure,il se rappela qu’on était samedi soir, enfin plutôt dimanche matin. Otomo était peut-être sortit rejoindre des amis…s’il en avait. Lui avait prit soin de décommander, durant la semaine qu’il passerait ici, ses sorties et ses rendez vous.
Il changerait bien d’avis, il ne pouvait pas mettre de sa vie coté parce qu’il travaillait. De plus, cela lui permettrait de se changer les idées. Penser qu’Otomo était marié avait jeté un froid dans son esprit. A quoi s’était –il attendu de toute façon ? Il n’appréciait pas cet homme et savoir cela lui donnait une excellente raison de refuser les attaques d’Otomo.
Il devait revenir à une vie plus normale. Cela faisait seulement à peine deux jours qu’il était là et pourtant il avait l’impression qu’il allait devenir cinglé. Un bon journaliste devait être capable de garder son sang froid dans n’importe quelle situation. C’est ce que se répétait inlassablement Zenko lorsque, dans sa tête, les images d’Otomo lui procurant le plus coupable des plaisirs revenaient, comme pour lui dire de ne pas oublier qu’il avait aimé.
La nuit parut très longue.
Zenko se posait toujours la même question le matin, quand il ouvrait les yeux.
-Qu’est ce que je fais là ?
Puis les souvenirs remontaient, le décevaient et restaient.
Il ne se sentait pas dans son assiette lorsqu’il se leva se matin là. Une vague de déprime lui comprimait le cœur, il ne savait pas trop d’où elle provenait. Zenko l’attribua rapidement à son état de fatigue.
Otomo donna signe de vie bien plus tard, il semblait également morose. Dans son immense bureau, Zenko lui posa ses questions, comme à son habitude, il ne répondait qu’à celle qui l’intéressait.
-Je ne comprends pas pourquoi je devrais rester jusqu’à vendredi prochain, remarqua Zenko, frustré de voir ses deux dernières questions balayés par un regard noir.
-Qu’est ce qui te dérange ?
-Tu ne veux pas répondre.
-Demande moi des choses intelligente, peut-être que je pourrais faire quelque chose pour toi dans ce cas là.
-Tu sais quoi ? Va demander à un autre journaliste si tu n’es pas content, s’écria Zenko en se levant.
-Ne t’ais-je pas dis que tu étais le seul que je voulais ?
-Tu ne me connais pas, il y a des gens beaucoup plus doué que moi.
-Tu as raison, je devrais donner à quelqu’un d’autre la chance que tu as, quelqu’un qui ne douterait pas une seconde de son talent et qui ne geindrait pas. Tu penses que je ne te connais pas ? Tu crois que j’aurais laissé un inconnu entrer chez moi ? demanda t-il de sa voix froid, le regard planté dans celui de Zenko.
-Je ne geins pas ! Qu’est ce que tu sais ?
-Ce n’est pas encore le moment de te le dire et puis, réfléchis un peu pour une fois, tu as déjà les réponses.
-Je ne te comprends pas, que racontes-tu ?
-Laisse-moi, j’ai besoin de me reposer.
-Tu me dois des explications, tu crois que ça se fait de dires des trucs pareils sans s’expliquer ?
Tout en parlant, il s’approcha de l’immense bureau d’Otomo.
-Fais encore un pas et je te prends sur le bureau, menaça t-il en se levant à son tour.
-Quoi ?!
-Tu veux que je te montre ?
Il tendit sa main pour s’emparer du bras de Zenko, celui-ci recula.
-Ordure.
Il s’enfuit de la pièce avant qu’Otomo n’ai le temps d’amorcer un autre geste. Il le regarda partir, un sourire goguenard aux lèvres.
Otomo se laissa tomber dans son fauteuil et prit sa tête entre ses mains. La nuit avait été très longue et il ressentait la fatigue accumulée, chose qu’il lui arrivait rarement.
Il ferma les yeux un instant, voulant ne plus penser à rien.
Malheureusement pour lui, la sonnerie de son téléphone retentit. Il décrocha sans grand enthousiasme.
-Salut.
-Salut, fit la voix de la femme à l’autre bout.
-Qu’est ce que tu veux ?
-Te prévenir que je rentre demain.
Otomo sursauta ;
-Comment ça ?
-Une tempête a éclaté sur l’ile, ça ne sert à rien de rester ici.
-Tu comptes repartir après ?
-Je ne suis même pas encore arrivé et tu veux déjà que je reparte, ce n’est pas gentil comme attitude envers ta femme.
-J’ai un invité.
-Ah bon ? Qu’est ce qui se passe ?
-Rien, c’est un journaliste.
-C’est ton Zenko ? devina t-elle.
-Oui.
-Comment ça se passe entre vous deux ? Il se souvient de quelque chose ?
-Pas du tout.
-Tu es déçu ?
Il ne répondit pas tout de suite et lâcha finalement.
-Non. Tu peux te faire passer pour ma cousine quand tu rentreras ? Il ne sait pas que nous sommes mariés…
-Si ça peut te simplifier la vie, mais sache que les mensonges n’apportent rien de bon.
-Je t’entends très mal, on en reparle à ton retour.
-C’est ça.
Il raccrocha et sortit de la chambre, il devait prévenir son majordome que sa femme se ferait passer pour sa cousine. Il se retrouva devant la chambre de Zenko et décida de voir ce qu’il faisait. Otomo frappa d’abord à la porte mais personne ne répondit. Une voix à l’intérieur lui sauta à l’oreille.
- Chez toi ou chez moi ? D’accord, je me prépare et j’arrive. .. Dans une demi-heure je pense…
Otomo entra sans crier garde.
-Qu’est ce que tu fais ?
Zenko rangea son portable dans la poche de son pantalon.
-Tu m’espionnes maintenant ?
-Réponds !
-Je sors !
Il disparu dans la salle de bains, plantant Otomo qui commençait à sérieusement s’énerver. L’écrivain le suivit, il le regarda enfiler une chemise et s’asperger de parfum.
Lorsqu’il repassa devant lui, il le retint en bloquant son passage avec son bras.
-Je ne me souviens pas t’avoir autorisé à quitter ces murs.
-Comment ça ? Depuis quand dois-je demander ?
-Depuis que tu as franchis l’entrée vendredi.
-N’importe quoi, laisse moi passer je suis pressé. Je ne rentrerai pas tard si c’est ça le problème, s’exclama t-il en essayant de repousser le bras de l’écrivain.
Celui-ci serra plus fort et s’approcha du visage de Zenko.
De son autre main, il attrapa son cou et tourna sa mâchoire en direction de ses lèvres.
-Tu ne sors pas, fin de la discussion.
-Mais pour qui te prends-tu ? s’écria Zenko en se dégageant de la dangereuse proximité des lèvres d’Otomo prés des siennes. Il n’obtint pas de réponse, à la place, Otomo l’embrassa.
Un baisé provoqué par l’excitation que causait la colère, un baisé peu tendre qui lui arracha un cri de douleur.
Avant qu’il ne réagisse, il se retrouva jeté sur le lit, le corps d’Otomo sur le sien. Il devait reprendre ses esprits au plus vite. Le laisser le toucher, de cette façon, alors qu’il était marié, qu’il était un homme…
Il réussit à s’échapper de nouveau en rampant sur le lit, mais cela fut de courte durée. Otomo l’attrapa par la ceinture de son jeans et le ramena prés de lui.
Les protestations de Zenko ne semblaient pas l’atteindre. Pour l’instant Zenko n’utilisa pas l’excuse de sa femme, il attendait le bon moment pour lâcher la bombe. Ce qu’il regretta car, sans s’en rendre compte, il se retrouva avec les mains attachés.
Otomo le touchait, ses mains étaient partout à la fois et avant qu’il ne puisse parler, sa bouche se retrouva une nouvelle fois prisonnière. L’échange fut moins violent, bien que Zenko se refusa à lui rendre. Ses dents vinrent se refermer sur les lèvres d’Otomo et ne lâchèrent prise que lorsqu’il sentit le gout du sang sur sa langue.
-Je ne te voyais pas aimer ce genre de pratique, mais tant mieux, c’est plus excitant quand c’est violent non ? susurra Otomo à son oreille avant de l’embrasser derechef et le basculer sur le dos, de sorte qu’il puisse le dominer totalement.
Zenko dégagea son visage, le souffle haletant, il lui lança un regard meurtrier.
- Lâche-moi tout de suite !
-Pourquoi je ferais ça ? J’ai envie de toi, maintenant.
Pour lui prouver l’état d’excitation dans lequel il se trouvait, il s’appuya plus fort contre le bas de ventre de Zenko, celui poussa un cri et tenta de se retourner. Le poids d’Otomo, ses mains liées, son jeans à moitié ouvert l’empêchèrent de bouger.
-Tu es marié putain ! hurla t-il enfin.
Otomo relâcha légèrement la pression qu’il exerçait sur Zenko. Son regard se planta dans celui plein de fureur de ce dernier. Sa voix, qu’il essayait de garder calme cachait mal sa surprise.
-Quoi ?
-Ne fais pas l’innocent, tu croyais que tu allais pouvoir me baiser comme ça sans que je ne sache rien sur toi ?
-Qui te l’a dit ? demanda t-il de sa voix redevenu aussi froide qu’à l’accoutumé.
-Ça ne te regarde pas. Détache-moi maintenant, je dois y aller.
-Qu’est ce que ça change ?
Il ne lui laissa pas le temps de répondre, sa langue s’enroula autour de celle du jeune journaliste, les soubresauts de son corps indiquait qu’il aimait ça, enfin c’est ce que crut Otomo avant de se rendre compte que des larmes inondaient les joues de son jouet.
-Qu’est ce que tu as encore ?
-Tu es marié ! répéta t-il.
-C’est pour ça que tu chiales ? s’étonna t-il.
-Non, imagine tu une seconde ce qu’elle ressentirait si elle savait ça ?
-Crois moi c’est sans importance.
Il approcha son visage du torse offert de Zenko et passa sa langue sur les points sensibles, un geignement le fit sourire et l’encouragea à persévérer.
-Tu es un être sans cœur, immoral et sadique, s’écria Zenko entre deux gémissements.
-N’est ce pas, d’ailleurs, je vais prendre plaisir à te faire pleurer autrement.
Il retira totalement le pantalon de Zenko et fit de même avec boxer. Ce qu’il recherchait le fit sourire, Zenko pouvait continuer d’hurler qu’il ne voulait pas, son corps montrait le contraire.
Il se pencha et couvrit de baiser l’objet du désir, sa langue traçait des filets humides sur tout le long, puis, sous la multiplication des cris de Zenko, il ouvrit la bouche et commença un va et vient qui décolla les reins de Zenko du lit.
Il ne retira pas sa bouche lorsqu’il sentit le plaisir de Zenko se libérer.
Ne tenant plus, il agrippa les cuisses de son partenaire et les écarta. Il plongea en lui avant que celui-ci ne sorte de l’état de béatitude qu’affichait son visage transpirant.
Il entra en lui sans le préparer, ce qui provoqua un hurlement de douleur qu’il ignora. Ce n’était qu’une question de temps avant qu’il se ne se retransforme en cri de plaisir. Il se contint pour ne pas faire de mouvements trop rapide maintenant et chercha pour l’instant à aller au plus profond de ce jeune journaliste qui avait encore les joues mouillées par les larmes.
Guettant les bruis de son partenaire, il accéléra la cadence, ses mains tenant fermement les chevilles de Zenko. Une formidable chaleur montait dans tout son corps, pressentant une explosion de plaisir imminente. Un dernier mouvement de reins puissant le confirma et laissa sa place à un tremblement qui parcourait tout ses os. Il regarda Zenko, dans le même état que lui. Il sourit, plus que satisfait et roula à côté de lui.
-Et si tu passais l’après midi avec moi plutôt ?


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PostPosted: Sun 6 Feb - 18:49 (2011)    Post subject: 1er fiction Reply with quote

Chapitre 8:

Otomo quitta la chambre sans faire le moindre bruit. Combien de temps était-t-il resté à contempler Zenko dormir ? Leurs corps s’étaient unis trois fois et avant qu’il ne recommençât, celui de sa victime s’évanouissait contre le sien.
Il descendit dans la cuisine et se fit un café, une cigarette entre les lèvres il essayait de cacher le sourire qui ne le quittait plus depuis qu’il était sortie de la chambre. Il n’arrivait pas à contenir le plaisir que lui procurait le constat que leurs corps s’emboitaient parfaitement, et ce pour les meilleures parties de jambes en l’air de sa vie. La tasse de café dans la main, il s’assit et réfléchit.
Sa femme revenait demain, cela contrariait ses plans. Il avait besoin de plus de temps pour réveiller en Zenko son attirance pour les hommes. Il ne pourrait plus l’attraper quand il voudrait et l’entendre se plaindre alors que tout dans son attitude démontrait qu’il en avait envie.
Son désir pour Zenko, il l’éprouvait depuis la première fois qu’il l’avait vu. Cela remontait à plus d’un an maintenant. Le jeune journaliste ne s’en souvenait pas, mais lui n’avait jamais oublié.
-Je vous présente mon assistant Zenko Segara.
L’homme montra le jeune homme brun à coté de lui. Il avait l’air très intimidé de se retrouver devant Keizo Kuroda.
-Tu aimes ce que tu fais ? lui demanda l’écrivain d’un ton paternel.
-Oh oui beaucoup.
-Persévère et tu y arriveras alors, ce n’est pas comme mon fils, où est t-il d’ailleurs ?
Il chercha autour de lui et ne vit pas que le jeune Tenki se tenait derrière une colonne. Il se cachait de son père. Il venait d’apercevoir Zenko et son cœur s’était mis à battre tellement fort qu’il cru avoir une attaque.
Cela faisait quelques temps que les femmes n’arrivaient plus réveiller son désir, il avait tenté plusieurs expériences pour en arriver au fait que les hommes étaient bien meilleurs au lit.
Il décida de se mettre au calme dans une autre salle, le temps que les battements de son cœur cessent. Il ne resta pas seul longtemps.
-Excusez moi c’est ici la salle des photos ?
Zenko se tenait devant lui, ses yeux verts le fixaient avec curiosité.
De nouveau, ce fut une explosion dans sa poitrine qui éclata.
-ça ressemble à une salle de photo peut-être ? répliqua t-il d’un ton sec.
Il retint de se mordre la langue, pourquoi avait-il répondu comme cela ?
-Veuillez m’excuser de vous avoir dérangé, bégaya Zenko en faisant demi-tour.
Otomo se fit l’effet d’être un monstre.
-Attends, je suis désolé. Je peux t’emmener à la salle si tu veux.
Un sourire sincère naquit sur les lèvres de Zenko, se qui fit fondre Otomo qui tentait de garder les idées claires.
-Merci.
Il bredouilla une réponse et l’accompagna jusqu’à l’ascenseur.
Ils montèrent ensembles dedans et il appuya sur le bouton du seizième étage.
Les portes de l’appareil se refermèrent sans un bruit.
La cabine n’était pas très grande, cinq hommes auraient pu tenir dedans au maximum. Un cadran indiquait les étages qu’ils dépassaient jusqu’à ce qu’il se bloque au douzième.
-Qu’est ce qui se passe ? demanda Zenko, légèrement inquiet.
-Aucune idée.
Tenki appuya plusieurs fois sur le bouton des portes, rien ne changea. Il pressa alors celui de l’alarme. Un grésillement se fit entendre mais aucune voix.
-Je crois que nous sommes bloqués. Tu as un portable ?
-Non, j’ai du le laisser à l’entrée à la sécurité.
Tenki n’avait pas non plus le sien, resté dans la poche de son manteau qu’il avait laissé dans les vestiaires.
-Zut.
Il appuya encore sur l’alarme. Il n’était pas claustrophobe, mais la hauteur de l’ascenseur et la taille de la cabine de le rassurait pas.
Il se tourna vers Zenko et constata qu’il tremblait.
-ça va ?
- Je ne sais pas trop. Il porta sa main contre sa poitrine et frotta.
Avant que Tenki ne puisses réagir, Zenko s’écroula à ses pieds.
Il se précipita et tenta de le réveiller. Rien n’y fit, il s’aperçu alors que la respiration de celui-ci avait cessé et que les battements de son cœur étaient quasiment inexistant. Il tenta de calmer l’affolement qui lui figeait le cerveau.
Il s’appliqua à lui faire un massage cardiaque qui fut sans effet. Ses mains frappaient sa poitrine en geste régulier et ne sentit pas que l’ascenseur redescendait.
Une pression, deux pressions, trois pressions.
-Allez réveil toi !
Les portes de l’appareil s’ouvrirent sur son père.
-Qu’est ce qui se passe ?
-Appelle une ambulance, vite !
Il colla son oreille contre la poitrine de Zenko et soupira de soulagement. Un cœur battait la dessous, grâce à lui.

Il avait eu des nouvelles de Zenko qu’une semaine après l’accident, il allait bien mais ne se souvenait de rien.
Tenki avait voulu lui rendre visite à l’hôpital mais les choses de son coté s’était compliqué. Il désirait le revoir, le connaitre, savoir pourquoi il exerçait sur lui le plus grand trouble qu’il n’avait jamais connu.
Il avait gardé un œil sur sa carrière jusqu’à ce qu’il décide de resurgir dans sa vie, en proposant au journal qu’il l’employait de le laisser l’interviewer.
Et il était apparu, encore plus beau que dans son souvenir.
Et dans son cœur, c’était toujours le même bordel.


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PostPosted: Sun 6 Feb - 18:49 (2011)    Post subject: 1er fiction Reply with quote

Chapitre 9:


Le dos droit, le visage fermé, Zenko se tenait le plus loin possible d’Otomo. Forcé d’attendre l’épouse cocue devant la porte d’entrée, il tentait de mettre ses souvenirs honteux au fond de son esprit.
Il essayait de chercher une quelconque trace de nervosité dans l’attitude d’Otomo mais rien n’en laissait la moindre idée. Celui abordait même un mince sourire, à peine retenue.
Des coups contre la porte les sortirent de leurs torpeurs. Le majordome ouvrit la porte et un courant d’air froid laissa place à une créature des plus étonnantes. Grande, les cheveux longs d’un joli brun, elle souriait à rendre aveugle. Passé cette première impression, elle sauta aux bras d’Otomo en criant :
-Mon cousin !

Otomo resta de marbre et tenta de la repoussée, sa voix claqua :
-Nous sommes mariés.

Zenko comprit la confusion et ne put s’empêcher de lever les yeux sur Otomo et croisa ainsi son regard. Il le cloua sur place, que faisait –il ? Si c’était de l’intimidation il n’avait pas à le regarder comme cela, il n’avait pas besoin, il le terrifiait déjà assez.

La jeune femme dans les bras de l’écrivain ria et se tourna vers Zenko.
-Ah oui ?! Comme c’est plus simple ! Mon Amour !

Elle tenta d’embrasser Otomo mais il la lâcha et fit un bond en arrière.
-Calme-toi s’il te plait.
-Je plaisantais.

Elle se releva et se remit bien droite, toujours souriante, elle s’approcha de Zenko en marmonnant assez fort pour qu’Otomo entende.
-Si on ne peut plus rire ici ! On se croirait à un enterrement.

Elle se planta devant le jeune journaliste qui avait juste assez de retenue pour ne pas garder la bouche ouverte sous la surprise.
-Enchanté Zenko, je suis la veuve Otomo Yoko.

Zenko s’inclina devant elle, ce qui lui permit de cacher son sourire.
-Enchanté.

-Viens te rafraichir et allons discuter Yoko. Zenko, j’ai mis sur ton lit quelque chose qui devrait t’intéresser.

Le jeune journaliste ne répondit pas et quitta le hall en regardant derrière lui. Il vit Tenki prendre Yoko par la taille et l’entrainer dans le salon. Soulagé d’être libéré de la présence de l’écrivain, il pouvait enfin respirer tranquillement. Il entra dans la chambre, curieux et découvrit un livre noir. Ce n’était qu’un cahier à la couverture en cuir, de ceux dans lesquels on écrivait ses pensées ou des histoires.
Le nom du propriétaire n’était visible nulle part. C’était un recueil de nouvelle, les histoires s’enchainaient, jamais de la même taille.
Zenko se plongea dans la lecture. Il les dévora une par une, la vitesse de sa lecture s’accélérait toujours dans les dernières lignes et reprenait un rythme normal lorsqu’il en commençait une autre. Ses émotions changeait sans cesse, les sujets des nouvelles n’étaient jamais les mêmes, tantôt une histoire émouvante, tantôt un récit à glacer les sangs.
Otomo savait jongler avec les émotions du lecteur et de ce fait le désarçonner, le laissant avec ses sentiments étalés et égarés.

Il regarda l’heure et vit que le repas approchait, il décida de descendre maintenant, il en profiterait pour observer Madame Otomo.

En sortant de sa chambre, il manqua de renverser le majordome.

-Excusez-moi.
-Je suis venu vous apportez votre diner.
-En quel honneur ?
-Otomo-sama a pensé que vous ne souhaiteriez peut-être pas être dérangé…
-Depuis quand…

Il ne finit pas sa phrase, le majordome le regardait, il ne voulait pas se montrer grossier devant cet homme qui ne lui avait rien fait. Il ravala les mots acides qui lui brulaient la langue et le laissa passer.

Après son diner, il s’allongea sur le lit et reprit le cahier d’Otomo, il relut chaque histoire, plus lentement puis il le referma.
Il ferma les yeux.
Maintenant que son épouse était revenue, Zenko se sentait comme un intrus.
Un être sale.
Cette nuit là pourtant, ses rêves étaient si troublant, si attrayant.

Il ne croisa personne le lendemain matin lorsqu’il descendit prendre son petit-déjeuner. Il décida de sortir, chercher la compagnie de Coyote.

Le chien mangeait un de ses jouets, couché dans l’herbe et n’aboya pas à son arrivé. Les mouvements de sa queue montraient son contentement. Zenko s’accroupit à ses cotés et lui caressa la tête.

-Je vais te manquer si je pars ?

L’animal le regarda de ses doux yeux marron avant de se replonger dans son activité.

-Vous manqueriez au maitre en tous cas, déclara une voix féminine au dessus de lui.

Il releva la tête brusquement et dévisagea Yoko Otomo. Elle avait un joli visage, des traits réguliers complétés de deux fossettes quand elle riait. Elle était également plus jeune que lui.
Zenko s’étonna de ne pas la trouver désirable, lui qui aimait les filles comme elle.

-Je croyais que c’était votre chien.
-Pas du tout, c’est celui de Tenki, mais elle ne lui obéit pas.
-Elle ?
-C’est une femelle.

Zenko regarda le chien sans comprendre et se mit à rire. Un rire nerveux mais qui lui fit beaucoup de bien.

-J’ai toujours pensé que c’était un male.
-Dans mes souvenirs, c’était bien une fille. Vous comptez partir ?
-Je n’ai plus rien à faire ici, j’ai de quoi faire le hors-série.
-Que comptez-vous dire dedans ?
-Il y a aura des interviews, des morceaux de son travail, des avants premières de son roman et une biographie.
-C’est beaucoup de travail.
-Oui, je n’ai pas eu à attendre beaucoup avant de découvrir la vie d’Otomo-sensei.
-S’il vous a confiez ses secrets c’est qu’il vous fait confiance. Personne avant nous n’était entré dans son intimité. Il a toujours su garder sa vie privée, très privée.
-C’était le but de ma venu ici non ? Je suis payé pour ça.
-Je ne crois qu’il s’agisse uniquement d’un reportage.
-Et ça ne vous dérange pas ?
-Tenki et moi formons un couple très particulier.
-Dans quel sens ?
-C’est à lui de vous le dire, murmura t-elle.

Elle fit demi-tour, Coyote la suivit et Zenko resta seul.
Il regagna le manoir, la tête pleine de pensées différentes.

La journée passa lentement. Zenko travaillait sur son ordinateur portable, bien qu’il n’avançait pas beaucoup parce qu’il réfléchissait à trop de chose en même temps. Il entendait des rires dans la chambre à coté et cela le déconcentrait encore plus.
Il se mit à imaginer ce que pouvait bien faire Tenki et Yoko dans la chambre et cela créa une boule dans son ventre qu’il n’arriva pas à chasser.
Le lit grinça sous son poids, le visage enfoui dans l’oreiller il laissa échapper un soupir.
Un rire plus fort que les autres se fit entendre.
Zenko imagina Tenki dans le corps de sa femme, cela le dégouta. Lui faisait-il des choses aussi horribles ?
Il descendit sa main sur son torse en repensant à la dernière nuit qu’ils avaient passés ensembles. Ils l’avaient fait tellement de fois, cela avait été tellement bon…
L’oreiller n’empêcha pas la sensation de chaleur qui naquit en lui de se diffuser de son visage au plus bas de son ventre.
Cependant, il fit taire le gémissement que poussa Zenko en se libérant de cette sensation dans les draps.
Son cœur battait la chamade, que venait-il de faire ?

« Je pars demain matin avant de devenir cinglé. »


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PostPosted: Sun 6 Feb - 18:50 (2011)    Post subject: 1er fiction Reply with quote

Chapitre 10:


Il rangea ses affaires rapidement. Sans émotion particulière, il quitta la chambre. Son sac sur l’épaule, il frappa à la porte du bureau d’Otomo. La voix intimidante de l’écrivain l’autorisa à entrer.
Derrière l’immense bureau, une paire de lunettes sur le nez, Otomo lisait le journal. Ses yeux se posèrent sur Zenko et glissèrent sur son sac.
-Tu vas quelque part ?
-J’ai fini ici, je rentre chez moi, répondit-il en essayant de calmer les tremblements de sa voix.
Il redoutait un éclat de colère de l’écrivain. Il ne pouvait pas le garder enfermer dans le manoir de toute façon. Alors il prit son courage à deux mains et continua :
-Je vous remercie de la faveur que vous m’avez fait de pouvoir travailler avec vous. Je vous enverrai un exemplaire avant la sortie du hors série. S’il y a des informations dont vous ne souhaitez pas qu’elles soient publiées, dites le moi.
Otomo le fixait, il réfléchit et dit :
-Je te demanderais de garder le silence pour mon épouse. Pour mon père, fait ce que tu veux. Ça m’est indifférent.
-Très bien.
Il s’inclina et quitta la pièce.
Dans le hall, Yoko l’attendait, sans un de ses jolis sourires sur le visage.
-Tu pars vraiment alors.
-Oui, il est temps.
-J’aurais aimé qu’on se connaisse un peu plus, Tenki m’a dit que tu étais un très bon journaliste.
-Je n’ai pas encore fait grand-chose pour dire puisse dire ça, mais je voudrais le devenir.
-Il a confiance en toi.
-On ne se connait pas, répliqua Zenko.
Elle regarda avec un air tendre, comme si elle parlait à un enfant.
-Vous vous étiez déjà rencontré avant pourtant.
-Comment ça ? s’étonna t-il.
-Il ne t’en a pas parlé ?
-Il m’a dit un truc dans ce genre, sans me donner d’explication.
-Je ne sais pas si je dois t’en parler alors.
-Faites le au lieu de me dire ça, je commence à en avoir marre des phrases alambiqués.
Elle lui sourit gentiment.
-Tu te souviens de ton malaise lors d’une rencontre avec son père ?
-Oui, mais c’est tout. Mes souvenirs de ce jour là sont très confus.
-Tu as fait un malaise cardiaque dans un ascenseur, Tenki se trouvait avec toi. Il t’a sauvé la vie.
-Comment ça ?
-Si tu étais resté tout seul, ton cœur aurait cessé de battre, il t’a réanimé et a appelé les secours.
-Je ne savais pas que c’était lui qui m’avait aidé. On n’a jamais voulu me le dire. Je ne me souviens de rien, même de lui avoir parlé.
Il chercha dans mémoire les souvenirs de ce jour. Il se souvint du père d’Otomo qui l’encourageait puis après c’était le grand vide. Il s’était réveillé à l’hôpital. Personne ne lui avait vraiment expliqué ce qui s’était passé.
-Il ne voulait pas attirer l’attention sur lui. Tenki est quelqu’un de particulier, c’est une personne qui a du faire face à beaucoup de chose dans sa vie et pourtant il s’efforce de garder la face devant les autres. Il a l’air froid et cruel peut-être, mais quand on le connait bien il a un cœur énorme.
-Cruel hein ? Oui, c’est bien l’image que j’ai de lui.
-Ne t’a-t-il pas permit de venir ici ? Il a fait un grand pas pour s’ouvrir à toi.
-Pourquoi moi ?
-Ce n’est pas à moi qu’il faut demander ça.
-C’est sans importance. Ma présence ici est terminée. Si j’étais vous, je me méfierais quand même de lui. Je vous souhaite une bonne journée.
Il s’inclina et ouvrit la porte.
Dans le jardin, il chercha Coyote des yeux et ne la trouva pas. Elle devait être dans la maison. Il ne voulait pas s’attarder plus dans cet endroit.
Il prit le taxi qu’il avait appelé et lui indiqua le centre de Tokyo.
Une fine couche de poussière avait profité de l’absence de Zenko pour emménager dans son appartement. Il se promit de faire le ménage. Une bière dans le frigo l’attendait. Les pieds trainant, il se dirigea vers sa chambre, il posa sa canette sur la table de chevet et s’écroula sur le lit.
Il ferma les yeux, le silence de la pièce lui laissa la possibilité de se concentrer sur les battements de son cœur qu’il avait trouvé très irréguliers ces jours derniers. Il sourit, maintenant la vie reprenait un rythme normal et il voulait faire une chose en premier qui démontrerait que rien n’avait changé chez lui.
Il attrapa son portable.
-Jun ? Tu es libre ? Dans une heure, oui, chez moi.


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PostPosted: Sun 6 Feb - 18:50 (2011)    Post subject: 1er fiction Reply with quote

Chapitre 11:

Trois mois plus tard.

Zenko se força à rire. La blague du journaliste qui le regardait ne lui plaisait pas vraiment. Une boutade sur le caractère irascible d’Otomo et sur le fait que Zenko ait réussit à l’interviewer.
Cela faisait un bout de temps maintenant qu’il devait supporter les plaisanteries de ses collègues, mais il le prenait bien. Le hors série avait été un véritable succès. Otomo était vraiment célèbre et Zenko avait tenté de dresser le portrait d’un homme sensible qui se cachait sous un masque d’agressivité. Il n’avait pas parlé de son père, après tout il n’avait pas eu besoin de lui pour se faire un nom. Ni de sa femme parce qu’il lui avait demandé.

Il but une gorgée de champagne, pour se donner une contenance. Ses yeux se posèrent sur Jun au loin qui discutait avec une femme qu’il ne connaissait pas.

Son sourire ne lui procurait rien, ils sortaient ensembles depuis que Zenko était revenu de son reportage et pourtant il n’arrivait pas à l’aimer. Au lit, il tentait tant bien que mal de cacher son trouble. Une femme n’était plus capable de lui donner du plaisir. Il devait alors se souvenir des étreintes forcées d’Otomo. Des souvenirs brulants.

Seul un appel de son épouse lui avait permit d’avoir de ses nouvelles. Il travaillait apparemment beaucoup plus, elle ne le voyait pas souvent. Il passait ses journées enfermé dans son bureau. Zenko refusait de lui téléphoner, par courtoisie il lui avait fait parvenir un message de remerciement. Cela s’arrêtait là.

Les sentiments de Zenko étaient si confus, si perturbants qu’il essayait de les cacher au fond de lui. Celui qui prédominait était, et cela il ne le comprenait pas, le manque. Il sentait qu’il avait besoin qu’il le touche, qu’il lui murmure dans le creux de l’oreille un tas de chose qui ferait rougir la plupart des japonais. Ce n’était pas de l’amour, après tout il ne supportait pas Otomo, seulement un simple désir. Peut-être qu’il ne s’agissait que d’une passade. Toute sa volonté n’était pas suffisante. Il devait travailler pour se changer les idées. Sauf que son travail était d’interviewer des écrivains, de faire des critiques littéraires et à chaque fois le spectre d’Otomo planait au dessus de sa tête.

Zenko s’approcha de Jun. Il joua des coudes pour passer à travers la foule. La soirée, donné par le magasine pour le fêter la nouvelle année qui venait de commencer était un petit succès. Des célébrités se mêlaient aux employés et leur épouse. Les robes de soirées et les costumes ne les différenciaient pas les uns des autres .La salle était au premier étage d’un hôtel et avait été décoré de couleurs or et rouge, une musique émanait d’un orchestre installé sur une scène spécialement construite pour l’occasion.

Il posa sa main sur le bras de Jun et se tourna vers la femme qui lui parlait. Il fut surprit de reconnaitre Yoko.
-Bonsoir, lui dit –elle en souriant.
-Bonsoir, quelle surprise ! répondit-il.

Bien sur, ses pensées se tournèrent vers Otomo qui ne devait pas être loin.

Ils échangèrent des politesses, Zenko pensait fuir, le plus rapidement possible mais la sympathie qu’il éprouvait pour Yoko l’empêcha d’attraper le bras de Jun et de partir en courant avant qu’il ne croise l’écrivain.

-Il est dans sa chambre, murmura Yoko.
-Quoi ?
-Celui que tu cherches.
-Je ne cherche personne, mentit Zenko, vexé d’être si vite découvert.
-Donc tu regardes partout, avec cette tête pour rien ?
-Exactement, je crois qu’on m’appelle là bas d’ailleurs.
-D’accord.
-Passe une bonne soirée, répondit-il en s’inclinant.
-Merci, toi aussi.
-Chambre 234, entendit-il dans son dos.

Il se stoppa mais ne répondit pas. Zenko erra entre les invités. Il saluait quelques personnes qu’il connaissait mais ne s’arrêta pas pour discuter.
Il finit par s’installer au bar.

Ses réflexions allaient toujours vers Otomo. Il ne pouvait s’en détacher. Il voulait le voir. Cette pensée l’effrayait car elle provoquait une telle envie de se précipiter dans la chambre qu’il se demanda s’il ne ferait pas mieux de partir maintenant, abandonnant Jun, afin d’éviter de commettre une erreur.
Le troisième verre de gin, auxquels s’ajoutaient les coupes de champagne qu’il avait bu durant le début de la soirée, dansait légèrement devant ses yeux.


Sans qu’il ne se rende compte, il se retrouva dans l’ascenseur. Légèrement claustrophobe, il les évitait d’ordinaire, mais il sentait le sol bouger sous ses jambes et préférait jouer la sureté. Son épaule entra en collision avec la porte lorsqu’il en sortit, provoquant une vive douleur. Il grogna mais continua d’avancer.
Il tituba dans le couleur, une vague envie de vomir à l’esprit.
-234 ou 235 ?

Il se tenait entre les deux portes et son cerveau, noyé sous l’alcool n’était pas coopératif. Il hésita quelques secondes et frappa à la porte 235.
Une jeune femme lui ouvrit.
-Vous n’êtes pas Otomo ! s’exclama t-il.
-Tenki Otomo ? Non ce n’est pas ici, répondit t-elle.
-Vous ne l’auriez pas vu ?
-Non, vous devriez aller demander à l’accueil.
-Excellente idée, bégaya t-il.

Il fit demi-tour sans s’excuser du dérangement et se redirigea vers l’ascenseur. Les portes s’ouvrirent sur l’écrivain. Zenko lâcha un bruit de surprise.

-C’est dans l’ascenseur que tu te caches !
-Qu’est ce que tu racontes ?

L’ai r méprisant qu’abordait Otomo ne toucha pas Zenko qui avait bien l’intention de ne pas se dégonfler devant lui ce soir.

-Je te cherchais, chambre 235.
-Effectivement, j’espère que tu ne comptais pas me trouver…

-Comment ça ?
-Je suis dans la chambre 234.
-Maintenant que tu le dis, c’est le numéro que m’a donné Yoko.
-Tu me voulais quelque chose de particulier ? Ou tu voulais me montrer à quel point tu es saoul ?
-Je ne suis pas saoul, je vais bien.

Otomo quitta la cage de l’ascenseur et s’avança dans le couloir.

-ça se voit, suis moi si tu en es capable.

Zenko bomba le torse, d’un air de défi et le suivit. Otomo ne put retenir un sourire quand il vit Zenko manquer de tomber sur un sol pourtant lisse.
Il lui attrapa le bras, Zenko se dégagea.
-Ne me touche pas pervers !
-Parle moins fort, on pourrait nous entendre, claqua la voix glacial d’Otomo


Une moue boudeuse sur les lèvres, Zenko franchit le seuil de la chambre.
Elle fut vite remplacée par une expression de stupéfaction lorsqu’il regarda la pièce.
L’hôtel, un quatre étoile, n’avait pas lésiné sur les moyens pour faire de cette chambre un véritable nid douillet.
On ne pouvait que se sentir bien dans une pièce comme celle-ci. Un lit immense ne donnait qu’une envie : se glisser dans les draps et dormir sans jamais s’arrêter.

-Je ne te propose pas à boire…
-J’aurais bien prit un whisky pourtant, fit Zenko qui voulait contredire Otomo, rien que pour le plaisir.
-Soit.

Zenko s’affala dans l’un des fauteuils bordeaux qui encerclait une table basse en bois clair.

-Pourquoi est ce que tu as prit une chambre d’hôtel ? Tu n’habites pas si loin que ça.
-Le travail, répondit –il simplement en lui tendant son verre.

Il s’assit en face de lui, ses yeux évitaient ceux de Zenko, ou Zenko croyait qu’il l’évitait.

- De quoi voulais-tu me parler ?
-On peut commander de la nourriture tu crois ?

Il ne savait pas comment aborder ce qu’il lui tenait à cœur et cherchait un moyen de gagner du temps.

-On est dans un hôtel…prends le téléphone et commande ce qui te chante, soupira Otomo.

Zenko sauta sur ses jambes et attrapa le téléphone prêt du lit.
Il appela le room service et demanda un plat au hasard, qu’il trouva sur la carte de l’hôtel.

-Tu veux quelque chose ? demanda t-il à Otomo.
Celui-ci se leva et s’approcha, il prit la carte de ses mains et la consulta, il secoua la tête.

-Non, ça ira.

Il était proche de Zenko, ce dernier essayait de ne pas en tenir compte et reposa le combiné. Il leva les yeux et croisa ceux de Zenko.

-Tu m’as ouvert l’appétit, entendit t-il.
-Tu aurais du prendre à manger, répliqua la voix tremblante de Zenko.
-Pas cet appétit là.

Il saisit son poignet et tenta de le faire basculer sur le lit. Zenko se défendit mais un mouvement de hanche d’Otomo les fit tomber dessus.

-Arrête ça ! s’écria Zenko.
-C’est toi, arrête de te défendre, tu es venu pour ça non ?
-N’importe quoi.
-Pourquoi es-tu ici alors ?
-Je voulais te parler !
-Je t’écoute…
-Je…

Otomo ne l’écoutait pas, il appuya son corps contre Zenko et pencha sa tête dans son cou. Zenko sentit ses lèvres se presser doucement sur sa peau. Une fois, deux fois, trois fois. Puis il perçut sa langue tracer un trait jusqu’à son oreille. Il sursauta quand il sentit ses dents mordiller le lobe de son oreille.

-…n’aime…

La main d’Otomo déboutonna sa chemise et se glissa dessous.

-…pas …

Des doigts tièdes emprisonnèrent l’un de ses tétons. Son corps se crispa. Ses pensées, de part l’alcool et les sensations qui commençaient à se diffuser dans son être, se brouillaient.

Des coups à la porte le réveilla. Il poussa brusquement Otomo et se releva. Il boutonna sa chemise en avançant vers la porte.
Il lança un regard noir à Otomo et ouvrit au garçon d’étage. Il attrapa le chariot et referma la porte aussi rapidement.

Otomo s’assit sur le bord du lit et ne quitta pas des yeux Zenko qui installa son plat sur la table basse. Il but son wisky d’une traite et se releva pour se resservir.

L’écrivain amorça un geste pour se relever.
-Reste où tu es, s’exclama Zenko.
-Je suis encore dans ma chambre…
-Peu importe, je ne serais plus très long.

Il avala encore un verre, beaucoup trop remplit.

-Fais attention avec l’alcool, tu ne vas plus réussir à bander après.

- Tais-toi !

Un rire fut l’unique réponse d’Otomo.
Zenko perdait la tête, l’alcool, les caresses si douces d’Otomo sur son corps. Il en revoulait mais cela ne pouvait être de vraies sensations. Il ne pouvait pas désirer un homme. C’était contre nature. C’était mauvais.

Il se rapprocha de l’écrivain, qui le regardait arriver avec un sourire. Il devait sentir son trouble, ses hésitations. Tout cela était de sa faute, il était en train de faire de lui un monstre.

Il glissa une jambe entre ses genoux et attrapa son visage dans ses mains, relevant la tête de l’écrivain. Il se pencha sur l’oreille d’Otomo et murmura :
-Qu’est ce que tu es en train de faire de moi ? Qu’est ce que tu m’as fait ?
-Je te fait découvrir ta vraie nature, tu en as envie n’est ce pas ?

Zenko ne répondit pas. Il voulait, pour une fois, ne pas lutter. Ses lèvres s’encrassèrent sur celle d’Otomo et sa langue entra en collision avec celle, avide, d’Otomo.

Il déboutonna sa chemise et colla contre le torse de l’écrivain, ne lâchant pas ses lèvres. Ses mains passèrent sous le t-shirt d’Otomo et il l’aida à le retirer. Derechef, leurs torses se plaquèrent l’un contre l’autre. Il aimait la chaleur de la peau contre la sienne. La douceur du torse et son gout quand il abandonna sa bouche pour embrasser son cou, puis son ventre.

Otomo se laissa faire, il glissa ses mains dans les cheveux doux de son amant. Il regarda Zenko s’affairer sur lui. Il lui défit sa ceinture, fit glisser le pantalon et son boxer.
Si Zenko se montrait docile sous l’alcool, il devait en profiter. Il le laissa prendre en bouche la démonstration de son désir pour Zenko jusqu’à que celui-ci soit si fort qu’il ne put retenir de se libérer.
Il entendit Zenko déglutir et s’écarter de lui. Il devait maintenant reprendre les choses en mains. Il attrapa Zenko et le bascula sur lui, il lui arracha ses vêtements. Zenko était à cheval sur Otomo.
L’écrivain glissa une main sur la nuque de Zenko et pencha son visage pour lui attraper les lèvres. Le baisé fut passionné, violent et tendre à la fois. Ils semblaient vouloir se dévorer l’un l’autre. Ils se séparèrent pour respirer. Otomo en profita pour glisser deux doigts dans sa bouche, il le regarda les lécher, ce qui l’excita au plus au point.
Il put ainsi préparer délicatement Zenko à le recevoir. Il entra en lui doucement, sans forcer comme il l’avait fait la dernière fois qu’ils s’étaient unis. Les gémissements qui leurs échappaient indiquait qu’ils prenaient beaucoup de plaisir l’un de l’autre.
C’est Zenko qui donnait le rythme de leur union, Otomo le tenait fermement par les hanches, de temps en temps, sa main glissait sur la virilité de son jeune journaliste. Il lui donnait tantôt des mouvements lents, tantôt rapide.
Dans les dernières minutes, juste avant qu’ils ne laissent éclater le plaisir, leurs mouvements étaient si rapides que le lit bougeait, provoquant un bruit assourdissant qu’ils n’entendaient pourtant pas.
Zenko céda le premier, dans un grognement, l’essence de son corps se libéra sur l’estomac de l’écrivain. Ce dernier s’abandonna dans le corps de son amant.
Le jeune journaliste s’écroula sur Otomo qui le serra dans ses bras. Il s’aperçut qu’il fermait déjà les yeux, la respiration haletante.
Il murmura dans son oreille, d’une voix pleine de regret :

- Pourquoi ne t’abandonnes-tu que sous l’alcool ?


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PostPosted: Sun 6 Feb - 18:51 (2011)    Post subject: 1er fiction Reply with quote

Chapitre 12:

Il ouvrit difficilement les yeux, puis les referma. La chaleur du lit était bien trop agréable et il manquait cruellement de courage. Son cerveau lui donnait l’impression que les murs qui l’entourait s’étaient écroulés sur lui. La pensée qu’il ne toucherait plus jamais à de l’alcool lui traversa l’esprit. Ce fut lorsqu’il sentit une présence auprès de lui qu’il se demanda où il était. Il se redressa vivement et prit sa tête entre ses mains. Il se massa les tempes et osa un regard autour de lui. Otomo remuait dans son sommeil. Zenko comprit avec effarement ce qu’il venait de se passer tandis que les images de la nuit revenaient progressivement. Il sortit du lit, nu comme un nouveau né. Sans faire le moindre bruit, il récupéra ses vêtements qui gisaient en tas sur le sol. Son portable indiquait des appels en absences de Jun, que lui raconterait-il ?
La fenêtre laissait voir le soleil se lever sur Tokyo. Les buildings en verre reflétaient ses rayons, produisant un effet de brasier sur la ville.

La contemplation de ce spectacle lui fit oublier qu’il devait partir au plus vite.

-Tu es prête à accepter ta véritable nature maintenant ? demanda une voix en provenance du lit.
-Quel véritable nature ? répondit-il en se retournant en direction d’Otomo, assit dans le lit.
-Celle d’un homme qui aime les autres hommes.

Zenko ne fit pas de commentaire, le bruit du briquet qu’utilisa l’écrivain pour allumer sa cigarette brisa le silence.

-Tu ne peux pas continuer à te mentir après ce qui c’est passé hier.
-Je ne me mens pas, je n’aime pas les hommes. Tu es le seul qui me fait ça.
-Je suis le seul qui ait le droit de te faire ça.

Zenko avait trop mal à la tête pour s’offusquer, de toute façon, il avait raison. Il n’y avait qu’Otomo qui pouvait provoquer en lui autant de bouleversement. Son corps autant que son âme ne répondait qu’à lui. Après la semaine qu’ils avaient passés ensembles, Zenko s’était tourné auprès d’autres hommes. Aucun n’avait été capable d’éveiller en lui ne serait ce qu’un soupçon d’excitation.

-Je ne vois pas la nécessité dans ce cas, une histoire entre deux hommes est déjà impossible. Une relation entre deux hommes, dont l’un est marié n’aurait jamais du exister !
-Et l’amour dans ce cas là ? On ne devrait pas l’oublier.
-Quel amour ? s’étonna Zenko en le fixant.
-Je pensais te l’avoir dit, je t’aime Zenko.

Le ton de sa voix habituellement dur et froid était devenu tendre, doux. Zenko se serait bien laisser tomber dans cet envoutement.

-Va retrouver ta femme et dit lui la même chose, répliqua t-il.
- Assieds-toi, je vais te raconter quelque chose.

Zenko hésita, il devait partir, ne plus l’écouter. Il était bien capable de tomber dans les griffes d’Otomo, c’était si tentant.

-Je te donne cinq minutes pas plus, Jun doit être inquiète.
-Ne t’occupes pas de ça, Yoko lui a dit que tu avais du travail et que tu reviendrais dans la matinée.
-Qui t’a permit…
- Assieds-toi, on en reparlera plus tard.

Zenko obéit et prit place dans l’un des fauteuils qu’il tourna en direction d’Otomo qui venait d’éteindre sa deuxième cigarette.

-Je connais Yoko depuis sa naissance. De plus, son père et le mien sont des amis de longue date. J’ai grandi à ses cotés, nous étions inséparables, nous le sommes toujours d’ailleurs. Elle a toujours été pour moi une amie, une sœur. Je n’ai jamais ressentie rien d’autre pour elle. Les hommes m’intéressaient plus. C’est comme ça, dans ma nature même. J’ai été soulagé qu’elle comprenne cela, elle-même ne me voyait pas comme son âme sœur. Le problème était que nos parents avaient déjà convenu de notre mariage. Nous avons protestés, assurant par tous les moyens que nous ne pouvions pas nous mariés, pas ensemble en tous cas.
Je ne pouvais pas dire à mon père que je préférais les hommes, jamais de la vie. Il n’aurait pas supporté que son fils unique ne lui donne pas de descendant, lui qui est si fier du nom d’Otomo. Sait tu que mon grand père lui aussi était écrivain ? Son père également ainsi de suite jusqu’à un temps immémorial. Mon père compte sur moi pour perpétuer cet héritage.

Il s’arrêta pour respirer et allumer une nouvelle cigarette.

-Devant notre refus, nos parents ont voulu se venger, je m’en tirais mieux que Yoko. Je suis un homme, à 17 ans j’ai prit mes affaires et je suis parti. Sans un sous en poche, je commençais à m’en sortir en travaillant à droite et à gauche quand j’ai reçu un appel de Yoko. Elle aime un homme qui s’appelle Ataru, c’est le jardinier de sa famille. Quand ses parents se sont aperçus de cela, ils l’ont renvoyé. Ils lui avaient également trouvé un autre mari potentiel, un homme qui travaillait dans les affaires de deux fois son âge. Elle ne pouvait refuser. Elle m’a annoncé cela en pleurs au milieu de la nuit. Je n’ai pas supporté l’entendre dans cet état. Nous avons passés la nuit à discuter et nous avons finalement décidés que nous unir était l’unique solution pour vivre tranquillement. Je pouvais continuer de fréquenter des hommes et elle pouvait voir Ataru. Le mariage est impossible pour eux mais cela vaut mieux que de ne pas être ensemble du tout. Il est convenu que lorsque nos parents ne seront plus de ce monde, nous divorcerons et chacun récupéra sa vie.

-Et si cela n’arrive jamais ? Comment vas-tu faire pour donner un héritier ?
-Tant pis pour le mariage, de toute façon le mariage gay n’est pas autorisé au Japon… Quant à l’hérité. Je ne sais pas j’ai encore le temps de réfléchir à ça.

Zenko resta dans le silence.

-Je vais te raconter autre chose, qui te concerne et parce que je pense qu’il est temps que tu le sache. Je t’ai rencontré la première fois à la dédicace que donnait mon père il y a quelques années. Nous avons discuté et nous avons prit l’ascenseur. Dedans, tu as fait un malaise. Ton cœur a cessé de battre et tu as eu de la chance, j’ai réussie à le réanimer. Quand je t’ai vu partir avec les ambulanciers, allongé dans un brancard. J’ai eu la peur de ma vie. Je pensais que je n’allais jamais te revoir. Je me suis demandé pendant longtemps d’où pouvait provenir ce sentiment, nous avons du rester ensemble une vingtaine de minute mais tu m’avais déjà séduit.

Otomo se leva, vêtu d’un simple boxer noir, il s’approcha de Zenko. Il posa un genou à terre et attrapa sa main.
-J’ai suivit ton évolution. Je voulais tellement te revoir, te reparler. Comprendre pourquoi tu produisais en moi des sentiments que je n’aurais jamais pensé connaitre. Tu sais, j’écris, les mots me viennent facilement, nous sommes comme de vieux amis. Or, quand je suis avec toi, tout s’embrouille dans ma tête, dans mon cœur. Toutes mes certitudes s’écroulent mais chaque battement de cœur construit autre chose, un autre sentiment qui s’appelle l’amour. Je te vois lutter entre mes mains. J’essaye de contenir mon envie de t’emprisonner plus et celui te de laisser en paix. Hier soir tu t’es complément abandonné à moi, tu me voulais. Je ne peux pas continuer comme ça, je pourrais toujours te forcer si je le voulais mais je ne le souhaite plus. Tu m’as montré qu’au fond de toi, tu me désires autant que je te désire. C’est pourquoi je te laisse le choix maintenant. Quand tu partiras, je n’essayerai plus de te retenir, ça me fait trop de mal d’être le seul à aimer.

Le mal de crane de Zenko, qui semblait avoir disparu pendant qu’Otomo parlait, éclata de nouveau dans sa tête. Il dégagea sa main de celle de l’écrivain, de peur qu’il n’entende les pulsations erratiques de son cœur.

-Je…je te remercie de m’avoir sauvé, bégaya t-il.

Il se leva et attrapa son manteau, laissant Otomo accroupit près du fauteuil.

-Je te recontacte, j’ai besoin de réfléchir, dit-il en s’approchant de la porte.

Otomo ne fit pas un geste quand Zenko franchit le seuil de la porte et regarda la porte claquer.


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PostPosted: Sun 6 Feb - 18:51 (2011)    Post subject: 1er fiction Reply with quote

Chapitre 13:

-Je suis désolée Zenko, mais je préfère que nous arrêtions maintenant.

La bouche ouverte comme unique réaction, il répondit au bout de quelques minutes.

-Pourquoi ça ?
-On se cache la vérité depuis un moment déjà, on est plutôt un joli couple mais ce ne sont que des apparences. Nous ne sommes pas complices et il faut dire qu’au lit…
-Quoi au lit ?!
-Et bien, je ne prends pas mon pied, on dirait que tu penses à quelqu’un d’autre à chaque fois que tu nous faisons l’amour et ça me dérange beaucoup. C’est ton ex ?

Non, ce n’était pas vraiment à son ex qu’il pensait à chaque fois qu’il entrait dans son corps, ce n’était même pas à une autre femme, mais ça il ne pouvait bien évidement pas lui dire.

-Oui, mentit-il.
-Je sais que c’est dur mais ce n’est pas à moi d’en faire les frais. J’ai récupéré les quelques affaires que j’avais ici. Tu viendras prendre les tiennes chez moi quand tu voudras.

Zenko ne fit pas un geste lorsqu’elle lui fit la bise et attrapa le sac qu’elle avait posé prés de la porte ce matin.
Il aurait du se douter de quelque chose, on lui avait déjà fait ce coup là. Il ne s’étonna même pas de ne rien ressentir devant la situation. Une femme le plaquait de nouveau et apparemment c’était à cause de ses performances au lit. Un côté du cerveau lui rappela qu’Otomo semblait aimer le sexe avec lui. Peut-être avait –il toujours préféré les hommes sans le savoir. Son corps avait choisit pour lui.
Son corps, oui mais pas seulement, apparemment son cœur aussi.
Qu’allait-il se passer maintenant ? Il appellerait Otomo et lui dirait « Je t’aime aussi » Jamais de la vie.
Aimer les hommes, pourquoi pas, mais perdre sa fierté en plus, cela faisait trop d’un coup pour lui.

Il tourna en rond toute la matinée, plusieurs fois sa main s’était penchée vers le téléphone. Il avait même une fois commencé à composer le numéro mais avait finalement renoncé. Tiraillé entre des sentiments contradictoires comme la peur, la honte et aussi la joie d’être libre. Il n’arrivait pas à prendre une décision.
Finalement, ce fut plus fort que lui. Il composa complètement le numéro et patienta. Son cœur battait au même rythme que les sonneries. La voix froide d’Otomo lui déclencha un long frisson.
-C’est Zenko, bégaya t-il.
-Zenko, répéta la voix, comment vas-tu ?
-Bien, très bien même. Est-ce qu’on peut se voir ?
-Oui, bien sur. Où ça ?

Il lui donna le nom d’un petit restaurant prés de chez lui et l’heure.

Deux heures plus tard, ils se retrouvèrent. Zenko essayait de déchiffrer l’expression d’Otomo mais comme à son habitude il ne laissait rien paraitre. Il le salua d’un signe de tête.
Zenko essayait de garder son calme.
-On pourrait diner avant de parler sérieusement non ?
-Je te suis, répondit simplement Otomo.

Le diner se déroula dans le silence. Aborder des sujets pour faire passer le temps ne leur disait rien.
Le restaurant était bruyant, des enfants jouaient à coté d’eux. Zenko retenait le sourire qui voulait s’afficher sur ses lèvres. Voir le célèbre Otomo dans un restaurant familial était si étrange. Pourtant il ne se plaignait pas. Il regardait autour de lui avec curiosité et non avec mépris comme l’avait imaginé Zenko en lui proposant de diner ici.
Zenko se demanda s’il l’avait fait pour lui, qu’était –il prés à accepter de la part de Zenko ? Tenki Otomo était un être particulier, pensait Zenko. Il cachait si bien sa véritable nature, celle qu’il l’avait poussé à accepter un mariage pour aider une personne cher à son cœur.

-Et si tu arrêtais de rêvasser que tu me disais pourquoi tu m’as fait venir ici ? demanda Otomo.

Il venait de briser les réflexions de Zenko sur son bon coté. Zenko soupira, il fallait peut-être qu’il s’habitue.

-J’habite à quelques rues, on pourrait parler plus calmement là-bas.

Otomo se mit à sourire.

-Tu m’invites chez toi ? Je dois arrêter de paniquer dans ce cas, si tu voulais me dire quelque qui ne me plairait pas. Tu l’aurais fait ici.
-Je veux t’épargner un scandale.

Le sourire d’Otomo disparu et laissa place à un visage beaucoup moins sur de lui.

-Tu essayes de me faire peur.

Zenko haussa les épaules et se leva.
Dans l’appartement, Otomo s’arrêta prés de la porte.

-Ou essayes-tu de provoquer ma mort ?
-Pourquoi ça ?
-Je ne suis pas très patient.

Zenko se débarrassa de sa veste et indiqua le canapé.

-Assieds-toi. Je vais te servir un verre. De l’alcool ? Personnellement, je n’en bois plus.
-Rien avant que tu craches le morceau.

Il croisa les bras et planta son regard dans celui de Zenko.

-Ce n’est pas évident pour moi de te parler, alors promets moi de ne pas m’interrompre avant que je ne finisse.
-Tant que tu parles, je veux bien faire ce que tu veux.
-Merci.

Il se tut de nouveau et chercha ses mots, attentivement.
-Je ne sais pas ce que tu as fais de moi, chaque fois que je regarde une femme maintenant, je ne ressens plus rien. Et si je me surprends à regarder un autre homme, je cherche toujours dans ses traits une ressemblance quelconque avec toi. Jun m’a quitté ce matin, elle me reproche de penser à quelqu’un d’autre. Elle a raison, je ne sais pas pourquoi mais je ne peux t’arracher de mes pensées. Tu es là, toute la journée dans mon cerveau, avec moi. J’en viens me dire que j’aimerais bien qu’on essaye, tous les deux. Je comprends la situation, ce qu’elle implique. Mais je sais qu’il ne faut plus que je me mente, que j’arrête de croire qu’une relation entre hommes n’est pas possible. Alors, si tu le veux toujours, pouvons-nous essayer ?

Otomo ne répondit pas, choqué mais tellement heureux.

Il s’approcha de Zenko et le prit dans ses bras, le serrant contre lui.

-Si tu savais le nombre de fois où j’ai rêvé t’entendre me dire ça, murmura t-il.
-J’ai du bourbon, répondit Zenko.
-Je vois, tu ne me diras rien d’autre alors ?
-Qu’est ce que tu veux que j’ajoute ?
-« je t’aime Tenki » me semble convenir.

Zenko se sépara brusquement de lui.

-Ne m’en demande pas trop non plus.

Otomo lui sourit et le cœur de Zenko fit un raté. Il était vraiment beau et il était à lui.

Zenko se tourna pour aller chercher des verres mais Otomo lui attrapa le bras et le ramena près de lui. Il l’embrassa, Zenko laissa sa langue entrer en contact avec la sienne et commencer la danse. Il laissa échapper un soupir quand Otomo glissa une main sous son t-shirt.

-On verra après pour le verre, fit Otomo d’une voix qui ne laissait aucun doute sur son excitation.

Zenko ne répondit pas, il glissa ses lèvres sur la mâchoire d’Otomo jusqu’à son cou où il prit le temps de s’arrêter et de lui laisser une marque rouge. Fier de lui, il voulait en faire d’autre sur le reste du corps.
Il défit un par un les boutons de sa chemise, résistant à l’envie de lui arracher directement. Son t-shirt se retrouva par terre en même temps qu’elle. Le dos d’Otomo prenait appui sur la porte d’entrer qui vibrait sous les mouvements désordonnés des deux hommes. Pour une fois, il était conscient de ce qu’il faisait. Il caressa son torse, ravi de la douceur de sa peau et qu’il voulait gouter. Il embrassa Otomo qui se laissait faire avec plaisir puis descendit sa langue jusqu’au torse. Il pouvait sentir le désir d’Otomo contre sa cuisse mais pour l’instant il ne se préoccupait pas de cet endroit là. Il laissa des traces brulantes sur ses tétons. Il continua de descendre traçant un cercle autour de son nombril.
Ses mains s’affairaient sur la ceinture du pantalon d’Otomo, il venait de défaire le premier bouton quand une main glissa sous son menton et l’obligea à relever la tête.

-Tu n’es pas obligé de faire ça.
-Laisse toi faire.
Il fini de libérer le sexe et hésita quelques secondes. Il devait juste lui faire ce qu’il aimerait qu’on lui fasse non ? Il ouvrit la bouche, sentant les mains d’Otomo dans ses cheveux.
Otomo avait donc ce gout là. Il avala en évitant de s’étouffer. Ce n’était pas ce qu’il préférait. Il se releva et planta son regard dans celui de l’écrivain. Ce dernier embrassa derechef Zenko. Ses mains se glissèrent dans son pantalon, emprisonnant le sexe dur de Zenko. Il le caressa et de son autre main déboutonna son pantalon.

- Tourne-toi.

Zenko obéit sans réfléchir, les frissons qui le parcouraient étaient trop bons pour lui laisser le temps de réfléchir. Il sentit son jeans glisser le long de ses cuisses. Entièrement nu, il laissa Otomo le glisser au sol, à quatre pattes. Ils n’étaient même pas arrivé jusqu’au lit. Les caresses d’Otomo, sur tout son corps au même moment n’allait pas lui permettre de tenir longtemps.
Il essaya de se détendre quand il comprit qu’Otomo serait bientôt en lui.
Ses sensations explosèrent sous les mouvements de reins. La respiration haletante, il laissa échapper un cri de jouissance en même temps qu’Otomo l’attrapa pour le sentir plus profondément.
Dans les bras de l’écrivain, Zenko regardait par la fenêtre, leurs corps collants l’un contre l’autre. Otomo se pencha et déposa un baisé dans le cou de Zenko.
-Ça change de la première fois où nous avons été unis, dit-il en riant.


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PostPosted: Sun 6 Feb - 18:52 (2011)    Post subject: 1er fiction Reply with quote

Chapitre 14:

Le téléphone sonna, ce qui provoqua le sursaut de Zenko. La tête penchée sur sa main, il rêvassait depuis une dizaine de minutes.
Toutes ses pensées ressassaient les événements de ces deux derniers mois. Il avait l’impression de vivre un rêve éveillé. Non pas qu’il se trouvait sur un nuage rose bonbon mais tout lui semblait irréel. Il partageait sa vie affective avec un homme. Un homme qui l’avait d’abord violé puis avoué le plus sincère des amours. L’homme en question était l’être le plus désagréable, hautain et glacial en apparence mais se transformait en le plus doux des partenaires lorsqu’il avait décidé de vous aimer.
Les sentiments de Zenko étaient clairs, il aimait cet homme mais il n’arrivait pas toujours à comprendre pourquoi Otomo l’aimait lui, le jeune journaliste qui se chargeait de la rubrique potin d’un quotidien gratuit.
Zenko avait cependant vite comprit qu’il devait se satisfaire de ce qu’il avait. Il n’était plus seul et pouvait de nouveau rire avec la personne qu’il désirait le plus.
Aucun n’avait proposé à l’autre de vivre chez lui, cela ne leur semblait pas nécessaire pour l’instant. Ils se voyaient principalement le weekend, au manoir. Leurs emplois du temps chargés étaient rarement synchro.
Cela le gênait un peu, il aurait aimé le voir plus souvent.
Ou alors c’était mieux, ils apprenaient à se connaitre plus doucement.
Une nouvelle sonnerie lui rappela qu’il était au travail.
Il décrocha mollement et dit :
-Zenko à l’appareil.
-Décroche plus vite la prochaine fois, railla son collègue.
-Qu’est ce que tu me veux ?
-Je viens de recevoir un coup de fil, on aurait vu Tenki Otomo entrer dans un love hôtel.

Le cerveau de Zenko loupa une information.

-Qui ça tu as dis ? Où ?
-Otomo, l’écrivain…dans un love hôtel…Zenko tu vas bien ? demanda la voix inquiète.
-Oui ça va, donne moi le lieu, je vais aller voir.
-Prends ton appareil photo, si tu pouvais le croiser à sa sortie…

Une demi-heure plus tard, Zenko se planquait dans un bar en face de l’établissement. Dissimulé sous un chapeau noir, il fixait le love hôtel avec intensité. Sa tasse de café tremblait dans ses mains. Il avait essayé de joindre à plusieurs reprises Otomo et tombait systématiquement sur sa messagerie.
Il se souvenait du jour où il l’avait croisé dans un endroit semblable, cela lui paraissait si loin maintenant et pourtant…

La colère n’arrivait pas à prendre le pas sur la douleur qui comprimait son cœur. Il devait se calmer sinon il était bon pour un malaise.
Des mouvements en face de lui attirèrent son attention. C’était bien Otomo qui sortait de l’immeuble, accompagné d’un jeune homme aux cheveux décolorés. Il lui glissa quelque chose dans la main et le regarda partir.
Zenko s’était relevé, prêt à bouger quand il remarqua qu’Otomo sortait son portable. Il le vit l’approcher de son oreille. Quelques secondes plus tard, son portable vibra dans la poche de son jeans.
-Oui ?
-Zenko, j’ai vu tes appels, excuse moi de ne pas avoir décroché, j’étais en réunion.
-Ah bon ?
-Oui, je suis dans le centre, on mange ensemble ? Je peux t’attendre à la sortie de ton journal si tu veux.
-Non, c’est une mauvaise idée.
-Pourquoi ça ? s’étonna Otomo.
Le cœur de Zenko battait de plus en plus vite dans sa poitrine, le sang lui martelait les tempes, il ne se sentait pas très bien soudainement.
-Je ne veux pas qu’on nous voit ensemble.
-Je ferais attention ne t’inquiètes pas.
-Non c’est exclu, écoute j’ai du travaille…, un bourdonnement dans ses oreilles lui signala qu’il devait faire très vite.
-Qu’est ce que tu as Zenko ? Ta voix est bizarre.
-Je te rappelle plus tard…eut-il le temps de lui dire avant que ses jambes ne le lâchent.
L’appel fut coupée par la chute du portable, la batterie se détacha et glissa sur le carrelage du bar.
Otomo ne remarqua pas l’agitation dans l’établissement en face. Il ne comprenait pas la réaction de Zenko et cela l’ennuyait. Quoiqu’il lui dise, il irait quand même l’attendre à la sortie du travail.
La nuit venait de tomber quand Zenko ouvrit de nouveau les yeux. Il rencontra ceux d’Otomo qui le fixait avec inquiétude.
Il s’adossa au lit et découvrit qu’il était dans une chambre d’hôpital, une odeur reconnaissable entre mille lui piquait le nez.
-Comment tu te sens ? demanda Otomo en s’approchant de lui.
-Qu’est ce que je fais là ?
-Tu as fait une syncope.
-Ah.
-Je t’attendais à ton travail depuis deux heures quand j’ai décidé d’appeler à ton bureau, une personne m’a dit que tu avais été emmené à l’hôpital en urgence. Je dois t’avouer que je me suis demandé s’il n’allait pas devoir le faire pour moi aussi…
Otomo s’était assit prés de lui et lui caressait les cheveux en souriant.
-Je peux partir ?
La main d’Otomo s’arrêta et il fixa avec intensité les yeux fuyants de Zenko.
-Je ne sais pas. Zenko….qu’est ce que tu me caches ?
-Qu’est ce que tu faisais dans un love hôtel ?
-Comment… ?
Zenko ne put retenir un ricanement.
-Tu te fous de moi là ? s’écria t-il.
Otomo attrapa la main de Zenko avant de se prendre son poing, il remarqua qu’il aurait pu aussi bien ne pas le faire, Zenko était aussi faible qu’un nourrisson. Il tient fermement son poignet dans sa main et posa son bras sur le lit. Les yeux de Zenko lançaient des éclairs qui faisaient frissonner l’écrivain.
-Zenko, ne va pas t’imaginer des trucs, je ne faisais qu’un travail.
-Et ce travail à lieu dans la chambre d’un love hôtel ? Tu me prends vraiment pour un con. Vas t-en de là immédiatement ! Je ne veux plus te voir !
La réaction d’Otomo mettait Zenko en rage, il souriait. Ce type osait lui sourire !
-Tu es si mignon quand tu te mets en colère, s’exclama Otomo.
Le jeune journaliste buta sur les insultes qui déferlaient en lui, aucune n’était assez forte pour exprimer ce qu’il pensait de lui à ce moment là.
Otomo se pencha sur lui et voulut l’embrasser, il se retrouva le visage dans l’oreiller, Zenko avait bougé au dernier moment.
-Dégage ! Ne me touche pas ! Ordure, salaud !
Il tendit les doigts en direction du bouton d’appel à l’aide. Il voulait qu’on le débarrasse d’Otomo, quitte à appeler la sécurité.
- Calme-toi Zenko, tu vas avoir un autre malaise. Laisse-moi-t’expliquer avant de faire mon procès. Je travaille avec une association d’aide aux jeunes. Je dois rencontrer des jeunes homosexuelles qui ont fuit leur domicile et qui se prostituent pour gagner de quoi à peine manger.
-Qu’est ce que tu racontes ?!
-C’est la vérité. Ça fait quelques années que j’aide Yoko. Je dois faire ça dans ce genre de lieu parce qu’ils ne se laissent pas approcher sinon. Je me fais passer pour un client et une fois dans la chambre j’essaye de discuter avec lui, de lui montrer qu’il peut faire autre chose dans la vie.
-Pourquoi est ce que toi tu fais ça ?
-Tu sais que je suis partie de chez moi pendant une période…
-Oui…quand ton père a su que tu étais gay…les pupilles de Zenko s’agrandirent lorsqu’il comprit enfin, ne me dis pas que tu as…
-Si, ce n’est pas une période très plaisante de ma vie, il m’arrive d’en faire des cauchemars... Je sais ce que ces jeunes vivent, beaucoup ne sont même pas encore majeurs.
-ça fonctionne ?
-Plus ou moins, tant qu’ils ne sont pas encore complètement camés c’est facile, après un simple dialogue ne suffit plus…
-Qu’est ce que tu fais alors ?
-J’essaye de le diriger vers un endroit spécialisé, malheureusement le Japon n’est pas un pays qui se préoccupe de ces jeunes. Je dois travailler dans le secret la plupart du temps. Heureusement que j’ai de l’argent et du temps devant moi, je dois être très patient.
-Je suis désolé…
-De quoi ? s’étonna Otomo.
-D’avoir réagit si bêtement…
Otomo éclata de rire, il embrassa le front de son amant.
-Si je t’avais vu sortir d’un love hôtel avec un autre homme, j’aurais surement commis un meurtre. Je trouve ta réaction…attendrissante. Mais ne recommence pas, j’ai eu la frayeur de ma vie en te sachant ici.
-C’est mon cœur qui fait des siennes…
-Je vais devoir le surveiller de prés…murmura l’écrivain en se penchant sur le torse de Zenko et colla son oreille contre son cœur, c’est normal qu’il batte aussi vite ?
-Oui, sourit Zenko en passant son bras autour des épaules de l’écrivain. Tu as une très mauvaise influence sur mon rythme cardiaque.
-C’est parce que tu m’aimes.
-Oui, ça doit être cela.
Un ange passa.

-Tu crois que je peux te faire l’amour ici ? demanda Otomo.
-On est dans un hôpital…
-Justement, je n’ai jamais essayé…
Il glissa déjà une main sous la blouse blanche, rencontrant la peau pale et froide de son amant.
-Arrête on va se faire jeter.
-C’est pas grave, on continuera autre part, marmonna t-il en déposant de petits baisers le long de son cou.
-T’es complètement malade.
-Non, je t’aime et j’ai très envie de toi maintenant.
-Mais…
-Chut, on pourrait nous entendre…
Ses lèvres emprisonnèrent celle de Zenko qui résista quelque secondes avant de répondre au baisé.
Après tout, ils étaient ensembles et dans ce lieu de mort, ils avaient l’intention de montrer qu’ils étaient bien vivants.
Fin


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robin
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Joined: 05 Feb 2011
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PostPosted: Tue 22 Mar - 17:53 (2011)    Post subject: 1er fiction Reply with quote

elle est pas mal ta fic je l'ai lu d'une traite, en plus je trouve que tes personnages ressemble beaucoup à akihito et asami 9^a
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